Les syndicats italiens protestent contre 1.425 licenciements chez Indesit

Les affiliés de IndustriALL, FIOM-CGIL, FIM-CISL et UILM, ont organisé une série de manifestations contre les projets de l'entreprise de réorganiser la production dans les usines Indesit à Comunanza (Ascoli Piceno), Caserta et Fabriano (Ancona) avec la fermeture de deux usines à Melano (Ancona) et à Teverola (Caserta).

La mise en œuvre des projets annoncés signifie 1.425 mises au chômage supplémentaires pour raisons économiques, soit un tiers de la main-d'œuvre totale de l'entreprise, qui vont s'ajouter aux 330 licenciements à la suite des restructurations menées par l'entreprise en 2010 et 2012 à Brembate (Bergamo), Refrontolo (Treviso) et None (Turin).

L'entreprise a annoncé un projet d'une valeur de 70 millions d’euros pour réorganiser sa production en Italie de 2014 à 2016, en gardant seulement dans le pays la fabrication des appareils haut de gamme et en concentrant la production des appareils bas de gamme en Pologne et en Turquie.

Les syndicats, qui estiment que le projet n'est pas acceptable sous sa forme actuelle, organisent des actions revendicatives. Ils demandent à l'entreprise d'organiser des réunions d'information et de discussion dans toutes les usines, ainsi que l'engagement des organes de conciliation chargés d'intervenir dans les conflits du travail.

Zewu conteste le licenciement de sa présidente au tribunal du travail

L’année dernière en juillet, 135 travailleurs et travailleuses avaient été mis à pied sans salaire et sans prestations sous l’accusation de menace de grève, quand l’entreprise semi-publique d’électricité du Zimbabwe (Zesa) avait déclaré être dans l’impossibilité d’accorder au personnel l’augmentation salariale prévue par la convention collective signée en janvier 2012.

Après une longue bataille dans laquelle Zesa a tenté d’utiliser les mises à pied pour faire pression et obtenir que le syndicat des travailleurs de l’énergie du Zimbabwe (Zewu) abandonne la convention collective, tous les membres du personnel à l’exception de trois d’entre eux ont été réintégrés en novembre dernier.

Zesa a sanctionné les trois travailleurs restants en raison du fait qu’ils étaient des dirigeants syndicaux. Zesa a empêché Dickson Nyika, un secrétaire de branche du Zewu, de faire appel. Le syndicat a obtenu une procédure d’arbitrage externe pour Dennis Mukote, membre de l’exécutif national du Zewu, dont la décision est en attente.

Angeline Chitambo, présidente du Zewu et membre du comité exécutif de IndustriALL, conteste son licenciement au tribunal du travail. Chitambo a été mise à pied lors d’une audience tenue en son absence sur des allégations de divulgation d’une information confidentielle à une conférence de presse portant atteinte à l’image de l’entreprise.

La situation des travailleurs et travailleuses ne s’est pas améliorée du fait que Zesa n’a pas appliqué la convention collective, malgré une décision d’arbitrage lui ordonnant de respecter l’accord. Les travailleurs et travailleuses n’ont pas encore reçu l’augmentation salariale permettant aux plus bas salaires d’obtenir une hausse de 190 à 275 USD en 2012.

“Nous devons poursuivre la mobilisation pour cette campagne car les travailleurs et travailleuses n’ont encore rien reçu malgré les décisions d’arbitrage et de justice”, a déclaré Mbonisi Sibanda, secrétaire général par intérim du Zewu. “C’est grave et cela dépasse même notre problème avec Zesa en montrant que l’état de droit n’existe pas au Zimbabwe. Aujourd’hui, c’est contre des travailleurs et travailleuses, mais demain ce sera contre quelqu’un d’autre, ce qui sape la confiance pourtant nécessaire des investisseurs au Zimbabwe.”

