Un élan positif pour les travailleurs de GM

La direction de GM a accepté d’organiser en 2014 une réunion du Forum mondial du partage de l’information et de faire progresser les négociations sur la conclusion d’un accord-cadre mondial (ACM) sur les normes sociales.

En acceptant d’organiser un Forum mondial annuel du partage de l’information, la direction de GM a signalé clairement que les salariés de l’entreprise sont les plus importants atouts de l’entreprise.

Dans un commentaire à l’issue de la réunion, le directeur des industries de l’automobile et du caoutchouc de IndustriALL, Helmut Lense, a déclaré: “Des échanges réguliers et constructifs entre la direction mondiale et les représentant(e)s des travailleurs et travailleuses dans le monde offrent la possibilité de résoudre de façon créative les conflits au niveau local et facilitent un échange de pratiques optimales dans les relations de travail”.

L’ACM garantira aux salariés de GM le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective partout dans le monde. Le dialogue social entre la direction, les syndicats et les représentant(e)s des salariés se caractérisera par un respect mutuel et une compréhension commune. La discrimination ne sera pas tolérée. Les justes salaires, les bonnes conditions de travail, la santé et la sécurité au travail, une formation et une éducation appropriées seront  garantis dans le monde entier.

Les travailleurs et travailleuses de GM et les syndicats qui les représentent partout dans le monde accueillent favorablement cette approche et espèrent avoir une collaboration fructueuse avec la direction de GM.

Publication de l’accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh

Avant la fin du compte à rebours à minuit, au moins 24 marques et distributeurs de vêtements qui s’approvisionnent au Bangladesh avaient accepté de signer l’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh.

IndustriALL, UNI Global Union et leurs ONG partenaires espèrent obtenir aujourd’hui de nouveaux engagements de marques.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré:

Nous reconnaissons l’engagement pris par ces entreprises pour mettre fin à ces désastres répétitifs dans des fabriques au Bangladesh. Nous demandons à toutes les autres marques mondiales qui s’approvisionnent au Bangladesh de nous rejoindre pour s’assurer que chaque travailleuse et chaque travailleur de la confection au Bangladesh peut travailler dans la sécurité.

Les 24 entreprises qui ont actuellement confirmé leur accord sont les suivantes:

H&M 

Inditex 

C&A

PVH

Tchibo

Tesco

Marks & Spencer   

Primark

El Corte Inglés

Mango

Carrefour

KiK

Helly Hansen

G-Star

Aldi South

Aldi North

New Look

Mothercare

Next   

Loblaws  

Sainsbury’s

Benetton

N Brown Group

Stockmann

Compte à rebours pour la signature avant le 15 mai à minuit de l’accord sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh

Le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a déclaré: “Le 13 mai est un jour important dans la lutte pour obtenir justice pour les 1.127 victimes du Rana Plaza et des centaines d'autres travailleuses et travailleurs de la confection blessés et tués au Bangladesh, quand de grandes marques de l'industrie de la confection ont décidé de travailler avec nous, en restant dans le pays pour se débarrasser de leur modèle insoutenable d’exploitation extrême. Un T-shirt taché de sang n’est pas beaucoup moins cher qu'un T-shirt propre.

De son côté, le secrétaire général de UNI Global Union, Philip Jennings, a dit:

“Le temps presse pour des entreprises comme Gap et Carrefour de montrer qu'elles se soucient de la main-d'œuvre de leurs fournisseurs au Bangladesh. Leur réputation en tant qu'entreprise en dépend peut-être, mais les vies et les conditions de vie de ces travailleuses et travailleurs vulnérables dans les ateliers du Bangladesh ont encore plus d'importance. Signez avant qu'il ne soit trop tard, sauvez des vies et montrez que vous êtes un employeur responsable. Nous gagnons du terrain pour obtenir un changement, et cela ne s'arrêtera pas ici”.

En acceptant un programme contraignant de réformes sur la sécurité contre l'incendie basé sur des inspections indépendantes, des comités de santé et de sécurité dirigés par les travailleuses et travailleurs, et l’accès des syndicats aux fabriques et ateliers, les signataires s'engagent à garantir des améliorations dans les lieux de travail dangereux, et à s'attaquer correctement aux problèmes de structure des bâtiments et de la sécurité contre l'incendie. Mais chose plus importante, l'accord garantit au personnel le droit de refuser un travail dangereux, conformément à la convention 155 de l'OIT.

