Nouvelle vague d’agitation en Tunisie

Sous la conduite de l’UGTT, des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés le 7 février dans un Tunis endeuillé par la mort du dirigeant de l’opposition Chokri Belaïd. La grève générale avait immobilisé la ville.

Tué par balles le 6 février en sortant de son domicile, Chokri Belaïd était un critique qui n’a jamais hésité à dénoncer le régime de Ben Ali, un opposant de gauche, un syndicaliste et un avocat. L’UGTT demande aux autorités de mener une enquête approfondie sur ce crime et de faire comparaître devant la justice la personne responsable.

“Plus d’un million de gens ont pris part à la manifestation suivie d’un appel à la grève générale par notre confédération”, a déclaré Tahar Berberi, secrétaire général de la fédération UGTT de la métallurgie et de l’électronique, affiliée à IndustriALL Global Union. “La situation politique en Tunisie est actuellement très difficile, notamment avec la décision du gouvernement de former un nouveau cabinet constitué de technocrates sans attaches politiques”, a-t-il poursuivi.

La grève générale décidée par l’UGTT a pour objectif principal d’assurer une transition pacifique vers la démocratie en Tunisie. Quand le chômage atteint des taux alarmants et à quelques mois seulement de la date fixée en Tunisie pour la nouvelle constitution et une date pour les élections, cette tragédie a mis le pays en état de choc.

“IndustriALL Global Union accorde son soutien total à l’UGTT qui a joué un rôle central sur la voie menant à une réelle démocratie et à la justice sociale en Tunisie”, a dit Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL.

Les affiliés font bon accueil au nouveau bureau régional de IndustriALL à Singapour

Les affiliés qui assistaient à une réunion de stratégie et de direction à Tembeling Centre 03-07, qui est également l'adresse du nouveau bureau, ont déterminé le calendrier de plusieurs événements importants qui auront lieu à Singapour en avril 2013.

L'économie de Singapour dépend beaucoup de l'exportation de produits manufacturés, notamment dans l’aérospatiale, l’électronique, les technologies de l'information, la pharmacie et la construction navale. Environ 19 pour de sa main-d'œuvre totale est employée dans la fabrication industrielle qui représente un peu plus de 27 pour cent du produit intérieur brut. La centrale nationale des syndicats (NTUC) est la seule centrale nationale à Singapour avec 61 affiliés et plus de 600.000 membres. Les syndicats affiliés à IndustriALL couvrent tous les secteurs de la fabrication industrielle.

En plus de la présentation de IndustriALL Global Union nouvellement formé aux affiliés lors de la réunion, les dirigeants ont également examiné la façon d'améliorer l’interaction entre le nouveau bureau et les affiliés. Ces discussions ont porté sur la formation et les échanges éducatifs, mais également sur l'amélioration des communications et sur la façon de renforcer  l'image de IndustriALL à Singapour. Dans ce but, la secrétaire régionale de IndustriALL, Annie Adviento, et le responsable régional de IndustriALL, Vonny Diananto, assisteront à la réunion du comité exécutif de chaque affilié pour améliorer les connaissances locales sur les activités de IndustriALL.

Rob Johnston, directeur exécutif à IndustriALL, a informé les participant(e)s “sur le fait qu'il est important que IndustriALL renforce son image dans la région Asie-Pacifique. La région devient rapidement le centre de la fabrication industrielle de l'économie mondiale. Notre bureau doit pouvoir déterminer la place tenue par nos affiliés dans cette région pour que notre programme de travail reflète les besoins nécessaires”.

La réunion à Singapour fait suite à plusieurs autres forums de direction qui ont eu lieu dans la région Asie-Pacifique, au cours desquels les affiliés, qui appartenaient à l’origine aux partenaires qui ont fusionné, ont développé des stratégies sur la manière de travailler ensemble dans l'organisation syndicale nouvellement formée IndustriALL Global Union. Jusqu'à présent, les forums ont été organisés en Indonésie, aux Philippines et en Thaïlande. L'approche adoptée dans chacun de ces forums était différente en raison de la culture locale, bien que le résultat a toujours été le même: une forte volonté de mettre sur pied IndustriALL au niveau national. Les affiliés ont également décidé à Singapour de chercher à obtenir une meilleure coordination entre eux et de renforcer leur participation aux activités de IndustriALL.

