Attaque contre un syndicat à Bashneft en Russie

Bashneft est l'une des plus grandes entreprises pétrolières de Russie avec un chiffre d'affaires de plusieurs dizaines de milliards de dollars, qui emploie plus de 8.000 salariés. Cette énorme entreprise entreprend actuellement de réorganiser ses filiales pour les intégrer à une structure globale, et intensifie dans le même temps une politique antisyndicale.

L'entreprise refuse de renégocier les conventions collectives avec des sections du RCWU, il cherche à l’inverse à créer ses propres conseils des travailleurs.

Peu après la réorganisation en octobre 2012 quand l'entreprise Bashkirnefteproduct à Ufa, Russie, a été intégrée à l'entreprise mère Bashneft, la direction a refusé de renégocier la convention collective avec la section du RCWU en contestant son droit de négociation. 

“Quand le statut juridique de notre entreprise a changé, nous avons dû renégocier une convention collective. Toutefois, quand le syndicat a voulu renégocier, mon pouvoir d'engager une négociation collective au nom des travailleurs et travailleuses s’est trouvé contesté pour la première fois en 14 ans”, dit Zumara Ganieva, président de la section locale du RCWU à l'usine Ufa de Bashneft.

Dans le même temps, la direction a créé un conseil des travailleurs en tant qu'organe de représentation de la main-d'œuvre, et ce, en dépit d’un taux de syndicalisation de 76 pour cent. La direction locale exerce depuis des pressions sur les salariés pour qu’ils quittent le syndicat, avec des menaces de licenciement à la clé.

Une politique identique a été adoptée dans une autre filiale de Bashneft acquise récemment, Orenburgnefteproduct, à Orenburg, Russie. La direction refuse de renégocier une convention collective, tout en créant son propre conseil des travailleurs destiné à remplacer la section syndicale du RCWU dans l'usine.

En réponse, le RCWU a organisé des rassemblements à Ufa et à Orenburg. Le 14 décembre, 30 activistes ont pris part à une action à Orenburg et plus de 200 travailleurs/euses se sont rassemblés devant les bureaux de l'entreprise à Ufa, malgré des températures de moins 30 degrés Celsius. Les protestataires ont demandé que Bashneft reconnaisse le syndicat et abandonne sa politique de conseils des travailleurs.

Le président du RCWU, Alexander Sitnov, a déclaré que le syndicat allait lancer une campagne nationale de solidarité. Il a également exprimé l'espoir que le mouvement syndical international offrira sa solidarité aux syndicats de Bashneft.

Rencontre de responsables de l’ONU avec des propriétaires fonciers et des travailleurs dans l’affaire Excellon

Après l’éviction violente d’un camp de protestation dressé à l’entrée de la mine La Platosa qui appartient à l’entreprise canadienne Excellon Resources et est située  dans l’État de Durango au Mexique, les propriétaires fonciers communautaires de La Sierrita et un groupe de travailleurs de la section 309 du syndicat national des mineurs (SNTMMSRM) ont rencontré des responsables du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) pour dénoncer les infractions systématiques aux droits de la personne par les gouvernements au niveau fédéral et à celui de l’État par l’entreprise minière canadienne Excellon.

Les travailleurs et travailleuses et les propriétaires fonciers communautaires qui soutiennent le syndicat avaient édifié un camp à l’entrée de la mine La Platosa au cours des trois derniers mois pour appuyer leurs revendications pour la liberté syndicale. Ils en ont été brutalement expulsés le 24 octobre.

La situation s’est depuis détériorée. IndustriALL Global Union, qui soutenait la campagne de solidarité, a été rejoint par LabourStart, Amnesty International et l’ONG mexicaine Projet de développement économique, social et culturel (PRODESC) pour critiquer l’éviction et les tentatives d’intimidation de l’entreprise. Le secrétaire général Jyrki Raina a écrit à Excellon pour lui demander de mettre fin aux pratiques antisyndicales et de respecter le droit des salariés à être représentés par le syndicat de leur choix sans ingérences extérieures.

L’entreprise a répondu à IndustriALL en affirmant que tout allait bien à la mine et que l’éviction n’avait pas été violente. Jyrki Raina a tourné en ridicule la version d’Excellon des évènements dans une autre lettre.

