L’OIT signale une augmentation du chômage dans le monde

Le rapport de l’OIT Tendances mondiales de l’emploi 2013, publié le 21 janvier 2013 indique que:

Un quart de l'augmentation du chômage mondial en 2012 se trouve dans les pays développés, alors que les trois quarts sont dans d'autres régions avec des effets marqués en Asie de l'Est, en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne.

Les régions qui ont réussi à empêcher une nouvelle augmentation du chômage ont souvent connu une détérioration de la qualité de l'emploi, en raison de sa vulnérabilité et de l'augmentation du nombre de travailleurs et travailleuses ayant des conditions de vie inférieures ou très proches du seuil de pauvreté.

Les chiffres montrent que 74 millions de jeunes sont sans emploi dans le monde. Quelque 35 pour cent des jeunes se sont trouvés sans emploi pendant des périodes de six mois ou même plus longues dans les pays développés.

L’OIT avertit que le chômage pourrait encore s'accroître en 2013 en raison de perspectives économiques incertaines et d’une réponse politique inadaptée.

En commentant ces chiffres, Guy Ryder, directeur général de l'OIT a déclaré: “La nature mondiale de la crise signifie que les pays ne peuvent pas trouver individuellement une solution à son impact par des mesures prises uniquement au niveau national”. Il a ajouté que “l'incertitude très grande constitue un obstacle aux investissements et à la création d'emplois, et ne se réduira pas tant que les pays adopteront des solutions contradictoires”.

Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), a commenté le rapport en ces termes: “Les institutions financières internationales et les gouvernements continuent de poursuivre les mêmes vieilles politiques alors que le nombre de personnes sans emploi continue d’augmenter. Que faut-il donc aux responsables politiques pour qu'ils admettent de voir la vérité derrière les chiffres? Leurs politiques économiques sont en train de sombrer”. 

“Par la création d'emplois, le rétablissement des salaires et l'offre d'une véritable sécurité de l'emploi, la confiance des travailleurs et travailleuses assureront la relance de l'économie mondiale”, a déclaré Burrow.

Le mouvement syndical présente cinq revendications principales pour remettre sur pied l'économie mondiale:

Aider IndustriALL à mettre fin aux violences antisyndicales chez Bashneft en Russie

Les deux sections syndicales chez Bashneft, une société pétrolière en Russie, sont actuellement victimes d'une attaque de la direction qui s'efforce de fragiliser le syndicat russe des travailleurs de la chimie (RCWU), affilié à IndustriALL Global Union, pour le remplacer par un conseil des travailleurs contrôlé par l’entreprise.

L'entreprise refuse de renégocier les conventions collectives avec les sections du RCWU, et de créer pour les remplacer son propre conseil des travailleurs.

Peu de temps après sa réorganisation en octobre 2012, quand les entreprises Bashkirnefteproduct à Ufa et Orenburgnefteproduct à Orenburg ont intégré l'entreprise mère Bashneft, la direction a refusé de renégocier la convention collective avec les sections du RCWU et a contesté leur droit à la négociation collective.

La direction refuse de reconnaître les sections syndicales et déclare que la convention collective sera négociée avec un conseil des travailleurs mis en place par l'entreprise.

En outre, l'entreprise oblige les membres du syndicat employés chez Bashkirnefteproduct et Orenburgnefteproduct à démissionner du syndicat en les menaçant même de licenciement. Depuis octobre 2012, des centaines de travailleurs et travailleuses ont quitté le RCWU en raison d’une forte pression de la direction.

Le RCWU a entrepris des actions publiques et lancé une campagne nationale de solidarité (en langue russe) http://www.trud.org/3/11000.html avec l'aide de la fédération des syndicats indépendants de Russie.