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina a lancé un appel au Premier ministre du Zimbabwe, Morgan Tsvangirai pour lui demander d’intervenir de toute urgence pour forcer ZESA à réintégrer immédiatement Chitambo. Raina a également demandé au Premier ministre de donner l’ordre à ZESA d’appliquer la convention collective, de reprendre le dialogue avec le syndicat et de mettre fin aux représailles contre la direction syndicale.

“Nous continuerons de soutenir le ZEWU et Angeline Chitambo jusqu’à ce que cette question soit réglée avec succès, et nous ferons tout pour contribuer au rétablissement de l’harmonie et de l’équité,” a déclaré Raina.

Première mondiale de “Working Class Heroes”

Quoi: un documentaire, “Working Class Heroes” (Héros de la classe ouvrière) de 57 minutes

Où: Cinéma Room au Bureau international du Travail (BIT), 4 route des Morillons, 1202 Genève

Quand: Jeudi 13 juin, de 13h30 à 14h30 (l’entrée est gratuite)

Working Class Heroes trace le double portrait de dirigeants syndicalistes, à la fois en Indonésie et en Colombie. Les dirigeants Said Iqbal et Igor Karel Diaz du syndicat Sintracarbón en Colombie, affilié à IndustriALL, se consacrent depuis de nombreuses années avec un succès considérable à obtenir la garantie des droits syndicaux pour leurs camarades mineurs.

Ce documentaire est l’œuvre des réalisateurs, Huub Ruijgrok et Arno van Beest, en collaboration avec FNV Mondiaal des Pays-Bas.

Le droit de se syndiquer et le droit de négocier collectivement sont des droits internationaux de la personne auxquels la plupart des pays ont souscrit. Les pays sont tenus de respecter ces droits fondamentaux en tant que membres de l’OIT. Cependant, les syndicats savent par expérience qu’ils se heurtent dans beaucoup de pays à une forte opposition quand ils cherchent à exercer ces droits.

L’Indonésie et la Colombie en sont deux exemples. Bien qu’il s’agisse de deux pays en émergence, les travailleurs et travailleuses profitent peu de la croissance économique. Les syndicat qui veulent mettre en pratique les droits syndicaux se heurtent à une opposition violente.

Pour voir la bande-annonce de Working Class Heroes: http://www.youtube.com/watch?v=f9AvGXh_G08

Les travailleurs du textile concluent un accord sectoriel en Jordanie

L’accord stipule le droit de se syndiquer et la non-discrimination des syndicalistes sur le lieu de travail. Il soutient la création d’un environnement propice au dialogue social.

L’accord insiste également sur le renforcement de la santé et de la sécurité sur le lieu de travail avec une participation syndicale. Les droits des travailleuses et travailleurs sous contrat de durée limitée et des migrants, qui composent la majorité de la main-d’œuvre employée dans la confection en Jordanie, sont spécifiés dans le contrat.

Fathallah Omrani, président du syndicat général des travailleurs des industries du textile, de la confection et de l’habillement, a déclaré que

c’est une réussite historique qui permettra d’assurer la continuité de l’industrie du textile et de la confection en Jordanie tout en assurant de meilleures conditions de travail.

Il a également dit que les travailleuses et travailleurs d’autres secteurs devraient chercher à conclure des accords identiques.

Face aux tragédies qui ont eut lieu récemment dans des ateliers et fabriques de la confection au Bangladesh où l’absence de liberté syndicale et du droit de négocier collectivement ont empêché les syndicats de refuser la présence de travailleuses et travailleurs dans des bâtiments dangereux, il s’agit là d’un développement opportun.

Honda Mexico doit s’en tenir à son accord

Honda Mexico, situé dans la zone industrielle El Salto, Jalisco, a mis à pied cinq travailleurs le 7 mai puis six autres le 14 mai pour avoir participé à une grève du 16 au 18 avril de cette année. L’action avait été entreprise pour protester contre le refus de l’entreprise de verser aux membres du personnel une part équitable des bénéfices réalisés par l’entreprise.

