Campagne pour un traité des Nations unies contraignant

Avec la CSI et d'autres syndicats mondiaux, IndustriALL Global Union appuie l'élaboration d'un traité des Nations unies ayant force obligatoire pour que les entreprises aient à rendre des comptes sur leurs violations des droits humains.

En juin 2014 à Genève, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté une résolution instituant un groupe de travail intergouvernemental (GTI) à composition non limitée chargé d'élaborer un instrument international juridiquement contraignant sur les sociétés transnationales et autres entreprises commerciales en rapport avec le respect des droits humains. Les Global Unions et la CSI participent directement aux négociations du GTI depuis 2016.

Dix années ont passé depuis et il est temps maintenant d'intensifier nos efforts pour combler une importante faille dans le droit humanitaire international et mettre un terme à l'impunité des entreprises dans les cas d'atteintes aux droits de l'homme. Les Global Unions et la CSI lancent une campagne publique de soutien au processus du traité afin d'obtenir un instrument juridique international qui tienne ses promesses pour les millions de travailleurs des chaînes d'approvisionnement mondiales.

"Ces négociations sont vitales,"

explique le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan.

Le plan d'action d'IndustriALL adopté par le Congrès de 2021 s'engage à

"poursuivre la lutte pour des instruments juridiques contraignants pour protéger les gens contre les violations des droits humains par les multinationales, notamment en réclamant un traité des Nations unies contraignant sur les entreprises et les droits de l'homme comportant des mécanismes de recours efficaces."

Dans le cadre de la campagne des Global Unions pour un traité contraignant, nous vous invitons à vous joindre à une séance d'information virtuelle, le 30 mai de 13 à 17 heures (CET), dont les détails figurent ci-dessous. Un service d'interprétation sera assuré en anglais, français et espagnol.

Les syndicats argentins paralysent le pays pour défendre les droits des travailleurs

Les centrales syndicales argentines ont appelé à une journée de protestation avec arrêt de travail pour lutter contre :

Selon les centrales syndicales, la grève générale a été observée dans tout le pays, faisant état “d’une participation presque totale dans l’industrie, de niveaux dépassant 90 % dans le commerce et de près de 100 % dans le secteur public. Les transports, aériens et terrestres, ont également connu un taux de participation élevé et, dans certaines provinces, les secteurs ruraux se sont joints à la mobilisation.”

Les syndicats ont déclaré que le succès de l’action reflétait le niveau d’engagement et la conscience syndicale et de classe des travailleurs et travailleuses argentins. Ils ont également souligné l’unité d’action entre les trois centrales syndicales, un facteur déterminant dans le soutien massif à l’arrêt de travail.

La grève devrait être un signal d’alerte pour le gouvernement Milei afin qu’il modifie ses politiques d’ajustement et qu’il cesse de faire reculer les droits. La grève était également un message aux sénateurs, dont le vote conditionne le rejet de la “loi sur les fondements et les points de départ (dite loi omnibus)” du gouvernement. À défaut, les syndicats ont déclaré qu’ils poursuivraient leur plan de lutte contre cette loi.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Lucineide Varjão, Vice-présidente d’IndustriALL, Marino Vani, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes et les membres du Comité exécutif régional ont rencontré les affiliés d’IndustriALL en Argentine le 7 mai. Au cours de la réunion, ils ont approuvé un plan d’action pour faire face aux attaques du gouvernement Milei à l’encontre les travailleurs.

Le Comité exécutif régional d’IndustriALL s’est réuni le 8 mai et a approuvé le plan d’action. Dans une déclaration, le Comité a rejeté les réformes visant à promouvoir la désindustrialisation, à déréglementer l’économie, à réduire la taille de l’État et ses niveaux d’intervention et à abroger des centaines de lois qui affectent les droits individuels et collectifs du travail.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani, a déclaré :

“Les travailleurs et travailleuses argentins donnent à nouveau l’exemple en matière de résistance et de lutte. Ils ont clairement fait savoir au patronat et au gouvernement qu’ils n’acceptent pas les mesures et les politiques adoptées et ne sont pas d’accord avec elles.

Nous félicitons les travailleurs et travailleuses ainsi que leurs dirigeants syndicaux pour leur résistance et le message qu’ils portent, qui ne défend pas seulement le peuple argentin, mais aussi tous les travailleurs et travailleuses d’Amérique latine et des Caraïbes”.