Un défi commun auquel sont confrontés les syndicats locaux est le ralentissement des exportations de produits manufacturés en raison de la faiblesse de la demande européenne. Les syndicats ont donc décidé de coordonner sous la bannière de la NTUC leur réponse à un livre blanc sujet à controverse sur la population, publié récemment par le gouvernement.  Le livre blanc comporte un certain nombre de domaines clés qui détermineront l’approche du gouvernement sur des questions telles que le nombre de travailleurs étrangers, l’infrastructure, l’éducation et les compétences pour la période 2020-2030, qui auront toutes un impact sur l’avenir de la fabrication industrielle dans le pays. Les affiliés de IndustriALL paraissent bien placés pour exercer une influence dans le débat qui a lieu actuellement avec plusieurs de ses dirigeants également membre d’organes consultatifs tripartites. 

Les coordonnées du nouveau bureau à Singapour sont les suivantes:

IndustriALL South East Asia Office
252 Tembeling Road
03-07 Tembeling Centre
Singapour 423731
Téléphone : +65-63 46 4303
Télécopie : +65-63 46 4304
Courriel: [email protected]

Dire à PKC de réintégrer les travailleurs au Mexique

PKC a mis à pied plus de 100 activistes syndicaux dont tous les membres du comité syndical en décembre 2012 pour avoir fait campagne pour l’élection d’un syndicat indépendant, le syndicat national des mineurs et des métallurgistes (connu du nom de “Los Mineros”), dans les usines de PKC à Ciudad Acuña, Mexique.

Dix dirigeant(e)s syndicaux/ales mis à pied ont refusé d’accepter leur indemnité de licenciement et se battent pour obtenir leur réintégration avec un autre dirigeant syndical licencié avril 2012, et le droit d’être représentés par un syndicat élu démocratiquement dans l’usine.

Vous pouvez soutenir ces travailleurs et travailleuses en envoyant un message à PKC en Finlande par le biais de LabourStart ici.

Les travailleurs et travailleuses veulent être représentés par Los Mineros et obtenir une hausse des salaires (la plupart gagnent 55 USD par semaine), une amélioration des conditions de santé et de sécurité, et la fin d’un traitement arbitraire et du harcèlement sexuel.

PKC a refusé de négocier avec Los Mineros, préférant signer un contrat avec un autre syndicat (CTM), contrôlé et financé par l’entreprise. Malgré des menaces et des tentatives d’intimidation, Los Mineros a perdu de justesse l’élection en octobre, et organise actuellement une nouvelle élection.

Les travailleurs et travailleuses exigent la réintégration et la représentation démocratique des personnes suivantes: Alejandro Ojeda Ramírez, María de la Paz Calvillo Solano, Javier Díaz Gómez, Ana Maria Méndez Pacheco, Josefina Martínez Hernández, Rodolfo Luna Martínez, Encarnación Escobedo Muñoz, Sergio Hernández García, Jesús Rogaciano Ibarra Quintero, and Gerardo Hinojosa Morales et Juan Carlos Palomino Cansigno qui ont été mis à pied en avril 2012.

En janvier, ces dirigeant(e)s mis à pied ont fait une grève de la faim pendant une semaine devant l’usine, et ont mis fin à cette action quand le Comité fédéral du travail a fait savoir à l’entreprise qu’il organiserait une audition à partir du 30 janvier en vue d’une nouvelle élection.

PKC a acquis en 2011 un ensemble d’usines à Ciudad Acuña, Mexique, où environ 5.500 travailleurs et travailleuses fabriquent des câblages électriques pour le marché de l’automobile nord-américain. En 2009, un groupe de travailleurs et travailleuses soutenu par Los Mineros avait entrepris de faire campagne pour obtenir un contrat syndical.

