Les syndicats du caoutchouc renforcent leurs réseaux mondiaux

“Nous allons montrer dans cette conférence que nous sommes capables de créer des programmes concrets de solidarité ouvrière contre les effets négatifs de la mondialisation dans notre secteur”, a déclaré à l’ouverture de la réunion Tamas Szekely, président de la fédération hongroise des travailleurs de la chimie et de l’énergie (VDSz) qui accueillait la conférence. Les participant(e)s ont engagé des discussions sur les entreprises dans des ateliers portant sur Bridgestone, Goodyear, Michelin, Continental et Pirelli pour discuter des situations particulières dans leurs pays respectifs.

La conférence a examiné dans les moindres détails les défis et les actions des syndicats dans l’industrie mondiale du caoutchouc, et les perspectives d’avenir des secteurs de l’automobile et de la fourniture de pneus, et d’autres segments qui ne sont pas liés aux pneus. Les délégué(e)s ont expliqué les développements dans chaque pays depuis la grande crise de 2008-2009. Ils ont signalé que même si les conditions de la crise appartiennent maintenant au passé, les travailleurs et travailleuses continuent de souffrir d’une détérioration des conditions de travail. Les représentants européens et nord-américains ont signalé des cas toujours actuels qui posent des problèmes aux syndicats et aux travailleurs et travailleuses.

Les rapports des ateliers ont permis d'établir une véritable base pour les réseaux syndicaux dans l'industrie du caoutchouc. Les participant(e)s ont été sensible à la poursuite des activités mondiales de réseau avec l'entreprise japonaise Bridgestone. Le secrétaire du comité d'entreprise européen de l'entreprise française Michelin a mis les participant(e)s au courant des efforts entrepris pour créer un réseau mondial Michelin qui ont permis d'obtenir un développement positif, en ce sens que la direction de l'entreprise a déjà annoncé être prête à un accord-cadre mondial. En raison de leurs préoccupations concernant l'avenir de l'entreprise, les participant(e)s appartenant à l'entreprise américaine Goodyear ont donné leur point de vue sur l'importance d’un renforcement du réseau syndical, tout comme les participant(e)s appartenant à l'entreprise italienne Pirelli. Les délégué(e)s ont également partagé des expériences sur la situation difficile des activités de l'entreprise allemande Continental. La conférence a souligné l'importance de travailler avec des multinationales qui ne mènent pas d'activités dans les pneus, comme Hutchinson, Trelleborg et Freudenberg.

La syndicalisation et la lutte contre l'emploi précaire était aussi des points importants de l'ordre du jour. Le renforcement du travail réalisé en commun avec la section automobile a été défini comme étant une priorité dans les campagnes syndicales de l'industrie du caoutchouc et dans le cadre d'une stratégie de IndustriALL Global Union sur la chaîne d'approvisionnement. Même si l'emploi précaire n'est pas identifié parmi les principaux problèmes de l'industrie des pneus dans les pays développés, il l’est comme étant un problème brûlant dans les pays en développement, notamment en Asie. Des exemples concernant le recrutement syndical et les résultats obtenus dans les processus de négociation collective ont été donnés avec intérêt. Les participant(e)s ont également débattu des conditions de santé et de sécurité dans le secteur, et ont porté une grande attention à la viabilité du secteur.

La conférence a adopté à l'unanimité un plan d'action sur les points soulevés. (Pour ce qui est du plan d'action, cliquer ici). Les délégué(e)s ont réélu Stan Johnson, secrétaire-trésorier international de l’USW et président de la section caoutchouc de IndustriALL Global Union, tandis que Linda McCulloch, secrétaire nationale de Unite the Union a été élue vice-présidente. “Cette conférence couronnée de succès nous a donné une feuille de route claire sur nos activités futures visant à établir un véritable pouvoir syndical dans l'industrie du caoutchouc” a déclaré Johnson dans son discours de clôture.

Accord des travailleurs indonésiens du textile avec Adidas

L'entreprise et les syndicats se sont mis d'accord pour ne pas dévoiler les détails de l'accord, mais toutefois selon des rapports préliminaires, l'entreprise aurait accepté de verser une indemnité de licenciement à 2.700 salariés qui s’étaient retrouvés sans emploi après la fermeture de l'usine de vêtements PT Kizone en avril 2011.

