Dialogue et engagement pour les travailleurs cols-blancs et ingénieurs nordiques

Lors de récentes réunions avec des syndicats de travailleurs cols-blancs et d'ingénieurs de ces quatre pays, un thème commun a émergé : la nécessité de recruter davantage, notamment chez les jeunes, et de s'adapter à un cadre de travail en évolution et aux avancées technologiques tout en préconisant des pratiques équitables, durables et inclusives.

L'Association des ingénieurs nordiques (ANE) et ses affiliés sont à l'origine d'initiatives promouvant une utilisation des technologies équitable, durable et inclusive. L'utilisation responsable des technologies, plus particulièrement en rapport avec l'IA, l'éthique des données et la cybersécurité, sont des thèmes de préoccupation majeurs pour les organisations représentant les ingénieurs qui développent les nouvelles technologies. Les organisations syndicales préconisent activement des réglementations telles que l'AI Act et préparent leurs organisations membres à s'y conformer. Des syndicats tels que IDA forment leurs représentants et leurs adhérents pour répondre aux défis que pose l'IA en matière de monitoring et de surveillance. Ils réclament une représentation dans les instances dirigeantes pour que les intérêts des travailleurs soient dûment représentés dans les discussions sur les politiques.

L'IA générative aura un impact considérable sur les travailleurs cols-blancs et les ingénieurs. Pourtant, les syndicats de la région savent parfaitement que, grâce à leur engagement auprès des employeurs et à la protection de la négociation collective, l'évolution n'aura pas d'incidence disruptive sur le niveau d'emploi de leurs membres. Des études montrent que la plupart des emplois exposés à l'IA vont croître plutôt qu'être remplacés.

Dans ce contexte, il est essentiel de développer les compétences en STEM. Un des grands centres d'intérêt des syndicats nordiques est la promotion de l'éducation aux STEM, la reconversion des travailleurs et le développement des compétences futures. On assiste à un effort concerté pour faire que la main-d’œuvre soit dotée des compétences en STEM nécessaires pour l'avenir. À ce jour, la Finlande est le seul pays de l'Union européenne à avoir adopté une stratégie des STEM, et pourtant, le gouvernement vient de supprimer une aide financière aux travailleurs suivant des programmes de reconversion et de perfectionnement.

Grâce aux efforts des syndicats, le gouvernement suédois a adopté une grande réforme de la législation du travail qui instaure un nouveau régime d'aides pour les travailleurs voulant se reconvertir et renforcer leurs compétences.

Le syndicat norvégien NITO a institué des ateliers de formation spécifique et des programmes de reconversion pour aider ses adhérents à s'adapter aux changements de la demande dans l'industrie. En Norvège toujours, des efforts sont entrepris pour renforcer les compétences au niveau du secteur avec les programmes de développement de compétences de l'industrie.

Les syndicats de cols-blancs et d'ingénieurs font pression en faveur d'une transition juste et préconisent une modélisation précise de l'incidence de la transition verte sur l'emploi dans les secteurs de l'énergie notamment, et une étude prévisionnelle sur les compétences. ANE et Engineers Finland étudient l'impact de la transition sur les compétences des ingénieurs et leur travail.

Ces efforts comptent beaucoup parce que les pays nordiques sont confrontés à une pénurie de compétences en STEM. Rien qu'en Norvège, il manque 6.000 ingénieurs dans les secteurs des batteries, de l'hydrogène et des vents océaniques. ANE plaide pour l'élaboration d'une politique européenne pour les compétences en STEM.

Une des questions fréquemment posées est de savoir comment les syndicats nordiques font pour conserver des taux de syndicalisation élevés. Une de leurs stratégies consiste à susciter chez les membres un sentiment d'appartenance à une communauté, principalement par des événements à caractère social et portant sur des intérêts communs. Les stratégies utilisées pour augmenter les effectifs varient d'un syndicat à l'autre et visent surtout à recruter dans les universités, par des mesures d'incitation telles que la gratuité de l'adhésion et des petits plus tels que l'assurance -logement, et l'utilisation de plateformes de réseaux sociaux ciblant des audiences particulières.

Des recruteurs étudiants employés par les organisations syndicales sont présents lors d'activités sociales, ils organisent des activités spécifiques et de l'accompagnement des membres. Dans le syndicat suédois des ingénieurs, des représentants des étudiants sont présents lors des congrès et siègent au conseil. L'adhésion des étudiants est souvent gratuite, dans le but de créer tôt un lien avec le syndicat et avec la vie professionnelle après l'obtention du diplôme. Lorsqu'ils ont trouvé un emploi, les syndicats s'efforcent de retenir ces membres lorsqu'ils commencent à payer des cotisations. En Finlande, PRO pratique des tarifs réduits pour les jeunes membres travailleurs.

