La réunion du Comité des femmes d’IndustriALL appelle à l’inclusion

Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a souligné l’importance de la mise en œuvre, de la compréhension et de la formation par rapport à la politique d’IndustriALL sur la VHBG, la misogynie et le sexisme.

“Les femmes jouent un rôle important dans notre lutte pour la démocratie et le développement de la société. Les débats que vous avez tenus ici aujourd’hui doivent influencer les orientations de notre organisation. Il est non seulement important de nous assurer que nous atténuons les impacts négatifs de toute transformation au plan mondial, mais aussi de nous assurer qu’elle ait une influence positive sur notre mouvement. Mon rôle aujourd’hui est de vous écouter et de transmettre vos recommandations à la réunion du Comité exécutif”,

a déclaré Atle Høie.

Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a mis en lumière les réalisations des femmes, telles que la première femme Présidente d’IndustriALL, la ratification par différents pays de la Convention 190 de l’OIT, l’allongement du congé parental et des nouvelles législations sur l’équité salariale.

“Malgré ces progrès considérables, l’égalité entre les hommes et les femmes reste un défi, les travailleuses continuent d’être confrontées à la discrimination ainsi qu’à des relations de pouvoir inégales et il reste encore beaucoup à faire pour combler les écarts persistants entre les hommes et les femmes”,

a déclaré Christina Olivier.

Alors que tout le monde s’accorde à dire que le chemin à parcourir est long, des femmes dirigeantes d’Australie et du Brésil ont fait part de leurs succès dans le cadre de campagnes syndicales visant à réduire l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes.

La nouvelle législation australienne sur l’extension du congé payé parental pour les familles signifie que celui-ci passera de 20 à 26 semaines.

Au Brésil, la nouvelle législation garantissant l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes prévoit des mesures visant à promouvoir et à mettre en œuvre des programmes de diversité et d’inclusion sur le lieu de travail. Elle oblige également les entreprises de plus de 100 salariés à fournir des rapports semestriels transparents sur les salaires et les critères de rémunération.

Les discussions sur l’IA ont révélé qu’au niveau mondial moins de femmes que d’hommes travaillaient dans ce domaine et que, souvent, les femmes étaient absentes de la main-d’œuvre chargée de développer ces systèmes. Le Comité des femmes a conclu à la nécessité d’une approche transformatrice en matière de genre. En collaboration avec le comité de réflexion sur l’égalité entre les femmes et les hommes, le Comité des femmes élaborera des politiques et des lignes directrices garantissant l’inclusion des femmes.

“Toutes les politiques doivent être transformatrices en matière de genre. En ce qui concerne l’IA, IndustriALL et ses affiliés doivent prendre part aux débats et travailler sur des réglementations et des politiques interdisant les abus qui désavantageront les femmes. Les syndicats doivent influencer le développement de l’IA et veiller à ce que ces technologies soient utilisées pour réduire les écarts en matière d’égalité des sexes et d’autres formes de discrimination”,

a déclaré Armelle Seby, Directrice pour l’égalité hommes-femmes auprès d’IndustriALL.

La négociation collective est un moyen de s’attaquer à l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes. Maike Niggermann, d’industriAll Europe, a fourni des détails sur un projet intitulé “Négocier pour l’égalité”. Elle a présenté des exemples de la manière dont les syndicats incluent des clauses de genre dans les conventions collectives afin de combler les écarts entre les sexes, en veillant à ce que chaque convention contienne au moins un objectif d’égalité, en imposant des amendes élevées aux employeurs qui n’agissent pas en matière de harcèlement sexuel et en accordant des congés payés aux victimes de la violence à l’égard des femmes.

La ménopause a un impact significatif sur le monde du travail, car les femmes risquent d’être exclues de la main-d’œuvre en raison des symptômes qu’elles subissent. Alison Spencer a expliqué comment le syndicat Unite s’est concentré sur l’éducation des travailleurs et travailleuses par rapport à la ménopause et comment de petits ajustements peuvent garantir l’inclusion des femmes, comme l’ouverture des fenêtres, la flexibilité des équipes, l’octroi de plus de pauses aux femmes, et comment la législation existante en matière de santé et de sécurité peut contribuer à ces ajustements, comme des EPI respirants.