L'usine avait connu des problèmes économiques à la fin de 2010 et n'avait pas pu remplir ses obligations envers son personnel pour le paiement d'une indemnité de licenciement et pour l'indemnisation des familles des personnes décédées. Ensuite le propriétaire de l'entreprise n’a pas réglé les salaires jusqu'en décembre 2010 et s'est enfui du pays en janvier 2011 sans prévenir. Malgré des efforts de Green Textile, le principal client de l'usine qui avait repris l'affaire en février et mars, l'usine a été déclarée en faillite et a fermé en avril 2011. 

Depuis lors, les salariés de PT Kizone ont cherché à obtenir justice dans leur situation désespérée. Le montant total des dettes envers les travailleurs et travailleuses se montait à près de 3,4 millions d’USD. D'autres clients de l'usine ont couvert près de la moitié des dettes en versant 1,6 million d’USD au fond d'indemnisation des licenciements. Jusqu'à présent, Adidas avait refusé d'apporter sa contribution.

Il a fallu deux ans de campagne organisée par une large coalition de syndicats et d’ONG, y compris des travailleurs et travailleuses de PT Kizone, United Students Against Sweatshops (USAS), Workers’ Rights Consortium (WRC) et la Clean Clothes Campaign (CCC) avant que Adidas accepte de mettre fin au différend.

Cette affaire établit un autre précédent pour rendre les marques responsables des clauses et conditions d'emploi dans leurs chaînes d'approvisionnement, en les obligeant à accepter des salaires décents et un emploi permanent, rendus possibles par des commandes stables à un prix équitable aux usines dans lesquelles les marques s'approvisionnent.

Des centaines de travailleuses bangladeshi de la confection sont mortes

“Coupez moi la main, sauvez ma vie!” s’écrie une femme coincée sous les décombres de l’immeuble de huit étages Rana Plaza qui s’est effondré à Savar, ville située à 30 kilomètres de Dacca. La même demande est faite par Aftab, également coincé alors que d’autres cris proviennent des décombres pour demander de l’oxygène. Deux cent mille personnes de Davar se sont rassemblées pour donner du sang ou participer aux secours, alors que les hôpitaux sont gravement sous-équipés pour faire face à la situation.

L’homicide industriel massif  s’est produit le 24 avril à 9 heures du matin. L’immeuble détruit, construit illégalement, abritait cinq ateliers de confection employant 2.500 personnes. Ces cinq ateliers ont pour nom Ether Tex, New Wave Bottoms, New Wave Style, Phantom Apparels et Phantom-TAC. Ils auraient produits des vêtements pour plusieurs marques occidentales très connues, dont Mango, Primark, C&A, KIK, Wal-Mart, Children’s Place, Cato Fashions, Benetton, Matalan et Bon Marché.

Le 23 avril, la veille de l’accident, d’importantes fissures avaient été détectées sur les piliers qui soutenaient le Rana Plaza, mais les avertissements des autorités locales qui ordonnaient l’évacuation des lieux étaient restés ignorés du propriétaire de l’immeuble et des propriétaires des ateliers de confection, alors que les trois boutiques et la banque au rez-de-chaussée qui tenaient compte de l’avertissement ont quitté les lieux. Une travailleuse de la confection au Rana Plaza doit travailler trois jours sans salaire pour chaque journée de travail manquée, aussi les travailleuses n’avaient pas envie de rester à la maison le 24 avril pour éviter tout risque.

Maintenant plus de 2.000 personnes blessées sont à l’hôpital et dans un état grave pour beaucoup d’entre elles; 254 sont mortes et on entend de nombreuses voix appelant à l’aide sous les décombres. Les syndicats du textile et de la confection au Bangladesh, affiliés à IndustriALL Global Union, sont présents et soutiennent les efforts de sauvetage. Les affiliés qui travaillent aux côtés du Conseil de IndustriALL au Bangladesh (IBC) ont participé hier  à une conférence de presse conjointe pour proposer des revendications communes et un programme d’action, en demandant justice et une action des autorités et des marques. L’IBC va mobiliser tous ses affiliés pour une manifestation massive, le 26 avril, devant le club de la presse à Dacca.

