Les syndicats pakistanais demandent justice pour les travailleuses du textile

La Fédération nationale des syndicats (NTUF), affiliée à IndustriALL, et d’autres organisations de défense des droits du travail, ont déposé des recours contre les propriétaires de Ali Enterprises, l'usine de confection à Karachi où près de 300 travailleuses et travailleurs ont été tués dans un incendie dévastateur le 12 septembre 2012. (http://www.industriall-union.org/fr/horreur-au-pakistan-apres-la-mort-de-300-travailleurs). Étant donné qu'il s'agit d'une affaire de pertes de vies humaines, l’État a pris l'initiative d'une action judiciaire, et la NTUF et d'autres organisations ont déposé des recours, qui seront présentés à la Haute cour de justice (Sindh High Court).

M. Ashraf est intervenu, le 29 décembre, dans l'affaire concernant l'incendie de l'usine en s'adressant aux chefs d'entreprise de Karachi pour recommander l'abandon des chefs d’accusation de meurtre contre les propriétaires, les frères Arshad et Shahid Bhaila, maintenus en prison depuis septembre dans l'attente d'un procès. Deux semaines après les commentaires du Premier ministre, un haut responsable de la police a demandé au tribunal l'abandon des chefs d’accusation.

La décision concernant les chefs d'accusation est maintenant du domaine de la Haute cour de justice. Comme il y a des plaignants et des parties intéressées, la Cour doit entendre toutes les personnes ayant présenté des recours sur la question avant de rendre un jugement. Dans le cas où sous la pression, la Cour prononçait un jugement qui modifierait les chefs d’accusation, il serait encore possible de présenter des recours pour contester la décision de la Haute cour de justice devant une cour d'appel, ce que la NTUF et d’autres organisations de défense des droits du travail envisagent déjà.

Cinq cimentiers tués à Ambuja-Holcim en Inde

Sudha Bharadwaj, conseiller juridique du syndicat des travailleurs sous contrat PCSS a déclaré:

À l'annonce de l'accident, Shri Kalyan Singh Patel, secrétaire général du PCSS  a envoyé immédiatement deux membres (dont les noms ne sont pas divulgués pour leur protection) accompagnés d'un conseiller juridique sur le site. Depuis, personne ni aucun journaliste n’a eu la permission de se rendre dans l'usine. De lourdes forces de police ont été déployées et le percepteur et le commissaire de police, bien que présents sur le lieu, ne répondaient à aucun appel, et conduisaient seulement une enquête préliminaire sur la base d'entretiens avec des travailleurs, des cultivateurs d’Arjuni et de Bhadrapali, et les parents des travailleurs décédés. Une équipe conjointe d'enquête de plusieurs syndicats est prévue pour le 2 février, après quoi des renseignements complémentaires pourront être donnés.

Le PCSS a signalé que l'accident s'est produit entre 10h30 et 11h00 du matin le 31 janvier 2013. La trémie installée au 5ème étage s’est effondrée, et a traversé 4 étages. Pendant des heures, l’air était irrespirable et gorgé de poussières.

Les noms des cinq travailleurs décédés sont les suivants:
1. Roshan Verma, apprenti, Village Arjuni.
2. Poshan Verma, apprenti, Village Arjuni.
3. Suresh Shukla, travailleur permanent, Ambuja Colony.
4. Kamleshwar Singh, travailleur permanent, Village Bhadrapaali.
5. Durgesh, travailleur sous contrat, Village Saiha. Il avait été emmené à Raipur, mais a été ramené de Palari après avoir succombé à ses blessures.

La trémie avait une capacité de 170 tonnes, mais elle était surchargée, peut-être jusqu'à environ 300 tonnes. La trémie était dans un état de dégradation avancée, mais avait peut-être été plombée par le percepteur quand il a fait une inspection surprise il y a quelques mois.

Il n'y avait aucune protection contre l'incendie dans l'usine et aucun responsable n’avait été formé spécialement pour porter secours et faire face à cet accident. Pour les secours, il a fallu faire appel à du personnel formé à cette tâche dans la cimenterie proche de Ultratech.