Se syndiquer n'est plus, même chez les travailleurs cols-blancs, une démarche automatique, ce qui contraint les syndicats à s'adapter et mettre en place des stratégies de syndicalisation plus systématiques. Au début des années 2010, le syndicat finlandais HK Privat a adopté une stratégie basée sur le modèle nord-américain, avec un recensement systématique du lieu de travail et une identification des personnalités influentes. 12 ans plus tôt, le syndicat perdait des membres, mais il a réussi à inverser la dynamique par la mise en place d'une équipe de recrutement nationale et locale et un renforcement de l'éducation des délégués.

Après une campagne de recrutement particulièrement réussie, le syndicat suédois Unionen met l'accent sur le développement et l'institutionnalisation de sa présence dans les lieux de travail. Son but est de faire passer le nombre des représentants des travailleurs de 29.000 à 50.000 en quelques années. La communication est au cœur des campagnes d'organisation afin d'attirer, de retenir et d'éduquer les membres. Très présents sur les réseaux sociaux, les syndicats d'ingénieurs communiquent sur des thèmes que leurs adhérents ont à cœur : les salaires, la sécurité d'emploi, la protection sociale, la diversité et l'inclusion.

Pour Corinne Schewin, du syndicat français CFE-CGC Métallurgie et coprésidente du secteur :

"La manière dont les syndicats travaillent avec leurs membres jeunes et étudiants a été révélatrice et inspirante; tout, de la façon d'aborder les étudiants aux activités organisées, est impressionnant.

"L'IA est présente partout pour les travailleurs cols-blancs et la manière dont nous traitons la question est un élément essentiel de notre action. Dans ces conditions, le fait que les syndicats suédois s'y attaquent est motivant."

Les syndicats des pays nordiques donnent la priorité aux matières en rapport avec l'équilibre entre travail et vie privée et avec la santé mentale. Unionen réalise régulièrement des études sur l'équilibre entre travail et vie privée et sur les aspects psycho-sociaux du cadre de travail dont les conclusions alimentent les campagnes militantes et les négociations collectives. L'augmentation du stress chez les jeunes et les travailleuses est une des problématiques qui ressortent de ces études. En Finlande, un des groupes les plus exposés au burnout professionnel est celui des femmes de moins de 35 ans. PRO est très actif sur la question de la santé mentale. Le syndicat a lancé une série de podcasts de déconstruction des mythes sur le burnout. En outre, avec le soutien du Centre finlandais pour la sécurité au travail, le syndicat dispense des formations spécifiques sur le bien-être en matière de santé mentale aux travailleurs et aux délégués de sécurité et d'hygiène. Par ces formations, les délégués sont mieux équipés pour traiter la question du bien-être au travail.

Dans tous les pays, la pandémie a souligné l'importance des modalités de travail flexible, une grande partie des personnes interrogées ayant marqué leur préférence pour le télétravail.

La collaboration entre organisations syndicales est essentielle pour donner de l'écho à leurs prises de position et pour élargir leurs audiences. Qu'il s'agisse de campagnes de recrutement, de s'attaquer à des défis spécifiques pour l'industrie, comme celui de la chaîne d'approvisionnement des batteries, ou de mettre l'accent sur la diversité et l'inclusion, les syndicats des pays nordiques sont unis dans leur engagement pour l'amélioration des conditions de travail et la promotion des droits des travailleurs.

Patrick Tay Teck, des syndicats singapouriens NTUC et UWEEI (Syndicat uni des travailleurs des industries de l'électricité et de l'électronique) et coprésident du secteur, est impressionné par le niveau de connaissance, dans les pays scandinaves, du fonctionnement des syndicats, ainsi que par le fort degré de camaraderie et le sentiment d'appartenance à une communauté, ce qui ne se retrouve pas dans beaucoup de parties du monde.

"Ce que j'en retiendrai est la nécessité d'une collaboration étroite avec les écoles et les universités pour recruter le plus tôt possible. Être là au passage de l'école à la vie active est important pour les syndicats. Et le fait d'offrir une palette de services, comme l'orientation professionnelle, le conseil juridique, les réseaux dans l'industrie, les assurances, etc., est une force d'attraction qui permet de conserver nos travailleurs cols-blancs en tant qu'adhérents."

Alors que les pays nordiques naviguent dans les complexités d'une économie mondiale en totale mutation, les syndicats jouent un rôle crucial en faisant que les travailleurs soient entendus et que leurs droits soient protégés. Par leur engagement stratégique, leur action militante et leur collaboration, les syndicats nordiques sont prêts à relever les défis et saisir les opportunités de demain, en quête d'un environnement professionnel plus équitable et durable pour tous.

