Coupes massives d’emplois chez Michelin en France, en Colombie et en Algérie

L’entreprise française Michelin occupe une place de premier plan sur le marché de l’industrie du pneumatique. La multinationale mène des activités dans 179 pays et emploie 115.000 personnes. L’entreprise déclare depuis de nombreuses années sa loyauté pour la qualité de vie de son personnel, bien qu’actuellement, sa conduite en France, en Colombie et en Algérie exprime précisément des valeurs contraires.

En Colombie, 460 salariés de Michelin, membres des syndicats Sintraincapla et Sintraicollantas, ont vu leurs conditions d’emploi démantelées au cours des derniers mois dans ce qui doit être une préparation en vue de leur licenciement massif. La direction a perturbé la production de façon à présenter au ministère du Travail la perte de productivité comme la raison pour des licenciements massifs. Les astuces administratives sont monnaie courante dans les tactiques employées en Colombie quand une entreprise se prépare à fermer un site de production.

La fermeture effective de la filiale de Michelin en Colombie, Icollantas, amènera la fermeture de l’usine Chusaca située dans la banlieue de Bogota qui produit des pneus pour poids lourds, et de l’usine Cali qui produit des pneus pour voitures de tourisme. Les 460 salariés mis à pied ont assuré des manifestations silencieuses aux portes de l’usine en exigeant un dialogue avec l’entreprise.

Un fois de plus, les autorités colombiennes ont pris parti pour l’entreprise dans ce conflit avec la main-d’œuvre.

En France, pays d’origine de l’entreprise, l’annonce encourageante au début de juin d’un investissement de 800 millions d’euros  pour des créations d’emplois a été associée à 726 pertes d’emploi dans l’usine de Joué-lès-Tours en 2015. Les suppressions d’emploi résultent des efforts entrepris par l’entreprise pour regrouper toute la production de pneus pour poids lourds sur un site en France à la Roche-sur-Yon. Le syndicat FCE-CFDT s’efforce d’obtenir un véritable dialogue social au siège de  l’entreprise pour trouver des solutions de remplacement à ces suppressions d’emploi qui pourraient avoir des conséquences catastrophiques dans la région de Joué-lès-Tours.

Michelin offrira à 480 personnes déplacées de Joué-lès-Tours des emplois dans d’autres usines en France, les 250 autres personnes pourront prendre leur retraite anticipée.

Les salariés de Michelin en Algérie sont également touchés par le plan de restructuration de l’entreprise. La vente de l’usine Hussein Dey a été annoncée en juin, la production de Michelin s’arrêtant avant la fin de l’année en cours. Les salariés de Hussein Dey ont reçu la promesse de la poursuite de leur emploi par l’entreprise acquéreuse, Cevital, mais il faudrait en obtenir la garantie.

IndustriALL soutient son affilié FCE-CFDT en demandant à l’entreprise d’agir de manière socialement responsable dans sa restructuration. Le dialogue a commencé et FCE-CFDT analyse à ce stade la proposition de l’entreprise. Le secrétaire du comité d’entreprise européen de l’entreprise est Cyrille Poughon de FCE-CFDT.

Les efforts de rationalisation de la production incluent la création d’un petit nombre d’emplois dans les usines Michelin à Montceau-les-Mines et Le Puy-en-Velay. L’entreprise investira 220 millions d’euros dans ses installations de recherche à Clermont-Ferrand.

 Jyrki Raina a déclaré dans sa lettre au président du groupe Michelin:

IndustriALL Global Union s’attend clairement à ce que la direction de Michelin réexamine sa décision de fermer les usines qui entraîne des pertes d’emploi et poursuive un dialogue constructif avec les syndicats concernés pour rééquilibrer l’état actuel des choses.

