Une entreprise de confection péruvienne ignore une décision de justice

Quand les 129 travailleuses et travailleurs furent licenciés il y a quatre ans pour avoir adhéré à un syndicat, cela semblait être une chose entendue car le directeur avait ouvertement mis en garde les salariés d’adhérer à un syndicat, et quand ils le firent, il leur fût interdit de reprendre le travail. Et dès le lendemain, l’entreprise annonçait des emplois à pourvoir sur les mêmes postes que les personnes licenciées avaient occupés.

Cependant, quatre ans plus tard, après d’innombrables recours juridiques, décisions de justice et résolutions, l’entreprise refuse toujours obstinément de respecter les décisions des tribunaux et de réintégrer les 129 travailleuses et travailleurs qui avaient été licenciés en infraction flagrante au droit de se syndiquer.

Malheureusement, la conduite de Texpop Corporation n’est pas inhabituelle au Pérou, où plus de 80.000 salariés du textile et de l’habillement produisent des vêtements élégants, destinés principalement au marché des États-Unis, tout en étant employés avec des contrats à court terme, mais à durée illimitée, dans le cadre de la législation tristement célèbre du pays concernant les ‘exportations non-traditionnelles’.

IndustriALL Global Union a écrit à l’entreprise pour lui demander de respecter la dernière décision de justice et de réintégrer immédiatement les personnes licenciées avec le paiement des salaires perdus. Il a été vivement conseillé aux associations patronales Adex et SNI de faire ce qu’elles pouvaient pour faire entendre raison à Texpop.

Marche du CEP en faveur de l’égalité

La marche a eu lieu en conclusion de la 10ème Conférence des femmes du CEP organisée sous le thème: Une recette féministe pour la démocratie. La discussion a porté en particulier sur un document intitulé Recueil de recettes pour l’égalité des femmes, hors de la cuisine, se préparer pour l’égalité.

La conférence s’est déroulée du 20 au 22 juin 2013. Elle était organisée principalement sous forme de séances World Café où les femmes purent acquérir les compétences leur permettant de retrouver ce qu’elles avaient perdu sous le gouvernement conservateur. Il s’agissait d’apprendre à se servir des outils destinés à l’action militante et d’acquérir des compétences permettant aux femmes de mobiliser les membres et de lutter pour l’égalité et la démocratie. Les orateurs d’honneur ont présenté les discussions sur les droits des aborigènes, les droits liés à la procréation, la garde et les soins des enfants.

La conférence a été marquée par la présence de nombreuses jeunes femmes qui y participaient pour la première fois. Malheureusement, ce sera la dernière fois qu’elles participeront à une conférence des femmes du CEP car le CEP et le Canadian Auto Workers CAW créent un nouveau syndicat qui sera inauguré en septembre sous le nom de Unifor. Le nouveau syndicat, Unifor, représentera plus de 80.000 femmes dans plusieurs secteurs-clés de l’économie canadienne.

Les syndicats mondiaux prennent des mesures à l’encontre de PWCS

PWCS dont les activités exportatrices de charbon dans le port sont parmi les plus importantes au monde, a augmenté de manière importante le tonnage et la rentabilité au cours des cinq dernières années. Une unité unique de négociation (SBU) rassemblant cinq syndicats représente la main-d’œuvre – deux affiliés de la FIOT, le syndicat maritime d’Australie (MUA) et le syndicat des ouvriers du transport d’Australie (TWU), et trois affiliés de IndustriALL, le syndicat australien des travailleurs de la fabrication industrielle (AMWU), le syndicat australien des travailleurs (AWU) et le syndicat des métiers de l’électricité (ETU, faisant partie du CEPU). Depuis le début des négociations pour un nouvel accord d’entreprise en août l’année dernière, il y a eu plus de 50 réunions avec la direction.

La négociation a été compromise par l’intransigeance de la direction et par des tactiques antisyndicales agressives, parmi lesquelles le retrait dans l’accord de toute mention sur les syndicats et un affaiblissement grave des droits des travailleurs et travailleuses. De même, les tentatives de la direction d’introduire dans l’accord un renforcement de l’externalisation et un affaiblissement de l’emploi permanent ont été considérées comme étant des éléments inacceptables et perturbateurs.

Le président de la FIOT et secrétaire général du MUA, Paddy Crumlin, a donné les explications suivantes: “Les travailleurs de PWCS ont régulièrement obtenu des gains de productivité. Cependant, l’entreprise est actuellement motivée par une idéologie axée sur une flexibilité plus grande sans négociations avec les syndicats.  Elle tente dans le même temps de gommer toute mention des syndicats et des droits dans une solution pour un règlement juste des différends dans son accord, pour tenter de briser le syndicat présent sur le site.