L'entreprise avait arrosé d’eau la trémie, ce qui a créé les difficultés pour dégager les morts et les blessés recouverts par les débris.

Les travailleurs qui s'étaient précipités pour apporter leur aide ont reçu l'ordre de s'en aller.

Les membres des familles n'ont pas eu le droit de se rendre sur le lieu de l'accident et n’ont pas pu voir les corps des travailleurs décédés.

Le percepteur et le commissaire de police qui se trouveraient à l’intérieur de l'usine ne recevaient aucun appel téléphonique.

Les journalistes n'ont pas eu le droit de pénétrer dans l'usine.

Les villageois d’Arjuni et de Bhadrapaali qui s'étaient rassemblés aux portes ont demandé de pouvoir entrer. Un jeune qui cherchait à escalader la porte d'entrée a été sévèrement battu par les gardes de sécurité de l'entreprise. Voyant cela, les villageois se sont agités et ont commencé à crier des slogans. Ils ont été dispersés par la force. Il est clair que malgré les bons bénéfices réalisés, l'entreprise cherche clairement à réduire les frais de maintenance et les salaires.

Des travailleurs d’Electrolux en Thaïlande se battent contre leur licenciement

Depuis que IndustriALL a rendu compte, le 11 janvier, de la détention suivie d’une mise à pied massive de plus d'une centaine de travailleurs et travailleuses à l'usine Electrolux qui fabrique des machines à laver à Rayong, Thaïlande, les travailleurs et travailleuses se sont rassemblés devant le palais du gouverneur à Bangkok, les bureaux du Premier ministre et des ministres du gouvernement, et ces rassemblements se sont poursuivis jusqu'au 31 janvier 2013. Le syndicat a également mené une puissante campagne médiatique pour obtenir leur réintégration.

Dans une lettre au secrétaire général Raina de IndustriALL, Electrolux fait porter la responsabilité du conflit sur les salariés, ce qui est absurde, en affirmant que l'entreprise est “particulièrement intéressée à maintenir de bonnes relations avec ses salariés et avec les syndicats”, en contraste flagrant avec la situation dans l'usine de machines à laver à Rayong.

Le 25 janvier, le syndicat d’Electrolux s'est rendu avec l'affilié de IndustriALL, TEAM, au siège d’Electrolux à Bangkok pour demander la réintégration des personnes mises à pied. Une réunion a eu lieu avec la direction de Bangkok qui a déclaré ne pas être impliquée dans le conflit du travail à Rayong, seulement pour la question des ventes.

Les 25 et 26 février, l'affilié suédois IF Metall et le représentant syndical siégeant au conseil d'administration d’Electrolux se rendront sur le site de fabrication à Rayong pour rencontrer le syndicat et la direction locale en tant que membres de la commission de contrôle de l'application de l’ACM. “La direction affirme vouloir rétablir des relations normales entre l'entreprise et le syndicat, mais cela n'aura pas lieu avant la réintégration de tous les membres du personnel mis à pied et des membres du syndicat”, a déclaré Erik Andersson de IF Metall.

Depuis la création du syndicat en février 2011, la direction locale a ignoré chaque fois les droits fondamentaux du syndicat. En 2012, Electrolux a même postulé et reçu une distinction du gouvernement thaïlandais pour “la meilleure entreprise dans la catégorie des lieux de travail sans présence syndicale en 2012”. L'usine a la capacité de fabriquer plus d'un million de machines à laver par an.

Prenant la parole à la manifestation organisée à Bangkok le 31 janvier, le président du syndicat d’Electrolux, Phaiwan Metha, a affirmé: “Electrolux doit respecter nos droits syndicaux en employant les mêmes pratiques d'entreprise qu’en Suède”. IndustriALL a remis un message de solidarité aux travailleurs et travailleuses.

Les travailleurs et travailleuses qui ont organisé les rassemblements manifesteront le 1er février devant l'ambassade de Suède à Bangkok.

