Encouragement aux militantes en Côte-d’Ivoire

Les 167 travailleuses des secteurs du pétrole et du textile qui assistaient à la Conférence, le 15 mars 2013, ont été encouragées à accroître la participation des femmes dans le syndicat. Deux militantes ont reçu une distinction en reconnaissance de leur contribution à leur syndicat, qui sera comme nous l’espérons une source d’inspiration pour d’autres femmes.

La coordonnatrice de projet, Charlotte Nguessan, a exhorté les femmes à participer aux programmes de lutte contre le VIH et le Sida sur leurs lieux de travail et dans les familles, notamment en raison de la honte et de la discrimination. Elle a parlé de la façon dont les femmes sont souvent rejetées par leur famille quant elles sont testées positives, et de l’impact négatif du refus d’entreprendre un traitement pour empêcher la transmission de la mère à l’enfant. Nguessan a proposé d’encourager les partenaires à se faire tester ensemble quand une femme est enceinte.

Une session d’information a également eu lieu sur la nouvelle loi du mariage en Côte-d’Ivoire présentée par deux représentantes de l’Association des avocates. La loi donne des avantages aux hommes et aux femmes. Elle permet aux hommes de bénéficier d’une pension de réversion après le décès de l’épouse. Elle a également réduit le niveau de l’imposition sur le revenu pour les femmes mariées avec des enfants, et les travailleuses ont déjà vu leurs salaires augmenter en raison de la nouvelle loi.

Activités antisyndicales chez Vallourec aux États-Unis

L'année dernière, les travailleurs et travailleuses de l'usine de tubes V&M en Ohio, qui appartient au groupe Vallourec, ont contacté le syndicat UE pour obtenir son aide dans la syndicalisation. La direction a commencé immédiatement à créer des obstacles aux membres du syndicat et à s'immiscer dans les activités syndicales.

Un contremaître de l'usine a directement menacé un responsable pro-syndicat en laissant entendre qu'il allait perdre son travail s'il continuait. Ce n'est pas le type de comportement auquel on s'attend d'une entreprise avec qui IndustriALL Global Union a signé un accord-cadre mondial. Dans cet accord, Vallourec reconnaît explicitement le droit de tous ses salariés à se syndiquer et à participer aux négociations collectives.

La direction de Vallourec a embauché un consultant chargé des questions antisyndicales, M. Vanetti, de Vantage Point Alliance et de l'Institut des relations de travail. Sur son portrait publié sur LinkedIn, Vanetti vante ses capacités à maintenir un environnement de travail sans syndicats. L'Institut des relations de travail offre son fameux “montage garanti gagnant”, signifiant par là que s’il ne réussit pas à bloquer les efforts des travailleurs et travailleuses pour créer un syndicat, l'entreprise n'a pas à payer. Vanetti a organisé des réunions dans l'usine pour captiver son public, au cours desquelles il aurait fourni une désinformation sur les syndicats.

IndustriALL Global Union a écrit à Philippe Crouzet, président de Vallourec, pour exprimer son inquiétude sur le comportement antisyndical de l'entreprise. “Nous attendons de Vallourec une position de neutralité sur les tentatives d'organiser un syndicat. L'embauche d'un professionnel des activités antisyndicales n'est pas un signe de neutralité. Nous attendons de Vallourec de mettre fin à ces actions et de laisser les travailleurs et travailleuses prendre leurs propres décisions”.

IndustriALL soutient le processus démocratique en Tunisie

Le 25 mars, le secrétaire général Jyrki Raina et le secrétaire général adjoint Fernando Lopes de IndustriALL ont rencontré le ministre des affaires sociales Khalil Zaouia à Tunis. Zaouia a dit que le gouvernement était déterminé à appliquer le pacte social tripartite signé en janvier.  Cet accord vise à stimuler la croissance économique, améliorer la sécurité sociale, créer des emplois de qualité, assurer une formation et des qualifications. Les programmes s’adressent en particulier aux jeunes et aux femmes qui ont le plus souffert de la crise économique en Europe, qui a provoqué aussi des pertes d’emploi en Tunisie.

