Signez la pétition sur l’emploi précaire en Corée adressée à la Maison Blanche

Le 22 juillet 2010, la Cour suprême de Corée a prononcé un jugement dans le cadre de l’action en justice datant de 2005 de Choi Byeong-seung, travailleur en sous-traitance de Hyundai Motor, en faveur de l’obtention par le travailleur d’un statut d’emploi permanent. Hyundai avait encore fait appel à la décision de la Cour suprême de 2010, mais Choi Byeong-seung a finalement remporté la décision en dernier recours le 23 février 2012.

Cette décision a créé un précédent pour obtenir du changement dans l'industrie automobile coréenne qui continue de faire un usage considérable d'une main-d'œuvre en sous-traitance pour améliorer sa marge bénéficiaire. Hyundai affirme maintenant que la décision concerne uniquement un travailleur individuel et refuse d'appliquer le même principe aux autres travailleurs et travailleuses qui sont dans le même cas que Choi Byeong-seung.

Les travailleurs et travailleuses précaires qui ont participé à des grèves en Corée chez Hyundai Motor et à des actions revendicatives, symbolisées par l’action entreprise en haut d'un pylône devant l'usine Hyundai Motor à Ulsan, exigent l'application de la décision de justice: http://www.industriall-union.org/fr/les-travailleurs-coreens-organisent-une-protestation-contre-hyundai .

Veuillez signer la pétition pour demander à la Maison-Blanche de prendre position sur le non-respect par le président de Hyundai Motor, Chung Mong-koo, de la décision de la Cour suprême concernant les travailleurs et travailleuses précaires.

Dans le cas où la pétition obtiendrait 25.000 signatures entre le 10 janvier et le 8 février 2013, l'administration Obama serait dans l'obligation de prendre position sur cette lutte cruciale des travailleurs et travailleuses précaires, pour que les sociétés transnationales répondent de leurs actes quand elles utilisent des dispositions de travail illégales pour éviter d'assumer leur responsabilité vis-à-vis de leurs salariés.

La Pétition à la Maison-Blanche se trouve sur http://wh.gov/PVPf et des l'instructions détaillées complémentaires sur le site du KMWU:  http://kmwu.kr/en/wp-content/uploads/2013/01/5a0169504d5b0bd403b390d4837b85702.pdf.

Les verriers turcs protègent leur emploi

La fermeture de l’usine de Sisecam aurait provoqué des pertes d’emploi pour 572 travailleurs et travailleuses, dont 444 syndiqués avec une ancienneté moyenne de 18 ans dans l’entreprise. Même si l’usine bénéficiait d’une bonne situation économique, la direction de Sisecam avait donné la préférence à une délocalisation de l’activité dans une autre ville d’Anatolie centrale, Eskişehir, pour améliorer la rentabilité. Mais les salariés n’auraient pas eu la possibilité de garder leur emploi, un droit inscrit depuis plus de quarante ans dans la convention collective signée par Kristal-Is.

Kristal-Is et ses membres ont réagi à la décision de l’entreprise, et tous les salariés ont occupé l’usine, accompagnés de leurs familles, pour défendre leur emploi et leur avenir. Bien que la police ait tenté de faire évacuer l’usine par la force, les salariés et leurs familles n’ont pas reculé. L’action de Kristal-Is a bénéficié d’un large soutien de tout le mouvement syndical, de responsables politiques et de la collectivité. IndustriALL Global Union a soutenu les grévistes en intervenant auprès de la direction de l’entreprise. Le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Kemal Özkan, a également rencontré les membres du piquet de grève.

Cette lutte déterminante et le soutien constant reçu ont amené le 9 janvier la signature d’un accord entre Sisecam et Kristal-Is sur la protection des emplois et une amélioration des droits. Selon cet accord, les personnes qui veulent continuer de travailler chez Sisecam obtiendront des postes dans d’autres usines de l’entreprise tout en bénéficiant de la convention collective actuellement en vigueur, le personnel temporaire obtiendra un statut d’emploi permanent à l’usine Eskişehir, et les personnes qui acceptent de partir à la retraite bénéficieront d’une indemnité complémentaire qui s’ajoutera aux conditions légales sur la base de leur ancienneté.

