IndustriALL exprime sa colère face aux menaces de mort en Colombie

Les syndicats du monde entier ont exprimé leur solidarité à leurs collègues colombiens depuis la publication rendue publique d’une déclaration du groupe paramilitaire d'extrême droite “Los Rastrojos” qui promet de “pourchasser et tuer” d'importants syndicalistes colombiens dont les noms se trouvent sur une liste de personnes à abattre.

Les relations industrielles sont tendue sur plusieurs sites importants d’entreprises minières et de fabrication industrielle en Colombie. Des groupes puissants qui bénéficient de l’affaiblissement syndical dans les négociations sont fortement soupçonnés d'être liés aux menaces de mort. La complicité des autorités de l'État au cours des années meurtrières pour les syndicalistes qui permet aux coupables de continuer à opérer avec impunité, doit être condamnée en termes non équivoques.

En 2012, plus de 280 menaces de mort ont été reçues par des syndicalistes en Colombie avec 20 meurtres. Déjà au cours des trois premiers mois de 2013, quatre assassinats ont été perpétrés.

Le 1er avril, la liste des personnes à abattre comprend un membre du comité exécutif de IndustriALL, Igor Diaz, président de Sintracarbon et président du conseil des affiliés de IndustriALL en Colombie. Diaz et trois de ses collègues de Sintracarbon, dont les noms se trouvent sur la liste, sont des personnalités centrales de leur communauté qui militent en faveur de la justice sociale et du mouvement démocratique. Le responsable syndical de Sintracarbon, Heli Arregoces Ibarra, a survécu à une tentative d'assassinat le 7 avril, quand deux hommes en moto ont tiré sur lui dans une rue de la ville de Riohacha.

IndustriALL s'inquiète également du fait que soient visés les dirigeants des autres organisations affiliées Sintrametal, Sintraelecol, Utramicol, USO, ainsi que leurs collègues de la centrale nationale CUT et du syndicat partenaire Sintramienergetica.

La direction de IndustriALL a fait état des graves préoccupations de l'organisation sur les infractions aux droits syndicaux dans le pays à la mission colombienne auprès des Nations unies à Genève, le 4 mars. Malgré les promesses de l'ambassadeur de Colombie sur l'action du gouvernement, la réalité est différente.

À part plusieurs syndicalistes, la liste des gens à abattre contient les noms de plusieurs personnes qui travaillent dans des ONG de défense des droits de la personne, des avocats, des chefs religieux et même un sénateur, qui tous militent en faveur de la justice sociale.

Envoyez par écrit votre appel au président Juan Manuel Santos par télécopie au numéro 0057 1 596 0631.

Soutien de syndicats du MENA au dirigeant d’un syndicat irakien du pétrole

La conférence régionale de IndustriALL Global Union pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord s'est déroulée les 4-5 avril 2013 à Beyrouth, Liban. Cinquante délégué(e)s du Maroc, de Tunisie, d'Égypte, de Palestine, du Liban, de Jordanie, de Bahrein, du Koweït, du Yémen et d'Irak ont été rejoints par des représentant(e)s d’organisations associées de France, de Turquie et d'Australie.

La majorité des délégué(e)s a mis en évidence les problèmes concernant les droits syndicaux dans leur pays. Hassan Juma’a Awad, qui dirige la fédération irakienne des syndicats du pétrole (IFOU) affiliée à IndustriALL, a informé la conférence de son procès qui va bientôt s’ouvrir, où il est accusé d'avoir organisé une grève et une manifestation en février. Les travailleurs et travailleuses de l'entreprise South Oil Company (SOC) avaient organisé une action après le rejet par la direction d'appels à la négociation sur les salaires et les prestations impayés, sur l'emploi précaire et sur la fin de la corruption.

Les dirigeants syndicaux du MENA ont exprimé leur soutien total à Hassan Juma’a et ont engagé les autorités irakiennes à mettre fin de toute urgence au harcèlement à l’encontre de Juma’a et d'autres syndicalistes. Une action de solidarité internationale est en cours de réalisation avant la session judiciaire qui a été repoussée au 15 avril.