“Les salariés de PWCS ont voté en faveur d’une action revendicative légale. Dans le même temps, l’unité de négociation SBU est déterminée à obtenir un résultat par la négociation, capable d’assurer une sécurité d’emploi et les protections nécessaires aux salariés. Nous demandons donc à PWCS, Rio Tinto et aux entreprises charbonnières qui utilisent les installations portuaires de montrer leur engagement à négocier une convention collective qui assure une sécurité d’emploi et des droits de protection syndicale.”

Il a conclu en ces termes: “Nous n’allons pas rester les bras croisés et laisser PWCS attaquer les membres des syndicats et leurs familles. La FIOT et ses affiliés restent attentifs à l’évolution de la situation et se tiennent prêts à mobiliser des ressources dans le monde pour obtenir une solution juste au conflit.”

En écrivant aux membres de l’unité unique de négociation du PWCS, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a fait le commentaire suivant: “L’attitude du PWCS est totalement inacceptable et frise l’obsession idéologique d’une élimination des syndicats du lieu de travail. Cette position antisyndicale impudente et claire est évidente et cherche à retirer de l’accord d’entreprise toute référence aux syndicats, au droit de parvenir à une solution juste dans un conflit, à fragiliser les emplois permanents par un relâchement de la clause concernant l’entrepreneur, et l’exigence d’une flexibilité plus individuelle.”

Il a ajouté: “Ces tactiques antisyndicales sont devenues la caractéristique de Rio Tinto et seule la solidarité internationale a réussi à repousser ces attitudes et tactiques antisyndicales.”

Contacts de presse:
IndustriALL. Glen Mpufane, Directeur de l’exploitation minière et de l’industrie du diamant, de la pierre précieuse, ornementale et du bijou (DGOJP). Tél: +41 22 304 1845. Courriel: [email protected]
FIOT. Sam Dawson, directeur de la presse et des éditoriaux. Tél: +44 (0)20 7940 9260. Courriel: [email protected]

Appel pour les nominations de la plus mauvaise entreprise en 2014

Ce concours organisé chaque année depuis l’an 2000 par la Déclaration de Berne et les Amis de la Terre (remplacés en 2009 par Greenpeace) a pour mission de rappeler au monde des entreprises que toute mauvaise conduite sociale ou écologique a des conséquences, non seulement par le fait qu’elle touche les populations et les territoires, mais également pour la réputation du coupable.

Public Eye invite à envoyer des nominations pour la pire des entreprises pécheresses d’ici la fin août 2013! Le règlement pour soumettre le nom d’une entreprise est publié sur le site www.publiceye.ch lequel peut être atteint directement en cliquant sur le lien suivant: http://newsletter.publiceye.evb.ch/c/11206746/00f6da74ad31.

Le prix de Public Eye People a été attribué en 2013 à l’entreprise Royal Dutch Shell, qui est sévèrement critiquée pour sa prospection pétrolière au large des côtes arctiques capable de causer de graves problèmes écologiques et qui comporte de très grands risques pour les millions de personnes et la faune exceptionnelle de cette région.

Le prix du jury 2013 de Public Eye a été attribué à Goldman Sachs, responsable d’avoir encaissé des honoraires exorbitants pour dissimuler la moitié de la dette publique grecque, ce qui a finalement provoqué la ruine de la Grèce.

Le nom des autres “gagnants” du prix Public Eye sont publiés sur le “Panthéon de la honte” http://www.publiceye.ch/en/hall-of-shame/.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon soutient l’accord sur la sécurité au Bangladesh

IndustriALL, UNI Global Union et des ONG de premier ordre, la campagne Clean Clothes et le Consortium pour les droits des travailleurs, travaillent avec des marques et distributeurs mondiaux pour assurer la sécurité dans les fabriques et ateliers de la confection au Bangladesh après la tragédie du Rana Plaza. Plus de 1.100 personnes, en majorité des femmes, ont été tuées dans l'effondrement récent du bâtiment qui abritait des ateliers et des fabriques.

