L’impact de la crise sur les femmes

Ces craintes ont été le sujet d'une discussion approfondie au Comité des femmes de la Confédération syndicale internationale (CSI) les 16 et 17 avril, où Stephanie Seguino, de l'Université du Vermont et de l’École des études orientales et africaines à l’Université de Londres, a fait un exposé sur le thème de la Trinité profane : crise, austérité et inégalité entre les sexes (The Unholy Trinity: Crisis, Austerity and Gender Inequality).

L'idée porte sur le fait que la crise est basée sur un accroissement des inégalités, ce qui était la situation avant le véritable déclenchement de la crise. Le fossé entre les travailleuses et travailleurs et les détenteurs du capital continue de s'élargir. Les salaires réels baissent et la productivité augmente, ce qui signifie un accroissement des bénéfices pour les employeurs. Les écarts salariaux entre hommes et femmes se sont réduits, mais uniquement parce que les salaires des hommes baissent. On assiste à une harmonisation vers le bas des emplois. Les emplois masculins deviennent comme des emplois féminins, c'est-à-dire sans stabilité et sans avantages.

Les parents célibataires et les minorités ethniques constituent les catégories qui ont déjà entamé la crise avec les plus grands déficits économiques – ils avaient les salaires les plus bas, peu d'épargne et peu d’actifs et étaient les moins qualifiés pour obtenir une indemnité de chômage, il leur était impossible d'obtenir un crédit et avaient déjà souscrit à trop de prêts prédateurs. La première manche des effets de la crise a provoqué généralement la disparition d’un grand nombre d’emplois, un tarissement du crédit, une baisse des ressources fiscales et une augmentation des dépenses gouvernementales. Cependant, l’emploi pour les mères célibataires et les minorités ethniques était mal réparti, ce qui fait que ces catégories pouvaient facilement se retrouver sans travail. Une nouvelle dénomination est née, une discrimination fondée sur la responsabilité familiale, qui décrit la réticence des employeurs à embaucher des parents célibataires.

La deuxième manche des effets de la crise a été marquée par un ralentissement de l'hémorragie des emplois, un épuisement de l’épargne, des biens et des réserves, des taux élevés de personnes sans emploi et sans domicile fixe, une aggravation des faillites et un faible degré de solvabilité. Tous ces facteurs ont contribué à une augmentation des services produits chez soi avec un accroissement du travail non rémunéré. La dette publique et les déficits ont continué d'augmenter.

La troisième manche des effets de la crise est maintenant l'austérité, la tentative de s'attaquer aux dettes et aux déficits. L'austérité conduit au manque d’emplois, principalement parce que la classe moyenne est trop faible au soutenir les dépenses des consommateurs, qui ont toujours constitué le moteur de l'économie. Les recettes provenant des salaires et de la fiscalité sont en chute, et la dette en pourcentage du PIB est en hausse. Cependant, les effets du chômage sur l'austérité doivent être considérés différemment. Ils sont les plus faibles pour les hommes blancs, puis pour les femmes blanches, après pour les hommes noirs, et les plus touchées sont les femmes noires.

L’austérité a également des conséquences sur les rôles des femmes et des hommes. Parmi les personnes qui perdent leur emploi, on s’attend à ce que les femmes trouveront le moyen d'économiser de l'argent, de s'occuper de leur famille et de prodiguer davantage de soins de santé. Le fardeau des femmes pour les soins s'accroît quand les dépenses sociales s'arrêtent. Les femmes subissent une pression pour contribuer au revenu familial en travaillant dans des emplois rétribués. Les hommes perdent leur identité en tant que soutien de famille, et les violences familiales sont de plus en plus courantes. Les hommes quittent souvent la famille. Le coût de la violence familiale est énorme.

L'austérité a des effets à long terme sur l'infrastructure sociale et sur l'économie. La viabilité des politiques dépend de l'infrastructure sociale. L'erreur consiste à trop se concentrer sur les marchés et non sur le secteur des soins. L’attention excessive portée aux marchés financiers provoque une fixation sur l'austérité. Nous avons besoin d’inverser les préjugés caractéristiques hommes/femmes, raciaux et ethniques dans les prises de décision. L'alternative porte sur un investissement dans l'infrastructure, l'éducation, la protection de l'enfance, les soins de santé, la formation, un soutien alimentaire et pour le logement, les voies de circulation, les transports, et une économie répondant mieux aux critères de l'environnement. Ces investissements seront plus rentables car ils élèvent la productivité, les revenus salariaux et en fin de compte les revenus fiscaux.