Hier 13 mai, le Premier ministre du Bangladesh, Sheikh Masina, a accepté de promulguer des modifications positives à la législation du travail en permettant la création de syndicats au niveau de l’entreprise sans avoir à demander la permission de l'employeur.

La Confédération syndicale internationale (CIS) travaille d'arrache-pied pour obtenir une réforme de la législation du travail au Bangladesh. Sa secrétaire générale, Sharan Burrow, a écrit le 9 mai au ministre bangladeshi du Travail, Rajiuddin Ahmed Raju, en ces termes:

“Je suis très inquiète d'apprendre que les amendements proposés, qui ont été récemment adopté par le gouvernement, ne portent pas sur la majorité des préoccupations signalées par le Comité des experts de l'OIT, compte tenu des conventions 87 et 98, et ne concernent pas les amendements prioritaires présentés par les syndicats. C’est acceptable”.

L’OIT fait également pression sur le gouvernement bangladeshi pour obtenir l'adoption et la mise en œuvre en juin de la réforme sur la législation du travail. La mission de haut niveau de l'OIT envoyée à Dacca après le désastre du Rana Plaza a publié des recommandations claires et fermes, et notamment l’engagement de respecter d'ici juin la réforme d’une législation du travail de l'OIT mettant l'accent sur la liberté syndicale et la négociation collective, garantissant la présence de centaines de nouveaux inspecteurs, et l'organisation de programmes généralisés de formation.

Le troisième changement prioritaire visant la création d'une industrie de la confection viable au Bangladesh concerne la campagne pour un salaire vital. Le salaire minimum mensuel de 38 USD est un salaire de pauvreté. Le Conseil du Bangladesh de IndustriALL a présenté des demandes salariales unifiées portant sur une augmentation immédiate de 3000 à 5000 taka par mois, suivie de hausses régulières chaque année pour obtenir un salaire minimum vital en 2015, dans un processus identique à celui en vigueur actuellement au Viêt-nam.

Le Conseil du Bangladesh de IndustriALL travaille sur le site du Rana Plaza à Savar, Dacca. Les défis très immédiats sur le terrain concernent l’approvisionnement en nourriture des familles de membres qui attendent encore dans l’espoir que leurs êtres chers seront sortis en vie des décombres après 17 jours. Leur attente est maintenant d’avoir la chance de retrouver le corps et d’organiser les funérailles de leur sœur, de leur mère ou de leur épouse. L’attention va bientôt se tourner vers l’indemnisation des familles des personnes tuées et blessées.

L’espérance la plus forte aujourd’hui est que d’autres marques et distributeurs de vêtements signent l’accord, notamment les marques américaines les plus connues comme GAP. À présent, PVH, propriété de Tommy Hilfiger et de Calvin Klein est la seule marque américaine qui a signé. Les entreprises ciblées en Europe incluent Kik, Carrefour, Marks & Spencer et Next.

Le mouvement syndical demande à d’autres entreprises de signer l’Accord sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh après H&M, Inditex, C&A, Primark et Tesco

H&M, Inditex, C&A, Primark et Tesco se sont joints à PVH et Tchibo pour signer l’Accord avant la date limite du 15 mai en ouvrant ainsi la voie permettant à d’autres marques de suivre cet exemple.

L’Accord est juridiquement contraignant – entre les signataires et les syndicats mondiaux (IndustriALL et UNI) et de nombreux autres syndicats de vêtements au Bangladesh. L’accord inclut tous les principaux composants lui permettant d’être efficace: des inspections indépendantes sur la sécurité  avec des rapports publics, des réparations et des rénovations obligatoires, et un rôle vital attribué aux travailleurs et travailleuses et aux syndicats. Nous trouvons au cœur de l’accord l’engagement des entreprises de prendre à leur charge les travaux de rénovation et de réparation nécessaires pour assurer la sécurité des bâtiments dans lesquels se trouvent des fabriques et des ateliers au Bangladesh, au moyen d’une tarification ou de tout autre façon.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré  “H&M, Inditex, C&A, Primark et Tesco montrent la voie à suivre par les autres marques mondiales de vêtements. En signant cet accord, les marques s’engagent à travailler avec les syndicats pour s’attaquer aux racines qui ont permis ces affreuses conditions de travail des travailleuses et travailleurs du textile au Bangladesh. Grâce à cet accord, nous assurons que le prix payé par les travailleuses et travailleurs du Rana Plaza dans le plus grand homicide industriel jamais survenu ne sera pas oublié”.