Colombie: “L’extermination du syndicat ne s’arrêtera pas”

Le 12 juin, les dirigeants syndicaux Juan Aguas, Edgar Muñoz, Estivenson Ávila et Rubén Morrón Guerrero ont reçu un SMS comportant des menaces de mort. Le texte était le suivant: “L’extermination du syndicat ne s’arrêtera pas […] mort aux syndicalistes ”. Les quatre hommes sont membres du syndicat national des travailleurs des mines, de la pétrochimie, des carburants agricoles et de l’énergie (Sindicato Nacional de la Industria Minera, Petroquímica, Agrocombustible y Energética – SINTRAMIENERGETICA) et du syndicat de branche en pleine négociation pour la conclusion d’une convention collective avec l’entreprise minière Drummond Ltd.

Le 28 mai, veille du jour où les négociations devaient commencer, des hommes armés en moto ont ouvert le feu sur un taxi dans lequel se trouvait le dirigeant syndical Rubén Morrón Guerrero qui se rendait à Barranquilla. Deux balles touchèrent l’arrière de la voiture. Heureusement, le dirigeant qui est secrétaire général de la branche de la municipalité de Chiriguaná du SINTRAMIENERGETICA est sorti indemne de l’attaque.

Cette attaque fait suite à plusieurs menaces de mort ces derniers temps contre des membres et des dirigeants du SINTRAMIENERGETICA. Le 1er avril dernier, Rubén Morrón Guerrero a reçu avec d’autres dirigeants syndicaux des menaces de mort du groupe paramilitaire “Los Rastrojos – Comandos Urbanos”. En raison de l’attaque, Rubén Morrón Guerrero n’a pas assisté à la réunion de négociation prévue pour le 29 mai. Craignant pour leur vie, lui et sa famille avaient quitté Barranquilla. Au début de cette année, Rubén Morrón avait été élu négociateur pour présenter la liste des revendications à Drummond. Il devrait se trouver auprès de ses collègues dans les négociations concernant ces revendications, mais l’attaque l’a forcé à quitter les négociations qui ont actuellement lieu à Santa Marta. En plus d’une atteinte à la vie de notre collègue Morrón, il s’agissait d’une attaque contre le droit du syndicat de négocier collectivement. Dans le passé, des membres du syndicat SINTRAMIENERGETICA ont été tués ou menacés de mort quand ce genre de négociations avaient lieu avec des entreprises.

Plusieurs syndicats colombiens et des organisations de la société civile ont demandé au gouvernement colombien de renforcer les mesures de protection, mais sans aucun résultat jusqu’à présent. IndustriALL Global Union et des organisations sœurs soutiennent les revendications du syndicat et demandent aux pouvoirs publics de mener une enquête approfondie et impartiale sur l’attaque et sur les menaces précédentes, de rendre publics les résultats et de poursuivre en justice les auteurs de ces actes. Apportez votre soutien aux actions d’urgence lancées par Amnesty International

IndustriALL exprime également son inquiétude pour la sécurité de Rubén Morrón Guerrero et celle de sa famille, demande aux pouvoirs publics d’assurer sa protection, conformément à ses souhaits, et d’agir immédiatement pour dissoudre les groupes paramilitaires et briser leurs liens avec les forces de sécurité, conformément aux recommandations répétées des Nations unies.

Ultimatum de Nupeng sur des pratiques déloyales de travail

Le syndicat a envoyé un préavis de grève au gouvernement au début du mois de juin et a engagé le gouvernement au dialogue: “Nous avons envoyé un ultimatum au gouvernement sur les pratiques déloyales dans les relations industrielles de ces entreprises multinationales qui utilisent de plus en plus une main-d'œuvre en sous-traitance”, a déclaré Isaac Aberare, secrétaire général par intérim du syndicat nigérian des travailleurs du pétrole et du gaz naturel (Nupeng). “Nous mobilisons nos membres et nous nous préparons pour une grève de durée indéterminée, dans le cas où les questions ne seraient pas résolues”.

