Des syndicats belge et malgache coopèrent pour développer le pouvoir syndical

Le rôle déterminant de la solidarité syndicale internationale a été souligné lors d'un atelier sur le renforcement du pouvoir syndical qui s'est tenu à Tamatave, les 20 et 21 août. Par ailleurs, cet atelier a souligné qu'il est important de replacer le débat sur la transition juste dans le contexte des droits des travailleurs, sans oublier les droits des femmes qui travaillent dans les mines. Il a été rappelé que les syndicats malgaches font campagne pour la ratification de la convention n° 190 de l'Organisation internationale du travail (OIT) contre la violence et le harcèlement dans le monde du travail. Enfin, des recommandations ont été adoptées pour demander au gouvernement de Madagascar d'appliquer la législation du travail nationale, et notamment le code minier, afin d'instaurer des conditions de travail décentes.

Les participants étaient trois dirigeants de la CSCBIE et neuf mineurs des sites miniers de nickel-cobalt d'Ambatovy à Moramanga et Tamatave. Les syndicalistes sont membres de Syndicalisme et Vie des Sociétés (SVS). Les deux organisations sont affiliées à IndustriALL Global Union. En dehors de Madagascar, la CSCBIE soutient aussi le devoir de vigilance en matière de droits de l'homme dans les chaînes d'approvisionnement de l'Afrique subsaharienne et des activités de renforcement syndical au Sénégal, notamment par des méthodes de recrutement et d'organisation innovantes.

Les participants ont évoqué la manière dont la transition énergétique vers des économies à bas carbone impacte les travailleurs et les communautés de Madagascar et offre une occasion de renforcer le pouvoir syndical. Ils ont aussi mentionné le fait que Madagascar produit du cobalt, du nickel, de l'ilménite et du chrome, autant de minéraux critiques pour la transition énergétique. En outre, l'enrichissement de ces substances minérales devrait créer des emplois décents et stimuler le développement économique de la plus grande île d'Afrique.

L'atelier a mis l'accent sur les efforts déployés pour recruter de nouveaux membres. Des recommandations ont par exemple appelé les syndicats à élaborer des stratégies d'organisation sensibles au genre afin de contrer la discrimination à l'embauche des femmes et d'élargir l'accès des femmes aux syndicats. Cette stratégie devrait aussi porter sur le salaire minimum, la fin des conditions de travail précaires pour les femmes et la réduction du fossé salarial entre hommes et femmes.

S'agissant du devoir de vigilance en matière de droits de l'homme, Jan Franco, responsable international à la CSCBIE, a déclaré :

"C'est une démarche que les syndicats peuvent utiliser pour discuter des plans de transition juste. Le devoir de vigilance en matière de droits humains est important en ce qu'il vise les violations des droits au travail tout au long de la chaîne d'approvisionnement et réclame des compensations à ceux qui les ont perpétrées, et que des procédures peuvent aussi être entamées devant les tribunaux européens."

En mai, l'Union européenne a approuvé la directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité.

"La solidarité mondiale pour l'organisation syndicale est un élément clé de la coopération entre syndicats du Nord et syndicats du Sud. Elle donne au mouvement syndical l'occasion de s'inspirer des expériences de différents pays très éloignés les uns des autres mais pourtant déterminés à promouvoir les droits et les intérêts des travailleurs,"

a déclaré la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin.  

Mongolie : les syndicats industriels donnent la priorité à la SST et au pouvoir syndical

À la suite à la révision du droit du travail de la Mongolie il y a deux ans, les syndicats ont évalué son impact sur les conditions de travail, en particulier sur la santé et la sécurité au travail. Malgré l’évolution des normes, les problèmes de sécurité sur le lieu de travail persistent, les cas d’épuisement des travailleurs et d’accidents du travail n’étant pas suffisamment signalés. Il est généralement admis que ces chiffres ne sont qu’une sous-estimation du problème réel, en raison de la sous-déclaration des directions.

