Explosion meurtrière sur un chantier naval au Bangladesh

L’explosion s’est produite sur le chantier de démantèlement des navires de SN Corporation, dans la station de pompage d’un navire en cours de ferraillage, alors que les ouvriers découpaient des tuyauteries. Les affiliés d’IndustriALL ont signalé que quelques jours avant l’explosion, un incendie s’était déclaré sur le même navire alors que des travailleurs effectuaient le même type d’opération. La direction a décidé d’arrêter le travail dans cette section, mais le travail y a ensuite repris, ce qui a provoqué un accident dévastateur.

Il ne s’agit pas d’un incident isolé sur le chantier de démantèlement de navires de SN Corporation. Selon les syndicats, il y a eu au moins quatre incidents cette année seulement, dus à des manquements en matière de sécurité. Les médias révèlent que la commission chargée d’enquêter sur l’explosion du 7 septembre a identifié des défaillances techniques et de gestion qui ont conduit à l’explosion.

SN Corporation Unit-2 a obtenu son certificat de conformité à la Convention de Hong Kong (HKC) en mars 2023, devenant ainsi le deuxième chantier naval du Bangladesh à se conformer aux lignes directrices de l’Organisation maritime internationale pour un recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires. La conformité à la Convention de Hong Kong exige que l’entreprise dispose d’un plan pour le recyclage des navires.

Les lignes directrices indiquent clairement que l’installation doit prévoir qu’aucun travail à chaud ne commence dans les espaces suivants tant qu’ils n’ont pas été certifiés “sûrs pour le travail à chaud” :

(i) les espaces clos susceptibles de contenir des atmosphères dangereuses

(ii) à l’intérieur, sur ou à proximité immédiate d’espaces contenant ou ayant contenu des liquides ou des gaz combustibles ou inflammables

(iii) à l’intérieur, sur ou à proximité immédiate de réservoirs de carburant qui contiennent ou ont contenu du carburant en dernier lieu

(iv) sur les canalisations, les serpentins de chauffage, les raccords de pompes ou autres accessoires reliés à des espaces contenant ou ayant contenu des combustibles

(v) les fonds de cale, les cales à cargaison, les espaces de la salle des machines et les espaces des chaudières ne contenant pas d’atmosphères dangereuses.

Walton Pantland, Directeur d’IndustriALL pour la construction navale et le démantèlement des navires, a déclaré :

“Ce chantier naval dispose d’un certificat de conformité, mais n’a manifestement pas respecté les procédures correctes, qui stipulent clairement que les matériaux inflammables doivent être enlevés avant le début du découpage. L’entreprise a-t-elle préparé un plan pour le recyclage de ce navire ? Pourquoi n’a-t-il pas été suivi ? Pourquoi personne ne l’a contrôlé ? Des travailleurs ont perdu la vie à cause de ces manquements impardonnables.

Cela montre que la Convention de Hong Kong n’est pas suffisante en soi. Elle nécessite des inspections gouvernementales indépendantes et des syndicats forts sur le terrain pour garantir son respect. En outre, les armateurs devraient contrôler le respect de la Convention par les chantiers navals auxquels ils vendent leurs navires”.

Les affiliés d’IndustriALL ont demandé une indemnisation pour les victimes et pour la revalidation des travailleurs blessés. Selon certaines informations, le ministère de l’environnement a suspendu l’autorisation environnementale de l’unité 2 de la SN Corporation.

Ashutosh Bhattacharya, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a pour sa part déclaré :

“Nous sommes solidaires de nos affiliés du secteur de la démolition des navires du Bangladesh, qui déplorent la perte tragique des vies des travailleurs dans l’explosion du chantier de recyclage de navires de SN Corporation. Cet accident dévastateur, à l’instar d’autres incidents antérieurs, met en évidence le besoin urgent d’une application plus stricte des règles de sécurité et d’une protection plus forte des travailleurs dans les industries dangereuses. La vie des travailleurs ne devrait jamais être compromise par la négligence et le non-respect des protocoles de sécurité. Nous exigeons des mesures immédiates pour que ces tragédies ne se répètent pas”.

Illustration : Chantier de démolition de navires de SN Corporation, Bangladesh

Journée d’action syndicale mondiale chez ArcelorMittal : ASSEZ de morts au travail !