Glencore doit joindre le geste à la parole

Dans son exposé, le Directeur de la section des mines d’IndustriALL, Glen Mpufane, a souligné que l’OCDE prévoit que la demande mondiale de matériaux fera plus que doubler, passant de 76 milliards à 167 milliards de tonnes d’ici à 2060, et que la concurrence mondiale pour les ressources deviendra féroce au cours de la prochaine décennie.

Glencore est l’un des plus grands producteurs mondiaux de cuivre, de nickel, de zinc, de vanadium et de cobalt. Bien qu’il s’agisse d’un petit acteur en matière de production de charbon, Glencore représentait 7,2 % de toutes les exportations de charbon en 2022 et est probablement la plus grande entreprise exportatrice de charbon thermique au monde.

Glencore va passer à une économie à faibles émissions de carbone par le biais d’un plan de transition visant d’une part à sortir de certaines activités et d’autre part à en intégrer d’autres. Le plan de transition de sortie se concentrera sur la fermeture des actifs énergétiques qui ne sont pas rentables ou qui ont atteint la fin de leur durée de vie économique. La transition en vue d’intégrer des activités nouvelles se concentrera sur des activités produisant des matières premières pour la transition souhaitée et sur la montée en puissance d’activités liées aux métaux et au recyclage pour répondre aux exigences d’une société à faible émission de carbone. Les lignes directrices de Glencore en matière de transition juste mettent l’accent sur l’adoption d’une approche multipartite, le soutien au dialogue citoyen, le soutien au développement des compétences et le soutien aux personnes et aux groupes vulnérables.

“En tant que syndicats, nous devons nous concentrer sur la formation et la syndicalisation dans le cadre d’une transition juste. Notre manière de procéder reprend des directives de diligence raisonnable pour les entreprises et les lieux de travail. Glencore doit être cohérent et respecter les travailleurs et les droits de l’homme dans le monde entier”,

a déclaré Glen Mpufane.

Liz Umlas, Conseillère principale d’IndustriALL pour les stratégies de capital, a souligné l’importance de l’implication des investisseurs. IndustriALL utilise des stratégies relatives au capital pour accroître la pression sur des entreprises telles que Glencore et pour mettre en lumière les abus dont sont victimes les travailleurs. Alors que les questions liées au travail gagnent en importance, l’influence des investisseurs peut être utile pour amener les entreprises à s’asseoir à la table des négociations.

Les affiliés ont fait rapport sur la situation dans leur pays. Le thème commun étaient les questions relatives à la négociation collective, au droit à la syndicalisation, aux violations des droits des travailleurs ainsi que les questions environnementales. Les affiliés sont se sont accordés à dire que les droits des travailleurs devaient être mis en œuvre, qu’une diligence raisonnable était nécessaire et que le dialogue social avec les communautés était essentiel.

Dominic Lemieux, coprésident de la section mines et DGOJP, a déclaré :

“Le dialogue est important ; nous devons parler aux gens sur le terrain et les représentants syndicaux ont la capacité de mobiliser leurs membres. Nous devons sensibiliser les gens au niveau local et tous les syndicats doivent savoir ce qui se passe. Nous pouvons être plus proactifs et faire mieux. IndustriALL doit sensibiliser davantage aux campagnes et être plus visible”.

Afin de renforcer la pression sur Glencore en prélude à l’assemblée générale annuelle du 29 mai, à laquelle le réseau mondial sera présent, un webinaire à l’intention des investisseurs sera organisé le 2 mai. Des travailleurs des exploitations de Glencore en Afrique du Sud et en Colombie s’exprimeront sur ce qui se passe sur le terrain. Il y aura également une campagne plus active sur ces questions et une autre qui suivra l'AG avec des partenaires de la coalition et un accent sur les questions relatives à la République démocratique du Congo et à la Colombie.

“Glencore continue de faire passer ses profits avant les personnes, les travailleurs et les communautés. L’entreprise n’aborde toujours pas les questions environnementales, sociales et de gouvernance dans l’ensemble de ses activités mondiales et continue à fuir le dialogue. Nous ne cessons de constater des violations massives des droits de l’homme. Glencore ne peut pas continuer à faire des profits au détriment des droits des travailleurs et de la santé et de la sécurité des autres parties prenantes. Nous travaillerons d’arrache-pied pour que cette entreprise rende des comptes”,

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Illustration : Shutterstock

Indonésie : souvenez-vous des morts, battez-vous pour les vivants

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kan Matsuzaki a demandé une minute de silence pour honorer les travailleurs qui ont perdu la vie ou ont été blessés au travail, et il a exhorté les participants à continuer de lutter pour les vivants, chez ITSS et dans tout le parc industriel de Morowali. Il a insisté sur l'importance de la préservation du bien-être des travailleurs dans toute l'industrie et sur la nécessité de redoubler d'efforts pour améliorer les normes de sécurité au travail.

