Les travailleurs défendent la sidérurgie en Colombie

Le 11 mars, les travailleurs et travailleuses ont bloqué la circulation sur le pont à Boyacá en demandant que le gouvernement réduise les importations d’acier et mette fin à la signature d’accords de libre-échange qui nuisent au secteur de l’acier.

Les travailleurs et travailleuses ne sont pas seuls à protester. Des entreprises dans l’industrie sidérurgique demandent également la prise de mesures visant à arrêter la concurrence injuste d’entreprises étrangères. 

Selon la chambre de la métallurgie de l’association patronale colombienne (ANDI), la contrebande porte la responsabilité de la réduction de 20 pour cent de la production d’acier du pays. Elle a également averti du danger que présente la mauvaise qualité de l’acier qui entre illégalement dans le pays et ne répond pas aux normes de résistance aux séismes. 

Tout le monde veut que le gouvernement mette en place des clauses de sauvegarde contre les accords de libre-échange pour protéger l’industrie nationale, augmente les droits de douane sur les importations d’acier du Mexique (actuellement de 0%) et exclue l’acier des traités de libre-échange avec la Corée du Sud et la Turquie, qui sont parmi les principaux producteurs mondiaux. Ce sont les demandes présentées au vice-président de la république, Argelino Garzón, lors d’une réunion tenue le 15 mars par le syndicat et des représentants des entreprises sidérurgiques.

Mauricio Castro, président du syndicat SINTRAMETAL, qui est membre de ULTRAMMICOL, affilié à IndustriALL, a dit que la réunion avait examiné “les problèmes dans la sidérurgie colombienne, la nécessité d’avoir un nouveau régime douanier avec des pays comme la Turquie, Trinidad et Tobago, et la Chine, et le besoin de revoir l’accord de libre-échange avec le Mexique. Les importations du Mexique sèment la pagaille dans le secteur en raison de la quantité d’acier concernée et de son exemption de droits de douane. Plus sérieusement, cet acier coûte moins cher que l’acier colombien”. 

Les chiffres montrent que 58% de l’acier employé en Colombie est importé. Les importations ont augmenté de 46% entre janvier et septembre. La production nationale d’acier a diminué de 24% dans l’année jusqu’en octobre 2012. La situation a un impact important sur plus de 2.500 personnes employées dans ce secteur, et provoque une augmentation du chômage et de la pauvreté.

Les travailleurs chiliens du cuivre annoncent une grève nationale

À la fin d’un congrès extraordinaire de la fédération, vendredi 15 mars, Raimundo Espinoza, président de la FTC et membre du Comité exécutif de IndustriALL, a annoncé que la grève aura lieu dans les 30 prochains jours. Des réunions de planification de la grève commenceront jeudi à la division Chuquicamata et se poursuivront avec des réunions dans d’autres unités du pays.

La FTC a publié un communiqué dans lequel elle annonce avoir interrompu ses relations avec l’entreprise du fait qu’elle était lasse de l’attitude autoritaire de sa direction, de son arrogance et de l’impudeur avec laquelle elle traite son personnel et le pays. Le syndicat regrette les erreurs commises par la direction de l’entreprise, la privatisation de son régime de santé, l’externalisation de certains emplois et l’incapacité de l’entreprise à développer le potentiel de ses mines.

Espinoza a déclaré que le syndicat ne reviendra pas sur sa décision de faire grève, qui durera 24 heures et pourra être étendue en fonction de la réponse de l’entreprise. Le communiqué du syndicat affirme:

“Nous demandons une nouvelle politique minière et énergétique authentique pour le Chili. Nous demandons le respect total de nos droits et de nos accords, notamment le droit fondamental à la santé. Nous demandons que la direction de CODELCO revienne sur sa décision qui consiste à lancer secrètement des offres de privatisation des services de santé”.

La FTC va maintenant porter son attention sur le développement de son plan d’action et à maintenir un front unifié avec la centrale syndicale CUT, les fédérations et les syndicats des secteurs stratégiques des mines, de l’énergie et de la fabrication industrielle, ainsi qu’avec le mouvement syndical international par le biais de IndustriALL Global Union. Elle va également coordonner une action avec des secteurs de la société civile, notamment avec les étudiant(e)s, les mouvements régionaux, les groupes de défense de l’environnement et les associations de retraité(e)s.

