Réussite de la campagne syndicale chez Bashneft

Le syndicat russe des travailleurs de la chimie (RCWU) a rendu compte, le 27 février, de la réussite de la campagne internationale de solidarité qui a permis de mettre fin à la pression exercée sur les deux sections syndicales à Orenburg et Ufa en Russie, et assuré la présence de Zumara Ganieva, président de la section syndicale du RCWU à Ufa, au comité de négociation de la convention collective couvrant toute l'entreprise.

Les négociations ont permis de conclure une convention collective pour 2013-2015, qui comporte des garanties pour l'activité syndicale.

La pression exercée sur les sections syndicales du RCWU chez Bashneft à Orenburg et Ufa a pris fin. Le personnel syndiqué n’est plus forcé de quitter le syndicat et d’adhérer au Conseil des travailleurs contrôlé par l'entreprise. Les sections syndicales commencent à récupérer les cotisations syndicales bloquées par l'entreprise depuis un certain temps.

Auparavant en octobre 2012, quand les entreprises Bashkirnefteproduct à Ufa et Orenburgnefteproduct à Orenburg avaient été regroupées au sein de l'entreprise mère Bashneft, la direction avait refusé de renégocier la convention collective avec les sections syndicales du RCWU et remis en question leur droit à négocier collectivement.

La direction de l'entreprise avait refusé de reconnaître les sections syndicales en déclarant que la convention collective serait négociée avec un Conseil des travailleurs, créé par L'entreprise.

Le RCWU avait répondu par des actions publiques à Orenburg, Ufa et Moscou, et avait lancé une campagne nationale de solidarité http://www.trud.org/3/11000.html (en langue russe) avec l'aide de la fédération des syndicats indépendants de Russie.

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL, avait écrit à la haute direction de Bashneft, en lui demandant instamment de mettre fin aux tactiques antisyndicales et d'engager des négociations de bonne foi avec le syndicat. Le personnel du bureau régional de IndustriALL avait rejoint le rassemblement des activistes du RCWU devant les bureaux de Bashneft à Moscou.

Des milliers de lettres de protestation ont été envoyées à la direction de Bashneft via la page AGIR sur le site de IndustriALL.

Le président de RCWU, Alexander Sitnov, a remercié sincèrement tous les syndicats et les autres organisations, notamment IndustriALL, qui ont offert leur solidarité et aidé à résoudre le conflit.

"Votre participation a été une immense aide pour nous. Encore merci", a dit Alexander Sitnov.

La lutte continue pour les travailleurs d’ISMACO et de DESA en Turquie

Dans la célèbre rue d’Istanbul, Vali Konağı Caddesi, 150 travailleurs et travailleuses se sont rassemblés devant les magasins pour lesquels DESA fabrique des articles en cuir, et des produits de la marque célèbre Ermenegildo Zegna, fournis par ISMACO. Les deux entreprises refusent de reconnaître le syndicat des travailleurs du cuir, Deri-Is, et continuent d'enfreindre les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses.

DESA fabrique des articles pour des marques comme Prada, Mıu Mıu, Car Shoe, Marks and Spencer, Mulberry, Burberry, Whistles, Modalu, Carven et Nicole Farhi. Deri-Is a fait campagne depuis 2008 pour recruter des membres parmi le personnel de DESA.  Le refus de l'entreprise de respecter les droits des travailleurs et travailleuses a donné lieu à une discrimination, une intimidation et des licenciements systématiques. Même après la reconnaissance de cette situation par les tribunaux, la direction de DESA a mis à pied 34 membres du personnel pour avoir adhéré à un syndicat, la direction de l'entreprise préférant les payer pour qu'ils s'en aillent plutôt que de les réintégrer.

Dans une réunion organisée en janvier, IndustriALL Global Union et Deri-Is ont présenté une série de revendications pour obtenir la reconnaissance par DESA de représentants syndicaux dans les usines, et en insistant pour que l'entreprise entreprenne un dialogue avec les membres du syndicat. Mais la direction de l'entreprise a refusé. Nous pouvez vous engager à apporter votre soutien aux travailleurs et travailleuses de DESA ici.