IndustriALL se joint au RCWU pour s'efforcer de mettre fin à la violence antisyndicale chez Bashneft, l'une des plus importantes sociétés pétrolières russes, qui emploie plus de 8.000 personnes.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a écrit à la haute direction de Bashneft, pour lui demander de mettre fin aux tactiques antisyndicale et d'engager des négociations de bonne foi avec le syndicat.

Vous pouvez également AGIR et envoyer une lettre au président du conseil d’administration de Bashneft et au président de l’entreprise.

Victoire historique des travailleurs de Rio Tinto

Au cours des 19 dernières années, Rio Tinto a négocié directement avec le personnel des hauts-fourneaux d'aluminium de Bell Bay en Tasmanie, sans participation des syndicats. Après trois années de lutte en faveur de la syndicalisation menée par AWU, cette victoire est très importante pour les syndicats australiens car elle réfute le mythe selon lequel quand une entreprise se désyndicalise, le syndicat ne pourra jamais revenir.

“Nous avions indiqué très clairement que Rio Tinto était une entreprise que nous voulions cibler”, a déclaré Paul Howes, secrétaire national de l’AWU, “et nous estimons qu'il y a une volonté de changement parmi le personnel. Beaucoup de gens dans la communauté du monde des affaires et même à Rio [Tinto] se sont moqués de nous, il y a deux ans, quand j'ai annoncé cette décision lors de ma conférence nationale, et même quelques ministres travaillistes ont affirmé que nos tactiques n'obtiendraient aucun résultat”.

Les discussions autour de la nouvelle convention collective pour les salariés de Bell Bay devraient commencer dans quelques semaines. Bien qu'il soit improbable que les salariés fassent campagne pour une parité salariale avec l’Australie continentale, Paul Howes dit qu’en raison des dures conditions d’exploitation du haut-fourneau, “il n’y a aucune raison à long terme, pour que ces travailleurs ne puissent pas être payés comme leurs collègues continentaux car après tout Bell Bay est un haut-fourneau unique en Australie du fait qu’il fonctionne avec du courant essentiellement propre produit par de l’hydroélectricité”.

Dans les prochaines semaines, AWU aura des entretiens avec ses membres pour établir le cahier de revendications à présenter à l’entreprise. L’une des priorités les plus importantes sera de bien fixer le salaire et les conditions actuellement en vigueur dans le cas où Rio Tinto vendrait Pacific Aluminium à une autre entreprise.

Nous savions déjà que cette campagne réussirait, principalement du fait que la main-d’œuvre de Rio veut avoir son mot à dire sur les conditions de travail et veut être traitée équitablement. Et c’est pourquoi nous avons obtenu tout ce soutien, 

a affirmé Howes.

Rio Tinto a perdu 14 milliards d’USD (10,525 milliards d'euros) en raison de la dépréciation de ses actifs au Mozambique et du cours de l'aluminium. L'entreprise a licencié son directeur général Tom Albanese, le 17 janvier 2013, en raison de la situation. Le directeur général de Iron Ore, Sam Walsh, a pris sa place. Doug Ritchie, qui était responsable de l’investissement charbonnier de Tio Tinto au Mozambique, a également été licencié.

Une étude sur l’emploi préconise de meilleurs emplois en plus grand nombre

La branche de la Banque mondiale chargée du secteur privé, International Finance Corporation (IFC), a lancé Jobs Study le 14 janvier 2013, point culminant de 18 mois de recherche pour comprendre comment l’activité du secteur privé et les prêts de l’IFC contribuent à la création d’emplois.

http://www1.ifc.org/wps/wcm/connect/Topics_Ext_Content/IFC_External_Corporate_Site/IDG_Home/JobCreation

L’étude a trouvé que les investissements de l’IFC occupent une part très faible dans création directe d’emplois, mais soutient que l’effet multiplicateur est important pour la création indirecte d’emplois.  L’étude a montré qu’une conjoncture favorable à l’investissement, l’infrastructure, l’accès à un financement, les qualifications et la formation sont des facteurs critiques pour la création d’emplois dans les pays en développement, et que la réglementation du travail n’est pas un obstacle majeur selon les entreprises qui ont répondu aux questions posées pour cette étude.