Une conférence régionale a soutenu la décision de IndustriALL de revitaliser la campagne de réforme de la législation irakienne du travail qui date de l'époque de Saddam Hussein. Les lois interdisent les syndicats dans le secteur public et enfreignent le droit de se syndiquer, de négocier collectivement et de faire grève.

Des préoccupations ont été exprimées sur l'évolution de la situation en Égypte. Outre une nouvelle constitution qui traite les syndicalistes comme des criminels, le président Morsi a signé, en novembre 2012, un décret qui permet au ministre du Travail d'assurer lui-même le remplacement de tous les dirigeants syndicaux âgés de plus de 60 ans. Il résulte de cette décision qu’au moins deux dirigeants sur quatre chez les affiliés de IndustriALL en Égypte doivent être remplacés.

Cette intervention a donné lieu à un vif débat sur le besoin d'une indépendance vis-à-vis de l'employeur et de l'influence du gouvernement sur les statuts de IndustriALL. Des explications ont été demandées aux syndicats avec documents à l'appui, avant de porter cette question devant le comité exécutif mondial de IndustriALL à la fin du mois de mai.

Dans le même temps, IndustriALL exécutera une localisation et un programme de formation d'activistes avec les nouveaux syndicats indépendants en Égypte.

Une évolution positive a été signalée en Tunisie par Tahar Berberi, dirigeant du syndicat des métallurgistes et membre du comité exécutif de IndustriALL. Le pacte tripartite social signé en janvier montre la volonté du gouvernement, des syndicats et des employeurs de contribuer à l'établissement d'une société démocratique par un dialogue social constructif.

Des invité(e)s de Turquie, de France et d'Australie ont présenté des contributions sur les techniques de syndicalisation, les accords-cadres mondiaux et les réseaux syndicaux dans les entreprises multinationales (EMN). Plusieurs EMN mènent déjà des activités dans la région, notamment dans les pays du Maghreb, où IndustriALL soutiendra une mise en réseau avec ses affiliés européens.

Rapport sur l’offensive du printemps de JCM concernant le statut du travail

JCM a reçu une série de réponses à la mi-mars et a rendu compte des résultats sur les mesures prises par 55 syndicats affiliés à JCM, regroupant des travailleurs et travailleuses employés dans de grandes entreprises des industries de l'automobile, de l'électricité et de l'électronique, des machineries, de l'acier, de la construction navale, des métaux non ferreux et des câbles électriques.

Tous les syndicats ont obtenu des augmentations salariales périodiques dans le cadre de la structure salariale, ce qui implique le maintien du système salarial portant sur des augmentations annuelles individuelles qui ne soient pas inférieures aux normes salariales de l'année précédente pour chaque groupe d’âge. Pour assurer une augmentation périodique des salaires, il est nécessaire d'augmenter les salaires individuels d’environ 2 pour cent.

En ce qui concerne les primes et le salaire minimum, JCM est parvenu à obtenir une prime équivalant à 4,77 mois, soit un accroissement de 0,17 mois sur la norme de 4,60 mois de l'année précédente. Pour les salaires minimums intra-entreprise, 1es syndicats ont réussi à obtenir des hausses de 500 yen.

En ce qui concerne la décision du gouvernement de réformer la réglementation du travail, JCM a déclaré:

L’organe consultatif du gouvernement examine les changements apportés aux conditions de travail qui désavantageraient des travailleurs et travailleuses. Les réformes permettraient aux employeurs de supprimer plus facilement des postes de travail. JCM s’oppose fermement à ces sortes de réforme. Le gouvernement devrait maintenant réduire l'augmentation du nombre de travailleurs et travailleuses n’ayant pas d'emploi fixe qui sont sujets à une instabilité de l'emploi et dont les revenus sont bas, améliorer l'environnement pour obtenir un traitement égal et équilibré à celui des salariés ayant un emploi régulier, et augmenter d'une façon générale les normes salariales pour en faire profiter le personnel non régulier en augmentant le salaire minimum.

