L’UE doit faire pression en faveur des droits fondamentaux dans la confection au Bangladesh

Les commissaires européens Catherine Ashton et Karel De Gucht ont pris cet engagement dans une déclaration conjointe à la suite de l’écroulement terrifiant d’un immeuble à Savar, Bangladesh, qui a coûté la vie à quelque 600 personnes et laissé de nombreuses autres gravement blessées dans l’un des pires désastres industriels au monde. La menace d’une action de l’UE dans le cadre du Système de préférences généralisées (SPG), rarement invoqué, souligne encore davantage les préoccupations.

"L’UE doit se servir de son influence considérable pour encourager les marques qui s’approvisionnent au Bangladesh à s’engager dans un accord contraignant et exécutoire sur la sécurité contre l’incendie et dans les édifices, où les travailleuses et travailleurs et les syndicats ont un rôle actif à jouer", a déclaré Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union.

"La promotion dans l’industrie d’un audit d’entreprise pour déterminer et remédier aux problèmes rencontrés se révèle encore comme étant une réalité cruelle, alors qu’un auditeur professionnel du BSCI avait récemment certifié les ateliers en activité dans l’immeuble Rana Plaza", a signalé Raina. "Une démarche volontaire qui reposerait seulement sur un geste de bonne volonté de l’entreprise – qui a été largement absent – serait une erreur.   La promotion d’un audit plus axé sur l’entreprise n’est pas une solution au problème", a affirmé Raina.

Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, a déclaré: "Une fois de plus, les travailleuses et travailleurs ont payé de leur vie la relation confortable, mais finalement mortelle, entre des marques mondiales, des fournisseurs impitoyables et des politiciens corrompus au Bangladesh.  L’UE doit aller jusqu’au bout dans son engagement, et agir pour mettre fin à l’imposture de la RSE en l’empêchant de faire d’autres dégâts dans l’industrie".

Les ateliers dans lesquels les vêtements sont fabriqués au Bangladesh pour de grands distributeurs mondiaux sont bien connus pour être des pièges mortels. La situation est rendue encore pire par une totale hostilité à l’égard des syndicats par le gouvernement et les associations patronales de la confection au Bangladesh. Le gouvernement a refusé pendant des années d’enregistrer des syndicats dans le secteur de la confection. Seulement maintenant, et à la suite d’une importante pression internationale, de nouveaux syndicats ont commencé à obtenir depuis quelques mois leur reconnaissance juridique.

Philip Jennings, secrétaire général de UNI Global Union qui syndique les travailleuses et travailleurs dans le secteur de la vente au détail, a déclaré: "L’UNI et ses affiliés demandent aux détaillants du monde entier de signer un accord exécutoire qui protège les travailleuses et travailleurs au Bangladesh de tous les dangers inacceptables provoqués par un incendie et des risques dans des édifices, et de s’assurer que ces travailleuses et travailleurs bénéficient de la meilleure forme de protection de la santé et de la sécurité:  un syndicat.  Les patrons ne peuvent pas éviter d’assumer leurs responsabilités – le temps est venu de conclure un véritable accord".

La CSI, IndustriALL Global Union et IndustriAll European Trade Union disent que l’UE ne doit pas seulement considérer la situation comme une simple question de sécurité et de santé. Si les travailleuses et travailleuses avaient un syndicat puissant, elles seraient plus capables de pouvoir négocier davantage de sécurité sur le lieu de travail et de quitter rapidement d’elles mêmes les lieux en cas de danger. L’UE doit donc s’assurer que la liberté syndicale occupe une place centrale dans tout engagement avec le gouvernement.  Dans cette optique, la pression doit s’appliquer sur l’industrie et le gouvernement, pour s’assurer que les travailleuses et travailleurs gagnent un salaire vivable.  Le gouvernement, sous la pression patronale, a refusé d’augmenter le salaire minimum mensuel de 36 USD.

"Une nouvelle législation conforme aux normes de l’OIT et l’enregistrement de nouveaux syndicats seront d’une importance vitale pour éviter de nouvelles tragédies. Les amendements au code actuel du travail qui ont été approuvés récemment par le gouvernement laissent de nombreuses questions soulevées par l’OIT et les syndicats sur la liberté syndicale totalement sans réponse", a dit Sharon Burrow.