Le syndicat unifié des travailleurs de Honda Mexico (STUHM) a entrepris une série d’actions visant à soutenir sa demande de réintégration des 11 personnes mises à pied. Le syndicat a présenté une plainte au bureau fédéral de la protection du travail (PROFEDET).

Lors de la manifestation du 4 juin, le STUHM a demandé l’intervention immédiate du gouvernement pour mettre fin aux mesures d’intimidation prises par l’entreprise à l’encontre des travailleurs et travailleuses, qui constituent des infractions au droit d’adhérer au syndicat de son choix. Des députés fédéraux du PRD et du PT participaient également à l’action, ainsi que des représentant(e)s de plusieurs syndicats dont STUNAM, SITUAM, SME et le syndicat des travailleurs du téléphone, qui ont exprimé leur solidarité totale avec les revendications des travailleurs et travailleuses de l’automobile.

Les syndicalistes ont demandé à l’entreprise de s’en tenir à l’accord sur le règlement qui stipule que des mesures répressives ne seront pas prises contre la main-d’œuvre, de réintégrer les personnes mises à pied et de mettre fin au différend par la négociation. Ils se sont aussi adressé au Conseil de conciliation et d’arbitrage pour qu’il ordonne à l’entreprise de se conformer à la décision concernant le respect du droit des travailleurs et travailleuses d’adhérer au STUHM, de confirmer l’enregistrement du syndicat, de tenir compte du droit de représentation (titularidad) et de fixer une nouvelle date pour l’élection du syndicat qui sera chargé de les représenter (recuento).

Les personnes mises à pied étaient membres du comité créé pour négocier avec l’entreprise après la grève du 16 avril. L’entreprise avait accepté de verser à chaque travailleur/euse 17.000 pesos et de ne pas user de représailles sous une forme ou une autre contre la main-d’œuvre. Cependant, deux semaines plus tard, l’entreprise commençait à mettre à pied des salariés.

Le STUHM pense qu’il est clair que Honda cherche à punir les personnes qui ont pris part à l’action pour défendre leurs droits, et d’empêcher ainsi toute tentative de se syndiquer pour obtenir des conditions décentes de travail et une véritable représentation syndicale. José Luis Solario, secrétaire général du STUHM, a dénoncé l’entreprise comme cherchant à enfermer les travailleurs et travailleuses en les menaçant de licenciement s’ils adhèrent au STUHM.

Au cours des trois dernières années, le STUHM a été la victime d’attaque constantes, de menaces et de harcèlement par l’entreprise, avec la complicité d’un syndicat “jaune” et des services de la main-d’œuvre. Il a toutefois poursuivi son combat pour le droit à la syndicalisation, et ses effectifs ont considérablement augmentés grâce au soutien toujours plus grand des travailleurs et travailleuses. 

IndustriALL Global Union souhaite la bienvenue à Unifor

Le nouveau syndicat canadien, constitué par les syndicats Canadian Auto Workers union (CAW) et Communications, Energy and Paperworkers Union (CEP) s’appellera Unifor. Le nom et le logo ont été dévoilés le 30 mai à une conférence de presse où les gens se pressaient et qui était suivie par 200 dirigeants locaux, des membres de syndicats, des supporteurs de la communauté et des alliés.

“En tout, Unifor représentera 800 syndicats locaux et 3.000 unités de négociation dans plus de 20 secteurs différents. Nous sommes ici pour montrer que nous voulons être une voix puissante et une force positive de changement pour les travailleurs et travailleuses de toute cette nation”, a déclaré Ken Lewenza, président national de CAW.

“Nous sommes fiers aujourd’hui de présenter notre nouveau syndicat du nom de Unifor, un syndicat qui se battra pour les travailleurs et travailleuses dans chaque secteur de l’économie et dans chaque communauté au Canada”, a dit Dave Coles, président national de CEP.  “Unifor sera un syndicat de jeunes travailleurs et travailleuses, de gens qui se battent pour rassembler celles et ceux qui travaillent à temps partiel, qui ont les emplois contractuels et autres conditions d’emploi précaire. Ce sera un syndicat où chacun trouvera sa place”.