Raina et Lopes ont demandé au gouvernement de mener à terme l’enquête sur l’attaque du 4 septembre contre les militants et le personnel de l’UGTT qui a fait des dizaines de blessés. Le ministre a promis que le rapport d’une commission conjointe sera bientôt publié, après avoir été retardée par une nouvelle vague d’agitation en février.

Hassine Abassi, secrétaire général de la confédération UGTT, a remercié IndustriALL pour son soutien constant au mouvement syndical en Tunisie. Il espère que les syndicats indépendants qui se battent dans plusieurs pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, où ils font face à l’opposition des gouvernements, du patronat et de syndicats soutenus par les gouvernements, obtiendront un soutien identique.

Malgré les pertes d’emploi dans l’industrie, le syndicat des travailleurs de la métallurgie et de l’électronique FGME-UGTT, affilié à IndustriALL, poursuit une croissance impressionnante. Selon Tahar Berberi, dirigeant syndical et membre du Comité exécutif de IndustriALL, le syndicat a presque triplé ses effectifs au cours des dernières années. Sur les 37.000 membres, 70 pour cent sont des femmes.

La direction de IndustriALL rencontrera également des syndicats affiliés à l’UGTT dans les industries de la pétrochimie et du textile. Leur visite aura lieu dans le cadre du Forum social mondial qui se tiendra du 26 au 30 mars, et qui devrait rassembler plus de 50.000 participant(e)s à Tunis.

ArcelorMittal fait face à une action syndicale en Europe

La journée d’action mettra l’accent sur la nécessité de maintenir une industrie sidérurgique vivante dans le long terme pour l’avenir de l’Europe, au lieu de poursuivre une approche marquée par le déclin de l’industrie en raison d’un manque d’investissements.

Le syndicat IndustriAll Europe soutient que l’affaiblissement de la base industrielle du numéro un de la sidérurgie en Europe est le résultat d’un repli majeur du groupe sur les marchés européens par comparaison avec ses concurrents. Les syndicats craignent que si ArcelorMittal continue sur cette voie, on courra le risque de ne pas pouvoir répondre à la demande lors de la reprise.

L’Europe fait face à de dures conditions économiques, et beaucoup d’industriels se battent pour se maintenir à flot. Il est d’une importance capitale qu’à moyen et long termes, les installations de production soient plus novatrices et s’adaptent aux pressions de la concurrence mondiale. Cela ne pourra avoir lieu que si ces installations survivent à cette période de souffrances aiguës.

Depuis que la crise financière mondiale a porté un coup à la sidérurgie, on a assisté à une crise de la demande qui est appelée à se poursuivre. La croissance de la demande mondiale d’acier est appelée à être plus lente au cours de la prochaine décennie que durant les dix dernières années, mais les perspectives à plus long terme sont néanmoins favorables, selon des responsables de l’industrie et des gouvernements présents à la réunion du Comité de l’acier de l’OCDE qui s’est tenue à Paris les 6 et 7 décembre 2012.

Si la direction de ArcelorMittal pouvait également adopter une vue à plus long terme, cela valoriserait énormément ses salariés. Mais les syndicats croient que l’entreprise néglige d’obtenir le maximum de ses idées et de la propriété intellectuelle en raison de l’insécurité. Les actifs de ArcelorMittal en Europe sont peut-être d’une classe mondiale, mais ils doivent en premier lieu être couplés à une recherche de classe mondiale, une innovation, et une main-d’œuvre extrêmement compétente. Tous ces ingrédients devraient mener à une entreprise industrielle de classe mondiale.