Pour que les syndicats restent pertinents et se développent, il est essentiel que les jeunes travailleuses soient incluses dans ce type de plateformes. Les jeunes représentantes Maria Bange du Syndicat tanzanien de l’industrie et du commerce TUICO, Laya Borjal Ferrer du syndicat philippin ALU-TUCP et Agnes Ama Agamasu du syndicat des mines du Ghana ont partagé leurs expériences dans leurs syndicats en tant que jeunes travailleuses et dirigeantes, indiquant que c’est un défi mais qu’avec le soutien de femmes fortes d’IndustriALL qui leur ont servi de mentor, elles ont pu évoluer au sein de leurs syndicats, être présentes dans les structures et voir s’accomplir des changements.

“Cette réunion du Comité des femmes a été productive. Il est important pour nous de débattre et d’élaborer des stratégies sur les questions qui nous concernent en tant que femmes. Nous avons besoin de ces plateformes pour aborder des sujets tels que la ménopause, l’IA et les négociations collectives. Si nous ne travaillons pas sur des stratégies, nous serons laissées pour compte. La lutte pour l’égalité des sexes et les droits des femmes ne s’arrêtera jamais. La lutte doit continuer”,

a indiqué Ilvana Smajlovic, Coprésidente du Comité des femmes d’IndustriALL.

Signez pour le droit de grève

Depuis 2015, le groupe des employeurs à l'OIT et certains gouvernements contestent la convention 87 de l'OIT sur la liberté syndicale, qu'ont ratifiée 153 pays et qui fonde le droit de grève. Le droit de grève est un fondement de la liberté syndicale; museler les syndicats est se donner un atout capital dans la négociation.

IndustriALL, avec la CSI et d'autres syndicats mondiaux, a combattu avec énergie les arguments avancés par le groupe des employeurs à propos du droit de grève. Fin de l'année dernière, le Conseil d'administration de l'OIT a saisi la Cour internationale de justice sur la question.

La Conférence internationale du travail, qui réunit chaque année les États membres de l'OIT, s'ouvrira au début du mois de juin. Ensemble, rappelons aux délégués qu'il est de leur devoir de soutenir le droit de grève et la démocratie au travail.

Signez et faites circuler la pétition de la CSI qui sera distribuée aux délégués en juin, à Genève.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

"La grève s'utilise en dernier ressort, mais c'est parfois la seule arme qu'ont les travailleurs pour se protéger. IndustriALL ne restera jamais sans réagir quand ce droit fondamental est attaqué. Nous affiliés représentent 50 millions de travailleurs dans le monde – faisons entendre notre voix et résistons."

Photo : Ringo Chiu – Des participants à une manifestation exhibent des messages de protestation sur le campus de l'Université de Californie (UCLA), mardi 15 novembre 2022 à Los Angeles.

Espagne : les travailleurs de Saint-Gobain luttent contre la fermeture de leur usine

Malgré la productivité avérée de l’usine et l’expertise de sa main-d’œuvre, Saint-Gobain invoque le ralentissement économique pendant la pandémie, une crise d’approvisionnement en composants et des conditions de marché futures incertaines pour justifier cette décision. Lorsque l’entreprise a annoncé un plan de restructuration pour la fabrication de pare-brise de remplacement en 2022, elle a engagé des procédures légales de licenciement au lieu d’entamer un dialogue avec le syndicat. Dès lors que les travailleurs ont réagi par une grève, les licenciements ont été annulés et des négociations ont eu lieu avec le syndicat.

Pour transformer l’entreprise, Saint-Gobain a proposé un investissement de 10 millions d’euros dans l’usine d’Avilés. Toutefois, cet investissement était assorti de conditions : réduction des effectifs, restrictions salariales dans la convention collective et baisse des salaires pour les nouveaux embauchés. Alors que les effectifs ont été progressivement réduits et qu’un accord salarial a été conclu, la troisième condition, qui consistait à payer des salaires inférieurs aux nouvelles recrues, était inacceptable pour la CC.OO UGT, affiliée à IndustriALL, ainsi que pour le CSI (Corriente sindical de izquierdas).

Au cours des deux dernières années, la production s’est progressivement déplacée vers l’usine de Saint-Gobain au Maroc, à Kenitra, où les coûts de main-d’œuvre sont moins élevés. L’usine d’Avilés s’est donc retrouvée dans une situation précaire, avec des commandes insuffisantes pour répondre aux exigences de rentabilité. L’entreprise souhaite à présent mettre fin à ses activités sans proposer d’autres solutions.