"L’UE doit également insister sur le fait que les responsables de la torture et du meurtre l’année dernière du militant syndical Aminul Islam soient arrêtés et passent en jugement sans nouveaux délais", a ajouté Burrow.

Bernadette Ségol, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES) demande à la Commission d’adopter une nouvelle stratégie pour le programme de responsabilité sociale des entreprises 2011-2014. "Nous devons nous assurer que toutes les multinationales qui mènent des activités en Europe s’engagent à respecter la Déclaration de principes tripartite sur les entreprises multinationales et la politique sociale de l’Organisation internationale du Travail".

Un récent rapport de la centrale syndicale américaine AFL-CIO "Responsibility Outsourced" précise le palmarès épouvantable des cabinets "d’audit social" soutenus par les entreprises, ainsi que d’autres cas où des auditeurs ont négligé d’agir dans des usines présentant des dangers mortels et ont aidé des entreprises à adopter des stratégies de type américaines pour éviter les syndicats.

Premier accord fédéral signé dans l’industrie charbonnière en Russie

L’accord, qui s’applique à plus de 80 pour cent de la main-d’œuvre employée dans l’industrie charbonnière en Russie, prend effet au 1er avril 2013 et restera en vigueur pendant trois ans jusqu’en 2016. Rosugleprof estime que l’une des plus fortes réussites de l’accord est la garantie d’une révision trimestrielle des salaires indexés sur l’inflation sur la base des données de l’agence fédérale de la statistique. Cet accord permettra le maintien et la hausse des salaires et des conditions de vie des mineurs en Russie.

Certains points du nouvel accord s’appliqueront seulement aux membres du syndicat ou aux salariés qui autorisent le syndicat à les représenter.

L’accord offre des avantages, dont les suivants, parmi bien d’autres:

En outre, pour parfaire la réalisation de l’accord, les parties ont décidé de se rencontrer deux fois par an pour procéder à une évaluation de l’accord, ainsi que de démarrer des négociations en avril 2014 en vue d’un nouvel accord fédéral dans l’industrie.

Intimidation et violence au Swaziland pour le Premier Mai

Les personnes rassemblées ont tenté d’empêcher la confiscation par la police d’une bannière demandant le reconnaissance de la confédération du travail, la confédération syndicale du Swaziland (Tucoswa). Les adjoints de la direction de la Tucoswa décidèrent alors d’annuler le rassemblement. Pourquoi eux? Parce que le haute direction avait été assignée à résidence par la police pour toute la journée. 

Le président de la confédération, Barnes Dlamini, et le premier adjoint du secrétaire général, Mduduzi Gina, avaient été arrêtés lors d’une descente de police dans les bureaux de la Tucoswa dans la matinée du Premier Mai. Ils furent  emmenés tout d’abord au siège de la police avant d’être ramenés chez eux. Au total, cinq dirigeants de confédération ont été assignés à résidence dont le secrétaire général, Vincent Ncongwane, le secrétaire général adjoint, Muzi Mhlanga, et le trésorier général adjoint, Jabulile Shiba.

La police a également tenté d’empêcher les travailleurs et travailleuses de se rassembler pour manifester en faisant descendre les partisans de la TUCOSWA des autocars à des barrages routiers dressés dans tout le pays.

La Tucoswa avait déjà préparé le rassemblement du Premier Mai tout en étant incapable d’obtenir dans l’urgence la levée de l’interdiction d’une perturbation de l’événement par la police. La direction de la TUCOSWA maintient que le tribunal n’a pas décidé que le rassemblement ne pouvait pas avoir lieu, simplement que le tribunal ne pouvait pas assurer une protection du fait que l’État refuse de reconnaître la confédération, bien que le tribunal ait encouragé le gouvernement à le faire.

Un jugement prononcé précédemment par le tribunal sur la légalité de la TUCOSWA avait retiré à la confédération sa légitimité sur la base d’un vide juridique pour guider le tribunal dans  l’enregistrement de la confédération au Swaziland. Le jugement précise que la Tucoswa devait attendre des amendements à la législation, et que durant ce temps, le gouvernement devait obtenir un accord de reconnaissance de la Tucoswa par le biais d’un protocole d’entente. La direction de la Tucoswa signale que le gouvernement swazi a refusé de passer un accord de ce type. 

