Mobilisation pour une justice sociale

Dans un sondage effectué l’année dernière dans le monde à la demande de la Confédération syndicale internationale CSI (http://www.ituc-csi.org/poll-only-one-in-ten-in-g20.html ), les personnes interrogées dans différentes parties du monde ont envoyé un message clair sur ce qu’elles attendent de leurs gouvernements:

Dans un monde où 80 pour cent de la population n’a pas d’assurance maladie ou de pension de retraite, et où 40 pour cent vivent avec moins de 2 USD par jour soit 730 USD par an, les syndicats doivent être des acteurs politiques et assurer une mobilisation pour un modèle social et économique juste, au service avant tout de la population.

Les personnalités qui appartiennent au gouvernement et au Parlement peuvent faire la différence. Ce sont elles qui déterminent les politiques et établissent les lois. Les politiques néo-libérales qui ont fait faillite ont accru les inégalités, la pauvreté et le chômage. D’autres politiques basées sur la justice sociale sont possible – et c’est ce que veulent les citoyens et citoyennes du monde. C’est une question de volonté politique.

Au cours des dix dernières années, les gouvernements brésiliens sous la direction des présidents Luiz Inácio Lula da Silva et Dilma Rousseff ont permis à 20 millions de personnes d’échapper à la pauvreté absolue, en créant 12 millions d’emplois et en augmentant le pouvoir d’achat du salaire minimum de 50 pour cent.

Évidemment, face à la montée du chômage, la priorité absolue du mouvement syndical mondial est la création d’emplois (http://www.ituc-csi.org/new-ilo-report-shows-global). Cela nécessite de toute urgence la prise de mesures par les gouvernements pour adopter des politiques destinées à créer des emplois meilleurs et en plus grand nombre. En outre, nous devons agir spécialement dans les pays en développement sur trois questions majeures:

  1. Augmenter le salaire minimum
  2. Assurer la protection sociale
  3. Formaliser la main-d’œuvre dans l’économie informelle

Dans beaucoup trop de pays du monde, le salaire minimum est très inférieur au salaire vital qui permettrait à un travailleur ou une travailleuses d'avoir un revenu suffisant pour satisfaire ses besoins de base. Les gouvernements encouragent la faiblesse des salaires pour attirer l'investissement étranger dans des industries à forte intensité de main-d'œuvre.

Un exemple extrême de l'exploitation est donné au Bangladesh, un pays de 150 millions d'habitants dont la moitié vit en dessous du seuil de pauvreté national. Le textile et la confection emploient 3,5 millions de personnes avec un taux de syndicalisation inférieur à 1 pour cent, qui gagnent généralement le salaire minimum national de 36 USD par mois, soit le tiers environ d'un salaire vital.

En Indonésie, les syndicats ont obtenu des gains importants après une mobilisation massive. L'année dernière, le gouvernement a été forcé d’augmenter le salaire minimum de 40 à 60 pour cent, jusqu'à plus de 200 USD par mois pour la première fois dans les principaux secteurs industriels. La réglementation gouvernementale a limité la sous-traitance à certaines fonctions, ce qui permettra à près de 20 millions de contractuels d’obtenir un emploi permanent. Un an auparavant, une longue campagne avait permis d'obtenir une extension des services médicaux et de la couverture des pensions de retraite à toute la population à partir de 2015.

Plus de 40 pour cent de la main-d'œuvre mondiale travaille dans le secteur informel. Dans l'économie officiellement répertoriée, le travail contractuel et les agences d'emploi privées prennent de plus en plus d'importance et remplacent souvent l’emploi permanent. La campagne mondiale de IndustriALL STOP Travail précaire va donc se poursuivre pour promouvoir une législation, des conventions collectives et des accords mondiaux dans le but de limiter l'emploi précaire. La Charte mondiale signée par Volkswagen sert d'exemple et permet d'assurer une véritable percée pour d'autres réseaux syndicaux de IndustriALL dans des entreprises multinationales.

Un autre monde est possible. Mais cela nécessite de notre part une action politique et une mobilisation à l’échelle du monde, non seulement au bénéfice de nos membres, mais pour lutter pour une société juste offrant une sécurité à tous les citoyens et citoyennes. 