Crédits photographiques : CGT

Italie : victoire syndicale pour les travailleurs d'Enel

En mars, les travailleurs d'Enel se sont mis en grève pour s'opposer aux changements des horaires de travail, à l'externalisation d'interventions sur le réseau électrique et au refus de reconduire un accord sur le télétravail concernant 30.000 salariés d'Enel. Un soutien massif à la grève et une négociation à laquelle ont participé plus de 300 délégués de toutes les branches d'Enel sont à l'origine de cet accord.

Après une mobilisation puissante des travailleurs, les activités ne seront pas externalisées et les centres opérationnels seront renforcés. Une demande de scission des postes sera suspendue et une commission paritaire sera constituée pour échanger les meilleures solutions qui seront testées au plus tôt en octobre prochain, il sera procédé à 2.000 nouvelles embauches, dont 1.600 seront des nouveaux postes (1.100 pour juin 2025 et 500 pour juin 2026).

S'agissant du plan social de l'entreprise, l'accord sur le financement sera arrêté avec pour objectif l'augmentation et l'amélioration des services aux membres.

S'agissant du "travail intelligent", les syndicats ont ajouté au texte de l'accord une déclaration confirmant qu'ils veulent entamer des négociations avec Enel afin de définir un nouvel accord qui prenne en compte les besoins de l'entreprise et des travailleurs.

Dans un communiqué, les syndicats se disent persuadés d'avoir obtenu de grands résultats et jeté les fondations qui permettront de rapprocher les travailleurs et l'entreprise et ils annuleront toutes les actions de grève et feront rapport aux travailleurs sur l'accord dans les semaines à venir.

La directrice d'IndustriALL en charge de l'énergie, Diana Junquera Curiel, a déclaré :

"Nous félicitons nos affiliés italiens pour ce résultat. La grève terminée et un accord obtenu, les travailleurs peuvent maintenant aller de l'avant et goûter les fruits de leur lutte. En février, IndustriALL et l'ISP avaient envoyé à Enel une lettre condamnant ses agissements et l'exhortant à agir de manière responsable. Ses actions contrevenaient à l'Accord-cadre mondial  (ACM) et à l'Accord de Comité d'entreprise européen en prenant des décisions sur les conditions de travail des travailleurs d'Enel sans les associer à la prise de décision. Nous sommes heureux qu'Enel ait réagi en conséquence et qu'un accord ait été trouvé."

Photo: Shutterstock 

Le syndicat libérien signe une convention collective

La convention collective bénéficiera à environ 700 travailleurs et travailleuses sur un effectif de plus de 1.200 personnes. Selon l’UWUL, certains des gains de la convention collective, qui courra sur la période allant de janvier 2024 à décembre 2026, comprennent une augmentation de 10 pour cent qui sera versée aux salariés les moins bien payés, dont les rémunérations moyennes sont l’équivalent de 250 dollars américains par mois. Il y aura également un paiement de l’équivalent de 50 dollars pour tous les travailleurs des deuxième et troisième équipes, une aide à l’éducation pour trois personnes à charge d’un montant équivalant à 110 dollars, des indemnités de disponibilité, des indemnités de déménagement et des prestations d’électricité.

La CCT prévoit également des primes pour la fête de l’indépendance, qui sont versées le 26 juillet, date à laquelle le pays d’Afrique de l’Ouest a obtenu son indépendance des États-Unis d’Amérique en 1847, ainsi que des primes annuelles. Pour la première fois, le syndicat a également négocié un congé payé de paternité de cinq jours.

Une clause de l’accord comprend également des dispositions sur les politiques propres au lieu de travail qui sont dérivées de la Convention 190 de l’Organisation internationale du travail concernant l’élimination de la violence et du harcèlement fondés sur le sexe dans le monde du travail. Il s’agit de la cinquième CCT signée par l’UWUL avec la compagnie publique d’électricité. Les femmes représentent environ 33 % de la main-d’œuvre.

Vacus Wilmont Kun, Directeur pour l’éducation et la formation, a déclaré :

“Les travailleurs et travailleuses sont satisfaits du résultat des négociations, en particulier de l’augmentation des prestations, car celles-ci ont une valeur monétaire. Par exemple, les avantages liés à l’électricité leur permettront d’obtenir des coupons d’électricité pendant six mois au cours de la saison des pluies, ce qui contribue de manière significative aux salaires de subsistance.”