On a assisté le mois dernier à une poussée du non respect des droits syndicaux au Swaziland. Le 12 avril, jour même où le roi Swazi avait décrété l’état d’urgence il y a maintenant 40 ans, Wonder Mkhonza un syndicaliste et militant politique a été arrêté sous l’accusation de sédition pour avoir prétendument été en possession de brochures en faveur du parti politique interdit Pudemo. La mise en liberté provisoire sous caution de Mkhonza lui a été refusée et il est actuellement détenu pour une longue période jusqu’à son procès dans une prison de haute surveillance. Des craintes pour sa sécurité sont exprimées du fait que la police au Swaziland est connue pour un usage excessif de la force, allant jusqu’à la torture.

Trois autres activistes politiques au moins ont été arrêté en avril sous les mêmes chefs d’inculpation. Toujours le même mois, la société de presse Swaziland Independent Publishers et son éditeur Bheki Makhubu ont été condamnés à une amende d’environ 40.000 euros ou à une peine de deux ans de prison pour avoir scandalisé le tribunal avec deux articles critiquant le système judiciaire et son traitement des droits fondamentaux.

Valentin Urusov reçoit le prix international des droits syndicaux

“Urusov est devenu un symbole de la lutte pour les droits des travailleurs et travailleuses et pour la liberté syndicale en Russie”,  a déclaré Leif Sande, président du comité chargé de décerner le prix et dirigeant du syndicat norvégien Industri Energi affilié à IndustriALL.

Urusov a été emprisonné en 2008 sous une preuve considérée par beaucoup comme montée de toute pièce, en représailles de ses réussites dans la syndicalisation des travailleurs des mines de diamants de la province septentrionale de Sakha en Russie.

En mars 2013, le tribunal local de Sakha, Russie, a ordonné la mise en liberté de Valentin Urusov. Il doit encore payer une amende et accomplir un travail d’intérêt général au lieu de servir le reste de ses cinq ans de prison.

Quand Urusov était encore en prison, IndustriALL s’est jointe à l’IUF pour proposer au jury sa candidature au prix international Arthur Svensson des droits syndicaux de 2013 pour son travail syndical courageux et digne d’éloges.

Le prix international Arthur Svensson des droits syndicaux est attribué à des personnes ou des organisations qui ont apporté une contribution remarquable au renforcement du syndicalisme et à la promotion des droits syndicaux au niveau national ou international.

IndustriALL félicite Valentin Urusov, héroïque syndicaliste russe, pour ce prestigieux prix international, et remercie toutes les organisations et les personnes qui ont participé à la campagne pour sa libération de prison.

Aide aux secours humanitaires au Savar

Les affiliés de IndustriALL et les sympathisants peuvent contribuer solidairement aux efforts humanitaires pour apporter un secours aux victimes de la tragédie du Rana Plaza par des versements effectués au compte bancaire indiqué ci-dessous. Le compte a été ouvert expressément par le Conseil du Bangladesh de IndustriALL, pour permettre à tous les affiliés du pays de coordonner le travail effectué en commun. Cette décision fait suite à de nombreuses demandes reçues par IndustriALL de personnes et d’organisations qui voulaient apporter un soutien aux victimes de l’homicide industriel du Rana Plaza et à leurs familles. 

Le Conseil du Bangladesh de IndustriALL signale que les conditions sur le terrain pour les travailleuses et travailleurs blessés sont incroyablement difficiles, du fait que les syndicats et les ONG qui participent aux efforts humanitaires fournissent de l’eau potable, de la nourriture et des soins médicaux dans des circonstances extrêmes.

Tout en étant nécessaire de toute urgence, ce soutien humanitaire n’a pas la capacité et ne pourra pas se substituer aux marques de vêtements occidentales, aux employeurs locaux et au gouvernement bangladais pour accorder une indemnisation pour les 427 morts et les 2.500 blessés et leurs familles.

Le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a déclaré sur Al Jazeera le 31 avril: “Il y a du sang sur ces t-shirts bon marché et il est temps que cela change”.

Raina a déclaré sur Al Jazeera:

Cette dernière tragédie est l’illustration d’un modèle d’opérations commerciales manquant totalement de possibilités de durer que les marques internationales et les détaillants ont mené au Bangladesh sur la base d’une exploitation extrême de la main-d’œuvre avec des salaires équivalant à 38 USD par mois, de longues journées du travail, l’absence de liberté syndicale, et plus de 1.000 travailleuses et travailleurs morts au travail dans des incendies et des écroulements de bâtiments au cours des sept dernières années.