Quand Los Mineros a pris contact avec l’entreprise, en novembre 2011, pour négocier ce contrat, il a essuyé un refus au prétexte que l’entreprise avait déjà signé un contrat trois mois auparavant avec un autre syndicat, le CTM. Les membres du personnel entendaient pour la première fois parler du CTM ou de son contrat.  

La pratique en vigueur dans les entreprises de signer des contrats favorables à des syndicats qu’elles contrôlent – connus du nom de “contrats de protection” – est d’usage courant au Mexique pour empêcher une syndicalisation démocratique du personnel.

Les infractions aux droits syndicaux chez PKC sont mis en évidence par IndustriALL Global Union et LabourStart au cours des Journées mondiales d’action pour le Mexique en 2013. Cette année, du 18 au 24 février, les travailleurs et travailleuses syndiqué(e)s partout dans le monde adressent des pétitions aux entreprises, se rendent dans les ambassades du Mexique et envoient des messages de solidarité aux travailleurs et travailleuses au Mexique.

Joignez-vous à la campagne et engagez-vous dans la  campagne de LabourStart pour envoyer un message de protestation à Matti Hyytiäinen, président et directeur général de PKC en Finlande.

Pour en savoir davantage sur la campagne concernant les droits syndicaux au Mexique, se rendre sur: www.industriall-union.org/mexico-campaign

Grève chez Cerrejón en Colombie

Après l’expiration des négociations sans accord, 98 pour cent des membres du personnel  de Carbones del Cerrejón, syndiqués à Sintracarbón, ont voté en faveur de la grève.

Le syndicat Sintracarbón, affilié à IndustriALL, a négocié une liste de revendications depuis la fin de l’année dernière avec les sociétés transnationales BHP Billiton, Xstrata et Anglo American.

Avec plus de 50 millions de membres dans le monde, IndustriALL a suivi ces négociations, soutenu les travailleurs et travailleuses et demandé aux entreprises d’accepter immédiatement leurs revendications légitimes.

À l’annonce de la décision de faire grève, le Conseil national de IndustriALL en Colombie a organisé une réunion au campement temporaire des travailleurs pour permettre aux syndicats affiliés de montrer leur solidarité par un soutien aux grévistes. Dans une visioconférence, le secrétaire général adjoint, Fernando Lopes,  a réaffirmé la décision de IndustriALL de soutenir la grève au niveau mondial.

Outre l’appel lancé pour améliorer les conditions de travail des salariés directement employés par Carbones del Cerrejón, Sintracarbón a pris la tête du combat en faveur de l’extension de la liberté syndicale et des droits à la négociation collective et à la grève aux travailleurs et travailleuses en sous-traitance. Il apporte également une aide pour l’organisation de comités civiques chargés de défendre les ressources en eau de la région et pour soutenir une série de luttes communautaires dans le département de Guajira, au nord du pays.

60.000 travailleurs manifestent dans les rues de Mexico

Les 60.000 personnes qui s’étaient mobilisées ont dénoncé l’injustice du jugement rendu par la Cour suprême du pays, le 30 janvier, contre le plus ancien syndicat démocratique du Mexique, le syndicat mexicain des électriciens (SME). Cette décision rejette le jugement de la Cour d'appel prononcé conformément à la législation nationale du travail qui implique clairement la responsabilité patronale d'une entreprise chargée de mener des activités pour le compte d’une autre entreprise, comme ce fut le cas pour des membres du SME. Il est difficile d'interpréter ce jugement injuste de la Cour suprême, contraire à la législation mexicaine, sinon comme un effort entrepris par l'élite au pouvoir pour mettre à bas le syndicat des électriciens (SME): http://www.industriall-union.org/mexicos-supreme-court-unfairly-rules-against-sme.

Dans une allocution prononcée lors de la manifestation qui a atteint son apogée sur la Plaza Zócalo, le secrétaire général du SME, Martín Esparza, a demandé aux manifestants s’ils acceptaient la décision de la Cour suprême et tiraient un trait sur leurs trois années de lutte pour leur réintégration. La foule a répondu par un “NON” massif  et unanime.