Il a également expliqué que les CCT avaient progressé au fil des ans, ce qui avait permis d’améliorer les moyens de subsistance et que, pendant la saison des pluies, la capacité de production d’énergie hydroélectrique du pays était à son maximum et que les travailleurs et les travailleuses bénéficieraient de cette production d’énergie.

“Avec l’augmentation du coût de la vie, nous ne manquons jamais de nous réjouir lorsque les syndicats négocient des accords salariaux supérieurs à l’inflation et augmentent les avantages sociaux, car cela allège la pression financière sur les travailleurs et leurs familles. IndustriALL félicite l’UWUL de poursuivre la campagne pour des salaires décents dans le secteur de l’énergie au Libéria”,

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Les minéraux de la transition créeront-ils des emplois verts en Afrique ?

Pour les experts, la hausse de la demande de minéraux critiques pourrait stimuler la croissance économique et le développement en ASS. Est-ce là une chance de voir se développer des pays en butte à des taux élevés de pauvreté, de chômage et d'inégalité ?

Les minéraux critiques englobent un groupe de métaux constitué du cuivre, du cobalt, du lithium, du manganèse, du nickel et du platine, et des terres rares. Ils sont très recherchés pour la fabrication de produits nécessaires à la transition énergétique, allant des voitures électriques aux panneaux photovoltaïques et autres composants.

Les chercheurs Thomas MacNamara et Siziba ont, avec le soutien de La Trobe University et du bureau régional d'IndustriALL pour l'ASS, cherché à savoir comment les syndicats peuvent influencer le débat et l'engagement politique sur la transition juste et le potentiel de création d'emplois des minéraux de la transition en République démocratique du Congo, Afrique du Sud, Zambie et Zimbabwe. Ces quatre pays sont de gros producteurs de ces minéraux, la RDC extrayant jusqu'à 70 pour cent du cobalt mondial et le sol du Zimbabwe renfermant d'énormes réserves de lithium.

Pour les auteurs du rapport de base intitulé "Influencer une transition juste dans le secteur minier en Afrique subsaharienne ", les emplois verts doivent être évalués suivant leur qualité, leur durabilité et leur adéquation.

Ils affirment aussi que "presque tous ceux qui plaident pour la durabilité disent que l'abandon des combustibles fossiles créera plus d'emplois qu'il n'en supprimera. Or, un examen plus approfondi indique que ces emplois sont de qualité (bien payés, syndiqués et sûrs), durables (emplois de longue durée) et adéquats (dans des régions où l'emploi minier a disparu et/ou parce qu'ils nécessitent des qualifications similaires)."

Les chercheurs estiment que la plupart des emplois se créeront dans la phase de construction, comme par exemple dans l'installation des panneaux solaires. Ils citent une étude réalisée par Price Waterhouse Copper en 2021 en Afrique du Sud, qui estimait que si 800.000 emplois ont été créés dans la phase de construction, seuls 21.000 ont été conservés pour le fonctionnement et l'entretien. Au Zimbabwe, 7.000 emplois seront créés dans l'extraction du lithium mais d'autres pourraient être créés par son enrichissement plutôt que d'exporter de la matière première brute vers la Chine.

Des millions d'emplois pourraient voir le jour dans les secteurs miniers informels de RDC, Zambie et Zimbabwe, et en particulier dans l'extraction minière artisanale et à petite échelle (EMAPE). Rien qu'en RDC, l'EMAPE occupe plus de deux millions de travailleurs, mais parce qu'ils sont informels, ces emplois sont très éloignés de l'agenda pour le travail décent.

Le rapport de recherche, qui analyse les différentes définitions du terme transition juste et les complexités du processus de la COP, donne des exemples de divers modèles et de meilleures pratiques en matière de transition juste pris en Allemagne, en Australie, au Brésil, au Canada, en Inde, en Indonésie, en Italie et dans d'autres pays dont des enseignements peuvent être retirés pour l'Afrique subsaharienne.

Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines, déclare :

"Ce rapport montre que les syndicats doivent faire preuve d'un optimisme prudent à propos des emplois verts et continuer à réclamer des conditions de travail décentes dans le secteur des minéraux critiques. Les syndicats de mineurs n'ont pas cessé de lutter pour de meilleures conditions de travail et des salaires de subsistance et ils doivent rester vigilants pour la défense des droits et des intérêts des travailleurs."