La Fédération des syndicats de l’énergie, de la géologie et des mines (MEGM) a plaidé avec succès en faveur d’un temps de repos normalisé, inspirant le syndicat de l’industrie légère (MITUF) à faire pression en faveur de normes de SST spécifiques au secteur. Les deux syndicats se sont engagés à promouvoir la SST au niveau national et sectoriel.

Les syndicats ont également discuté de l’amélioration des salaires et de l’augmentation de leurs effectifs. Alors qu’une pétition en faveur d’une augmentation des salaires dans l’industrie lourde est en cours, une enquête gouvernementale sur les salaires dans l’industrie légère, en particulier pour les 50.000 travailleurs du cachemire et du textile, n’a pas répondu aux attentes des travailleurs et travailleuses.

Tamir Enkhbaatar, Président de la Fédération syndicale des travailleurs industriels de Mongolie (MITUF) a déclaré :

“La participation des femmes et des jeunes travailleurs est essentielle au renforcement des syndicats en Mongolie, c’est pourquoi nous devons élaborer une stratégie pour attirer les jeunes dans les syndicats. L’utilisation des réseaux sociaux et de la technologie numérique permettra aux jeunes travailleurs et travailleuses de se faire entendre. En outre, au cours de la présente révolution industrielle, les formes d’emploi flexibles se multiplient et l’économie informelle se développe. Afin de développer la planification stratégique future de la MITUF conformément à ce changement, il est essentiel d’étudier l’expérience du mouvement syndical international”.

Dolgor Duinaakhuu, Président de la MEGM, a déclaré :

“La MEGM a donné la priorité à l’incorporation de dispositions relatives à la santé et sécurité au travail (SST) dans les conventions des secteurs de l’énergie et des mines afin de garantir que nos membres puissent évoluer dans un environnement sain et sûr, en minimisant le risque d’accidents du travail et de maladies professionnelles. En outre, nous collaborons avec tous les partenaires sociaux pour promouvoir des pratiques de travail sans accident par le biais d’une formation complète en matière de SST. La visite d’IndustriALL en Mongolie a permis de clarifier la position du syndicat sur les questions liées à la SST au niveau régional”.

Ramon Certeza, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, a déclaré :

“Je suis convaincu qu’une culture et des traditions syndicales fortes constituent l’épine dorsale d’une société juste et équitable en Mongolie. Elles permettent aux travailleurs et travailleuses de s’unir, de protéger collectivement leurs droits et de construire un avenir où chacun participe au progrès de la nation. Le rôle critique des femmes et des jeunes travailleurs est essentiel pour avancer sur cette voie”.

IndustriALL et les syndicats MEGM et MITUF sont représentés aux festivités de Nadaam qui célèbrent le 107e anniversaire du mouvement syndical en Mongolie et qui sont organisées chaque année par la Confédération des syndicats de Mongolie.

IndustriALL Global Union, IF Metall et H&M Group actualisent leur accord-cadre mondial

Reflet de huit années de partenariat, cet accord-cadre mondial (ACM) marque un nouveau degré d'engagement pour les droits fondamentaux des travailleurs dans toute la chaîne d'approvisionnement du groupe H&M. Il couvre plus d'un million de travailleuses et travailleurs de l'habillement employés dans un millier d'ateliers de confection qui fournissent H&M.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, dit à propos de cet ACM :

"Avec la reconduction de cet accord, nous poursuivons une action majeure dans ce secteur qui consiste à donner plus de moyens d'action aux travailleurs et aux syndicats dans la chaîne d'approvisionnement de H&M. Cet ACM comporte des avancées majeures, se référant par exemple à toutes les conventions fondamentales de l'OIT, dont la convention 190 sur la violence et le harcèlement. La neutralité vis-à-vis du recrutement syndical est un autre élément notable de cet accord. Des comités de contrôle nationaux, un comité directeur mondial, un comité paritaire pour l'amélioration des relations professionnelles et, surtout, un mécanisme de règlement des litiges soumis à la décision d'un médiateur indépendant constituent le fondement solide de relations professionnelles efficaces dont a besoin une industrie textile et de l'habillement durable."