L’une des conclusions de l’étude est que la formalisation de l’activité économique informelle est la voie conduisant à la création d’emplois de plus grande qualité, qui est un moyen efficace pour s’attaquer à la pauvreté. L’étude a également déterminé l’impact positif du respect des droits des travailleurs et travailleuses pour réduire les accidents et le taux de renouvellement du personnel, et améliorer aussi la qualité des produits. Le respect de ces droits est maintenant une condition formelle pour tous les emprunts IFC, selon la norme IFC Performance Standard 2 (PS 2) sur la main-d’œuvre et les conditions de travail.

En examinant le rapport, Peter Bakvis du bureau de Washington de la CSI/syndicats mondiaux, écrit: “Jobs Study donne seulement une évaluation fragmentaire et approximative de l’impact des emplois obtenus par des prêts et des investissements de l’IFC, qui semble passer sous silence dans quelques cas des critiques valables sur certains types d’investissements de l’IFC … Malgré cela, le rapport fournit plusieurs analyses et recommandations valables pour des "emplois de qualité" quand les normes fondamentales de l’OIT sont respectées”.

Bakvis note également que même si les conditions d’emprunt requises par l’IFC concernant les droits des travailleurs et travailleuses est un développement positif et reconnu comme tel dans l’étude, “le rapport ne parle pas de la faiblesse des mécanismes de mise en œuvre de l’IFC pour PS 2, des disparités d’application résultant notamment du prêt de l’IFC par le biais d’intermédiaires financiers privés, et le fait que les principes Équateur, basés sur PS 2 et autres normes, et adoptés par 77 institutions privées de financement, sont dépourvus de tout contrôle ou d’obligation de rendre compte”.

Une version résumée de 47 pages d’IFC Jobs Study est disponible en ligne et seulement en anglais, ici:

http://www1.ifc.org/wps/wcm/connect/5c201d004e2c09d28d32ad7a9dd66321/IFC_Job+Study+Condensed+Report..pdf?MOD=AJPERES

Le rapport complet de 148 pages se trouve ici:

http://www1.ifc.org/wps/wcm/connect/0fe6e2804e2c0a8f8d3bad7a9dd66321/IFC_FULL+JOB+STUDY+REPORT_JAN2013_FINAL.pdf?MOD=AJPERES

Des millions protestent en Inde contre la violence dont sont victimes les femmes

La brutalité du viol collectif d’une jeune étudiante en médecine dans un bus en circulation à Delhi le 16 décembre 2012 et son décès des suites de ce viol le 28 décembre ont déclenché une indignation générale en Inde. Dans la période très courte de vie qui lui restait après cette horrible attaque, elle a pu dire au monde la souffrance qu’elle a endurée. Dans un mouvement sans précédent de colère, d’énormes manifestations spontanées ont eu lieu dans tout le pays. Les femmes et les hommes qui défilaient dans les rues demandaient aux autorités d’appliquer rapidement la loi pour punir les coupables de ce crime atroce, et exigeaient un meilleur maintien de l’ordre et des peines plus lourdes pour les violeurs.

Le crime a mis en évidence l’attitude laxiste de la classe politique indienne, des services du maintien de l’ordre et du système judiciaire quand il s’agit de crimes sexuels contre les femmes, et du mal profondément enraciné dans la société patriarcale du pays. Selon l’Office national des statistiques criminelles en Inde (National Crime Records Bureau – NCRB) de 2009 à 2011, environ 25.392 femmes ont perdu la vie à la suite de harcèlements concernant la dot et 282.722 femmes ont été les victimes de cruauté de la part de leur mari ou de membres de la famille. En Inde, 95.065 procès sont actuellement en instance dans des affaires de viol. En raison de lacunes du système de police judiciaire, près de 75 pour cent des personnes accusées de viol ne sont pas reconnues coupables.