Les travailleurs du caoutchouc de l’USW se battent pour des contrats équitables

L’unité des membres de la section 164 de l’USW à Des Moines, Iowa, de la section 745 de l’USW à Freeport, Illinois, et de la section 890 de l’USW à Bryan, Ohio, aux usines Titan, s’est maintenue solidement au cours des difficiles négociations. Les pourparlers ont pris fin avec la ratification par les travailleurs et travailleuses d’accords de quatre ans, contenant chacun des améliorations pour les salaires et les prestations, et une meilleure version du contrat de travail, concernant notamment la question des heures supplémentaires obligatoires.

Le directeur du district 7 de l’USW, Jim Robinson, qui préside les négociations de l’USW avec Titan a déclaré:

Nous avons pu régler des questions importantes sur trois sites et nous sommes satisfaits que pour la majorité des hommes et des femmes, l’unité et la solidarité n’ont jamais faibli au cours de ce processus.

Cependant, ailleurs dans l’industrie aux États-Unis, la section 13-836 de l’USW s’est mise en grève le 18 mars à midi chez Firestone Polymers LLC à Orange, Texas, en raison de l’intransigeance de la direction sur les questions concernant les salaires et les prestations de soins de santé qui ont fait capoter les négociations. L’usine fabrique des polymères servant à la production de certains produits en caoutchouc et en plastique.

La négociation entre la section 13-836 et la direction de Firestone avait pu trouver une solution à de nombreuses questions, mais les tentatives de l’entreprise pour faire passer le coût des soins de santé sur les salariés ont finalement obligé ces derniers à se mettre en grève.

La direction a également cherché à forcer le syndicat à abandonner son droit de négociation sur les changements apportés aux projets concernant les soins de santé.

Les membres de la section syndicale 13-836 s’inquiètent du coût des soins de santé car ils sont exposés à des substances chimiques très dangereuses et travaillent dans un environnement à risques. Ils sont plus susceptibles de nécessiter des soins médicaux en raison des risques sur leur lieu de travail.

Richard “Hoot” Landry, représentant du personnel, a déclaré:

Le syndicat est prêt à retourner à la table des négociations à la première occasion pour que les parties reprennent les discussions sur les questions non encore résolues. Jusque là, nous resterons unis pour la recherche d’un contrat équitable.

Promouvoir les droits du travail au Bangladesh

Le Comité exécutif de IndustriALL Global Union a placé le Bangladesh sur la liste des pays prioritaires en vue d’une action. Près de la moitié des 160 millions d’habitants du pays vit en dessous du seuil national de pauvreté.

Le gouvernement parie sur l’avenir des industries du textile et de la confection, qui emploient 3,5 millions de travailleuses et travailleurs. Ce chiffre pourrait doubler en 2015 et tripler en 2020. Les exportations de vêtements ont atteint l’an dernier 20 milliards de dollars, soit 80 pour cent des recettes de l’exportation.

IndustriALL soutient l’objectif visant à trouver un taux de croissance raisonnable pour l’industrie de la confection bangladaise et la création de millions d’emplois de bonne qualité. Cet avenir se trouve sérieusement menacé.

Ces dernières années, des articles parus dans la presse en Europe et en Amérique du Nord ont attiré l’attention des consommateurs/trices sur les problèmes concernant les droits du travail, le niveau extrêmement bas des salaires, la durée excessive du travail et la sécurité contre l’incendie.

M’étant rendu au Bangladesh en février, j’ai trouvé qu’il y avait un syndicat local qui fonctionnait et était enregistré que dans une vingtaine d’usines de confection sur un total de 5000 usines. En raison des menaces et des problèmes liés à l’enregistrement, moins de 1 pour cent de la main-d’œuvre est syndiquée.

Après avoir reçu des avertissements de la Commission d’experts de l’OIT et subi des pressions du gouvernement américain et de l’Union européenne, le gouvernement a maintenant annoncé que la loi sur le travail fera l‘objet d’une révision en avril. Dix nouvelles organisations syndicales locales ont été enregistrées récemment.

Les régimes salariaux sont basés dans la plupart des usines sur le salaire minimum national de 36 USD par mois, qui correspond environ au tiers d’un salaire minimum vital. Dans une usine que j’ai visitée, le personnel de production travaillait 12 à18 heures supplémentaires qui s’ajoutaient aux 48 heures de la semaine de travail pour arriver à joindre les deux bouts.