Le PDG du groupe H&M, Daniel Ervér, a déclaré :

"Nous sommes fiers de cette longue collaboration avec IndustriALL et IF Metall pour donner encore plus de moyens d'action aux travailleurs de notre chaîne d'approvisionnement. De bonnes relations professionnelles accompagnées de négociation collective sont essentielles pour améliorer les conditions de travail et les salaires dans notre chaîne d'approvisionnement. Cela contribue à rendre l'industrie de la mode plus durable grâce à des marchés du travail performants dans les pays où nous nous procurons nos produits. "

La présidente d'IF Metall, Marie Nilsson, a déclaré :

"Avec cet accord, nous renouvelons notre engagement à réaliser une industrie de l'habillement durable, dont les travailleurs sont organisés par des syndicats. Maintenant débute la phase importante, qui est de veiller à ce que la politique soit mise en pratique. Nous nous réjouissons de poursuivre cet important partenariat."

L'accord comporte une structure de gouvernance modernisée pour en assurer la mise en œuvre effective, l'engagement de collaborer en matière de devoir de vigilance conformément aux principes directeurs de l'OCDE, et un libellé plus rigoureux concernant la prévention et la compensation de la violence et du harcèlement fondés sur le genre. Ses nouvelles dispositions proclament aussi l'importance de collaborer au niveau de l'industrie pour améliorer les conditions de travail de tous, comme les programmes ACT, ACCORD, RSC et EIS pour les lésions subies au travail au Bangladesh.

Les préconisations de l'accord-cadre mondial restent les suivantes : 

H&M, IndustriALL et IF Metall ont signé leur premier ACM en 2015, qui a été reconduit en 2016.

Bangladesh : les affiliés cherchent à dialoguer avec le gouvernement intérimaire

Nos affiliés du Bangladesh ont fermement condamné les meurtres brutaux de personnes ayant participé aux récentes manifestations dans le pays. Les syndicats ont appelé le gouvernement intérimaire à mener une enquête judiciaire sur ces meurtres et à veiller à ce que les coupables soient sévèrement punis dans le cadre d’un procès équitable. Les syndicats ont instamment prié le gouvernement de veiller à ce que les familles de toutes les victimes soient correctement indemnisées et réhabilitées.

En outre, les dirigeants syndicaux ont exigé la réouverture immédiate de toutes les usines, notamment celles de confection, et le versement aux travailleurs et travailleuses des arriérés de salaire pour la période de fermeture. Les syndicats ont également appelé au retrait de toutes les poursuites judiciaires engagées contre les travailleurs et travailleuses de la confection impliqués dans les actions de protestation contre le salaire minimum l’année dernière, ainsi que la suppression des listes noires pour le recrutement dans diverses usines.

Les affiliés ont également profité de l’occasion pour faire valoir leurs revendications exprimées de longue date concernant le salaire minimum, les amendements à la législation du travail hostiles aux travailleurs, les droits syndicaux dans les zones franches d’exportation et les conditions de travail décentes dans les usines, entre autres. Les syndicats revendiquent que le salaire minimum soit remplacé par une notion de salaire vital ajusté à l’inflation et qu’une aide alimentaire subventionnée, dans le cadre du système de distribution publique, soit introduite de toute urgence pour les travailleurs et travailleuses du secteur de la confection.

Les dirigeants syndicaux ont également souligné la nécessité de s’attaquer d’urgence au taux de chômage élevé du pays et aux problèmes liés au changement climatique. Actuellement, le Bangladesh subit des inondations massives qui ont touché plus d’un million de personnes. La revendication visant à garantir une transition juste dans le pays ainsi qu’une mise en œuvre adéquate de la feuille de route de l’Organisation internationale du travail figure toujours également en bonne place dans l’agenda des syndicats.