De son côté, le secrétaire général de UNI Global Union, Philip Jennings, a dit:  “Nous approuvons la décision de H&M, Inditex, C&A, Primark et Tesco de signer cet accord et nous demandons instamment aux autres marques de suivre immédiatement cet exemple. Nous demandons à ces entreprises de faire ce qui est juste au nom de plus de 1.250 travailleuses et travailleurs du textile tués dans des désastres survenus dans des fabriques et ateliers au Bangladesh au cours des six derniers mois, notamment au Rana Plaza où ce drame se déroule toujours devant nos yeux. C’est une question de vie ou de mort”.

La liste intégrale des signataires et le texte final de l’accord seront publiés la 15 mai par IndustriALL et UNI Global Union.

Approuvé par:
IndustriALL Global Union
UNI Global Union

Clean Clothes Campaign
International Labor Rights Forum
Maquila Solidarity Network
SumOfUs.org
Avaaz
United Students Against Sweatshops
War on Want
Credoaction
Causes
Defend Jobs
Home Based Women Workers Federation (HBWWF)
Global Monitor
People Tree
Pakistan Institute of Labour Education and Research (PILER)
National Trade Union Federation (NTUF)
Workers Rights Consortium (WRC)

Contacts:

Tom Grinter, IndustriALL : +41 79 79 693 44 99  [email protected]

Richard Elliott, UNI Global Union Mobile: +41 79 794 9709   [email protected]

Habiliter pour agir chez Alcoa

La réunion a permis de rassembler des syndicats des régions Asie-Pacifique, Europe, Amérique latine et Amérique du Nord. Les syndicats ont donc participé pendant une journée à la réunion de réseau avant d’assister ensuite à l’assemblée générale annuelle des actionnaires d’Alcoa.

L’arrêt des activités antisyndicales chez Alcoa en Amérique du Nord constitue également une préoccupation de premier ordre. L’entreprise, qui a noué des relations constructives avec des syndicats sur la majorité de ses sites de production, semble refuser de se rendre à l’évidence quand elle se trouve confrontée à la question. Pour soutenir les campagnes de syndicalisation s’adressant à tous les membres d’Alcoa, le réseau a publié in tract pour soutenir la syndicalisation. Et ce, dans le but de mieux faire connaître les syndicats chez Alcoa et pour aider les nouveaux membres potentiels à surmonter le facteur de peur pour adhérer. Le fait est qu’il y a chez Alcoa davantage de membres du personnel syndiqués que non syndiqués.

Leo Gerard, président de United Steelworkers a déclaré: “Le danger, c’est que si cette question n’est pas traitée à temps, elle risque d’empoisonner nos relations avec l’entreprise”. Malgré des pratiques antisyndicales, l’USW a récemment obtenu sa reconnaissance sur un nouveau site, et poursuit l’entreprise devant la commission du travail dans d’autres installations.

Au cours de la réunion, Klaus Kleinfeld, directeur général de Alcoa a insisté sur le fait que l’entreprise veut avoir des relations constructives avec ses syndicats et est d’accord pour poursuivre le dialogue avec l’USW pour clarifier la situation.

Après les deux accidents mortels survenus en 2012, les syndicats comme la direction ont identifié la santé et la sécurité comme étant des sujets communs de préoccupation et un domaine potentiel de plus grande coopération. Les deux parties ont paru désireuses d’explorer les possibilités de mise en place d’un nouveau mécanisme pour améliorer les conditions de sécurité chez Alcoa.  Cette idée s’est trouvée renforcée à l’assemblée générale des actionnaires de Alcoa quand Klaus Kleinfeld a accepté une offre des syndicats lors d’une séance de questions et réponses pour travailler ensemble de manière nouvelle.  Il a indiqué clairement que cela devrait avoir lieu au plus vite et a invité les syndicats à suivre l’état d’avancement. Le réseau syndical s’en occupe déjà et espère que des progrès auront bientôt lieu.