IndustriALL indigné par la brutalité des attaques antisyndicales en Turquie

Les grévistes de l’usine Daiyang SK Metal située dans la zone européenne de libre-échange de Corlu, Tekirdağ, située au nord-ouest de la Turquie, se sont battus pendant près de trois ans pour défendre leurs droits syndicaux fondamentaux. Ils avaient entamé le 15 janvier une grève sur le tas quand ils apprirent que la direction locale avait amené des briseurs de grève de Corée pour faire fonctionner les machines à l’arrêt des grévistes.

Les membres du syndicat Birlesik Metal-Is affilé à IndustriALL Global Union ont été attaqués violemment à coups de matraques et de gaz lacrymogène par la police, qui ont blessé cinq travailleurs dont deux ont dû être envoyés à l’hôpital en ambulance. Les travailleurs ont été attaqués alors qu’ils faisaient pacifiquement grève sur le tas pour protester contre les mauvais traitements que la direction leur inflige illégalement.

Daiyang SK Metal est une coentreprise entre les firmes coréennes SK Networks et Daiyang Metal. Daiyang qui détient 70 pour cent, fournit des rouleaux d’acier inoxydable à de nombreuses marques internationales pour être employés dans les technologies de l’information, l’électronique et l’électroménager. Ces marques de multinationales incluent Samsung Electronics, LG Electronics, Electrolux, Siemens, Toshiba, Whirlpool, Bosch, Daewoo et Gorenje.

IndustriALL travaille maintenant à faire pression sur ces entreprises clientes, syndicalisées par des affiliés de IndustriALL, dont trois sont des partenaires dans des accords-cadres mondiaux.

À la suite d’une longue bataille juridique au cours de laquelle la direction a rejeté à maintes reprises la possibilité de signer une convention collective, les membres de Birlesik Metal-Is ont pris la décision de faire grève. La grève a commencé le 15 novembre dans le respect de la législation turque. Au cours de la grève, des membres de sociétés privées de sécurité de la zone de libre-échange ont attaqué et détruit la tente des grévistes. L’entreprise a employé d’autres travailleurs pour faire fonctionner les machines des grévistes. Un cadre coréen a tenté d’user de violence contre l’un des grévistes et diverses tactiques d’intimidation et de répression ont été utilisées.

L’affilié coréen des métallurgistes, le KMWU, a une longue histoire de lutte contre les pratiques antisyndicales de Daiyang qui a refusé régulièrement de s’asseoir à la table des négociations avec le syndicat depuis 2006, préfère embaucher des casseurs pour réprimer les grévistes et porter plainte contre les dirigeants syndicaux.

Dans une lettre datée du 28 décembre aux directeurs généraux de Daiyang Metal et de SK Holdings, le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Kemal Özkan, a demandé instamment aux entreprises “d’engager sans délai un dialogue significatif et constructif avec Birlesik Metal-Is pour conclure le processus de négociation collective”.

“Il est clair pour nous que Daiyang SK a été depuis le début très hostile à la syndicalisation et aux membres du syndicat qui veulent seulement faire usage de leurs droits fondamentaux pour adhérer à un syndicat, mener une négociation collective et utiliser leur droit de grève garanti par la Constitution de Turquie, ainsi que par les conventions internationales du travail ratifiées par la Turquie”.

Les syndicats se préparent aux Journées d’action pour le Mexique

Dans la capitale mexicaine, les syndicats nationaux défileront le 19 février avec des syndicalistes internationaux et nord-américains, et d’autres actions sont prévues dans tout le pays au cours de la semaine.

Durant les Journées d’action, les syndicats affiliés à IndustriALL, rendront à nouveau visite, aux côtés d’ouvriers du transport et autres travailleurs et travailleuses, à l’Ambassadeur du Mexique dans leur pays pour tenter d’imposer une action sur les points suivants:

L’un des conflits majeurs actuellement en cours et qui concerne les syndicats démocratiques au Mexique, se déroule dans la multinationale finlandaise de pièces automobiles PKC à Ciudad Acuña, où onze membres de la section 307 du syndicat national mexicain des mineurs Los Mineros ont mis fin le 14 janvier à six jours de grève de la faim pour protester contre la violente campagne antisyndicale dirigée contre le syndicat.

La grève de la faim a cessé quand Los Mineros a obtenu de nouvelles élections sur le lieu de travail qui auront lieu le mois prochain chez PKC-Arneses. Cette décision fait suite au scrutin du 18 octobre, marqué par des intimidations et des menaces de la direction, qui ont amené Los Mineros à perdre de peu l’élection face au syndicat jaune CTM. Il est clair que Los Mineros serait élu dans une élection libre et démocratique sur ce lieu de travail.