Le rapport Influencer une transition juste dans le secteur minier en Afrique subsaharienne est publié à cette adresse et s'ajoute à d'autres publications d'IndustriALL telles que A Trade Union Guide of Practice for a Just Transition. 


 

La syndicalisation attaquée

Le droit à la syndicalisation est un droit fondamental qui stipule que les salariés ont le droit de peser collectivement sur des questions d’intérêt commun, comme les salaires et les conditions de travail. Aux États-Unis, la discrimination syndicale est monnaie courante dans les États du sud, même dans les entreprises qui s’engagent normalement dans la négociation collective et le dialogue social dans le reste du monde.

Il a fallu trois scrutins en dix ans pour que les travailleurs et travailleuses de l’usine Volkswagen de Chattanooga, dans le Tennessee, parviennent à obtenir un vote majoritaire en faveur d’un syndicat. Jusqu’alors, c’était la seule usine Volkswagen au monde sans représentation syndicale. L’une des raisons pour lesquelles les travailleurs ont finalement remporté les élections avec une majorité écrasante est que, cette fois, l’employeur a adopté une position presque neutre et ne s’est pas engagé dans la lutte contre les syndicats.

La semaine prochaine, les travailleurs et travailleuses de l’usine Mercedes Benz en Alabama se prononceront sur leur adhésion à l’UAW, affilié à IndustriALL. Ce vote est entouré d’attaques contre le syndicat, de désinformation et d’intimidation de la part de l’employeur, qui tente d’effrayer les travailleurs pour qu’ils votent contre l’adhésion au syndicat.

Alors que les recruteurs syndicaux n’ont pas accès au lieu de travail avant le vote, l’employeur fait feu de tout bois, engageant à grands frais des cabinets spécialisés dans les tactiques anti-syndicales dont la seule compétence est d’effrayer les travailleurs pour qu’ils votent contre le syndicat. Les travailleurs sont tenus d’assister à des réunions obligatoires avec les cadres, qui les encouragent directement à voter non. Ces mesures sont accompagnées d’un site web, de publicités à la radio et d’affichage sur la propriété de Mercedes Benz.

Les travailleurs sont bombardés de mensonges sur le syndicat, dépeignant l’UAW comme corrompu, ayant un programme secret de délocalisation des emplois des États-Unis vers le Mexique, affirmant que les grèves et les avantages syndicaux aboutissent souvent à des licenciements permanents, laissant entendre qu’un vote en faveur du syndicat équivaut à la fermeture de l’usine Mercedes Benz et que les gens seront privés d’emplois dont ils ont tant besoin.

Les travailleurs sont invités à “réfléchir aux conséquences” de leur adhésion à un syndicat. Sur son site web, le comité d’information des travailleurs de MBUSI prétend “éduquer les salariés sur l’agenda radical et égoïste de l’UAW”. Le message projeté est clair : nous sommes une grande famille pour l’instant, mais si nous votons pour l’UAW, ce ne sera plus le cas.

Et dans une démonstration flagrante d’irrespect des droits fondamentaux des travailleurs, les gouverneurs de l’Alabama et des États voisins ont exprimé une forte opposition dans une déclaration publique, avec des arguments infondés selon lesquels les syndicats pourraient compromettre la création d’emplois et la croissance économique dans la région.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré à ce sujet :

“L’entreprise veut que les travailleurs la considèrent comme leur famille. En réalité, ce qu’elle veut, c’est conserver autant que possible les valeurs créées par les travailleurs et les distribuer à ses actionnaires et dirigeants par le biais de leurs rémunérations. La seule famille qui se battra pour les salaires et les conditions de travail des travailleurs est le syndicat.”

IndustriALL et ses alliés agitent le drapeau rouge à l'intention des investisseurs en vue de l'AGM de Glencore

Les intervenants étaient des experts du climat, des représentants d'organisations syndicales et de la société civile et des investisseurs eux-mêmes, qui ont parlé des préoccupations que soulève la manière dont Glencore gère ses activités. Les accusations portent notamment sur les mauvaises conditions de travail, le refus du dialogue social avec les syndicats, la fermeture irresponsable de sites miniers, la contamination de l’environnement de communautés locales et des rapports environnementaux opaques et trompeurs.