Pour une politique industrielle viable

L’une des principales motivations pour l’établissement de IndustriALL Global Union était de combiner les forces syndicales dans les industries des matières premières, de la fabrication et de la transformation, pour obtenir la reconnaissance de l’importance de ces industries dans les économies nationales et pour offrir des emplois de bonne qualité.

Le plan d’action dans lequel IndustriALL s’engage pour promouvoir sa politique industrielle reflète cette ambition. Il reconnaît également l’impact de ces industries sur la viabilité, et les possibilités qu’elles offrent pour promouvoir cette viabilité.

Nous développons maintenant un programme pour engager les affiliés dans tous les secteurs et toutes les régions à rechercher la manière dont les syndicats peuvent influencer les gouvernements, l’industrie et les institutions chargées de la direction des affaires mondiales pour assurer la promotion des objectifs du plan d’action. Le programme s’appelle ‘Une politique industrielle viable’.

La viabilité se définit comme la possibilité d’assurer les besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à assurer les leurs. Cela implique un environnement sain, une économie saine et une société saine reposant sur des fondations solides, maintenues en place dans le cadre d’une bonne direction des affaires mondiales.

La politique industrielle repose sur un projet destiné à encourager des tendances répondant au développement industriel et à la croissance. Elle doit cibler stratégiquement des entreprises et des secteurs précis, tout en tenant compte des besoins, au sens le plus large, d’une infrastructure pour les transports et les communications, l'éducation et la formation des compétences, la recherche et l'énergie.

Une politique industrielle viable ne vise pas à créer des conditions permettant aux entreprises de se développer aux dépens des travailleurs et travailleuses, de la société et de l'environnement. Elle vise à créer des conditions qui permettent aux entreprises de fonctionner et d’apporter une contribution durable à la société.  

De telles politiques encouragent le développement de technologies répondant mieux aux critères de l'environnement, en s’attaquant à certains problèmes tels que le changement climatique, tout en créant un grand nombre d'emplois décents. Elles impliquent l'application effective des normes de travail, ce qui inclut la promotion de la négociation collective et une législation du travail qui restreint l'emploi précaire. Et elles sont soutenues par des politiques de protection sociale qui s’attaquent au chômage, et veillent aux questions concernant les retraites et les soins de santé, pour lesquelles l’industrie est tenue d’apporter sa contribution.

Nous allons présenter en mai un document de travail Pour une politique industrielle viable dans le but de lancer l’initiative et de stimuler le débat parmi nos affiliés.

Nous organiserons cette année des ateliers thématiques régionaux en Afrique sub-saharienne, en Asie du Sud, en Asie du Sud-Est/Pacifique et en Amérique latine pour développer davantage les questions d’actualité dans ces régions. Nous voulons renforcer la capacité des syndicats à soutenir une politique industrielle viable et contribuer à une bonne compréhension commune de ces questions au sein de IndustriALL.

Au cours des deux prochaines années, la politique industrielle viable fera l’objet de discussions dans toutes les réunions de IndustriALL aux niveaux global, régional, industriel et local dans l’entreprise. Les affiliés seront encouragés à participer au débat et à exposer leur vision sur la façon dont les syndicats peuvent contribuer à la réussite des objectifs de viabilité.

Un élément majeur concerne le renforcement du rôle des gouvernements. Il est nécessaire de rééquilibrer le pouvoir d'imposer les termes du développement industriel, loin des entreprises multinationales, pour revenir aux organes élus démocratiquement. La politique industrielle a besoin de retrouver sa place, afin de corriger les défaillances du marché, par une intervention de l'État.

Les syndicats doivent participer à la formulation de la politique industrielle et siéger sur un pied d'égalité avec l'industrie. La transformation de l'industrie ne peut pas se faire sans une participation active des travailleurs et travailleuses.