IndustriALL exige une augmentation considérable du salaire minimum pour le transformer en un salaire minimum vital revu chaque année. Les salaires minimums de l’Inde voisine, du Viêt-nam, de Thaïlande, de Malaisie, de Chine et d’Indonésie ont été relevés considérablement, en laissant le Bangladesh à la traîne.

L’amélioration de la sécurité contre l’incendie exige la prise de mesures urgentes. Depuis 2006, près de 600 travailleuses et travailleurs sont morts dans des incendies d’usine. De 50 à 90 pour cent des usines de confection sont considérées comme étant dangereuses.

Il ne fait pas de doute que les grandes marques et les détaillants sentent la pression. Parmi les plus grandes entreprises qui se fournissent au Bangladesh, citons H&M, Inditex, Walmart, Gap, C&A, Tesco, Marks&Spencer et El Corte Inglés.

En janvier, 24 hauts responsables d’entreprise ont écrit au Premier ministre, Sheikh Hasina, pour exprimer leur inquiétude sur la réussite dans l’avenir du secteur de la confection au Bangladesh, si des mesures de sécurité et les causes sous-jacentes ne sont pas prises en considération. “Ces questions menacent d’endommager encore davantage le secteur”,  ont déclaré les directeurs généraux.

Un accord tripartite sur la sécurité contre l’incendie signé en janvier par le gouvernement bangladais, les organisations patronales et le conseil IndustriALL des syndicats du Bangladesh, représente une avancée importante. Il a été suivi, fin février, d’un plan d’action national.

IndustriALL poursuit maintenant les discussions avec différents partenaires sur la façon de pouvoir combiner diverses initiatives de sécurité contre l’incendie, notamment un mémorandum d’accord que nous avons signé, en vue d’une approche coordonnée. Une augmentation du nombre d’inspections, une meilleure formation, la création de comités locaux de santé et de sécurité, et l’amélioration des installations dangereuses sont nécessaires de toute urgence.

Les industries de la confection au Bangladesh pourront seulement perdurer quand les travailleuses et travailleurs auront le droit d’établir librement des syndicat, gagneront un salaire leur permettant de vivre et travailleront sans craindre de mourir dans un incendie. Il y a encore un long chemin à parcourir.

Jyrki Raina
Secrétaire général

IndustriALL marque la journée internationale de la femme

‘Women of Steel’ rassemble plus de 5.000 activistes en Amérique du Nord. Des femmes dirigent de plus en plus souvent des départements de l’USW. Elles sont encore en retrait dans les domaines du salaire et de la sécurité économique. Néanmoins, les femmes suivent plus souvent que les hommes des études secondaires et sont également plus souvent diplômées. En 2010, l’écart salarial était de 77 cents pour chaque dollar gagné par les hommes, et il s’est encore creusé en 2012. Les femmes représentaient les deux tiers des salariés touchant le salaire minimum. Cela se traduit par le nombre stupéfiant de 17 millions de personnes qui profiteraient d’une augmentation du salaire minimum. Soixante pour cent des bénéficiaires de la sécurité sociale sont des femmes. Ces chiffres montrent pourquoi l’austérité et les coupes budgétaires touchent en premier et le plus les femmes.

La conférence comportait surtout des ateliers sur différents sujets depuis l’influence politique jusqu’aux contrats syndicaux destinés à rendre le syndicat plus exhaustif. Les États-Unis sont l’un des pays au monde qui a le taux le plus élevé de mortalité infantile et maternelle. On pourrait remédier à cette situation en permettant aux femmes de prendre un congé de maternité. Le congé de maternité et les allocations familiales peuvent être obtenus par la négociation collective, et l’USW détient des éléments concernant ces questions.

L’USW a invité des femmes à la conférence, là où le syndicat a conclu des alliances dans le monde. Il s’agit de femmes appartenant à Unite the Union au Royaume-Uni, NUM en Afrique du Sud, FMM-CFDT en France et AWU en Australie. Les femmes ont toutes participé le dernier jour à une table ronde internationale dont l’organisation avait été facilitée par la vice-présidente de l’USW, Carol Landry.