Les responsables des Nations unies ont également pris connaissance de l’incapacité de l’entreprise d’appliquer les termes de l’accord de location des terres signé en 2008, qui s’applique au droit à la terre, au territoire et aux ressources naturelles, au droit au développement, au droit à l’eau et au droit à la liberté syndicale. Les travailleurs et travailleuses ont également décrit la campagne de menaces et de harcèlement de l’entreprise.

Les responsables des Nations unies ont déclaré avoir rencontré les autorités locales et fédérales pour leur demander quelle action avait été entreprise par elles dans cette affaire et pour déterminer quelles mesures avaient été adoptées pour garantir et protéger les droits de la personne dans la communauté de La Sierrita et parmi les membres de la section 309. La vice-représentante de la commission des droits de la personne de l’État de Durango, Sara de los Santos Llamas, a promis d’assurer un suivi de cette affaire.

Pour les propriétaires fonciers communautaires, les travailleurs et travailleuses et PRODESC, la visite de responsables du HCDH est la reconnaissance que le conflit de l’entreprise avec Ejido La Sierrita et la section 309 n’est pas simplement un différend contractuel ou un conflit du travail, mais un cas typique d’infractions aux droits de la personne par une société transnationale avec la complicité des autorités fédérale et de l’État.

Prolongation de l’ACM de Aker pour une durée indéterminée

Le 17 décembre, l’accord-cadre mondial (ACM) de Aker ASA a été renouvelé pour la troisième fois. Le premier et le deuxième accord avaient été conclus entre Fellesforbundet, la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM) et Aker ASA en octobre 2008 et novembre 2010 respectivement pour une durée de 2 ans.  Cette fois, l’ACM nouvellement signé inclut aussi Tekna et NITO, des syndicats d’ingénierie dans les parties signataires, et il s’applique pour une durée indéterminée.

L’accord contient des dispositions sur la liberté syndicale et le droit à la négociation collective, sur la discrimination, le travail forcé et le travail des enfants, sur la santé et la sécurité, le salaire minimum vital, les conditions d’emploi, la durée du travail, le VIH/Sida, les questions environnementales et la formation des compétences, et se réfère aux normes établies dans les conventions de base du travail de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Aker ASA et ses holdings industriels emploient environ 24.000 salariés dans une trentaine de pays. L’accord s’applique à toutes les parties de Aker et établit que l’entreprise se servira de son influence pour assurer la conformité aux normes spécifiées dans l’accord avec ses filiales et tierces parties qui lui sont associées, le non-respect de l’accord entraînant la résiliation potentielle de la relation contractuelle.

Les directeurs généraux des holdings industriels Aker Solutions, Kvaerner, Det norske oljeselskap, Aker BioMarine et Aker Seafoods, étaient également présents à la signature de l’accord et ont échangé des opinions sur l’application future de l’ACM avec les syndicats et les salariés membres du conseil d’administration.

Øyvind Eriksen, directeur général de Aker ASA a insisté sur l’importance d’intégrer de manière plus pratique l’ACM à la politique de responsabilité sociale de l’entreprise. Tous les participant(e)s ont confirmé travailler ensemble à l’établissement, au développement et à la gestion du processus pour assurer l’application de l’ACM sur tous les lieux de travail.

Grève du personnel en sous-traitance dans une entreprise alimentaire au Chili

À Concepción, dans le sud du Chili, 70 femmes et 3 hommes, tous membres du syndicat WFS Food Services, affilié à CONSTRAMET, sont en grève en raison de l’incapacité de l’entreprise de répondre aux revendications et d’engager des négociations pour une convention collective.

Les travailleuses et travailleurs affirment que l’entreprise a toujours essayé de restreindre la puissance syndicale, et se plaignent de la décision d’allouer les avantages obtenus par les membres du personnel syndiqués aux salariés non syndiqués. Elles/ils disent également que l’entreprise a tenté de former un syndicat jaune.

Les revendications syndicales portent sur une augmentation salariale de 4 pour cent, des bons de nourriture, une prime d’équipe de nuit et un congé annuel. L’entreprise fournit des services à de nombreuses entreprises, par exemple à l’hôpital universitaire, à des bateaux de pêche, des papeteries, des centrales hydroélectriques et des compagnies de distribution de courant électrique.

Les grévistes ont été loyaux et ont participé avec enthousiasme aux réunions régionales et nationales organisées dans le cadre du projet de renforcement syndical de IndustriALL, et leur syndicat est affilié à Constramet, affilié à son tour à IndustriALL Global Union.