Dans son courrier adressé à Saint-Gobain SEKURIT, Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, déclare :

“IndustriALL est solidaire des travailleurs et travailleuses d’Avilés. Nous soutenons leurs efforts pour préserver leurs emplois et demandons instamment à Saint-Gobain de reconsidérer sa décision dans l’intérêt de la communauté et de sa main-d’œuvre dévouée.”

Les syndicats ont proposé diverses activités pour préserver l’emploi local, mais l’entreprise a toujours rejeté ces propositions. Les travailleurs participent actuellement à des grèves partielles, à des manifestations et à des réunions avec des responsables politiques afin d’atténuer l’impact social de la fermeture. Les syndicats demandent à Saint-Gobain de respecter ses engagements en matière de responsabilité sociale et de développement durable, en soulignant les répercussions environnementales d’une telle décision.

La ministre espagnole du travail, Yolanda Díaz, a critiqué les justifications de l’entreprise, les jugeant inadéquates, et a qualifié la fermeture de mauvaise pratique. Elle a souligné qu’il était inacceptable de délocaliser l’industrie dans le seul but d’accroître la rentabilité au détriment des coûts de main-d’œuvre. La ministre Díaz a également annoncé que les subventions publiques reçues par Saint-Gobain seraient examinées et éventuellement récupérées si elles sont liées à la délocalisation des emplois.

Illustration : Shutterstock ID 2130304655 – Février 2022, La Défense, France : vue sur l’enseigne Saint Gobain

Un syndicat ivoirien mène campagne pour l'égalité de genre dans les mines

Ces matières constituent l'ordre du jour d'ateliers en cours depuis le mois d'avril et qui se termineront en juillet. Ils s'inscrivent dans le programme d'activités sur les femmes dans l'industrie minière de la région de l'Afrique subsaharienne d'IndustriALL.

Cette série d'ateliers a démarré avec un premier sur les perspectives de l'exploitation minière en Côte d'Ivoire, qui s'est tenu les 25 et 26 avril à la mine d'or d'Agbaou, et auquel participaient aussi des travailleurs de la mine de Bonikro. Ces deux mines appartiennent à l'Allied Gold Corporation, une multinationale canadienne de l'exploitation aurifère cotée à la bourse de Toronto, présente également en Éthiopie et au Mali. Le sous-sol ivoirien renferme aussi des minéraux essentiels à la transition des combustibles fossiles aux énergies renouvelables que sont la bauxite, le lithium et le manganèse.

Les mines d'Allied Gold, où travaillent des femmes à des postes dans l'administration, comme mécaniciennes, conductrices de camions et responsables de santé et d'hygiène, emploient au total plus de 700 personnes, dont 11 et 15 pour cent de femmes aux mines d'Agbaou et de Bonikro respectivement.

Plus d'une centaine de femmes de la Fédération ivoirienne des syndicats des mines, métaux, carrières et connexes (FISMECA), affiliée à IndustriALL Global Union, participaient à cet atelier. Parmi les thèmes abordés, le salaire égal pour un travail de valeur égale, les conventions collectives avec les mines, la manière dont le syndicat aborde la question de l'écart salarial avec les mines et l'ouverture d'un dialogue social avec le ministère des Mines sur les conditions de travail décentes. Les représentants du ministère présents aux ateliers ont déclaré que le gouvernement se félicite d'un échange avec les organisations syndicales d'un secteur minier en plein essor dans le pays.

Les participants ont salué la convention collective en vigueur qui accorde aux femmes un congé de maternité d'un an. Toutefois, certaines participantes s'inquiètent que les compagnies minières puissent se servir de ce long congé de maternité pour creuser davantage l'écart entre hommes et femmes et marginaliser les femmes par la perte de prestations et de perspectives de carrière.

Zogba Karidja Traore, la présidente du comité des femmes de la FISMECA, a expliqué que le syndicat fait campagne pour l'égalité entre hommes et femmes.

"Souvent, les femmes sont exclues de la formation et de la promotion, en particulier lorsqu'elles reprennent le travail après leur congé de maternité. Cela impacte leurs salaires qui restent inférieurs à ceux de leurs collègues."

Elle a ajouté que la FISMECA appuie des candidates féminines dans les prochaines élections syndicales, pour favoriser leur représentation dans les instances dirigeantes.