Le groupe a également manifesté devant le magasin Ermenegildo Zegna, une marque de luxe pour laquelle ISMACO fabrique des articles. Quatre personnes employées chez ISMACO ont été mises à pied pour avoir été reconnues comme étant membres de Deri-Is et avoir participé à un rassemblement depuis décembre dernier. La direction locale de l'entreprise a annoncé ouvertement qu'elle ne voulait pas à de syndicat dans le travail. Nous pouvez vous engager à apporter votre soutien aux travailleurs et travailleuses d’ISMACO ici.

Le salaire ouvrier chez ISMACO est d'environ 380 euros par mois, alors qu’une chemise portant la marque Ermenegildo Zegna est vendue pour environ 500 euros dans le magasin devant lequel la manifestation était organisée à Istanbul.

“IndustriALL Global Union soutient totalement Deri-Is dans ces deux campagnes, parmi d'autres”, a déclaré Kemal Özkan, secrétaire général adjoint. “Cette sorte d'action va se poursuivre dans les jours à venir jusqu'à ce que les deux entreprises modifient leur attitude qui est inacceptable”.

Un dirigeant syndical chilien abattu

Le mardi 21 février, Juan Pablo Jiménez, employé de l'entreprise d'ingénierie électrique Azeta, a été abattu alors qu'il se rendait à pied à son bureau dans l'entreprise. Il a été trouvé par des collègues qui l'ont transporté au service médical. Cependant, Juan Pablo a été déclaré mort à son arrivée.

Selon la police qui mène l'enquête sur le crime, Juan Pablo a été tué d'une balle tirée d'une zone résidentielle proche du lieu de l'entreprise.

Juan Pablo Jiménez était le président du syndicat n°1 de l'entreprise et le président de la fédération Chilectra des sous-traitants. Il devait participer le vendredi 22 février à une nouvelle audience concernant la dénonciation des pratiques antisyndicales de l'entreprise.

De nombreux dirigeants syndicaux et représentants d'organisations sociales et politiques se sont rassemblés le 27 février devant l'entreprise, pour exiger “la vérité et le châtiment” des responsables de l'assassinat de Juan Pablo Jiménez.

Constramet, un syndicat affilié à IndustriALL, a publié une déclaration selon laquelle la classe ouvrière a le devoir moral de participer à cette lutte. Il a remercié toutes les personnes qui ont pris part aux protestations à Santiago et dans les régions. Un défilé a été organisé le même jour à 19 heures à partir du centre de la capitale.

Horacio Fuentes, président de Constramet, a demandé aux autorités d'enquêter sur l'assassinat de Juan Pablo.

IndustriALL Global Union a exprimé sa solidarité avec la famille du dirigeant syndical et le mouvement syndical chilien.

Les mauvaises conditions de travail forcent le gouvernement zambien à saisir la mine Collum

La mine Collum qui avait depuis 2003 des propriétaires chinois, a été fréquemment l’objet d’une l’agitation ouvrière. Déjà en 2005, les mauvaises conditions avaient été signalées au gouvernement qui avait envisagé sa fermeture en 2006 après qu’une délégation eut constaté de visu les mauvaises conditions de travail endurées par les mineurs.

En octobre 2010, 13 mineurs ont été blessés quand deux contremaîtres ont ouvert le feu dans la mine sur les grévistes. Les travailleurs s'étaient mis en grève pour n'avoir pas été payés et pour protester contre les salaires trop faibles et les mauvaises conditions de travail. Par la suite, l’État a abandonné les chefs d'accusation contre les deux contremaîtres.