La colère manifestée par les jeunes dans les rues de Delhi, qui est le signe d’une proportion alarmante de crimes sexuels, a amené l’attention immédiate du gouvernement pour modifier la manière de s’attaquer à la violence contre les femmes. En réponse aux protestations, le gouvernement indien a créé une commission de trois membres composée de juristes ayant à sa tête l’ancien chef de la justice en Inde, J.S. Verma, pour proposer des amendements au droit pénal afin de punir sévèrement les attaques sexuelles. Les accusés dans cette affaire, dont un mineur d’âge, sont maintenant en attente de jugement dans une procédure accélérée.

Les harcèlements sexuels sur le lieu de travail constituent également une question importante qui exige une attention immédiate du fait que les femmes intègrent maintenant en grand nombre la main-d’œuvre. Après un long retard, le gouvernement indien a adopté le 3 septembre 2012 le projet de loi sur le harcèlement des femmes sur le lieu de travail (Prévention, interdiction et réparation) présenté en 2010 au Lok Sabha. Il doit toutefois encore être adopté par le Rajya Sabha (Chambre Haute).

Le projet de loi est destiné à assurer la protection des femmes contre le harcèlement sexuel sur tous les lieux de travail, qu’il a ait ou non une section syndicale, tant dans le secteur public que dans le privé. Il porte également sur la prévention et la réparation pour les plaintes concernant le harcèlement sexuel. Les femmes employées sur un lieu de travail, tout comme celles qui y pénètrent comme clientes ou apprenties, avec les étudiantes et les chargées de recherche dans des établissements d’enseignement supérieur et des universités, doivent être couvertes par la législation.

Jusqu’à maintenant, les directives liées à la décision de la Cour suprême en 1997 dans le procès de Vishaka et autres contre l’État de Rajasthan (AIR 1997 SC 3011) constituent une première étape importante en Inde pour aborder le harcèlement sexuel sur le lieu de travail. Cependant, l’expérience montre que sur les lieux de travail, les femmes sont nombreuses à ne pas savoir qu’il existe un mécanisme de réparation; c’est même le cas pour les chefs au niveau de l’atelier. Également concernés, les services de la main-d’œuvre ne connaissent pas ou ne savent pas comment utiliser les directives pour traiter les questions relatives au harcèlement sexuel sur le lieu de travail.

Les syndicats et les militant(e)s de la société civile veulent que le gouvernement fasse de véritables efforts pour traiter les questions relatives à la violence contre les femmes, en renforçant la législation, en menant une enquête rapide sur tout crime sexuel, et chose plus importante, par une augmentation du nombre de femmes dans le personnel policier et une sensibilisation des autorités chargées de l’application des lois. Les employeurs doivent également prendre de véritables mesures pour mettre un terme au harcèlement sexuel, qui est l’un des nombreux enjeux discriminatoires auxquels les femmes sont confrontées sur le lieu de travail.

La situation est aussi véritablement mondiale. La persistance de la discrimination est à la base de la violence contre les femmes. Il faut mettre fin à cette culture discriminatoire. Selon un rapport des Nations unies, 70 pour cent des femmes ont fait l’expérience de la violence durant leur vie. Des données de la Banque mondiale indiquent que les femmes âgées de 15 et 44 ans courent un plus grand risque de viol et de violence domestique que de cancer, d’accidents de la circulation, de guerre et de paludisme. C’est aussi un fait connu et prouvé que dans certains conflits, les forces armées utilisent délibérément la violence sexuelle contre les femmes pour humilier leurs adversaires.

Les gouvernements du monde entier doivent s’attacher à créer une volonté politique, une prise de conscience du public, à promulguer et appliquer une législation appropriée et à engager davantage de moyens pour s’opposer à la violence contre les femmes et les filles.