"L'industrie du nickel est en plein essor en Indonésie, mais la SST est très souvent négligée. On constate un manque d'éducation et de formation, d'application des droits normatifs et, surtout, l'absence de comités paritaires de SST. Nous devons nous efforcer de recruter davantage, d'obtenir des conventions collectives fortes et de sécuriser les lieux de travail pour tous les travailleurs,"

commente Kan Matsuzaki.

Il ajoute, en cette Journée mondiale de la santé et la sécurité au travail, qu'il est essentiel de se souvenir qu'un nombre ahurissant de 3 millions de travailleurs meurent chaque année de causes liées au travail et que des dizaines de millions d'autres encore en subissent des lésions. IndustriALL s'est engagé à soutenir ses affiliés indonésiens dans leur campagne pour la ratification des conventions 155 et 176 de l'OIT qui garantissent les droits des travailleurs indonésiens de savoir et de participer, mais aussi leur droit au refus.

Dans des témoignages émouvants, des syndicalistes ont raconté leur expérience lorsque le four a explosé. Dans un acte de courage énorme, ils ont rattrapé et sauvé deux travailleurs, un Indonésien et un Chinois, dans leur chute de 50 mètres de haut. Leur colère a éclaté lorsqu'ils ont découvert un empilement de cadavres près du four qui fonctionnait 1.200 degrés.

"L'entreprise n'avait pas prévu d'exercices d'urgence pour les cas d'accidents industriels, seulement des exercices d'incendie. Les travailleurs ne savaient pas quoi faire pour évacuer et échapper à la mort. Nous exigeons que l'entreprise organise régulièrement des exercices d'urgence pour éviter la répétition d'une telle catastrophe,"

ont ajouté les syndicalistes.

D'autres syndicalistes de la même mine ont mis en lumière d'autres problèmes, comme les violations des protocoles de sécurité, en expliquant que les travailleurs étaient contraints de procéder aux réparations sans arrêter la production. Ces travailleurs, qui avaient été déplacés de l'autre entreprise du parc industriel, ne savaient pas où était l'issue de secours et en sont morts. Le manque d'ambulances, de cliniques et d'infrastructures médicales dignes de ce nom pour un site de la taille du parc industriel de Morowali a encore aggravé les choses.

Pharmatec Pakistan licencie illégalement

En 2019, un groupe de 29 travailleurs a saisi la Commission nationale des relations sociales (NIRC) au sujet des pratiques de travail déloyales de l’entreprise. Les journaliers se voyaient refuser les avantages accordés aux travailleurs permanents, tels que l’augmentation annuelle, les primes, les services médicaux, les congés et l’assurance de groupe. Les travailleurs avaient requis du tribunal que, pendant l’instruction de l’affaire, la direction de l’entreprise s’abstienne de mettre fin à leur contrat, de les licencier, de les transférer ou de retenir leurs salaires, ce qui a été accordé par le tribunal.

La même année, les travailleurs ont également déposé une plainte auprès de la NIRC afin d’obtenir un emploi permanent, la direction de l’entreprise ayant failli à traiter la question. Dans cette requête, les travailleurs ont fait valoir que, conformément à la législation nationale, la direction de l’entreprise est tenue de délivrer aux travailleurs des lettres d’engagement écrites reprenant leurs conditions d’emploi.

Le 18 avril 2024, la NIRC a statué sur les deux requêtes, qui ont été fusionnées, en ordonnant que l’affaire soit transférée au tribunal du travail. Alors que l’affaire est toujours en suspens, la direction a licencié les travailleurs dès le lendemain.

Imran Ali, Secrétaire général de la PCEM, a déclaré :

“La décision de Pharmatec de licencier nos membres va à l’encontre de l’ordonnance du tribunal qui n’a fait que transférer l’affaire au tribunal du travail, où elle reste dans la même situation qu’auprès de la NIRC. Nous protestons contre cette décision illégale de l’entreprise et le syndicat continuera à mener une bataille juridique jusqu’à ce que nos membres obtiennent justice.”

Ashutosh Bhattacharya, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“IndustriALL condamne fermement le licenciement illégal des travailleurs par Pharmatec. Nous sommes solidaires de notre affilié PCEM, qui poursuit la lutte pour la sauvegarde des droits des travailleurs.”


 

À la mémoire des mineurs du Lesotho

Tankiso Tsoeu, un analyste de données à la Kao Mine de Storm Mountain Diamonds, qui a survécu à l'accident, explique que le souvenir douloureux de cet horrible accident continue de le hanter.