A.M. Nazim Uddin, Président du Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh, a déclaré :

“Nous souhaitons la bienvenue au gouvernement intérimaire. Nous espérons travailler avec lui pour garantir que la justice et la démocratie prévalent dans le pays. Nous avons écrit à l’honorable conseiller du ministère du travail et de l’emploi pour qu’il nous rencontre afin que nous puissions discuter des conditions déplorables des travailleurs et travailleuses de la confection dans le pays et définir ensemble un plan d’action pour garantir la protection de leur vie et de leurs droits”.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Dans le cadre de la transition politique au Bangladesh, il est impératif que le gouvernement intérimaire entame un dialogue constructif avec les syndicats afin de résoudre les problèmes urgents auxquels sont confrontés les travailleurs et travailleuses. La répression brutale des manifestations et les défis actuels dans les secteurs industriels soulignent le besoin urgent de justice, de salaires équitables, d’amélioration de la santé et de la sécurité ainsi que de meilleures conditions de travail. Le gouvernement intérimaire doit collaborer avec nos affiliés pour garantir que les droits et les moyens de subsistance des travailleurs et travailleuses soient protégés et que la voie vers un avenir juste et équitable soit fermement établie”.

Illustration : Shutterstock

Un haut dirigeant syndical nigérian menacé d'inculpation pour terrorisme

Son texte l'avertissait ainsi : "Sachez que si vous ne donnez pas suite à cette lettre, ce service n'aura d'autre possibilité que de délivrer un mandat d'arrêt."

Les avocats du NLC ont répondu que la police doit expliquer "les détails et la nature des allégations" et que Joe Ajaero se rendra à la convocation le 29 août. 

Les chefs d'accusation contre Joe Ajaero viennent de sa participation, en tant que syndicaliste, à une action nationale de masse contre la crise du coût de la vie étiquetée sur les réseaux sociaux #EndBadGovernanceInNigeria.

Or, la réponse musclée du gouvernement a entraîné la mort de 13 manifestants et l'incarcération de plusieurs autres. Les travailleurs nigérians étaient descendus dans la rue en raison de leurs difficultés financières croissantes causées par une inflation de plus de 34 pour cent, le sous-emploi, les bas salaires et un taux de pauvreté élevé. Leur situation s'est encore aggravée avec les hausses de prix causées par la suppression des subventions sur le pétrole. Pour soulager le sort des travailleurs, les syndicats réclament notamment des politiques économiques qui favorisent le développement économique, l'industrialisation et la création d'emplois décents.

Les syndicats voient dans la lettre de la police un acte de harcèlement ininterrompu de la direction du NLC et d'autres leaders syndicaux. "Nous y voyons une tentative réfléchie pour affaiblir et déstabiliser le mouvement syndical, qui a toujours été un bastion des valeurs démocratiques et la voix des masses nigérianes," a écrit le NLC dans un communiqué.

"IndustriALL exhorte le gouvernement fédéral du Nigéria et la police à cesser leurs actions de répression et d'intimidation envers les syndicats et les organisations de la société civile. Le gouvernement doit plutôt entamer un authentique dialogue social avec les syndicats et prendre les mesures nécessaires pour stopper cette injustice,"

a déclaré Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL.

Joe Ajaero est aussi secrétaire général du Syndicat national du personnel de l'électricité, affilié à IndustriALL Global Union. Les autres affiliés d'IndustriALL au Nigéria représentent les travailleurs de la chimie, l'énergie, l'ingénierie, le pétrole et le gaz, la construction navale et la démolition de navires, le textile et l'habillement, ainsi que d'autres secteurs.

Le groupe de travail Jeunesse préconise la création d'un Comité mondial des jeunes

Dans cette résolution, le SEA2PAC-Y déclare que le Comité mondial des jeunes devrait respecter la parité de genre et se composer de quatre représentantes et représentants de chaque région d'IndustriALL, une structure qui avait été proposée dans le projet de politique pour la jeunesse qu'avait préparé le groupe de travail mondial ad hoc Jeunesse d'IndustriALL.