Dans des lettres adressées aux secrétaires généraux de IndustriALL et de UNI, Jyrki Raina et Philip Jennings, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a déclaré: “L’effondrement du bâtiment à Dacca doit nous rappeler que l'assurance de la protection des droits des travailleuses et travailleurs doit être assurée et respectée dans les chaînes de valeur qui impliquent un grand nombre d'acteurs de la société, notamment des gouvernements, des employeurs, des acheteurs et des représentant(e)s des travailleuses et travailleurs”.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, signale de son côté: “De nouvelles entreprises rejoignent chaque jour l’Accord. Des personnalités mondiales, du pape François au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et au secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría, ainsi que des millions de consommateurs/trices, se rendent compte que la seule voie possible pour améliorer les conditions des travailleuses de la confection au Bangladesh consiste à travailler avec les syndicats au niveau national comme au niveau international. Nous nous réjouissons du soutien du secrétaire général Ban Ki-moon pour cette approche collective et demandons instamment aux autres marques qui s'approvisionnent au Bangladesh de nous rejoindre dans cet effort d’une importance primordiale”.

Le secrétaire général de UNI Global Union, Philip Jennings, a déclaré: “Nous nous réjouissons du soutien sans réserve du secrétaire général de l'ONU pour l’Accord. Il reconnaît la nécessité urgente de mettre les conditions de travail en conformité avec les normes internationales du travail. Les entreprises qui s'approvisionnent au Bangladesh doivent apposer leur signature de s'engager à améliorer les conditions de sécurité. Il ne doit pas y avoir d'exceptions. Ni chez GAP, ni chez Walmart. C’est un effort qui doit s’appliquer tout le long de la chaîne d'approvisionnement, laquelle ne doit comporter aucun maillon faible car il s'agit d'une question de vie ou de mort”.

Jennings a ajouté: “Je rencontrerai la semaine prochaine au Danemark des distributeurs des pays nordiques dans le cadre de l'initiative d’éthique commerciale. Nous poursuivrons notre action pour que d'autres entreprises rejoignent l’Accord car nous n’obtiendrons la sécurité dans les ateliers et les fabriques du Bangladesh que si toutes les entreprises travaillent ensemble dans ce but”.

Le secrétaire général Ban Ki-moon a indiqué que les entreprises qui sont membres du pacte mondial de l'ONU devaient signer l’Accord.

Aujourd'hui à Genève, IndustriALL, UNI et les entreprises impliquées dans l'application de l’Accord ont pris part à une table ronde organisée par le groupe de travail de l’ONU sur les entreprises et les droits de l’homme, mandaté par les Nations unies pour promouvoir l'application des principes directeurs des Nations unies. La discussion a porté sur les leçons apprises lors du désastre du Rana Plaza pour aborder la question des conditions de travail dans la chaîne d'approvisionnement de la confection et la façon de les appliquer au niveau mondial. IndustriALL et UNI se réjouisse dans la perspective de coopérer avec le groupe de travail sur les entreprises et les droits de l'homme, ainsi qu'avec le pacte mondial, pour améliorer les conditions de travail dans les chaînes mondiales d'approvisionnement.

Les chefs de l’OCDE et de l’OIT ont déjà montré leur engagement total pour un accord sur la sécurité au Bangladesh imposé par IndustriALL et UNI. Le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, a demandé à l’industrie textile internationale, aux gouvernements et aux autres partenaires de tenir compte des risques pour empêcher d'autres tragédies dans l'industrie de la confection au Bangladesh. La tragédie du Rana Plaza et la réponse à y apporter, notamment l’Accord, occupera la première place à l'ordre du jour du forum mondial de l'OCDE sur la conduite responsable des entreprises, qui aura lieu à Paris la semaine prochaine. 

Les travailleurs de Ford en Russie s’apprêtent à faire grève

Le syndicat ITUA affilié à IndustriALL Global Union signale que la direction de Ford à Vsevolozhsk, ville située à 25 km à l’est de Saint-Pétersbourg, a été informée de la grève prévue pour le 24 juin. La grève commencera à 8 heures 30 du matin.

Auparavant, durant les négociations collectives, les travailleurs et travailleuses ont rejeté une proposition de la direction portant sur une augmentation de 8,6 pour cent des salaires. Sur ce chiffre, 6,6 pour cent servent à compenser l’inflation, ce qui laisse seulement 2 pour cent d’augmentation en termes réels.

Le salaire mensuel moyen dans l’usine est d’environ 940 euros. Les travailleurs et travailleuses demandent une hausse qui porterait le salaire à 1.150 euros (50.000 roubles).