Vingt mille travailleuses et travailleurs de la confection venus d’ateliers avoisinants ont bloqué ce matin la circulation sur cinq grandes voies de communication, et plusieurs bagarres ont eu lieu localement quand des manifestants en colère se sont attaqués à plusieurs ateliers de confection qui ne respectaient pas la journée nationale de deuil, en les forçant à fermer par respect pour les morts. Le manifestants se sont également attaqués à l’immeuble de l’Association des fabricants et des exportateurs de vêtements du Bangladesh (BGMEA).

Il faut régler immédiatement les problèmes systémiques dans l’industrie de la confection  au Bangladesh.  La plus grande part de la responsabilité incombe aux marques occidentales de vêtements qui réalisent des profits énormes sur des articles fabriqués dans des conditions mortelles pour des salaires de misère. Quand des marques continuent de refuser de payer un prix suffisant permettant de travailler dans la sécurité à la production des vêtements, leurs appels pour améliorer la sécurité ne sont pas sincères.

Les améliorations nécessaires de la législation nationale du travail ont été débattues au cours d’un processus législatif au Bangladesh, qui a permis d’obtenir, le 22 avril, l’approbation d’une révision par le gouvernement. Toutefois ce processus a fait l’objet de pressions de la part des acheteurs mondiaux de l’industrie de la confection qui ont demandé de réduire les droits des travailleuses et travailleurs prévus initialement par la réforme.

IndustriALL Global Union estime que les travailleuses et travailleurs de la confection au Bangladesh méritent d’avoir le droit de travailler en sécurité, avec l’entière possibilité de se syndiquer et de négocier collectivement, pour obtenir notamment une hausse importante du salaire minimum fixé actuellement à 38 USD par mois.

Le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a déclaré:

Cette terrible tragédie appelle l’attention sur l’urgence de mettre fin à la course vers le moindre coût avec des moyens de production pas chers pour les marques internationales, une course qui a déjà coûté la vie à des centaines de travailleuses et travailleurs. Les marques mondiales de vêtements et les détaillants ont la responsabilité de la totalité de leur chaîne de production. Il est temps désormais pour les marques, les fournisseurs et le gouvernement bangladeshi de se réunir avec IndustriALL et ses affiliés pour adopter un programme sur la sécurité et s’assurer que cela ne se reproduira plus.

Le FMI est une menace pour la négociation collective

Dans un rapport publié récemment, la confédération syndicale internationale (CSI) met en garde sur le fait que les conseils du FMI concernant le marché du travail, dans le cadre de la Troïka, portent atteinte à la démocratie et comportent le risque d'une dictature économique à travers l'Europe et au-delà, et engendreront plus de divisions et de malaises sociaux sans produire aucun avantage économique.

Le rapport de la CSI Nouveaux Fronts 2013 publié en avril "Idéologie sans évidence économique: le FMI s’attaque à la négociation collective", analyse les actions du Fonds monétaire international (FMI) qui ont affaibli la négociation collective.

“Les attaques contre la négociation collective et les syndicats enfreignent également la loi internationale. Le comité de la liberté syndicale du BIT a réaffirmé que les réformes de cette nature appliquées en Grèce contreviennent aux conventions de base de l'OIT sur la négociation collective et la liberté syndicale”, affirme-t-on dans le rapport.

Pendant ce temps, deux économistes de Harvard reconnaissent que leur étude utilisée par le FMI pour justifier les politiques d'austérité, contenait une erreur mathématique importante. En recalculant les données, trois autres économistes de l'Université du Massachusetts ont démontré que ces données, qui remontaient à certaines années et à certains pays, ne relevaient pas de la moyenne. Quand un ensemble de données complètes est utilisé, il montre que le taux de croissance moyen des pays qui ont une charge d’endettement de 90 pour cent est de 2,2 pour cent — une différence importante comparé au déclin de 0,1 pour cent postulé plus tôt.