Devant l’augmentation effrayante du nombre de décès sur tous les sites d’ArcelorMittal, les syndicats du monde entier manifestent ensemble leur solidarité et exigent de l’employeur qu’il fasse passer les vies et la sécurité des travailleurs avant le profit. Avec au moins 314 morts déclarés entre 2012 et 2023 et sans doute des milliers d’autres victimes d’accidents ayant subi des lésions sur leur lieu de travail, les travailleurs sont à la merci d’une véritable crise de la santé et la sécurité chez le géant de la sidérurgie et de la mine.

L'accident survenu au début de la semaine, dans lequel un jeune travailleur de l’usine d’ArcelorMittal de João, au Brésil, a été électrocuté et perdu un bras, nous rappelle cruellement la nécessité d’une journée d’action mondiale pour attirer l’attention sur l’état de la sécurité et la santé.

Depuis 2012, le nombre de décès augmente de façon spectaculaire sur les sites d’ArcelorMittal du monde entier : 113 dans les mines de la multinationale et 201 dans ses usines sidérurgiques du Kazakhstan, d'Afrique du Sud, du Brésil, d’Espagne, de France, du Maroc, d’Ukraine, des États-Unis et d’ailleurs. En 2007, à la suite d’un accident qui tua 41 mineurs au Kazakhstan, des syndicats d’ArcelorMittal du monde entier avaient constitué, avec l’employeur, un comité mondial paritaire de santé et de sécurité dans le but de s’attaquer aux problèmes de sécurité dans le monde entier par des inspections des sites et en remédiant aux situations les plus graves.

Or, ce comité ne s’est pas réuni physiquement depuis la pandémie de COVID-19 et il n’y a eu aucune inspection de site. En 2021, les syndicats ont exprimé leur angoisse devant l’augmentation du nombre de décès chez ArcelorMittal, lui demandant de réunir à nouveau le comité et d’appliquer les règles de sécurité de l’OIT. Rien n’a été fait.

Aujourd'hui, partout dans le monde, les syndicats mènent une journée d’action mondiale. Au Brésil, ce sont des assemblées générales, des distributions de tracts et une manifestation ; en France, des actions collectives et des réunions avec des délégués d’atelier; en Espagne, les travailleurs ont manifesté devant les grilles des usines pour réclamer un changement. Partout, d’Argentine au Mexique, en Amérique du Nord, en Afrique du Sud et au Liberia, des syndicats ont exprimé la colère des travailleurs devant l’état de la santé et la sécurité dans l’entreprise et pour dire : Ça suffit ! 

Réunis devant les bureaux d’ArcelorMittal à Londres, IndustriALL Global Union et IndustriALL European Trade Union étaient réunis aujourd'hui pour réclamer une action d’urgence.

La secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Global Union Christine Olivier a déclaré :

« Des centaines de travailleurs sont partis travailler sur les sites d’ArcelorMittal et ne sont jamais rentrés auprès des leurs. Qu’attend de plus la direction pour prendre la santé et la sécurité au sérieux ? Les problèmes de santé professionnelle ne peuvent trouver de solution sans la participation des représentants des travailleurs, et la direction doit collaborer avec les syndicats pour réactiver d’urgence le comité mondial paritaire de santé et de sécurité. Notre but doit être zéro mort au travail. Chaque vie compte. »

Judith Kirton-Darling, la secrétaire générale d’IndustriALL European Trade Union, ajoute :

« Des travailleurs écrasés, électrocutés, brûlés, asphyxiés, tués dans une explosion, la sinistre liste des morts et des blessés ne cesse de s’allonger. On ne peut plus attendre; ArcelorMittal doit tendre la main aux syndicats et investir dès maintenant dans ses sites et ses travailleurs. Les vies des travailleurs doivent passer avant le profit ! »

Un rapport de l’OIT met en lumière le travail d’IndustriALL autour de la C190

Ce rapport met en lumière la manière dont IndustriALL et ses affiliés ont abordé la violence et le harcèlement sur le lieu de travail, en particulier depuis l’adoption de la Convention 190 de l’OIT (C190) en 2019. Cette convention historique, qui vise à éradiquer la violence et le harcèlement basés sur le genre (VHBG), a alimenté une vague de transformation sur les lieux de travail dans le monde entier.

