Grève des travailleurs palestiniens de la chaussure et du cuir

La décision de faire grève a été prise en réponse aux infractions continuelles aux droits des travailleurs et travailleuses, notamment la pratique de la direction de l’entreprise de porter préjudice à leurs droits par un recours à des accords individuels, par des salaires et des prestations non payés à 45 personnes qui représentent la totalité de la main-d’œuvre de l’entreprise.

L’entreprise employait dans le passé 750 travailleurs et travailleuses, mais à la suite d’un accord de libre-échange, la production est devenue dépendante de matières premières importées de Chine, avec comme conséquence la réduction de la main-d’œuvre à 45 personnes.

Les parts du capital de l’entreprise ont été récemment divisées entre les sept frères qui ont fermé certains départements et mis fin à l’emploi de salariés sans verser d’indemnités pour leur congé annuel dû et autres prestations.

Initialement,  la direction avait accepté d’entreprendre des négociations après la menace du syndicat de lancer un mot ordre de grève illimitée dans l’usine. Cette menace a permis au syndicat local et à la main-d’œuvre de commencer à négocier, et l’employeur a alors versé les arriérés salariaux. Cependant, l’entreprise refuse d’accorder un dédommagement pour la perte des congés annuels, en invoquant un accord précédent avec des personnes employées sous d’autres conditions. Le syndicat local a contesté les affirmations de l’entreprise en indiquant que les conditions en question étaient en infraction avec la législation nationale.

Après des grèves d’avertissement de deux heures pendant une semaine, une rencontre a eu lieu le 29 novembre entre les représentants du syndicat, du ministère du Travail et de la direction pour une nouvelle série de négociations. La direction a offert de payer la moitié des sommes dues pour les congés annuels, en raison de la faiblesse de la situation financière de l’entreprise.

Le syndicat a rejeté l’offre et exigeant le paiement complet de l’indemnisation, en refusant d’admettre l’instabilité de la situation financière de l’entreprise et en reprochant à l’entreprise de tenter d’éviter de remplir ses obligations envers ses salariés.

Le syndicat a annoncé à l’entreprise son intention d’entreprendre les actions juridiques nécessaires. Toutefois, en raison de l’absence d’un tribunal spécial du travail en Palestine, la solution à cette affaire pourrait prendre des années. Pour obtenir justice, la syndicat a décidé  d’entreprendre le 3 décembre une grève de durée illimitée. Dès l’annonce de la grève, le syndicat a lancé une campagne médiatique et mobilisé la société civile pour continuer de faire pression sur l’entreprise.

Éruption de violence en Tunisie contre un syndicat

Les syndicalistes ont été attaqués le 4 décembre par des groupes de casseurs alors qu’ils se préparaient à partir du siège de l’UGTT pour une marche pacifique destinée à commémorer le 60e anniversaire de l’assassinat de Farhat Hached, dirigeant historique des mouvements syndicaux et d’indépendance nationale de la Tunisie.

Prenant la parole à Tunis, Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, a déclaré: “IndustriALL Global Union se tient aux côtés de son affilié, la fédération des travailleurs de la métallurgie et de l’électronique – UGTT et condamne les attaques contre cette organisation syndicale. L’UGTT est une force déterminante dans la révolution et se bat pour la démocratie et la justice sociale”.

Les Tunisiens et Tunisiennes se préparent à célébrer le deuxième anniversaire de leur révolution le 14 décembre. Le syndicat a décrété une grève nationale pour le 13 décembre et les grèves régionales commencent aujourd’hui, 6 décembre, dans les 5 régions du sud de la Tunisie dans la période préparatoire à l’anniversaire. L’organisation syndicale exige:

Tahar Barberi, secrétaire général de la Fédération générale de la métallurgie et de l'électronique – UGTT, a déclaré: “Les partis politiques qui sont actuellement au gouvernement veulent que l’UGTT s’éloigne des demandes de la révolution et s’occupent seulement de revendications sociales. Mais nous savons tous que l’UGTT est l’organisation qui était à la tête de toutes les mobilisations qui ont eu lieu après le 17 décembre 2010 jusqu’à la chute du régime le 14 janvier 2011. L’UGTT est la seule organisation nationale qui préserve l’espoir et les revendications, les changements basés sur les attentes de notre population. Nous ne reviendrons pas sous la dictature”.

