Le conflit s’aggrave chez les travailleurs chiliens du cuivre

Après le décès de Nelson Barría, le syndicat a convoqué une réunion qui a voté en faveur d’une grève pour protester contre la mort de leur collègue. Le syndicat a demandé la démission du directeur général de la division Radomiro Tomic. La fédération des travailleurs du cuivre (FTC), affiliée à IndustriALL, a accordé son soutien total au syndicat de la division Radomiro Tomic.

Le samedi 30 mars, l’entreprise a fermé l’usine qui était paralysée. Cependant, le lendemain, Thomas Keller, directeur général de CODELCO a accepté la démission de Francisco Carvajal, directeur général de la division Radomiro Tomic.

La FTC a déclaré demander la démission de Carvajal car la direction n’a pas agi de manière responsable après une série d’avertissements sur la sécurité avant l’accident.

Le président de la FTC, Raimundo Espinoza, a expliqué qu’après la démission du directeur, la main-d’œuvre avait décidé de reprendre le travail avec la première équipe postée du 1er avril. Il a dit que le personnel ne voulait plus accepter l’attitude arrogante et autoritaire des cadres de la direction de CODELCO en ajoutant “que nous avons malheureusement déploré quatre accidents mortels chez CODELCO au cours des quatre derniers mois”.

“Nous ne sommes pas heureux de faire grève, mais ces gens ne comprennent rien d’autre. Les cadres de la direction n’écoutent pas, c’est comme parler à un mur en briques. Certains cadres dans cette entreprise ignorent les conditions dans lesquelles les salariés travaillent, et le résultat, c’est ce genre d’accident”, a dit Espinoza.

En ce qui concerne la grève nationale prévue, Espinoza a expliqué que “comme en 2011, nous continuerons à nous préparer à faire grève car les cadres de la direction ne veulent rien entendre”, en ajoutant que “toutes les divisions” discutent d’une date pour la grève.

Enfin, il a demandé à la direction de CODELCO “d’apprendre à écouter pour éviter tous ces problèmes. Le directeur général a dit que les grèves ne résolvent rien, mais certains comprennent seulement quand on engage une action, et je veux que cela serve d’exemple”.

Mobilisation des syndicats mauriciens contre une législation anti-ouvrière

Le ministère du Travail avait présenté au Parlement pour adoption en décembre 2012, une liste de propositions d’amendement à la loi sur le droit à l’emploi et à la loi sur les relations d’emploi qui fragilisaient la puissance des syndicats. Une forte mobilisation syndicale sur l’île avait forcé le gouvernement à remettre à plus tard l’adoption des projets de loi, et plusieurs syndicats présentèrent conjointement des contre-propositions.

La mobilisation syndicale s’est poursuivie depuis décembre et plusieurs manifestations ont eu lieu au cours de quatre dernières semaines. Le CMCTEU affilié à IndustriALL a écrit aux parlementaires pour leur faire prendre conscience et leur demander de voter de manière responsable.

Plusieurs amendements proposés par les syndicats ont été inclus dans le nouveau texte présenté le 26 mars au Parlement par le gouvernement. Le ministère du Travail avait tenté dans un premier temps de porter atteinte au système des relations industrielles en permettant la conclusion de conventions collectives présentées par des groupes de salariés sans affiliation syndicale; les syndicats ont réussi à obtenir le retrait de cette modification. La nouvelle loi stipule que tous les salariés doivent avoir un contrat d’emploi.

Malgré ces améliorations, les syndicats dénoncent un texte qui consolide le pouvoir de négociation entre les mains des employeurs. L’utilisation d’une main-d’œuvre sous contrat de courte durée est encore légalement autorisée pour des emplois permanents. La loi ne réussit pas à établir une juste protection contre tout licenciement injustifié. L’employeur met tout d’abord à pied le travailleur/euse et cherche à justifier après coup le licenciement. La période de préavis en cas de licenciement est raccourcie et passe de trois mois à trente jours. Les syndicats ne peuvent pas demander un arbitrage sans l’accord de l’employeur. Les grèves de solidarité deviennent illégales.

L’adoption de ce nouveau texte est prévue pour le mardi 9 avril. Les syndicats maintiennent la pression pour empêcher l’adoption des amendements qui portent atteinte à la protection des travailleurs et travailleuses et des syndicats.

