Journée d’action de la CES: Non à l’austérité!

L’Union européenne (UE) doit avoir une forte dimension sociale, et c’est pourquoi la CES organise une action syndicale européenne les 13-14 mars 2013, avant le sommet européen prévu pour les 14-15 mars. Des milliers de travailleurs et travailleuses, de représentant(e)s syndicaux/ales et de citoyen(ne)s d’Europe exigeront la suspension des politiques d’austérité de l’UE qui pèsent terriblement sur l’économie.

Des mobilisations nationales ont eu lieu le 13 mars dans plusieurs pays d’Europe. Un rassemblement syndical aura lieu à Bruxelles le 14 mars; des délégations syndicales venues de toute l’Europe exigeront un changement de cap. Le dirigeant de la CES Ignatie Fernández Toxo et la secrétaire générale Bernadette Ségol prendront la parole avec d’autres dirigeants syndicaux.

Les syndicats ne seront pas les seuls à se mobiliser contre les politiques d’austérité.  Des ONG, des associations et des mouvements sociaux rassemblés au sein d’une coalition“Pour un Printemps européen”  ont également un programme d’initiatives, et leur manifestation rejoindra celle de la CES à Bruxelles le 14 mars, sous le mot d’ordre “Notre démocratie contre leur austérité!”

L’austérité provoque une récession économique et fait sombrer dans la pauvreté les citoyens et citoyennes les plus vulnérables. Seul un changement de gestion économique et politique peut améliorer l’emploi et la croissance. L’une des priorités de l’action de la CSE portera sur les jeunes qui paient actuellement le prix le plus élevé de la crise et de l’austérité.

Où? Au Parc du Cinquantenaire à Bruxelles.

Quand? Le 14 mars de 14 à 16 heures.

GM Daewoo condamné à une amende pour emploi illégal de travailleurs intérimaires

La Cour suprême a confirmé une décision judiciaire sur l’emploi illégal par GM Daewoo de travailleurs engagés chez des sous-traitants sur ses chaînes de montage. Une décision de la Cour suprême en 2010 avait déclaré l’illégalité de cette pratique chez Hyundai à la suite d’une campagne acharnée du syndicat coréen des métallurgistes (KMWU) affilié à IndustriALL Global Union, qui syndique les travailleurs et travailleuses dits ‘irréguliers’ dans le secteur. La dernière décision judiciaire en date suit la victoire importante du KMWU et déclare une responsabilité pénale et une condamnation sous forme d’amendes. 

Après enquête, le ministère de l’Emploi et du Travail a également trouvé que le détaillant coréen K-Mart avait illégalement employé du personnel intérimaire. Ces décisions devraient mettre un frein à la pratique injuste d’emploi de cette main-d’œuvre par d’autres entreprises en Corée du Sud. Le tribunal a également déterminé que le fabricant et le propriétaire de l’entreprise partenaire détiennent tous deux le même degré de responsabilité pénale.

Le 28 février, la Cour suprême a confirmé sa décision en appel. Le tribunal a décidé que David Nick Reilly, ancien président de GM Daewoo Motors qui avait été mis en examen pour infraction à la loi sur la protection des travailleurs d’agence temporaire, devra payer une amende de 7 millions de won (6.457 USD). Des amendes de 3 à 4 millions ont également été confirmées pour six autres accusés qui avaient été jugés pour les mêmes accusations que Reilly, notamment un homme surnommé Kim qui est président d’une entreprise partenaire de GM Daewoo.

Les salariés dits ‘irréguliers’ reçoivent une fraction du salaire de leurs collègues employés régulièrement, et ils sont les premiers à être mis à pied quand l’économie se porte mal. La Corée emploie un nombre très élevé de ces travailleurs ‘irréguliers’, et nombre d’entre eux sont employés par des sous-traitants pour travailler chez l’entrepreneur principal.

Mis à part le fait qu’il est illégal de placer des intérimaires directement sur les chaînes de montage des fabricants, des entreprises industrielles ont employé des travailleurs et travailleuses intérimaires en se servant abusivement d’un vide juridique par le biais de la sous-traitance. Maintenant que la Cour suprême a établi un précédent en poursuivant au pénal des propriétaires d’entreprises, on peut s’attendre à des changements dans ces pratiques industrielles.