Rob Johnston, directeur exécutif des métaux de base à IndustriALL a fait le commentaire suivant: “Nous avons fait connaître clairement notre position sur la sécurité, nous avons publiquement indiqué être prêts à travailler conjointement pour améliorer les résultats, et la direction semble ouverte à cette idée. J’espère que cette ouverture se traduira par un accord le plus tôt possible”.

Alcoa, qui a 61.000 salariés dans 181 installations dans le monde, a créé récemment une entreprise en participation en Arabie saoudite, qui lorsqu’elle sera pleinement opérationnelle, sera le plus grand site de production au monde. Pour tirer profit de sa main-d’œuvre hautement qualifiée dans le monde, Alcoa veut organiser une formation locale. En Arabie saoudite, le réseau syndical qui représente la main-d’œuvre a demandé de se rendre dans les installations dans le cadre d’une petite équipe pour mener une étude sur la sécurité et les conditions  de sécurité, et la qualité de vie de la main-d’œuvre.

ISMACO continue d’enfreindre les droits fondamentaux des travailleurs en Turquie

En plus des quatre travailleurs déjà mis à pied, ISMACO en a mis à pied cinq autres qui sont membres de Deri-Is, à savoir Turan Baş (5,5 ans d’ancienneté), İmam Hüseyin Gümüşsoy (2,5 ans d’ancienneté), Bilal Gümüşsoy (6,5 ans d’ancienneté), Celal Aydın (13 ans d’ancienneté) et Mustafa Taş (9 ans d’ancienneté). L’avocat de l’entreprise a annoncé la raison de la mise à pied: ces travailleurs distribuaient des tracts syndicaux sans la permission de la direction locale.

Les cinq membres du syndicat distribuaient réellement des tracts pour inviter les travailleurs et travailleuses à adhérer au syndicat. Ils ont été tout d’abord obligés de témoigner d’avoir commis ce terrible délit! Puis ils ont été mis à pied. En fait deux sur les cinq, Turan Baş et Bilal Gümüşsoy avaient déjà été élus représentants des salariés, et leur licenciement était une tactique employée par l’entreprise pour briser la syndicalisation sur le lieu de travail.

En attendant, IndustriALL Global Union continue de soutenir la campagne de Deri-Is. Début avril, à l’occasion du forum conjoint IndustriALL/UNI/FIOT sur la syndicalisation de la fin mars, une délégation internationale s’est jointe aux travailleurs mis à pied devant l’une des boutiques de Ermenegildo Zegna dans un quartier chic d’Istanbul, appelé Nişantaşı, pour exiger que l’entreprise mette fin aux pratiques antisyndicales contre des membres du syndicat et contre la syndicalisation. À cette occasion, le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Kemal Özkan, s’est rendu sur un rassemblement et à la tente des travailleurs mis à pied à l’entrée de la zone franche du district de Tuzla, pour délivrer le même message à l’entreprise, qui a bénéficié d’une grande attention de la presse.

IndustriALL Global Union a également pris contact avec ses affiliés italiens des secteurs du textile, des vêtements et du cuir pour prendre l’initiative de pourparlers avec la direction centrale de Ermenegildo Zegna dans le but de trouver une solution à la situation en cours. L’entreprise a avancé des arguments identiques à ceux de sa direction locale en Turquie qui montrent clairement que la législation turque du travail est en infraction avec les conventions internationales de l’OIT.

Cependant, une ONG alliée à IndustriALL, Clean Clothes Campaign (Campagne Vêtements propres), en même temps que la communauté locale, a mobilisé ses chaînes dans plusieurs pays pour une campagne de soutien aux revendications de Deri-Is.

“Ces cinq dernières mises à pied montrent clairement l’intention de l’entreprise”, a déclaré Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union. “Nous avons tout fait pour tenter de résoudre ce problème par le dialogue, mais cela n’a pas marché. Ermenegildo Zegna nous laisse seulement une option, et c’est ce que nous allons faire”.

L’ACM de Inditex entre dans une nouvelle phase avec un projet pilote en Turquie

Inditex et IndustriALL ont élaboré une directive sur des élections libres de représentant(e)s de travailleuses et travailleurs, et un document de réflexion pour un programme prototypique s’appliquant aux travailleuses et travailleurs et aux cadres dirigeants des fournisseurs en vue d’une application correcte des dispositions de l’ACM et du protocole de participation des syndicats locaux.