Ce membre du Syndicat démocratique indépendant du Lesotho (IDU), affilié à IndustriALL, se souvient :

"Le 8 février 2021, pendant la pandémie de Covid-19, nos vies ont été marquées par cet accident horrible. Nous étions supposés rentrer chez nous et étions excités à l'idée de cette pause et de retrouver nos familles après des journées de 12 heures 14 jours d'affilée. Les autobus qui arrivaient à la mine de Kao à midi amenaient les équipes suivantes et devaient nous ramener chez nous."

"J'étais épuisé en montant à bord et je me suis endormi quand le bus s'est mis en marche. Après ce qui m'a semblé n'être que quelques minutes, alors que plus d'une heure avait passé, j'ai senti que ma tête heurtait quelque chose et j'ai perdu connaissance. Ensuite, un collègue m'a réveillé. J'ai vu que nous étions dans l'épave du bus couché sur le côté et que des travailleurs appelaient à l'aide. Le chauffeur avait perdu le contrôle de son véhicule sur une route devenue glissante à la suite d'une tempête de grêle et le bus s'était renversé."

Tankiso Tsoeu se souvient des travailleurs piégés dans l'épave.

"Des travailleurs blessés étaient extraits de la carcasse du bus mais d'autres restaient piégés. Certains étaient même sous le véhicule. Il n'y a pas de mots pour décrire l'agonie de ceux que vous voyez alors que vous ne pouvez rien faire pour leur venir en aide."

Pour aggraver les choses, il n'y avait pas de réseau pour téléphoner.

"La plupart des survivants avaient perdu leur téléphone et il n'y avait pas de couverture téléphonique. Un de nous a dû escalader une montagne pour avoir du réseau et appeler à l'aide."

Ce n'est que lorsque des équipes de secours sont arrivées de Letseng et des mines de Kao que les travailleurs ont reçu de l'aide.

"Malheureusement, certains étaient morts sur place. D'autres, gravement blessés, ont été emmenés au Queen Mamohato Memorial Hospital de Maseru. Sur 35 passagers, 8 ont péri."

Les survivants ont été soignés à la clinique de la mine de Letseng et la mine de Kao a fait appel à un médecin et un psychologue pour accompagner les travailleurs.

Malgré toute l'aide qui lui a été dispensée, le rétablissement de Tankiso Tsoeu a été difficile.

"Je me bats toujours. Le plus dur est que tout le monde attend de vous que vous soyez totalement rétabli au bout de trois ans et, quand vous parlez de l'accident, on croit que vous exagérez. Pourtant, c'est une lutte de tous les jours, surtout avec une anxiété que je ne ressentais jamais avant l'accident. Le rappel de certains épisodes et de l'angoisse des mineurs piégés provoque souvent des nuits d'insomnie."

Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines et responsable de la santé et la sécurité au travail, déclare :

"En cette Journée internationale de commémoration des travailleurs morts et blessés, nous nous souvenons des huit travailleurs de la mine de Kao et souhaitons aux survivants de se remettre totalement des lésions et du traumatisme subis dans cet accident. Nous rendons hommage à la clinique de la mine de Letseng et à la mine de Kao pour leurs efforts et le traitement post-traumatique des travailleurs blessés, conscients que le devoir d'assistance va au-delà des grilles de la mine." 

Plus le syndicat est fort, plus le lieu de travail est sûr

L’essor de la révolution industrielle, il y a près de 250 ans, a entraîné de terribles conditions de travail dans des usines mal ventilées et dotées d’équipements dangereux. Les mauvaises conditions de travail ont poussé les salariés à former des syndicats et à exiger des conditions de travail sûres et saines. Le rôle des syndicats a été synonyme de cette évolution, la santé et la sécurité au travail étant le moteur des réponses à ces changements souvent perturbateurs.

La première législation sur la santé et la sécurité, la Health and Morals of Aprecentices Act, a été adoptée au Royaume-Uni en 1784 à la suite d’une épidémie de fièvre chez les ouvriers des filatures de coton.

En 1984, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a institué le 28 avril comme journée d’hommage aux travailleurs tués ou blessés au travail, une journée qui a ensuite été reconnue au niveau international. En 2003, l’OIT a officiellement fait du 28 avril la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail afin de promouvoir des conditions de travail saines et de mettre l’accent sur la prévention des accidents du travail.

La date du 28 avril symbolise les luttes pour la santé et la sécurité sur le lieu de travail dans le monde entier et a fait de cette thématique un pivot stratégique autour duquel syndiquer et bâtir des syndicats forts.

La boucle a été bouclée en 2022 avec la reconnaissance par l’OIT de la santé et de la sécurité comme principe et droit fondamental au travail, s’ajoutant aux quatre autres principes et droits fondamentaux au travail de l’OIT : la liberté d’association et la reconnaissance effective du droit de négociation collective ; l’élimination de toutes les formes de travail forcé ou obligatoire ; l’abolition effective du travail des enfants ; l’élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession.