Tout simplement, au cours de cette période de ralentissement de la demande, tous les protagonistes doivent développer une politique industrielle à long terme, qui reconnaisse avant tout l’importance de la stabilité de l’emploi. L’incapacité de maintenir des installations appauvrira l’Europe et privera les pays d’avantages potentiellement énormes offerts par la stabilité de l’emploi.

Rob Johnston, directeur exécutif à IndustriALL Global Union, croit que “personne ne doute de la pression économique subie par ArcelorMittal en Europe, mais que l’entreprise détient d’une manière générale une responsabilité vis-à-vis de sa main-d’œuvre. Si l’entreprise peut faire preuve de bonne foi maintenant, elle récoltera à long terme des avantages bien plus grands que ceux obtenus à court terme par la fermeture d’installations et par des dégâts dans les communautés”.

Le pouvoir judiciaire iraquien persécute un syndicat

IndustriALL Global Union exprime sa colère sur ce harcèlement des libertés syndicales en Irak. Hassan Juma’a a été convoqué au tribunal de Basra pour le 20 mars et va maintenant passer en jugement sous l’accusation d’avoir organisé une grève et une manifestation des travailleurs et travailleuses de la SOC en février 2013. 

Les mobilisations de février des travailleurs et travailleuses de la SOC, membres de l’IFOU, étaient fondées. Le personnel en était venu à faire grève car la direction avait rejeté à maintes reprises les appels au dialogue sur le non paiement des prestations de 2010, 2011 et 2012, le droit au logement, les contrats d’emploi permanent et la fin de la corruption  dans l’entreprise.

Les travailleurs employés sur les gisements de pétrole de al-Ramlia nord et sud, al-Berjesia, Gharb al-Karna et Bab al-Zubair, se sont rassemblés à Basra devant l’entrée principale de l’entreprise South Oil Company pour réclamer l’exclusion des employés corrompus et le renvoi du directeur de l’entreprise. Les manifestations ont eu lieu le 13 et le 19 février.

Hassan Juma’a n’a pas organisé la grève, mais il a été ciblé pour son militantisme syndical, dans le cadre des efforts déployés par le gouvernement pour calomnier et nuire à ce dirigeant ainsi qu’aux syndicats. Le 20 mars, le tribunal a renvoyé l’affaire au 7 avril en raison de l’absence d’un témoin et pour permettre à Hassan d’engager un avocat. Dans le cas où Hassan est déclaré coupable il risque jusqu’à cinq ans de prison.

Huit autres travailleurs de la SOC ont également été ciblés par les services de l’inspection générale du ministère du Pétrole pour permettre au ministère d’enquêter sur leur rôle dans les manifestations qui ont eu lieu récemment à Basra.

La constitution iraquienne garantit la liberté syndicale et les manifestations non-violentes. Toutefois au cours des années, le ministère du Pétrole a pris à maintes reprises des mesures disciplinaires contre des militants syndicaux. Ces attaques contre la liberté syndicale et le droit de syndiquer le personnel et de négocier collectivement reflètent l’intention du gouvernement iraquien de s’en tenir à des lois et des politiques répressives datant du régime de Saddam Hussein.

La South Oil Company (SOC) produit plus de 80 pour cent du pétrole iraquien et détient la haute main sur tout le pétrole du sud de l’Irak.

Il est indispensable de promulguer de toute urgence une loi du travail juste et équitable, conforme aux normes de l’OIT, qui respecte les droits des travailleurs et travailleuses et garantit la liberté des organisations syndicales, des réunions, des manifestations et des grèves, et assure une participation de tous les syndicats en Irak aux discussions concernant une telle loi.

IndustriALL Global Union accorde son soutien au mouvement syndical iraquien et demande à ses affiliés de condamner toutes les tentatives du gouvernement iraquien pour piétiner les droits syndicaux.