L’un des syndicats concernés constate l’augmentation de la précarisation de l'emploi dans les secteurs du pétrole et du gaz. Près de 85% des Nigérians travaillant dans ces secteurs sont employés soit avec des contrats de courte durée, soit occasionnellement ou en sous-traitance avec des conditions de travail sans aucune mesure aux normes en vigueur dans l'industrie du pétrole et du gaz et aux pratiques optimales dans le monde. Ces travailleurs n'ont pas de sécurité d'emploi ou d’avantages liés à l'emploi, et certains sont dans cette situation depuis de nombreuses années sans avoir la possibilité d'obtenir le statut de travailleur permanent.

Les travailleurs contractuels sont renvoyés dans l'entreprise chargée de l'externalisation sans percevoir d’indemnité de cessation d'emploi. L'externalisation du travail chez des entrepreneurs expose les travailleurs à la possibilité d'une exploitation, et souvent ces entrepreneurs empêchent les travailleurs d'adhérer au syndicat. 

Le syndicat demande l’établissement d'un forum permettant au syndicat de garder le contact avec les entrepreneurs pour négocier. Lors d'une réunion tripartite dans l'industrie organisée précédemment en juillet 2011, il avait été décidé de mettre en place un forum des entrepreneurs pour communiquer avec les syndicats sur la syndicalisation des travailleurs contractuels et la négociation de leurs conditions de service.

Nupeng soulève la question de l'attitude antisyndicale et des pratiques déloyales de travail chez Chevron Nigeria Limited, Nigeria Agip Oil Company et Shell Petroleum Development Company. La mauvaise conduite de ces entreprises multinationales concerne des réductions et des indemnisations arbitraires, une résistance à la syndicalisation, la non-application de la législation du travail et le fait de ne pas tenir compte de l’intervention du gouvernement sur les questions relatives au travail. Nupeng est également concerné par le fait que le gouvernement n’a ni confirmé ni publié au journal officiel la décision prise par le tribunal d’arbitrage industriel en faveur de la main-d’œuvre.

Nupeng a demandé au gouvernement de réunir de toute urgence une conférence du pétrole et du gaz pour engager un dialogue tripartite sur les préoccupations de la main-d’œuvre. 

Dans une lettre adressée au gouvernement nigérian, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a affirmé:

Nous sommes prêts à nous mobiliser pour une action internationale de soutien à la grève de Nupeng en l’absence d’un résultat sur les questions soulevées avec vous. Nous vous demandons d’engager un dialogue constructif avec le syndicat. Nous soutenons à cette fin l'appel lancé par Nupeng en faveur d'une conférence du pétrole et du gaz pour rechercher des solutions durables aux préoccupations exprimées par la main-d'œuvre.

Union des forces syndicales italiennes dans un rassemblement ‘Travail et Démocratie’

Plus de 100.000 membres des trois organisations syndicales italiennes ont présenté fermement et clairement les demandes suivantes au gouvernement: cesser les promesses vides et réaliser de toute urgence des réformes fiscales qui sont une priorité, stimuler des mesures de création et de protection d'emplois, de politique industrielle pour l'emploi des jeunes, et une solution au chômage.

La réunion sur la place San Giovanni était précédée de deux longs défilés de militant(e)s tenant des bannières en demandant “Travail et démocratie” pour l’Italie.

Les syndicats veulent une réforme fiscale avec une baisse de l'imposition des travailleurs et travailleuses, des retraités et des entreprises qui créent des emplois. D'autre part, les organisations syndicales CGIL, CISL et UIL demandent au gouvernement d'appliquer une politique industrielle qui encourage la création d'emplois, tout en assurant une protection pour les personnes qui souffrent le plus.