Le nom Unifor Canada a été choisi car il est expressif et dynamique, et symbolise les aspirations des deux syndicats dans une nouvelle organisation: être unis, forts, modernes et tournés vers l’avenir. Le nom a été choisi à la suite d’un processus qui s’est étendu sur plusieurs mois et a impliqué des membres, des directions syndicales, des conseillers en communication et des alliés dans la communauté.

“Nous avons un nouveau syndicat avec un nouveau nom, et nous allons commencer aujourd’hui à entamer un nouveau chapitre dans l’avenir du mouvement ouvrier au Canada”, a déclaré Gaétan Ménard, secrétaire-trésorier de CEP. “L’identité de ce nouveau syndicat – le nom et le logo – expriment nos aspirations pour tous les Canadiens, au travail et dans nos communautés. Ce nouveau syndicat permettra à notre mouvement de réaliser de nouvelles avancées, vers une nouvelle ère d’engagement et d’action”.

“Il s’agit d’un moment historique pour nos deux syndicats et pour le mouvement ouvrier canadien, une nouvelle étape concrète vers la création du plus grand syndicat canadien dans le secteur privé”, a dit Peter Kennedy, secrétaire-trésorier de CAW. “Nous représenterons collectivement plus de 300.000 membres et nous prévoyons de nous développer pour en représenter beaucoup plus”.

La Convention fondatrice de Unifor aura lieu le week-end de la fête du Travail à Toronto (31 août-1er septembre). À cette occasion, les délégué(e)s de CEP et de CAW voteront pour créer Unifor en tant qu’entité, puis participeront à un vote individuel pour fusionner avec le nouveau syndicat.

Arrêt des activités chez Freeport après des accidents mortels

Les installations de formation Big Gossan des mineurs de fond de PT Freeport en Indonésie, dans sa mine de Grasberg située dans la partie la plus à l’est de la province de Papouasie, se sont effondrées le 15 mai en tuant 28 travailleurs. Freeport a repris la production minière à ciel ouvert une semaine plus tard.

Après une autre mort survenue quand un conducteur de camion dans la mine est décédé à l’hôpital après que son véhicule a été submergé par un flot de matières minérales liquides le 1er juin, le ministère de l’Industrie minière a dit alors à Freeport d’arrêter les activités jusqu’à la fin de l’enquête.

La longueur de l’interruption de la production va sans doute empêcher Freeport d’assurer ses obligations contractuelles.

Après la condamnation par IndustriALL Global Union de la complicité de Rio Tinto et l’appel pour la poursuite de la cessation de la production à la mine, il a fallu un nouveau décès pour que Freeport accepte finalement de retarder la reprise des activités sur ordre du gouvernement

a déclaré Glen Mpufane, directeur des mines et de la DGOJP à IndustriALL.

Soutien solidaire sud-africain aux travailleurs de Nissan dans le Mississippi

Des délégué(e)s de International Union, de United Automobile, Aerospace and Agricultural Implement Workers of America (UAW), de Bob King, membre du Comité exécutif de IndustriALL, et de Kristyne Peter, membre suppléante, auxquels s’était joint un travailleur et organisateur de l’usine du Mississippi, ainsi qu’une organisation de défense des droits civiques et une organisation communautaire, ont apporté un soutien à la campagne. Mais c’est l’acteur et activiste Danny Glover, déterminé à obtenir une prise de conscience de la situation des travailleurs et travailleuses à l’usine Nissan aux États-Unis, qui a ravi la vedette.

Énormément populaire en Afrique du Sud, Danny Glover a été bien accueilli du public et de la presse. Il a rencontré le président sud-africain Jacob Zuma avec le reste de la délégation, et d’autres responsables gouvernementaux, ainsi que des membres du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC).