Les tensions ont continué à être de plus en plus fortes à la mine alors que les questions relatives au travail n'étaient pas résolues. Un différend sur les sommes payées aux mineurs après l'augmentation du salaire minimum décidée par le gouvernement en 2012 a donné lieu à une protestation spontanée des mineurs au cours de laquelle un contremaître chinois a été tué et un autre  blessé.

“Depuis la privatisation de la mine, le syndicat des mineurs de Zambie (Muz) a relevé les graves préoccupations des travailleurs sur les infractions à la législation du travail, les questions de santé et la sécurité, de même que l’application de l'accord négocié qui a posé un dilemme continuel”, a déclaré Joseph Chewe, secrétaire général du Muz, affilié à IndustriALL Global Union. “Muz soutient la prise de contrôle de la mine par le gouvernement qui a lieu dans le meilleur intérêt des travailleurs et permet de garantir les emplois. Mais le gouvernement doit s'assurer que le nouvel investisseur respectera la législation du travail et assurera de bonnes conditions de travail dans la mine pour ces travailleurs qui ont souffert trop longtemps”.   

Le gouvernement a annulé les licences d'exploitation minière détenues par l'entreprise propriétaire de la mine Collum du fait qu'aucune amélioration n'a été réalisée à la mine. L'État assurera l'exploitation de la mine jusqu'à ce qu'un nouvel investisseur soit trouvé. Le gouvernement a assuré les travailleurs qu'il n'y aura pas de pertes d'emploi.

Une étude de Human Rights Watch (HRW) réalisée récemment a conclu que même s'il y a eu certaines améliorations des conditions de travail dans les mines en Zambie depuis la venue au pouvoir du président Sata en 2011, il reste encore beaucoup à faire pour assurer l'application de la législation du travail et une amélioration des normes de sécurité, notamment dans les mines de cuivre.  Sata a promis d'améliorer les conditions de travail dans les mines au cours de sa campagne électorale.

Plusieurs syndicats et organisations de la société civile en Zambie ont bien accueilli la prise de contrôle de la mine Collum, en espérant que cette action fera clairement comprendre que le gouvernement ne tolérera pas des investisseurs qui passent outre à la législation et ne respectent pas les droits des travailleurs.

Le Ghana propose de poursuivre au pénal l’exportation de ferraille

Le nouveau ministre du Commerce et de l’Industrie, Haruna Iddrisu, a proposé un projet de loi faisant de l’exportation de ferraille un délit. Cette initiative constitue un effort pour serrer la vis aux exportateurs de ferraille qui ignorent l'interdiction administrative en vigueur.

Malgré l'interdiction, la ferraille continue de quitter le Ghana, alors que le secteur local de l'acier est à rude épreuve et opère seulement à 30 pour cent de sa capacité. Selon des informations données par le syndicat ICU, une grande aciérie, Wahome, a mis fin récemment à son activité, ce qui a provoqué 700 pertes d'emplois.

Le Ghana n’a pas de minerai de fer.  C'est pourquoi la ferraille sert de matière première à l'industrie de l'acier, qui dans le cas contraire en serait réduit à des importations.

“L'exportation de ferraille du Ghana conduit à une pénurie de matières premières qui menace énormément la survie de l'industrie de l'acier au Ghana”, a déclaré le secrétaire général de l’ICU, Solomon Kotei. “Des pays comme la Chine, la Thaïlande, la Malaisie, parmi d'autres, offrent des prix intéressants pour la ferraille que les industries locales n'ont pas les moyens de payer. Il va en résulter une précarisation de l'emploi et du chômage dans l'industrie de l'acier”.

Les exportateurs de ferraille demandent au gouvernement de faire des prélèvements sur l'exportation de ferraille plutôt que d'en faire un délit. Les exportateurs avancent dans ce cas, des fonds aux fournisseurs de ferraille afin de sécuriser l'approvisionnement, tout en donnant aux industries locales d'acier le temps nécessaire pour effectuer le paiement des fournitures, plaçant ainsi les industries locales dans une position désavantageuse.