Jyrki Raina

Secrétaire général

Condamnation du harcèlement sévère dont est l’objet Hassan Juma’a

La solidarité internationale et l’indignation se font jour alors que les syndicats du monde entier demandent l’abandon immédiat des fausses accusations portées par le ministère du Pétrole contre Hassan Juma’a. Hassan qui est président de la fédération irakienne des syndicats du pétrole de Basra (IFOU), affiliée à IndustriALL Global Union, est accusé de “causer du tort aux intérêts de l’État” dans le cadre d’une législation répressive dépassée.

Pour la première fois, un syndicaliste irakien est accusé selon l’article 111-1969 du code pénal, une loi archaïque datant du régime de Saddam Hussein pour réprimer les salariés de l’État. Les audiences prévues pour Hassan, qui avaient été repoussées du 20 mars au 7 et 15 avril, le sont encore jusqu'au 2 mai. Les renvois sont surtout dus à l’absence de preuves contre Hassan, accusé de l’organisation d’une grève et de manifestations les 13 et 19 février qui auraient, selon des dires, porté préjudice à l’entreprise Southern Oil Company.

Le conflit actuel dans les relations industrielles entre Southern Oil Company et l’organisation syndicale IFOU a amené plus d’un millier de travailleurs du pétrole sur plusieurs sites de production à manifester le 16 avril devant le siège de l’entreprise.

La manifestation principale a débuté le mardi à 10 heures du matin par une forte démonstration d’unité entre les travailleurs des gisements pétroliers de Rumaila Nord et Sud, Berjsiyya et d’autres emplacements (voir ici la vidéo).

La direction a rejeté à plusieurs reprises les appels au dialogue concernant le non paiement des primes de 2010, 2011 et 2012. Le 16 avril, la manifestation qui avait lieu devant les bureaux de la direction scandait des slogans; le directeur général est encore sorti pour informer les manifestants en colère qu’il avait rencontré le Premier ministre Nouri al-Maliki et le vice Premier ministre chargé de l’Énergie, Al Shahristani, qui l’a autorisé à verser 50% des primes de production non encore payées de 2010, 2011 et 2012. Il a également promis de résoudre les questions qui relevaient de son autorité.

Dans le contexte plus large de la forte répression des droits syndicaux en Irak, notamment dans l’industrie pétrolière, il faut souligner l’importance de la campagne internationale pour une juste législation du travail dans le pays. La législation du travail répressive datant de l’ère Saddam Hussein doit être remplacée dans le cadre d’un processus regroupant les syndicats nationaux, par des lois répondant aux normes internationales et aux principes fondamentaux de l’OIT.

Les autorités continuent de faire pression sur l’ITUA en Russie

Les autorités ont effectué le 20 mars une inspection de l’ITUA dans le cadre d’une intensification de grande envergure de la répression contre les organisations indépendantes. Une liste des documents demandés au syndicat a été donnée à Alexei Etmanov, président de l’ITUA.

Après la remise par l’ITUA de la plupart des documents exigés, les services du procureur y ont relevé plusieurs infractions.

Les services du procureur ont protesté contre plusieurs articles des statuts du syndicats. Par exemple, les statuts indiquent que la réunion de l’organe de direction locale du syndicat est légitime si plus de la moitié des membres/délégué(e)s y 'participe'. Les autorités assurent que cet article enfreint la législation russe: il faudrait demander que les membres/délégué(e)s 'soient présents' à la réunion et n’y 'participent' pas.

Les services du procureur assurent que l’ITUA doit aux impôts 211.882 roubles et 13 kopecks (environ 5.200 euros). Pourtant, le syndicat a payé précisément le même montant aux impôts (jusqu'aux 13 kopecks) après la grève chez Ford en 2008. “Nous possédons les documents qui prouvent qu’un montant de cette somme a été payé. Je ne peux pas croire qu’une telle coïncidence soit possible. Il s’agit soit de malveillance soit d’une grave erreur”, dit Etmanov.

Enfin, le syndicat a été accusé ‘d’infraction à la réglementation contre les règles de sécurité contre l’incendie’ pour son bureau, mais il estime que c’est également faux. Etmanov explique que l’ITUA loue seulement un bureau, et selon le contrat de location, le syndicat n’est pas responsable de la sécurité contre l’incendie.