IndustriALL soutient la campagne de ses affiliés et dénonce les amendements qui visent la puissance syndicale et réduisent les droits des travailleurs et travailleuses.

IndustriALL salut le nouveau directeur de IRMA

Le succès de IRMA marque un priorité décisive pour les activités de IndustriALL dans le secteur minier, ainsi que pour les partenaires sociaux et les entreprises qui ont travaillé ensemble pendant six ans pour établir le dialogue entre tous les protagonistes afin d’avoir un secteur minier responsable. IRMA est en fait la première procédure internationale de certification qui comporte une véritable participation ouvrière, et donc potentiellement, la première à décerner des certifications fiables des mines avec des résultats remarquables sur le plan social et celui de l’environnement.

Les syndicats ont critiqué pendant longtemps les organes de certification précédents dans le secteur en raison de leur manque de crédibilité. Quand un organe de certification est mis en place par des entreprises et fonctionne sous leur responsabilité, il n’est pas surprenant que des employeurs irresponsables qui portent préjudice aux travailleurs et travailleuses et à l’environnement se voient décernés des certificats de bonne pratique.

Cette pratique corrompue a fait l’objet de vives critiques dans le monde en 2012 lors du scandale de Rio Tinto, quand l’entreprise a été choisie pour fournir le métal destiné à la fabrication des médailles des Jeux olympiques de Londres, bien que l’entreprise Rio Tinto soit connue pour sa longue histoire de mépris des doits syndicaux, de destruction de l’environnement (notamment dans les communautés sur les lieux d’extraction des métaux qui entrent dans la fabrication des médailles), et son opposition générale à tout ce qui peut être défini comme étant viable.

Le Conseil pour une joaillerie responsable (Responsible Jewellery Council – RJC), une organisation d’entreprises industrielles avec Rio Tinto comme membre fondateur, a décerné une certification à Rio Tinto le 13 juillet qui attestait que l’entreprise respecte les normes étiques, sociales et environnementales de plus haut niveau. Il s’agissait de la première certification accordée à une entreprise minière, et ce, quelques jours seulement avant le début des Jeux olympiques de Londres, alors qu’une pression de plus en plus forte s’exerçait contre le rôle de Rio Tinto dans la fourniture des métaux pour les médailles récompensant les athlètes.  

Le RJC avait clairement accéléré le processus, ce qui a permis de faire de Rio Tinto la première entreprise minière à obtenir cette reconnaissance. Cette décision a fait perdre toute crédibilité au RJC.

Jon Samuel de la société minière Anglo American et membre du comité directeur de IRMA, a marqué en ces termes la désignation du nouveau directeur:

Matthew a travaillé sur d’autres programmes de certification qui ont suivi avec succès la même voie que IRMA a actuellement devant elle. Il est donc particulièrement bien placé pour aider IRMA à développer une méthode efficace qui réponde aux attentes des principaux groupes de protagonistes au sein de IRMA.

Le camarade Glen Mpufane, membre du comité directeur de IRMA et directeur du département de l’industrie minière de IndustriALL, s’est exprimé en ces termes:  

Les dirigeants des travailleurs et travailleuses syndiqués travaillent en faveur d’un nouveau modèle économique et social qui donne la place d’honneur aux hommes et aux femmes, sur la base de la démocratie et de la justice sociale. C’est passionnant d’avoir pu placer à la tête de IRMA un nouveau dirigeant capable de nous aider à réaliser cet objectif.

Des milliers de mineurs manifestent aux États-Unis

Des milliers de personnes se sont rassemblées le 1er avril au Centre civique de Charleston, en Virginie-Occidentale, pour participer à une manifestation massive organisée par l’UMWA dans le cadre de sa campagne “Fairness at Patriot”. La campagne porte sur la couverture médicale, les salaires et les conditions de travail des mineurs du charbon.

La foule a marché jusqu’au bureau local de Patriot Coal où 16 dirigeants syndicaux, des membres du clergé et des membres de l’UMWA ont été arrêtés pour avoir refusé de quitter les marches conduisant à la tour de bureaux lors d’une manifestation non-violente. Cecil Roberts, président international de l’UMWA, et Dan Kane, secrétaire-trésorier international de l’UMWA se trouvaient parmi les personnes arrêtées.