Le projet pilote en Turquie a commencé le 25 avril avec un atelier à Istanbul et la participation d'une cinquantaine de représentant(e)s des travailleuses et travailleurs et de cadres dirigeants de quatre fabriques qui fournissent des articles à Inditex, aux côtés de responsables de IndustriALL et de deux affiliés turcs DISK/Tekstil et Deri-Is. Les représentant(e)s des travailleuses et travailleurs avaient déjà été élus dans les fabriques concernées lors de réunions organisées à l’hôtel de ville où l'accord-cadre mondial avait été expliqué en mettant l'accent les libertés et les droits fondamentaux.

Après avoir débuté par une réunion conjointe qui permit de déterminer les buts du projet à tous les participant(e)s, deux sessions séparées furent organisées, l’une avec les représentant(e)s des salariés élus et l’autre avec les représentants des employeurs. Finalement, les groupes séparés ont été rassemblés en une session conjointe pour partager les résultats et préciser les travaux à entreprendre par la suite dans le cadre de l’ACM.

Dans ces deux sessions parallèles, la discussion a porté principalement sur les simples particuliers turcs et la législation collective du travail, les conventions de l’OIT et les grands axes de l’accord-cadre avec des arguments avancés par des orateurs des universités, des syndicats et des organisations patronales. Un débat animé a eu lieu à la session des travailleurs et travailleuses sur des circonstances particulières permettant de régler des problèmes par le dialogue, la syndicalisation et la négociation collective. Les participant(e)s ont déclaré en majorité avoir participé pour la première fois à une discussion aussi ouverte sur leurs conditions de travail et de vie avec l’espoir d’obtenir d’autres améliorations. Les discussions à la session des cadres dirigeants ont porté sur la culture d’entreprise dans le pays, sur la manière de réaliser la responsabilité sociale de l’entreprise et sur le travail avec les syndicats dans un esprit de dialogue.

Finalement, le séminaire avec des représentant(e)s des travailleuses et travailleurs et des cadres dirigeants des fournisseurs ont réalisé un progrès décisif en obtenant une expérience solide du dialogue social dans l’esprit de l’ACM. En tant que première expérience dans un esprit pilote, le séminaire a obtenu les résultats permettant de préparer un document de base qui permettra essentiellement de  travailler en vue de mieux appliquer l’ACM, et a servi à préparer des applications futures de cette méthode de travail.

Après avoir assisté au séminaire, le secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a fait le commentaire suivant: “Avec cette première expérience, nous sommes maintenant davantage convaincus que notre accord-cadre mondial continuera de jouer un rôle important dans les relations de travail dans le secteur de la confection. Nous voulons vraiment poursuivre un travail en commun avec Inditex pour qu’il serve de bon modèle pour le reste du secteur partout dans le monde”.

Le projet en Turquie se poursuivra chez d’autres fournisseurs de Inditex avec la participation d’autres affiliés à IndustriALL dans le secteur, Teksif et Öz İplik-İş.

Nouvel incendie mortel alors que les pourparlers sur un plan de sécurité se poursuivent au Bangladesh

Pourtant, un nouvel incendie dans une fabrique de vêtements s’est déclaré le 8 mai à 11 heures du soir, provoquant la mort d’au moins huit personnes dans le district industriel de Mirpur à Dacca. L’incendie dans l’immeuble de 11 étages qui appartient au groupe Tung Hai, exportateur de vêtements, aurait eu des conséquences désastreuses s’il s’était produit pendant la journée quand des centaines de travailleuses et travailleurs peinaient dur dans le bâtiment.

Les huit personnes tuées sont des cadres de l’entreprise qui étaient en réunion, ainsi qu’un  policier et des chauffeurs. Bien que le feu se soit déclaré au troisième étage et que la réunion avait lieu au dernier étage, les huit personnes se sont trouvées bloquées.  D’autres incendies ont déjà eu lieu en 2009 et 2010 dans l’entreprise Tung Hai qui produit des vêtements pour des marques très connues.

Le 8 mai, les autorités bangladeshi ont annoncé la fermeture de 18 fabriques de vêtements pour non respect des règles de sécurité.