Les travailleurs du papier célèbrent des victoires en Indonésie

Au début de l’année, le syndicat Kimberly Clark d’Indonésie (SPKCI), un syndicat né le 23 janvier 2012 qui a juste un an d’existence et représente les travailleurs et travailleuses de PT Kimberly Clark d’Indonésie à Cikarang, Java occidental, a pris contact avec la direction de l’entreprise en demandant de commencer à négocier des hausses salariales en 2013.

Malheureusement, les négociations ont abouti à une impasse et le SPKCI a annoncé trois jours de grève du 28 au 30 janvier 2013. La décision du syndicat a reçu un grand soutien de la main-d’œuvre de l’entreprise mais également de l’extérieur. Le syndicat a reçu un soutien solidaire de la Confédération nationale des syndicats (KSN) ainsi que de IndustriALL Global Union et son affilié, la Fédération suédoise des ouvriers de l’industrie du papier (Pappers).

Les employeurs, qui avaient tout d'abord rejeté les revendications syndicales, ont invité les représentants du SPKCI à reprendre les négociations, et ont accepté les revendications portant sur une hausse salariale de 30 pour cent. Le syndicat a ensuite annulé l'ordre de grève. Le SPKCI se prépare actuellement à négocier sa première convention collective. L'une des principales revendications du syndicat, qui représente 500 membres parmi lesquels 300 ont un contrat d’emploi temporaire, est de transformer tous les emplois temporaires en emplois permanents.

Une autre victoire est célébrée par le syndicat des travailleurs de Pindo Deli Paper (SPKPD), affilié également à IndustriALL par le biais de la FSP2KI. Les revendications du syndicat portaient sur des salaires justes pour les travailleurs et travailleuses de l'entreprise papetière PT. Pindo Deli Mills Karawang, située en Indonésie dans le Java occidental.

Quand les négociations entre les parties, qui ont duré du 20 décembre 2012 au 10 janvier 2013, ont abouti à une impasse, le syndicat a annoncé une grève du 28 janvier au 28 février 2013. Après la publication du préavis de grève, l'entreprise a tenté d'intimider le personnel en affirmant que la grève était illégale. La direction de l'entreprise a également employé des tactiques d'intimidation contre les travailleurs et travailleuses, en faisant appel à l'armée et à la police pour déjouer la grève.

La solidarité syndicale, la résistance et l'engagement ont finalement obtenu des résultats, et l'employeur a cédé face aux revendications du SPKPD, ce qui a mis fin à la grève. Dans leur message, le syndicat des travailleurs de Pindo Deli Paper et les syndicats de la fédération des travailleurs du papier et de la pâte à papier (FSP2KI) ont prodigué des remerciements pour le soutien obtenu de la part de IndustriALL Global Union, de Pappers, de Unite the Union, du syndicat des travailleurs de l'acier et de tout le réseau des syndicats internationaux qui ont accordé leur soutien au SPKPD et à la FSP2KI.

La Cour suprême du Mexique statue injustement contre le SME

Après une tentative impitoyable d'écraser le SME, le plus ancien syndicat démocratique au Mexique, le président sortant Felipe Calderón avait signé un décret-loi pour fermer l'entreprise d'intérêt collectif Luz y Fuerza del Centro (LyFC) dans la nuit du 10 octobre 2009, en licenciant les 44.000 travailleurs et travailleuses qui formaient l'ensemble du personnel. Depuis lors, le syndicat des électriciens s'est battu pour que ces travailleurs et travailleuses retrouvent leurs emplois. Il reste 16.599 salariés de LyFC, membres du SME, qui continuent de résister et refusent d'abandonner la lutte pour leur réintégration. Leur intégrité et leur dignité leur ont permis d'obtenir un très grand soutien du public au Mexique et dans le monde.

La décision prise le 30 janvier dernier par la Cour suprême est un coup très dur pour le SME car il met en pièces le grand espoir des membres du SME qui croyaient pouvoir retrouver finalement leurs emplois. Il s'agit d'un point fort de leur lutte, après plus de trois ans de mobilisation et de recours à toutes les procédures juridiques possibles, notamment par le biais de l’ALÉNA. Le long processus juridique a permis de remporter des victoires quand les membres du SME ont été considérés comme ayant été injustement licenciés et que la responsabilité de leurs réintégration incombait maintenant à la Comisión Federal de Electricidad (CFE) en tant qu’employeur de remplacement.   