Les autorités russes ont entrepris une inspection sans précédent de toutes les ONG russes, et l’ITUA, affilié à IndustriALL Global Union, est l’une des victimes de l’activité de l’État. Etmanov dit que le syndicat va pourtant protester contre ces actions. “J’ai la  certitude de notre victoire”, dit-il.

Plus de 200 membres du personnel protestent chez AGM Holcim

À l’assemblée générale de Holcim à Dübendorf, Suisse, plus de 200 salariés venus de toute l’Europe (Italie, Belgique, France, Slovaquie, République tchèque, Roumanie, Allemagne et Suisse) ont manifesté, le 17 avril, pour signaler clairement aux actionnaires que leur objectif de profit de 1,5 milliard de CHF pour 2014 aux dépens de la main-d'œuvre était inacceptable.

Katty Noël, membre de l'affilié belge de IndustriALL, Syndicat des Employés, Techniciens et Cadres de Belgique (SETCA), a participé à l'assemblée générale de Holcim avec Uwe Barkmann, secrétaire du comité d'entreprise européen et membre de l'affilié de IndustriALL, Industriegewerkschaft Bergbau, Chemie, Energie (IG BCE). Ils ont tous deux pris la parole devant les actionnaires pour exprimer leur mécontentement des projets de l'entreprise. “Comme vous avez pu le constater en arrivant, beaucoup de mes collègues venus d’un grand nombre de pays européens nous ont rejoints pour exprimer notre mécontentement et notre détermination pour faire avancer les choses”, a dit Katty Noël, secrétaire adjointe du comité d'entreprise européen dans son allocution aux actionnaires de Holcim.

Noël et Barkmann ont été accueillis par le président de Holcim, Rolf Soiron, qui a exprimé son désaccord avec leur opinion. “Il y aura des fermetures d'usine”, a déclaré Soiron, “si le marché ne répond plus et que nous devons réduire notre capacité”.

Les protestataires ont demandé instamment à la direction d'observer au moins la législation et la réglementation en vigueur si l'entreprise doit absolument produire des bénéfices supplémentaires aux dépens des salariés.

“Nous sommes rassemblés ici pour dire à la direction de ne plus insister pour réaliser des bénéfices supplémentaires en licenciant des gens, sans donner une information correcte et sans consulter les organes responsables”, a déclaré Matthias Hartwich, directeur du département des industries de l'ingénierie mécanique et des matériaux de IndustriALL, devant l'assemblée générale de Holcim.

Le comité d'entreprise européen de Holcim et la fédération européenne des travailleurs du bâtiment et du bois (FETBB) demandent à la direction:

Voir l’allocution de Katty Noël à l'assemblée générale de Holcim

Voir l’allocution de Uwe Barkmann à l'assemblée générale de Holcim

Enfin, victoire du Zewu dans la négociation

Zesa, entreprise semi-publique d’électricité du Zimbabwe, n’avait pas respecté une convention collective qui l’obligeait à payer à son personnel le salaire minimum de 275 USD par mois. En conséquence, Zewu avait engagé une action pénale contre Zesa pour non respect de l’accord. Le procureur général a estimé que Zesa avait délibérément refusé de donner aux travailleurs et travailleuses le montant qui leur était dû, et que l’entreprise avait commis une infraction en contrevenant à la loi sur le travail.

Le magistrat a déclaré dans son jugement: “Nous avons trouvé Zesa coupable de non respect du SI 50 (enregistrement de la convention collective) qui oblige à verser l’augmentation salariale de 2012. Les faits retenus contre Zesa sont accablants. Quand les négociations sur la convention collective ont eu lieu en 2012, Zesa était présente à la table des négociations et donc pleinement informée de la création du SI 50. Pour cela, et pour tous les autres faits exposés devant l’honorable tribunal, l’État a trouvé que ZESA était indubitablement coupable”.

Le tribunal a ordonné à Zesa de payer une amende de 400 USD, de respecter l’accord et de restituer les sommes dues, en demandant à Zesa de verser aux travailleurs et travailleuses 60 millions d’USD pour les retards salariaux, faute de quoi il y aurait saisie sur les biens.