Prenant la parole au rassemblement, Luigi Angeletti de l’UIL a accusé le gouvernement d'un manque de volonté politique pour obtenir des changements: “Depuis de nombreuses années, il n'y a pas eu de politique industrielle en Italie qui ait amené des fermetures d'entreprise. Cela ne provient pas de la crise économique mondiale, mais résulte d’une incapacité politique à faire de bons choix”, et c'est pourquoi une réforme fiscale est nécessaire "parce que la situation fiscale est un véritable drame dans ce pays. Les impôts versés par les entrepreneurs sont plus faibles que ceux payés en moyenne par les salariés”. Sur la question de l'emploi précaire, le dirigeant de l’UIL a également dit que le seul changement capable de faire réellement la différence en matière de politique industrielle serait de décider “de rendre les contrats permanents meilleur marché que les emplois flexibles”.

Susanna Camusso, secrétaire générale de la CGIL a demandé instamment au gouvernement d'établir sa politique autour d'un modèle axé sur le travail “assurant la dignité, la liberté et l’indépendance, sinon la démocratie risque d'être mise en danger, en plus de l'économie dans le pays”.

Raffaele Bonanni a demandé au gouvernement “d'être courageux” et de se ranger du côté des travailleurs et travailleuses au lieu de suivre la “routine byzantine d’une politique révolue”.

IndustriALL réagit face à la répression syndicale contre Birleşik Metal-İş en Turquie

Le syndicat Birleşik avait décidé de mener des campagnes de syndicalisation dans les deux usines Arobus à Tuzla et Bursa, et dans l’usine Tekersan à Bilecik. Dès que les directions des deux entreprises comprirent que Birleşik allait pouvoir représenter plus de 50% des salariés, comme le prévoit la législation, les menaces et les mises à pied ont commencé.

IndustriALL Global Union aura une emprise réelle dans les deux entreprises, car Arobus et Tekersan produisent toutes deux des pièces pour de grands constructeurs automobiles souvent cosignataires d’accords-cadres mondiaux (ACM) avec IndustriALL, et d’entreprises dans lesquelles des affiliés de IndustriALL organisent des réseaux syndicaux. Dans les ACM conclus avec IndustriALL, des entreprises multinationales comme Mercedes et Renault se sont engagées à garantir des normes minimums de travail dans leurs chaînes d’approvisionnement.

Arobus a mis à pied 19 travailleurs dont 6 lors de la première étape de la syndicalisation, 11 autres le 24 juin à Tuzla, et encore 2 le 24 juin à Bursa. Birleşik signale que dans l’usine de Bursa, les salariés ont été convoqués individuellement dans les bureaux de la direction pour avoir le choix entre une mise à pied et l’abandon de leur adhésion à Birleşik en faveur d’un autre syndicat. La direction de Arobus est même allée jusqu’à faire venir un notaire dans les usines pour transférer les salariés dans un autre syndicat.

Dans une lettre adressée aux deux entreprises, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a fait référence à la législation turque que la direction enfreint en refusant à ses salariés le droit d’adhérer au syndicat de leur choix:

Article 25 de la loi sur les relations collectives de travail, code no 6356, titré “Garantie de la liberté syndicale” selon lequel: “Aucun travailleur ou travailleuse ne peut être licencié ou désavantagé en raison de son adhésion ou de sa non-adhésion à un syndicat, de sa participation aux activités syndicales ou d’organisations de travailleurs et travailleuses en dehors des heures de travail ou durant les heures de travail avec la permission de l’employeur”.

Dans ce contexte, l’article 118 du code pénal turc, code no 5237, titré “Prévention de l’emploi des droits syndicaux” spécifie: “Toute personne qui fait usage de violence ou de menace envers une autre personne pour la forcer à adhérer ou à ne pas adhérer à un syndicat, à participer ou à ne pas participer aux activités syndicales, ou pour abandonner son adhésion au syndicat ou affirmer sa résignation de la direction du syndicat, est passible d’une peine de six mois à deux ans d’emprisonnement”.

IndustriALL continuera de suivre de près la situation et de soutenir Birleşik tant que ces problèmes n’auront pas fait l’objet d’une solution équitable.