La CSI, les syndicats mondiaux et IndustriALL Global Union soutiennent qu’une croissance viable, des emplois décents pour tous, une efficacité économique et une équité plus grande sont des ambitions communes qui exigent des systèmes de négociation collective globale et de fortes institutions du marché du travail dans tous les pays.

“Il n'y a aucune justification économique pour ces réformes du travail. Les pays où la négociation collective est faible ou inexistante n'obtiennent pas une croissance plus rapide, un chômage plus faible ou de meilleurs résultats à l'exportation que les autres pays. Ils ont en fait de plus grandes inégalités salariales. La stratégie économique poursuivie par le FMI dans les pays en crise avec les partenaires de la Troïka, présente de profonde failles”, affirme  Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSU.

Rapport Nouveaux Fronts de la CSI avril 2013 (en anglais)

Rapport Nouveaux Fronts de la CSI – résumé avril 2013

Les préjugés anti-syndicaux confirmés à l’assemblée générale de Rio Tinto

Les protestations qui étaient organisées et coordonnées par le réseau minier de Londres (London Mining Network) avaient lieu sous la bannière “récits de résistance”. Les “récits de résistance” évoquaient les faits suivants:

Ces récits de la résistance pour la défense des droits des peuples indigènes, des droits des travailleurs et travailleuses, des droits de la personne en général et de l’hygiène de l’environnement, avaient du mal à se faire entendre dans la salle de l’assemblée générale car ils étaient couverts par les cris des membres du bureau de l’assemblée générale et des actionnaires qui voulaient entendre parler d’investissements et de profitabilité.

Un actionnaire s’est toutefois préoccupé de savoir pourquoi le rapport de l’entreprise ne mentionnait pas la Greenwash Gold Campaign qui avait été votée l’année dernière par le public et avait été gagnée par Rio Tinto. Le président de Rio Tinto, Jan du Plessis, a répondu qu’il n’avait aucunement l’intention de médiatiser la Greenwash Gold Campaign dans le rapport de l’entreprise.

Glen Mpufane de IndustriALL Global Union a posé des questions sur les relations conflictuelles de l’entreprise avec les syndicats, en mentionnant notamment le lock-out en 2012 du personnel à la fonderie d’Alma au Québec, Canada, et si l’entreprise s’inquiétait de son image antisyndicale.

Sam Walsh a répondu que le conflit à la fonderie d’Alma au cours du premier semestre de 2012 portait sur la rémunération et la façon de faire des affaires, sur l’amélioration de la productivité et sur la viabilité du haut-fourneau. Selon lui, l’entreprise n’est pas antisyndicale, en ce sens qu’elle respecte le droit des travailleurs et travailleuses d’adhérer ou non à un syndicat, {mais} que sa préoccupation primordiale était de maintenir un contact direct avec ses salariés.

La sous-traitance dans l’industrie chilienne

Une des stratégies les plus courantes employées par les entreprises chiliennes pour préserver leur position concurrentielle, au plan intérieur comme à l’extérieur du pays, a consisté à faire usage de la flexibilité dans le travail et de la sous-traitance. Cette déclaration est extraite d’un rapport préparé par l’équipe des travailleurs de la fondation CENDA à la demande de IndustriAll.

Subcontración en sectores industriales chilenos” [La sous-traitance dans l’industrie chilienne] a été préparé en réponse à l’inquiétude causée par l’étendue de la sous-traitance et la situation des travailleurs et travailleuses dans les secteurs où IndustriAll est présente.  

Le rapport rend compte de la sous-traitance dans différents secteurs du pays: mines, pétrole, foresterie, cellulose et papier, produits chimiques, métallurgie et ingénierie mécanique, textile, en ayant recours à l’information accessible au public et aux données fournies par les syndicats.

Il s’agit d’une information générale sur chaque secteur, son importance économique, la nature particulière de la sous-traitance et la situation syndicale. Le rapport comporte également une description générale du pays, une information sur la sous-traitance et une description des branches spécifiques de production.

Le rapport ne tire aucune conclusion mais fait des observations sur la situation dans chaque secteur. Le but est de mieux faire connaître la situation, de promouvoir un échange de vues et d’opinions parmi les affiliés de IndustriAll, et de développer des stratégies syndicales sur ce sujet.