Le projet de loi ne sera pas suffisant, même si le gouvernement fait tous les efforts nécessaires pour faire respecter l'interdiction, car la chaîne de valeur de la ferraille est exceptionnelle. Un soutien complémentaire aux industries locales d'acier devra être envisagé, notamment un accès au financement pour que les fournisseurs puissent être rapidement payés. L'assurance de bonnes conditions de travail, notamment dans les domaines de la santé et la sécurité et de la protection sociale dans la chaîne d'approvisionnement est un autre domaine qui doit faire l'objet d'un examen. L’ICU est conscient de ces questions et prévoit d'en discuter avec le ministre.   

"L’exportation de ferraille du Ghana provoquera pratiquement l'effondrement de l'industrie de l'acier si une autre politique nationale n’est pas mise en place de façon draconienne pour interdire l'exportation”, a déclaré Kotei:  “C’est pour cette raison que ICU-Ghana s’associe totalement à la déclaration faite par le ministre du Commerce et de l'Industrie. Nous collaborons donc avec l'honorable ministre pour une interdiction de l'exportation de ferraille”.

Attaque contre la mine de charbon de Cerrejón

Le syndicat national des mineurs de charbon, Sintracarbón, a condamné publiquement l’attaque. Le syndicat représente les travailleurs et travailleuses de Cerrejón, qui sont en grève depuis le début de février.

Il s’est déclaré solidaire de l’entreprise, Carbones del Cerrejón Limited, qui emploie environ 12.000 travailleurs et travailleuses directement ou en sous-traitance. Le syndicat a lancé un appel au gouvernement central pour qu’il "assume sa responsabilité en assurant à Carbones del Cerrejón le droit constitutionnel de mener des activités, et à Sintracarbón la liberté syndicale et le droit d’entreprendre une négociation collective et de faire grève. Ces droits fondamentaux ont été remis en question par l’attaque terroriste de dimanche matin”.

Le syndicat a demandé aux autorités compétentes de garantir la sécurité sur le lieu de travail et de mener une enquête.

Finalement, le syndicat a déclaré que “l’attaque risque de compromettre la grève qui a commencé le 7 février, après que 97% des membres de Sintracarbón eurent voté en faveur de l'arrêt de travail. La grève est menée conformément aux traditions démocratiques et non violentes de ce syndicat qui a toujours défendu les droits des travailleurs et travailleuses de la communauté de Guajira”.

Sintracarbón a dit que la grève respecte la Constitution et la législation, et il espère qu'un accord sera conclu prochainement. Les négociations concernant le cahier de revendications syndicales, et notamment les questions relatives à la santé, ont repris lundi 25 février.

IndustriALL Global Union se déclare choqué par la position intransigeante adoptée par Carbones. Cerrejón, quatrième plus grand exportateur de charbon au monde, est une coentreprise de BHP Billiton, Anglo American et Xstrata. IndustriALL fait appel à tous les affiliés pour soutenir Sintracarbón dans ces négociations et assurer un soutien solidaire international par l'envoi de lettres de protestation à Carbones del Cerrejón pour que l'entreprise tienne compte des revendications de Sintracarbón.

La Banque mondiale procède à la révision de la protection des droits du travail

L’année dernière, la Banque mondiale a engagé des consultations pour la révision attendue depuis longtemps de ses politiques de protections sociale et environnementale. La Confédération syndicale internationale (CSI) et les fédérations syndicales internationales (FSI) ont proposé que la Banque mondiale se serve de la révision de sa politique pour introduire une protection complète des normes de travail afin d’assurer que toutes les activités financées par la Banque respectent les normes fondamentales de travail de l'Organisation internationale du Travail (OIT) et autres conditions de base relatives au travail.

Pendant de nombreuses années, la Banque mondiale a compté sur un système de protection destiné identifier et contrôler les risques en matière sociale et environnementale, et améliorer les résultats du développement. Alors que presque tous les projets de la Banque touchent les travailleurs et travailleuses d'une manière ou d'une autre, la protection ne concerne pas actuellement la main-d'œuvre et les conditions de travail.