“Quand les salariés se battent, ils gagnent. Cette victoire récente des verriers turcs en est un exemple manifeste” a déclaré Kemal Özkan. Les affiliés de IndustriALL Global Union en Turquie, en Bulgarie, en Bosnie-Herzégovine et en Russie se chargent de syndiquer les travailleurs et travailleuses des filiales de Sisecam. Entre-temps, le syndicat géorgien des travailleurs de mines, de la métallurgie et de la chimie a réussi à syndiquer les travailleurs et travailleuses de la filiale de Sisecam, et va entreprendre des négociations collectives le 15 janvier 2013.

Grève de la faim chez PKC au Mexique

Comme IndustriALL l’avait signalé le 20 décembre 2012, la multinationale finlandaise de pièces d’automobiles PKC a mis à pied tous les membres du Comité exécutif de la section 307 de Los Mineros à Ciudad Acuña dans l’état de Coahuila, une semaine avant Noël. Cette attitude antisyndicale agressive concerne également la mise à pied de 122 salariés considérés comme soutenant le syndicat, et ce, par représailles pour les efforts entrepris en matière de syndicalisation.

La section 307 de Los Mineros s’est battue pour syndicaliser l’usine PKC ; le 18 octobre une élection sur le lieu de travail a été remportée de justesse par le syndicat jaune CTM par 2.509 voix contre 2.311, après trois mois de fortes intimidations, de menaces et de harcèlements de la direction et du CTM pour ne pas voter en faveur de Los Mineros. Ce harcèlement antisyndical bénéficiait du soutien des autorités locales de l’état dirigé par Rubén Moreira.

Tous les travailleurs et travailleuses qui étaient observateurs syndicaux le 18 octobre ont été mis à pied en décembre, ainsi que d’autres personnes considérées comme étant des observateurs potentiels. Le syndicat a transmis ces noms aux services mexicains de la main-d’œuvre, qui les a ensuite clairement communiqués à l’entreprise, ce qui constitue une infraction législative grave et un abus de confiance.

Le comité fédéral du travail était présent dans le bureau des ressources humaines du PKC quand les 122 travailleurs ont été convoqués individuellement pour tenter de leur faire signer une lettre dans laquelle ils déclaraient ne plus vouloir adhérer au syndicat. Il ne fait pas de doute que la mise à pied massive a été décidée en représailles directes pour des activités syndicales, et pour aucune autre raison.

Les travailleurs et travailleuses faisant la grève de la faim depuis le 8 janvier sont les suivants: Jesús Rogaciano Ibarra Quintero, Encarnación Escobedo Muñoz, Gerardo Hinojosa Morales, Ana María Méndez Pacheco, Josefina Martínez Hernández, Alejandro Ojeda Ramírez, Rodolfo Luna Martínez, Javier Díaz Gómez, Sergio Hernández García, María de la Paz Calvillo Solano et Juan Carlos Palomino Cansino.

IndustriALL Global Union demande à la direction de PKC de réintégrer immédiatement tous les travailleurs et travailleuses injustement mis à pied et membres de Los Mineros, et exige l’organisation d’une élection syndicale juste sur le lieu de travail, sous le contrôle d’une commission internationale d’observateurs.

Cette dernière pratique antisyndicale scandaleuse est un exemple du non-respect des droits des travailleurs et travailleuses au Mexique qui provoquera le rassemblement des syndicats dans le monde pendant la semaine du 18 au 24 février qui marquera les “Journées d’action pour le Mexique”. Suivre les informations données sur le site de IndustriALL durant les prochaines semaines pour participer à l’action mondiale.

Pendant les Journées d’action, les syndicalistes rencontreront à nouveau l’Ambassadeur du Mexique dans leur pays pour tenter d’obtenir une action sur les points suivants:

Les actions vont également porter sur des mobilisations, des activités destinées à obtenir une prise de conscience, et la rédaction d’une lettre adressée au nouveau président mexicain Enrique Peña Nieto. Les espoirs sont grands au Mexique quant aux changements positifs attribués au nouveau gouvernement Peña Nieto en faveur des travailleurs et travailleuses et des syndicats dans le pays. L'appel international lancé en février évoquera ces espoirs.