Le rapport indique que le travail d’IndustriALL est ancré dans la promotion de la ratification et de la mise en œuvre de la C190. Il a mobilisé ses affiliés à travers les continents pour intégrer des politiques de lutte contre la violence et le harcèlement fondés sur le genre dans les conventions collectives et favoriser des environnements de travail sûrs pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses.

Par exemple, IndustriALL a aidé les syndicats du Nigeria, d’Argentine et des Philippines à pousser leurs gouvernements à ratifier la convention C190, tout en soutenant les syndicats indonésiens dans la mise en place de politiques de tolérance zéro contre la violence et le harcèlement sexuel sur le lieu de travail. Ces efforts sont exemplatifs d’un mouvement mondial croissant en faveur d’environnements de travail ancrés dans la dignité et la sécurité.

IndustriALL a également réalisé des avancées significatives grâce à son engagement
“Pas sur notre lieu de travail, pas dans notre syndicat”, qui appelle ses affiliés à lutter activement contre la violence à l’égard des femmes et à en promouvoir l’élimination. Cet engagement est devenu un catalyseur pour les syndicats du monde entier, les poussant à donner la priorité à la lutte contre la violence et le harcèlement fondés sur le genre dans leurs structures internes et leurs négociations externes.

En outre, la résolution novatrice adoptée par IndustriALL lors de son troisième congrès appelle à la tolérance zéro pour le sexisme, la misogynie et la violence à l’égard des femmes, ancrant ainsi ces principes dans le tissu des mouvements syndicaux mondiaux, note le rapport. Cette résolution a ensuite conduit à l’élaboration et à l’adoption de la nouvelle politique d’IndustriALL sur la violence à l’égard des femmes, le sexisme et la misogynie.

L’Accord international élargi pour la santé et la sécurité dans l’industrie de la confection et du textile, signé par les confédérations syndicales internationales et les détaillants de vêtements, comprend des mesures visant à prévenir le harcèlement sexuel, créant ainsi des environnements plus sûrs pour des millions de travailleurs et travailleuses. En outre, le protocole d’accord signé entre IndustriALL et Anglo American, une société minière de stature mondiale, marque un tournant pour la sécurité au travail et la lutte contre la violence fondée sur le sexe dans le secteur minier.

L’objectif d’IndustriALL s’étend à des programmes de formation complets, dotant les dirigeants syndicaux des outils nécessaires pour lutter contre la violence liée au sexe. Son initiative mondiale de formation cible des secteurs tels que l’exploitation minière, la confection et l’électronique, afin de favoriser la prise de conscience et de négocier de meilleures politiques sur le lieu de travail.

“Les efforts collectifs d’IndustriALL et de ses affiliés ont créé un précédent de taille dans la lutte contre la violence et le harcèlement sur le lieu de travail, notamment la violence à l’égard des femmes. L’engagement de l’organisation à ratifier la convention C190 et à intégrer ses principes dans les pratiques de travail mondiales est un puissant témoignage du rôle que jouent les syndicats dans la création pour tous de lieux de travail exempts de toute forme de violence et de harcèlement. Par le biais du dialogue social, de partenariats stratégiques et d’un plaidoyer inébranlable, IndustriALL transforme le monde du travail pour les générations à venir”,

a déclaré Armelle Seby, Directrice pour l’égalité des genres auprès d’IndustriALL.

“Le rapport souligne le rôle crucial que jouent les syndicats dans la prévention de la violence et du harcèlement et dans la promotion de la ratification et de la mise en œuvre de l’instrument qu’est la C190 de l’OIT. Nous avons recueilli plus de 200 exemples d’initiatives, de stratégies, d’initiatives et de négociations syndicales aux niveaux national, régional et mondial visant à prévenir la violence et le harcèlement, y compris des approches tenant compte de la dimension de genre dans les négociations collectives, dans la santé et la sécurité au travail, ainsi que par le biais de politiques sur le lieu de travail auxquelles les travailleurs et  travailleuses font confiance. Il est impressionnant de voir un tel engagement et un tel militantisme syndical à tant de niveaux différents”,

a déclaré Jane Pillinger, experte en matière d’égalité des genres et auteur du rapport.