États-Unis: United Electrical se bat pour garder 950 emplois chez Erie

En avril 2013, General Electric (GE), basée aux États-Unis, a annoncé le transfert de la production de Erie à Fort Worth au Texas, occasionnant la mise à pied de 950 membres de la section syndicale 506 de United Electrical (UE). L’usine GE à Erie construit des roues motrices de locomotives et de véhicules hors route.

UE reste engagé à sauver les 950 emplois que GE propose de déplacer au Texas.  Le syndicat évalue maintenant toutes les solutions de rechange possibles, et des responsables du syndicat UE vont prendre contact avec des responsables de l'entreprise. Aux termes de l’accord actuel entre l'entreprise et le syndicat UE, GE n’est pas autorisée à transférer le travail avant octobre 2013; le syndicat ne ferme donc pas la porte à de futures négociations.

Nous allons rapidement réunir notre direction et évaluer nos prochaines actions, notamment la poursuite des accusations présentées au Bureau des relations de travail (NLRB), des contestations juridiques additionnelles, et toutes les actions possibles dans le travail. 

A déclaré Said Scott Duke, président de la section 506 de UE.

Il y a deux ans, UE a négocié un accord de quatre ans avec GE pour obtenir des hausses salariales modestes en échange de coupes sévères dans les soins de santé et les retraites. Dans les négociations menée actuellement, l’entreprise a tenté de revenir sur ce sujet, une mesure fermement rejetée par la section syndicale 506.

La proposition du syndicat nécessite la garantie de l’entreprise qu’aucun des 950 emplois ne sera transféré avant le 21 juin 2015, date d’expiration de l’accord national UE-GE. En échange, les négociateurs de UE ont indiqué être prêts à modifier certaines règle de travail et procédures d’assistance qui permettraient à l’entreprise d’économiser 26 millions d’USD, mais l’entreprise a rejeté les propositions.

Le président national de UE, Bruce Kipple, a rappelé à l’entreprise que UE a fait des propositions innovatrices pour conserver tous les emplois ainsi que la compétitivité de l’usine. Il a demandé instamment à plusieurs reprises à l’entreprise de prendre sérieusement en compte ces propositions innovatrices.

Les points de contact nationaux de l’OCDE soutiennent l’Accord du Bangladesh

Pour la première fois, ces 45 représentants de gouvernements ont publié une déclaration commune.  Les principes directeurs ont été modifiés en 2011 pour y inclure les principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme qui prévoient que les entreprises assument la responsabilité d’identifier et d’examiner “en temps raisonnable” les problèmes rencontrés dans les chaînes d’approvisionnement.

La déclaration commune des PCN repose sur une déclaration publique de soutien à l’Accord faite précédemment par le secrétaire général Gurria. Le secrétaire Gurria avait déclaré que “cet événement est un appel dramatique destiné à nous ouvrir les yeux sur la situation dans l'industrie textile dans le monde, de même que pour les gouvernements et autres responsables, pour remédier aux risques avant qu’ils ne provoquent de telles tragédies”. 

Au forum mondial de l'OCDE des entreprises responsables qui a eu lieu hier, la ministre des Affaires étrangères du Bangladesh, Dipu Moni, a souligné l'urgence de la situation et demandé une hausse des prix et une transparence dans leur fixation, et que les acheteurs contribuent à la capacité à long terme des producteurs.  Elle a également affirmé que les marques doivent se conformer aux normes mondiales car elles n'ont pas tenues jusqu'ici leurs promesses.

Victoire de travailleurs en grève en Géorgie

Les travailleurs et travailleuses de l’usine Zestafoni Ferroalloy qui appartiennent au syndicat des travailleurs de la métallurgie, des mines et de l’industrie chimique de Géorgie ont obtenu des concessions importantes après onze jours de grève.

La nouvelle convention collective dans l’usine Zestafoni offre des garanties aux activités syndicales. Les salaires augmentent de 10 pour cent, et l'accord assure chaque année un ajustement des salaires en fonction de l'inflation.