Accord conclu chez Cerrejón en Colombie

“Les travailleurs et travailleuses qui assistaient à des réunions pour connaître le résultat des négociations ont reconnu que l'accord comportait des améliorations importantes sur la protection de leurs droits à la santé, au logement, à l’éducation et au travail décent, et qu'il tenait également compte des problèmes des travailleurs et travailleuses liés à des difficultés financières”, a déclaré Igor Díaz, président du syndicat des travailleurs Sintracarbón.

Des représentants de Sintracarbón et de Carbones de Cerrejón Limited rédigent maintenant la nouvelle convention collective, et le personnel reprendra normalement le travail dans la plus grande mine de charbon à ciel ouvert au monde.

L'accord restera en vigueur jusqu'à 2015. Une prime de 7.000 $ a été accordée ainsi qu’une augmentation salariale de 5,1 pour cent la première année et des hausses liées à l'inflation.

Sintracarbón estime que l'accord représente un progrès important. L'entreprise a par exemple reconnu le droit des syndicats à participer aux décisions concernant la sélection, la mise sous contrat, l’évaluation et la gestion de l'entreprise chargée des soins de santé qui assurera des services par différents systèmes de santé. Le syndicat a déclaré vouloir demander à l'entreprise chargée de la santé d'investir dans l'infrastructure pour améliorer les soins médicaux dans le département de La Guajira. Les travailleurs/euses qui ont besoin de soins médicaux spécialisés auront accès à de nouveaux centres de réhabilitation au nord et au sud de La Guajira, ce qui permettra d'améliorer la qualité de vie du fait que ces personnes resteront dans la région pour recevoir ces soins. Le changement apporté au système de transport constitue un autre avantage avec des autocars capables de faire des voyages de 2 à 3 heures.

Sintracarbón a déclaré qu’une avancée importante a été réalisés vers le travail décent avec l'acceptation par l'entreprise de donner des contrats d'emploi permanent à 600 travailleurs temporaires. “Cette décision donne aux travailleurs une sécurité d'emploi, une meilleure protection de sécurité sociale et la garantie du droit d'adhérer à un syndicat, qui sont les conditions requises du travail décent, selon la définition de l’OIT”, a dit le syndicat.

Les autres avantages obtenus concernent des prêts pour le logement et un meilleur niveau d'éducation pour les travailleurs/euses et leurs familles.

La convention collective 2013-2015 est le résultat de l'attitude ferme du syndicat qui a prôné le dialogue direct comme mécanisme légitime pour résoudre les différends avec l'employeur. Les négociations directes ont duré 20 jours. Elles ont été prolongées de 20 jours, après quoi les travailleurs et travailleuses ont voté en faveur de la guerre. La grève a duré 29 jours, et pendant ce temps, le syndicat est resté ouvert au dialogue et à la négociation d'un accord équitable pour les travailleurs et travailleuses.

IndustriALL Global Union et United Steel Workers (USW) ont soutenu la grève en envoyant des fonds pour couvrir les besoins des grévistes. Ils ont également écrit au gouvernement et à l'entreprise et ont eu un entretien avec l'ambassadeur de Colombie à Genève. Ils félicitent le syndicat pour l'amélioration de la qualité de vie de tous les travailleurs/euses et de leurs familles.

Les travailleurs de Nissan aux États-Unis présents au salon de l’automobile de Genève

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, a ouvert la cérémonie en expliquant que si les usines Nissan sont syndicalisées dans le monde entier, ce n’est toujours pas le cas aux États-Unis.

Aux États-Unis, Nissan refuse aux travailleurs et travailleuses le droit à une élection syndicale équitable dans son usine du Mississippi et mène une campagne de peur pour décourager les salariés d’adhérer à un syndicat.

Prenant la parole lors de la cérémonie, Michael Carter et Willard “Chip” Wells Jr. ont décrit la situation des travailleurs et travailleuses chez Nissan dans le Mississippi.