IndustriALL Global Union continuera son combat pour obtenir le versement d’une indemnisation aux travailleuses et travailleurs qui ont été touchés, comme c’est le cas dans les désastres survenus récemment chez Tazreen Fashion et Smart Fashion. Mais il faut également se battre pour obtenir de véritables droits syndicaux dans l’industrie de la confection au Bangladesh pour que les salariés syndiqués puissent avoir le droit d’appliquer de force des améliorations dans la sécurité, les conditions de travail et les salaires.

Dans les défilés du Premier Mai à Genève, en Inde et en Uruguay, IndustriALL s’est rallié à l’appel pour obtenir justice pour les 427 travailleuses et travailleurs de la confection assassinés au Savar, Bangladesh. Le défilé du Premier Mai à Dacca avait pris le deuil mais exprimait également sa colère, après la grève de la semaine dernière dans la confection pour exiger des améliorations dans la sécurité, et pour que justice soit rendue et punisse les personnes directement responsables de l’écroulement du Rana Plaza.

Relevé bancaire pour le versement des contributions de solidarité:

Dénomination du compte: IndustriALL Bangladesh Council
Numéro de compte: 0010-0210020054
Nom de la banque: NCC Bank Ltd.
Nom de l’agence bancaire: DHANMONDI
Code BIC: NCCLBDDHDMB
Courriel: [email protected]

L’avenir du commerce: rien de changé

Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI faisait partie du groupe. Elle conclut en disant que si le rapport reconnaît l’inégalité grandissante et le niveau extrême du chômage, il ne réussit pas à reconnaître le rôle du commerce, en cherchant autre part des solutions politiques et une pression continue sur la libéralisation du commerce.

Dans une déclaration concernant ce rapport, Burrow dit que si le rapport reconnaît les défis du développement, il a peu à dire sur le besoin d’un espace politique pour la politique industrielle et la transformation structurelle. En outre, c’est le cas pour le commerce qui a contribué à une spécialisation sans reconnaître la manière dont la spécialisation dans beaucoup de pays en développement a conduit à une production à faible valeur ajoutée, qui est contraire au besoin de diversifier la production dans le but de se développer davantage.

En ce qui concerne les normes de travail, le rapport reconnaît la nécessité d’une convergence quant aux normes fondamentales de travail et le besoin d’établir de telles normes tout le long des chaînes d’approvisionnement; pourtant, selon Burrow, l’élévation des chaînes de valeur est traitée comme étant positive mais sans analyse. "Le fait de ne pas reconnaître que ces chaînes d’approvisionnement sont dominées par des entreprises multinationales des pays industrialisés, et que la croissance alarmante des oligopsones avec un comportement de marché associé est un grand pourvoyeur d’inégalités, est inquiétant. Il y a la reconnaissance de pressions concurrentielles sur les coûts et les prix, mais sans analyse directe des pressions pour une baisse des coûts", dit Burrow.

Le fait que le commerce crée et perd à la fois des emplois est reconnu avec le besoin de chercher un investissement dans la création d’emplois, mais il se tient en isolation et la recherche d’une prévision effective de l’impact des accords commerciaux sur les emplois est totalement inadéquate.

Elle conclut en ces termes: "Ce rapport n’a aucune capacité pour lier, et il ne reflète pas une vue unanime des membres du groupe, notamment des syndicalistes. Nous allons, comme toujours, continuer à nous battre pour un système équitable et juste basé sur un ensemble de droits".

Airbus refuse de respecter les droits des travailleurs en Tunisie

Le 29 avril, l’union générale tunisienne du travail (UGTT), affiliée à IndustriALL, représentant les travailleurs et travailleuses de Latélec, ont manifesté devant l’ambassade de France à Tunis pour demander le respect des droits syndicaux chez Latélec.

Le 15 avril, cinq salariés ont été mis à pied illégalement; trois sont des représentants syndicaux actifs. "Nous voulons garder notre travail sans perdre notre dignité", a dit Sonia Jebali, secrétaire générale du syndicat UGTT de l’entreprise SEA Latélec à Fouchana.