Maritza Contreras, présidente du syndicat, a déclaré:

Nous sommes 73 à nous battre pour améliorer nos conditions. Nous sommes déterminés, mais nous réalisons que nous n’obtiendrons pas nécessairement tout ce que nous demandons, bien que nous me demandions pas beaucoup, comme vous avez pu le réaliser. Nous combattons des pratiques antisyndicales qui tentent de tirer avantage de notre vulnérabilité en tant que travailleuses et travailleurs en sous-traitance. Nous n’avons pas beaucoup de protection et les clients de notre entreprise menacent de mettre fin à leurs contrats en raison de notre grève, qui est cependant légale.

Elle a ajouté:

Telle est la situation dans notre pays et pour nos travailleuses et travailleurs. Il est très clair que nous avons besoin d’unité dans le mouvement syndical pour changer les choses et améliorer les conditions de travail.

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global-Union, a écrit à l’entreprise pour désavouer ses actions, notamment ses pratiques antisyndicales, et lui demander d’engager de véritables négociations. Il a également réaffirmé dans sa lettre sa totale solidarité avec les travailleuses et travailleurs, et a terminé par ces mots:

Nous demandons une reprise du dialogue et la négociation d’un accord qui profite aux travailleuses et travailleurs, et respecte leur droit à mener une activité syndicale.

COP18 déçoit

En assistant aux réunions de la COP, on a le sentiment de visiter une autre réalité. Velléitaire impénitent, la passerelle de Doha reporte à plus tard les décisions épineuses. La science est claire, et le danger imminent, contrairement à l’impression donnée par les médias, notamment en Amérique du Nord. Entre 1991 et 2012, on a compté 13.950 articles, revus par un collègue, sur le climat. Sur ce nombre, seulement 24 rejettent le réchauffement dans le monde.

Les scientifiques et la table ronde intergouvernementale sur le changement climatique nous informent qu’une action importante prise dans les prochains trois à six ans pourrait contenir le réchauffement dans le monde dans les deux degrés Celsius supérieurs aux niveaux préindustriels, ce qui est considéré comme étant faisable. Toutefois l’écart, entre une action actuellement promise et le niveau d’ambition nécessaire pour contrôler la situation, continue de croître. Dans le cas où l’action serait retardée au-delà de 2015-2018, l’avenir de nos enfants devrait reposer sur des technologies encore non prouvées ou qui n’existent pas. Plus long sera le délai, plus difficile et plus chère, et plus périlleuse, sera la tâche.

La prochaine discussion à l’OIT sur les emplois verts et le développement durable, prévue en juin 2013, offre la possibilité d’un point d’action dans un avenir proche. Ce sera peut-être le début d’un dialogue sur une norme de l’OIT ou un instrument pour une transition juste.

En conclusion, il y a deux dangers potentiels pour le mouvement ouvrier. L’un, naturellement, dans le cas où rien n’est fait, un changement climatique catastrophique ne pourra pas être évité. Le riche s’en sortira, sans doute, assez bien, mais les travailleurs et travailleuses et les populations pauvres dans le monde en subiront les conséquences. L’autre (qui peut accompagner ou non le premier) c’est que les populations du monde prendront conscience soudainement du danger, et accepteront dans la panique toute mesure, peu importe qu’elle soit draconienne, pour “arranger“ les choses. Dans ce scénario, des décennies de travail accompli par le mouvement syndical et des ONG socialement conscientes pour introduire des considérations portant sur des normes sociales, des normes de travail, les droits de la personne, des emplois viables, le travail décent et une transition juste dans le débat environnemental, seront jetés dans le fossé dans la panique, pour faire quelque chose, n’importe quoi, afin de faire face à la catastrophe proche.

La raison pour laquelle on se souviendra de COP18 comme étant moins sujette à controverse que, par exemple, COP15 ou COP17, n’est pas qu’elle a accompli davantage, mais plutôt que les attentes, tout d’abord, étaient très faibles. Il est tentant  de dire que le processus adopté pour la COP n’atteindra jamais l’objectif prévu, mais c’est le seul cadre d’action qui existe pour les négociations climatiques mondiales, et que, pour l’abandonner, il faut en créer un autre. Cela prendra du temps; un temps au-dessus de nos moyens. Comme l’a dit Laura Martin Murillo de SustainLabour, “ce forum nous appartient aussi – en tant que citoyens et citoyennes de cette planète, ainsi qu’aux mouvements écologiques et de développement, et aussi aux mouvements syndicaux qui ont participé à sa création“. Il appartient à tous les citoyens et citoyennes de faire pression sur leurs gouvernements pour faire le bon choix, et pas seulement une fois par an quand les réunions de la COP ont lieu.