La campagne de syndicalisation se poursuit chez DESA en Turquie

Une campagne AGISSEZ MAINTENANT de IndustriALL organisée en décembre et soutenue par LabourStart, prête à être relancée, qui avait permis l’envoi de plus de 3.000 messages de protestation à DESA jusqu’à la fin de 2012, a incité l’entreprise à rencontrer IndustriALL et Deri-Is à Istanbul le 7 janvier 2013.

Lors de la réunion, les syndicats locaux et nationaux ont fait état de cas concrets sur la manière dont les travailleurs et travailleuses subissent des pressions en tentant de faire usage de leur droit fondamental à la liberté syndicale dans les deux usines. La direction de l’entreprise a assuré avoir toujours eu un comportement conforme à la législation nationale sans enfreindre les libertés et les droits fondamentaux. Les syndicats ont demandé instamment à l’entreprise:

La direction de DESA a déclaré que même si les normes internationales l’exigent, elle continuera d’agir en tant qu’entité turque en respectant la législation nationale. Toutefois, la direction de l’entreprise a déclaré vouloir procéder à une évaluation avant de s’entretenir de nouveau avec IndustriALL et Deri-Is.

Auparavant, le secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, s’était rendu en Turquie en décembre pour rencontrer Deri-Is et des salariés des usines DESA à Düzce et Sefaköy. Lors de réunions individuelles, les salariés ont expliqué comment leurs droits avaient été enfreints par l’entreprise avec des menaces et des intimidations de la part de responsables au niveau intermédiaire et par des chefs dans les usines. Des membres du syndicat ont également fourni une documentation qui illustre l’attitude de responsables au niveau local contre la syndicalisation.

Une conférence de presse a été organisée le 24 décembre 2012 devant l’usine DESA à Düzce avec la participation de membres du syndicat, de responsables de Deri-Is, avec le soutien de la communauté locale, ainsi qu’avec IndustriALL Global Union. Les dirigeants de l’entreprise ont empêché les travailleurs et travailleuses d’assister à la conférence en verrouillant les portes extérieures de l’usine pendant la pause du déjeuner. Le président de Deri-Is, Musa Servi, a annoncé dans sa déclaration, que malgré toutes les pressions, les travailleurs et travailleuses de DESA montrent un très grand intérêt à adhérer à son syndicat.

“Nous avons fait preuve de beaucoup de bonne volonté vis-à-vis de l’entreprise pour engager un véritable dialogue basé sur les normes internationales de travail”, a déclaré Kemal Özkan de IndustriALL Global Union. “Dans le cas où il n’y aurait pas de progrès substantiel, notre campagne se poursuivra jusqu’à ce que Deri-Is soit reconnu par DESA comme partenaire de négociation”, a-t-il ajouté.

Un nouvel accord permet d’éviter une grève des travailleurs verriers en Colombie

L’accord de Sintravidricol avec la filiale de Owens Illinois, Cristalería Peldar, a été conclu après 54 jours de difficiles négociations, et rendu possible par le rôle joué par le ministère du Travail de Colombie pour contraindre la haute direction à négocier de bonne foi.

Les négociations avaient très mal commencé le 13 novembre 2012 alors que la direction tentait de chasser les arbitres syndicaux de la centrale syndicale CUT pour les empêcher de soutenir les négociateurs de Sintravidricol, Pablo Castaño, William Uribe, Alejandro Torres, Manuel Murcia, Mario Orjuela et Manuel Alonso.

L’accord durement acquis porte sur une hausse de 5,5 pour cent des salaires la première année, une augmentation des prestations médicales et autres avantages, la scolarisation des enfants et la poursuite de l’éducation, une hausse de 8 pour cent des prestations de maternité, de mariage, d’assurance-vie, etc.

La multinationale américaine de la verrerie Owens Illinois (O-I) a adopté une attitude antisyndicale plus agressive au cours des derniers mois, et des affiliés de IndustriALL mènent avec des membres de l’entreprise des activités de solidarité transfrontalières. Cette coordination permet de rassembler des milliers de travailleurs et travailleuses en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Europe et dans la région Asie-Pacifique.