En juin 2012, Patriot avait utilisé le régime de protection offert par la loi américaine sur les sociétés en faillite. L’entreprise avait cherché à obtenir l’approbation du tribunal pour réduire considérablement ou éliminer la couverture médicale des mineurs retraités, et obtenir des réductions importantes sur les salaires, les soins de santé, les pensions de retraite et les conditions de travail des mineurs en activité.

“C’est un crime”, a déclaré Cecil Roberts, président de l’UMWA. “Nous avons été dévalisés, trompés et on nous a menti. Cela ne peut pas durer ainsi – et les milliers d’entre-nous venus de tout le pays pour défiler aujourd’hui poursuivront cette lutte demain; cela ne peut pas durer”.

L’UMWA avait organisé plusieurs manifestations à Saint-Louis, qui ont entraîné de nombreuses arrestations, et mené une campagne de publicité destinée à faire pression pour que Patriot Coal abandonne son projet de se débarrasser de ses responsabilités en matière de retraites et de prestations de santé. Des milliers de mineurs retraités et leurs familles sont concernés par de projet.

Patriot Coal a été créé par Peabody Energy en 2007 avec pour objectif précis de permettre à Peabody Energy et Arch Coal de se libérer à long terme de leurs obligations pour la couverture de santé de leurs retraités et de leurs familles. Grevé de trop de dettes et avec une production trop réduite pour ne pas prendre de retard en raison du poids de la dette, Patriot cherche à se réorganiser financièrement en utilisant la protection offerte par le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.

Peabody Energy et Arch Coal ont encaissé des centaines de millions de dollars au cours des dernières années alors que Patriot en a perdu des millions. IndustriALL soutient l’appel de l’UMWA pour que Peabody et Arch acceptent de régler la part de leurs obligations à ceux qui ont littéralement exposé leur vie et leur santé chaque jour en allant travailler.

Disparition de travailleurs chez Anglo American au Brésil

Six salariés de l’entreprise minière, trois employés directement et trois autres en sous-traitance, ont disparu après que le ponton eut sombré dans l’Amazone. Les corps de trois des six disparus ont été retrouvés par les sauveteurs.

Deux corps ont été découverts à environ six kilomètres de Satana, un port sur l’Amazone dans l’État brésilien de Amapa où se trouvait l’infrastructure flottante, et un autre près du lieu de l’accident, selon les services régionaux de secours.

L’entreprise a déclaré qu’une partie de la rive sur laquelle le ponton était amarré s’est effondrée et a amené toute la structure à sombrer, y compris les camions, les conteneurs, les grues, les cabines et l’équipement portuaire.

Le naufrage a été initialement attribué à une grosse vague qui aurait balayé le fleuve. Cependant, les autorités ont déclaré qu’elles enquêtaient encore sur les causes et qu’il apparaissait que la vague avait elle-même été causée par le naufrage du ponton.

IndustriALL demande une enquête rigoureuse sur les causes de l’accident et une indemnisation juste pour les familles des travailleurs disparus qui ne tienne pas compte de leurs conditions d’emploi direct ou en sous-traitance.

Rien n’est changé au Sommet des Brics

La main-d'œuvre syndiquée avait organisé une conférence au forum syndical des Brics, parallèlement à la réunion des dirigeants gouvernementaux et de l'industrie du Brésil, de Russie, de l'Inde, de la Chine et de l'Afrique du Sud à Durban, Afrique du Sud, au sommet des Brics.

Les syndicats ont soutenu l'idée de la banque de développement en espérant qu'elle arriverait à briser le goulot d'étranglement des institutions des Bretton Woods sur le financement du développement. Une déclaration faite au Forum syndical des Brics établit: “Nous accueillons avec prudence la proposition d'une banque de développement des Brics. Nous estimons fermement que cette banque devrait avoir une forme différente de celle de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). Elle devrait avoir tout d’abord un caractère de développement. Nous envisageons qu’une banque de développement des BRICS soit la propriété exclusive des Brics, qu’elle bénéficie d'un financement public, prenne toutes les décisions par consensus, assure la promotion d'un commerce basé sur les propres monnaies de ses pays membres, et concerne principalement l’infrastructure et le développement, en consultation et avec l'approbation de tous les protagonistes, notamment de la communauté et des syndicats”.