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Les mineurs de charbon veulent une transition énergétique juste

IndustriALL a organisé une réunion virtuelle de ses affiliés du secteur charbonnier pour discuter des défis et des opportunités qui se présentent pour les mineurs dans un paysage énergétique en mutation accélérée, l'accent étant mis sur la question brûlante des pertes d'emplois qui s'annoncent et sur leurs retombées. Le coût social d'une transition injuste et inique a été mis en lumière dans la discussion de deux rapports de recherche, Coal 2023, de l'Agence internationale de l'énergie, et Global Coal Mine Tracker (GCMT), de Global Energy Monitor, ainsi que de rapports par pays fournis par des participants.

L'appel d'IndustriALL pour une transition juste prenant en compte le coût social pour l'emploi des mineurs et les moyens d'existence de leurs communautés que causeront la fermeture imminente des charbonnages et l'arrêt des centrales au charbon a été amplifié par le rapport sans précédent, effrayant, sobre et exhaustif du GCMT.

D'après ce rapport, l'industrie charbonnière perdra près d'un million d'emplois, soit 100 par jour, ce qui veut dire qu'il est important d'agir pour éviter une vague de troubles économiques et sociaux.

Le texte trouve un écho dans l'expérience que vivent jour après jour les mineurs, loin de la rhétorique d'une transition juste que sert l'industrie charbonnière alors qu'elle les licencie et devant l'incapacité de certains gouvernements à tenir la bride haute à ces compagnies, en particulier dans les pays du Sud.

Si les chiffres du rapport relatifs aux pertes d'emplois ne sont pas contestés, la suite du scenario ne sera pas un processus linéaire…

"…ces chiffres ne disent pas tout; la situation de chaque pays sera différente selon que l'industrie est essentiellement domestique ou tournée vers l'exportation,"

a déclaré Tony Maher, le président du Syndicat australien de la mine et de l'énergie.

Devant la perspective du volume et de l'ampleur des crises de l'emploi, on n'insistera pas assez sur l'urgence de plans pour une transition juste qui mettent des feuilles de route pour les compétences au cœur et au centre d'un plan d'urgence pour une transition juste. C'est ce que montre la feuille de route pour les compétences dans l'énergie South Africa 2030 qui constate que, bien que…

"…les mineurs ont souvent les compétences nécessaires pour se tourner vers d'autres carrières dans le secteur de l'énergie ou dans d'autres industries à faible intensité de carbone, ce passage aura des conséquences pour les cadres, les techniciens, les opérateurs de production, le personnel de maintenance, les conducteurs d'engins et les employés de ces secteurs, …les mineurs et les opérateurs de process seront les plus affectés et/ou auront le moins de chances de retrouver des postes équivalents".

C'est au vu de cela que

"la participation, la consultation des travailleurs et le dialogue sont essentiels pour l'élaboration et la mise en place d'une transition juste devant être assortie de garde-fous pour la protection des emplois des mineurs,"

a déclaré Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines, des DGOJP et de la SST.

"Une transition énergétique équitable et juste doit prendre en compte, outre d'autres interventions du politique, le Programme de travail pour une transition juste (JTWP) adopté à la COP28 et les Principes directeurs de l'OIT pour une transition juste vers des économies et des sociétés écologiquement durables pour tous, dont les mesures assureront un passage à l'emploi futur pour les mineurs de charbon,"

a déclaré Kemal Özkan, secrétaire général adjoint d'IndustriALL.

À cette réunion virtuelle participaient des affiliés d'IndustriALL des industries charbonnières d'Afrique du Sud, d'Allemagne, d'Australie, de Colombie, de Hongrie, d'Inde, d'Indonésie, du Malawi, du Pakistan, de Pologne, d'Ukraine, du Vietnam et du Zimbabwe, qui ont tous appelé à une solidarité maximale, mondiale et bilatérale entre tous, notamment avec l'Ukraine dont l'industrie charbonnière subit des attaques dans la guerre avec la Russie.

Solidarité à Malmö : les travailleurs de Ford rejoignent le piquet de grève de Tesla

Le conflit entre Tesla et ses salariés suédois, représentés par les affiliés d’IndustriALL IF Metall et Unionen, a commencé il y a un peu plus de onze mois, lorsque Tesla a refusé de signer des conventions collectives, qui sont la pierre angulaire du modèle social suédois. En Suède, les syndicats jouent un rôle crucial dans la négociation de salaires équitables, de conditions de travail et d’avantages sociaux pour les salariés. Le refus de Tesla de s’engager dans ces accords a entraîné des protestations et des grèves de IF Metall dans les centres de service de Tesla. Cette lutte a attiré l’attention de manière générale, car elle remet en question les politiques de travail de Tesla dans un pays connu pour la force de ses droits syndicaux.