La pression commence à s'exercer sur le nouveau président Enrique Peña Nieto pour empêcher que son parti, le PRI, qui a pris en main le gouvernement, continue d'appliquer la politique répressive du gouvernement précédent du parti PAN pour réprimer les mouvements sociaux au nom de l'ordre établi.

Un appel identique pour obtenir des changements a été lancé dans une lettre au président du Mexique, envoyée le 6 février 2013 par la Confédération syndicale internationale (CSI) et tous les syndicats mondiaux.

Le terrain est préparé pour les fortes journées mondiales d'action pour les droits des travailleurs et travailleuses au Mexique qui auront lieu du 18 au 24 février. Les affiliés de IndustriALL Global Union dans le monde se joignent aux syndicalistes des autres secteurs pour manifester l’indignation internationale contre des pratiques antisyndicale concertées au Mexique.

L'action unifiée au Mexique sera menée par tous les syndicats nationaux démocratiques avec le soutien de leurs collègues internationaux. Parmi les actions entreprises, il y aura une conférence de presse conjointe, un rassemblement public, des visites d'ambassades, une caravane de solidarité, une marche silencieuse de commémoration à la mémoire des victimes de Pasta de Conchos, et un défilé de grande envergure dans la capitale.

L'alliance de solidarité tri-nationale des syndicats au Canada, au Mexique et aux États-Unis joue un rôle déterminant dans les activités prévues à Austin, Boston, Chicago, Denver, Detroit, Houston, Indianapolis, Kansas City, Los Angeles, Miami, Montréal, la Nouvelle-Orléans, New York, Ottawa, Portland, Raleigh, Seattle, Tucson, Vancouver et Washington DC. 

Unite the Union au Royaume-Uni organise une réunion publique le 20 février avec le TUC et d'autres groupes.

Prendre connaissance ici de la lettre conjointe en date du 6 février, envoyée au président Enrique Peña Nieto par la Confédération syndicale internationale (CSI) et toutes les fédérations syndicales internationales.

Les quatre revendications principales des journées mondiales d'action 2013 sont les suivantes:

Engagez-vous, entreprenez une action et suivez la campagne sur le site de IndustriALL ici. Vous y trouverez du matériel de campagne, de nouvelles vidéos, et de nouvelles façons d'entreprendre une action pour soutenir la campagne au cours des prochaines semaines.

www.industriall-union.org/mexico-campaign

Les travailleurs de Maruti Suzuki mis à pied font face à la répression de l’État

Après le violent incident qui a eu lieu le 18 juillet 2012, au cours duquel un cadre de l'usine Manesar de Maruti Suzuki India Limited (MSIL) a été tué, les travailleurs font face a une recrudescence de la répression de l'État. Actuellement, 147 salariés dont tous les membres du bureau du syndicat des travailleurs de Maruti Suzuki (MSWU) (enregistré sous le no 1923) sont emprisonnés pour plus de six mois sans possibilité de mise en liberté provisoire sous caution. En outre, des mandats d'arrestation sans possibilité de mise en liberté provisoire sous caution ont été délivrés contre 66 autres salariés.  En réponse aux incidents du 18 juillet, la direction de MSIL a mis fin aux contrats de 546 salariés ayant un emploi régulier et de près de 2.300 contractuels.

Le combat est mené du côté des travailleurs par un comité provisoire de travail du fait que le MSWU n'est plus enregistré et que tous les membres de son bureau sont à la prison centrale de Gurgaon. Le combat a pris des formes diverses, comme par exemple des rassemblements, des manifestations entre tous les districts de Haryana et de Delhi, des grèves de la faim massives. Le MSWU et le PWC ont également cherché à encourager la solidarité avec les travailleurs sous contrat dans l’ensemble de la ceinture industrielle du NCR avec une convention des travailleurs de l'automobile qui s’est récemment chargée d’organiser un rassemblement pour la justice couvrant tous les districts de Haryana, qui a eu son apogée dans une manifestation massive de plus de 5.000 personnes à Rohtak le 27 janvier 2013. Le MSWU a fait état de l'arrestation par la police et les agents du renseignement de tout activiste prenant la tête de la contestation. Par voie de conséquence, les travailleurs vivent dans une psychose de peur et craignent de se mobiliser ouvertement.