Solidarité des travailleurs sud-africains de Unilever avec leurs collègues néerlandais

Aux Pays-Bas, les salariés chargés du nettoyage, de la restauration, de la sécurité et de l’accueil sont membres de FNV Bondgenoten, affilié à IndustriALL Global Union,. Le géant anglo-néerlandais de l’alimentation et de la chimie Unilever a signé un accord avec Sodexo en 2012 pour l’externalisation de la gestion des installations de l’entreprise chargées des services en Europe. Unilever a rejeté les principales revendications des salariés aux Pays-Bas, transférés chez Sodexo, concernant le maintien des principaux avantages, notamment les retraites et les garanties dans le travail.

Les travailleurs et travailleuses de Unilever en Afrique du Sud, membres du syndicat de la chimie, de l’énergie, du papier, de l’impression, du bois et des secteurs connexes, CEPPWAWU, ont cessé le travail à Boksburg le 15 mars à 13 heures et toute la journée du 18 mars en demandant instamment à la direction de Unilever de négocier un accord de transfert raisonnable avec FNV Bondgenoten.

L’autre raison de l’action à Boksburg concerne un projet d’accord de reconnaissance annoncé récemment par la direction locale de Unilever Boksburg dont l’application amènera des changements importants dans la classification des emplois et une réévaluation de la position des opérateurs généraux.

Un délégué syndical du CEPPWAWU chez Unilever a déclaré:

L’action de solidarité offre également la possibilité de montrer à la direction notre force et notre unité face aux défis auxquels nous sommes actuellement confrontés en Afrique du Sud. Parmi ces défis, il y a l’inquiétude de subir des coupes salariales résultant de la restructuration qui produiront, dans les faits, une rétrogradation de certaines catégories de salariés, alors que leurs tâches continueront d’être les mêmes qu’auparavant.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, a transmis l’assurance du soutien total de l’Internationale à la grève menée à Boksburg.

Unilever est un conglomérat mondial géant de biens de consommation, dont les bénéfices ne cessent d’augmenter. Cependant, les syndicats sont ciblés dans le monde entier et subissent une pression de plus en plus forte de l’employeur, et cette tendance mondiale est une source d’inquiétudes. Les travailleurs et travailleuses agissent au plan international pour répondre à cette nouvelle agression dans le cadre du réseau syndical de Unilever

La multinationale néerlandaise de l’électronique NXP lock-oute du personnel en Thaïlande

Depuis l’année dernière en octobre, le syndicat et la direction ont mené des négociations au cours desquelles NXP a tenté de forcer le syndicat à accepter un plan de production en continu qui prévoit quatre jours consécutifs de travail suivis de deux jours de repos pouvant tomber sur un jour quelconque de la semaine, sans paiement en heures supplémentaires pour le travail accompli pendant le week-end, avec des heures supplémentaires obligatoires sans préavis, la réduction des congés annuels de 12 jours à 8 jours, la disparition d’une structure de négociation salariale et la position des travailleurs journaliers laissée au libre arbitre de la direction qui prend seule toute décision en la matière. 

Le président du syndicat de NXP Manufacturing en Thaïlande, Wanlop Chujit, a affirmé que l’entreprise était intervenue dans la conduite syndicale de la négociation collective en menaçant les travailleuses et travailleurs pour les forcer à accepter le nouveau système:

Les salariés de NXP Manufacturing en Thaïlande ont été prévenus que s’ils n’acceptaient pas le nouveau système, ils perdraient leur emploi car l’entreprise déplacerait sa production dans d’autres pays. Nous avons été furieux d’entendre la direction obliger les travailleuses et travailleurs à quitter l’usine en pleine nuit en ne tenant aucun compte de leur sécurité, notamment pour les travailleuses dont certaines étaient enceintes.

NXP menace de transférer sa production dans des installations en Chine, à Taiwan, à Hong Kong, en Malaisie et aux Philippines.