La délégation allemande était conduite par Benjamin Gruschka, Président du Conseil d’entreprise de l’usine de Cologne, du Conseil d’entreprise général allemand ainsi que du Conseil d’entreprise européen de Ford, et comprenait David Lüdtke, Président d’IG Metall à Ford Cologne ; Dennis Klein, Président de la représentation des jeunes à Ford Cologne ; Sabine Lawitzke et Thomas Süther, tous deux membres du Conseil d’entreprise de Ford Cologne ; et Hans Lawitzke, Secrétaire du Conseil d’entreprise européen de Ford et Président adjoint d’IG Metall à Ford Cologne.

La délégation a rejoint le piquet de grève du centre de service de Tesla, aux côtés des travailleurs et travailleuses en grève qui sont actuellement présents en deux équipes durant les heures d’ouverture du centre. La délégation a eu l’occasion de discuter avec les travailleurs et travailleuses, dont beaucoup ont fait part de leurs expériences personnelles et des difficultés qu’ils rencontrent face aux pratiques de Tesla.

“Il est clair que le traitement réservé par Tesla à ses salariés n’est pas seulement un problème local, il fait partie d’un schéma plus large que nous observons au-delà des frontières. Aujourd’hui, nous sommes ici pour soutenir nos amis suédois et leur faire savoir qu’ils ne sont pas seuls”,

a déclaré Benjamin Gruschka.

La délégation a rejoint la manifestation publique organisée par IF Metall, qui a attiré une foule de sympathisants venus de tout Malmö. Cette manifestation a donné lieu à des discours de divers représentants syndicaux, qui ont tous appelé Tesla à respecter les droits des travailleurs et à s’engager dans des négociations de bonne foi avec ses salariés.

“Cette manifestation est un signal important pour la direction de Tesla Suède. Il n’y a aucun signe d’affaiblissement de la détermination de nos membres, bien qu’ils soient en grève depuis plus de 10 mois. Au contraire, de plus en plus de salariés de Tesla rejoignent IF Metall et choisissent de participer à la grève. Nous demandons à Tesla de s’asseoir à la table des négociations et de trouver une solution à ce conflit. Nos membres chez Tesla méritent des conditions de travail équitables et sûres à long terme, comme tout le monde sur le marché du travail suédois”,

a déclaré Marie Nilsson, Présidente d’IF Metall et d’IndustriALL.

“Alors que Tesla continue d’étendre ses activités à travers l’Europe, la lutte pour les droits des travailleurs est loin d’être terminée. Des syndicats comme IG Metall et IF Metall sont déterminés à faire en sorte que les multinationales doivent rendre des comptes et ce qui s’est passé ce 10 septembre 2024 nous rappelle que le pouvoir de la solidarité peut dépasser les frontières et les langues”,

a déclaré Georg Leutert, Directeur d’IndustriALL pour le secteur automobile.

Crédit photo : Hans Lawitzke

L’inspection du travail dénonce l’exploitation sexuelle chez Dharm au Botswana

Le siège de Dharm se trouve en Inde, qui est son principal pays d’approvisionnement en diamants.

À la suite d’une plainte déposée auprès du ministère par le BDWU (Syndicat des travailleurs du diamant du Botswana), affilié à IndustriALL, des inspecteurs du travail ont mené une enquête chez Dharm et ont interrogé six travailleuses victimes de harcèlement sexuel. Les inspecteurs ont également interrogé trois femmes qui ont depuis quitté l’entreprise en raison du harcèlement sexuel pratiqué par le directeur, qui a été suspendu dans l’attente des résultats d’une enquête.