“Nous savons que le niveau réel de l’inflation en Russie est supérieur a taux officiel. La productivité de la main-d’œuvre est très élevée dans notre usine. Toutefois, nos salaires sont insuffisants pour donner une éducation décente à nos enfants, obtenir des soins médicaux de qualité et une retraite normale, de bonnes vacances et des logements confortables,” a déclaré Alexander Kashitizin, président de la section de l’ITUA chez Ford à Vsevolozhsk.

Kashitizin note que les bénéfices de l’entreprise sont en augmentation constante, et que la part du coût du travail est faible dans les dépenses générales.

Les autres questions dans l’usine concernent les mauvaises conditions de travail, la formation insuffisante en matière de santé et de sécurité, l’absence de pauses en été quand la température est élevée, comme le stipule la législation russe du travail. En novembre-décembre 2012, la main-d’œuvre de Ford a mené une grève du zèle pour protester contre les conditions de travail.

L’usine Ford à Vsevolozhsk, Russie, est connue pour le militantisme de sa section syndicale qui a fait grève à huit reprises depuis 2006.

IndustriALL et ISP parviennent à un accord mondial avec Enel

Le nouvel ACM précise une série de lignes directrices visant à établir le dialogue social au niveau mondial considéré comme une approche très importante pour traiter les questions concernant les intérêts de l'entreprise comme ceux de ses salariés.

Selon le nouvel ACM, le groupe multinational a la responsabilité de respecter une série de principes fondamentaux contenus dans la déclaration universelle des droits de l'homme adopté par l'assemblée générale des Nations unies, les principes directeurs de l'ONU sur les entreprises et les droits de l'homme, les conventions fondamentales de l'Organisation internationale du Travail (OIT), la Déclaration de principes tripartite de l’OIT sur les entreprises multinationales et la politique sociale, et le Pacte mondial des Nations unies, ainsi que les principes directeurs de l'OCDE a l'intention des entreprises multinationales.

Les parties ont convenu que les principes contenus dans tous les instruments mentionnés ci-dessus sont considérés comme faisant partie de cet accord. Avec l’ACM, “Enel restera neutre (s'abstiendra d'intervenir quelle qu’en soit la raison) et assurera aux syndicats l'accès aux lieux de travail pendant les campagnes de syndicalisation pour leur permettre de communiquer avec les salariés, selon la législation et les systèmes de relations industrielles propres à chaque pays”. En reconnaissant l'importance d'un emploi permanent et sûr, Enel adopte et privilégie la définition du “travail décent” de l'OIT.

Parmi d'autres instruments, l'accord prévoit la création d'un comité d’entreprise mondial et de trois comités multilatéraux sur la santé et la sécurité, la formation et l'égalité des chances qui contribueront à l'établissement d'un système approprié de dialogue social représentant tous les pays dans lesquels le groupe mène des activités.

Selon le nouvel ACM, “une politique de relations industrielles basée sur le dialogue social offre un socle robuste permettant de mettre en place et d'appliquer un système qui incorpore les valeurs du groupe multinational et une culture internationale permettant à tous les salariés de se considérer comme étant les citoyens et citoyennes de pays dans lesquels la multinationale mène des activités, d'être acceptés et intégrés aux communautés locales, tout en ayant le respect total des conditions propres à chaque pays.”

Rosa Pavanelli, secrétaire générale de l’ISP, a apprécié l'accord à sa juste valeur, tout en soulignant l'importance de ses principes fondateurs et des objectifs du nouveau système participatif. Selon elle, l'application cohérente de ces principes constituera le véritable défi. 

Dans un commentaire sur l'accord, le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a déclaré: “IndustriALL se félicite de l'engagement important du groupe Enel pour développer un dialogue au niveau mondial avec les salariés et leurs syndicats, qui porte sur les droits des travailleurs et travailleuses, la santé et la sécurité, la formation et l'égalité”.  

Le groupe Enel a près de 74.000 salariés dans le monde et même des activités dans les domaines de l’énergie hydroélectrique, thermoélectrique, nucléaire, géothermale, éolienne, solaire, et autres usines d'énergie renouvelable situées principalement en Europe et en Amérique latine. Le groupe détient 92 pour cent du capital du groupe espagnol Endesa avec lequel l'une des organisations fondatrices de IndustriALL, ICEM, avait signé un accord mondial.

Le rapport percutant du WRC dévoile les abus commis chez PKC au Mexique

Le Consortium pour les droits des travailleurs (WRC), un groupe indépendant de contrôle des conditions de travail, soutenu par des universités américaines, a publié hier les résultats de son enquête approfondie sur des infractions commises par PKC dans son usine à Ciudad Acuña, Mexique. PKC est un équipementier local qui a parmi ses clients Chrysler, Ford, General Motors, Volkswagen et Volvo.