Une travailleuse de l’usine a déclaré:

Cette usine est en activité depuis 38 ans. Nous y travaillons, pour la plupart d’entre-nous, depuis plus de 10 ans. Les travailleuses et travailleurs sont le plus souvent chargés de famille. Le nouveau système de travail proposé par l’entreprise signifie que nous perdons les week-ends et du temps passé avec nos familles.

Le 1er mars, les membres du syndicat se sont mis en grève et ont manifesté devant l’entrée de l’usine pour faire connaître les problèmes des travailleuses et travailleurs, notamment les heures supplémentaires, les réductions salariales et les pratiques de discrimination de l’entreprise contre les travailleurs journaliers.

Le 13 mars, les travailleuses et travailleurs syndiqués ont manifesté devant l’ambassade des Pays-Bas à Bangkok aux côtés du Comité de solidarité thaïlandais du travail sous la direction de Chalee Loysoong. 

NXP Manufacturing emploie en Thaïlande 3.200 personnes, dont une majorité de femmes. Le salaire moyen dans l’usine est de 345 bahts (9 euros) par jour. NXP occupe la première place mondiale pour la conception et la fabrication des circuits intégrés employés par des marques de premier plan comme Apple, Samsung, Nokia, Dell, GM, BMW, Ford, Mercedes, Audi, et plusieurs compagnies aériennes.

Le syndicat thaïlandais des travailleurs de NXP Manufacturing, qui sera bientôt officiellement membre de IndustriALL Global Union, est affilié à TEAM, à la confédération thaïlandaise des syndicats de travailleurs des appareils électriques, de l’électronique, de l’automobile et des métallurgistes.

Un accord de réduction de personnel adoucit l’impact chez Rio Tinto Rossing

“Nous avons relevé la barre en Namibie pour faire face à la réduction, comme c’est le cas cette fois-ci chez Rossing” a dit le secrétaire général par intérim Jackie Karumbo. La direction de Rossing s’est engagée dans un exercice de réduction de personnel avec la participation du syndicat dans le cadre d’un processus transparent. Dès que les travailleurs ont compris que la proposition de réduction allait toucher près du quart de la main-d’œuvre et qu’il s’agissait d’une mesure en dernier ressort, la syndicat a pu négocier des mesures pour un règlement favorable qui amélioraient l’offre initiale faite aux travailleurs.

L’accord final dépasse les prescriptions minimales légales pour les réductions de personnel en Namibie qui stipulent seulement une indemnité de licenciement correspondant à une semaine de salaire par année de service. Les travailleurs victimes des réductions recevront trois semaines de salaire par année de service comme indemnité de licenciement, plus trois mois de salaire de préavis, un treizième chèque au prorata, la commutation des congés et une donation d’adieu. Les prestations d’aide médicale resteront en place pendant une période de quatre mois après la date de réduction.

En outre, les travailleurs victimes des suppressions de postes ont eu droit à trois mois de formation dans un collège technique local payés par l’entreprise pour améliorer leurs compétences, ce qui devrait les aider comme nous l’espérons à retrouver un emploi. Ils ont aussi le droit de rester dans les logements de l’entreprise pendant six mois ou recevront six mois d’allocation de logement s’ils choisissent de quitter immédiatement les lieux. Les travailleurs touchés par les réductions recevront deux mois de salaire pour les aider à déménager au moment de leur départ.

Un exercice de séparation volontaire a lieu actuellement chez Rossing, et le syndicat aide les travailleurs à bien comprendre les mesures qui s’appliquent à eux pour leur permettre de prendre une décision en toute connaissance de cause. MUN espère que cet exercice va réduire considérablement le nombre de travailleurs qui seront involontairement victimes des réductions.