Selon le rapport des inspecteurs, les formes de harcèlement sexuel reprochées au directeur général comprenaient le viol, les attouchements inappropriés et le harcèlement sexuel “quid pro quo”, qui se produit lorsque un emploi, un salaire et des avantages sont promis à la condition que l’employé se soumette à des avances sexuelles importunes. Dans l’un des cas cités dans le rapport, le directeur général a harcelé sexuellement des polisseuses de diamants après leur avoir demandé de faire le ménage chez lui. Les inspecteurs ont déclaré que cela constituait une violation du code national de bonnes pratiques en matière de relations sociales (modèles de procédures et d’accords) de 2006, qui définit le harcèlement sexuel comme “des avances ou des suggestions sexuelles persistantes, non sollicitées et non désirées, faites par une personne à une autre. Il s’agit clairement d’un cas de harcèlement sexuel, dont l’auteur est le directeur général”.

Les inspecteurs ont écrit que le directeur avait utilisé son pouvoir financier pour harceler sexuellement les travailleuses, en violation même du manuel des ressources humaines de l’entreprise. Ce manuel, qui vise à mettre fin au harcèlement sexuel, stipule que “le harcèlement sexuel comprend un comportement de nature sexuelle, y compris des plaisanteries, des attouchements, des commentaires, des images pornographiques et autres, qui interfèrent de manière déraisonnable avec la capacité d’un employé à accomplir son travail en raison d’un environnement hostile”.

En outre, l’inspection a condamné l’inclusion du directeur général dans l’enquête sur le harcèlement sexuel et s’est demandé comment un auteur présumé pouvait jouer ce double rôle de “juge et partie”.

“En assistant à la procédure d’enquête le concernant, il a devancé les conclusions de l’enquête et rendu la procédure nulle et non avenue”, indique le rapport qui a été envoyé à Dharm.

Outre la question du harcèlement sexuel, le rapport d’inspection mentionne également que Dharm a rétabli des prestations en faveur de travailleurs qu’elle avait supprimées sans concertation avec le syndicat.

Dominic Obusitse Mapoka, Président du BDWU, a déclaré :

“Nous nous félicitons des mesures prises par Dharm à l’encontre de son directeur général, mais nous attendons avec impatience l’adoption de politiques sur le lieu de travail pour lutter contre le harcèlement sexuel. En tant que syndicat, nous espérons une solution à l’amiable sur d’autres questions que nous avons soulevées auprès des ministères du travail et de l’intérieur.”

“Il est honteux qu’un directeur général censé tenir à l’œil le harcèlement sexuel en soit l’auteur. Nous félicitons le BDWU d’avoir défendu les droits des travailleuses contre le harcèlement sexuel et d’avoir abordé cette question avec le ministère du travail et de la protection sociale”,

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Photo : Shutterstock

Plaider pour des accords juridiquement contraignants

IndustriALL a participé récemment au Superannuation Trustees’ Forum du Conseil australien des syndicats (ACTU), à Brisbane. Ce forum annuel rassemble des administrateurs de caisses de retraite choisies par les organisations syndicales, des dirigeants syndicaux et des gérants de fonds de pension de l'industrie pour discuter des grands enjeux pesant sur l'épargne constituée par les travailleurs pour leur retraite.

Le système de "superannuation" ayant cours en Australie est un régime obligatoire et universel dans lequel l'employeur doit verser 11,5 pour cent dans le fonds pour la retraite de son personnel. Beaucoup de ces fonds sont gérés paritairement, les travailleurs ayant ainsi un droit de regard sur la gestion de leur épargne grâce à des administrateurs désignés par les syndicats, et tous les bénéfices vont aux membres.

 Au forum du mois d'août, IndustriALL a préconisé une mise en avant des droits au travail dans les investissements et les approvisionnements par le biais de la promotion d'accords juridiquement contraignants entre les syndicats et les marques mondiales de vêtements et de textile et leurs distributeurs. L'accent a été mis sur l'Accord international sur la santé et la sécurité dans l'industrie du textile et de la confection, exemple emblématique de ces accords contraignants qui représentent une alternative au soi-disant audit social, le modèle de diligence raisonnable largement répandu mais inefficace qui repose sur des audits commerciaux facultatifs des lieux de travail.

"Les audits des chaînes d'approvisionnement de la confection ne suffisent pas; nous devons passer d'un auto-contrôle librement consenti par les entreprises à des accords mondiaux entre syndicats et directions sur les chaînes d'approvisionnement en vêtements et en textiles,"

explique Christina Hajagos-Clausen, la directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie du textile et du vêtement.