Comme l'ont démontré les orateurs, les déclarations publiques de cette entreprise sont très éloignés de la réalité. Les participants ont ainsi appris que les problèmes ne se limitent pas à un ou deux sites mais font apparaître des schémas généralisés de mauvaise gestion dans toute l'entreprise. Les discussions ont aussi mis en lumière les risques associés à son approche des questions liées aux Critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG)  : des risques financiers, opérationnels et pour l'image de l'entreprise, de même que le risque d'actions en justice. Cela soulève de graves questions quant à la gouvernance et au contrôle, et aussi de savoir si le conseil d'administration a la compétence voulue pour traiter ces défis.

"Nous voulons un dialogue ouvert et transparent avec Glencore sur la question des fermetures de mines et sur une transition juste, auquel l'entreprise se refuse,"

a déclaré Claudia Blanco, de SINTRACARBÓN.

"Vous parlez et, le lendemain, vous n'êtes plus un salarié parce que vous avez été licencié. C'est un problème que nous voulons régler avec l'entreprise."

NUMSA

"Combien d'études faudra-t-il encore pour accepter que la contamination vient de la mine ? Glencore doit agir de manière responsable, arrêter de nier, stopper de polluer et dédommager les populations affectées."

Paul Maquet, CooperAcción (Pérou)

Les investisseurs qui sont intervenus ont exhorté les actionnaires de Glencore à dialoguer avec les parties prenantes concernées, telles que les organisations syndicales et les ONG, dans le cadre de leur propre devoir de vigilance, et à inviter le conseil d'administration à faire de même. Les actionnaires ont aussi été invités à voter contre les administrateurs pour montrer leur mécontentement et à collaborer avec d'autres investisseurs pour avoir plus de poids.

Pour le directeur d'IndustriALL en charge des mines, Glen Mpufane :

"Le but ultime d'IndustriALL et de ses alliés est de faire que Glencore améliore ses pratiques et réduise les violations des droits de l'homme et les dégâts environnementaux que provoquent ses activités. Les mauvais résultats de l'entreprise dans ces domaines et leur refus répété de répondre à ses nombreux actionnaires font agiter des drapeaux rouges qu'elle ne peut ignorer." 

Soutenez le OUI à l’UAW chez Mercedes-Benz en Alabama

À l’approche du scrutin de la semaine prochaine, les travailleurs et travailleuses sont confrontés à une attitude anti-syndicale. Dans un manque flagrant de respect pour la démocratie et les droits fondamentaux des travailleurs, l’employeur de Tuscaloosa tente d’influencer le vote à venir, en voulant effrayer ses effectifs pour qu’ils votent non, contre le syndicat.

Ce dont nos collègues de Mercedes en Alabama ont besoin aujourd’hui, c’est de notre solidarité, pour être assurés qu’ils ne sont pas seuls. En rejoignant l’UAW, ils feront partie de notre famille syndicale mondiale qui compte 50 millions de travailleurs et travailleuses dans le monde.

Le succès engendre le succès : les travailleurs d’une autre usine automobile aux États-Unis, à Chattanooga, se sont battus avec acharnement pour obtenir gain de cause et sont parvenus à leurs fins. Ils étaient la dernière usine Volkswagen au monde à se syndiquer, mais ils pourront désormais faire entendre leur voix sur leur lieu de travail. Pour renverser la tendance dans le Sud des États-Unis, traditionnellement hostile à la syndicalisation, nous soutenons les travailleurs de Mercedes en Alabama et votre soutien est important.

Veuillez manifester votre soutien à un vote positif et accueillir les travailleurs et travailleuses de Mercedes à Tuscaloosa au sein du syndicat ! Voici ce qu’il faut faire :

Un syndicat empêché de manifester le 1er mai au Zimbabwe

D'après le ZDAMWU, un affilié d'IndustriALL du secteur du diamant et de la mine, la tente du syndicat a été détruite. En outre, une des syndicalistes a été dépouillée de son téléphone portable après avoir été brièvement enlevée et poussée dans une voiture par des voyous connus dans la région. Elle a subi une fouille humiliante et son téléphone a été réduit en miettes.

"Ce fut un 1er mai bien triste pour le ZDAMWU. Notre syndicat lutte contre le harcèlement, les horaires de travail excessifs et la corruption de certains cadres qui réclament des pots-de-vin pour que les contrats de travail soient renouvelés. En outre, le harcèlement sexuel est chose courante chez Bikita Minerals,"

explique Justice Chinhema, le secrétaire général du ZDAMWU,  pour qui cette agression était une tentative d'intimidation du syndicat.