La convention collective prévoit également le versement d'une indemnité aux familles de travailleurs décédés dans un accident du travail ou en cas de perte de la capacité de travailler. Le montant de l'indemnisation est déterminé au cas par cas.

L'employeur a également accepté de financer des programmes de formation et des ateliers aux membres du syndicat pour plus de 20,000 USD par an.

“Les succès remportés dans la grève sont dus à la fermeté et à la détermination des salariés, à la forte solidarité et à l’héroïsme des membres du syndicat”, a déclaré Tamas Dolaberidze, président du syndicat des travailleurs de la métallurgie, des mines et de l’industrie chimique de Géorgie.

L'usine Zestafoni Ferroalloy emploie 2.000 personnes. Elle appartient à l'entreprise géorgienne Manganese LLC, propriété du géant minier Britannique Stemcor.

IndustriALL se tient aux côtés du soulèvement social massif au Brésil

La mauvaise qualité des transports publics a été la question finale qui a déclenché une vague sans précédent de protestations dans la plus forte économie d’Amérique latine. La réaction de colère de la population face à l’augmentation du tarif des bus, du métro et des trains, ont fait descendre les gens dans la rue. La réaction agressive de la police dans ces manifestations a fait exploser la situation la semaine dernière avec plus d’un million de manifestant(e)s dans une centaine de villes, rien que le 20 juin.

Les travailleurs et travailleuses, notamment les jeunes, sont fatigués dans tout le Brésil d’être les victimes d'une mauvaise politique de mobilité urbaine. Ils demandent maintenant que le gouvernement examine en commun avec les opérateurs de transport la situation pour trouver des solutions aux problèmes. Les manifestant(e)s demandent également une amélioration des possibilités d'éducation, de bons services de santé, des transports de qualité, mais également de meilleures conditions d'emploi, des salaires justes et une réduction de la durée du travail.

Les soulèvements sociaux au Brésil sont différents de ce qui a pu être observé dans le monde ces derniers temps. Le Brésil a un gouvernement démocratique, une économie saine et en croissance qui permet de créer des emplois, et des hausses de la moyenne des salaires minimums. Toutefois, la qualité de vie des résidents dans les grandes villes brésiliennes ne s’améliore pas, et ces personnes n’apprécient pas tout l’argent public dépensé pour les prochains Jeux Olympiques et la Coupe du monde de football.

La présidente Dilma Rousseff a affirmé que son gouvernement tient compte des messages, et a proposé un plan d’urgence pour résoudre les principaux problèmes: la lutte contre la corruption, une réforme politique, l’éducation, la santé et les transports publics.

Monica Veloso, membre du Comité exécutif de IndustriALL, et vice-présidente du CNTM a déclaré:

C’est merveilleux de vivre dans une démocratie et de pouvoir exercer le droit de se rassembler et de crier dans les rues, ces droits durement acquis par les Brésiliens et Brésiliennes. Mais notre révolution doit commencer chez soi et dans la communauté, c’est notre propre responsabilité.

Valter Sanchez du syndicat des métallurgistes de ABC / CNM-CUT, a dit à l’USi:

Les manifestants sont des jeunes, et nous devons accueillir dans les syndicats tous les jeunes gens qui apprennent finalement à se battre pour leurs droits, à se battre pour leurs priorités. Nous avons décidé, en tant que syndicats, de nous joindre aux protestations et de prendre part aux manifestations.  Il s’agit d’un mouvement horizontal sans dirigeants et sans le soutien d’organisations sociales.

Tous les syndicats brésiliens ont condamné la violence de la police, et des centaines de manifestant(e)s ont été blessés, notamment à São Paulo, alors que la police tentait d’éviter la destruction d’équipements publics par des provocateurs infiltrés dans les manifestations. Les syndicats brésiliens ont été des protagonistes centraux dans le combat pour renverser le régime militaire en 1964.