Les textes contraignants tels que cet Accord international semblent à même de rendre les lieux de travail plus sûrs en associant les syndicats et les employeurs, en intégrant des représentants des travailleurs dans la gouvernance, en imposant une obligation de rendre compte par le biais d'un arbitrage faisant autorité, en offrant des voies de recours pour les violations des droits au travail et en rendant le processus transparent dans son intégralité.

Les participants au forum de l'ACTU ont appris avec intérêt qu'IndustriALL et le Labour Rights Investor Network (LRIN, une instance du Comité sur le capital des travailleurs des Global Unions) ont créé un groupe de travail sur le devoir de vigilance des investisseurs composé d'investisseurs sensibles au mouvement en faveur d'accords contraignants et qui consultent les syndicats sur les moyens de faire progresser ce modèle alternatif de relations professionnelles dans les chaînes d'approvisionnement.

"Le fait est que nous avons un modèle qui fonctionne, qui gagne du terrain mais nécessite un soutien accru. Les accords contraignants intéressent les investisseurs parce qu'ils portent sur les risques de placement dans un secteur à risque; ils se sont aussi avérés améliorer la santé et les conditions de travail dans les chaînes d'approvisionnement de la confection,"

a déclaré Liz Umlas, conseillère principale en stratégies de capital pour IndustriALL.

Photo : Travail dans un atelier de confection de la banlieue de Hô Chi Minh-Ville, au Vietnam. © ILO/Aaron Santos

Turquie : des sidérurgistes en grève depuis plus de deux mois

Dans le contexte économique actuel, marqué par une inflation très élevée et une forte baisse du pouvoir d’achat, une série de grèves a été déclenchée dans différents secteurs en Turquie, en particulier dans l’industrie manufacturière.

Les négociations, qui s’inscrivaient dans le cadre du processus en vue d’une quatrième convention collective, se sont enlisées dans des conflits dès le début. Dirigée par le Président général, Yunus Değirmencİ, d’Özçelik-is Sendikasi, une organisation affiliée à IndustriALL, la grève a débuté avec le soutien total des membres du Conseil général, du Président et de la direction de la section locale, des représentants régionaux et des 200 membres du syndicat employés à Yolbulan Metal.

Cette grève a bénéficié d’un soutien important de la part des communautés locales. Des associations locales de la société civile et des maires de la région ont fourni une aide alimentaire aux grévistes. Outre ce soutien populaire, le syndicat lui-même a été une bouée de sauvetage vitale pour les travailleurs et travailleuses. Au cours du premier mois de la grève, le syndicat a proposé une aide financière pour aider les membres à surmonter les difficultés économiques liées au débrayage. Le syndicat s’est engagé à maintenir cette aide financière pendant toute la durée de la grève.

Malgré les efforts du syndicat et de ses adhérents, la direction de Yolbulan Metal n’a toujours pas pris de mesures significatives pour répondre aux préoccupations qui ont conduit à la grève. Alors que l’impasse persiste, le syndicat reste déterminé à soutenir ses membres, tant financièrement que moralement, afin de garantir leur résilience face à l’adversité. Entre-temps, l’entreprise tente de briser la grève en essayant d’externaliser la fabrication, mais les membres du syndicat en grève ne tolèrent pas ces actes illégaux.

“Alors que la grève s’éternise, la détermination des travailleurs et travailleuses de Yolbulan Metal reste inébranlable. Notre message est clair : nous sommes unis dans la lutte pour des salaires équitables, de meilleures conditions de travail et le respect sur le lieu de travail. L’issue de cette grève pourrait créer un précédent pour les relations sociales dans la région, ce qui en ferait un champ de bataille crucial pour les droits des travailleurs”,

a déclaré Yunus Değirmencİ, le Président d’Özçelik-is.

“Nous apportons tout notre soutien et notre solidarité aux grévistes de Yolbulan Metal pendant cette période. Nous demandons instamment à la direction de s’asseoir à la table des négociations et de respecter les droits des travailleurs. En l’absence de droits des travailleurs, il ne peut y avoir de monde démocratique”,

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Yolbulan est un producteur d’acier basé en Turquie qui figure parmi les 500 plus grandes entreprises industrielles du pays.