Le résultat le plus important a concerné le renforcement des liens commerciaux et l'investissement, avec de nombreux accords collatéraux, notamment un accord bilatéral de plusieurs milliards de dollars entre l'Afrique du Sud et la Chine pour la construction de navires dans le port de Durban. Le sommet a également établi un Conseil commercial des Brics; il semble donc une fois de plus que les intérêts commerciaux ont prévalu.

Malgré les accords et projets d'infrastructure potentiels obtenus au Sommet, cette expérience a laissé les Africains sur leur faim dans l'attente d'un effet bénéficiaire. La crainte reste intacte que la région Afrique continuera d’être exploitée pour ses matières premières par les pays des BRICS avec peu d’avantages dérivés au bénéfice des travailleurs et travailleuses et des communautés.

Aucune véritable possibilité n'a été donnée pour une croissance intégrale et un développement durable, malgré les paroles prononcées au forum syndical par la ministre sud-africaine des Relations internationales et de la Coopération, Maite Nkoana-Mashabane, pour affirmer que le Forum syndical était la raison de la participation sud-africaine aux BRICS.

L'Afrique du Sud a nettement l'économie la plus faible des pays des BRICS, et elle vient seulement d'y adhérer. Le fait que l'Afrique du Sud se soit engagée en faveur de l'établissement de la Banque de développement des Brics et que les autres pays aient déployé des manœuvres dilatoires, révèlent le peu d'intérêt au développement et remet en question la raison pour laquelle l'Afrique du Sud a pu entrer dans ce club des pays émergents.

Serait-ce pour rendre l'Afrique du Sud complice de cette nouvelle forme d'impérialisme imposée aux pays africains par des pays en émergence, notamment la Chine? Ce programme impérialiste fait l'objet de discussions dans la société civile qui était réunie également à Durban à l'occasion de la réunion des Brics pour un contre-sommet destiné à contrôler les évènements.

Les syndicats en grève en Pologne contre la politique du gouvernement

La grève générale était organisée par Solidarité, le Forum Zwiazkow Zawodowych, OPZZ et Août 80, pour s’opposer aux changements prévus au code de travail, qui étendront l’emploi de contrats d'embauche 'bidons', limiteront les droits à l'emploi et réduiront le paiement des heures supplémentaires, et contre la politique de santé du gouvernement et les changements apportés au système d'éducation.

L'action revendicative qui a été décidée par une coalition de syndicats, notamment d'affiliés de IndustriALL Global Union, bénéficie du soutien des salariés des secteurs du rail, des mines, de la métallurgie et de l’énergie, ainsi que du personnel enseignant et des travailleurs et travailleuses des services de la santé publique. Les personnels des aciéries, des mines et des centrales électriques ont arrêté le travail à 10 heures du matin, et les transports ont été paralysés pendant deux heures à partir de 8 heures du matin.

L'action revendicative a été décidée après l'échec des pourparlers tripartites entre les syndicats, les employeurs et le gouvernement sur un certain nombre de questions brûlantes concernant le travail et de problèmes sociaux relatifs au travail, qui n'ont pas pu obtenir des résultats concrets en janvier et en février.

Les revendications des grévistes sont les suivantes:

Rassemblement haut en couleur au Forum social mondial en Tunisie

Le secrétaire général Jyrki Raina et le secrétaire général adjoint Fernando Lopes de IndustriALL ont marché, le 26 mars, avec plus de 30.000 participant(e)s du monde entier dans l’avenue Mohammed V au centre de Tunis, pour l'ouverture du Forum social mondial (FSM). Les affiliés de IndustriALL d'Afrique du Sud, du Brésil, de Colombie, du Canada, d'Allemagne, d'Italie, de France, de Belgique et d'autres pays étaient présents à ce rassemblement haut en couleur.

Des séminaires sur une grande variété de sujets sont organisés au FSM du 26 au 30 mars, qui vont de la lutte contre les politiques néo-libérales d'austérité, au soutien de l'égalité entre hommes et femmes, au développement démocratique et aux droits de la personne en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Lors d’une session concernant la taxe sur les transactions financières (TTF), les syndicats et les organisations non-gouvernementales ont approuvé la poursuite de la campagne en faveur de la TTF, la justice fiscale et l'abolition des paradis fiscaux et des réglementations facilitant l’évasion fiscale. Une impulsion a été donnée en janvier à la campagne, quand onze États membres de l'Union européenne ont décidé de s'engager en faveur de la TTF. Ces pays représentent les deux tiers du produit intérieur brut de l’UE.