Les affrontements violents à Tunis le 4 décembre font suite à ceux qui ont eu lieu une semaine auparavant dans la région de Siliana. Un appel de l’UGTT pour une grève générale pour exiger la prise de mesures réelles destinées à s’attaquer au chômage dans cette région désavantagée ont fait au moins 252 blessés par l’action des forces de sécurité, qui ont tiré sur des manifestants de face et à courte distance.

“IndustriALL Global Union continuera de soutenir son affilié en Tunisie dans le combat mené pour une société libre et juste. Demain 7 décembre, IndustriALL se joindra aux travailleurs et travailleuses dans la rue pour protester contre ces récentes attaques perfides et exiger que leurs auteurs soient identifiés et jugés” a déclaré Fernando Lopes de IndustriALL.

La répression antisyndicale s’aggrave chez DESA en Turquie

DESA dont la production s’adresse à des marques de renom comme Prada, Gucci, Debenhams, Whistless, Marks and Spencer, est l’une des principales entreprises exportatrices dans le secteur du cuir en Turquie dont les trois usines à Istanbul, Duzce et Corlu emploient environ 2.000 travailleurs et travailleuses.

Deri-Is et ses membres font face à une discrimination systématique de plus en plus forte de DESA depuis que le syndicat a pris pied dans les usines de l’entreprise en 2008.

Pour soutenir Deri-Is, IndustriALL Global Union et European Trade Union vous demandent d’envoyer des messages sur cette page internet à DESA pour exiger la liberté syndicale et la fin de la répression antisyndicale.

Depuis 2008, plus de 50 cas de licenciements injustes et de harcèlements ont été portés devant la justice, et DESA a perdu la majorité de ces litiges considérés par les tribunaux comme relevant d’une attitude antisyndicale.

DESA a fait face à une campagne internationale menée par la FITTHC d’alors pour obtenir le respect des droits du travail dans ses usines. À la suite de la campagne et des décisions des tribunaux, les parties ont signé en août 2009 un accord de reconnaissance mutuelle, et DESA a apparemment accepté alors de respecter les droits du travail. Après cet accord, DESA a regagné des commandes de la part de clients. Cependant, la direction de DESA n’a pas complètement respecté l’accord et a poursuivi ses activités antisyndicales.

La direction de DESA emploie diverses méthodes de harcèlement des membres du syndicat pour les forcer à abandonner leur appartenance syndicale et à quitter volontairement leur emploi par un recours à des mesures incitatives. La forme la plus fréquente de harcèlement concerne des procédures d’évaluation des performances qui défavorisent les membres du syndicat pour les forcer à signer un document sans leur consentement. Quand des membres du syndicat refusent de signer en protestant contre les politiques discriminatoires de la direction, ils reçoivent une lettre d’avertissement de DESA qui les menace de licenciement. Cette année, 25 membres du syndicat ont reçu entre janvier et avril 111 lettres d’avertissement.

Des cadres de l’entreprise, chefs hiérarchique et responsables de la sécurité provoquent régulièrement les membres du syndicat en les insultant ou en leur criant des ordres. Les membres du syndicat ont présenté des plaintes devant les tribunaux locaux contre ces actions discriminatoires. Certains membres du syndicat ont réussi à obtenir gain de cause, mais d’autres ont commencé à souffrir de troubles psychologiques.

Récemment, des cadres de l’entreprise ont décidé d’interdire le port d’un pull-over dans l’usine, en prétendant que des travailleurs dérobent certains produits. En outre, des membres du syndicat sont placés dans un même département pour les isoler des autres travailleurs et travailleuses et d’empêcher ainsi le développement du syndicat.

“Cette longue histoire de répression syndicale doit prendre fin” ont déclaré Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, et Luc Triangle, secrétaire général adjoint de IndustriAll Europe. “DESA n’a pas répondu à nos tentatives pour résoudre le problème par le dialogue. Nous demandons maintenant à tous nos affiliés et à nos alliés de rejoindre notre campagne pour que les travailleurs et travailleuses de DESA puissent jouir librement de leurs droits fondamentaux”.

Signez la pétition électronique sur cette page internet pour envoyer votre message à la direction de DESA pour exiger le droit à la liberté syndicale et la fin de la répression antisyndicale.

Volkswagen limite l’emploi précaire dans le monde!