En ce qui concerne l’égalité entre femmes et hommes, l’Allemagne a du retard. L’écart salarial est en moyenne de 23 pour cent en Allemagne. Les raisons de cette situation sont multiples – les femmes travaillent souvent à temps partiel ou occupent des mini-emplois dans des secteurs qui paient moins et où les perspectives ne leur sont pas favorables; et c’est encore les femmes qui se taillent la part du lion dans les besognes domestiques à la maison et elles interrompent leur emploi salarié pour s’occuper des enfants ou des parents âgés. Il en résulte que les femmes sont rarement capables de se débrouiller seules au plan économique, de subvenir aux besoins de leur propre famille ou de se ménager une retraite pour vivre leur vieillesse dans la dignité.

C’est pourquoi l’IGBCE et IG Metall ont demandé cette année pour le 8 mars:

IndustriALL a participé aux évènements qui ont marqué la Journée de la femme, le 8 mars, à Katmandou, Népal. La centrale nationale GEFONT a organisé un rassemblement de 600 participantes pour marquer la Journée de la femme avec une nouvelle politique qui donne la priorité à l’autonomisation des femmes.

Les 7-8 mars, tous les affiliés colombiens de IndustriALL ont célébré la Journée de la femme lors d’une conférence nationale. La principale tendance à laquelle les femmes font face en Colombie est l’augmentation du nombre de femmes qui travaillent depuis leur domicile. Ce changement récent est considéré comme une nouvelle tactique du capital pour restreindre la possibilité des travailleuses à se syndiquer et à combattre collectivement.

Et pour finir, les organisations féminines en Egypte ont célébré la Journée internationale de la femme avec des évènements qui incluaient une marche pour exiger la fin à la violence en général et contre les femmes en particulier dans les manifestations, ainsi qu’un appel de soutien aux femmes dans la vie polítique pour qu’elles soient des partenaires sur un pied d’égalité. 

Mobilisation des syndicats mauriciens contre l’augmentation de la précarisation du travail dans le secteur privé

Le syndicat CMCTEU (Chimie et branches connexes) affilié à IndustriALL a lancé une campagne de recrutement de travailleurs et travailleuses précaires dans tous les secteurs de la fabrication industrielle. En deux ans, le syndicat a réussi à tripler ses effectifs en recrutant 3.000 contractuels. Le CMCTEU et la CTSP (confédération des travailleurs du secteur privé) sont devenus des acteurs de premier plan dans le dialogue social mauricien.

Nous avons élaboré des stratégies originales pour syndiquer les travailleurs et travailleuses précaires afin de détenir une représentation plus forte et de négocier avec efficacité. Cependant la bataille n’est pas gagnée pour autant. Nos tortionnaires s’organisent activement contre nous. Notre succès tient à notre capacité à syndiquer la main-d’œuvre.

Reeaz Chutto, CMCTEU

En 2010, le CMCTEU a amendé ses statuts pour pouvoir recruter des travailleurs et travailleuses sous contrat de courte durée qui constituent la majorité des salariés du secteur privé. Le syndicat, qui a participé au projet contre l’emploi précaire de IndustriALL depuis 2009, a élaboré des initiatives novatrices pour surmonter la peur des personnes occupant des emplois occasionnels pour se syndiquer. Quinze volontaires ont été formés pour se rendre sur des lieux de travail et prendre contact avec des travailleurs et travailleuses précaires qui ont commencé à contacter discrètement le syndicat pour obtenir plus de renseignements. Le CMCTEU qui les rencontre lors de week-ends, a mis en place des services spécifiques. Deux nouveaux membres du personnel ont été chargés de traiter principalement les questions concernant la main-d’œuvre précaire. La cotisation d’adhésion a été fixée symboliquement à 1 roupie (au lieu de 50 roupies). Le syndicat a également créé des services bancaires communautaires, accessibles aux travailleurs et travailleuses sous contrat de courte durée et à leurs familles. Des cours gratuits d’informatique sont également offerts aux travailleurs et travailleuses précaires.

Le CMCTEU dénonce particulièrement la féminisation des emplois précaires dans l’île Maurice. L’emploi précaire est plus fréquent dans des secteurs comme le textile où la main-d’œuvre féminine prédomine. C’est pourquoi le CMCTEU a formé beaucoup de femmes à des postes de responsabilité syndicale pour répondre correctement aux besoins des travailleuses précaires. À ce jour, les femmes représentent 24 pour cent des membres du syndicat. Le syndicat travaille également avec la main-d’œuvre étrangère qui se monte à plus de 35.000 personnes à l’île Maurice avec des contrats d’emploi précaire, sans protection sociale.