Les travailleurs colombiens s’unissent pour renforcer leur syndicat

Les revendications concernent une égalité de traitement et de salaire pour la main-d'œuvre en sous-traitance avec les travailleurs directement employés et chargés des mêmes tâches dans cette coentreprise de trois conglomérats miniers multinationaux, BHP Billiton, Xstrata et AngloAmerican. En 2012, 6.000 personnes sur un total de 11.000 salariés de Cerrejón avaient des contrats précaires avec des entrepreneurs sous-traitants.

Sintracarbón est chargé de la syndicalisation des travailleurs et travailleuses précaires de Carbones del Cerrejón depuis 2010. La syndicalisation des contractuels était devenue une nécessité pour la direction du syndicat depuis qu’ils étaient majoritaires dans la main-d'œuvre, mais avec des normes d'emploi considérablement inférieures et sans convention collective.

Les premières tentatives de syndicalisation de ces travailleurs et travailleuses ont connu un échec. En 2010, Sintracarbón a soutenu le personnel employé sous contrat à durée déterminée par l'entreprise qui assurait le transport des mineurs, SOTRANS, pour créer un syndicat basé sur une entreprise, SINTRANS. Les dirigeants de SINTRANS ont été rapidement soumis à un harcèlement et à des menaces de la direction, qui n'a pas renouvelé le contrat de 30 membres du syndicat et a réussi à obtenir la dissolution de SINTRANS après plusieurs mois.  Sintrachaneme, un autre syndicat basé sur une entreprise sous-traitante, a fait face a une stratégie identique de harcèlement.

C'est alors que Sintracarbón a décidé de changer de stratégie et a voté à son congrès en faveur d'une modification de ses statuts pour lui permettre d'inclure le personnel en sous-traitance. Après un conflit de travail, Sintracarbón a obtenu une clause dans la convention collective de 2011 avec Carbones del Cerrejón qui exprimait l'engagement de la direction d'assurer le respect de la syndicalisation de tous les travailleurs et travailleuses, y compris du personnel en sous-traitance. Cette clause a permis au syndicat d'exercer une influence réelle, de dénoncer une infraction à la convention collective et le manque de validité de la relation existant entre l'engagement de l'utilisateur et l'entrepreneur chaque fois que la direction de l'entreprise sous-traitante refuse le bénéfice des droits syndicaux à ses travailleurs et travailleuses. À ce jour, Sintracarbón a réussi à signer cinq conventions collectives avec des entrepreneurs sous-traitants.

Les conditions de travail des travailleurs et travailleuses précaires ont été considérablement améliorées. La pratique ordinaire d'embauche de personnel pour des périodes de six mois a été abolie par les entreprises sous-traitantes qui sont maintenant tenues d'embaucher leurs salariés pour la durée de leur contrat avec Carbones del Cerrejón.

L'une des principales leçons apprises par Sintracarbón est qu’il est plus efficace d’intégrer les travailleurs et travailleuses précaires dans les structures syndicales habituelles plutôt que de créer des structures séparées.  Les contractuels ont une très faible expérience des négociations, malgré le soutien et la formation offerts par Sintracarbón, et, avec plus de 300 sous-traitants assurant des services à Carbones del Cerrejón, la création de syndicats basés sur des entreprises aurait provoqué une fragmentation grave de leur pouvoir de négociation.

Les syndicalistes de Sintracarbón mènent leurs activités dans un environnement antisyndical notoirement violent en Colombie. Les 6, 7 et 8 janvier 2013, le président et le trésorier de Sintracarbón ont reçu chez eux des menaces de mort par téléphone pour eux et leurs familles en raison de leurs activités syndicales.

Actuellement, Sintracarbón a 4.500 membres, dont 2.000 contractuels. Le fait d'appartenir au même syndicat a permis d'obtenir une meilleure unité et davantage de solidarité parmi les travailleurs et travailleuses. Le soutien international au combat mené par Sintracarbón a été un facteur déterminant pour obtenir ces résultats, et IndustriALL continue de suivre de près la poursuite des négociations avec Carbones del Cerrejón.