Le groupe de travail a réaffirmé la résolution sur la jeunesse, "L'avenir est à nous, l'avenir c'est maintenant !" adoptée au Congrès d'IndustriALL de 2021 et qui appelait IndustriALL et ses affiliés à reconnaître des plateformes exprimant la vision des jeunes et approuver une représentation des jeunes aux échelons régional et international.

Le coprésident du SEA2PAC-Y Jean Faye Daguman a déclaré :

"Le rapport de l'OIT intitulé Tendances mondiales de l'emploi des jeunes 2024 indique que, dans le monde, 20 à 25 pour cent des jeunes travailleurs sont des salariés temporaires. Il conclut que les jeunes travailleurs devraient se prendre en charge en rejoignant des organisations de jeunes et en faisant entendre leurs voix. Il faut que les syndicats créent des plateformes efficaces pour les jeunes travailleurs, sinon ils se tourneront vers d'autres organisations qui luttent pour le travail décent."

Les participants ont souligné que l'insécurité d'emploi est un défi énorme en Asie du Sud-est. Des employeurs exploitent les jeunes en les embauchant à l'essai pour des durées de deux à trois ans. Les syndicats ont du mal à recruter les travailleurs en sous-traitance en raison de leur statut précaire, les jeunes étant licenciés s'ils se syndiquent.

Dans ses conclusions, le coprésident du SEA2PAC-Y Jonathan Cook explique que les syndicats australiens sont déterminés à attirer plus de jeunes dans les syndicats, en tant que moyen de renforcer le mouvement syndical. L'enquête du syndicat indique que 49 pour cent des jeunes travailleurs connaissent les syndicats australiens et que 25 pour cent devraient s'y affilier l'année prochaine.

"Le plan d'action d'IndustriALL préconise un agenda transformatif mettant en évidence l'utilité des syndicats pour tous les travailleurs. Cette proposition de politique innovante pour les jeunes qu'ont proposée nos jeunes leaders répond précisément à ce défi sous l'angle de vue des jeunes. Ils sont déterminés à contribuer à améliorer les droits des jeunes travailleurs partout dans le monde et leur interconnexion aux échelons mondial et régional relève d'une stratégie logique qui devrait profiter à tous,"

a déclaré Sarah Flores, la responsable Jeunesse d'IndustriALL. 

Un syndicaliste biélorusse retrouve la liberté

Il avait été condamné en janvier 2023 à neuf ans de prison par le tribunal municipal de Minsk en compagnie de l'ancien président du REP, Hennadz Fiadynich. Dans le même procès, l'activiste du REP Vatslau Areshka, âgé de 69 ans, avait été condamné à huit ans d'emprisonnement en colonie disciplinaire.

En prison, la santé de Vasil Beresnev s'est fortement dégradée et il souffrait de vives douleurs dans le seul rein qui lui reste. La situation a empiré lorsque les médicaments ont cessé de faire effet  et qu'une transplantation s'est avérée nécessaire.

Beaucoup de prisonniers politiques internés au Bélarus sont en mauvaise santé et détenus dans des conditions sordides. Une pétition réclamant la libération des prisonniers politiques a circulé largement.

Pour le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie :

"Nous nous réjouissons de la libération de Vasil Beresnev et nous espérons qu'il s'agit d'un tournant dans la situation au Bélarus. Le fait de condamner des dirigeants syndicaux parce qu'ils exercent leur droit légitime à la liberté d'association est une grave violation des principes de la liberté d'association."

Le travailleur col-blanc moderne : mythes, réalités et ce que réserve l'avenir

Le mythe disant que les travailleurs cols-blancs ont des emplois faciles, bien payés et guère besoin de protection sociale a le dos dur. Ils sont souvent considérés comme faisant partie de la direction et exemptés des charges harassantes des travailleurs cols-bleus. Armelle Seby rétablit très vite la vérité.

"Les travailleurs cols-blancs subissent des violations de leurs droits, une pression énorme, l'emploi précaire et des risques graves pour la santé, psychologique notamment,"

explique-t-elle.

"Croire que leurs rôles échappent à ces contraintes revient à nier les expériences complexes et souvent difficiles des cols-blancs."