“Nissan nous dit que l’entreprise ne veut pas de syndicat dans le Mississippi”, affirme Michael Carter.

“L’entreprise essaie de faire peur avec les syndicats. Elle prétend que l’usine fermera si nous soutenons un syndicat. Nous avons besoin d’un processus loyal pour que le personnel puisse décider de lui même”, a-t-il ajouté.

Nissan a mené une campagne de peur pour empêcher les salariés de former un syndicat, qui repose sur les points suivants:

Après avoir pris la parole à la cérémonie, le travailleur de Nissan, Chip Wells, a déclaré: “Nous voulons travailler ensemble avec Nissan. C’est une bonne entreprise qui fabrique de bonnes voitures. Nous pourrions faire de meilleures voitures et être plus productifs avec un syndicat qui nous représente”.

Les travailleurs et travailleuses avec le soutien de l’UAW, affilié à IndustriALL Global Union, ont été rejoints par des membres de l’Alliance du Mississippi pour la justice chez Nissan (Mississippi Alliance for Fairness at Nissan – MAFFAN), une organisation représentant le clergé, des responsables élus, des groupes de défense des droits civils, et des étudiant(e)s.

Une délégation de salariés, du clergé et de responsables de l’UAW chargés de la syndicalisation se trouve à Genève, du 5 au 10 mars, pour appeler l’attention sur les infractions aux normes de travail et demander aux visiteurs et aux journalistes se rendant au Salon de l’automobile de Genève de “voir plus loin que l’éclat de Nissan”.

www.beneaththeshine.org

www.beneaththeshine.fr

www.dobetternissan.org

50.000 Brésiliens manifestent en faveur des droits du travail

Plus de 50.000 manifestant(e)s ont défilé, mercredi 6 mars, jusqu'à l'Esplanade des ministères à Brasilia, la capitale du Brésil, pour soutenir les revendications de la classe ouvrière pour des investissements publics plus importants dans l'infrastructure et les services sociaux, un marché intérieur plus fort, la redistribution des revenus, et contre les attaques d’inspiration néo-libérale sur les droits du travail.

Avec la participation des écoles de samba et de groupes de danseurs de Bahia, la septième marche des centrales syndicales et des mouvements sociaux pour la citoyenneté, le développement et la reconnaissance de la valeur du travail, a rendu hommage au président vénézuélien, Hugo Chávez, décédé récemment. Les travailleurs et travailleuses ont également assisté à la veillée funèbre devant l'ambassade du Venezuela en l’honneur du président Chavez, que les manifestant(e)s ont appelé "le plus grand défenseur des causes ouvrières".

Le défilé, qui a mis plus de trois heures pour atteindre le Congrès national, était organisé par des syndicats affiliés à Central Única de los Trabajadores (CUT), Força Sindical, Central de los Trabajadores y Trabajadoras de Brasil (CTB), Unión General de los Trabajadores (UGT), the Nueva Central Sindical de Trabajadores (NCST) et Central General de los Trabajadores de Brasil (CGTB).

La plupart des syndicats affiliés à IndustriALL Global Union dans les secteurs de la métallurgie, du textile et des chaussures, des produits chimiques et pharmaceutiques, du pétrole, du papier et des matières plastiques, sont également affiliés à Força Sindical ou à la CUT. Les deux centrales syndicales sont en faveur de l'unité du mouvement syndical, élément moteur du défilé qui réunissait 50.000 manifestant(e)s, composés d'ouvriers, d’étudiants, d'hommes et de femmes, en bref, du peuple brésilien.   

Les syndicats ont présenté des revendications suivantes:

Les syndicats se battent à New York pour la condition de la femme

En axant ses travaux sur l’élimination et la prévention de toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles, la délégation syndicale à UNCSW57 demandera à tous les États membres de prendre immédiatement et sans délai toutes les mesures nécessaires pour empêcher et remédier à la violence contre les femmes et les filles.

Plus de 6.000 représentantes de la société civile se sont inscrites à cet événement annuel organisé par les Nations unies à New York pour examiner la condition de la femme.  Des fédération syndicales internationales comme l’ISP, l’UNI et l’IE assistent à la conférence, ainsi que des centrales nationales et des syndicats nationaux, dont le CEP au Canada affilié à IndustriALL Global Union.