Le niveau de coordination qui s’est élevé récemment entre les syndicats de O-I a mis en lumière des préoccupations communes au moment où l’entreprise adopte des mesures de réduction des coûts dans le monde, au détriment de ses travailleurs et travailleuses en termes de droits du travail, de salaires et de conditions justes, et de lieux de travail sans risques. Les travailleurs et travailleuses de O-I sont également concernés par les suppressions d’emplois, une production et une recherche qui compromettent la part de marché de l’entreprise qui renonce à sa position de leader, menaçant ainsi ses perspectives à long terme.

La stratégie de l’entreprise visant à précariser la main-d’œuvre, délocaliser les emplois permanents en faisant appel à des agences d’emploi privées, constitue une préoccupation commune pour les travailleurs et travailleuses de O-I partout dans le monde. Cette stratégie donne davantage de flexibilité à l’employeur pour embaucher et licencier du personnel, aux dépens de systèmes de relations industrielles qui ont fait leur preuve et de résultats industriels stables.

Cristalería Peldar fabrique du verre destiné d’une manière générale à de la vaisselle pour les familles, des verres à bière, des flacons de transfusion de sang, du verre plat et des vitres.

L’entreprise mère Owens Illinois est le plus grand fabricant au monde de récipients en verre et le partenaire privilégié de nombreuses marques mondiales de nourriture et de boisson. Les revenus de l’entreprise qui a son siège à Perrysburg, Ohio, États-Unis, se sont montés en 2011 à 7,4 milliards d’USD. Elle emploie plus de 24.000 personnes dans 81 usines réparties dans 21 pays.

Reconnaissance d’un syndicat par Standard Profil en Turquie

La certification officielle de reconnaissance, délivrée par le ministère turc du Travail, a été reçue le 20 décembre 2012 par le syndicat après la décision d’un tribunal local que Petrol-İş détenait la majorité légale lui permettant de mener des négociations collectives chez Standard Profil en Turquie.
 
Le syndicat avait syndiqué plus de la moitié des 2.300 travailleurs turcs de l’usine de Standard Profil à Düzce et d’une usine sœur à Bursa, et obtenu la certification formelle de reconnaissance en mars 2011, conformément à la législation sur les syndicats en Turquie.
 
Néanmoins, l’entreprise avait alors contesté sur le plan juridique la certification pour tenter d’empêcher les travailleurs et travailleuses de bénéficier de leurs droits légitimes sur le lieu de travail, et avait mis à pied 37 militants syndicaux dans la grande usine à Düzce durant la période de syndicalisation. Le processus judiciaire a prouvé que les membres du syndicat avaient été mis à pied le plus souvent pour des raisons injustifiées, et que l’entreprise devait les réintégrer.
 
Quelques années auparavant, Petrol-İş avait présenté une plainte auprès de l’International Financier Corporation (IFC) du groupe de la Banque mondiale avec le soutien de sa centrale nationale et d’un syndicat mondial. L’IFC et la Multilatéral Investment Guarantee Agency (MIGA) qui l’accompagne avaient prêté à l’entreprise des fonds de développement, avec pour critère que le prêt nécessitait de la part de l’entreprise le respect des normes sociales et environnementales. Après évaluation, le bureau de conformité pour IFC/MIGA a déterminé que les directeurs devaient prendre conscience de la situation et s’efforcer d’apprendre la signification des droits syndicaux et des conditions de travail; cela s’est passé en 2008 et 2009.
 
Petrol-İş a célébré sa victoire, notamment un gain de 2.000 nouveaux membres, lors d’un grand rassemblement le 24 décembre 2012 de tous ses membres dans la ville de Düzce, où l’entreprise possède sa plus grande usine. Le secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, était l’un des participants au rassemblement.
 
“Au cours des quatre dernières années, notre force dans l’union a joué un rôle vital pour assurer ce succès”, a déclaré Mustafa Öztaşkın, président de Petrol-Is, dans sa lettre à IndustriALL. “Nous sommes conscients du fait que la route vers la victoire a été jalonnée par votre solidarité et vos contributions déterminantes qui ont joué un rôle décisif. Nous vous remercions pour votre solidarité et vos contributions de grande valeur à notre lutte”, a ajouté Öztaşkın.