Les travailleurs de Acerías Paz del Río en Colombie exigent une amélioration des conditions de travail

Le 28 décembre 2012, le syndicat Sintra Paz del Río, affilié à Utrammicol et à IndustriALL, a présenté une liste de revendications pour l'amélioration des conditions de vie et de travail des membres du personnel et de leurs familles, des salaires décents et le recrutement de nouveaux personnels. L'entreprise a adopté une attitude méprisante et intransigeante.

Le 16 mars 2007, Votorantim avait acquis 52,1 pour cent de Acerías Paz del Río, S.A. et pris le contrôle de cette grande entreprise colombienne, créée en 1948 à l'initiative du gouvernement colombien sous le nom de Paz de Río National Steel Company. La même année en 1948, elle a commencé l'exploitation des mines de fer et de charbon à Boyacá, ainsi que la construction de la première aciérie du pays avec un haut-fourneau et un laminoir. Le 14 mars 2008, Votorantim a augmenté sa participation dans l'entreprise qui est passée de 52,1% à 72,67% après une offre publique d'achat formelle présentée à la Bourse.

Votorantim est une entreprise très puissante qui a réussi à limiter la réforme fiscale et à réduire la taxation de son propre assujettissement à l’impôt en Colombie, tout en recevant une concession de 35.000 hectares de terres riches en charbon industriel de haute qualité du gouvernement colombien. Cependant, l'entreprise verse des salaires très bas, impose une durée excessive du travail, des emplois précaires et une délocalisation du travail.

Fort de plus de 50 millions de membres dans le monde, IndustriALL exige que l'entreprise cesse de harceler les syndicats, d'enfreindre les conventions collectives et d’imposer des conditions précaires de travail, et trouve immédiatement une solution aux revendications du syndicat. Nous demandons à nos affiliés au Brésil de protester au siège de l'entreprise de façon à répliquer au pouvoir détenu dans le monde par des sociétés transnationales par une action syndicale mondiale.

IndustriALL déclare être solidaire de ses collègues de Paz del Rio et de la population de Boyacá, et soutient leur action visant à assurer le respect de leurs droits et à obtenir une réponse à leurs revendications.

Les Paraguayens opposés au projet de Rio Tinto

Le vendredi 21 décembre 2012, le gouvernement paraguayen a signé un mémorandum d'accord avec Rio Tinto Alcan pour le développement d'une zone industrielle où l'entreprise construira un haut-fourneau pour l'aluminium.

Les Paraguayens ont suivi de près les négociations entre le gouvernement et Rio Tinto. Une campagne sur le thème “Non au coup de Rio Tinto” a été lancée. Une pétition qui a recueilli 25.000 signatures demande au gouvernement de mettre fin aux négociations avec l'entreprise. Le jeudi 20 décembre, avant la signature du mémorandum d'accord, une manifestation a eu lieu devant le ministère du Commerce et de l'Industrie pour protester contre la construction prévue du haut-fourneau, en raison de son impact sur l'environnement et parce que Rio Tinto a enfreint tout au long de son histoire la législation sur le travail et les syndicats.

Cinq mémorandums doivent être négociés avant que le gouvernement approuve définitivement la construction de l'usine qui coûtera 4 milliards d’USD et aura la capacité de produire 674.000 tonnes d'aluminium par an. Les mémorandums sur l'environnement, l’infrastructure, la fiscalité et le prix de l'énergie sont à l'ordre du jour.

Les négociations qui ont commencé il y a quatre ans sont restées au point mort sous le gouvernement de Fernando Lugo. Cependant, les négociations ont repris après son départ et son remplacement par Federico Franco. Le gouvernement qui entrera en fonction le 15 août 2013 devra prendre la décision finale sur la zone industrielle et les candidats devront se décider sur cette question. 