La CSI et les FSI recommandent que l'approche de la Banque mondiale pour la révision de la protection permette d'identifier les normes et les conditions de travail comme des domaines d‘application de la révision. La politique de protection présentée par la Banque au Conseil pour être revue et faire l’objet d’une consultation publique devrait inclure une solide politique de normes de travail compatible avec les progrès réalisés dans d'autres divisions du Groupe de la Banque mondiale, notamment par la Société financière internationale (International Finance Corporation – IFC). (Voir la note récapitulative de la CSI et les FSI)

Les affiliés de IndustriALL Global Union sont encouragés à participer aux consultations de la Banque mondiale portant sur la révision de la protection pour plaider en faveur de l'adoption de normes complètes de protection du travail. Voir la page Internet de la Banque mondiale pour toute information complémentaire sur les consultations et l'enregistrement.

Les familles des victimes d’un incendie au Bangladesh sont indemnisées

Les familles des travailleuses décédées, Nasima (28 ans), Josna (19 ans), Laiju (18 ans), Fatema (17 ans) et Nasima (17 ans) étaient rassemblées dans le bureau du Premier ministre à Dacca où se tenait la cérémonie d’indemnisation. Selon l'accord, chaque famille reçoit 1.049.000 BDT (13.300 USD), et une famille avec deux enfants mineurs obtient 10 pour cent supplémentaires pour subvenir aux frais de scolarité des enfants mineurs. Les travailleuses et travailleurs blessés, ainsi que les personnes ayant perdu leur emploi, recevront également une indemnisation. Le salaire mensuel du personnel de production était en moyenne de 4.000 BDT (50 USD).

Inditex et New Look se partagent le paiement. En outre, les organisations patronales Bangladesh Garment Manufactures & Exporters Association (BGMEA) et Bangladesh Knitwear Manufacturers and Exporters Association (BKMEA) versent chacune 100.000 BDT (1.270 USD) à chaque famille. Le gouvernement bangladeshi s'est engagé à annoncer très bientôt sa part dans les mesures d'aide.

Lors de la cérémonie, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a précisé que l'accord a été conclu et l'indemnisation réglée moins d'un mois après la tragédie de Smart Fashion. Il s'est engagé à chercher à obtenir un accord d'indemnisation identique avec les marques et les acheteurs qui s'approvisionnaient chez Tazreen Fashion, où un autre incendie a tué 112 travailleuses et travailleurs le 26 novembre 2012.

Raina a ajouté que IndustriALL Global Union et le Conseil de IndustriALL au Bangladesh continueront de travailler sur la question des droits du travail, du salaire minimum et de la sécurité contre l'incendie au Bangladesh.

Jyrki Raina a déclaré: “IndustriALL soutient la Première ministre, Sheikh Hasina, et son gouvernement qui cherchent à développer l'industrie de la confection pour créer des millions de nouveaux emplois décents. Cette vision de l'avenir est pourtant menacée par l'attention portée dans la presse européenne et nord-américaine aux problèmes concernant la sécurité contre l'incendie, les droits du travail et le niveau très bas des salaires. La bonne nouvelle, c'est que le gouvernement travaille déjà sur les problèmes rencontrés dans ces domaines où une action doit être entreprise de toute urgence pour améliorer l'image de l'industrie:

·         La révision de la loi sur le travail de 2006, qui doit permettre de faciliter l'enregistrement de nouvelles organisations syndicales locales, arrive bientôt à terme.

·         Le salaire minimum de 3.000 BDT (38 USD) par mois doit être augmenté considérablement et suivi de révisions annuelles, comme cela a été le cas en janvier dans des pays voisins comme l'Indonésie (200 USD), la Chine (200 USD) et la Thaïlande (300 USD).