Réagissant à la lecture du rapport, Leo Gerard, président international de USW a déclaré:

Le rapport de WRC montre comment des entreprises multinationales tirent avantage de la faiblesse de la législation mexicaine du travail pour porter atteinte aux droits des travailleurs et travailleuses. PKC doit réintégrer immédiatement les dirigeants syndicaux licenciés et suivre les autres recommandations contenues dans le rapport.

Le gouvernement mexicain doit démontrer sa capacité à protéger les droits de ses travailleurs et travailleuses avant de bénéficier d'un plus grand accès aux marchés américains.

Le rapport montre que PKC avait imposé un syndicat d'entreprise sans en informer son personnel, harcelé et menacé les travailleurs et travailleuses qui cherchaient à adhérer au syndicat mexicain indépendant des métallurgistes et des mineurs, manipulé les élections pour assurer la défaite de ce syndicat, et licencié des personnes qui soutenaient ce syndicat indépendant.  Le WRC a également dénoncé avec documents à l'appui des cas de harcèlement sexuel dans les installations de PKC.  

Suite à une campagne conjointe de IndustriALL Global Union et de LabourStart durant les Journées mondiales d'action pour le Mexique en février 2013, qui s'est traduite par l'envoi de près de 10.000 lettres au directeur général de PKC, Matti Hyytiäinen, en demandant de respecter le droit des travailleurs et travailleuses de choisir leur propre syndicat et la réintégration des travailleurs injustement licenciés, le secrétaire général Jyrki Raina demande à tous les affiliés de IndustriALL de continuer à faire pression pour que la direction de PKC respecte les normes internationales et la convention 87 de l'OIT concernant la liberté syndicale:

PKC ne peut pas continuer d'ignorer la corruption pratiquée au Mexique en encourageant le système des contrats de protection qui vont à l'encontre de tous les principes de la responsabilité sociale. Les constructeurs automobiles qui achètent leurs pièces chez PKC doivent être conscients du fait qu’ils portent atteinte à l’ACM qu’ils ont signé et par lequel ils se sont engagés à protéger les droits des travailleurs et travailleuses dans le monde. Nous allons diffuser largement le rapport du Consortium international pour les droits des travailleurs (WRC) et nous soutenons fermement ses recommandations.

Le rapport du WRC se trouve sur Workersrights.org.

Grève générale en Turquie contre la violence continue du gouvernement

Les manifestations pacifiques qui ont lieu depuis le 31 mai à Istanbul et dans d’autres villes turques continuent de faire face à la brutalité excessive des forces de police. Coordonnées par le groupe appelé “Taksim Solidarity” formé de 117 éléments constitutifs différents, parmi lesquels des syndicats, les actions menées par de simples citoyens et citoyennes ont commencé par des rassemblements pour sauver de la destruction le célèbre Parc Gezi transformé en un autre centre commercial ou une soi-disant caserne historique de l’artillerie ou encore un musée de la ville.

Sous une pression grandissante de la société civile, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, a rencontré à plusieurs reprises des représentant(e)s de la plate-forme, la dernière fois vendredi matin, et le porte-parole du gouvernement a déclaré que la décision du tribunal, qui a déjà suspendu la mise en exécution de la décision de la municipalité de construire un centre commercial au Parc Gezi, serait respectée, et d’avoir recours à un référendum si le verdict final était différent. À la suite de la rencontre avec le Premier ministre, Taksim Solidarity a demandé à tous les éléments constitutifs de se rencontrer au Parc Gezi pour examiner la situation et décider de la manière d’aller de l’avant. Il a été finalement décidé, samedi 15 juin, de poursuivre la lutte dans le parc jusqu’à ce que les revendications soient satisfaites.

Dans le même temps, le Premier ministre Erdogan a donné un ultimatum aux manifestant(e)s pour évacuer la Parc Gezi dans les 24 heures, sinon le gouvernement ferait le nécessaire. Samedi soir, contrairement aux décisions annoncées précédemment, les forces de police ont pénétré dans le parc en bloquant tous les accès à la place Taksim, et ont commencé à attaquer la foule avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes tirés de véhicules blindés. Elles ont chargé dans le parc noyé sous des nuages blancs de gaz. Alors que la nouvelle se répandait, la population d'Istanbul descendait dans la rue, tant du côté asiatique que européen de la ville, et commençait à marcher vers Taksim, en groupes nombreux qui bloquaient le trafic sur la voie à grande circulation. La police continuait de bombarder de gaz les espaces fermés, comme des hôtels et des hôpitaux de campagne.