Le gouvernement Calderón avait fait accomplir les activités au jour le jour de LyFC par la CFE, la plus grande entreprise d'intérêt collectif du pays, en sous-traitant le travail à une main-d'œuvre non qualifiée, mettant ainsi en danger la vie de beaucoup de travailleurs et travailleuses. Des niveaux records d'accidents ont été enregistrés depuis lors.

Le 30 janvier à Mexico DF, la deuxième chambre de la Cour suprême a rejeté la décision de la cour d'appel en indiquant que la responsabilité de l'employeur pour le personnel de LyFC n’incombait pas au président mexicain du fait que l'entreprise était “décentralisée”. Cette interprétation injuste signifie à son tour que la CFE n’a pas l’obligation de réemployer le personnel licencié.

Le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, s’est joint aux personnes qui font parvenir l’opinion juridique d'une tierce partie, "amicus curiae", à la Cour pour soutenir les travailleurs et travailleuses membres du SME.

Le secrétaire général du SME, Martín Esparza, a affirmé que le syndicat avait la ferme intention de poursuivre la campagne pour un règlement juste et d'en appeler aux tribunaux internationaux (notamment la cour interaméricaine des droits de l’homme à Washington) pour chercher à obtenir une solution pour les membres du syndicat. Les électriciens manifesteront le 31 janvier, en défilant du monument de l’Ange de l’indépendance jusqu'à la grande place Zocalo dans la capitale Mexico DF.

Les syndicats avaient espéré au Mexique et dans le monde que le changement de président le 1er décembre 2012 allait mettre fin aux exactions antisyndicales de l'ordre néolibéral établi dans le pays. Cet espoir commence déjà à s'effriter avec la volonté du président Enrique Peña Nieto de ralentir l’action contre l'injustice ou de gêner les intérêts du monde des affaires et de ne pas créer d'obstacles aux marchés.

Le SME continuera de se battre pour un règlement, malgré la déception de ce revers, et ses revendications seront prises en compte par les affiliés de IndustriALL au cours des prochaines journées d'action pour le Mexique du 18 au 24 février.

Hausse des effectifs syndicaux chez IG Metall et Unite

Unite a annoncé le 30 janvier que ses effectifs avaient augmenté de plus de 50.000 membres en 2012, malgré une récession qui dépasse les 10 % et l'attitude antisyndicale du gouvernement au Royaume-Uni.

Malgré les réductions de personnel dans le secteur public, les privatisations et les politiques antisyndicales du gouvernement, Unite a gagné de nouveaux d'adhérent(e)s dans le personnel des autobus, des autocars et des transbordeurs; dans l'industrie automobile et sa chaîne d'approvisionnement; dans les industries aérospatiales; dans les commerces d’alimentation et de boissons dont le recrutement repose surtout sur des agences d'emploi privées, ainsi que dans le secteur public.

Len McCluskey, secrétaire général de Unite, a déclaré: “Unite s'est trouvé au premier rang pour défendre les intérêts des travailleurs et travailleuses contre les politiques cruelles du gouvernement dans les domaines économique et social”.  McCluskey affirme que le syndicat continuera de porter son attention à la syndicalisation en 2013. Unite a 1,5 million de membres.

En Allemagne, IG Metall a annoncé, le 22 janvier 2013, une augmentation du nombre de membres pour la deuxième année consécutive, cette fois-ci de 18.000. Il est important de constater que le nombre de jeunes parmi les membres a augmenté de 4,5 pour cent et que le syndicat a maintenant 223.000 membres âgés de moins de 27 ans.

IG Metall affirme que cette croissance est le résultat d'une stratégie de participation active des membres à la négociation collective pour les accords d'entreprise. Le syndicat se sert de sa force dans la négociation pour aborder des questions telles que la limitation de l’embauche de personnel fourni par des agences d'emploi privées.