Riposte au travail contractuel dans le secteur du pétrole et du gaz au Nigeria

Nupeng et Pengassan se sont rencontrés en mars pour examiner la nécessité de développer des stratégies contre l'emploi précaire, centrées sur la syndicalisation et la réalisation de l'unité parmi les travailleurs et travailleuses.

Les syndicats ont pris note d’une tendance alarmante chez les employeurs pour transformer l’emploi permanent en emploi causal pour réaliser le maximum de bénéfices, réduire le coût du travail et priver les travailleurs et travailleuses de leurs droits d'adhérer à un syndicat.

Outre le fait de recruter du personnel contractuel et d'obtenir une entente mutuelle entre les personnes ayant un emploi permanent est celles employées sous contrat sur la nécessité d'avoir un salaire égal pour un même travail, un accord a été réalisé sur l’importance de travailler de manière solidaire avec d'autres syndicats au Nigeria sur la question du personnel contractuel, de l'externalisation et de l'emploi précaire. Les participant(e)s ont examiné la nécessité d'avoir un dialogue social et de défendre cette question au niveau international.

Les deux syndicats ont élaboré un ensemble un plan d'action pour une campagne à mener au cours des six prochains mois, qui comportera la collecte d’une information, des campagnes de syndicalisation, une meilleure prise de conscience et des réunions de haut niveau avec le gouvernement.

La coordonnatrice de projet de IndustriALL, Augustine Adokou, a dit que les efforts de campagne entrepris par Pengassan et Nupeng, qui portent sur la syndicalisation des travailleurs et travailleuses précaires dans le secteur du pétrole et gaz, fourniront une contribution importante aux efforts entrepris par IndustriALL pour s'attaquer à l'emploi précaire dans le monde.

Les efforts entrepris dans la campagne semblent déjà commencer à porter leurs fruits avec deux articles sur l'emploi précaire publiés dans de grands organes de presse, sur la base de commentaires de Hyginus Chika Onuegbu, président du congrès syndical du Nigeria River State et responsable de haut rang du Pengassan. Voir les articles annexés.

Le drame des travailleurs de Rusal Friguia en Guinée

La direction avait répondu de manière vindicative à la grève du personnel qui eut lieu il y a un an, en arrêtant brutalement la production, laissant sans salaires depuis avril 2012, 1.030 salariés permanents et 2.000 autres personnes employées en sous-traitance. Trois affiliés de IndustriALL Global Union en Guinée, les fédérations minières nationales CNTG, USTG et ONSLG, syndiquent les salariés de Rusal Friguia.

Depuis 2011, la direction de Rusal Friguia refuse d'engager une négociation collective avec les représentants syndicaux en prétextant une situation économique difficile pour l'entreprise. La direction a suivi avec agressivité une tactique d'intimidation et de provocation des représentants syndicaux et des salariés au niveau de l'usine. Le 4 avril 2012, le personnel de Rusal Friguia s’est mis en grève en signe de protestation contre l'intransigeance de la direction. Rusal Friguia a immédiatement suspendu ses activités dans les villes de Fria et de Conakry, en lock-outant le personnel. Parallèlement, Rusal a fait pression sur le tribunal local du travail pour que la grève soit déclarée illégale.

Les négociations menées sous l'arbitrage du gouvernement ont permis d’obtenir, en juin 2012, une suspension de la grève par les salariés de Rusal Friguia. Mais Rusal a refusé de mettre fin au lock-out tant que les syndicats n’accepteront pas la responsabilité des pertes de l'entreprise durant la grève, ce que les travailleurs et travailleuses ont nettement refusé.

Ce qui est devenu apparent par la suite, c'est l'ambition de Rusal d’exploiter le riche gisement de bauxite de Dian Dian. Dans des négociations avec le gouvernement guinéen, Rusal a de toute évidence demandé un accès exclusif au site de Dian Dian comme condition de reprise de ses activités à Friguia.

Enfin, Rusal a obtenu au début de 2013 le contrat lui permettant de mener des activités à Dian Dian. Le gouvernement a annoncé publiquement la réouverture imminente de l'usine de Fria. Mais jusqu'à aujourd'hui la situation est restée inchangée.