Cette décision de justice a provoqué des scènes de réjouissances parmi les 3.000 salariés de Zesa. La présidente du Zewu, Angeline Chitambo, a déclaré dans un commentaire sur le jugement “que cela donne une grande leçon aux employeurs qui ont surchargé de travail leurs salariés et les ont sous-payés… et que justice a finalement prévalu sur les forces du mal”.   

Chitambo avait été injustement mise à pied l’année dernière par Zesa pour avoir, selon les dires, incité les travailleurs et travailleuses à se mettre en grève pour non respect de la convention collective. Elle poursuit actuellement son combat aux côtés de son syndicat, ZEWU, pour obtenir sa réintégration.

Honda Mexico réduit l’intéressement aux bénéfices des salariés

Les travailleurs et travailleuses de l’usine mexicaine de l’entreprise multinationale Honda ont commencé un arrêt de travail de durée indéterminée, le 16 avril, après l’annonce par l’entreprise d’une réduction cette année de la prime d’intéressement aux bénéfices.

Lors d’une première réunion, la direction avait offert une participation aux bénéfices de 300 pesos mexicains (moins de 25 USD) par salarié pour l’année 2012 et une prime séparée de 8.500 pesos mexicains (630 USD). Par comparaison, la participation aux bénéfices était de 67.500 pesos mexicains (5.500 USD) en 2011 et de 48.000 pesos mexicains (3.900 USD) en 2010. Pourtant, la production et les ventes étaient plus élevées en 2012 qu’en 2011. En fait, 45.390 voitures du modèle CR-V avaient été produites en 2011 contre 65.256 en 2012.

En outre, la direction de Honda Mexico refuse de négocier avec le syndicat unifié des travailleurs de Honda au Mexique (STUHM), et continue de vouloir négocier avec le syndicat de contrat de protection qu’elle reconnaît, le SETEAMI.

“Notre réponse à cette offre est incrédule” écrit le syndicat STUHM dans son communiqué de presse, en ajoutant que “l’intéressement aux bénéfices devrait augmenter d’une façon identique – d’au moins 60 pour cent. De toute évidence, aucun argument crédible permet de justifier le refus de l’entreprise d’accorder aux travailleurs et travailleuses une part équitable de l’intéressement aux bénéfices”.

Le STUHM signale que les travailleurs et travailleuses sont tellement fâchés par l’annonce de l’entreprise qu’il y a eu immédiatement consensus dans l’équipe de jour pour arrêter le travail, et que ceux employés dans la deuxième et la troisième équipe postée se joindront plus tard à la grève. Déjà, 1.500 salariés sur un total d’environ 2.400 dans l’usine ont cessé le travail.

“Nous estimons que la grève est nécessaire et légitime dans le combat mené pour la défense de nos droits dans le travail. Nous vous invitons à nous rejoindre à l’usine El Salto, mercredi 17 avril 2013 dès l’aube, pour témoigner de l’éveil de milliers de travailleurs et travailleuses en réponse aux attaques constantes de la direction contre nos droits”, écrit le STUHM.

IndustriALL Global Union est très attentif aux actions de Honda au Mexique où un travailleur a trouvé la mort le mois dernier dans le travail, un accident sur lequel l’entreprise a gardé le silence, ce qui inquiète le personnel.

IndustriALL exige que les travailleurs et travailleuses de Honda au Mexique puissent exercer leur droit de décider librement et démocratiquement avec quel syndicat ils veulent être représentés, sans aucune interférence de l’entreprise.

Des marques européennes acceptent d’indemniser les victimes chez Tazreen

Les marques ont pris l’engagement, lors d’une réunion qui eut lieu le 15 avril à Genève, d’examiner un plan d’indemnisation de 5,7 millions d’USD des victimes de l’incendie survenu chez Tazreen Fashions au Bangladesh, qui causé la mort de 112 travailleuses et travailleurs et en a blessé environ 120 autres en novembre 2012.

La réunion, qui était organisée à l’invitation de IndustriALL Global Union, a réuni les principaux détaillants européens, un syndicaliste de haut niveau du Bangladesh, la campagne Vêtements propres (Clean Clothes Campaign) et le consortium sur les droits des travailleurs.