Certains secteurs du monde des affaires sont opposés au projet en raison d'un manque d'intérêt pour investir dans la zone industrielle prévue. Seules six des 55 entreprises contactées par le groupe technique de négociation du ministère du Commerce et de l'Industrie ont exprimé un intérêt pour construire des usines dans la zone où le haut-fourneau de Rio Tinto occupera une place centrale.

Les médias ont rendu compte de l'opposition du public et du monde des affaires à l’investissement prévu par Rio Tinto au Paraguay.

Pendant ce temps, le groupe minier anglo-australian Rio Tinto a perdu 14 milliards d’USD (10,525 milliards d'euros) en raison de la dépréciation de ses actifs au Mozambique et du cours de l'aluminium. L'entreprise a licencié son directeur général en raison de la situation.

IndustriALL Global Union organise une campagne pour faire la lumière sur l'attitude contraire à l'éthique de Rio Tinto partout dans le monde. IndustriALL a soutenu les travailleurs et travailleuses des installations de Rio Tinto Alcan à Alma, Québec, pendant un lock-out de six mois qui a pris fin en juillet. IndustriALL continuera de soutenir les salariés de Rio Tinto partout dans le monde.

Des dirigeants menacés pendant une négociation collective chez Carbones del Cerrejón

Les négociations entre Sintracarbón et Carbones del Cerrejón ont été accompagnées de menaces contre des dirigeants syndicaux et leurs familles. La date limite provisoire pour l'achèvement des négociations était fixée au samedi 19 janvier et l'on attend toujours le feu vert pour les poursuivre.

Les 6, 7 et 8 janvier, des individus non identifiés ont téléphoné au domicile de Aldo Raúl Amaya, trésorier du syndicat, et l'ont prévenu d'être prudent. Des membres de sa famille ont également reçu les mêmes menaces. En outre, des individus armés ont été signalés près de son logement.

Le 10 janvier, l’épouse de Igor Kareld, président national de Sintracarbon et membre du comité exécutif mondial, a reçu un appel sur son téléphone mobile. La personne qui appelait s'est adressée à Igor par son nom et a dit qu'il connaissait le chemin pris habituellement par ses filles. Igor a également reçu une menace directe, le 18 juillet 2012, au cours d'une réunion de travail du comité de négociation quand il lui a été dit sans ménagement de quitter le pays avec sa famille à une certaine date.

Toutes ces menaces ont eu lieu lors des négociations qui se sont déroulées entre Sintracarbón et l'entreprise minière. La date limite provisoire pour l'achèvement des négociations était fixée au 19 janvier. Le vote qui fait suite se déroulera durant une période de 20 jours. Les travailleurs et travailleuses feront grève si aucun accord n'a été conclu durant cette période.

Sintracarbón dit ne pas pouvoir signer un accord basé sur les conditions imposées par l'entreprise. L'entreprise, qui appartient aux sociétés transnationales Anglo American, BHP Billiton et Xstrata-Glencore, refuse d'offrir des conditions équitables aux personnes qui justement sont celles qui garantissent la rentabilité de la mine en travaillant 12 heures par jour en équipes postées dans un environnement difficile.

L'entreprise a présenté trois positions, et aucune d'elles ne tient compte des demandes du syndicat concernant une hausse salariale de 3 pour cent. L'acceptation des propositions de l'entreprise signifierait l'abandon des revendications justes présentées le 29 décembre 2012, qui portent principalement sur une amélioration des conditions pour les travailleurs en sous-traitance et la communauté.

IndustriaALL a écrit au président colombien, José Manuel Santos, pour exprimer son inquiétude face aux actes répétés de violence contre des membres de Sintracarbón. La lettre demande aux autorités compétentes d’identifier les responsables et de garantir le droit à la vie et à la liberté syndicale des travailleurs et travailleuses de Carbones del Cerrejón. Elle demande également à Carbones del Cerrejón Limited de fournir les garanties nécessaires aux travailleurs touchés et de déclarer explicitement son soutien à une négociation collective libre dans des conditions de paix et de liberté.