L’accord qui constitue une véritable percée a pris le nom de "Charte du travail temporaire pour le groupe Volkswagen". Il établit un ensemble de principes applicables dans le monde entier pour les emplois temporaires dans le groupe Volkswagen. L’accord a pour but d’assurer, entre autres, des conditions appropriées d’emploi et de rémunération pour les travailleurs et travailleuses temporaires.

Avec la présence de près de 200 participant(e)s et invité(e)s à la réunion du Comité d’entreprise mondial du groupe Volkswagen à Munich, la Charte a été signée par le professeur Dr Martin Winterkorn, président du conseil de direction; le Dr Horst Neumann, directeur en chef des ressources humaines; par Bernd Osterloh, président du comité d’entreprise mondial de Volkswagen; et par Berthold Huber, président de IndustriALL Global Union.

Parmi d’autres conditions inscrites dans la charte, les représentant(e)s de l’employeur et des salariés se sont mis d’accord sur les points suivants:

L’accord s’applique à toutes les usines du groupe Volkswagen, membres du comité d’entreprise mondial.

Pour tout renseignement complémentaire, cliquer sur:

http://www.volkswagenag.com/content/vwcorp/info_center/de/news/2012/11/charta.html

et

http://www.igmetall.de/cps/rde/xchg/SID-BE4C4204-B316B531/internet/style.xsl/charta-der-zeitarbeit-im-volkswagen-konzern-10997.htm

La charte sera publiée sur le site de IndustriALL Global Union dès qu’elle sera disponible.

Obtenir du changement avec une Zambie sans VIH

Située à Chingola dans la Copperbelt (ceinture de cuivre) en Zambie, qui assure environ 60 pour cent de la production de cuivre du pays, KCM est le plus grand employeur de la région avec une main-d’œuvre estimée à 28.000 travailleurs, dont 20.000 sous contrat temporaire.

La campagne de conseils et tests de dépistage VIH volontaire était organisée sous le parrainage conjoint du groupe de travail du district sur le sida (District Aids Task Force – DATF), KCM et IndustriALL Global Union. Les activités ont commencé par une marche pour une meilleure prise de conscience qui a mené jusqu’au club de la mine de KCM, où KCM et le bureau du district de Chingola avaient réuni les conseillers et les personnes chargées d’administrer les tests dont le but était de tester 1.000 personnes dans la journée. 

Les travailleurs, leurs familles, ainsi que des membres de la communauté, ont assisté et suivi avec attention l’événement, qui offrait également de la nourriture, des boissons et des t-shirts pour commémorer leur participation.

“L’humeur était joviale et les fortes pluies n’ont même pas gâché nos plans”, assure Paule Ndessomin, coordonnatrice du projet Afrique. “Dès le début de l’après-midi, l’objectif était déjà atteint, et 1.009 personnes avaient subi des tests de dépistage, dont 47 identifiées comme porteuses du VIH ”.

Toutes les personnes séropositives ont reçu une lettre de renvoi à l’hôpital pour des tests complémentaires et le responsable de district a donné son assurance qu’elles seront prises en charge.

Sintracarbón négocie pour améliorer les conditions

La convention collective entre le syndicat et Carbones del Cerrejón en Colombie arrive à expiration le 31 décembre de cette année. Sintracarbón est donc engagée dans une procédure de négociation au nom de toute la main-d’œuvre, notamment des personnes travaillant en sous-traitance avec un emploi précaire. Les négociations entre l’entreprise et les représentant(e)s du syndicat ont commencé le 4 décembre.

Sintracarbón qui a 5.900 membres, assure la défense des droits de la main-d’œuvre permanente, mais aussi des travailleurs et travailleuses en sous-traitance. Le syndicat a toujours essayé d’agir dans l’intérêt de toute la communauté de Guajira au nord du pays, touchée par l’expansion de l’exploitation minière.

Carbones del Cerrejón, un consortium formé par les sociétés transnationales BH Billiton, Xstrata et Anglo America, est le plus grand producteur de charbon du pays. Le charbon est surtout exporté en Europe.

Selon Carlos Bustos, coordonnateur de projet pour IndustriALL en Colombie: “Sintracarbón qui est le plus ancien des syndicats colombiens affiliés à IndustriALL a toujours bénéficié de  notre soutien et de notre solidarité. Nous sommes prêts avec nos 50 millions de membres à accorder le soutien nécessaire pour lui permettre d’atteindre tous ses objectifs et de conclure rapidement un accord sur ses revendications.”