Selon un rapport de la Banque mondiale cité à la conférence, les femmes âgées de 15 à 44 ans sont plus sujettes à une mort violente que de mourir de paludisme, de Sida et de cancer.

Cette année l'Organisation internationale du Travail (OIT) appelle également l'attention sur la question du harcèlement sexuel à l'occasion de la Journée internationale de la femme le 8 mars. La déclaration de l'OIT à la Commission associe à la lutte contre la violence le combat mené par l'OIT en faveur du travail décent. L'OIT a des politiques et des programmes pour éliminer la discrimination sexuelle au travail, notamment contre le harcèlement sexuel et la violence liée au sexe.

Il est difficile d'obtenir des données exactes, mais selon des estimations, de 40 à 50 pour cent des femmes dans l'union européenne sont l'objet d'avances sexuelles non voulues au travail. Dans les pays de la région Asie-Pacifique, ce taux est de 30 à 40 pour cent. Chaque fois qu'une discrimination brutale est admise et se poursuit, la société doit accentuer sa lutte contre la violence liée au sexe. Les syndicats incluent des clauses sur le harcèlement sexuel dans les conventions collectives et s’y attaquent par des procédures de revendication.

Des diplomates à New York craignent que des gouvernements conservateurs cherchent une fois de plus à bloquer la déclaration finale de la conférence, en prétendant que la religion, les coutumes et les traditions les empêchent de combattre la violence contre les femmes. Ils restreignent la santé des femmes et leurs droits à la reproduction, et même leur intégrité, en insistant sur des positions “traditionnelles” et “morales”, et en attaquant les droits de la personne déjà consacrés dans des actes internationaux.

Les femmes qui osent transgresser les valeurs exprimées par les fondamentalistes, les paramilitaires ou les extrémistes sont victimes de violences, de marginalisation, d’intimidation, de diffamation. Les militantes présentes à UNCSW57 qui défendent les droits des femmes, se battent avec acharnement pour que les réussites obtenues pour lesquelles les femmes se sont battues si durement ne soient pas réduites.

L’autonomisation économique des femmes était un thème important à la session sur la Violence contre les femmes et le VIH en Afrique. Les ministres des femmes et de l'égalité sexuelle du Zimbabwe, du Ghana et du Malawi ont pris la parole à la session, ainsi qu'une camarade du réseau des femmes de Namibie sur la vie des femmes atteintes du VIH.

Les participantes ont approuvé le programme de développement post-2015, après la fin des Objectifs du millénaire pour le développement, qui incluait l'égalité pour les femmes. La dépendance économique des femmes envers les hommes les rend vulnérables à une violence basée sur le sexe et à la transmission du VIH. L’autonomisation économique se traduit par le pouvoir de décider, une plus grande capacité à refuser un rapport sexuel ou négocier un rapport sexuel protégé, un temps moins grand passé à la recherche de nourriture, d'énergie et d'eau, et davantage de temps consacré à l'éducation et à un engagement social et politique. L’éducation, le travail décent et un accès à l'eau potable étaient certaines des priorités avancées pour parvenir à l'autonomisation économique des femmes en Afrique.

L'une des conclusions est que davantage de femmes ont été recrutées dans la police, comme casques bleus et comme juges. La lutte contre la violence à laquelle les femmes sont soumises doit être une priorité pour la pérennité, la paix et la sécurité. Et les syndicats doivent jouer leur rôle en tant que partenaires légitimes dans le combat pour éliminer la violence. Les conclusions finales de la Commission de la condition de la femme (UNCSW57) seront adoptées le 15 mars 2013.

Un nouveau coup est porté à la fédération syndicale du Swaziland

Partout dans le monde, les syndicats avaient approuvé les efforts d’unité au Swaziland pour unifier les travailleurs et travailleuses en une fédération, quand Tucoswa a vu le jour en mars 2012 par la fusion de deux fédérations, la fédération des syndicats du Swaziland (SFTU) et la fédération du travail du Swaziland (SFL).