Les pressions sur les travailleurs cols-blancs s'exercent partout, allant des heures supplémentaires à l'exigence permanente d'actualisation des compétences technologiques dans un monde toujours plus numérique. Ces défis sont particulièrement prégnants dans les pays à bas et moyen revenu, comme ceux de la région MENA et d'Afrique subsaharienne, où la stagnation des salaires, l'opacité des rémunérations et le non-paiement des heures supplémentaires sont chose courante.

Armelle Seby souligne que la santé mentale s'est imposée en tant que problème critique, avec un stress croissant et la frontière entre travail et vie privée qui s'estompe engendrant de vastes problèmes.

"Les syndicats commencent à s'attaquer à ces problèmes, mais beaucoup reste à faire pour traiter efficacement la santé mentale sur le lieu de travail,"

déclare-t-elle.

L'avènement de Industrie 4.0 – emmenée par la numérisation, l'IA et les technologies de pointe – change la façon de travailler, en particulier dans les domaines de la science, la technologie, l'ingénierie et les mathématiques (STIM). Une récente enquête réalisée auprès de travailleurs des STIM lors d'une réunion mondiale en octobre 2023 a révélé que 60 pour cent d'entre eux ressentent déjà l'impact de ces changements. Ils subissent les suppressions d'emplois, le recyclage permanent et la préférence pour les plus diplômés.

"Le rythme accéléré du changement technologique nécessite une formation continue, mais ces efforts font souvent défaut, en particulier dans les pays en développement où les travailleurs doivent se débrouiller eux-mêmes pour suivre le rythme, souvent sans le soutien nécessaire,"  

ajoute Armelle Seby.

Louvoyer entre les défis et modeler l'avenir

Pour relever ces défis, IndustriALL et ses affiliés s'activent par diverses initiatives pour combattre ces problèmes. IndustriALL a constitué des groupes d'experts sur Industrie 4.0, publié des principes directeurs sur la négociation collective du télétravail et se concentre sur la promotion de l'éducation aux STIM, la requalification et la sensibilisation à la santé mentale.

À titre d'exemple, le syndicat finlandais PRO a lancé une série de podcasts sur le burn-out et propose une formation en santé mentale pour aider les travailleurs à gérer le stress. "Ces initiatives sont vitales pour doter les travailleurs des compétences et du soutien dont ils ont besoin pour naviguer dans un environnement professionnel changeant", souligne Armelle Seby.

La syndicalisation des travailleurs cols-blancs est particulièrement difficile. Dans certains pays comme la Thaïlande et la Malaisie, des obstacles juridiques empêchent la syndicalisation de certaines catégories de travailleurs, comme les spécialistes et les cadres. La direction recourt souvent à des stratégies d'intimidation des travailleurs cols-blancs et d'anéantissement des efforts de recrutement. En outre, les syndicats traditionnels, ancrés dans la représentation des travailleurs cols-bleus, ont mis du temps avant de donner la priorité à l'organisation des cols-blancs, confrontés à de la résistance interne et des obstacles structurels. Une grande mobilité professionnelle et la perception des syndicats comme des organismes dépassés ou hostiles a aussi eu pour effet de maintenir beaucoup de jeunes cols-blancs à l'écart.

"Pour surmonter ces obstacles, IndustriALL met au point, avec l'aide de la Fondation Friedrich Ebert (FES), des stratégies et modules de formation taillés sur mesure, centrés sur le recrutement des pairs et qui alignent les objectifs des syndicats sur les intérêts des jeunes travailleurs," explique Armelle Seby.

"Les travailleurs cols-blancs des STIM jouent un rôle essentiel dans la révolution technologique actuelle pour modeler les nouvelles formes de production dans nos industries. Ils peuvent aussi, notamment la jeune génération, jouer un rôle majeur en préparant mieux nos syndicats et en les adaptant à ces nouveaux défis,"

déclare Armelle Seby.