Le gouvernement a fourni un dédommagement financier aux travailleurs et travailleuses pour les trois derniers mois de 2012. Mais avant cette date et depuis janvier 2013, le personnel n'a pas reçu de salaires, et beaucoup ont dû vendre leurs effets personnels pour survivre. Les travailleurs et travailleuses ne sont pas les seuls à être touchés par la crise, il y a aussi les 120.000 habitants de Fria, dont la vie est principalement liée à l'usine Friguia et qui se trouvent dans une situation précaire.

IndustriALL dénonce la situation désespérée des travailleurs et travailleuses de Rusal Friguia et de la population de Fria, et se joint à ses affiliés en Guinée pour demander un règlement industriel rapide et juste.

Un travailleur de Honda tué au Mexique

IndustriALL a demandé que l'entreprise entreprenne immédiatement une enquête approfondie pour déterminer les causes de l'accident mortel et accorde à la famille du travailleur une indemnisation financière.

Jose Luis Solorio, secrétaire général du syndicat des travailleurs de Honda Mexico, STUHM, a annoncé le 25 mars le décès de Armando Arana. Il est mort alors qu'il peignait une rampe de chargement, écrasé par un porte-conteneur. Il travaillait depuis 14 ans dans l'entreprise et s'était plaint à plusieurs reprises du manque de sécurité dans les conditions de travail. L'entreprise avait répondu par un harcèlement et en le faisant travailler par punition loin de sa zone habituelle, la zone de pressage. Le dirigeant du STUHM a expliqué que:

Il a reçu l'ordre avec d'autres collègues de peindre en jaune des rampes de déchargement dans l'usine de moto. On leur a dit de déplacer des conteneurs et de travailler dans un espace d’environ 1 mètre. Les travailleurs ont demandé à l'entreprise de placer des panneaux d'avertissement du fait qui leur était demandé de travailler dans une zone de chargement et de déchargement de conteneurs. La direction a répondu que ce n'était pas nécessaire en ajoutant qu'ils perdraient leur travail s'ils ne faisaient pas ce qui leur était demandé, ce qui a fait que les travailleurs n'ont pas protesté. 

“À environ 14h30, sur l'ordre de la direction, un conducteur a enclenché la marche arrière dans la zone pour attacher un conteneur. Alors qu'il réalisait cette manœuvre, le conteneur à écrasé Armando Arana qui peignait la rampe“. Jose Luis Solorio a dit que le collègue était une “victime de la négligence de Honda Mexico qui n'a pas pris les mesures de sécurité nécessaires” en ajoutant que “ce crime ne doit pas rester impuni”.

Le STUHM a demandé à Honda d’expliquer pourquoi les dirigeants de l'entreprise harcelaient Armando Arana, et pourquoi ils ont refusé de prendre un minimum de mesures de sécurité qui auraient pu éviter cette tragédie. Mais plus de deux semaines après la mort du travailleur, l'entreprise continue de maintenir un silence criminel.

La presse a largement rendu compte des protestations des syndicats et des organisations de la société civile. Le syndicat national des mineurs et des métallurgistes (SNTMMSRM), le syndicat des électriciens (SME) et le centre de recherche syndicale, CILAS, ont écrit à l'entreprise en condamnant son attitude. Ils ont également écrit aux services de la main-d'œuvre au niveau fédéral et à celui de l'État, en demandant “au ministre du travail et aux services de la main-d'œuvre aux niveaux fédéral et local d'identifier les responsables de cette affaire d'homicide industriel, de réaliser une inspection détaillée de la zone de travail et d'insister pour que Honda Mexico prenne des mesures visant à protéger la vie des travailleurs dans les zones à haut risque et à empêcher d'autres actes de négligence”. Voir l’article.