Standard Profil est une multinationale turque qui fournit des systèmes de scellage et d’étanchéité pour les automobiles à de grands constructeurs comme Audi, BMW, Citroën, Daimler, Fiat, Ford, GM, Mercedes, Nissan, Opel.  L’entreprise a acquis récemment plusieurs usines de Kaufil en Espagne.

Hyundai met fin aux équipes de nuit en Corée

La décision de supprimer l’équipe de nuit a été prise après dix ans de luttes et de négociations par la KMWU avec la direction, qui ont parfois donné lieu à une action revendicatrice pour appuyer les demandes des travailleurs et travailleuses. Finalement, les parties sont arrivées à un accord sans précédent en août 2012.

L’entreprise évaluera le nouveau système de travail posté pendant 2 semaines pour contrôler l’absence de problèmes imprévus. L’équipe de nuit sera complètement abandonnée le 4 mars 2013. Dans le nouveau système de travail posté, la première équipe travaillera pendant 8 heures et 40 minutes, de 7 heures à 15 heures 40. La deuxième équipe prendra la suite pour 9 heures et 50 minutes, de 15 heures 40 à 1 heure 30 du matin.

Auparavant, l’entreprise avait déjà eu 2 équipes postées, l’une de 10 heures et 50 minutes, de 8 heures à 18 heures 50, et l’autre de 11 heures, de 21 heures à 8 heures du matin. Les travailleurs changeaient d’horaire toutes les deux semaines. Le travail de nuit et la longue durée globale du travail occasionnaient de graves troubles de sommeil et pouvait même être la cause de décès par surmenage, connu en Corée sous le nom de “gwarosa”. Avec la mise en place du nouveau système, les travailleurs et travailleuses de l’automobile en Corée auront la possibilité de jouir d’une meilleure qualité de vie.

Selon des informations publiées récemment, l’entreprise prévoit d’investir au total 300 milliards de won (282 millions d’USD) pour rendre les installations plus efficaces afin de compenser la durée légèrement plus courte des postes de travail. L’entreprise sœur de Hyundai Motor, Kia Motors, mettra également fin le 4 mars au travail de nuit. Les horaires de travail seront les mêmes que chez Hyundai.

Cette décision doit servir de modèle aux autres constructeurs automobiles; GM en Corée prévoit par exemple d’abolir l´équipe de nuit au début de l’année prochaine. Ce changement devra également encourager des équipementiers dans l’automobile à modifier leurs horaires de travail pour se mettre en phase avec leurs principaux clients. Hyundai Mobis et Halla Climate Control ont déclaré revoir leur système d’horaires de travail.

Les travailleurs de Bridgestone en Indonésie obtiennent un emploi permanent

Ce changement de statut d’emploi constitue une avancée capitale pour les relations industrielles en Indonésie et une grande victoire pour KEP SPSI, affilié à IndustriALL Global Union, qui représente 3.250 salariés de Bridgestone dans les deux usines.

Le syndicat de Bridgestone fait face à la question de l’emploi temporaire depuis 2008, à la suite de son engagement en Asie et dans le projet de dialogue social, ainsi que dans le projet sur le travail contractuel et les agences d’emploi privées, menés par l’ICEM et maintenant du ressort de IndustriALL Global Union. Le syndicat a tenté d’appliquer les connaissances acquises dans la formation obtenue dans le cadre des projets. Selon la législation nationale du travail en date de 2003, l’emploi de personnel fourni par des agences privées d’emploi pour travailler sur une chaîne de production est illégal en Indonésie. Toutefois, l’entreprise ne respectait pas cette loi.

Après une série de négociations en juillet 2011, la direction a promis de mettre fin à l’embauche de nouveau personnel par des agences d’emploi privées pour travailler sur une chaîne de production, et a commencé de se préparer à changer le statut d’emploi du personnel venu d’agences d’emploi privées pour obtenir une position permanente par le dialogue social avec le syndicat. À ce moment là, 200 salariés d’agences ont obtenu un emploi permanent.

Pendant toute l’année 2012, les négociations entre le syndicat et l’entreprise se sont poursuivies et se sont trouvées renforcées par le décret publié en novembre 2012 par le ministère de la Main-d’œuvre, établissant que les entreprises pouvaient seulement se servir de personnel d’agences privées que pour cinq catégories d’emploi: sécurité, nettoyage, restauration, travail d’assistance technique pour l’entretien des systèmes employés dans le secteur minier, et services de transport.