Les grévistes de la faim ont été illégalement mis à pied entre le 14 et le 20 décembre 2012, quand la direction de PKC-Arneses a forcé 122 travailleurs engagés dans la syndicalisation sur le lieu de travail à donner leur démission. Ces 122 travailleurs ont depuis été réintégrés.   

La nouvelle date du scrutin pour l’élection d’une représentation sur le lieu de travail sera fixée lors d’une réunion qui aura lieu le 31 janvier. La solidarité internationale a maintenant pour but d’empêcher le retour de la répression menée avant l’élection d’octobre par la direction, avec la complicité totale des autorités locales et l’embauche de casseurs. L’entreprise avait également financé, avant l’élection d’octobre, une campagne médiatique massive au niveau local dans les stations de télévision, de radio et dans la presse pour discréditer le syndicat Los Mineros.

Le groupe des travailleurs a lutté pendant quatre ans pour syndiquer et créer officiellement la section 307 de Los Mineros. La liste des infractions quotidiennes aux droits des travailleurs et travailleuses chez PKC-Arneses montre que la direction craint une représentation syndicale démocratique dans l’usine. Avec la garde menée par le syndicat jaune CTM, la direction a pu se permettre des payer des salaires de misère de moins de 100 pesos mexicains par jour (6 euros), d’obliger illégalement les salariés à travailler dans des équipes postées de 10 heures avec une pause de 5 minutes, et de ne pas respecter le droit à un congé et autres prestations.

Electrolux détient puis licencie des travailleurs en Thaïlande

Dans une lettre adressée à la direction de l’entreprise en Suède, qui est signataire d’un accord-cadre international sur les droits des travailleurs et travailleuses, IndustriALL Global Union a rejoint la fédération syndicale suédoise IF Metall pour exprimer son indignation sur la conduite injuste et antisyndicale d’Electrolux en Thaïlande.

Le 11 janvier 2013, la direction d’Electrolux en Thaïlande a organisé une réunion à 8 heures du matin de tout le personnel pour annoncer une prime de deux mois, tout en refusant de discuter des revendications portant sur des augmentations salariales équitables et sur l’emploi permanent du personnel embauché par des agences d’emploi privées après 6 mois dans l’usine.

Au lieu de cela, les membres de la direction ont fait sortir de force dans la rue le président du syndicat, Phaiwan Metha, avant de le renvoyer. Quand les travailleurs et travailleuses qui avaient été réunis ont appris le renvoi, ils sont restés assis sur le sol en demandant son retour et sa réintégration.

La direction a alors fait appel aux forces de sécurité et de police qui ont entouré les travailleurs et travailleuses en les empêchant de partir pendant 8 heures, et notamment une femmes enceinte de six mois qui tentait de sortir. Ils ont été relâchés à 17 heures, l’un après l’autre, par les gardes de sécurité. Ils ont pris connaissance par écrit en reprenant le travail le 14 janvier de la mise à pied de 127 d’entre eux.

Les mises à pied font suite à un mois d’efforts par le syndicat pour négocier le nouveau salaire minimum et les ajustements salariaux annuels à appliquer pour le 25 janvier 2013. La direction avait refusé les propositions du syndicat et tenté au lieu d’imposer des ajustements salariaux qui n’avaient pas été convenus.

Dans la lettre adressée à Electrolux, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, affirme que les actes de l’entreprise “constituent une tentative de répression antisyndicale claire comme de l’eau de roche pour forcer les travailleurs et travailleuses à accepter un processus abusif de négociation collective”.

“Je vous recommande fermement d’user de votre influence pour obtenir la réintégration immédiate des personnes et des membres du syndicat mis à pied, de reprendre les négociations collectives pour parvenir à résoudre ce conflit de manière juste, et de parvenir à une relation constructive entre la main d’œuvre et la direction”, écrit Raina.

Le syndicat de l’usine en Thaïlande, créé en 2010, a réussi à cette époque à négocier une convention collective qui doit être renouvelée cette année. L’usine Electrolux fabrique des machines à laver, des réfrigérateurs et autres appareils électriques destinés aux marchés européen et asiatique.

Les personnes mises à pied se battent maintenant contre les tactiques injustes de répression antisyndicale de la direction et ont présenté leurs griefs à la commission du travail du Parlement.