"Il faut combler l'écart salarial entre hommes et femmes alors que les femmes sont aussi qualifiées que leurs collègues masculins. Une façon de mettre fin à cette discrimination est d'avoir des politiques d'entreprise tenant compte des considérations de genre, au sens de la convention 190 de l'Organisation internationale du travail, pour éradiquer la violence et le harcèlement dans le monde du travail,"

a déclaré la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, qui participait aux ateliers avec l'équipe de projet.  

Les travailleurs de GM en Colombie et en Équateur condamnent la fermeture des usines

Le 26 avril dernier, GM a annoncé qu’elle fermait unilatéralement ses usines de fabrication et d’assemblage afin de réorienter ses activités en Colombie et en Équateur vers la vente et les services après-vente. Les opérations de fabrication se sont arrêtées immédiatement à l’usine de Colmotores en Colombie et s’arrêteront à la fin du mois d’août à l’usine d’OBB en Équateur.

Selon Juan Romero, travailleur de GM Colombia et membre du syndicat, 20 travailleurs ont été convoqués à une “réunion de travail obligatoire” au cours de laquelle ils ont été informés de la nouvelle par vidéo et se sont vus proposer un accord de démission individuel et non négociable. Ils ont eu le choix entre signer l’accord ou faire partie des licenciements collectifs.

Le syndicat les a exhortés à ne pas signer et a rencontré le ministère du travail, qui a envoyé une équipe d’inspection chez GM pour vérifier si les activités avaient cessé et a demandé que les syndicats soient autorisés à entrer dans l’usine. GM a toutefois refusé.

Le ministère a publié une déclaration indiquant que le traitement réservé par l’entreprise à ses travailleurs était hostile et que la fermeture était unilatérale et brutale. Il a également adopté des mesures de précaution empêchant GM d’entamer une procédure administrative de liquidation de ses entreprises et lui ordonnant de maintenir des relations de travail avec les salariés, même ceux qui avaient déjà signé des accords de démission. Cependant, la société n’a pas respecté l’ordonnance et a envoyé des télégrammes aux travailleurs qui avaient signé des accords de démission, les informant qu’elle ne verserait pas les salaires de la quinzaine de travail.

L’entreprise déclare par écrit qu’elle soutiendra les travailleurs des deux pays pendant la transition et qu’elle a élaboré un plan de cessation d’emploi ainsi qu’un programme solide et complet de relocalisation de la main-d’œuvre. Toutefois, M. Romero affirme que les travailleurs n’ont pas été associés à l’élaboration de ce plan et n’ont reçu aucune proposition de relocalisation de leurs emplois.

“GM n’a pas élaboré de plan de licenciement et ne nous a pas prévenus. La fermeture a été abrupte, hostile, grossière et impitoyable. Les travailleurs qui ont signé l’accord de démission se sont simplement vu proposer des conseils pour les entretiens d’embauche et ont été inclus dans un pool d’emplois. Ils n’ont pas été transférés vers d’autres postes.

Nous voulons une transition juste ; nous avons des compétences et nous sommes prêts. Nous avons dit au gouvernement que nous étions prêts à nous recycler et à travailler dans le cadre du nouveau modèle commercial de GM ou dans une autre entreprise. Malheureusement, nous pensons que GM a simplement l’intention de fermer l’usine, de licencier les travailleurs et de mettre fin à la convention collective ; puis, dans deux ou trois ans, elle rouvrira l’usine et embauchera de nouveaux travailleurs au salaire minimum, sans syndicat et sans convention collective”.

Edwin Vedolla, Vice-président national du syndicat équatorien CEDOCUT et ancien Secrétaire général du comité d’entreprise de GM et du syndicat des travailleurs d’OBB, a déclaré :

“La fermeture de l’usine en Équateur affecte directement 300 salariés de GM et plus de 5.000 autres travailleurs et travailleuses tout au long de la chaîne de production. Plusieurs investisseurs chinois se sont montrés intéressés par le rachat de l’usine, ce qui aurait permis de conserver la main-d’œuvre.

Nous avons soumis cette option au ministère du travail et de l’industrie, mais il a préféré ne pas intervenir, disant qu’il ne pouvait rien faire, puisque GM avait déjà décidé de fermer l’usine plutôt que de la vendre. Tout ce qu’ils ont dit, c’est qu’ils veilleraient à ce que les travailleurs reçoivent les indemnisations auxquelles ils ont droit. GM veut écarter la concurrence, il n’a jamais eu l’intention de vendre l’usine ou de laisser l’infrastructure en place”.