Le gouvernement du Swaziland avait félicité dans un premier temps la fédération pour sa création, mais a rapidement changé d'avis quand Tucoswa a adopté une résolution demandant des élections libres et régulières au Swaziland, et notamment l'impossibilité d'interdire des partis politiques. Tucoswa a été radié sur instruction du procureur général du Swaziland et sa légitimité est remise en question.

Le tribunal a trouvé que si les dispositions législatives permettent d'enregistrer des syndicats individuellement, la disposition concernant l'enregistrement d'une fédération a été retirée de la loi sur les relations industrielles de 2000. C'est pourquoi, il était difficile pour le tribunal d'interpréter si l'exclusion était intentionnelle. Le juge a demandé aux syndicats d'attendre l'adoption d'un projet de loi d'amendement qui permettra la promulgation d'une disposition portant sur l'enregistrement d'une fédération.

La décision a paralysé le dialogue social dans le pays alors que les syndicats rappelaient tous leurs membres dans des structures tripartites, notamment le Comité consultatif du travail et les représentants dans la structure nationale de conciliation et de médiation des conflits sociaux.

“Pendant que le tribunal a donné comme directive au gouvernement et à Tucoswa de parvenir à un règlement sur la méthode de travail à adopter jusqu’à l’aboutissement de l’amendement, similaire à un accord de reconnaissance, le jugement confirme l'absence de liberté syndicale au Swaziland, malgré une structure juridique qui semble accorder ces droits”, a déclaré Mduduzi Gina, secrétaire général adjoint de Tucoswa.

La décision basée sur ce qui paraît être un détail technique, permet de s'inquiéter sur le fait que le pouvoir judiciaire est manipulé pour satisfaire des objectifs du gouvernement qui consistent à frustrer les tentatives des syndicats à mettre en place une véritable démocratie au Swaziland. Le refus d'une légitimité pour Tucoswa peut être interprété comme une tactique dilatoire du gouvernement pour que les syndicats aient de la difficulté à avoir le droit d’organiser des actions sur des questions politiques avant les élections nationales prévues plus tard dans l'année.

Sortie de prison d’un syndicaliste russe

Le tribunal local de Sakha, Russie, a ordonné la libération de prison du dirigeant syndical Valentin Urusov. Il devra payer une amende et exercer un travail d'intérêt général en remplacement du reste de sa peine d’emprisonnement de six ans. Le décision du tribunal prendra effet dans les 10 jours.

Urusov a été emprisonné en 2008 sous ce que beaucoup considèrent comme une accusation fabriquée de toutes pièces pour ses tentatives réussies de syndiquer les travailleurs des mines de diamants dans la province de Sakha située au nord de la Russie.

Durant l’une des campagnes de mobilisation en septembre 2008, Urusov a été kidnappé par des policiers locaux. Il a été roué de coups et menacé de mort avant d'être placé en état d'arrestation. Les accusations forgées de toutes pièces – trafic de drogue – ont été prouvées être fausses par décision de la cour suprême de la république de Sakha en mai 2009. Urusov a été relâché, mais arrêté de nouveau plus tard. Il va maintenant sortir de prison, mais n'a pas été disculpé de toutes les accusations.

Une centrale syndicale, la confédération du travail de Russie (KTR), a offert un emploi à Urusov. Le représentant de la KTR assure que les syndicalistes ne mettront pas fin à leur action tant que toutes les accusations contre Urusov n'auront pas été abandonnées et qu’il ne sera pas totalement réhabilité.

Auparavant, l'Organisation internationale du Travail avait recommandé une enquête sur les allégations de harcèlement antisyndical contre Valentin Urusov, et sa libération immédiate si ces allégations s'avéraient véridiques.

IndustriALL a soutenu Urusov et se joint à l’UITA pour demander au jury de le proposer au Prix international Arthur Svensson des droits syndicaux 2013 pour son activité syndicale digne d’éloges réalisée courageusement.

Valentin Urusov a déjà parlé au téléphone avec les personnes qui l’ont soutenu pour les remercier de leur solidarité durant toutes ces années.