Rassemblement de 5.000 travailleurs à Jakarta pour les salaires

La manifestation s'est rendue le 16 janvier 2013 dès 9 heures du matin du siège de la police métropolitaine à Jakarta au ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, puis au ministère de la Main-d'œuvre et de la Transmigration (ministère du Travail). La police et les forces armées avaient déployé 9.000 fonctionnaires pour surveiller la manifestation.

La deuxième revendication de la manifestation concernait le blocage par le gouvernement de l'augmentation proposée du prix de l'électricité qui réduira considérablement le pouvoir d'achat des travailleurs et travailleuses.

Un mois après la mobilisation par les syndicats indonésiens de 3 millions de travailleurs et travailleuses dans des manifestations massives le 3 octobre 2012, la décision avait été prise d'augmenter le salaire minimum à Jakarta pour qu'il passe de 157 à 230 USD en 2013.

Environ 986 entreprises, appartenant le plus souvent aux industries de la chaussure, de la confection et du textile, ont envoyé depuis lors des lettres au ministère du Travail pour demander leur exemption du paiement du nouveau salaire minimum, tout au moins jusqu'à l'année prochaine, et 46 entreprises à forte intensité de main-d'œuvre ont déjà été approuvées. Parmi ces 986 entreprises, beaucoup continuent de traiter avec des syndicats liés au pouvoir militaire ou avec des syndicats jaunes pour intimider les travailleurs et travailleuses et les empêcher d'adhérer à des syndicats démocratiques.

La puissante fédération des syndicats indonésiens de métallurgistes FSPMI a mobilisé sous la direction de son président Said Iqbal des milliers de métallurgistes. Iqbal est également président de la confédération syndicale KSPI qui a également rassemblé des membres pour participer à la manifestation. Le nouveau conseil indonésien des travailleurs MPBI, qui a unifié les trois principales confédérations syndicales du pays (KSPI, KSBSI et KSPSI), a également pris part à la manifestation.

Said Iqbal soutient que seul le ministère du Travail a le droit d'accorder une exemption à des entreprises, et ce, dans deux circonstances: soit quand un audit a reconnu que l'entreprise a subi des pertes au cours des deux dernières années, ou quand un accord a été conclu avec les salariés pour différer la hausse salariale.

Indemnisation des victimes au Pakistan

KIK Textilen, l'un des principaux clients de Ali Enterprises, a accepté le 5 janvier 2013 de verser 1 million d’USD aux victimes de l'incendie survenu dans l'usine textile de Baldia Town, l’établissement d'un plan d'indemnisation à long terme et l'amélioration de la protection des travailleuses et travailleurs au Pakistan.

L'accord d'indemnisation fait suite aux revendications des syndicats pakistanais avec le soutien d'organisations internationales, telles que IndustriALL Global Union et la Campagne Vêtements Propres (Clean Clothes Campaign).

Selon l'accord conclu entre PILER et le KiK, le versement se fera en deux étapes. La première s’adressera aux victimes des familles qui n'ont pas encore reçu d'indemnisation du gouvernement quand la décomposition des corps des travailleuses et travailleurs de Ali Enterprises ne permet pas leur identification.

KiK a également exprimé sa volonté d'indemniser les travailleuses et travailleurs victimes de blessures graves dans l'incendie qui ont amené une incapacité à travailler et la perte de tout nouvel emploi dans l'avenir.

Les autres travailleuses et travailleurs obtiendront une assistance au cours de la seconde étape après un accord sur le montant de l'indemnisation obtenu par consensus entre tous les protagonistes, dont les employeurs et autres clients, a-t-il ajouté.

Pour faciliter l’indemnisation, PILER a également adressé une requête à la Haute Cour de Sindh (Sindh High Court – SHC), dans laquelle il demande au tribunal de constituer une commission indépendante chargée de contrôler le processus d'indemnisation et de préciser tous les détails nécessaires à cette fin.

La Haute Cour de Sindh (SHC) a demandé le 15 janvier aux propriétaires de Ali Enterprise de présenter 50 millions de PKR (512.000 USD) d’indemnisation au Nazir du tribunal.  Le tribunal a également demandé à l'avocat général de la SHC de présenter le rapport de la commission d'enquête concernant l'incendie de l'usine.

Selon une déclaration de PILER, l'acheteur allemand, KiK, a non seulement engagé un dialogue pour une indemnisation des victimes de Ali Enterprises, mais il est également associé à un projet à long terme de mesures de sécurité sur le lieu de travail pour les travailleuses et travailleurs pakistanais.