Le Secrétaire régional adjoint d’IndustriALL, Cristian Alejandro Valerio, indique :

“Nous soutenons nos collègues colombiens et équatoriens en ces temps difficiles. Nous demandons instamment à GM de revoir sa décision ; au-delà de leurs activités commerciales et des profits qu’elles génèrent, les entreprises ont un rôle social à jouer dans nos pays. C’est pourquoi elles bénéficient régulièrement d’exonérations fiscales et de subventions de la part de l’État.”

L'essor de l'industrie électronique laisse peu de place aux droits des travailleurs en Malaisie

Selon les rumeurs, Intel va construire une nouvelle usine d'assemblage de puces électroniques de 7 milliards $ et a une usine d'empaquetage de puces 3D en projet. Infineon va construire la plus grande usine de composants de puissance en carbure de silicium en tranches de 200 mm de Malaisie. Texas Instruments développe ses activités par l'ajout de deux nouveaux sites d'assemblage et de tests. Jabil, Bosch, Micron, Western Digital, Alton, Indium, AT&S et ATX vont soit développer leurs activités, soit construire de nouvelles usines en Malaisie.

Mais l'essor que connaît cette industrie laisse peu de place aux droits des travailleurs. Les syndicats de l'électronique ont été interdits dans les années 1970 mais, grâce à la pression internationale, le gouvernement a approuvé des syndicats d'entreprise à la fin des années 1980.

En 2009, le gouvernement a autorisé la création de syndicats régionaux de l'électronique et, dans les années qui ont suivi, des Syndicats de salariés de l'industrie électronique (EIEU) ont vu le jour dans les quatre régions du pays. Ces quatre syndicats sont affiliés à IndustriALL en tant que Coalition EIEU.

La Coalition EIEU représente quelque 13.000 travailleuses et travailleurs de l'électronique dans vingt entreprises, soit 2,8 pour cent de l'ensemble des personnels de l'électronique. Le nombre total des personnes employées dans le secteur de l'électronique en Malaisie est estimé à 471.800.

Depuis sa création, la Coalition EIEU est confrontée à la discrimination syndicale. En 2011, le président de la région Ouest, Wan Noorulazhar bin Mohd Hanafiah, a été licencié après la création du syndicat. Le gouvernement a mis à l'enquête une plainte de la région Ouest de l'EIEU pour violation des droits des travailleurs.

Il y a deux ans, les travailleurs de Molex ont subi des intimidations lors d'un scrutin syndical à bulletin secret. Le ministère des Relations du travail a ouvert une enquête et ordonné la suspension du scrutin. La région Nord de l'EIEU a produit un enregistrement dans lequel la direction de l'entreprise profère des menaces, mais elle a décliné la demande de comparutions du ministère par crainte d'exposer les syndicalistes à de nouvelles intimidations. L'affaire est toujours en cours devant la justice.

Lors d'un récent scrutin à bulletin secret, la direction de Texas Instruments Malaysia a changé les horaires des équipes, a organisé des "repas de remerciement" pour les travailleurs le jour du vote, tandis que le personnel de direction et des vigiles étaient déployés bien en vue pour intimider les travailleurs.

Pour Bruno Periera, pionnier de l'organisation du secteur de l'électronique et secrétaire général de la région Ouest de l'EIEU, depuis 50 ans le gouvernement malaisien attire les investissements étrangers dans l'électronique en assurant une présence syndicale affaiblie.

"Le refus de la création d'un syndicat national de l'électronique, des modalités de scrutin iniques qui comptent les abstentionnistes comme opposés aux syndicats, les carences de l'application de la Loi sur les relations du travail qui interdit les procédés antisyndicaux de la part des autorités, des intimidations généralisées des travailleurs malaisiens et migrants pendant le recrutement sont autant de facteurs qui contribuent à la faiblesse du taux de syndicalisation et de la négociation collective dans le secteur de l'électronique en Malaisie,"

commente Bruno Periera.  

Un point positif pour le mouvement syndical malaisien est que l'amendement à la Loi sur les syndicats, qui autorise la syndicalisation intersectorielle et la concurrence démocratique entre organisations syndicales, va créer un environnement propice au recrutement dans le secteur de l'électronique.

La Coalition pour la réforme de la loi sur le travail (LLRC), regroupant 58 organisations syndicales et ONG sous l'égide des affiliés malaisiens d'IndustriALL, réclame incessamment des lois et réglementations protégeant mieux les travailleurs afin de faciliter la syndicalisation.