Des travailleuses bangladeshi de la confection mortes écrasées

Le bâtiment qui s’est effondré abritait six ateliers de confection et des centaines de travailleuses et travailleurs. Il aurait été construit illégalement et une fissure de grande taille était apparue hier dans un mur. Quand les autorités locales ont attiré l’attention des propriétaires de l’usine de confection en leur donnant l’ordre d’évacuer les lieux, ceux-ci ont décidé d’ignorer la menace, alors que la banque et la boutique qui se trouvaient au rez-de-chaussée ont tenu compte de l’avertissement et ont quitté les lieux.

Maintenant 500 personnes sont blessées et beaucoup d’entre elles sont dans un état grave, 102 sont mortes et on entend de nombreuses voix sous les décombres appelant à l’aide et criant qu’elles ne veulent pas mourir, alors que les équipes de secours tentent de les atteindre. Les syndicats du textile et de la confection au Bangladesh, affiliés à IndustriALL Global Union, sont présents et soutiennent les efforts de sauvetage. Les affiliés qui travaillent aux côtés du Conseil de IndustriALL au Bangladesh (IBC) ont publié aujourd’hui un communiqué de presse conjoint pour proposer des revendications communes et un programme d’action, en demandant justice et une action des autorités et des marques. L’IBC va mobiliser tous ses affiliés pour une manifestation massive le 26 avril devant le club de la presse à Dacca.

Les rapports reçus indiquent clairement que plusieurs marques connues se fournissent dans les ateliers du Rana Plaza, parmi lesquelles Mango, British Primark, C&A, KIK et Wal-Mart. Il faut s’attaquer immédiatement aux problèmes systémiques dans l’industrie de la confection  au Bangladesh.  La plus grande part de la responsabilité incombe aux marques occidentales de vêtements qui réalisent des profits énormes sur des articles fabriqués dans des conditions mortelles avec des salaires de misère.

Les améliorations nécessaires dans la législation nationale du travail ont été débattues dans un processus législatif au Bangladesh, qui a donné lieu le 22 avril à l’approbation par le gouvernement d’une révision. Toutefois ce processus a subi des pressions de la part des acheteurs mondiaux de l’industrie de la confection qui ont demandé de réduire les droits des travailleuses et travailleurs prévus initialement avec la réforme.

IndustriALL Global Union estime que les travailleuses et travailleurs de la confection au Bangladesh méritent d’avoir le droit de travailler en sécurité, avec l’entière possibilité de se syndiquer et de négocier collectivement, notamment pour obtenir une hausse importante du salaire minimum fixé actuellement à 38 USD par mois.

Le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a déclaré:

Cette terrible tragédie appelle l’attention sur l’urgence de mettre fin à la course vers le moindre coût avec des moyens de production peu chers pour les marques internationales, une course pendant laquelle des centaines de travailleuses et travailleurs ont perdu la vie. Les marques mondiales de vêtements et les détaillants ont la responsabilité de la totalité de leur chaîne de production. Il est temps désormais pour les marques, les fournisseurs et le gouvernement bangladeshi de se réunir avec IndustriALL et ses affiliés pour adopter un programme sur la sécurité qui garantira que cela ne se reproduira plus.

En réponse à la tragédie qui a eu lieu aujourd’hui, l’IBC exige:

Forte mobilisation des syndicats au Brésil contre l’externalisation

Ces dernières années, plus de 30 projets de loi ont été présentés au Parlement sur l’externalisation qui, jusqu’à présent, n’a pas été réglementée au Brésil. Le projet de loi présenté par le député Sandro Mabel, qui bénéficie du soutien des représentants du monde des affaires, est le plus avancé dans le processus parlementaire pour son adoption par le Congrès. Si ce texte est adopté, il affaiblira l’emploi permanent et direct au Brésil, et permettra l’externalisation, ce qui est inquiétant, notamment pour des emplois concernant des activités permanentes et normales dans l’entreprise utilisatrice. 