“Il faut empêcher, quel qu'en soit le coût, la croissance dans le secteur à bas salaires”, a déclaré Berthold Huber, président de IG Metall, en rappelant qu'actuellement, un salarié sur quatre occupe un emploi précaire en Allemagne.  

Avec 2.263.707 membres, IG-Metall confirme sa place de plus grande organisation syndicale en Allemagne.

Des pratiques antisyndicales déclarées illégales à Kaluga, Russie

Le syndicat interrégional des travailleurs de l’automobile (ITUA), affilié à IndustriALL et également à la confédération du travail de Russie (KTR), a demandé à la KTR de s’enquérir auprès du Bureau du Procureur de la légalité des actions de Peugeot-Citroën à Kaluga, Russie.

Auparavant, l'entreprise avait apposé une affiche sur le parking de l'usine, pour annoncer que ‘la distribution de tracts, ainsi que toute autre activité publique, était interdite sur le parking’. En conséquence, quand les organisateurs de l’ITUA ont commencé à distribuer des tracts syndicaux aux travailleurs et travailleuses quittant l'usine après leur service, les gardes de sécurité les ont malmenés et détenus un certain temps sur le parking.

L’ITUA a porté plainte à la police locale, mais également auprès de l’instance syndicale supérieure, la KTR, pour qu'elle demande au Bureau du Procureur si cet affichage était vraiment légal.

Le Bureau du Procureur a répondu que les actions de la direction étaient illégales et que la direction n'a pas le droit d'interdire des activités publiques dans l'enceinte de l'usine du fait qu'elles sont garanties par la législation russe.

La plainte concernant le fait que les organisateurs de l’ITUA avaient été malmenés a été transférée aux service de police de la ville de Kaluga.

L’ITUA est très présente dans le conglomérat industriel de Kaluga, avec des conventions collectives signées avec Volkswagen et Benteler, un équipementier de VW.

Une marque de luxe recalée sur les droits syndicaux en Turquie

Ismaco Amsterdam B.V. est une entreprise néerlandaise qui fabrique des chemises de luxe pour la marque Ermenegildo Zegna connue dans le monde entier. L'entreprise possède des installations de production en Espagne, en Suisse, au Mexique, en Chine et en Turquie. Elle est située en Turquie dans la zone franche de Tuzla, Istanbul, où elle emploie environ 370 salariés. L'usine turque d’Ismaco produit 600.000 articles par an, ce qui correspond à 65 pour cent des chemises portant la marque Ermenegildo Zegna.

Vers la fin de 2012, les membres du personnel d’Ismaco ont décidé d'adhérer à l'affilié turc de IndustriALL Global Union, Deri-Is, car l'entreprise n'avait pas augmenté les salaires au cours des trois dernières années, les conditions de travail avaient empiré et des politiques de discrimination et de violence étaient utilisées contre la main-d'œuvre.

Quand la direction de l'entreprise a pris connaissance des tentatives de syndicalisation dans l'usine, les cadres ont commencé à contacter individuellement les travailleuses et travailleurs pour les forcer à démissionner de Deri-Is ou à ne pas y adhérer. La direction d’Ismaco a alors adressé des menaces et cherché à intimider les membres qui avaient lancé cette campagne de syndicalisation, pour finalement mettre à pied, le 18 décembre 2012, les membres du syndicat Cengiz Taşkesen, Fikriye Akgül et Öznur Fazlıoğlu, puis le 8 janvier 2013, Munevver Uyar.

Envoyez à l'entreprise votre lettre de protestation qui se trouve sur cette page pour soutenir les syndicalistes mis à pied qui restent rassemblés sous une tente devant la zone franche malgré un hiver glacial, du fait qu'ils ne sont pas autorisés à entrer dans les bâtiments. Trois des quatre personnes mises à pied sont des femmes et la quatrième est un homme handicapé.