Le secrétaire général de la coalition, Gopal Kishnam Nadesan, qui est aussi membre du comité exécutif d'IndustriALL, invite le gouvernement à appliquer au scrutin syndical la même formule que pour les élections législatives, entraînant la reconnaissance des syndicats qui obtiennent le plus de voix.

Les affiliés malaisiens d'IndustriALL adressent régulièrement des plaintes pour menées antisyndicales au ministère des Relations du travail en réclamant que des mesures soient prises contre les employeurs. Les dirigeants syndicaux malaisiens se réunissent régulièrement pour partager leurs stratégies en matière d'organisation et de campagnes. Les syndicats coopèrent de plus en plus avec des ONG de travailleurs migrants pour tendre la main à ces travailleurs et se faire le porte-parole de leurs revendications.

Pour Alexander Ivanou, le directeur d'IndustriALL en charge du secteur de l'électricité et de l'électronique, 

"Il faut se féliciter que la florissante industrie de l'électronique malaisienne crée des emplois. Toutefois, IndustriALL exhorte les multinationales à respecter les droits des travailleurs, en particulier la liberté syndicale, lorsqu'elles développent leurs capacités de production ou en créent de nouvelles. Il ne faut pas que leurs efforts pour atténuer les risques financiers, opérationnels, juridiques, géopolitiques et autres sacrifient les droits fondamentaux des travailleurs ni ne les privent d'un niveau de vie décent." 

IDAHOBIT : Aucun·e·x camarade n'est laissé·e·x pour compte

POSTER ENGPOSTER ESPPOSTER FRA

La solidarité est un antidote à un monde en proie aux conflits et aux inégalités. Il est donc essentiel que nous nous unissions, que nous résistions et que nous contestions les employeurs et les gouvernements, tout en construisant des mouvements forts pour parvenir à une justice sociale et économique pour tou·te·x·s.

Nous sommes plus fort·e·x·s et plus efficaces lorsque nous nous unissons, quelles que soient nos différences. Le mouvement mondial contre l'apartheid, par exemple, a transcendé les frontières et les races pour mettre fin à un régime raciste. Fait révélateur, la constitution sud-africaine, adoptée après l'apartheid, a été la première au monde à garantir explicitement les droits des personnes LGBTI+.

La lutte pour l'égalité des LGBTI+ a été menée par de nombreux·se·x·s dirigeant·e·x·s courageux·euse·x·s, partageant nos valeurs syndicales et progressistes. Dans de nombreux pays, les syndicats continuent de jouer un rôle prépondérant dans la lutte, obtenant souvent des avancées dans les négociations collectives qui influencent les changements politiques et législatifs. Lorsque les travailleur·euse·x·s LGBTI+ se sont organisé·e·x·s pour lutter contre l'homophobie, la biphobie et la transphobie dans le monde du travail et la société, nombreux furent les syndicats à se joindre à l’appel contre la discrimination et pour l'égalité de traitement. Notre éthique sous-jacente de solidarité nécessitant que nous nous tenions aux côtés des travailleurs et travailleuses confronté·e·x·s à l'exclusion, à la discrimination, au harcèlement et à la violence.

La solidarité reste à la fois la force motrice et le fondement de notre mouvement, nous guidant vers un avenir d'égalité, de justice et de liberté pour tou·te·x·s. A l’inverse, des forces puissantes cherchent à diviser les travailleur·euse·x·s et à vilipender les personnes LGBTI+ pour détourner l'attention de problèmes tels que la corruption, les inégalités et l'échec des politiques néolibérales. Elles ciblent souvent les communautés à faibles revenus, en utilisant leurs angoisses causées par les inégalités économiques et en présentant faussement les intérêts culturels des "élites" comme les valeurs des gens ordinaires. Cette rhétorique qui sème la discorde est véhiculée par les médias sociaux et des contributions financières non divulguées.

Nous nous sommes familiarisé·e·x·s avec les boucs émissaires de la droite que sont les migrant·e·x·s et les pauvres, avec l'islamophobie, le racisme et l'antisémitisme. La misogynie s'est intensifiée avec des attaques contre l'autonomie et l'intégrité corporelle des femmes. Tout cela fait partie d'un programme organisé de lutte contre les droits qui menace directement tout ce que les syndicats défendent et pour lequel ils se battent.

