Grève pour des conditions de travail équitables chez ArcelorMittal au Mexique

Les travailleurs de la section 271 de Los Mineros, affiliée à IndustriALL, sont en grève pour exiger d’ArcelorMittal un accord de partage des bénéfices équitable ainsi qu’une prime spéciale. Dans un communiqué, le syndicat indique que bien que les niveaux de production et de prix soient restés les mêmes entre 2021 et 2023, l’aciérie a enregistré une baisse de ses bénéfices.

Cette baisse des bénéfices, liée à l’impôt, signifie que la part de ces bénéfices à laquelle les travailleurs ont droit en vertu de la loi est également plus faible. Pour manifester son désaccord, le syndicat a décidé de bloquer les quatre lignes de production de l’aciérie afin d’amener l’entreprise à reconsidérer sa position et à négocier un accord plus conforme à sa situation financière réelle.

Selon le représentant des travailleurs, Eduardo Lopez, l’entreprise a été informée de la grève, les drapeaux rouge et noir du syndicat ont été installés dans le strict respect des délais légaux et la grève a été lancée conformément aux exigences procédurales et au droit du travail mexicain.

Cependant, ArcelorMittal a tenté de discréditer le syndicat en affirmant que les blocages et la grève sont illégaux. L’entreprise affirme que les blocages, dont l’arrêt des hauts-fourneaux, ont entraîné d’importantes pertes de production. Le syndicat affirme pour sa part que ces pertes sont le résultat du manque de flexibilité de la direction d’ArcelorMittal et de son refus de répondre aux revendications légitimes des travailleurs.

“Nous demandons à ArcelorMittal de respecter les droits des travailleurs et d’entamer immédiatement des négociations de bonne foi avec le syndicat afin de parvenir à un accord équitable. Les multinationales doivent se conformer à la législation du travail et respecter les droits des travailleurs partout où elles déploient des activités.

IndustriALL continuera à suivre cette situation de près et à soutenir toutes les actions nécessaires pour garantir le respect des droits des travailleurs et que justice soit faite. Nous sommes solidaires des travailleurs et de leurs familles dans leur lutte pour la justice et l’équité”,

a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie.

Faire tomber les barrières pour les femmes mineurs en Afrique

C’est l’un des principaux fils conducteurs des discussions de la Conférence sur les femmes dans l’industrie minière qui s’est tenue à Accra, au Ghana, ce 7 juin. Le thème de la conférence était le suivant : “Les femmes dans l’industrie minière : changer les perspectives et les vies”.

Les tables rondes ont porté sur l’exploitation minière durable, en tenant compte des questions liées à l’environnement, à la main-d’œuvre et aux communautés, ainsi que sur le soutien à apporter aux femmes dans des rôles de direction. Parmi les questions clés abordées, citons l’inversion de la domination masculine dans l’industrie minière par la promotion de l’agenda des femmes en matière de développement des compétences et des capacités. En outre, les politiques minières doivent tenir compte des femmes afin d’éliminer les préjugés sexistes et d’améliorer l’accès à la formation. Le renforcement des connaissances, des compétences, de l’expertise et de la visibilité des femmes mineurs a été identifié comme essentiel par la conférence.

Il a été souligné que les femmes mineurs doivent bénéficier d’une protection de la maternité conformément aux lois nationales et à la convention 138 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la protection de la maternité. Les compagnies minières doivent également mettre en place au sein des mines des garderies pour les enfants.

Les participants ont estimé qu’il était essentiel de faire tomber les barrières qui empêchent les femmes de progresser dans l’industrie minière. Ces obstacles comprennent l’inégalité entre les sexes, la violence et le harcèlement fondés sur le sexe, l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes, les préjugés sexistes et l’absence d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Ces obstacles ont été bien illustrés dans le rapport du Forum intergouvernemental sur les femmes et la mine du futur qui identifie, dans 12 pays dont le Ghana, la Zambie et l’Afrique du Sud, les principales lacunes en matière de données et les défis qui doivent être relevés pour permettre l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes et ouvrir aux femmes des possibilités de prendre leur place dans le futur de l’industrie minière.

IndustriALL était représentée par des affiliés du Ghana, du Lesotho, de la Namibie, de l’Afrique du Sud, de la Zambie et du Zimbabwe. La conférence était organisée par WiM Ghana (Les femmes des mines du Ghana) avec le soutien de diverses entreprises. WiM Ghana a pour objectif d’améliorer et de maintenir l’emploi des femmes dans l’industrie minière et ses chaînes d’approvisionnement, y compris dans le cadre de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, et compte parmi ses parties prenantes des syndicats, des organisations de la société civile et des entreprises de grande et de petite taille. WiM Ghana soutient également l’inclusion des femmes mineurs dans la réalisation des objectifs de développement durable visant à mettre fin à la pauvreté et à promouvoir l’égalité des sexes ainsi que les droits des travailleurs et des conditions de travail décentes.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, qui a également participé à la conférence, a déclaré :

“Le secteur minier est technique et hautement qualifié, mais cela ne signifie pas que les femmes ne peuvent pas s’y épanouir en tant que travailleuses. Les femmes doivent pouvoir accéder à l’espace de l’intelligence artificielle et bénéficier de l’égalité des chances. Cela n’est possible que lorsque le marché du travail devient sensible à la dimension de genre grâce à l’élimination de la discrimination et des pratiques et stéréotypes culturels et religieux préjudiciables.”

Déclin rapide des droits des travailleurs dans le monde

“Cela fait maintenant onze ans que l’Indice suit le déclin rapide des droits des travailleurs dans toutes les régions du monde. Les travailleurs et travailleuses sont le cœur même de la démocratie et leur droit à être entendus est crucial pour la santé et la durabilité des systèmes démocratiques. Lorsque leurs droits sont violés, c’est la démocratie elle-même qui est attaquée. La démocratie, les syndicats et les droits des travailleurs sont indissociables : l’un ne va pas sans les autres”,

a déclaré Luc Triangle, Secrétaire général de la CSI.