Les syndicats japonais affiliés à IndustriALL ont exprimé leur horreur et leur tristesse. Ils ont contacté le siège de Honda pour exiger une enquête détaillée sur cette affaire. IndustriALL demande à l'entreprise et aux autorités mexicaines d'entreprendre une action, et soutient le syndicat qui exige que ce crime ne reste pas impuni. Enfin, l'Internationale demande à tous les syndicats affiliés d'exiger que l'entreprise mène une enquête équitable et responsable sur la mort de notre collègue mexicain. 

Un accord de dernière minute évite une grève des travailleurs norvégiens du pétrole

Outre l’industrie pétrolière, des débrayages menaçaient l'aéroport international d’Oslo qui aurait été paralysé, ainsi que d'autres industries névralgiques qui auraient dû fermer leurs portes. Selon le plus important syndicat des travailleurs du pétrole du pays, Industri Energi (IE), affilié à IndustriALL, la grève aurait amené la fermeture de Mongstad et Vestbase, les deux principales bases d'approvisionnement en nourriture et autres produits de base des plates-formes off-shore de production de pétrole et de gaz.

Les syndicats ont déclaré qu'ils avaient prévu que la grève toucherait environ 17.000 salariés du secteur privé si un accord intervenait pas. L'accord, qui concerne directement 156.000 membres du syndicat, fixera la barre pour l'augmentation des salaires dans tous les autres secteurs.

La confédération syndicale nationale norvégienne LO a mené les négociations avec la confédération patronale NHO et approuvé une hausse salariale horaire générale de 0,75 NOK (0,12 USD) pour les salariés qui gagnent plus de 90% de la moyenne salariale dans l'industrie. Ceux qui gagnent moins toucheront 1,40 NOK de heure qui s'ajoutera à 0,75 NOK pour donner une hausse totale de 2,15 NOK.

Le chef de la confédération syndicale nationale LO, Roar Flaathen, a déclaré: “Il s'agit d'un accord responsable et juste qui tient compte des emplois et des besoins de l’employeur, et donne une impulsion au pouvoir d'achat des travailleurs et travailleuses les moins payés”.

La Norvège est le septième plus grand exportateur de pétrole au monde et le deuxième plus grand fournisseur de gaz qui assure une part importante des besoins énergétiques de l'Europe occidentale. Les grèves sont devenues courantes en Norvège l'année dernière du fait que les travailleurs et travailleuses demandent une part plus grande des bénéfices provenant du succès économique remporté par le pays.

Sept travailleurs tués dans une usine Grupo Modelo au Mexique

L’entreprise et les services du procureur fédéral de district enquêtent sur la mort des travailleurs de la brasserie qui exécutaient des travaux de nettoiement et de maintenance de la cuve.

Le directeur général de l’entreprise, Francisco Javier López Bravo, a publié un communiqué le même jour pour confirmer les décès.

Selon des déclarations de membres des familles des victimes, publiées dans la presse nationale, certains travailleurs étaient employés directement par Grupo Modelo alors que d’autres travaillaient dans l’entreprise sous-traitante Sola. Selon les membres de ces familles, l’entreprise faisait preuve de négligence et certains travailleurs s’étaient plaints des conditions précaires de travail de l’équipe.

IndustriALL déplore les pertes de vies humaines et demande qu’une enquête rigoureuse ait lieu sur les causes de l’accident, ainsi que le versement d’une indemnisation équitable aux familles.

Grève nationale des mineurs chiliens dans les secteurs public et privé

La grève nationale des mineurs du cuivre est un avertissement donné à toutes les divisions de CODELCO, notamment à son siège, et aux entreprises privées du secteur minier avec lesquelles les syndicats veulent résolument engager des négociations sur leurs revendications.

Dans un communiqué de presse publié conjointement par la FTC qui est affiliée à IndustriALL et par la FMC, les deux fédérations ont déclaré que pour la première fois, “nous mettons en action dans la pratique l’unité syndicale, et nous travaillons ensemble pour augmenter graduellement la pression sur les employeurs afin qu’ils répondent aux revendications vivement ressenties par les mineurs et tous les travailleurs et travailleuses”.