En cette Journée internationale contre l'homophobie, la biphobie et la transphobie, nous nous engageons à poursuivre la lutte pour les droits de tou·te·x·s les travailleur·euse·x·s et appelons nos affilié·e·x·s du monde entier à soutenir notre appel à mettre fin à la violence et à la discrimination sur le lieu de travail, en veillant à ce qu'aucun·e·x camarade ne soit laissé·e·x pour compte.

Un préjudice causé à l'un·e·x d'entre elleux, est un préjudice causé à tou·te·x·s.

La solidarité n'exige rien de moins de notre part.

S’unir en faveur de la justice pour TOUS les travailleurs

L’IDAHOBIT est reconnu depuis le 17 mai 2004. Cette journée vise à sensibiliser à la violence et à la discrimination dont sont victimes les personnes LGBTQI+ dans le monde entier et à défendre leurs droits.

Le lancement en janvier 2024 de la boîte à outils pour les travailleurs LGBTQI+ par les Fédérations syndicales internationales est une ressource clé dans le cadre de cette mission. Cette boîte à outils, découlant de la Convention 190 de l’OIT, vise à lutter contre la violence et le harcèlement sur le lieu de travail, en fournissant aux dirigeants et aux membres des syndicats les outils nécessaires pour promouvoir des environnements inclusifs et respectueux.

Guide de l’animateurManuel du participant

La boîte à outils comprend deux volets : le guide de l’animateur LGBTQI+ et le manuel du participant LGBTQI+. Le guide de l’animateur est conçu pour les moniteurs et les dirigeants syndicaux. Il propose des modules et des activités permettant d’approfondir la compréhension et de promouvoir les discussions sur la violence et le harcèlement à l’encontre des personnes LGBTQI+. Le manuel du participant fournit aux membres des syndicats, aux travailleurs LGBTQI+ et aux militants des stratégies pratiques pour créer des lieux de travail inclusifs et respectueux.

“Nous devons nous tourner vers l’avenir et renforcer notre engagement à soutenir tous les travailleurs, en particulier ceux qui sont confrontés à la discrimination. Les syndicats jouent un rôle crucial dans la création de lieux de travail où chacun peut s’épanouir. Cette boîte à outils est une ressource puissante pour nous aider à atteindre cet objectif et, bien que le 17 mai soit une excellente journée pour la promouvoir, nous ne devons pas nous arrêter là, chaque jour se prête à plaider en faveur de l’inclusivité”,

a déclaré Christine Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.

L’IDAHOBIT nous rappelle l’importance de la solidarité dans un monde remplis de conflits et d’inégalités. Il est essentiel de s’unir, de résister et de défier les employeurs et les gouvernements, en construisant des mouvements forts en faveur de la justice sociale et économique. En ce jour, IndustriALL renouvelle son engagement à lutter pour les droits de tous les travailleurs et de toutes les travailleuses et demande instamment à ses affiliés de soutenir l’appel à mettre fin à la violence et à la discrimination sur le lieu de travail, en veillant à ce que personne parmi nos camarades ne soit laissé pour compte.

Un syndicat proteste contre des pertes d'emplois massives dans les mines d'or d'Afrique du Sud

Le défilé a eu lieu à Carletonville, près de Johannesburg, et fait suite à l'envoi de préavis de licenciement à 3.107 travailleurs permanents et à 915 contractuels. Pour le NUM, ces pertes d'emplois vont accabler des mineurs dont dépendent des familles de parfois dix personnes.

Le syndicat se dit surpris que ces licenciements surviennent alors que le cours de l'or est élevé et que Sibanye Stillwater, cotée aux bourses de Johannesburg et de New York, verse des millions de dollars en salaire et primes à son CEO, Neal Froneman. Il a par exemple touché 291millions de rands (15,8 millions $) en 2021, 198 millions de rands (10.8 millions $) en 2022 et 56 millions de rands (3 millions $) en 2023. Selon le NUM, ces sommes sont trop importantes pour une entreprise invoquant des difficultés financières pour justifier les licenciements.

"Sibanye Stillwater licencie chaque année pour réduire ses coûts et engranger de plantureux bénéfices au détriment des mineurs, et cela alors même que les cours de l'or sont au plus haut. Nous nous étonnons qu'ils aient été annoncés juste avant l'ouverture des négociations salariales avec la direction,"

dit Mpho Phakedi, secrétaire général faisant fonction du NUM.