Déjà 40 pays, du Brésil au Pakistan, appliquent une taxe sur les transactions financières sous une forme ou une autre. Cela va à l'encontre de l'argument selon lequel la TTF est impossible tant qu’elle ne s’applique pas au monde entier. Comme le font remarquer les syndicats mondiaux, la TTF permettrait, au fil des ans, de réduire les échanges spéculatifs à court terme et de financer des programmes de reprise économique à forte intensité d'emplois, la protection sociale et le développement d'une action sur le changement climatique.

Auparavant, la direction de IndustriALL avait rencontré le gouvernement, la confédération syndicale UGTT et ses syndicats sectoriels des industries de la métallurgie, du textile et de la pétrochimie, pour confirmer à nouveau son soutien au processus démocratique de développement en Tunisie.

Les stratégies de IndustriALL et son action pour soutenir les syndicats libres et indépendants au Moyen-Orient et en Afrique du Nord feront l'objet d'un débat à la conférence régionale qui se tiendra les 4-5 avril à Beyrouth.

Le Sactwu reste ferme sur la question des droits de négociation collective

Le syndicat des travailleurs de la confection et du textile d’Afrique australe (SACTWU) a répondu au jugement en disant qu’il n’annule pas le régime de salaire minimum dans l’industrie de la confection. De même, il ne signifie pas que les entreprises qui n’entrent pas dans l’accord ont maintenant le droit de négocier en dehors du système du conseil de négociation.  Le secrétaire général du Sactwu, Andre Kriel, a affirmé  “Pour nous, le conseil de négociation reste le seul endroit où nous avons l’intention de négocier. Il n’y aura pas de négociations en dehors de ce forum”.

Alors que le jugement ne signifie pas que le ministre n'aura plus la possibilité dans l’avenir d'étendre un accord du conseil de négociation à des parties non membres, cela peut donner un précédent légal de mauvaises relations industrielles.  Le jugement a été rendu une semaine après que la Free Market Foundation, une organisation qui assure la promotion des idéaux libéraux, eut relevé un défi au plan constitutionnel contre les dispositions de la loi sur les relations de travail qui permet l’extension des conventions collectives réalisées dans les conseils de négociation aux employeurs et aux salariés qui ne sont pas membres des conseils.

“Cette attaque brutale contre le système de relations industrielles légiféré démocratiquement dans notre pays, notamment son architecture de négociation collective, ne peut pas rester sans réponse", a déclaré Kriel en parlant du défi. “Nous nous mobiliserons pour résister à l’attitude réactionnaire et aux intentions économiques destructrices de droite de la Free Market Foundation. Leurs intentions ne font preuve d’aucune bienveillance. Il s’agit avant tout de créer encore davantage de conditions d’exploitation des travailleurs et travailleuses déjà vulnérables, de militer contre une vision du travail décent établie dans notre pays, et de déclencher une course effrénée vers le moindre coût”.

Contrôle effectué à l’ITUA par les autorités russes

Des responsables des services du procureur se sont rendus le 20 mars au siège du syndicat interrégional des travailleurs de l’automobile (ITUA). Ils étaient accompagnés de membres du ministère des Situations d’urgence. Une lettre a été remise à Alexei Etmanov, président de l’ITUA, qui spécifiait les documents demandés au syndicat.

Les documents demandés portaient sur la liste complète des activités de l’ITUA de 2011 à 2013, la liste de tous les membres de l’ITUA, divers documents financiers, des exemples de tracts et autres documents imprimés, des relevés de comptes bancaires; en tout 21 documents. 

L’ITUA, affilié à IndustriALL Global Union, a été identifié comme l’une des cibles d’une inspection judiciaire par les autorités de Saint-Pétersbourg. Les service du procureur contrôlent toutes les ONG dans la ville.

Le gouvernement russe est de plus en plus méfiant des activités des ONG. Il a fait pression récemment sur ces organisations. Apparemment, l’inspection à l’ITUA faisait partie d’une campagne plus large visant sans doute toutes les ONG en Russie.

Il est intéressant de noter que la législation russe, interdit explicitement aux services du procureur de demander la remise de documents qui concernent d’autres agences gouvernementales, comme par exemple des documents financiers qui relèvent du centre des impôts. Pourtant, la même longue liste de paperasseries a été demandée à toutes les ONG à Saint-Pétersbourg.