·         À la suite d'un accord tripartite sur la sécurité contre l'incendie signé par le gouvernement bangladeshi, BGMEA, BKMEA et IBC le 15 janvier, un Plan national d'action devrait être parachevé pour le 28 février. IndustriALL a convoqué en mars les grandes marques et les principaux acheteurs à son siège mondial à Genève pour examiner leur contribution à ce Plan. IndustriALL favorise une initiative sur la sécurité qui inclue une contribution de tous les partenaires sous forme d’inspection, de formation et d'investissement pour améliorer les installations qui présentent des dangers”.

Au début de la même semaine, IndustriALL a organisé une réunion de très nombreux protagonistes à Dacca en raison des progrès à accomplir de toute urgence dans les domaines des droits des travailleuses et travailleurs, du salaire minimum et de la sécurité contre l'incendie, pour pouvoir assurer un avenir durable à l'industrie de la confection au Bangladesh et la création de millions de nouveaux emplois décents.

Des travailleurs contractuels indiens adhèrent à des syndicats de mineurs

“La puissance syndicale est tributaire de ses effectifs. Nous devons organiser les contractuels, les syndiquer, nous battre pour eux et accroître notre puissance”, a déclaré M. B.K. Das, secrétaire général de l’INMF.

Le nombre de personnes occupant un emploi permanent dans les mines de charbon indiennes a diminué rapidement, passant de 700.000 en 2000 à 300.000 actuellement, et devrait être de 100.000 en 2016 selon les prévisions. Cependant, la main-d'œuvre n'a pas diminué. Les contractuels ont remplacé progressivement les permanents, et c’est pourquoi l’INMF a donné la priorité à la syndicalisation des contractuels. La fédération a commencé à syndiquer systématiquement les travailleurs et travailleuses précaires dans de nombreuses entreprises, notamment Eastern Coalfields Limited (ECL), Mahanadi Coalfields Limited (MCL), Bharat Coking Coal Limited (BCCL), Western Coalfields (WCL) et South Eastern Coalfields Limited.

Après avoir approuvé un plan d'action, l’INMF a organisé une série d'ateliers de sensibilisation en impliquant les directions syndicales dans différents bassins charbonniers, puis par la localisation systématique des lieux de travail, la collecte d’une information sur les travailleurs et travailleuses précaires, et pour déterminer des organisateurs potentiels parmi les contractuels. Avec le soutien du projet sur l'emploi précaire de IndustriALL, un programme de formation a été élaboré pour former des organisateurs parmi les permanents et les contractuels, et des ateliers d'éducation ont été destinés aux travailleurs et travailleuses précaires pour les encourager à se battre pour obtenir un traitement égal ou tout au moins meilleur. Ce programme a couvert tous les secteurs d'activité dans les mines: des travailleuses ont été formées pour syndiquer des travailleuses contractuelles parmi le personnel de nettoyage dans les entreprises minières. 

L’INMF a pu réaliser avec succès une campagne de syndicalisation malgré l'hostilité des entreprises minières. L'un des points forts de la campagne a consisté à faire connaître ce que les syndicats avaient obtenu pour les travailleurs et travailleuses précaires dans différentes mines de charbon. Le partage de l'information sur les réussites syndicales a permis aux contractuels de réaliser que leurs luttes pouvaient réussir et les a encouragés à se mobiliser.

Pendant toute la campagne, l’INMF a suivi le principe d'une syndicalisation des contractuels dans les mêmes syndicats au lieu de diviser la main-d'œuvre par la création de syndicats séparés. Toutefois dans certains cas, cela prenait un certain temps en raison d’amendements nécessaires aux statuts, ce qui a amené la création de plusieurs syndicats séparés pour les travailleurs et travailleuses sous contrat, notamment le syndicat des travailleurs contractuels du bassin charbonnier Asansole (9.600 membres) et le syndicat des travailleurs contractuels du transport du bassin charbonnier Mahanadi (10.375 membres), contrôlés attentivement et soutenus par les syndicats existants.