La violence excessive a causé un grand nombre de morts et de blessés. Alors que 55 personnes ont subi des blessures graves, 91 souffrent de traumatismes crâniens, et cinq personnes ont été hospitalisées dans les conditions critiques à Ankara, Istanbul et Eskisehir. Quinze personnes ont perdu un œil, et une personne a dû subir une ablation de la rate. Selon l'association des médecins turcs, “au total 7.478 personnes dans 13 provinces ont dû se rendre dans des hôpitaux privés, des centres médicaux ou des cliniques de fortune proches des zones de conflit”.

Un autre fait inquiétant est que des milliers de personnes sont détenues, et que pour beaucoup de manifestant(e)s on ne peut pas savoir où ils se trouvent du fait que police les a embarqués sans donner aucune information. Dans toutes les villes, des millions de personnes descendent dans la rue pour demander la démission du gouvernement. Selon les chiffres publiés dans la presse, on estime que près de 10 millions de gens ont rejoint cette mobilisation, mais ce nombre pourrait être plus élevé. Le gouvernement interdit toute tentative de mobilisation vers le Parc Gezi. Il a catalogué les manifestant(e)s comme étant des “groupes marginaux et illégaux" ou même des “terroristes”.

Le 16 juin, les cinq centrales syndicales et organisations professionnelles importantes, DİSK (Confédération des syndicats progressistes), KESK (Confédération des syndicats de fonctionnaires), TMMOB (syndicat turc des chambres d'ingénieurs et d’architectes), TTB (association turque des médecins) et TDB (association turque des dentistes) ont décidé de déclencher une grève générale pour protester contre la répression décidée par le gouvernement et les attaques contre des manifestations pacifiques qui constituent clairement des infractions contre les droits fondamentaux.

IndustriALL Global Union a envoyé une lettre de protestation au Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, et une lettre de solidarité au président de la confédération DİSK.

Au Premier ministre Erdogan, Raina a écrit:

C'est avec une profonde indignation que nous avons suivi la répression violente de votre gouvernement contre des manifestant(e)s pacifiques depuis le 31 mai. Cette réaction brutale et autoritaire de votre gouvernement a été diffusée dans le monde entier, et partout les membres de IndustriALL sont écœurés et de plus en plus inquiets pour la sécurité de leurs camarades ouvriers en Turquie.

Au président général de la confédération DISK, Raina a écrit:

IndustriALL Global Union continue de se tenir au coude à coude avec les personnes qui ont répondu en grand nombre aux mobilisations décidées par la plate-forme de la société civile, notamment les syndicats, depuis fin mai. 

IndustriALL soutient un appel international des syndicats de Hyundai

Dans une lettre adressée conjointement à l'entreprise coréenne, les syndicats coréens, allemands et tchèques ont précisé les points suivants au conseil d'administration de l'entreprise:

Les valeurs fondamentales de Hyundai indiquent clairement que votre entreprise soutient une culture reposant sur une relation de coopération avec les salariés et une approche empreinte de respect dans un contexte mondial. Malheureusement, en tant que syndicats ayant des membres dans les entreprises Hyundai, nous notons que la direction de Hyundai enfreint dans le monde et de manière répétée ces valeurs fondamentales en tentant de porter atteinte aux droits de leurs salariés et des organes représentatifs et légitimes des salariés sur de nombreux sites. En outre, ces infractions graves s'accompagnent de méthodes illégales employées par la direction pour tenter d'annuler les décisions légitimes prises par les représentant(e)s des salariés.

Les syndicats demandent plus précisément que Hyundai commence à respecter les lois aux niveaux national et international, en commençant par le respect des normes de travail et notamment la reconnaissance des syndicats, tout en demandant d'engager immédiatement des discussions en vue de l'établissement d'un accord-cadre mondial.

Le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a écrit au directeur général de Hyundai, M. Mong-Koo Chung, pour lui demander de transmettre le soutien accordé par IndustriALL aux demandes présentées par les trois syndicats:

Afin d'obtenir l'application totale des droits des travailleurs et travailleuses de Hyundai, reconnus au niveau international, nous vous demandons instamment de rencontrer les représentant(e)s des travailleurs et travailleuses pour engager un dialogue sérieux en vue de l’établissement d'un accord-cadre mondial.