Après la conclusion de l’accord en décembre 2012, 997 travailleurs et travailleuses sous contrat à court terme et venus d’agences d’emploi privées ont obtenu une position permanente. Ces personnes ont reçu une indemnisation salariale, et leur période d’emploi doit être calculée à partir du premier jour de présence dans l’entreprise. Selon le syndicat, il y aurait encore 171 personnes employées dans l’entreprise par des agences d’emploi privées comme conducteurs et personnel de sécurité. Le syndicat prévoit de négocier pour ces salariés en janvier 2013.

L’emploi précaire en Indonésie est une question d’intérêt national. Grâce à la lutte menée par le syndicat et à la décision de la Cour constitutionnelle en janvier 2012, qui fait marque, et selon laquelle le travail externalisé s’oppose aux droits des travailleurs et travailleuses, beaucoup de syndicats en Indonésie ont réussi à changer l’emploi temporaire de leurs membres en emploi permanent.

Dans une décision prise le 17 janvier et qui fait marque, la Cour constitutionnelle d’Indonésie a décidé que le travail externalisé est inconstitutionnel et va à l’encontre des droits des travailleurs et travailleuses inscrits dans la constitution indonésienne.

Conclusion d’un accord par le syndicat colombien USO

Le syndicat USO a dédié le nouvel accord à la mémoire de Milton Parra Rivas, militant de l’USO qui a dirigé l’assemblée permanente des travailleurs/euses de Termotécnica, assassiné par des tueurs le 11 décembre 2012 en raison de son rôle dans le conflit du travail.

IndustriALL Global Union a mobilisé à plusieurs reprises les affiliés et les militant(e)s par solidarité avec les 1.100 membres de l’USO dans la municipalité colombienne de Puerto Gaitán au cours des quatre mois du conflit, et a participé aux réunions de négociation pour démontrer à l’entreprise que l’USO bénéficiait d’un soutien international.

Des centaines de lettres ont été adressées à la direction de Termotécnica sur la page Agíssez Maintenant du site de IndustriALL. IndustriALL et les affiliés espagnols ont engagé des efforts au plan international pour faire pression sur l’entreprise CEPCOLSA à laquelle Termotécnica fournit des services, et sur l’entreprise mère CEPSA de CEPCOLSA en Espagne. Le trois directions refusaient de négocier de bonne foi avec l’USO, et ce, en infraction avec la législation colombienne du travail.

La complicité de la direction locale avec les autorités militaires, policières et locales pour tenter en vain de briser la grève était choquante. L’unité et la force de l’USO ont été déterminantes pour la conclusion de la nouvelle convention collective. Des avantages financiers avaient été offerts aux travailleurs et travailleuses pour les inciter à abandonner l’USO et pour reprendre le travail. Les employeurs avaient engagé un nouveau personnel avec de meilleures conditions salariales pour remplacer les grévistes.

L’accord qui a mís fin au conflit le 22 décembre a permis d’obtenir de très importantes améliorations pour les membres de l’USO employés par l’entrepreneur, bien que certaines revendications du syndicat aient été abandonnées pour pouvoir signer l’accord. L’accord contient la reconnaissance de l’USO par la direction en tant que partenaire représentatif dans les relations industrielles, confirme la responsabilité de la direction pour les camps de résidence de la main-d’œuvre, et assure le respect de tout le personnel sous contrat des petites entreprises pour lequel Termotécnica assure le paiement des salaires.

L’accord prévoit le versement de 512.000.000 de pesos colombiens (soit 221.000 euros) à répartir entre les 254 salariés de Termotécnica par le biais de divers mécanismes. L’accord stipule que la direction ne doit prendre aucune mesure de représailles contre les membres du syndicat pour leur rôle dans le conflit, ou aucune autre tactique antisyndicale.

IndustriALL salue l’USO pour cette victoire importante et remercie toutes les personnes qui ont pris part à cette action de soutien à l’USO.