L’augmentation du nombre de membres dans le syndicat et la capacité de mobiliser des milliers de manifestants prêts à descendre dans la rue ont considérablement renforcé le pouvoir de négociation du CMCTEU. Depuis octobre 2011, pas moins de 15 conventions collectives ont été signées par le CMCTEU et ses syndicats frères également affiliés à la CTSP, qui ont permis de garantir une égalité salariale pour les personnes sous contrat de courte durée effectuant le même travail que le personnel permanent. L’une des principales préoccupations du CMCTEU a porté sur la santé et la sécurité des travailleurs et travailleuses précaires qui constituent la majorité des victimes d’accidents du travail dans les secteurs de la fabrication industrielle. En 2011, le syndicat a conclu avec plusieurs employeurs un accord qui stipule que les salariés employés depuis 12 mois ou moins ne doivent pas être exposés à un travail trop dangereux, à moins d’avoir été formés par une personne compétente.

La plus grande force du CMCTEU et de la CTSP a permis à ces deux organisations d’obtenir des résultats positifs, pas seulement pour le personnel précaire. En décembre 2012, grâce à une importante mobilisation, les syndicats ont réussi à différer l’adoption d’une proposition du gouvernement portant sur une nouvelle déréglementation du marché du travail et un affaiblissement de la puissance des syndicats. Le combat continue. De grandes mobilisations sont prévues en mars contre les “lois anti-ouvrières” dans l’île Maurice.

32.000 sidérurgistes indiens syndiqués depuis 2010

La réunion du Comité consultatif du projet (PAC) de sidérurgie en Inde, qui s’est tenue à Kolkata les 25-26 février 2013, a fait l’éloge du travail difficile accompli par INMF et SMEFI pour syndiquer plus de 32.000 travailleurs de l’acier, du minerai de fer et du fer spongieux à Jharkhand, Chhattisgarhi et Orissa, entre 2010 et 2012, et a recommandé de poursuivre le soutien et le renforcement de ce résultat remarquable.

Le projet de syndicalisation dans la sidérurgie en Inde est soutenu conjointement par les affiliés suédois de IndustriALL Global Union, IF Metall et Unionen, par le biais de l’organisme donateur LO-TCO, et par les affiliés finlandais Metalli et Pro par le biais du donateur SASK. Le projet repose sur trois principes centraux: absence de rivalité, coopération, viabilité.  

Le projet avait pour objectif en 2010-2012 de recruter 20.000 membres, et plus de 32.000 travailleurs avaient été syndiqués fin décembre 2012, dont une majorité de travailleurs précaires ou contractuels. Comme l’un des affiliés le faisait remarquer lors de la réunion, “même si ces travailleurs ont des contrats d’emploi précaire et peuvent être mis à pied dès demain, ils ont maintenant compris les avantages obtenus en appartenant à un syndicat, et quand ils trouveront un nouvel emploi, ils se tourneront vers nous pour être syndiqués sur leur nouveau lieu de travail”.

En outre, tous ces nouveaux membres sont maintenant syndiqués dans des entreprises où il n’y avait auparavant pas de syndicat, alors que maintenant il n’y a qu’un seul syndicat représentant tous les travailleurs, conformément à l’objectif du projet d’avoir “plus de membres et moins de syndicats”.

Les principales entreprises de l’acier et du minerai de fer en Inde se trouvent dans une région de conflits, appelée le Corridor rouge, et l’un des principaux facteurs qui a contribué à ce succès est la solidarité et la participation des affiliés de IndustriALL à tous les niveaux de la structure en place, ce qui signifie que toutes les interventions sur le projet au niveau du district, de l’État ou de la nation sont menées par les membres des affiliés et la direction syndicale. Il est clair que seuls des syndicats puissants peuvent entrer dans ces régions pour organiser la syndicalisation, en se trouvant directement confrontés aux mafias locales et aux employeurs.

Malgré cette énorme réussite dans la syndicalisation, INMF et SMEFI considèrent qu’actuellement, 90% de la main-d’œuvre dans ce secteur industriel reste non syndiquée, et la réunion du PAC recommande fermement la poursuite du processus de syndicalisation durant la période de projet 2014-2016.