Ce dernier incendie mortel a ajouté un sentiment d’urgence dramatique aux négociations de IndustriALL avec les marques internationales de vêtements et les détaillants qui s’approvisionnent au Bangladesh. Les parties se sont mises d'accord sur la date limite du 15 mai pour conclure un accord contraignant sur la sécurité contre l'incendie et les défauts de construction au Bangladesh. L’accord prévoit un système coordonné d'inspections, une formation et les engagements financiers nécessaires pour obtenir une industrie de la confection viable, et autoriser les travailleuses et travailleurs à refuser de travailler dans des conditions dangereuses.

IndustriALL a accueilli avec satisfaction la déclaration conjointe publiée par une mission de haut niveau de l'Organisation internationale du Travail (OIT) présente du 1er au 4 mai à Dacca. Elle comporte des engagements sur une réforme de la législation du travail en juin dans le respect des normes de l'OIT, qui mettra l'accent sur la liberté syndicale et la négociation collective, la garantie d'avoir des centaines de nouveaux inspecteurs et des programmes étendus de formation.

La responsabilité des entreprises de vente au détail est illustrée très clairement par le pourcentage infime de leurs bénéfices affecté aux coûts de la main-d'œuvre et de la sécurité. En moyenne, 2 cents (0,02 USD) pris sur le bénéfice réalisé par la vente d'un t-shirt doublerait le salaire du Bangladeshi qui l'a fabriqué. En moyenne, 10 cents (0,1 USD) du bénéfice réalisé sur chaque vêtement permettrait la transformation des normes de sécurité dans toute l'industrie au Bangladesh.

La revendication unifiée présentée par le Conseil du Bangladesh de IndustriALL porte sur une augmentation immédiate des salaires de 3000 à 5000 taka par mois, suivie de hausses annuelles régulières pour obtenir en 2015 un salaire minimum vital, dans un processus identique à celui actuellement mené au Viêt-nam.

Des centaines de milliers de supporteurs, d'activistes et des syndicalistes ont envoyé des pétitions en ligne pour exiger un changement au Bangladesh et la création d'une industrie de la confection plus viable.

Le nombre de morts à atteint 900 à Savar alors que des corps sont encore extraits des décombres.  Les affiliés de IndustriALL ont contribué aux actions de secours humanitaire, avec notamment l’envoi de 15.000 CAD par l’ USW au Canada.

Cliquer ici pour entendre le secrétaire général de IndustriALL Jyrki Raina donnant à Radio Labour les dernières nouvelles sur les négociations avec les marques:

Nous voulons nous servir de la force de IndustriALL dans le monde pour créer des conditions viables pour les travailleuses et travailleurs de la confection, leur droit d'adhérer à un syndicat, d'avoir des salaires vivables et de bonnes conditions de santé et sécurité sur le lieu de travail.

Les travailleurs égyptiens font entendre leurs voix libres

Un tout premier séminaire de planification et d'évaluation de deux jours a été organisé fin avril au Caire avec la participation d'une cinquantaine de personnes appartenant à différents secteurs de la juridiction de IndustriALL.

Le séminaire a accueilli les dirigeants syndicaux Kamal Abu Aita de la Fédération égyptienne de syndicats indépendants (EFITU) et Yousri Marouf de la Confédération égyptienne démocratique du travail (EDLC), aux sessions d'ouverture. Abu Aita et Marouf ont souligné l'importance de la solidarité syndicale mondiale dans le processus d’établissement d'un mouvement syndical libre et démocratique en Égypte.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL, et Tahar Berberi, membre du comité exécutif et du comité des finances, étaient également présents pour expliquer les politiques et les pratiques en vigueur dans le syndicat mondial aux niveaux mondial et régional. Cela a mené à une discussion sur les principaux défis auxquels les syndicats indépendants font face dans le pays. L'intervention et les obstacles de l'État pour la collecte des cotisations syndicales, parmi bien d'autres choses, constituent des difficultés importantes pour le développement des nouveaux syndicats. 

Les normes internationales du travail ont été largement discutées par les participant(e)s après l'exposé de IndustriALL et du représentant ACTRAV de l'OIT, Mohamed Trabelsi. Les droits syndicaux et les libertés ont été débattus dans le contexte du développement de la législation du travail en Égypte dans un exposé de Dr Rafaat Dessouki l'Université Ainshams.