Pour être réellement en phase avec la prochaine génération de spécialistes et cadres, il faut que les syndicats s'adaptent aux valeurs et aux préoccupations des jeunes travailleurs. Des thèmes tels que le changement climatique, l'égalité et la diversité soulèvent un écho puissant chez eux.

"L'engagement consiste à montrer que les syndicats peuvent aborder ces thèmes d'une manière pertinente et moderne,"

déclare Armelle Seby.

Pour l'avenir, les priorités d'IndustriALL seront l'intensification des efforts d'organisation, la promotion des femmes dans les STIM, l'accompagnement de la santé mentale et le perfectionnement en continu des compétences face aux changements technologique et climatique. Il est essentiel aussi de se pencher sur les risques de l'IA et les opportunités qu'elle offre. En se concentrant sur ces domaines, IndustriALL vise à créer un avenir plus inclusif et résilient pour les travailleurs cols-blancs partout dans le monde.

La transformation du travail de col-blanc par la numérisation et les technologies de pointe comporte à la fois des défis et des opportunités. En déconstruisant les mythes, en s'attaquant aux grands problèmes et en adaptant les stratégies syndicales, IndustriALL et ses affiliés sont déterminés à accompagner les travailleurs cols-blancs en ces temps agités.

"Garantir la sécurité d'emploi, promouvoir la santé mentale et préconiser le perfectionnement continu des compétences est essentiel si l'on veut surmonter les complexités du lieu de travail moderne.  La voie à suivre est parsemée d'embuches, mais par un effort concerté, le rôle des travailleurs cols-blancs peut être redéfini et renforcé dans un paysage industriel en mutation,"

conclut Armelle Seby. 

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Justice, enfin, pour les syndicalistes biélorusses

Des manifestations spontanées ont éclaté en 2018 devant le tribunal où venaient d'être prononcées les condamnations des dirigeants du syndicat REP Gennady Fedynich et Ihar Komlik. Les manifestants ont été dispersés par la police au bout de dix minutes. Onze activistes ont été interpellés et placés à l'isolement avant d'être condamnés à de lourdes amendes.

Après avoir épuisé toutes les voies de recours dans le pays, l'avocat des activistes et du syndicat, Leonid Sudalenka, s'est adressé au Comité des droits de l'homme des Nations unies en 2019.

Le 24 juillet à Genève, le Comité a déclaré le gouvernement biélorusse coupable de violation du droit de se réunir pacifiquement de trois des activistes : Tamara Zaitseva, Pavel Mrochko et Alexander Abramovich, du Syndicat biélorusse des travailleurs de l'industrie radio-électronique. Leurs détentions et les lourdes amendes infligées en 2018 sont illégales.

D'après Leonid Sudalenka, le gouvernement biélorusse est maintenant obligé d'indemniser les activistes, en remboursant les amendes et les frais de justice, et de modifier sa législation pour éviter d'autres violations à l'avenir. En outre, la décision des Nations unies doit être largement diffusée dans les langues officielles du pays.

"La procédure de recours individuel auprès des Nations unies est longue; pourtant, avant les événements de 2020, notre syndicat a activement recouru à cet instrument international pour protéger les droits de ses membres. De ce fait, on dénombre plus d'une douzaine de décisions du comité des Nations unies sur des violations des droits de syndicalistes à la liberté d'expression par la voie de réunions pacifiques,"

a déclaré Leonid Sudalenka.

Pour le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan, qui était présent à l'audience en 2018 et avait assisté aux manifestations :

"C'est une grande victoire dans un combat pour la liberté et la justice qui se poursuit depuis bien trop longtemps. Elle témoigne de la résilience du mouvement syndical démocratique et IndustriALL continuera à soutenir nos camarades au Bélarus aussi longtemps qu'il le faudra."

Pendant la Conférence internationale du travail qui s'est tenue à Genève en juin dernier, IndustriALL a informé la communauté internationale sur la situation catastrophique au Bélarus.