À cette occasion, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré:

Le résultat obtenu par INMF et SMEFI prouve que la coopération et l’absence de rivalité permettent d’obtenir de grands résultats sur le terrain, et IndustriALL doit maintenant poursuivre cet effort dans les secteurs de l’extraction et de l’énergie en Inde, et renforcer la capacité de nos affiliés à accomplir des progrès pour la défense des droits des travailleurs et travailleuses dans un plus grand nombre de secteurs industriels.

Une entreprise sud-africaine d’intérêt public durement touchée par les grèves

Les mauvaises relations industrielles s’ajoutent aux délais déjà trop longs pour terminer la construction de Medupi qui est nécessaire pour mettre fin aux inquiétudes concernant la fourniture d’électricité dans le pays, alors que la centrale doit commencer à être opérationnelle à la fin de l’année. La grève a commencé en janvier quand des travailleurs ont protesté au vu du montant de leur revenu annuel et de leurs primes. Ils réfutent également les termes de l’accord de travail sur le projet.

Eskom a répondu et fermant le site peu après le déclenchement de la grève, ce qui a aggravé la situation alors que d’autres rejoignaient les rangs des personnes mécontentes du lock-out, une décision contestée devant les tribunaux par le syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud (Numsa). La grève a donné lieu à de violentes protestations et plusieurs travailleurs ont été arrêtés.

Les syndicats responsables de la syndicalisation à Medupi, notamment le syndicat national des mineurs (NUM) et Numsa, sont parvenus à un accord avec les entrepreneurs employés sur le site, grâce à l’intervention du ministre des Entreprises publiques, Malusi Gigaba. Eskom a mis fin au lock-out le 6 mars. Toutefois, l’impossibilité de s’entendre sur les termes de l’accord a amené les travailleurs à cesser une fois de plus le travail, quelques jours après la signature de l’accord le 8 mars.

La fourniture d’électricité par Eskom fait face à une menace plus immédiate car elle dépend des stocks de houille à la suite de grèves sauvages dans six mines de charbon appartenant à l’un de ses principaux fournisseurs, Exxaro Resources. Plus de 3.500 mineurs de fond ont arrêté le travail pour ne pas avoir touché leurs primes, versées généralement en février, du fait que les objectifs de production n’ont pas été atteints.

NUM soutient les revendications des grévistes chez Exxaro du fait qu’ils n’étaient pas au courant des objectifs de production et que les primes versées par l’entreprise n’ont jamais été liées à des objectifs dans le passé. Dans le cas où elle ne serait pas résolue rapidement, la grève pourrait toucher trois centrales qui fournissent 20 pour cent de l’électricité en Afrique du Sud.

Dialogue social et réseau syndical chez Unilever

IndustriALL Global Union et l’union internationale des travailleurs de l'alimentation (UITA) ont rencontré les 4 et 5 mars la haute direction de Unilever. La discussion a porté principalement sur les travailleurs et travailleuses précaires et les droits syndicaux. La santé et la sécurité au travail a également été examinée. Certaines usines de Unilever n'emploient personne sous contrat à durée déterminée ou fourni par une agence d'emploi privée, alors que d'autres usines sont presque entièrement pourvues en personnel de cette manière.

Les questions portant sur la reconnaissance d'un syndicat ont été examinées. Elles ont donné l’indication que Unilever avait la volonté de se pencher sur ces questions et de prendre en ligne de compte certaine d'entre elles. L'emploi des femmes a également été examiné. La création d’un groupe de travail sur cette question et sur la santé et la sécurité au travail a été proposée pour permettre de faire avancer la discussion lors des réunions à venir.

Des événements et des réunions récents, comme la réunion de Unilever dont il a été question plus haut, ont confirmé que les questions concernant les chaînes d'approvisionnement ne sont pas un problème propre à Unilever. En fait, il est clair que la perte de contrôle des entreprises multinationales sur leurs réseaux incroyablement (et inutilement) complexes de fournisseurs, entrepreneurs, sous-traitants, sous-traitants de sous-traitants, etc. a atteint une phase critique. On peut douter que les différents sièges d’une grande entreprise aient la capacité de contrôler ce qui se passe dans leurs chaînes d'approvisionnement – même dans les entreprises qui s'intéressent à ce qui se passe.