Turquie : Les travailleurs du papier en grève pour une convention collective

40 travailleurs de MKB Corrugated Box and Packaging ont posé l'outil le 28 août pour réclamer la signature d'une convention collective avec l'entreprise. L'organisateur de la grève, notre affilié Seluloz Is, se bat pour obtenir des conditions décentes pour les salariés de MKB Rondo depuis qu'il s'est établi dans l'entreprise, il y a deux ans. Or, vu la complexité de la législation turque, la négociation collective n'a pu démarrer qu'au début de 2024.

Après huit mois de négociations et des avancées sur plusieurs fronts, trois questions achoppent encore et attendent une réponse de l'employeur : les hausses de salaires, le syndicat réclamant 80 pour cent et la direction n'en offrant que 45, la constitution d'un conseil de discipline sur le lieu de travail et la désignation d'un représentant syndical d'atelier.

Le vice-président général de Seluloz-Is, Kemal Yildirim, a déclaré :

"Cette grève se justifie parfaitement; nos revendications sont le reflet de la dureté des conditions de vie en Turquie. Nous abordons cette première négociation collective avec retenue, mais le refus de la direction d'accepter des compromis ne nous laisse pas le choix. Nous sommes dans notre bon droit et nous vaincrons. MKB est une entreprise autrichienne et nous allons faire en sorte que notre voix soit entendue, non seulement en Turquie mais en Autriche aussi, par l'intermédiaire de notre fédération, IndustriALL."

Le directeur d'IndustriALL en charge de la pâte et du papier, Tom Grinter, a exprimé sa solidarité avec les grévistes et a déclaré :

"Les revendications des travailleurs de MKB sont justes et la direction doit respecter leurs droits. La grève est toujours un dernier recours, mais c'est pour les travailleurs le moyen de montrer leur force."

La grève des travailleurs de MKB nous rappelle que l'agitation sociale ne cesse de monter en Turquie, alors que les travailleurs luttent pour défendre leurs droits et s'assurer un avenir digne dans une situation économique de plus en plus difficile.

Actes antisyndicaux en Turquie

L’affilié d’IndustriALL, Petrol-İş, a réussi à syndiquer la majorité requise des quelque 670 travailleurs et travailleuses de l’entreprise japonaise YKK dans son usine située dans la périphérie d’Istanbul et a reçu le 21 mai dernier la certification officielle de cette majorité de la part du Ministère du Travail et de la Sécurité sociale.

Cependant, au lieu d’engager le dialogue avec le syndicat, la direction de YKK a réagi en en adoptant une attitude antisyndicale, notamment par des menaces et la coercition pour inciter les membres du syndicat à en démissionner. Ces actions constituent un mépris flagrant de la législation nationale et du code de conduite de l’entreprise, qui affirme explicitement “respecter les droits fondamentaux des salariés, notamment la liberté syndicale et le droit à la négociation collective”.

Pourtant, YKK refuse systématiquement de dialoguer avec Petrol-İş’, le partenaire de négociation agréé.

Le Président de Petrol-İş, Süleyman Akyüz, a déclaré :

“Petrol-İş a syndiqué les travailleurs et travailleuses de YKK et a demandé à la direction de l’entreprise de conclure une convention collective. L’objection de la direction locale de l’entreprise à s’engager avec le syndicat constitue une violation et une détérioration manifestes des droits des travailleurs.”

Les revendications de Petrol-İş, soutenues par IndustriALL, sont les suivantes, la direction doit :

Le Secrétaire à la syndicalisation et à l’éducation de Petrol-İş, Niyazi Recepkethüda, le souligne :

“Refuser le dialogue avec le syndicat, c’est s’en prendre au syndicat et violer clairement les droits syndicaux, ce que nous ne pouvons accepter. Les membres de Petrol-İş’ à YKK méritent d’avoir une CCT avec l’entreprise au bout d’un long effort de syndicalisation. Nous demandons à nouveau à la direction de respecter les droits des travailleurs.”

Dans une lettre adressée à YKK, le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, demande instamment à l’entreprise de mettre fin à ses pratiques antisyndicales et de respecter la liberté syndicale en Turquie :

“Nous demandons instamment à YKK de se conformer strictement aux normes internationales du travail en respectant les droits fondamentaux des travailleurs, en particulier la liberté syndicale et le droit à la négociation collective, et nous demandons également à la direction turque de YKK de contacter Petrol-İş immédiatement pour entamer le processus de mise en place d’une première convention collective.”

Crédit photo : Petrol-İş