Le syndicat turc des mineurs qualifie un accident mortel de “meurtre”

L’accident à la mine de charbon de Kozlu dans la province de Zonguldak sur la Mer Noire, qui appartient à l’entreprise d’État Turkish Hard Coal Enterprise (TTK), a été causé par un relâchement soudain de méthane et une explosion. Après de longues opérations de sauvetage, les corps des mineurs ont pu être remontés à la surface. Tous les travailleurs tués étaient membres du syndicat. Le Chef du Parquet, Zonguldak, mène une enquête sur une négligence de la direction locale qui n’a pas réussi éviter l’accident.

Il est possible d’éviter les relâchements dangereux de méthane et les explosions dans les mines de charbon par des techniques sûres de détection, renforcées par une forte présence syndicale et des systèmes de relations industrielles éprouvés depuis des années.

L’accident a eu lieu dans un puits de mine exploité par une entreprise sous-traitante, appelée Star, à Zonguldak, principale région d’extraction houillère en Turquie. Les rapports d’audit réalisés au cours des mois qui ont précédé l’accident ont fait état de nombreuses insuffisances dans les mesures de sécurité de l’entreprise.

Genel Maden-Is syndique les mineurs dans la région de Zonguldak. Au cours des deux dernières années, Genel Maden-Is a commencé à syndiquer les mineurs employés par des sous-traitants. L’entreprise qui exploite le puits où les huit mineurs ont trouvé la mort était syndicalisée depuis quelques années, mais la direction de l’entreprise avait utilisé toutes les combines possibles pour gagner du temps et éviter le processus de négociation collective en se servant des articles de la législation turque permettant de s’opposer aux syndicats.

Le tribunal local du travail a décidé que le syndicat Genel Maden-Is disposait d'une majorité suffisante pour devenir partenaire dans les négociations, mais l'entreprise a contesté cette décision devant la Cour de Cassation, et un verdict final est toujours en attente. Au cours de la période de syndicalisation, Genel Maden-Is avait annoncé que ce sous-traitant enfreignait les règles de santé et de sécurité dans le puits dont il est question, et c'est pourquoi le président des syndicats qualifient cet accident de “meurtre”.

Une deuxième explosion mortelle dans une mine de charbon à Zonguldak s'est produite trois jours plus tard, le 10 janvier. Une fois encore le méthane a explosé causant la mort d'un mineur et empoisonnant trois collègues qui tentaient de le secourir.

“La Turquie détient les plus mauvais résultats en matière d’accidents miniers et d’explosions dans des mines en Europe, et la troisième place au monde dans ce domaine. Nous demandons encore a gouvernement turc de ratifier immédiatement et d'appliquer la convention 176 de l'OIT sur la sécurité dans les mines pour sauver des vies de mineurs”, a déclaré Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union.

Les messages de condoléances snt à envoyér au syndicat à l'adresse suivante: [email protected]

Déclaration tripartite sur la sécurité contre l’incendie au Bangladesh

Portant le deuil de la perte de 112 vies humaines, sans compter les blessures souffertes par des travailleuses et travailleurs dans le terrible incendie de Tazreen Fashions survenu le 24 novembre 2012, l'accord engage le gouvernement, les employeurs et les organisations de travailleuses et travailleurs à œuvrer ensemble pour élaborer, promouvoir et appliquer des mécanismes combinés, participatifs est transparents destinés à assurer la sécurité contre l'incendie au Bangladesh.

IndustriALL Global Union approuve cet engagement sur la sécurité contre l'incendie et promet son soutien pour assurer que le maximum sera fait pour protéger la sécurité et la santé des travailleuses et travailleurs dans le secteur du textile au Bangladesh.

L'accord signé le 15 janvier 2013 reconnaît que la sécurité et la santé au travail exigent la participation totale et la reconnaissance des travailleuses et travailleurs et de leurs représentants.

La déclaration signée qui est publiée ici, fait appel à l'Organisation internationale du Travail pour obtenir le soutien technique et l’assistance des agences d'aide au développement, des marques, des clients, des organismes donateurs et des organisations non-gouvernementales.

Monika Kemperle, secrétaire générale adjointe de IndustriALL, qui avait demandé auparavant une action gouvernementale sur la sécurité contre l'incendie, s’est réjouie de l'accord et a déclaré:

La sécurité contre l'incendie dans l'industrie textile, garantie par le gouvernement et assurée par les employeurs dans le cadre d'une approche tripartite incluant les syndicats, est la seule façon de s'assurer que le désastre qui a coûté la vie à plus de 100 personnes en novembre dernier ne se reproduira plus.