La réunion du réseau syndical Unilever à Eastbourne a suivi la réunion au siège de Unilever. Elle a confirmé la poursuite de l'augmentation de l'emploi précaire chez Unilever. C'est une entreprise qui a besoin de syndicats solides et d'un puissant réseau syndical mondial, capables de répondre aux actions antisyndicales en Colombie, à la fermeture d'usines au Brésil, à la sous-traitance en Indonésie, ou à l’externalisation chez Sodexo aux Pays-Bas.

La déclaration importante suivante a été adoptée lors de la conclusion de la réunion de réseau:

Les représentants des syndicats de Unilever dans le monde, réunis à Eastbourne, Royaume-Uni les 6-7 mars 2013 ont confirmé l’augmentation alarmante de la pression exercée sur nos lieux de travail et sur nos organisations syndicales. Alors que nous assistons à la croissance de Unilever en termes de ventes, de bénéfices et de dividendes versés aux actionnaires, nous faisons l’objet d’une restructuration permanente, d’une pression continuelle sur les emplois, les salaires et les prestations, d’une insécurité constante, de la poursuite de la sous-traitance et des pressions sur les droits syndicaux. Les travailleurs et travailleuses et leurs communautés ont déjà été brutalement exclus du plan de l’entreprise pour un “salaire minimum viable”.

Nous insistons pour avoir des postes de travail durables, un emploi stable et des droits garantis pour les travailleurs et travailleuses de Unilever employés actuellement et dans l’avenir. Nous avons pour cela accepté de renforcer notre solidarité et notre soutien mutuel, et approuvé une série de mesures d’ordre pratique pour réaliser la solidarité dans le cadre d’une organisation syndicale internationale, afin que les travailleurs et travailleuses puissent partager les avantages liés à la croissance de l’entreprise, au lieu de la faire payer au prix de la perte de nos emplois, de notre santé et de nos droits. Et nous nous engageons aujourd’hui à commencer ce travail dès maintenant.

Manifestation des travailleurs sri lankais de la confection pour le maintien des emplois

Le syndicat interprofessionnel des salariés et des zones de libre échange FTZ-GSEU a demandé au gouvernement de porter une attention particulière aux faux investisseurs qui trompent les travailleuses et travailleurs au Sri Lanka avant de s’enfuir du pays sans payer les salaires et en mettant des milliers de personnes au chômage et dans la misère. Le gouvernement sri lankais n’a pas fait un effort suffisant pour élaborer une stratégie de maintien de l’industrie de la confection, bien que cette industrie représente 60% des exportations du pays.

Les travailleuses et travailleurs de la confection au Sri Lanka ont souvent fait d’énormes sacrifices pour quitter leurs logements et leurs emplois dans des plantations de thé pour travailler dans des usines de confection. IndustriALL se joint à FTZ-GSEU pour demander au gouvernement sri lankais et au président Mahinda Rajapaksa de prendre des mesures pour protéger ces personnes vulnérables.

IndustriALL a participé le 10 mars à une manifestation et transmis son message de solidarité internationale pour le combat mené par les travailleuses et travailleurs pour garder leurs emplois. Prenant la parole lors de la manifestation, IndustriALL a exprimé l’importance vitale de la solidarité internationale entre travailleuses et travailleurs.

On a trop tendance dans le monde quand des syndicats se battent pour améliorer les conditions épouvantables des travailleuses et travailleurs de la confection, à entendre les marques et les fournisseurs menacer de quitter le pays. C’est ce qui se passe au Cambodge où les gens travaillent jusqu’à l’épuisement sans pouvoir se nourrir suffisamment en raison de leurs bas salaires, au Lesotho où les femmes se voient dénié les droits liés à la naissance d’un enfant et n’ont qu’une semaine de congé de maternité, au Bangladesh et au Pakistan où les travailleuses et travailleurs se rendent chaque matin dans un véritable piège mortel sans savoir ce qui adviendra d’elles dans le travail. Pour mettre fin aux mauvais traitements subis par les travailleuses et travailleurs de la confection, et à la fuite des marques et des fournisseurs vers les pays qui offrent les conditions de travail les plus mauvaises, IndustriALL veut obtenir un renforcement de la coalition internationale et de la solidarité pour les travailleuses et travailleurs de ce secteur. IndustriALL demande aux travailleuses et travailleurs de la confection de parler d’une seule voix pour exiger de meilleures conditions.