Journées d’action pour le Mexique 18-24 février 2013

Cette date marque le terrible accident à la mine de Pasta de Conchos, en 2006, où 65 mineurs ont trouvé la mort. Le refus du gouvernement mexicain et de l’employeur Grupo Mexico de remonter à la surface les corps des 63 mineurs qui restent ensevelis est largement connu comme une tentative de dissimuler les causes réelles de ce désastre et la faiblesse des moyens affectés aux secours.

Les 65 mineurs de Pasta de Conchos tués par un “homicide industriel” symbolise la complicité du gouvernement et de l’employeur au Mexique pour le non respect quotidien des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses.

Des infractions systématiques aux droits des travailleurs et travailleuses ont lieu dans tous les secteurs industriels et dans toutes les régions du Mexique. Le mouvement syndical international se mobilise chaque année en février pour informer ses membres et les responsables politiques de leur pays de la nécessité d'obtenir un changement.

Au cours des prochaines journées d'action, les syndicalistes rendront à nouveau visite à l'ambassadeur du Mexique dans leur pays pour tenter d'imposer une action sur les points suivants:

Les actions vont également porter sur des mobilisations, des activités destinées à obtenir une prise de conscience, et la rédaction d’une lettre adressée au nouveau président mexicain Enrique Peña Nieto. Les espoirs sont grands au Mexique sur les changements positifs attribués au nouveau gouvernement Peña Nieto en faveur des travailleurs et travailleuses et des syndicats dans le pays. L'appel international lancé en février évoquera ces espoirs.

Peña Nieto doit intervenir pour assurer le retour rapide et sans danger au Mexique de Napoleon Gomez Urrutia, secrétaire général de Los Mineros et membre également du Comité exécutif de IndustriALL, exilé actuellement au Canada en raison de fausses accusations portées contre lui avec le soutien du régime du président sortant Calderón. Peña Nieto doit également intervenir pour obtenir la paix au travail et la justice dans des grèves qui revêtent une importance cruciale aux mines de Grupo Mexico à Somberete, Cananea et Taxco, où l'entreprise a forcé les membres de Los Mineros à faire grève pendant plus de cinq ans.

Le syndicat des électriciens, SME, se bat toujours pour obtenir la réintégration de plus de 16.500 travailleurs et travailleuses à Mexico malgré un jugement de la Cour suprême en leur faveur.

Les membres de IndustriALL dans les industries de l'énergie, du pétrole, du verre, de la chaussure et de l'automobile ont également besoin d'une intervention du gouvernement pour mettre fin aux attaques injustes des employeurs qui préfèrent établir des contrats de protection avec des syndicats jaunes et éviter ainsi le système de relations industrielles pour pouvoir exploiter encore davantage leur main-d'œuvre.

Il est temps pour les autorités mexicaines de respecter et de suivre les recommandations du Comité de la liberté syndicale du BIT, approuvées en juin par le conseil d'administration du BIT, qui demandent au gouvernement mexicain d'examiner la question des contrats de protection.

Le Comité du BIT “est fermement convaincu qu'un dialogue aura lieu avec les organisations nationales les plus représentatives des travailleurs/euses et des employeurs, ainsi qu'avec les six organisations plaignantes dans cette affaire ou qui ont accordé leur soutien”, indique-t-on dans les recommandations du Comité, en ajoutant que le Comité “a confiance dans le fait que des mesures législatives et autres seront prises dans un avenir proche pour renforcer la protection contre les pratiques antisyndicales qui portent atteinte aux principes en vigueur dans la négociation collective”.

L’ONG finlandaise Finnwatch de la recherche s'est concentrée sur la responsabilité des entreprises dans un rapport publié ce mois-ci en collaboration avec les syndicats finlandais, qui révèle que plusieurs entreprises finlandaises restreignent le droit de leurs salariés à adhérer et à créer librement des organisations au Mexique. Si tel est le cas, ces entreprises agissent contre leurs propres codes de conduite et enfreignent les droits de la personne.

L'équipementier multinational finlandais PKC dans le secteur automobile a mis à pied la semaine dernière quatre membres du comité exécutif de la section 307 du syndicat Los Mineros à Ciudad Acuña. Cette attitude agressive antisyndicale, qui concerne également la mise à pied de 120 travailleurs/euses considérés comme soutenant le syndicat, a été décidée par représailles contre leur activité dans la syndicalisation.