Les syndicats mondiaux exigent des mesures après l’incendie de Tazreen

Cet appel est lancé après l’incendie tragique de Tazreen Fashions au Bangladesh, qui fabriquait des vêtements de la marque Faded Glory. Les syndicats mondiaux demandent à Walmart d’assurer une réparation juste aux victimes, de soutenir une enquête approfondie dans la transparence, et d’adopter des mesures sérieuses pour empêcher de nouveaux drames. Ils veulent obtenir rapidement l’annonce publique de ces mesures.

L’annonce est venue alors que plusieurs chargements de vêtements de l’usine Tazreen pour Walmart vont arriver sur la Côte Est des États-Unis.

“Les accidents terribles et pourtant faciles à éviter comme l’incendie de Tazreen sont la responsabilité des grandes entreprises qui ont créé la chaîne d’approvisionnement. Les syndicats concernés tout au long de la chaîne – que ce soit pour la fabrication, le transport ou la vente au détail, se sont unis pour lancer un appel pour la sécurité et la justice pour les travailleuses et travailleurs, comme c’est le cas pour les victimes de Tazreen” a déclaré Stephen Cotton, secrétaire général par intérim de la FIOT. “ Nous parlons d’une seule voix en tant que syndicats mondiaux – et nous sommes déterminés à effectuer un changement et d’éradiquer des tragédies inutiles comme celle-ci” a-t-il ajouté.

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union a fait le commentaire suivant: “Walmart et les autres propriétaires de marques et les détaillants qui tirent profit de l’industrie textile au Bangladesh doivent révéler la liste de leurs fournisseurs dans la plus complète transparence et vérifier les normes de sécurité et les droits des travailleuses et travailleurs dans les usines où ils s’approvisionnent. Walmart doit s’assurer que sa politique de prix et d’approvisionnement est basée sur le respect par ses fournisseurs de conditions de travail sûres pour qu’une tragédie comme celle de Tazreen Fashions ne se reproduise pas”.

Philip Jennings, secrétaire général de UNI Global Union, a déclaré: “L’UNI, la FIOT et IndustriALL lancent conjointement cet appel parce que nous avons l’expérience avec nos affiliés et leurs membres des effets néfastes de la conduite irresponsable de Walmart tout le long de la chaîne d’approvisionnement. L’Alliance syndicale mondiale UNI Walmart, qui rassemble les travailleuses et travailleurs de Walmart partout dans le monde, soutient cet appel en vue d’assurer la sécurité dans les usines fabriquant des produits Walmart.  Les victimes et leurs familles de la tragédie de Tazreen n’en méritent pas moins”.

La syndicalisation est la base de notre puissance

On a parfois besoin d’un réveil en fanfare. Que vous disent ces chiffres publiés récemment par la Confédération syndicale internationale (CSI):

La puissance syndicale est basée sur la capacité de rassembler les forces ouvrières et de les mobiliser pour une action.

Le taux de syndicalisation qui baisse en Europe et en Amérique du Nord et reste bas dans les pays en développement exerce une érosion de notre puissance.

Certaines raisons de cette situation sont évidentes. Des modifications structurelles dans des entreprises et la très forte croissance de l’emploi précaire ont rendu la syndicalisation plus difficile. Les gouvernements de droite et les entreprises multinationales qui dominent dans nos industries mènent de plus en plus souvent des politiques antisyndicales.

Mais une autre raison tient au fait que les syndicats n’accordent simplement pas les ressources permettant de recruter de nouveaux membres, et qu’ils manquent des compétences nécessaires à la syndicalisation. En outre, les syndicats sont souvent trop divisés et trop faibles pour se charger de ces tâches fondamentales.

C’est pourquoi le Comité exécutif  de IndustriALL Global Union a approuvé en décembre une stratégie comportant une action visant renforcer la puissance des syndicats par la syndicalisation, les droits syndicaux et l’influence politique. Cette stratégie entre dans la ligne du Plan d’action adopté en juin à notre Congrès fondateur.