Kemal Özkan a ajouté :

"Une quarantaine de leaders et activistes syndicaux sont encore en prison, dans des situations très précaires. En mauvaise santé, sous des pressions psychologiques et toutes sortes de mauvais traitements. Ces leaders et activistes syndicaux, reconnus comme prisonniers politiques, doivent porter des signes distinctifs jaunes sur leurs vêtements pour indiquer que le personnel pénitentiaire peut se livrer à des excès sur eux. Ceux qui ont purgé leur peine et ont été remis en liberté restent des parias dans la société. Ils n'ont pas le droit de reprendre leur emploi."

La stratégie des jeunes travailleurs de Madagascar pour recruter leurs collègues

Ils pensent que les jeunes sont mal informés à propos des syndicats qui ne les attirent donc pas. Or, ils pourraient être sensibilisés par des messages sur les réseaux sociaux et être invités à des réunions syndicales, des groupes de discussion, des manifestations sportives et autres activités associant de la musique.

Les participants à l'atelier ont pris connaissance de l'évolution démographique du mouvement syndical malgache et du fait que certains syndicats comptent maintenant plus de 50 pour cent de membres de moins de 35 ans.

Les Nations unies parlent à ce propos de "dividende démographique" qui profitera aussi aux organisations syndicales. D'après l'organisation, un dividende démographique peut se traduire par plus de croissance économique lorsque des jeunes travailleurs mieux instruits et qualifiés font leur entrée sur le marché du travail. Ils ont notamment des compétences numériques nécessaires à l'économie des plateformes qui s'implante à Madagascar comme l'ont expliqué les participants.

Un autre point à l'ordre du jour était l'importance de la transformation des syndicats qui intègrent les jeunes travailleurs dans les activités syndicales par davantage de participation, de représentation, d'intégration et de développement des capacités grâce à l'éducation. Cette transformation devrait aussi porter sur l'égalité hommes-femmes étant donné que les jeunes femmes sont majoritaires dans certaines industries, comme le textile et l'habillement.

Les débats ont souligné l'importance d'une meilleure compréhension par les syndicats de l'évolution du monde du travail sous l'action des technologies numériques et de la poursuite de la lutte contre les conditions de travail précaires que les jeunes travailleurs subissent de manière disproportionnée.

Les jeunes travailleurs doivent aussi se battre pour les droits fondamentaux au travail et en particulier pour les droits syndicaux et la négociation collective, et aussi faire campagne pour la création d'emplois et contre la toxicomanie, en particulier chez les jeunes chômeurs.

La plantation d'arbres est présentée comme une des activités pour les jeunes travailleurs dans leurs communautés. Ils devraient s'impliquer dans la problématique du changement climatique par le biais des activités de leur syndicat pour une transition juste dans le passage à des économies bas carbone.

Léontine Mbolanomena, la coordinatrice nationale de projets d'IndustriALL à Madagascar, a déclaré :

"Nous continuons à persuader les jeunes, en particulier les jeunes femmes, que le syndicat est leur organisation et qu'ils sont les leaders de demain. Pendant nos réunions, nous veillons à ce que les jeunes travailleurs aient accès à l'information sur la législation et la réglementation du travail et nous les évaluons pour des campagnes internationales pour les droits syndicaux."

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, ajoute :

"Le changement démographique de notre syndicat, dans lequel les jeunes deviennent majoritaires, doit être pris à bras le corps dans le contexte d'un monde du travail en mutation. Les syndicats malgaches et africains doivent faire en sorte que les jeunes soient des catalyseurs de cette transformation."

Les 22 participants à l'atelier venaient d'affiliés d'IndustriALL, la Fédération des Syndicats Autonomes des Travailleurs de l’Industrie (FESATI), la Fédération des Syndicats des Travailleurs des Entreprises Franches et Textiles (SEMPIZOF), et Syndicalisme et Vie des Sociétés (SVS), qui représentent les travailleuses et travailleurs des industries minières, du textile et de l'habillement.

Cet atelier était organisé avec le soutien de notre affilié belge ACV-BIE dans le cadre d'un projet de renforcement syndical.