Le syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud (Numsa) a accueilli la délégation en Afrique du Sud et organisé plusieurs rencontres avec des syndicalistes et des travailleurs/euses. Accompagnée de Numsa, la délégation a rencontré la direction de l’usine Nissan en Afrique du Sud.

La direction a parlé de manière positive de ses relations avec Numsa et dit qu’elle transmettra nos préoccupations à l’entreprise au Japon,

a déclaré Peter.

Peter a dit avoir rencontré cette situation dans le monde entier où Nissan entretient de bonnes relations avec les syndicats dans ses usines. Partout, sauf aux États-Unis.

Alors qu’elle se trouvait au Cap, la délégation a rencontré un affilié de IndustriALL, le syndicat d’Afrique australe des travailleurs de l’habillement et du textile. "Ce qui a rendu ce déplacement au Cap plus spécial, c’est le fait que le président du syndicat des travailleurs australiens, Paul Howes, qui est également membre du Comité exécutif de IndustriALL, a fait l’effort de venir à notre conférence de presse où il a réaffirmé la solidarité des travailleurs et travailleuses d’Australie avec le personnel de Nissan dans le Mississippi.”

Numsa a organisé le 4 juin un rassemblement devant l’ambassade du Japon pour demander au gouvernement japonais de contacter Nissan pour s’assurer qu’elle se comporte en entreprise citoyenne dans le monde. Les demandes des protestataires ont porté sur le fait que le constructeur automobile japonais Nissan doit cesser de s’opposer au syndicat dans le Mississippi, doit respecter les droits des travailleurs et travailleuses et mettre fin aux conditions d’exploitation, notamment au manque de sécurité d’emploi pour sa main-d’œuvre temporaire.

Nissan emploie depuis des années un pourcentage élevé de travailleurs et travailleuses temporaires qui ont un salaire moins élevé, des prestations limitées et n’ont pas de sécurité d’emploi,

a dit le porte-parole de Numsa, Castro Ngobese. 

Nissan peut faire mieux!

IndustriALL, UNI et la CSI se rendent au Bangladesh

L’Accord sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendie et aux bâtiment au Bangladesh est notre forte réponse aux horribles catastrophes qui ont eu lieu récemment dans l’industrie de la confection au Bangladesh. L’Accord, qui est le résultat de négociations entre IndustriALL Global Union, UNI Global Union, et plus de 40 marques mondiales de vêtements parmi celles qui croient le plus au progrès, n’est pas seulement une autre initiative volontariste. C’est un accord contraignant comportant des mécanismes de plainte avec de réelles conséquences en cas de non application.

La dernière semaine de mai, IndustriALL Global Union, UNI Global Union et la CSI se sont rendus ensemble à Dacca, Bangladesh. La mission conjointe avait pour objet de faire pression pour obtenir des progrès sur les questions des droits syndicaux, du travail décent, de la hausse des salaires minimums, ainsi que de l’acceptation et la mise en œuvre de l’Accord. Des réunions ont eu lieu avec le secrétaire et le secrétaire adjoint au travail du Bangladesh, l’association des fabricants et des exportateurs de vêtements du Bangladesh (BGMEA), des syndicats affiliés à IndustriALL et plusieurs organisations non gouvernementales qui travaillent à l’amélioration des conditions au Bangladesh.

Les réunions ont confirmé la présence de nombreux défis auxquels font face les travailleuses et travailleurs au Bangladesh: législation du travail inadéquate, application inadéquate, un mouvement ouvrier qui doit encore dans de nombreux cas trouver le moyen de se faire entendre, et une industrie de la confection puissante mais sur la défensive. Les fabriques et ateliers de prêt-à-porter se comptent par milliers au Bangladesh, et les problèmes sont si grands que l’application de l’Accord va être une tâche pour laquelle il ne faudra pas se laisser démonter. La formation sur les inspections de bâtiments et sur la sécurité contre l’incendie est à la fois cruciale et urgente, mais la sécurité pour la protection de la santé et la viabilité de l’industrie de la confection doit reposer sur des assises solides en respectant les droits de la personne, les droits du travail et le travail décent.