Le projet mondial de syndicalisation de IndustriALL porte sur un recrutement de nouveaux membres et un renforcement des syndicats, destinés à devenir le thème directeur de tout ce que IndustriALL entreprend. Les réseaux syndicaux et les comités d’entreprise mondiaux dans les entreprises multinationales (EMN) cibleront des usines sans présence syndicale, et en se servant dans la mesure du possible des accords-cadres mondiaux (ACM).

Les projets de création de syndicats incluront des éléments de syndicalisation avec des cibles chiffrées pour le recrutement de nouveaux membres et la mise en place de structures durables. IndustriALL recherchera des partenaires pour former son personnel et ses affiliés à la syndicalisation et à l’organisation de campagnes dans différentes parties du monde.

Nous travaillerons avec nos syndicats mondiaux frères pour renforcer notre puissance et notre solidarité dans toutes les chaînes d’approvisionnement. La fédération syndicale UNI qui représente le personnel du commerce de détail est notre partenaire dans la chaîne du textile et de la confection. Nous développons avec les ouvriers du transport de la FIOT une coopération stratégique dans les industries pétrolière et gazière, minière et aérospatiale, où une nouvelle initiative passionnante appelée Components to Carriers (composants pour les transporteurs) a été lancée.

Il est difficile de recruter de nouveaux membres sans liberté syndicale. IndustriALL va donc cibler plusieurs entreprises multinationales et des gouvernements pour des campagnes en faveur des droits syndicaux. En 2013, les réseaux syndicaux vont se réunir face aux géants miniers violemment antisyndicaux Rio Tinto et Xstrata pour planifier les prochaines étapes de la campagne tandis que des travaux de recherche sont menés sur les entreprises.

Le Bangladesh est l’un des principaux pays ciblés pour l’amélioration des droits des travailleurs et travailleuses, les bas salaires et les épouvantables conditions de sécurité contre le feu. IndustriALL va mobiliser ses affiliés pendant la semaine d’action mondiale pour le Mexique du 18 au 24 février 2013 en vue d’un combat continu pour un syndicalisme libre et indépendant.

N’oubliez pas que nous avons besoin de tout le monde pour participer à nos campagne. C’est chose facile en se rendant sur notre site. Souscrivez aux nouvelles et aux demandes d’action sur www.industriall-union.org!

IndustriALL met l’accent sur la syndicalisation, les droits et l’influence politique

Parlant du projet pour 2013, Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union, a déclaré: “Nous allons lancer un projet mondial de syndicalisation, travailler ensemble dans toutes les parties du monde et tirer parti de l’expertise des syndicats qui agissent dans des contextes particulièrement hostiles”.

Les activités de 2013 entérinées par le Comité exécutif porteront sur la poursuite de la campagne STOP Travail précaire, le combat en faveur des droits syndicaux au Zimbabwe, au Mexique, en Colombie et partout où ils sont enfreints, et sur une campagne contre le pouvoir détenu par le groupe Rio Tinto.
 
La réunion a également examiné une série de recommandations à l’état de projet présentées à la Conférence mondiale de IndustriALL sur les accords-cadres mondiaux et les réseaux syndicaux, et approuvé la poursuite de la discussion sur les modalités de signature des accords et sur la manière la plus efficace de les employer sur des sites particulièrement hostiles aux syndicats.
 
L’activité sectorielle se poursuivra en 2013 et portera sur la création de réseaux syndicaux dans des entreprises multinationales, visant à rassembler des délégués du personnel et des responsables syndicaux pour obtenir une amélioration des conditions des travailleurs et travailleuses dans leurs entreprises et dans leurs chaînes d’approvisionnement. Des plans détaillés pour chacun de ces secteurs, ainsi que le travail entrepris dans le cadre de chaînes stratégiques d’approvisionnement avec d’autres fédérations syndicales internationales, ont été présentés à la réunion.
 
Les projets de création de syndicats donneront la priorité à la syndicalisation, à la lutte contre l’emploi précaire, au renforcement des structures syndicales nationales, à l’appui accordé au dialogue social et à la création de réseaux. Les femmes, les jeunes, les travailleurs et travailleuses précaires et les non-manuels sont les catégories ciblées par le projet, qui sera globalement réadapté en 2013 pour assurer une cohérence avec le Plan d’action de IndustriALL.
 
Les membres du Comité exécutif ont également été invités à soutenir le travail réalisé par IndustriALL, en menant une action sur le site internet de IndustriALL, en souscrivant aux nouvelles et aux demandes d’action, et en parlant en faveur du travail réalisé par IndustriALL dans les organes de presse de leurs propres syndicats.