La Convention n° 155 sur la sécurité et la santé des travailleurs, de 1981, et la convention n° 187 sur le cadre promotionnel pour la sécurité et la santé au travail, de 2006, sont désormais considérées comme des conventions fondamentales qui entérinent la santé et à la sécurité en tant que principe et droit fondamentaux au travail.

Glen Mpufane, Directeur pour la santé et de la sécurité d’IndustriALL, a déclaré à ce sujet :

“La reconnaissance par l’OIT de la santé et de la sécurité comme principe fondamental et droit au travail est une victoire pour les travailleurs du monde entier découlant les luttes des travailleurs et travailleuses. C’est aussi un témoignage et un hommage à leurs longues années de leur lutte pour améliorer leurs conditions de santé et de sécurité sur le lieu de travail.

La santé et la sécurité au travail ne sont ni un avantage à négocier ni une faveur à demander. C’est un droit.”

Le plan d’action du Congrès 2021-2025 d’IndustriALL sur l’avancement des droits des travailleurs s’inscrit dans la lignée des luttes des travailleurs à travers le temps pour l’amélioration de leurs conditions de travail en mettant l’accent sur les droits fondamentaux à la liberté d’association et le droit à la négociation collective, ainsi qu’un salaire minimum adéquat, des limites maximales au temps de travail et la sécurité et la santé sur le lieu de travail.

IndustriALL fait campagne et promeut une approche de la santé et de la sécurité au travail fondée sur le droit, qui inclut :

Amazon : arrêtez de resquiller à propos de la sécurité des travailleurs, signez l’Accord dès aujourd’hui !

Depuis qu’il a été conclu à la suite de la mort effroyable de plus de 1.100 travailleurs et travailleuses de la confection lors de l’effondrement de l’usine Rana Plaza au Bangladesh le 24 avril 2013, l’Accord international a été une balise pour les progrès dans le domaine, unissant les syndicats, les enseignes et les fournisseurs dans la mission commune d’assurer la sécurité sur le lieu de travail.

Trente des trente-trois fournisseurs d’Amazon, des usines de textile et de confection au Bangladesh et au Pakistan, sont couverts par les normes de sécurité rigoureuses de l’Accord. Pourtant, Amazon refuse de s’engager à soutenir financièrement la mise en œuvre de ces normes, préférant profiter des protections de l’Accord alors que d’autres marques assument la responsabilité de la sécurité des travailleurs.

Le parasitisme d’Amazon doit cesser. Il est temps de signer l’Accord !

L’Accord a fait une énorme différence : plus de 56.000 inspections de sécurité indépendantes ont été menées, 140.000 problèmes de sécurité ont été résolus et 2 millions de travailleurs et travailleuses ont été formés aux protocoles de santé et de sécurité. L’Accord est devenu une planche de salut pour les travailleurs et travailleuses de ces usines. Plus de 200 marques se sont engagées, garantissant un avenir plus sûr à des millions de personnes au Bangladesh. Le Pakistan bénéficie désormais également de ces initiatives qui sauvent des vies.

En tant que plus grand détaillant en ligne au monde, il est inexcusable qu’Amazon n’ait pas signé l’Accord.

Amazon, votre signature peut sauver des vies. Signez l’accord maintenant.

Anniversaire du Rana Plaza : les députés européens doivent soutenir la diligence raisonnable, aujourd’hui !

Pour que cette diligence soit efficace, les accords contraignants suscitent un intérêt croissant, car il est de plus en plus admis que l’audit social volontaire est un mécanisme inefficace, tant en termes de protection des droits des travailleurs que de réduction des risques pour les acheteurs des marques multinationales et leurs investisseurs.

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale d’industriAll Europe, a déclaré :

”Aujourd’hui, les députés européens ont la possibilité d’apporter un réel changement positif dans la vie des travailleurs et travailleuses, y compris dans le secteur international du textile, qui reste malheureusement tristement célèbre pour ses violations des droits des travailleurs. Tous et toutes méritent de travailler dans des environnements sûrs et dans des conditions décentes et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter une autre catastrophe comme celle de Rana Plaza. Nous avons besoin de règles européennes strictes en matière de diligence raisonnable afin que les entreprises soient tenues responsables de leurs chaînes d’approvisionnement, où qu’elles se trouvent”.

La directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité imposera aux entreprises européennes et non européennes réalisant un chiffre d’affaires d’au moins 450 millions d’euros dans l’UE de faire preuve de diligence en matière de droits de l’homme et d’environnement dans l’ensemble de leur chaîne de valeur.