La création de syndicats plus puissants a permis aux travailleurs et travailleuses précaires d'obtenir des améliorations de leurs conditions de travail. La négociation collective a permis au syndicat des travailleurs contractuels du transport du bassin charbonnier Mahanadi d’obtenir le paiement régulier des salaires par le biais de la banque, la déduction des contributions à la caisse de prévoyance, l'accès à des moyens médicaux dans les hôpitaux de l'entreprise, et des primes annuelles. Au niveau national, leur puissance grandissante a aidé les syndicats indiens à se mobiliser avec succès pour obtenir un accord en 2012 sur une augmentation importante des salaires et autres allocations pour les travailleurs et travailleuses précaires dans le secteur public de l'industrie du charbon.

L’INMF a montré que la syndicalisation des travailleurs et travailleuses précaires n'est pas seulement possible, mais qu’elle accroît la force de tous les travailleurs et travailleuses pour négocier de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.

Les institutions internationales doivent soutenir la création d’emplois

Les syndicats accèdent plus facilement que jamais aux institutions chargées de la direction des affaires mondiales. Nous nous en servons pour préconiser énergiquement un concept syndical de changement.

Les revendications syndicales portent sur cinq domaines-clés:

Les syndicats sont reconnus comme étant des acteurs sociaux essentiels du G20 dans le cadre du sommet syndical L20 réunissant les dirigeants syndicaux des pays du G20 et les syndicats mondiaux. Les syndicats sont maintenant engagés dans des réunions bilatérales avec les dirigeants de G20 dans toutes les réunions du G20 qui regroupent les plus grands pays industrialisés et en développement du monde. 

L'impact des syndicats était une réalité dans la déclaration du sommet de Los Cabos du G20 en juin 2012, qui soutenait ‘la création d'emplois de qualité et un travail décent’, signifiant par là ‘des emplois avec des droits syndicaux, une couverture de sécurité sociale et un revenu décent’. 

Depuis 2002, le mouvement syndical international a participé à un dialogue régulier et structuré avec le FMI et la Banque mondiale, par un engagement constructif tout en analysant leurs politiques d’un œil critique.

Les syndicats ont été particulièrement critiques à l’égard de la prescription unique et applicable partout du FMI portant sur une déréglementation du marché du travail. Lors des dernières consultations avec le FMI, en février 2013, les syndicats ont présenté une critique acerbe de sa politique de recommandations aux pays européens. Le FMI a constamment conseillé aux pays de démanteler la protection de sécurité d'emploi, ainsi que les négociations collectives nationales et sectorielles, comme étant l'une des principales mesures à appliquer pour surmonter la crise. Ce conseil a été appliqué sans discernement dans des pays ayant des déficits continus de leurs comptes, ainsi que dans ceux qui enregistraient des excédents, sur la base d’un programme marqué par une idéologie plutôt que sur la réalité d'une situation.

Un autre sujet perpétuel de discorde est l'indicateur sur l'emploi de la main-d'œuvre du rapport ‘Doing Business’ de la Banque mondiale, pour justifier et encourager une déréglementation encore plus forte du marché du travail. En réponse à une pression du mouvement syndical, la Banque mondiale a retiré son indicateur, bien que l’on ait la preuve qu'il exerce encore une influence sur la politique de la Banque.

Sur un plan plus positif, l’intérêt porté aux emplois dans le Rapport 2013 de la Banque sur le développement dans le monde devrait l’encourager à placer la pérennité du travail décent au centre de ses stratégies de développement. Elle a également réalisé des progrès en adoptant finalement une protection des normes de travail dans tous les projets de la Banque mondiale.

Aux côtés d'autres syndicats mondiaux, IndustriALL va continuer d'utiliser toutes les voies permettant d'exercer une influence politique pour continuer de faire pression sur le G20, le FMI et la Banque mondiale. Ces institutions internationales doivent promouvoir des politiques qui garantissent la justice sociale pour tous les citoyens et citoyennes.