Karumbo dit que MUN a appris des leçons de grande valeur pour la négociation des réductions de personnel. “Nous ne préconisons pas des réductions, mais on ne peut pas refuser d’admettre que des réductions ont lieu dans des moments difficiles. En tant que syndicat, nous devons prendre des initiatives et négocier des politiques appropriées de réduction dans les entreprises quand les conditions sont encore bonnes. Les entreprises doivent mettre des fonds de côté pour répondre à la gestion des risques quand le temps vient où l’entreprise doit réaliser des économies, tout en espérant que cela n’arrivera jamais, mais que dans le cas contraire, on puisse alléger la charge qui pèse sur les travailleurs”.

Les travailleurs de Petrotrin forcés de reprendre le travail après la grève

Le deuxième jour de la grève, la direction de l’OWTU a assisté à la manifestation. Le président général du syndicat, Ancel Roget, a dit que l’entreprise avait accepté de pourvoir 800 emplois, de transformer les contrats temporaires d’emploi en contrats permanents, de rendre le milieu de travail sans risques et de régler les paiements en suspens pour la période 2009-2010. Ces engagements de l’entreprise n’ont pas encore vu le jour.

Roget a regretté que la presse ait seulement porté son attention sur les paiements en suspens. Il a déclaré: 

Cette lutte n’est pas seulement une question d’argent, bien que ce soit important; il s’agit d’honorer la convention collective.

Les travailleurs et travailleuses disent que Petrotrin, qui fournit de l’essence et du gasole aux pays d’Amérique centrale et des Caraïbes, n’honore pas son accord sur le paiement d’un pourcentage des bénéfices réalisés par l’industrie. L’entreprise dit qu’elle n’a pas réalisé de bénéfices durant le dernier exercice financier et qu’il n’y a donc pas de bénéfices à partager avec les salariés.   

Les travailleurs et travailleuses demandent à l’entreprise de respecter les termes de la convention collective et les autres accords bilatéraux conclus avec le syndicat il y a un an.

Après une semaine de grève et plusieurs tentatives infructueuses pour négocier, les juristes de Petrotrinont remporté une mise en demeure contre l’OWTU qui oblige les travailleurs et travailleuses à reprendre le travail.

Ancel Roget a dit que l’action judiciaire ne résoudra pas la crise chez Petrotrin: “Les travailleurs et travailleuses reprendront le travail en se sentant démotivés et démoralisés. Une mise en demeure ne tient pas compte d’une mauvaise gestion et du népotisme”. Il a ajouté que les travailleurs et travailleuses continueront le combat pour un milieu de travail sans risques.

IndustriALL Global Union salue la forte campagne de l’OWTU en demandant le respect de la convention collective chez Petrotrin et des conditions décentes de travail pour ses membres.

Un syndicalisme viable fait l’objet d’une discussion en Côte-d’Ivoire

Il s’agissait de la première visite de Ndessomin en Côte-d’Ivoire, l’un des 11 pays engagés dans le projet sur le HIV et le Sida. La visite avait pour but d’examiner les objectifs et la mise en œuvre du projet.

Ndessomin a souligné l’importance prise par le HIV et le Sida dans les politiques menées sur les lieux de travail et a encouragé la participation des directions en tant qu’éléments déterminants pour le succès de ces initiatives qui peuvent contribuer aux efforts entrepris dans le domaine de la syndicalisation. Elle a également insisté sur la nécessité d’établir des syndicats forts et viables capables de lutter en faveur des droits des travailleurs et travailleuses sur le lieu de travail, qui soient des entités solides sur le plan financier, capables de payer leurs cotisations à IndustriALL.

Quinze dirigeants de syndicats affiliés – SYNTEPC, SYNTRACUMPRA et SYNTTHACI –   ont assisté à la réunion. D’autres syndicats qui se sont déclarés intéressés à adhérer à IndustriALL étaient également présents. Ndessomin a parlé de la façon dont IndustriALL a réalisé sa fusion et des questions pratiques concernant une affiliation. Elle a également parlé de l’unité obtenue par la fusion au niveau international et comment l’unité pourrait être obtenue en Côte-d’Ivoire, en encourageant les affiliés à établir la norme en vue des fusions possibles.