Action contre l’emploi précaire des affiliés de IndustriALL en Afrique sub-saharienne

Des syndicats de la région ont réussi à obtenir l’adoption d’une législation concernant le recours à l’emploi précaire. Par exemple, la campagne au Sénégal menée par le SUTIDS (Syndicat Unique des Travailleurs des Industries Diverses du Sénégal) a permis d’obtenir la promulgation d’un décret présidentiel qui s’applique aux agences d’emploi privées et à la main-d’œuvre employée par des entreprises externalisées en 2010. Ce texte législatif fixe des limites à l’emploi de travailleurs et travailleuses précaires, vise à assurer une responsabilité commune avec l’entreprise utilisatrice pour l’emploi de cette main-d’œuvre et un traitement égalitaire des travailleurs et travailleuses précaires et du personnel permanent. Depuis la promulgation de ce décret, le syndicat a travaillé en contact étroit avec les inspecteurs du travail pour assurer le respect de cette nouvelle législation par les employeurs. Des entreprises ont dû mettre fin à leur contrat avec des sous-traitants qui n’appliquaient pas le nouveau décret. Une évolution législative identique a eu lieu au Nigeria et en Guinée.

Grâce au projet au Mozambique, le syndicat SINTIQUIAF (Sindicato Nacional dos Trabalhadores da Indústria Quimica e Afins) a pu renforcer le recours au dialogue social. Toutes les parties prenantes, notamment les agences de travail temporaire, se sont réunies pour examiner la façon d’améliorer l’application de la législation réglementant l’emploi précaire. La coopération étroite des syndicats avec le ministère de l’Emploi et les inspecteurs du travail a déjà amené la dénonciation de cas d’infraction à la législation concernant l’emploi contractuel.

Les syndicats continuent de porter une attention particulière au recrutement d’une main-d’œuvre précaire et à l’obtention d’un statut permanent pour ces travailleurs et travailleuses. Tous les affiliés qui participent au projet ont accru leurs effectifs en 2012.

L’année 2012 a marqué le début de la seconde phase du projet sur l’emploi précaire dans cette région, lequel a bénéficié du soutien, dès le début en 2009, du centre finlandais de solidarité syndicale, SASK.  IndustriALL Global Union conduit ce projet dans 9 pays: Nigeria, Mozambique, île Maurice, Sénégal, Guinée, Afrique du Sud, Namibie, Burkina Faso et Niger. Dix-sept affiliés de IndustriALL qui y participent ont obtenu des résultats remarquables qui sont une source d’inspiration pour d’autres affiliés dans le monde.

À partir de 2013, le projet s’appliquera à quatre nouveaux pays grâce au soutien de ACV-CSC Bâtiment, Industrie et Énergie (BIE): le Cameroun, le Togo, la Mauritanie et la République démocratique du Congo (RDC). En outre, les participant(e)s ont défini une stratégie qui met en jeu tous les affiliés de IndustriALL Global Union dans leurs pays pour de futures activités de projet.

Les démentis de Excellon tournés en ridicule

Excellon, qui fait l’objet de pressions intenses concernant ses infractions aux droits syndicaux et son refus de négocier de bonne foi avec de petits propriétaires fonciers, a nié publiquement avoir commis des méfaits.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, affirme dans une lettre envoyée à l’entreprise:  “Si Excellon peut affirmer avoir profité initialement d’une bonne relation avec les propriétaire fonciers, alors sa définition d’une ‘bonne’ relation doit être celle qui permet de léser de petits propriétaires fonciers d’un accord équitable pour profiter d’un usage libre du terrain au prix le plus bas”.

IndustriALL a également rejeté comme un ‘mensonge’ l’affirmation par l’entreprise que l’éviction d’un camp de protestation à l’entrée de la mine avait eu lieu sans violence.

Finalement, IndustriALL a rejeté la déclaration de l’entreprise selon laquelle elle soutient le droit à la liberté syndicale. “Comment Excellon peut-elle affirmer respecter le droit de se syndiquer quand en réalité elle enfreint chaque règle en vigueur?” déclare Raina. “Excellon a refusé aux travailleurs le droit de se syndiquer à l’organisation de leur choix, est intervenue dans les affaires syndicales, a établi une discrimination contre les travailleurs en fonction de leur adhésion syndicale et a refusé d’accorder le droit de négocier collectivement".