Oliver Roethig, Secrétaire régional d’UNI Europe, a déclaré :

“La directive sur le développement durable apportera des avancées essentielles en garantissant qu’une entreprise ne puisse plus décider unilatéralement de son approche de la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme. Au contraire, il sera obligatoire d’impliquer les syndicats de manière significative dans le processus de diligence raisonnable. Lorsque la directive entrera en vigueur, ces dispositions garantiront que les nouvelles exigences constituent un progrès substantiel par rapport aux approches ratées de la responsabilité sociale des entreprises”.

Créé à la suite de l’effondrement de l’usine de confection du Rana Plaza par des fédérations syndicales internationales, l’Accord international, juridiquement contraignant, pour la santé et la sécurité dans l’industrie du textile et de la confection a été signé à ce jour par plus de 200 des plus grandes marques et détaillants de mode du monde. Il a donné lieu à plus de 56.000 inspections indépendantes dans les usines des fournisseurs, plus de 140.000 problèmes de sécurité ont été résolus et 2 millions de travailleurs et travailleuses ont reçu une formation en matière de santé et de sécurité. L’Accord contribue aujourd’hui à sauver des vies au Pakistan.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré à ce sujet :

“Bien que nous soyons fiers du travail accompli dans le cadre de l’Accord, nous appelons à davantage d’actions au plan international pour que les marques de textile rendent des comptes. Si elle est adoptée, la directive européenne améliorera la vie de millions de travailleurs et travailleuses. L’ironie du fait que le vote final tombe le même jour que l’anniversaire du Rana Plaza n’est pas vaine et les travailleurs du textile au Bangladesh appellent aujourd’hui le Parlement européen à soutenir la directive et à faire en sorte que les marques internationales de textile rendent des comptes”.

Christy Hoffman, Secrétaire générale d’UNI Global Union, a déclaré

“Tout comme UNI et IndustriALL sont entrés dans l’histoire lorsque nous avons négocié l’Accord il y a 11 ans, les députés européens qui votent aujourd’hui ont la possibilité de changer le paysage de la responsabilité de la chaîne d’approvisionnement dans le monde entier. L’Accord montre la différence que les syndicats et les entreprises peuvent faire lorsque nous élaborons des règles contraignantes ayant un impact sectoriel. La directive sur la responsabilité sociale des entreprises fait passer la responsabilité au sein des chaînes d’approvisionnement à un niveau supérieur et constitue un grand pas en avant pour faire en sorte que “Rana Plaza, plus jamais ça” devienne plus qu’un simple slogan”.

Le respect des normes de l'OIT dans l'Accord de libre-échange UE-Thaïlande

Dans une lettre du 15 avril aux dirigeants européens, parmi lesquels le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, et la secrétaire générale d'IndustriALL Europe, Judith Kirton-Darling, soulignent une violation flagrante des droits des travailleurs en Thaïlande qui entraîne un taux de syndicalisation faible et la faiblesse des syndicats dans la négociation.

Ils expliquent qu'en Thaïlande, la législation du travail impose diverses restrictions à la liberté syndicale et au droit de négocier collectivement. L'absence de protection de l'État affaiblit considérablement les organisations syndicales.

"Il est essentiel que l'Union européenne s'engage à aborder les questions de justice sociale et de droits au travail, et surtout que le gouvernement s'engage à ratifier les conventions 87 et 98 de l'OIT, devant conduire à une réforme de la législation du travail et de la pratique en écartant les obstacles aux droits d'organisation et de négociation collective,"

explique Atle Høie.

L'Union européenne est le quatrième partenaire commercial de la Thaïlande, derrière la Chine, les États-Unis et le Japon. En 2022, la Thaïlande a exporté des produits vers l'Union européenne pour une valeur de 22,8 milliards $. Il s'agit notamment de pièces automobiles, d'ordinateurs, de circuits électriques et de produit de joaillerie.

"L'Union européenne doit faire en sorte que l'augmentation des échanges et des investissements qui s'ensuivra avec ses partenaires commerciaux entraîne effectivement des améliorations dans l’environnement, la justice sociale et les droits au travail,"

ajoute Judith Kirton-Darling.

Depuis la reprise de la négociation de l'accord, en septembre 2023, les syndicats sont tenus à l'écart. La Confédération du travail industriel de Thaïlande (CILT), qui est affiliée à IndustriALL, exhorte les partenaires à respecter les normes internationales du travail au cours des négociations.

Évoquant l'Accord de libre-échange UE-Corée, le président de la CILT, Prasit Prasopuk, déclare :

"Il faut que le gouvernement thaïlandais suive l'exemple de la Corée du Sud qui a ratifié les conventions 87 et 98 de l'OIT après la signature de l'accord avec l'Union européenne."

En 2023, les affiliés thaïlandais d'IndustriALL ont lancé une campagne pour la ratification des convention 87 et 98 en tant que moyen de combattre la discrimination antisyndicale dans le pays.