Les délégué(e)s ont parlé de la syndicalisation et des campagnes en se servant d'instruments internationaux avec une présentation des principes directeurs de l’OCDE et des accords-cadres mondiaux. Plusieurs conflits du travail actuellement en cours et certains problèmes ont été soulevés par les participant(e)s, et un suivi dans le cadre de la solidarité syndicale mondiale a été discuté. La délégation de IndustriALL s'est également rendue dans des rassemblements organisés à l'entreprise Bahayra en raison d’un défrichement de terrain et à Schlumberger Oilfield Services dans la ville de la Al-Qatemaya.

Les délégué(e)s ont travaillé en groupe sur la création d'une culture de travail en commun pour mettre en place un puissant syndicat national et des structures appropriées. Le programme de IndustriALL se poursuivra dans les mois à venir avec d'autres événements dans plusieurs villes comme Alexandrie et Mahalla.

IndustriALL Global Union a également participé au défilé du Premier Mai et à une manifestation sur la place Tahrir au Caire. Des syndicats indépendants, des partis politiques et des organisations de la société civile avaient réuni leurs forces pour exprimer des revendications pour la société égyptienne sous le slogan “Nous voulons du travail, nous voulons des salaires décents et nous voulons des syndicats libres”. Selon une étude publiée récemment, les grèves et les protestations sociales ont plus que doublé depuis la dernière élection présidentielle, et il semble que cela va continuer.

“IndustriALL Global Union est fier avoir été présent au coude à coude avec les travailleurs et travailleuses d'Égypte et la population pour soutenir leurs revendications pour une démocratie réelle et de véritables droits de la personne et droits syndicaux”, a déclaré Kemal Özkan, secrétaire général adjoint. “L'Égypte continuera être l'un de nos pays prioritaires, et notre programme spécial va se poursuivre considérablement”.

Représailles et mises à pied chez Honda au Mexique

Honda a mis à pied les cinq travailleurs le 7 mai. Tous étaient membres du comité qui a négocié un accord après que 90 pour cent de la main-d’œuvre eut montré son mécontentement du refus de l’entreprise de mettre en place un intéressement aux bénéfices, lors d’un arrêt de travail les 16-18 avril.

Les négociations tripartites avaient permis la conclusion d’un accord qui incluait les points suivants:

Le syndicat des travailleurs de Honda au Mexique (STUHM) a déclaré: “Il est clair que l’entreprise a agi malhonnêtement en mettant à pied ces travailleurs qui ont été directement impliqués dans les manifestations. Cette décision a été prise pour décourager les travailleurs et travailleuses à tenter d’obtenir une représentation syndicale capable de défendre leurs intérêts, et pour intimider toute la main-d’œuvre chez Honda et empêcher sa syndicalisation pour améliorer ses conditions de travail”.

Le STUHM a demandé aux autorités fédérales et locales qui ont pris part à l’élaboration de l’accord d’intervenir et d’insister pour que l’entreprise respecte son engagement de ne pas mettre à pied les travailleurs en représailles de leur action décidée après le refus de l’entreprise de mettre en place un intéressement aux bénéfices basé sur les bénéfices réalisés par l’entreprise en 2012.

Lors d’une conférence de presse le 8 mai, les représentants du STUHM on décrit ce qui se passe dans l’entreprise, notamment la mise à pied des cinq travailleurs qui sont toujours déterminés à ne pas accepter l’annulation injuste de leur contrat de travail, et se déclarent eux-mêmes prêts à reprendre le travail.

IndustriALL pense qu’il est clair que Honda veut punir les travailleurs qui ont manifesté en faveur de leurs droits légitimes, et cherche de cette façon à décourager les membres du personnel à se syndiquer pour obtenir des conditions décentes de travail et une véritable représentation syndicale.

IndustriALL a écrit pour exprimer sa solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Honda et pour demander que l’entreprise applique intégralement l’accord signé à la suite des négociations tripartites. La lettre confirme le soutien de IndustriALL aux revendications du syndicat, et demande à l’entreprise d’observer son engagement de ne pas agir en représailles contre les travailleurs qui ont participé à la grève, et demande instamment à Honda de réintégrer immédiatement les cinq travailleurs mis à pied.