Faisant preuve d’une indifférence scandaleuse pour la souffrance des familles bangladeshi, les grandes entreprises américaines Walmart, Sears/Kmart et Disney ont refusé de verser la moindre indemnité compensatrice aux victimes et n’ont pas participé à la réunion. Walmart était apparemment le plus grand acheteur à l’usine Tazreen. Les entreprises, qui n’ont pas réussi à appliquer leurs propres normes de sécurité pour les travailleuses et travailleurs, ont prétendu être profondément attristées par les morts.

Les grands détaillants européens C&A (Pays-Bas), KiK (Allemagne) et El Corte Inglés (Espagne) ont assisté à la réunion et ont accepté de contribuer de manière importante au plan d’indemnisation des familles des personnes tuées et des blessés. La marque italienne de vêtements Piazza Italia n’était pas présente à la réunion, mais a accepté de participer à ce plan.

"Nous nous sommes accordés pour confirmer concrètement le montant pour chacune de ces marques qui contribueront à la fin de ce mois", a déclaré Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL. "Les familles et les personnes blessées ont déjà attendu trop longtemps".

Parmi les autres entreprises qui se fournissaient chez Tazreen et n’étaient pas présentes à la réunion, citons la firme de Hong Kong Li & Fung, Teddy Smith (France), Edinborough Woolen Mills (Royaume-Uni), Dickies (États-Unis) et Karl Rieker (Allemagne).  Li & Fung a toutefois accepté de verser une compensation.

Le plan d’indemnisation, élaboré par IndustriALL et ses affiliés au Bangladesh, et soutenu par des groupes internationaux de défense des droits du travail, est basé sur la formule de compensation utilisée pour d’autres incendies récents. Il s’agit de l’incendie survenu en décembre 2010 chez That’s It Sportswear, une usine qui fournissait Gap et d’autres marques américaines, et l’incendie qui eut lieu cette année en janvier chez Smart Export Garments, qui produisait des vêtements pour Inditex et d’autres firmes.  Les détails du plan seront élaborés lors d’une prochaine réunion qui aura lieu à Dacca, Bangladesh.

Ineke Zeldenrust de la campagne Vêtements propres a déclaré: “Nous demandons une fois de plus à Walmart et aux autres grandes entreprises qui se fournissaient chez Tazreen d’aider les familles des personnes décédées et les travailleuses et travailleurs blessés. Leur refus montre un manque d’intérêt choquant pour les droits et le bien-être des travailleuses et travailleurs qui fabriquaient les vêtements que ces marques commercialisaient, et qui ont été blessés ou tués dans ce processus".

IndustriALL et IF Metall cherchent une solution pour Electrolux en Thaïlande

Dans le cadre du mécanisme de l’accord-cadre mondial (ACM) signé par IndustriALL et le fabricant suédois d’appareils ménagers, qui porte aussi la signature de IF Metall en Suède, un processus de négociation et d’analyse a été mené au sujet des actes antisyndicaux de la direction de l’entreprise en Thaïlande. Les travailleurs et travailleuses de l’usine de machines à laver de l’entreprise Rayong, qui avaient constitué un syndicat en février 2011, ont depuis été l’objet de harcèlement de la part de la direction.

IndustriALL a déjà rendu compte de l’emprisonnement puis de la mise à pied massive de 98 membres du personnel le 11 janvier 2013, et des diverses tactiques employées ensuite par le syndicat dans sa campagne de lutte pour retrouver les emplois perdus. Le syndicat de l’usine a reçu le soutien de l’affilié thaïlandais de IndustriALL, TEAM, pour obtenir la réintégration totale de tous les salariés mis à pied.

Par des entretiens réalisés au niveau local et avec la direction internationale de l’entreprise, IndustriALL, IF Metall et les syndicalistes thaïlandais ont obtenu des résultats positifs aux deux niveaux avec la direction sur la question de la réintégration totale. Toutefois, ces résultats doivent encore se concrétiser.