Le secrétaire politique du chef de l'exécutif de Haryana a assuré les manifestants que le chef de l'exécutif les rencontrera le 13 février pour discuter des questions qui les concernent.

Dans cette situation critique, le MSWU a annoncé l'organisation de la journée solidarité panindienne d'action de solidarité le 5 février 2013 à Jantar Mantar, New Delhi. Environ 150 représentant(e)s de 23 organisations panindiennes, dont des syndicats ouvriers, des syndicats d'étudiants et des organisations de défense des droits de la personne ont participé à la manifestation de solidarité. Des mémorandums ont été présentés aux représentants locaux élus et à Bhupinder Hooda, chef de l'exécutif, Haryana.

Les revendications du MSWU portent sur les points suivants: 

Foxconn prévoit des élections syndicales en Chine

Selon  un rapport publié récemment dans le Financial Times, Foxconn s'apprêterait, pour la première fois, à organiser en Chine des élections pour avoir un syndicat représentatif. Ces élections devraient avoir lieu d'ici juillet 2013 pour obtenir une représentation élargie de salariés jeunes, sans aucune intervention de la direction. L'entreprise est décidée à avoir une élection à bulletins secrets pour la désignation d'un(e) président(e) est de 20 membres de sa fédération du comité syndical du travail tous les cinq ans.

Le rapport prévoit également que Foxconn avec l'aide de l'organisation américaine Fair Labor Association (FLA) (http://www.fairlabor.org), formera sa main-d'œuvre chinoise sur l'organisation d'un scrutin pour désigner des représentant(e)s. Auparavant, en février 2012, FLA avait lancé une enquête sur les conditions de travail chez Foxconn. Le rapport de l'enquête a mis en évidence des pratiques de travail douteuses et a proposé des actions en vue de remédier à la situation. Le rapport a trouvé que la majorité des travailleurs et travailleuses n’était pas au courant de l’existence de comités de santé et de sécurité dans les usines et d’une représentation de la main-d'œuvre dans les organes de décision. La direction avait l'habitude de désigner des agents de maîtrise ou des cadres comme candidats à l'élection, ce qui fait que les comités étaient dominés par des représentants de la direction.

Le rapport montre que Foxconn a approuvé une participation plus forte des travailleurs et travailleuses dans les comités et autres structures syndicales, conformément à la législation syndicale en Chine pour réaliser des élections sans interférence de la direction.  En outre, tous les travailleurs et travailleuses recevront un exemplaire du texte de la négociation collective ainsi que chaque nouveau salarié durant son processus d’introduction et d’adaptation au travail. 

Cependant, même après cet engagement exprimé en mars 2012 et la prise d’une mesure de correction, il y encore eu des incidents avec émeutes et pratiques déloyales de travail. Après une période aussi longue, la façon d'appliquer cet engagement n'est pas claire, de même que la transparence dans ce processus et le pourcentage de dirigeants syndicaux élus démocratiquement par leurs collègues de travail. Et ce qui est encore plus important, c'est que l'efficacité du syndicat représentatif dépend également de la protection juridique des représentants élus à tous les niveaux.

Selon Geoff Crothall, porte-parole du Bulletin des travailleurs de Chine basé à Hong Kong, chaque syndicat doit être membre de la fédération panchinoise des syndicats (ACFTU), qui peut décider de mener elle-même la négociation collective au lieu de permettre aux représentants des salariés de Foxconn de traiter avec la direction. (http://www.taipeitimes.com/News/biz/archives/2013/02/05/2003554242)

Alors que les activistes syndicaux font bon accueil aux élections syndicales chez Foxconn, au vu de l'expérience du passé (http://www.industriall-union.org/apples-new-products-increase-pressure-on-foxconn-workers), on ne peut qu’espérer qu’il ne s'agira pas seulement d’une opération spectaculaire de relations publiques pour l'entreprise.