Après quelques concertations avec les autorités en place, le ministère du Travail a constitué un comité tripartite et deux groupes de travail chargés de réaliser une étude de faisabilité de la ratification de deux conventions.

Victoire historique du syndicat à l’usine Volkswagen de Chattanooga

Shawn Fain, Président de l’UAW, a exprimé son enthousiasme et son soutien aux travailleurs et travailleuses de l’usine de Chattanooga. Les rencontrant le jour du scrutin, Shawn Fain a souligné les implications plus larges de leur victoire à l’échelle de l’ensemble du pays.

“J’ai passé un excellent moment aujourd’hui à rencontrer les travailleurs et travailleuses de Volkswagen, qui sont sur la voie du succès pour obtenir justice sur leur lieu de travail ! Les travailleurs américains en ont assez d’être laissés pour compte, et les syndicats représentent le chemin vers la dignité sur le lieu de travail et en dehors ! Debout, UAW VW !”,

a déclaré Fain.

Après deux votes infructueux depuis 2014, les travailleurs et travailleuses de Volkswagen sont entrés dans l’histoire en votant à 73 % en faveur de l’adhésion à l’UAW.

Répartition des votes

“Félicitations aux travailleurs et travailleuses de l’UAW chez Volkswagen à Chattanooga, de la part de toute la famille IndustriALL qui compte 50 millions de membres. Aujourd’hui, vous êtes entrés dans l’histoire en devenant l’une des rares usines automobiles syndiquées dans les États du Sud. Vous êtes un nouveau membre de la famille, attendu depuis longtemps et extrêmement bienvenu. Avec la victoire éclatante d’aujourd’hui, vous avez donné espoir et inspiration à des millions de personnes dans le monde entier”.

a déclaré Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Le Président américain Joe Biden a publiquement félicité les travailleurs et travailleuses de Volkswagen Chattanooga pour leur courage et leur détermination. Dans sa déclaration, il a souligné que le droit à la syndicalisation est une valeur américaine fondamentale et qu’il est essentiel pour équilibrer le pouvoir entre les travailleurs et les employeurs, favorisant ainsi une économie équitable.

“Chaque travailleur, dans chaque État, doit pouvoir choisir librement et équitablement d’adhérer à un syndicat”.

La victoire du syndicat est intervenue après une bataille longue et complexe avec la direction de l’entreprise, qui pendant très longtemps n’a pas fait preuve de la neutralité requise. L’usine de Chattanooga, qui emploie des milliers de personnes, a été au centre d’une lutte acharnée pour les droits des travailleurs, attirant l’attention nationale sur les luttes et le potentiel de la syndicalisation dans le Sud.

Travailleurs et travailleuses de Mercedes en Alabama, UAW

Alors que les travailleurs et travailleuses de Mercedes en Alabama se préparent au scrutin concernant leur propre syndicat en mai, et à l’approche du vote sur VW, les gouverneurs des États voisins, dont l’Alabama, ont exprimé une forte opposition dans une déclaration publique, avec des arguments infondés selon lesquels les syndicats pourraient compromettre la création d’emplois et la croissance économique dans la région.

Toutefois, les efforts persistants de l’UAW et de ses membres promettent de changer la face du syndicalisme dans toute la région. Le succès de Chattanooga devrait avoir des effets plus larges, pouvant influencer les politiques et les pratiques du travail dans l’ensemble de l’industrie automobile et au-delà. Il met en évidence la reconnaissance croissante de l’importance des syndicats pour garantir un traitement équitable et la justice sur le lieu de travail.

La solidarité internationale a joué un rôle important dans la campagne, avec l’affilié d’IndustriALL IG Metall et le Comité d’entreprise mondial du groupe VW qui ont joué un rôle clé. Ils ont suivi de près le processus de syndicalisation et sont rapidement intervenus lorsqu’ils ont constaté des actions antisyndicales de la part de la direction de VW. Leur vigilance et leur rapidité d’action ont contribué à garantir un cadre équitable pour le vote des travailleurs et travailleuses quant à la constitution d’un syndicat.

“Ce travail d’équipe montre à quel point une forte solidarité mondiale est essentielle pour faire progresser les droits des travailleurs et comment des alliés internationaux peuvent contribuer aux efforts locaux pour relever victorieusement les défis des entreprises. Cette victoire n’est pas que celle des travailleurs de VW, elle représente un espoir pour des millions de travailleurs à travers le pays, prouvant que la persévérance et la solidarité peuvent ouvrir la voie à une amélioration significative des droits des travailleurs et de la justice sur le lieu de travail, notamment pour nos camarades de l’usine Mercedes Benz d’Alabama qui auront leur mot à dire sur l’adhésion au syndicat le mois prochain”,

a déclaré Georg Leutert, Directeur d’IndustriALL pour l’industrie automobile.