Les Six Grands au Danemark signent l’accord sur la sécurité au Bangladesh

Les sociétés Bestseller, IC Companys, DK Company, PWT Group, COOP Denmark et Danish Supermarket ont toutes accepté de soutenir l’accord sur la sécurité au Bangladesh après la réunion organisée par l’Initiative danoise pour un commerce éthique (DIEH) qui rassemble des ONG, des syndicats et des représentants du gouvernement. La ministre danoise du Commerce Pia Olsen Dyhr a exhorté les entreprises à apposer leur nom à l’accord qui vise à améliorer les conditions de sécurité dans les ateliers et fabriques de vêtements au Bangladesh à la suite de l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza, abritant des ateliers de confection, qui a coûté la vie à 1.129 personnes.

L’accord négocié par IndustriALL et UNI Global Union dans le cadre d’une solide alliance d’ONG de premier plan, la campagne Clean Clothes et le Consortium des droits des travailleurs, s’applique désormais dans environ 2000 des 4000 fabriques et ateliers de la confection au Bangladesh.

Andy York, de N Brown Group, l’une des entreprises déjà signataires de l’Accord, et qui est membre du Secrétariat pour l’application, a parlé aux entreprises danoises pour leur expliquer que le fait de signer l’accord est la chose qu’il convient de faire.

Le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a souhaité la bienvenue en ces termes aux nouveaux signataires: "Les syndicats danois, parmi lesquels 3F qui est affilié à IndustriALL, ont réussi à convaincre les principales firmes sur le marché danois de signer l’Accord. L’Accord gagne du terrain et les marques qui n’ont pas adhéré continuent de s’aliéner encore davantage de sympathies en restant en dehors."

Le secrétaire général de UNI Global Union, Philip Jennings, déclare de son côté: “Nous avons eu de bons échanges de vues informels avec les revendeurs présents. Nous avons approuvé la décision de ces six “Grands Danois” de la vente au détail de signer l’accord. C’est un nouveau jour important pour l’Accord qui continue de gagner du terrain. Le secteur de la vente au détail répond à une demande pour une chaîne d’approvisionnement socialement responsable.

Nous savons que des vies en dépendent, et avec la volonté de réussite montrée par les entreprises danoises et plus de 60 autres marques qui ont signé l’Accord, nous atteindront l’objectif qui consiste à transformer les ateliers et fabriques de la confection au Bangladesh en lieux de travail plus sûrs. Il faut féliciter la ministre du Commerce, Pia Olsen Dyhr, et le gouvernement danois pour avoir permis l’adoption de l’Accord au Danemark. Durant les discussions avec la ministre du Commerce, j’ai été impressionné par sa détermination à obtenir l’engagement de tous les détaillants danois. D’autres gouvernements en Europe devraient suivre cet exemple et soutenir l’Accord, comme du reste les responsables politiques dans d’autres régions, et notamment aux États-Unis.”

Jennings a déclaré que les marques mondiales, les syndicats et les ONG ont rapidement fait des progrès constructifs pour appliquer l’Accord. Il a conclu en ces termes: “Aucune excuse n’est possible, en matière de coût ou de processus, pour refuser de se joindre à l’Accord. Les entreprises danoises ont pris leur temps avant de prendre la bonne décision. La décision de certaines marques américaines, menées par Walmart, pour refuser de signer, n’est rien d’autre qu’une grave erreur de jugement.”

L’Accord contient un programme contraignant de réformes pour les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments, sur la base d’inspections indépendantes, de comités  de santé et de sécurité sous la responsabilité des travailleuses et travailleurs, et la garantie d’un accès des syndicats aux fabriques et ateliers. Les signataires se sont engagés à obtenir des améliorations dans les lieux de travail dangereux et à traiter correctement les problèmes de sécurité contre l’incendie et de structures. L’Accord donne aux travailleuses et travailleurs le droit de refuser un travail dangereux, conformément à la convention 155 de l’OIT.