Good Electronics a publié une déclaration concernant Apple et sa chaîne d’approvisionnement, exprimant des doutes sur la manière dont les élections vont se dérouler chez Foxconn: http://goodelectronics.org/news-en/goodelectronics-is-keeping-an-eye-on-apple.-statement-re.-apple-2013-supplier-responsibility-report-1

Les syndicats indonésiens montrent leur force dans l’unité

Rassemblés le 7 février 2013, les dirigeants ont examiné les défis qui leur sont communs, le plan d'action de IndustriALL, et ont pris la décision de créer le Conseil IndustriALL d'Indonésie comme plate-forme de coordination des luttes et d'application du nouveau plan des activités de IndustriALL.

La réunion est le résultat du forum des dirigeants organisé en novembre 2012 (http://www.industriall-union.org/events/industriall-indonesia-leadership-forum) où les affiliés ont approuvé les points relatifs à la solidarité et à une action unifiée, comme suit:

  1. Campagne en vue d’obtenir des changements dans la sécurité sociale
  2. Renforcement de la législation du travail, arrêt des violences antisyndicales et fin de la poursuite au pénal des dirigeants syndicaux
  3. Réduction de la prédominance de l'emploi précaire
  4. Lutte pour l'adoption d'un salaire minimum national
  5. Syndicalisation et négociation collective

La réunion a élu un coordonnateur, un coordonnateur adjoint et les 4 membres d’un comité de direction, qui se réuniront rapidement pour mettre au point le plan d'action et proposer un calendrier.

La réunion était présidée par Vonny Diananto, responsable régional de IndustriALL, basé en Asie du Sud-Est, et de Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL, qui a clos la réunion en affirmant qu'une importante décision avait été prise qui contribuera certainement à renforcer les syndicats et IndustriALL dans le pays et dans la région.

La veille de la réunion, les représentants de IndustriALL avaient participé à un meeting de 50.000 personnes au centre-ville de Jakarta, organisé par la fédération indonésienne des syndicats de métallurgistes (FSPMI). Les travailleurs et travailleuses ont demandé des améliorations de l'assurance maladie et du système de retraite, ainsi qu'une augmentation du salaire minimum pour tous les citoyens et citoyennes d’Indonésie à l’occasion des célébrations du 14ème anniversaire du FSPMI.

Les membres élus du Conseil IndustriALL d'Indonésie sont les suivants:

Président: Sjaiful DP (Président de KEP CITU)

Secrétaire: Eduard Marpaung (secrétaire général de LOMENIK KSBSI)

Composition du comité de direction:

CITU: Suparno, B. (secrétaire général de FSPMI)

KSBSI: Elly Silaban (président de GARTEKS)

KSN: Pandi Wijaya (chef du département de la formation de FSP2KI)

KSPSI: Chandra Mahlan (chef du département de la formation de CEMWU)

Appel lancé à la réunion minière d’Afrique Indaba: Placer l’individu avant le profit

Pour sa 19ème année d’existence, Indaba n’est pas une mince affaire. Ses 7.500 participants et une représentation de 1.800 entreprises se trouvent réunis à Cape Town, Afrique du Sud, du 4 au 7 février pour cet événement. Les délégués viennent de 100 pays, et à part ceux qui représentent l’industrie minière et les gouvernements, on y trouve quelques représentations de services, notamment ceux représentant des sociétés financières.

L’Afrique du Sud se montre particulièrement intéressée de considérer cela comme ‘les affaires courantes’, après ce qui s’est passé à Marikana où 34 mineurs ont été abattus par la police en août dernier, ainsi que la violence que cela a entraîné et l’agitation sociale extrême dans le secteur minier durant presque tout la seconde moitié de 2012.

‘Plus de Marikana, je vous en prie’, c’est ce que le gouvernement demande au monde des affaires.  La ministre des Ressources minérales, Susan Shabangu, a donné l’assurance que l’Afrique du Sud ne nationalisera pas les mines et elle demande de mettre fin aux discussions et au débat sur la nationalisation. Le gouvernement comprend ce qu’il doit faire pour redonner confiance aux investisseurs, mais le monde des affaires doit aussi comprendre ce qui lui reste à faire, ce que Shabangu indique comme étant l’amélioration des conditions de la main-d’œuvre dans les mines pour éviter une nouvelle agitation sociale.  