“Excellon doit cesser de tenter de détourner l’attention des questions essentielles qui nous sont proches, et doit engager de bonne foi le dialogue avec les propriétaires fonciers pour résoudre les infractions à l’accord de 2008 sur l’emploi des terrains, et pour trouver une solution avec Los Mineros aux questions syndicales en suspens”, conclut Raina dans sa lettre.

La lettre envoyée par Excellon ainsi que la réponse de Jyrki Raina se trouvent sur les liens à ce texte.

Le Ghana doit ratifier la convention sur la sécurité dans les mines

Dans un article du Ghananian Chronicle, M. Prince William Ankrah, secrétaire général du GMWU, a réclamé la ratification de la convention de l’Organisation internationale du Travail sur la sécurité dans les mines qui est la “protection la plus sûre dans notre secteur pour la sécurité dans les mines, et aucun niveau d’improvisation sous quelque forme que ce soit de la part de nos gouvernements ne peut réfuter sa pertinence”.

Le Ghana, le second producteur d’or en Afrique, n’a pas réussi à ratifier la convention et ses recommandations depuis 16 ans.

La Convention a été adoptée le 22 juin 1995 lors de la 82e session de la Conférence générale de l’OIT à Genève, Suisse. La Convention sur la sécurité et la santé dans les mines, 1995, (no176) occupe une place centrale pour obtenir un travail décent dans une industrie qui considère la sécurité et la santé au travail comme étant son plus important défi.

Une partie de la lutte engagée pour obtenir la sécurité dans les mines et dans le monde porte sur la ratification de la Convention 176 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans les mines. Cette convention établit les prescriptions pour les inspections, les rapports d’accident et d’enquête, la formation, le contrôle des risques et le droit de chaque travailleur et travailleuse de participer aux décisions concernant la santé et la sécurité sur le lieu de travail, et de s’écarter d’un danger.

À ce jour, 26 pays ont ratifié le Convention 176 de l’OIT.  Voir la liste des pays qui ont ratifié la convention, ici.  

En ce qui concerne la santé et la sécurité au travail, les gouvernements et les employeurs ont des responsabilités – les travailleurs et travailleuses ont des droits.

Recul des droits des travailleurs en Égypte

Le nouveau projet de constitution, qui fera l’objet d’un référendum le 15 décembre, est en infraction à la liberté syndicale internationale.

La constitution renforcera la nouvelle loi sur les syndicats, déjà signée par le président Morsi, qui ne permet qu’un seul syndicat par secteur, et donne au gouvernement des pouvoirs excessifs pour contrôler l’activité syndicale et obtenir la dissolution des syndicats par les tribunaux au cas où ils “ne se conformeraient pas à la loi”.

Une loi sur la “protection de la révolution” prévoit des peines de prison, tout comme pour des criminels, aux travailleurs et travailleuses qui feraient grève ou interrompraient le travail. Les dispositions sur l’interdiction de faire grève prévoient des peines de deux ans de prison et des amendes. Ces articles sont déjà en vigueur, et les travailleurs et travailleuses veulent obtenir leur abolition. Au lieu de cela, le projet de constitution aggrave la loi en donnant aux procureurs le droit de détenir les travailleurs et travailleuses jusqu’à six mois avant leur procès.

Le projet interdit aux personnes âgée de plus de 60 ans de servir dans les organes exécutifs d’un syndicat, et permet au ministre du Travail de désigner à son choix le remplacement des personnes exclues de leur poste en fonction de cette loi. Des dispositions qui soutenaient les droits des femmes ont également été supprimées du projet de constitution.

La Confédération syndicale internationale (CSI) a écrit au président Mohamed Morsi (http://www.ituc-csi.org/egypte-hosni-moubarak-ii.html?lang=fr ) pour lui demander de s’assurer que la législation et la constitution en Égypte respectent totalement les droits internationaux de la personne, et notamment les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses.

Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, a déclaré: “ La révolution égyptienne avait suscité un très grand espoir dans le mouvement syndical international pour une nouvelle Égypte, et un enthousiasme à l’idée que nos camarades auraient enfin la chance d’édifier un mouvement syndical plein de vie et démocratique. Il ne fait aucun doute que le projet de constitution et la nouvelle loi sur les syndicats sont un sérieux revers à la réalisation de ce but”.