Le projet de loi de Mabel ne prend pas en considération les droits des travailleurs et travailleuses, et libère les firmes de leurs obligations dans le travail, en les transférant à l’entreprise externalisée. Il ne comporte pas l’obligation d’informer les syndicats des détails du contrat de fourniture de service. Il n’impose pas non plus à l’utilisateur de faire bénéficier le personnel sous contrat dans des services de cafétéria ou médicaux, des mêmes avantages dont bénéficient ses salariés employés directement.

Alors qu’il est nécessaire de réglementer l’externalisation au Brésil, le projet de loi de Mabel, au lieu d’apporter une solution aux travailleurs et travailleuses, provoquera une détérioration de leur situation. Il y a actuellement environ 10 millions de personnes employées dans des services externalisés au Brésil, qui représentent 25 pour cent de la main-d’œuvre dans le secteur structuré de l’économie. Selon une étude réalisée par la CUT, le personnel externalisé a une journée de travail plus longue et gagne en moyenne 27 pour cent de moins que les personnes occupant un emploi permanent. Selon la même source, 8 accidents du travail sur 10 touchent les travailleurs et travailleuses externalisés.

Les affiliés de IndustriALL se mobilisent contre l’adoption de  ce projet de loi. Par l’intermédiaire de membres du Parlement, plusieurs syndicats ont proposé des amendements au comité parlementaire chargé d’examiner le projet de loi, et la centrale nationale brésilienne CUT (Central Unica dos Trabalhadores) a demandé à ses membres de manifester le 18 avril contre l’externalisation. 

Beaucoup de manifestations ont eu lieu ces dernières années dans le pays. Un forum de défense des travailleurs et travailleuses externalisés qui rassemble plusieurs secteurs de la société civile (universitaires, ONG) et plusieurs syndicats, a été créé en 2011 et organise régulièrement des évènements et des réunions pour obtenir une prise de conscience parmi les travailleurs et travailleuses et dans la grande masse du public. Le forum s’est encore réuni le 19 avril pour élaborer une stratégie de campagne contre l’adoption du texte de Mabel. Les affiliés de IndustriALL prévoient d’envoyer des lettres aux parlementaires sur cette question et de rencontrer des membres du comité parlementaire chargé de préparer le texte final du projet de loi qui sera ensuite débattu au Congrès avant son adoption.

IndustriALL soutient le combat mené par ses membres contre l’externalisation au Brésil et pour la protection des droits des travailleurs et travailleuses et des syndicats, et exige l’adoption d’un projet de loi en faveur de la classe ouvrière.

Appel pour la libération du syndicaliste Wonder Mkhonza accusé de sédition au Swaziland

Mkhonza a été arrêté le 12 avril durant des activités de masse pour protester contre 40 années d’état d’urgence qui interdit les partis politiques et a récemment interdit la seule centrale syndicale du pays, le Congrès des syndicats Swaziland-TUCOSWA. Mkhonza est le président du conseil de coordination des syndicats de la fabrication industrielle qui cherchent à fusionner au Swaziland, un processus qui bénéficie du soutien total de IndustriALL.

Mkhonza comparaît mercredi 24 avril devant la haute cour. Les visites lui sont interdites et il n’a pas reçu, jusqu’à présent, l’autorisation de rencontrer un avocat. Notre préoccupation immédiate concerne la sécurité de Mkhonza car nous avons le souvenir du camarade au Swaziland, le syndicaliste Sipho Jele, qui est mort en 2010 dans des circonstances suspectes alors qu’il était détenu dans les locaux de la police.

IndustriALL a déclenché une campagne internationale pour la libération immédiate de Wonder Mkhonza et l’abandon des accusations portées contre lui, qui incluent la sédition.

Les actions du gouvernement swazi continuent d’être en infraction avec les conventions de l’OIT et la Charte des populations africaines (African People’s Charter) ainsi que les chartes des Nations unies sur les droits de la personne. Nous demandons au gouvernement swazi de cesser de harceler les syndicalistes. Nous lui demandons également de respecter le droit à la liberté syndicale et de reconnaître la légitimité de la fédération syndicale TUCOSWA, créée récemment dans le pays.

Nous engageons vivement le gouvernement swazi à reconnaître le droit à la liberté syndicale et de permettre à ses citoyens et citoyennes de pouvoir manifester pacifiquement.