Le Parlement européen vote à une écrasante majorité une Taxe sur les transactions financières

L’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, l’Estonie, la France, la Grèce, l’Italie, le Portugal, la Slovaquie et la Slovénie ont annoncé leur intention d’introduire la taxe qui vise à faire prendre au secteur financier davantage de responsabilité pour la crise dont il est la cause et de décourager les modes de prise de risque qui ont précipité la crise.

Les onze pays représentent ensemble environ 90 pour cent du BIT de la zone euro et incluent 4 des 5 plus grandes économies de l’UE, à l’exception notable du Royaume-Uni.

Selon les estimations, la taxe devrait rapporter au moins 37 milliards d’euros qui pourraient servir non seulement à compenser le coût du renflouement des banques par les gouvernements, mais être affectés à des projets d’utilité sociale comme le financement du développement et des politiques visant à combattre le changement climatique. Rien qu’en Allemagne, la TTF rapportera environ 10 milliards d’euros par an.

Maintenant que le Parlement a donné son accord, un vote majoritaire au Conseil européen est nécessaire pour donner à la Commission européenne le feu vert afin que le projet de TTF devienne réalité.

Condamnation de la nouvelle législation anti-ouvrière du Michigan

Les deux projets de loi ont été présentés par une alliance du Parti républicain et des grosses entreprises, lors d’une session de la législation précédente non réélue de l’État, et ont été soumis à la signature du Gouverneur Rick Synder pour être promulgués. Le corps législatif de l’État, nouvellement élu, se réunira au début de 2013 avec davantage de Démocrates qui auraient rejeté les propositions.

Il est notable de constater que le groupe conservateur ‘Americans for Prosperity’, financé par les tristement célèbres frères Koch, soutenait cette tentative.

La signature par Snyder a eu lieu hier, 12 décembre, alors que 17.000 manifestants avaient été mobilisés très rapidement devant le Capitole de l’État à Lansing pour s’opposer aux changements. Quatre rats géants gonflables qui émergeaient de la foule avaient été baptisés du nom de responsables politiques républicains très en vue et de leur riche commanditaire. Apparemment, personne dans le Michigan ne faisait campagne pour la loi, sinon de puissants industriels de droite.

Le président de l’USW, Leo Gerard, a fait pression sur le Gouverneur Snyder pour faire passer l’économie avant la politique”… “Nous demandons au Gouverneur d’utiliser son droit de veto pour stopper cet inutile projet de loi “droit-au-travail” qui crée des divisions. Un délai à la signature du Gouverneur Snyder pourrait au moins donner lieu à un débat public et un vote sur le projet de loi.

Au cours des délibérations, le président républicain de la Chambre des représentants a ordonné la fermeture des portes du Capitole, tandis que les manifestant(e)s à l’extérieur étaient bombardés au gaz lacrymogène par la police.

La législation “droit-au-travail” a occasionné dans d’autres parties des États-Unis de nombreuses attaques contre les syndicats, notamment pour l’assurance-accidents, les salaires du secteur public, l’abolition ou l’affaiblissement des retraites et de la négociation collective dans le secteur public. Elle a également occasionné un fléchissement par la suppression de thèmes obligatoires ou en limitant les décisions d’arbitrage, l’interdiction de la collecte des cotisations syndicales et leur emploi à une "action politique", l’interdiction des activités de "lobbying" syndical et des bureaux syndicaux en ligne. Des études ont montré que les travailleurs et travailleuses dans les États qui ont adopté le soi-disant “droit-au-travail” gagnent en moyenne 1.500 dollars de moins chaque année.

“Dans le cas où vous seriez scandalisés par ce qui survient au Michigan, cela signifie que vous ne faites pas suffisamment attention”, a déclaré le président de l’IAM, Tom Buffenbarger, qui est également un vice-président de IndustriALL. “La façon dont cette législation a été adoptée revient à une attaque dissimulée contre la démocratie et prouve sans le moindre doute que les moyens dont disposent les frères Koch et leurs alliés serviront à imposer leur programme extrémiste”.

Le syndicat UE affilié à IndustriALL condamne la “blitzkrieg des entreprises” qui “laisse les travailleurs et travailleuses sans le temps nécessaire pour donner une réponse”. Voir le document d’information de l’UE “Exposing the Right-to-Work Fraud”.