Le Parlement européen adopte une résolution sur les incendies d’usine

Le Parlement européen a adopté la résolution le 17 janvier 2013 après que des centaines de travailleuses et travailleurs ont été tués dans de trop nombreux accidents survenus dans des usines de confection. Rien qu'au Bangladesh, on estime que 600 travailleuses et travailleurs de la confection ont été tués depuis 2005 dans des incendies d'usine. À Karachi, Pakistan, 289 personnes au moins ont péri dans l’incendie d'une usine en septembre 2012, 112 personnes au moins sont mortes dans l'incendie d'une usine à Tazreen, dans le district Ashulia, Dhaka, Bangladesh, le 24 novembre 2012.

La résolution établit que beaucoup de ces accidents auraient pu être évités si les usines avaient respecté les normes de sécurité. Elle critique l'absence de respect des droits syndicaux, des normes de sécurité contre l'incendie, et l'inaction des gouvernements pour punir les propriétaires des usines qui portent la responsabilité d'une négligence criminelle.  La résolution souligne la tension de plus en plus grande entre les syndicalistes, les groupes de défense des travailleuses et travailleurs et le gouvernement du Bangladesh sur la faiblesse des salaires et les mauvaises conditions de travail. Mais chose plus importante, la résolution demande instamment au gouvernement du Bangladesh d'enquêter sur la torture et le meurtre du militant des droits syndicaux Aminul Islam en avril 2012.

Les parlementaires européens ont également exprimé leurs regrets sur les démentis de certaines marques de vêtements publiés initialement sur leurs liens avec l'usine Tazreen. La résolution approuve l'accord sur la sécurité des bâtiments contre l'incendie au Bangladesh entre des syndicats, des ONG et des multinationales des détaillants du textile, et demande aux marques de vêtements de soutenir cet effort. Elle demande instamment à toutes les parties prenantes de combattre la corruption dans la chaîne d'approvisionnement, notamment la connivence entre les inspecteurs de la sécurité et les propriétaires d'usines.

Elle se félicite de la contribution de certains détaillants européens à des mécanismes d'indemnisation et demande la gratuité de la réhabilitation médicale des personnes blessées et la prise en compte de la situation des membres des familles dépendantes des travailleuses et travailleurs qui ont trouvé la mort. Elle demande à tous les partenaires, notamment à la Commission européenne, “de travailler ensemble à l'établissement d'une norme d'étiquetage volontaire certifiant qu'un produit a été fabriqué conformément aux normes fondamentales du travail de l’OIT”.

Elle demande à la Commission de promouvoir activement l'obligation d’une conduite responsable dans les affaires pour les entreprises de l'Union européenne qui mènent des activités à l'étranger, en insistant spécialement sur l'assurance du respect strict de toutes les obligations juridiques, notamment les normes et les règles internationales dans les domaines des droits de la personne, du travail et de l'environnement. En outre, la résolution demande l'institution d'une formation de responsables commerciaux de l'Union européenne sur les questions relatives à la RSE, et en particulier sur le respect de l'application du pacte mondial des Nations unies ‘Protect, Respect and Remedy’, et pour que les délégations de l'Union européenne servent de points de contact pour les plaintes concernant des entreprises de l'Union européenne et leurs filiales.

La résolution note le rôle important que peuvent jouer les travailleuses et travailleurs et les syndicats, par exemple dans la poursuite de l’établissement de comités de sécurité dirigés par des travailleuses et travailleurs dans toutes les usines, et sur l'importance pour les syndicats d’avoir accès aux usines pour former les travailleuses et travailleurs sur la protection de leurs droits et de leur sécurité, notamment leur droit de refuser un travail dangereux.