Nous demandons également aux gouvernements africains de faire pression sur le gouvernement swazi pour que soit mis fin à 40 ans d’état d’urgence, et à adopter la démocratie.   

Les dirigeants africains ont reçu un rapport faisant état du harcèlement de responsables syndicaux lors d’une réunion de IndustriALL Global Union qui s’est tenue le 23 avril à Midrand, Afrique du Sud. IndustriALL représente 50 millions de membres dans 140 pays. Nous représentons dans le monde les travailleurs et travailleuses qui appartiennent aux chaînes d’approvisionnement des industries de l’énergie, des mines, de la fabrication industrielle et des secteurs connexes, notamment les syndicats affiliés du Swaziland.
 

CONTACT DE PRESSE:

Pour toute information complémentaire, contacter Fabian Nkomo, secrétaire régional de IndustriALL pour l’Afrique +27 (0)725157415.

Le 28 avril – Journée de deuil

Les cérémonies du 28 avril ont été organisées pour la première fois au niveau national par le Congrès canadien du Travail en 1984, avant d’être finalement reconnues officiellement par le gouvernement canadien en 1991.  À partir de ses origines canadiennes, la célébration du 28 avril s’est répandue dans le monde sous divers noms: Journée de deuil, Journée internationale de commémoration des travailleurs morts et blessés, Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail ou Journée commémorative des travailleurs.

L’OIT estime que dans le monde, quelque 2,3 millions de travailleurs et travailleuses meurent chaque année du fait de leur travail. Des millions d’autres sont blessés ou malades en raison d’une maladie professionnelle. IndustriALL considère que ce nombre, bien que scandaleux, est très sous-estimé en raison de statistiques peu fiables et souvent trafiquées.

Depuis les produits corrosifs jusqu’aux maladies transmissibles des animaux, il y a des milliers de façons d’être tué dans son travail. Sur des millions de décès de travailleurs et travailleuses chaque année, la très grande majorité – environ 82 pour cent du total – est le fait de maladies professionnelles. Environ 18 pour cent meurent à la suite d’un accident soudain ou violent. Mais ces décès ont ceci en commun: la mort sur un lieu de travail est inutile et pourrait être évitée.

IndustriALL Global Union sait comment mettre fin à ce carnage.

Les gouvernements ne peuvent pas se dérober à leurs responsabilités. IndustriALL vise à obtenir une égalisation mondiale des normes avec le soutien d’une législation solide et exécutoire, et des systèmes de contrôle.

Au niveau de l’entreprise, les employeurs ont la responsabilité d’avoir des lieux de travail avec de bonnes conditions de santé et de sécurité pour empêcher les accidents et les maladies. Cela signifie accorder la priorité et des ressources à des systèmes efficaces permettant d’éliminer ou de contrôler les risques dans les interactions quotidiennes de matériels, d’outils et d’équipements, dans le milieu de travail, la conception du travail et les personnes au travail.

Les travailleurs et travailleuses ont le droit de connaître les risques encourus dans leur travail, et doivent avoir le droit de refuser ou d’empêcher d’accomplir un travail en cas de manque de sécurité. Ils/elles ont le droit de participer à l’élaboration des politiques de santé et de sécurité, aux programmes et aux procédures, de façon efficace dans le cadre de comités de santé et de sécurité paritaires syndicat-direction.

Loin d’être compliqué, c’est réellement très simple. Les bonnes lois et les bonnes normes ont besoin d’être bien respectées. Les travailleurs et travailleuses ont des droits, mais de leur côté les employeurs ont des responsabilités. Des syndicats puissants donnent un sens à ces droits et à ces responsabilités: des syndicats puissants rendent les lieux de travail plus sûrs et plus sains!

Les dernières semaines ont été particulièrement difficiles pour nos collègues aux États-Unis. Nos condoléances vont aux familles et aux camarades des victimes de l’explosion à l’usine d’engrais West Fertiliser à Waco, Texas. Et, bien qu’il ne s’agisse pas d’un accident du travail, nous partageons la douleur des familles et des camarades des personnes tuées et blessées dans l’attaque dénuée de sens au marathon de Boston.