SEA Latélec a délocalisé la production de France à Fouchana dans la banlieue de Tunis en 2005. Depuis 2010, les travailleurs et travailleuses se sont syndiqués et ont été exposés depuis lors à une répression antisyndicale systématique avec des mises à pied, des tentatives de corruption, des insultes, des sanctions brutales, une isolation, des remarques sexistes et des menaces de mort.

Quand les salariés ont refusé de plier, les cadres français ont imposé un lock-out d’un mois en septembre 2012 et un transfert temporaire de production en France. Deux cents emplois temporaires ont été perdus entre octobre 2012 et avril 2013, et deux cents autres seront perdus avant la fin de l’année.

L’entreprise menace maintenant de quitter la Tunisie alors qu’elle refuse de respecter la législation tunisienne du travail et de permettre toute activité syndicale dans l’usine. 

L’échéance pour le plan de sécurité au Bangladesh est fixée au 15 mai

IndustriALL Global Union et ses ONG partenaires Clean Clothes Campaign (Campagne vêtements propres) et Workers’ Rights Consortium (Consortium des droits des travailleurs) se sont réunis le 29 avril à Eschborn, Allemagne, avec un groupe de marques internationales et de distributeurs qui s’approvisionnent au Bangladesh, et avec l’OIT pour tracer les grandes lignes d’un accord sur l’incendie et la sécurité dans les bâtiments au Bangladesh. Les parties se sont mises d’accord sur la date limite du 15 mai pour parachever le texte et les engagements.

La réunion avait lieu à l’invitation de l’agence allemande pour la coopération dans le développement, GIZ.

L’accord est destiné à soutenir le plan national d’action qui a été confirmé le 24 mars par le gouvernement bangladais, les employeurs et les syndicats.

Les pourparlers à Eschborn ont eu lieu après l’écroulement d’un immeuble près de Dacca qui comportait plusieurs ateliers de confection. Jusqu’ici, plus de 400 corps ont été extraits des décombres, mais le nombre total de victimes sera sans doute beaucoup plus élevé.

L’accord basé sur un protocole d’entente réalisé précédemment comportera des éléments décisifs sur la direction des affaires gouvernementales, les inspections, le rattrapage, la formation, un processus de plainte, la transparence et les comptes rendus, des mesures incitatives pour les fournisseurs, un soutien financier et une résolution des différends.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a affirmé à Eschborn que les marques et les distributeurs devaient élaborer des mécanismes permettant de payer davantage leurs fournisseurs afin de garantir des salaires vitaux et permettre des améliorations techniques. Il a demandé aux participant(e)s de renégocier avec leurs fournisseurs des contrats qui incluent des prescriptions pour une augmentation considérable du salaire minimum fixé actuellement à 3.000 taka (38 USD).

L’association bangladaise des producteurs de vêtements BGMEA a donné son accord aujourd’hui pour coopérer avec IndustriALL sur les questions de viabilité portant sur la sécurité et des salaires vitaux.

Raina a également demandé que les marques contribuent à l’application de la liberté syndicale dans l’industrie de la confection où la présence syndicale au niveau local est pratiquement nulle en raison de la résistance du gouvernement et du patronat:

On ne peut pas créer une culture de sécurité et de bonnes relations entre le monde du travail et le patronat sans participation ouvrière et sans présence syndicale.

Le secteur de la confection représente 24 milliards d’USD soit 80 pour cent des exportations du pays. Les fournisseurs des marques internationales et les distributeurs emploient quatre millions de travailleuses et travailleurs dans près de 5.000 ateliers et fabriques.

Les syndicats africains s’engagent à donner la priorité au développement industriel viable

Les participant(e)s ont reconnu les défis particuliers auxquels les pays africains font face, avec notamment des conflits, un manque de respect pour les droits des travailleurs et travailleuses, et le fait que l'Afrique possède de riches ressources minérales alors que beaucoup de personnes vivent dans la pauvreté.

Le développement est gêné par une dépendance continuelle à l'extraction des ressources minérales. Il est urgent de diversifier les économies pour ajouter une valeur qui n'est pas encore abordée par de nombreux gouvernements de la région, pour qui la politique industrielle n'est pas leur principale préoccupation.