Un accord a été conclu le 26 février entre IF Metall et la direction de Rayong qui prévoit la réintégration, le plus tôt possible, à leurs postes de travail de tous les salariés mis à pied, notamment les huit représentants syndicaux. Cet accord a été confirmé le 27 mars dans une réunion au niveau international au siège de l’entreprise à Stockholm, à laquelle participaient la haute direction internationale, IndustriALL et IF Metall. La réunion a également prévu de réaliser conjointement un travail permettant de progresser, avec notamment une délégation de la direction internationale qui se rendrait aux côtés de IF Metall dans l’usine, plus tard dans l’année, pour contrôler sur place la situation des relations de travail.

Tous les partenaires ont promis d’accorder leur engagement total à l’établissement de systèmes constructifs de relations de travail dans l’usine Electrolux Rayong, conformément à l’accord mondial.  Toutefois, bien que l’accord du 26 février soit toujours valable, il y a eu des ratés au niveau de la direction locale de l’usine pour appliquer la solution prévue et réintégrer tous les salariés.

Une infraction grave aux droits du travail chez Electrolux en Thaïlande a préoccupé également des ONG en Suède et dans d’autres pays. Le 9 avril, l’ONG suédoise Swedwatch a présenté une plainte à l’OCDE concernant une infraction aux normes fondamentales et internationales du travail dans l’usine Rayong.

IndustriALL et son affilié IF Metall continuent de demander à Electrolux de respecter son engagement et de garantir une solution complète et la réintégration chez Rayong qui présente un caractère d’urgence.

Victoire! Napoleon Gomez rayé de la liste rouge d’Interpol

Depuis 2006 et la forte condamnation de Napoleon lors de l’homicide industriel à Pasta de Conchos, le dirigeant des mineurs a été harcelé par l’alliance entreprise-gouvernement et forcé d’assurer la direction du syndicat depuis son exil à Vancouver, Canada. IndustriALL Global Union célèbre cette décision positive longuement attendue d’Interpol, qui permettra maintenant à Napoleon de voyager et d'occuper son siège au comité exécutif international de IndustriALL.

Une longue procédure administrative interne à Interpol qui a comporté de nombreuses étapes a été nécessaire pour examiner la plainte déposée contre Napoleon par le gouvernement précédent de droite du parti PAN au Mexique.

Dans une affaire menée parallèlement dont il a été rendu compte, les magistrats du premier tribunal collégial itinérant des affaires criminelles, Juan José Olvera Lopez, Luis Perez de la Fuente et Jose Luis Villa Jimenez, ont ordonné à l'unanimité à Interpol Mexico d’engager une action auprès d’Interpol pour annuler la notice qui avait été placée sur la liste rouge.

La décision de l’autorité internationale d’Interpol rejette la décision de la branche mexicaine et confirme la demande établie de longue date par Los Mineros, à savoir que les deux gouvernements précédents de Vicente Fox et de Felipe Calderon ont procédé à un abus de pouvoir sur la branche mexicaine d’Interpol pour obtenir une décision judiciaire qui était une mascarade contre Napoleon pour le discréditer et le maintenir illégalement en exil.

Napoleon a déclaré: "C'est une chose terrible de savoir qu’Interpol international a trouvé nécessaire de faire la clarté sur le fait que ces autorités mexicaines s’étaient servies abusivement de l’instrument international de la liste rouge à des fins politiques et contraires à l’éthique pour servir les intérêts d’une entreprise”.

Un nouvel ouvrage écrit par Napoleon Gomez a pour titre ‘Collapse of Dignity’ (Effondrement de la dignité) et sera publié internationalement le 17 avril. Cette publication enthousiasme IndustriALL Global Union qui soutient totalement le lancement du livre.

Dans ‘Collapse of Dignity’, Napoleon rend compte avec force du combat mené par le syndicat face aux traîtres, à l'agression armée, aux menaces de mort et à une alliance politique remontant jusqu'au niveau du président.

Le récit de Gomez parle d’affront, mais également d'espoir. On trouve dans ‘Collapse of Dignity’ une injustice écœurante et une agression inexcusable contre la classe ouvrière mexicaine. C’est fondamentalement un fervent appel pour un mouvement mondial des travailleurs et travailleuses, capable de représenter les droits fondamentaux de chaque personne qui travaille pour gagner sa vie.

Se rendre sur le site internet de Collapse of Dignity pour commander en ligne un exemplaire du livre.