Le NUM, qui est affilié à IndustriALL Global Union, indique que depuis des années, certains puits de Sibanye Stillwater sont à l'arrêt pour "entretien et maintenance", une excuse pour justifier les licenciements, et le syndicat prie les ministères des Ressources minérales et de l'énergie (DMRE) et de l'Emploi et du travail d'enquêter sur cette pratique. Le NUM juge aussi que le gouvernement doit appliquer le principe "sans utilisation, disparition" aux permis d'exploitation que détient la multinationale.

Le NUM s'inquiète aussi de ce que Sibanye Stillwater figure parmi les pires compagnies minières d'Afrique du Sud en matière de santé et de sécurité, alors que huit mineurs ont été tués dans des accidents miniers sur ses sites en 2023. Le syndicat attribue cette situation au non-respect de la Loi sur la santé et la sécurité dans les mines, aggravé encore par une inspection du travail inefficace de la part du DMRE dont le nombre d'inspecteurs est inférieur aux nécessités.

"Sibanye Stillwater doit penser sérieusement au gagne-pain des travailleurs avant de se lancer dans des licenciements massifs. Le sort des travailleurs et des communautés doit être mis au premier plan avant de fermer une mine. Les multinationales minières ne doivent pas être guidées uniquement par le profit, mais aussi par des considérations environnementales, sociales et de gouvernance,"

a déclaré Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines.

Dans un message de solidarité au NUM, la section 11-0001 de l'United Steelworkers (USW), un syndicat américain affilié à IndustriALL, écrit :

"Ce traitement d'une main-d’œuvre qualifiée et dévouée par Sibanye Stillwater en Afrique du Sud est déplorable. Nous tenons à exprimer nos préoccupations ainsi que notre soutien devant la situation troublante dans laquelle Sibanye les a mis."

IndustriALL condamne le meurtre d’un membre de l’USO en Colombie

Jhon Jarry Vargas Sarabia a été tué le 9 mai dans la municipalité de Tibú, dans le département colombien de Norte de Santander. Il était un jeune ingénieur en mécanique travaillant pour Masa & Stork, une entreprise de maintenance pour Ecopetrol, et membre de l’USO. Il avait trois enfants et était apprécié, tant au sein de sa communauté qu’au travail.

L’USO a déclaré qu’on ne connaissait pas les motifs de son assassinat. Le Président de l’USO, César Loza a indiqué :

“Le collègue assassiné était membre de l’USO mais n’était pas un représentant syndical. Nous ne connaissons pas les motifs du meurtre, ni s’il s’agit d’un crime à motivation politique ou d’un crime de droit commun”.

Ce meurtre s’ajoute à la longue liste de militants sociaux et syndicaux qui ont perdu la vie à cause de la violence en Colombie. Selon un rapport de l’Observatoire des droits de l’homme et des conflits de l’Institut colombien d’études sur le développement et la paix (INDEPAZ), 64 défenseurs des droits de l’homme, dirigeants sociaux et signataires d’accords de paix ont été tués en 2024.

Le 12 mai dernier, la Commission nationale des droits de l’homme et de la paix de l’USO a appelé à une mobilisation à Tibú pour dénoncer l’assassinat de Jhon Jarry Vargas Sarabia, et a appelé toute la communauté, le pays, Ecopetrol, Masa & Stork ainsi que les forces sociales et politiques de Colombie à condamner cet assassinat.

Dans un communiqué, la Commission a déclaré :

“En aucun cas, nous, l’USO, les autorités ou les habitants de Tibú, ne pouvons permettre que le crime contre Jhon Jarry ouvre une brèche par laquelle une vague de violence pourrait éclater et briser l’unité pour la récupération de notre territoire, la reconstruction du tissu social et les transformations nécessaires pour assurer la paix avec une justice sociale et environnementale, qui est ce qui nous rassemble et nous unit autour d’un agenda régional et d’un horizon commun.”

Ecopetrol a appelé au respect des droits de l’homme, en particulier du droit à la vie et de la liberté d’association, et a réaffirmé son rejet de tout comportement contraire à la loi ou aux procédures et normes nationales et internationales.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Atle Høie, a déclaré :

“IndustriALL appelle les autorités compétentes à mener les enquêtes et poser les actes judiciaires nécessaires pour identifier et traduire en justice les auteurs de ce crime tragique. Nous déplorons l’assassinat de Jhon Jarry Vargas Sarabia et exigeons du gouvernement colombien qu’il fournisse toutes les garanties de sécurité à sa famille, aux membres du syndicat et à la communauté en général”.