"Les autorités doivent enquêter sur cette intimidation et protéger les droits des travailleurs inscrits dans la constitution et la législation du travail. Les mineurs du Zimbabwe ont le droit d'association et de réunion et doivent pouvoir exercer leurs activités sans crainte,"

a déclaré Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines.

Les syndicats ont fait part de leurs préoccupations à la Conférence internationale du travail à propos des violations des conventions de l'Organisation internationale du travail, en particulier de la convention 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et la convention 98 sur le droit d'organisation et de négociation collective.

S'agissant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), des communautés locales ont exprimé leurs préoccupations, disant que si les critères d'ESG existent sur papier, Sinomine ne les applique jamais. Par exemple, des villageois voient la source de l'eau qu'ils utilisent pour boire, arroser leurs jardins et abreuver leur bétail polluée par des substances toxiques, comme le prouvent les cadavres de poissons et la destruction de la vie aquatique au barrage de Matezva. En outre, des communautés ont perdu des champs et des terres à cause de l'ouverture de nouveaux sites miniers, de routes et la construction de lignes à haute tension. Certains villageois déplacés disent ne pas avoir été indemnisés par Sinomine.

Le ZDAMWU, qui compte 672 membres dans cette mine, a déposé plainte à la police et écrira au ministère du Travail pour protester contre le traitement des responsables syndicaux par Bikita Minerals.

Bikita Minerals, propriété du chinois Sinomine Resource Group, est la plus grande mine de lithium du Zimbabwe, premier producteur africain de ce minerai. Le lithium est un des minerais indispensable à la transition vers les sources d'énergie renouvelables. Il est utilisé pour la fabrication des batteries rechargeables des téléphones et des véhicules électriques. Parmi les autres minerais extraits à Bikita Minerals figure la pétalite, utilisée dans la fabrication de la céramique et du verre. 

Travailleurs de Mercedes, debout !

Des publicités laissent entendre que la création d’un syndicat entraînera la délocalisation des emplois hors de l’État et invitent les travailleurs et travailleuses à “réfléchir aux conséquences” de leur adhésion à un syndicat. Sur son site web, le comité d’information des travailleurs de MBUSI prétend “éduquer les salariés sur les visées radicales et égoïstes de l’UAW”. Le message projeté est clair : nous sommes une grande famille pour l’instant, mais si nous votons pour l’UAW, ce ne sera plus le cas.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré à ce sujet :

“La famille semble être un argument important de l’entreprise contre le syndicat. Mais les travailleurs et travailleuses ne doivent pas oublier que la famille dont parle l’entreprise est un modèle patriarcal où le père prend tout l’argent et en donne le moins possible à ses dépendants. L’entreprise sait qu’avec un syndicat, elle devrait négocier avec une main-d’œuvre plus puissante la répartition de l’argent gagné. Bien sûr, elle ne veut pas de syndicat, elle veut l’argent. Cela n’a rien à voir avec la famille. Une famille est une entité qui prend soin de vous et qui veille à ce que vous ayez votre juste part. L’approche de l’entreprise est déplorable et n’est en aucun cas dans l’intérêt des travailleurs.”

Ce scrutin en Alabama fait suite à la victoire à l’usine Volkswagen de Chattanooga en avril, qui est devenue la première du sud des États-Unis à se syndiquer par le biais d’un scrutin depuis les années 1940.

Aussi, dans le cadre d’une autre victoire qui montre à quel point un syndicat peut faire la différence, l’UAW a conclu le 26 avril dernier un accord de principe avec Daimler Truck, qui prévoit une augmentation générale des salaires de 25 % sur quatre ans et, pour la première fois, une participation aux bénéfices et des ajustements en fonction du coût de la vie.

“Le succès appelle le succès ; les travailleurs de Chattanooga se sont battus avec acharnement pour obtenir gain de cause et ont réussi. Ils étaient la dernière usine Volkswagen au monde à se syndiquer, mais ils pourront désormais faire entendre leur voix sur le lieu de travail. Nous soutenons les travailleurs de Mercedes en Alabama, qui voteront dans le courant du mois, afin d’inverser la tendance dans le Sud des États-Unis, traditionnellement hostile à la syndicalisation”,

a déclaré Atle Høie.


https://youtu.be/NOHhfadafkU?si=2afqfPjl12n2zuzE