Zwelinzima Vavi, secrétaire général du COSATU, s'est adressé aux participant(e)s pour leur faire partager certaines leçons apprises par les syndicats en Afrique du Sud. Il a préconisé un changement dans le modèle de croissance basé sur une dépendance de l'exportation de matières premières qui maintient continuellement les inégalités et la pauvreté, car la seule façon de stimuler les économies est d’opter pour l’industrialisation, notamment la fabrication industrielle, et de créer des emplois décents. Vavi a dit aux affiliés que tant que le reste du continent ne sera pas industrialisé, l'Afrique du Sud n'obtiendra pas de très bons résultats.

Les syndicats ont identifié plusieurs politiques industrielles prioritaires à promouvoir dans la région. Elles concernent la profitabilité des ressources minérales, des politiques commerciales capables de soutenir l'industrialisation et le développement, un investissement dans l'infrastructure, l'éducation, la formation, la recherche-développement, et un soutien aux transferts de compétences.

Les affiliés ont donné des exemples de stratégies actuellement employées par eux. En Zambie, des syndicats s'engagent avec le gouvernement pour un développement industriel visant à maximiser l'utilisation des ressources naturelles, par exemple en transformant le cuivre par tréfilage au lieu d'exporter du cuivre et d'importer du fil de cuivre. Les syndicats sud-africains ont travaillé avec le gouvernement pour obtenir un plan de politique industrielle qui identifie des secteurs-clés pour créer des emplois et mettre en place des programmes de stimulation d’emplois.

Après s’être engagés pour donner la priorité au développement industriel, les affiliés ont identifié les actions à entreprendre. Ces actions portent sur les points suivants:

Assurer la sécurité dans les fabriques de vêtements au Bangladesh

Rejoignez la campagne et ajoutez votre voix aux protestations sur le site de campagne de LabourStart pour exiger des mesures de sécurité dans les ateliers de confection au Bangladesh ici: http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=1814

Les manifestations à Dacca ont eu lieu en réponse à l’accident du travail le plus grave qui soit jamais survenu au Bangladesh au cours duquel plus de 300 travailleuses et travailleurs ont déjà perdu la vie et des milliers d’autres sont blessés, alors que beaucoup dont on ne connaît pas le nombre restent bloqués sous les décombres à la suite de l’effondrement de l’immeuble de huit étages.

Roy Ramesh, secrétaire général du Conseil de IndustriALL au Bangladesh (IBC), qui était à la tête des protestations à Dacca, a demandé la condamnation la plus sévère prévue par la loi, y compris la peine de mort, pour les responsables de cet assassinat massif de travailleuses et travailleurs et des nombreux blessés.

“Aucun mot ne peut décrire l’horreur de cette action criminelle des fabricants, des marques, des associations d’employeurs BGMEA et BKMEA, et des autorités chargées du contrôle, pour leur avidité pour le profit, au prix de précieuses vies humaines, de blessures et de malheur pour des milliers de gens”, a déclaré Ramesh.

Les dirigeants de la manifestation ont exigé l’arrestation immédiate des propriétaires de l’immeuble, des fabricants et des autorités chargées du contrôle et de l’inspection, en faisant remarquer que personne mis en cause dans les nombreux effondrements de bâtiments et les incendies d’usines n’a jamais été condamné dans le passé.

“Dans cette affaire, les salariés avaient refusé de travailler, mais les employeurs ont menacé de retirer leur emploi et de ne pas verser les salaires pour tout le mois. Comme cela se passait la dernière semaine du mois, les travailleuses et travailleurs ne pouvaient pas se permettre d’être privés de leurs salaires, ce qui les a obligés à travailler en les envoyant littéralement à la mort!” ont-ils dit.

L’IBC a présenté une Charte des revendications au gouvernement bangladeshi comportant cinq demandes principales parmi beaucoup d’autres:

En outre, les syndicats exigent des changements dans la législation du travail pour garantir aux travailleuses et travailleurs un travail décent, un salaire vital, la liberté syndicale et le droit de négocier collectivement dans les usines, les industries et au niveau national.

“IndustriALL Global Union soutient sans réserves les revendications de l’IBC pour les demandes de justice, les conditions de sécurité sur les lieux de travail, les droits syndicaux et l’amélioration des conditions de travail et des salaires”, a déclaré Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union.

Rejoignez la campagne et ajoutez votre voix aux protestations sur le site de campagne de LabourStart pour exiger des mesures de sécurité dans les ateliers de confection au Bangladesh ici: http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=1814