Le directeur de l'entreprise, Francesco Lasorte, a rassemblé tous les travailleurs et travailleuses le 19 décembre pour déclarer que les membres du personnel n'avaient pas besoin d’un syndicat, et annoncer quelques augmentations salariales, une prime forfaitaire unique et l'organisation d'activités sociales, ainsi que l'établissement d'un système truqué de représentation des salariés pour tenter d'empêcher la campagne de syndicalisation dans l'entreprise.

Le 25 décembre, les cadres d’Ismaco ont forcé tous les travailleurs et travailleuses à signer un document qui précisait que “nous ne voulons pas de syndicat dans notre usine”. Les cadres ont tenté de discréditer le syndicat en faisant courir des bruits sur un lien de Deri-Is avec des groupes illégaux, qui ferait considérer comme terroriste toute personne adhérant au syndicat.

Deri-Is fait activement campagne au nom des travailleurs et travailleuses et a obtenu le soutien de la collectivité, de syndicats et d'ONG. Ses revendications sont les suivantes:

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, a déclaré: “Les chemises Ermenegildo sont vendues à un prix très élevé dans de grandes galeries marchandes, mais l'entreprise est loin de respecter les droits fondamentaux de ses salariés. Cette situation n'est pas à acceptable et notre famille syndicale mondiale poursuivra sa campagne jusqu'à obtenir une amélioration de la situation à l'usine d’Ismaco en Turquie”.

Vote en faveur de la grève chez Carbones de Cerrejón

Après la date limite de la fin des négociations pour une nouvelle convention collective qui avait été fixée au 19 janvier, le syndicat a fait procéder à un vote sur la question.

Le vote s’est terminé le 29 janvier et 96,7 pour cent ont voté en faveur de la grève pour mettre fin au conflit du travail qui avait commencé le 29 novembre. Le syndicat a constitué un comité de grève composé de membres du comité de négociation et du comité exécutif national de Sintracarbón. La grève commencera entre le 1er et le 9 février.

Le syndicat a déclaré attendre une nouvelle proposition de l'entreprise pour la présenter à tous les membres du syndicat employés à la mine. Il espère que Carbones de Cerrejón reconnaîtra la contribution aux bénéfices de l'entreprise des 12.000 salariés employés directement et indirectement . Il s’agit de la mine de charbon la plus rentable en Colombie.

IndustriALL Global Union a écrit au président colombien, Juan Manuel Santos, il y a deux semaines, pour exprimer sa solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Cerrejón et exiger la fin des menaces contre les dirigeants syndicaux et une solution juste au conflit.

Les mineurs chiliens de Minera Escondida obtiennent des millions de pesos en primes

Les membres du syndicat de Minera Escondida, entreprise contrôlée par BHP-Billiton, la plus grande mine de cuivre au monde, ont voté par 59,9 pour cent en faveur de l'offre de l'entreprise, et ce, avant la date limite fixée juridiquement.

Les primes comprennent un prêt sans intérêt de 3,7 millions de pesos, une prime de 4 millions de pesos pour "changement d'équipe postée" de 4×4 à 7×7, une prime de 2,3 millions de pesos de résolution du conflit, une prime de 6,3 millions de pesos pour les "conditions du marché” et une prime de 6,7 millions de pesos pour règlement avant terme de l'accord.

L'accord comporte également une hausse de 5 pour cent du salaire réel et une augmentation trimestrielle et mensuelle des primes de rendement.

La nouvelle convention collective sera en vigueur pendant quatre ans à partir de juillet 2013. La convention précédente avait une durée de 44 mois.

L'ampleur de la prime de 23 millions a eu un impact important sur l'opinion publique. Marcelo Tapia, président du syndicat n°1, dit comprendre le ressentiment dans l'opinion publique, tout en ajoutant que le problème réel concerne les employeurs chiliens qui sont généralement réticents à partager leurs bénéfices avec leurs salariés.

La production de Minera Escondida où Rio Tinto a une participation de 30 pour cent, s'est accrue de 70 pour cent au cours du second trimestre de 2012 (221.900 tonnes) par rapport au second trimestre de 2011 (130.300 tonnes). La mine se prépare à accroître sa production de 20 pour cent supplémentaires en 2013.