Les mineurs veulent des pensions de retraite décentes et la fin du système de fonds de retraite actuellement en vigueur, la nationalisation des mines de cuivre et de lithium pour obtenir le revenu national indispensable à un système d’éducation libre et de qualité, à des services de santé et des retraites justes, la fin des mauvais traitements infligés aux travailleurs, une législation permettant d’assurer le respect des droits du travail et l’application des conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT), des améliorations dans la médecine du travail et la fin des accidents du travail.

Les syndicats demandent également une conformité à la législation sur la sous-traitance et la fin d’une externalisation non réglementée. "Nous disons ‘non’ à l’externalisation et ‘oui’ à l’internalisation dans la production et les domaines stratégiques des entreprises", ont déclaré les syndicats.

En plus des revendications générales indiquées ci-dessus, les fédérations et leurs syndicats membres présenteront d’autres revendications plus spécifiques et locales à partir de leurs propres lieux de travail.

Ils demandent au gouvernement, à CODELCO et aux entreprises privées dans le secteur minier, de tenir compte des revendications justes et légitimes des mineurs au Chili. "Cette action vise à promouvoir des pourparlers et à obtenir des solutions concrètes à nos revendications, qu’il s’agisse de nouvelles lois, d’un plan résolu d’inspections, ou de répondre favorablement aux questions soulevées dans certaines entreprises. Dans le cas où de toute évidence les employeurs ne montreraient pas la volonté politique nécessaire pour donner des réponses concrètes à nos justes revendications dans un délai raisonnable, nous intensifieront nos préparatifs en vue d’une action”, a conclu le communiqué de presse.

IndustriALL Global Union soutient la lutte menée par les mineurs chiliens, ainsi que leurs revendications pour un travail décent. IndustriALL demande également aux affiliés au Chili et dans le reste du monde d’offrir leur solidarité à ce mouvement unifié et de soutenir ses tentatives visant à faire progresser les intérêts des travailleurs et travailleuses au Chili.

Des syndicalistes indonésiens emprisonnés pour avoir lutté contre l’emploi précaire

Des questions relatives au statut d’emploi ont concerné 5.802 membres de la fédération des syndicats des mines et de l’énergie – prospérité indonésienne (FPE-SBSI) sur cinq sites de production de PLN et de Pertamina. Le syndicat estime qu’en raison de leur statut d’entreprise d’État, le gouvernement devrait servir d’exemple aux autres employeurs par le respect de la législation du travail chez PLN et Pertamina, et par l’emploi de personnel sur une base permanente.

Certaines des 5.802 personnes ont été employées avec des contrats renouvelables pendant plus de 20 ans, ce qui constitue une infraction délibérée à la législation nationale du travail. L’article 59 de la loi 13 (2003) spécifie le cadre juridique du contrat d’emploi en Indonésie. L’emploi basé sur un contrat à court terme est seulement légal quand le travail pour l’entreprise a une durée déterminée, notamment pour les travaux saisonniers ou le travail destiné à tester un nouveau produit ou une nouvelle activité.

Le syndicat FPE-SBSI même des activités dans les provinces Aceh, Riau, Sulawesi et à Maluku, pour tenter de mettre fin aux abus résultant de l’emploi précaire par les directions de PLN et de Pertamina. Au niveau national, le syndicat a pris pour cible le ministre du gouvernement responsable de l’industrie d’État, mais les salariés font également face à une intransigeance à ce niveau.

À Aceh Tamiang, des membres du personnel syndiqué au FPE-SBSI ont été mis à pied chez Pertamina EP Rantau. La direction locale a agi en connivence avec la police locale pour arrêter et détenir les quatre syndicalistes suivants: Rusli, Wahyu, Ismed Rizal et Amir. Des mises à pied considérées comme des représailles contre des activités syndicales ont également eu lieu dans la province de Sulawesi et à Maluku.

IndustriALL soutient l’appel lancé par son affilié au gouvernement indonésien pour qu’il intervienne et procure une solution par un dialogue avec le syndicat.

FPE-SBSI a syndiqué également de 5000 à 7000 nouveaux membres employés dans des entreprises d’État au cours de la période allant de mai à décembre 2012.