Cela paraît être une approche douce, mais Shabangu a été critiquée pour ne pas être suffisamment douce avec les entreprises minières, particulièrement endommagées par les événement de 2012, et notamment sa ferme objection à l’intention de Anglo Platinum de supprimer 14.000 emplois. Anglo Platinum a enregistré une perte en 2012, et l’entreprise espère que les ouvriers feront les frais de cette situation et endosseront la responsabilité des deux mois de grève dans ses installations de Rustenburg. Cependant, la situation de Anglo Platinum n’était pas très bonne avant l’agitation sociale en raison de frais élevés, notamment pour l’électricité et l’eau, et du bas prix du platine. Anglo Platinum contrôle la plus grande partie de la production mondiale de platine et peut donc augmenter la demande et le prix en réduisant sa production. L’entreprise a donc l’intention de faire la même chose en fermant deux de ses mines et en en vendant une autre.

Un panneau quand vous entrez à Cape Town en venant de l’aéroport, vous dit comment Anglo Platinum tient sa promesse de construire 26.000 maisons. Il devrait y avoir un autre panneau à côté qui dirait ‘Amplats donne et Amplats retire’, pour vous parler des familles qui pourraient potentiellement se retrouver ä la rue quand 14.000 soutiens de famille perdent leur emploi, en supposant qu’ils auraient d’abord une maison à perdre.

Le besoin de trouver un juste milieu entre les effets très limités sur la responsabilité sociale de l’entreprise avec une bonne dose de réalité, est l’une des principales raisons pour laquelle la société civile travaille sur les questions du secteur extractif en rassemblant un Indaba minier alternatif. C’est un événement parallèle au grand spectacle. Le prix d’entrée au véritable Indaba minier est fixé de façon à être hors de portée de la société civile, en assurant de ce fait son exclusion.

La société civile a attiré l’attention sur les questions politiques, ainsi que sur des actions et sur l’impact des entreprises minières qui nuit aux travailleurs et travailleuses, aux communautés et à l’environnement.  Il a été possible cette année de fouiller à fond les questions sous-jacentes que Marikana a rendues publiques, et une attention particulière a été portée aux pauvres conditions des communautés qui se trouvent près des mines; une pauvreté absolue fait face au front de taille d’une richesse absolue.  

Des entreprises textiles ferment en laissant 5.000 personnes sur le carreau au Pakistan

Les usines ont été fermées sans remplir leur obligation d’informer les salariés ou les autorités ou de verser  les prestations encourues aux salariés qui ont travaillé dans la plupart des cas pendant plus de 20 ans dans les usines.

Le propriétaire, Mohsim Ayoub Mirza, a fermé le 17 janvier 2013, Joe's Fashion Export dans la zone industrielle de Korangi, puis une autre société le 31 janvier 2013, J&M Clothing dans une zone franche d’exportation.

Il n’y avait pas de syndicat dans ces usines pour représenter les travailleuses et travailleurs qui ont produit des articles pour des exportateurs de vêtements pour l’Union européenne et des marques internationales.

La fédération syndicale nationale (NTUF) qui représente maintenant la main-d’œuvre a présenté une requête au ministère du Travail pour que les salariés touchés puissent obtenir justice. La NTUF ne croit pas que les usines ont fermé par manque de commandes, mais en raison de l’ouverture d’une nouvelle zone franche d’exportation. Le propriétaire possède une autre entreprise, et la NTUF cherche à en connaître le statut.

La NTUF demande également aux marques internationales de prendre note de la situation et de forcer le propriétaire à suivre les normes internationales du travail. Cette décision du propriétaire inquiète également les fournisseurs locaux qui voudraient savoir comment faire avec ce qui reste en attente.

IndustriALL Global Union travaille avec la NTUF pour tenter d’identifier et de contacter les marques qui ont des contrats avec ces deux entreprises.