Des militaires payés pour menacer les travailleurs de Nike en Indonésie

Le 15 janvier 2013, ABC News a publié une information choquante selon laquelle les travailleurs et travailleuses de l'usine Nike à Sukabumi, ville située au Java occidental, feraient l'objet de menaces de la part de militaires pour soutenir la requête de l'employeur demandant à être exempté de verser le nouveau salaire minimum. Il est important de noter qu'en 2012, des millions de travailleurs et travailleuses manifestèrent pour exiger une augmentation du salaire minimum et des prestations de sécurité sociale, et une amélioration des conditions de travail. En réponse aux manifestations ouvrières, le gouvernement avait augmenté les salaires de 46 pour cent en les portant de 1,4 million d’IDR (145 USD) à 2,04 millions (220 USD).

Toutefois, les entreprises ont eu la possibilité d’être exemptées de l’application des nouveaux salaires en fournissant des renseignements sur leurs conditions financières et avec l’accord du personnel. C’est dans ces circonstances que l’usine Nike à Sukabumi aurait payé des militaires pour menacer les travailleurs et travailleuses et les forcer à accepter que l'entreprise soit exemptée de verser les nouveaux salaires. Il leur a même été dit que “les officiers de renseignement militaire étaient nombreux à l'intérieur de l'usine”.

Les syndicalistes et activistes sociaux ont exprimé leur inquiétude face à la gravité d’une présence de militaires pour menacer les salariés.

Un nouvel article du Jakarta Globe indique que Nike a annulé depuis lors sa demande d'exemption.

Indocement poursuit au pénal un dirigeant syndical en Indonésie

Les 9 et 16 janvier 2013, deux audiences concernant Edi Iriawadi ont eu lieu au tribunal de district de Cibinong, Java occidental. La partie plaignante accuse le dirigeant syndical d'infraction au code indonésien d’instruction criminelle comportant une peine d'un an d'emprisonnement. L'audience se poursuivra le 22 janvier 2013.

Des centaines de personnes du Forum Buruh Bogor ont assisté aux deux audiences et pris la parole pour demander aux juges de remettre en liberté Iriawadi, et que les accusations relèvent d’un tribunal du travail et non d’une cour pénale. Une cinquantaine de policiers en uniforme du district de Bogor assuraient la protection du tribunal.

Iriawadi est un dirigeant du syndicat Serikat Pekerja Indocement Tunggal Prakarsa (SP ITP), affilié à IndustriALL par le biais de la fédération des syndicats du ciment d'Indonésie (FSP ISI) dont il est le président. Iriawadi a été mis en jugement après avoir été accusé par Care PT Indocement Tunggal Prakarsa d'abus de pouvoir pour avoir arrêté la production, causant ainsi des pertes à l’entreprise.

L'entreprise tente de démanteler le syndicat qui avait réussi avec succès à négocier en juillet 2011, une augmentation graduelle de 150 pour cent des salaires au cours d'une période de trois ans.

Le syndicat a organisé une série d'actions pour soutenir la cause qu’il défend. En réponse, un groupe constitué de personnes proches du périmètre de l'usine a été poussé par la direction à dire que les actions entreprises par le syndicat ont troublé l'ordre public et bloqué les transports publics dans la région.

Le groupe a pénétré sur le périmètre de l'entreprise et attaqué le bureau du syndicat, ses dirigeants et ses membres. Trois membres du syndicat ont dû être hospitalisés et des motos qui appartenaient à des membres du syndicat ont été endommagées. Craignant pour les membres et la sécurité de leurs biens, Iriawadi leur avait demandé d'arrêter la production et de quitter leurs postes de travail.

En Indonésie, la loi sur les syndicats no 21/2000 garantit les droits syndicaux. Les articles 28 et 43 stipulent que toute infraction aux droits syndicaux et toute pratique antisyndicale constituent un crime, et que les contrevenants peuvent être condamnés jusqu'à cinq ans de prison.

Le groupe allemand du ciment Heidelberg est le principal actionnaire de PT Indocement Tunggal Prakarsa. L'entreprise possède douze usines situées dans les trois villes indonésiennes de Bogor, Cirebon et Kota Bharu, qui détiennent ensemble une capacité totale de 18,6 millions de tonnes par an, et ont assuré en 2012 un bénéfice de plus de 5.000 milliards d’IDR (520 millions d’USD). L'entreprise emploie 6.300 personnes.