Préavis de grève chez Caterpillar en Belgique

Les affiliés belges d’IndustriALL Global Union ont vivement réagi à l’annonce de Caterpillar de vouloir supprimer 1400 emplois (1100 ouvriers et 300 employés administratifs) dans son usine de Gosselies près de Charleroi qui compte au total 3,700 employés.  En outre, la direction a annoncé que 190 contrats à durée déterminée ne seront pas reconduits. 

Les organisations belges ont fait part de leur consternation dans un communiqué commun.  « Il est inadmissible qu’une entreprise qui réalise des profits colossaux et bénéficie d’aides fédérales et de subsides régionaux puisse annoncer un plan social d’une telle ampleur. Au-delà des chiffres c’est l’avenir de milliers de familles qui est pris en otage » ont-elles déclaré.

Depuis cette annonce, les syndicats ont réaffirmé l’importance d’un large front commun, incluant non seulement les syndicats ouvriers et des employés mais aussi les travailleurs chez les sous-traitants pour mettre en place une stratégie contre le plan de restructuration de la direction.  « Nous privilégions le dialogue social pour trouver des solutions permettant de garantir la pérennité du site de Caterpillar mais nous passerons à la vitesse supérieure avec des actions dures si nous ne sommes pas entendus » a averti un représentant syndical.  Une rencontre avec la direction est prévue pour le jeudi 7 mars.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union a adressé une lettre de solidarité aux travailleurs de Gosselies.  « S’il faut relever les défis économiques qui nous sont lancés, cela ne doit pas se faire au détriment des emplois et des garanties sociales et ni en opposant les salariés entre eux ou en brandissant les délocalisations.  Il faut défendre l’économie réelle, il faut défendre l’industrie et la promouvoir » a-t-il déclaré. 

Principal centre de production Caterpillar en Europe, l’usine de Charleroi, qui fabrique notamment des excavatrices pour le marché européen, est l’un des plus gros employeurs de la région. Le plan industriel de Caterpillar est vide de sens et n’offre aucune garantie d’avenir ont déclaré les syndicats.  La priorité du front commun est d’examiner toutes les pistes permettant d’éviter ces agressions sociales.  Les syndicats ont déposé un préavis de grève pour une durée indéterminée.  

Modification de la législation slovène pour restreindre l’emploi précaire

Une nouvelle loi a été adoptée le 5 mars en Slovénie pour rendre l'emploi temporaire plus coûteux, et donc moins intéressant pour l’employeur. À présent, tout travailleur/euse ayant occupé le même poste pendant deux ans doit obtenir un contrat d'emploi permanent. La nouvelle loi signifie qu'un employeur ne peut pas avoir un poste de travail occupé pendant plus de deux ans sur une base d'emploi temporaire, indépendamment du nombre de personnes ayant occupé ce poste. Si l'employeur n’a pas transformé ce poste en emploi permanent après une période de deux ans, une indemnité sera versée au travailleur/euse. En outre, l'indemnisation de chômage pour les travailleurs/euses dans cette situation est cinq fois plus élevée que pour les travailleurs réguliers, un puissant facteur dissuasif pour les employeurs qui dépendent de l'emploi temporaire.

Le deuxième changement juridique introduit un quota pour le recours à des agences d'emploi privées. Les emplois temporaires fournis dans ces agences ne peuvent pas excéder 25 pour cent de l'effectif total de l'employeur et ne peuvent pas durer plus de deux ans. Un employeur ne peut pas se servir de main-d'œuvre fournie par une agence d'emploi privée pour casser une grève, ni dans le cas où des licenciements ont eu lieu au cours des 12 derniers mois. La nouvelle loi introduit également une responsabilité conjointe de l’employeur et de l’agence: dans le cas où une agence ne paierait pas le salaire d'un travailleur/euse, l'employeur devra le verser en fonction du lieu où le travail s'accomplit.

Ce résultat positif a été obtenu après qu’une proposition du gouvernement de permettre aux étudiant(e)s, aux retraité(e)s et aux chômeurs/euses d'occuper des emplois temporaires, hors des protections de la loi sur l'emploi, a été repoussée par voie de référendum en 2011.