Brian Kohler, directeur de la santé, de la sécurité et de la viabilité à IndustriALL, déclare depuis Savar ville proche de Dacca un mois après l’homicide industriel:

Lire ce qui est écrit sur des évènements comme l’effondrement du Rana Plaza est une chose, mais même après un mois, la vue du site permet de donner une perspective différente à l’étendue de l’horreur. Environ 4000 personnes, à quelques centaines près, travaillaient entassées avec leurs machines dans un petit bâtiment et dans la chaleur tropicale de Dacca. Il est pratiquement impossible d’imaginer ce qu’étaient les conditions de travail. Le chiffre officiel du nombre de morts est de 1129, mais beaucoup n’ont pas encore été comptabilisés.

Des milliers ont été blessées, beaucoup mutilées à vie avec des blessures horribles. Deux femmes enceintes au moins ont accouché coincées sous les décombres. Le site garde encore l’odeur de la chair putréfiée. Le bâtiment, construit sur un terrain marécageux, était seulement destiné à être un immeuble d’habitation de quatre étages – et était même mal construit à cet usage – mais le propriétaire avait rajouté quatre autres étages à cet immeuble surchargé par un équipement industriel lourd, émettant des vibrations, et par des gens. Cela ne sera pas le dernier immeuble à s’écrouler à Dacca. Le 24 avril 2013, au moins 1129 êtres humains ont payé un prix très élevé pour les bas prix payés par d’autres. Personne n’est vraiment innocent,  

conclut Kohler.

Un nivellement des normes par le haut doit remplacer dans le monde la course à la recherche du moindre coût. La tâche au Bangladesh est un début. Cela ne sera pas facile, mais rien n’est impossible. La réussite de l’application de l’Accord au Bangladesh va créer un modèle à appliquer dans d’autres parties du monde et dans d’autres secteurs industriels qui ont également besoin d’une attention, mais qui n’ont pas encore subi des évènements qui auraient fait les mêmes titres dans la presse que ceux du Bangladesh.

Un syndicat finlandais se bat avec insistance contre les heures supplémentaires non payées

La campagne est beaucoup menée dans des médias sociaux, des textes écrits, des magazines syndicaux, des journaux et des publicités, en plus de badges, tracts, tasses et autres produits. Les publicités sont apposées fréquemment à la compagnie aérienne finlandaise, car beaucoup de cadres et de dirigeants sont obligés de voyager après les heures de service et de renoncer à leur dimanche et leurs soirées.

La campagne a obtenu un immense succès sur le site internet du syndicat, avec un nombre de visiteurs jamais égalé auparavant. Les membres sont devenus très actifs sur cette question.

De courtes vidéos ont été présentées sur you tube: http://www.youtube.com/watch?v=uNTcD3IjJak – en finnois mais pouvant se passer d’explication.  En fait, le point est que si on tombe sur le 8, cela passe à l’infini.

La campagne a pour objectif d’obtenir une prise de conscience des membres pour les négociations qui débuteront en septembre en commençant par les industries de la métallurgie et de la technologie. Le message porte sur une journée de travail de huit heures au maximum, qui est la revendication la plus traditionnelle du mouvement ouvrier depuis plus de 100 ans. Ou si cela est nécessaire de travailler plus de huit heures, et dans ce cas d’être payé. En outre, les heures supplémentaires non payées appartiennent à l’économie parallèle. La législation finlandaise du travail est stricte, mais il y a des lacunes juridiques dont les employeurs se servent.

Ceci et d’autres questions importantes concernant les non-manuels ont été examinées par le groupe de travail spécial des employés administratifs de Industriall Europe le 4 juin 2013 à Bruxelles.