De par le monde, 87 % des pays violent le droit de grève et 79 % des pays violent le droit à la négociation collective.

La pire région pour les travailleurs et travailleuses est le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, tandis qu’on assiste en Europe à la plus grande régression des droits jamais observée dans une région du monde au cours des dix dernières années. Le droit de grève et le droit à la négociation collective font l’objet d’attaques constantes, comme en témoigne l’exemple de Tesla qui a refusé de signer une convention collective en Suède.

L’indice des droits de l’homme classe la Biélorussie parmi les dix pires pays du monde pour les travailleurs, en raison de la répression systémique, de la détention injustifiée de militants et de la dissolution arbitraire de syndicats.

“La Biélorussie est championne du monde de la violation des droits syndicaux”,

a déclaré Lizaveta Merliak, de l’affilié d’IndustriALL BITU.

Après quatre ans de campagne internationale, 42 dirigeants syndicaux sont toujours emprisonnés, qualifiés de terroristes par le gouvernement. Ils sont contraints de porter une étiquette jaune sur leur uniforme de prisonnier, signe que le personnel peut les maltraiter. Les prisonniers politiques sont souvent placés à l’isolement, où les températures sont souvent trop chaudes ou trop froides et où l’accès à l’air frais leur est refusé. Les femmes détenues sont enfermées dans des “colonies” où elles sont forcées de travailler dans des usines de textuke, où elles fabriquent des uniformes pour l’armée.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, l’affirme :

“L’indice de cette année renforce les inquiétudes concernant la situation des droits des travailleurs, qui se détériorent en même temps que les normes démocratiques dans le monde entier. Sans droits des travailleurs, il ne peut y avoir de monde démocratique. Aujourd’hui plus que jamais, le mouvement syndical doit être uni dans sa détermination à se mobiliser pour défendre ses droits fondamentaux.”

L’Indice CSI des droits dans le monde est un examen complet des droits des travailleurs dans les législations, classant 151 pays en fonction d’une liste de 97 indicateurs, dérivés des conventions et de la jurisprudence de l’OIT, et constitue à ce titre la seule base de données de ce type. Il classe les pays sur une échelle de 1 à 5+ en fonction du degré de respect des droits des travailleurs. Les violations sont enregistrées chaque année d’avril à mars.

Le syndicat uruguayen PIT-CNT condamne la surveillance illégale de son président

Ce 6 juin, deux médias uruguayens ont publié les détails de leur enquête sur la surveillance illégale du dirigeant syndical Abdala par l’ancien chef de la sécurité présidentielle, Alejandro Astesiano. Le journaliste Lucas Silva a également écrit un livre sur la corruption et l’espionnage au sein du gouvernement.

Début 2023, les médias uruguayens ont publié des enregistrements audio confirmant qu’Astesiano avait utilisé des caméras de surveillance du ministère de l’Intérieur pour suivre l’itinéraire d’Abdala sur la voie publique après qu’il a été impliqué dans un accident de la circulation en février 2022. À l’époque, le PIT-CNT, dont le Syndicat national de la métallurgie et des industries connexes (UNTMRA), affilié à IndustriALL, est membre, a condamné cette surveillance illégale en tant que pratique qui “viole les droits individuels et les libertés civiles et remet en question la qualité démocratique de l’Uruguay”.

De nouvelles informations publiées par les médias en juin 2024 montrent qu’Astesiano a également envoyé des messages WhatsApp au président de la République, Luis Lacalle Pou, pour l’informer d’une enquête menée par la brigade antidrogue sur un magasin qu’Abdala aurait visité en 2022. Les enquêteurs cherchaient à savoir si le magasin vendait des drogues illégales, ce qui a été confirmé par la suite. Lors d’une conférence de presse, le président a reconnu qu’il recevait régulièrement des informations d’Artesiano “sur des personnes de premier plan”.

Dans une déclaration officielle, le secrétariat exécutif du PIT-CNT a indiqué :

“Nous sommes très préoccupés par ces rapports qui, s’ils sont avérés, constituent une violation de l’État de droit et portent profondément atteinte à nos valeurs démocratiques.

Les informations selon lesquelles un militant faisait l’objet d’une surveillance secrète de la part de l’équipe de sécurité du président, vraisemblablement dans le but de lui nuire, et selon lesquelles le président était au courant, doivent faire l’objet d’une enquête minutieuse et responsable. Il est essentiel de déterminer la vérité.”

IndustriALL a consulté des avocats spécialisés dans le droit du travail, qui estiment que la surveillance illégale pourrait constituer une violation de la liberté syndicale d’Abdala, étant donné qu’il faisait l’objet d’une enquête en raison de sa position de dirigeant syndical national et non pour des raisons personnelles.

Le droit international du travail joue un rôle essentiel en Uruguay, qui a servi de modèle à l’Organisation internationale du travail (OIT) en se classant au quatrième rang mondial pour le nombre de conventions du travail ratifiées, notamment la Convention n° 87 sur la liberté syndicale et la Convention n° 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective, toutes deux ratifiées en 1954.

“Ces actions contre le Président du PIT-CNT, M. Abdala, sont extrêmement préoccupantes, car elles pourraient porter atteinte à la forte tradition du pays en matière de respect des droits de l’homme, de pluralisme, d’acceptation, de tolérance, de républicanisme et de démocratie”,

a déclaré Marino Vani, Secrétaire régional d’IndustriALL.

Les FSI demandent à l’OIT d’invoquer l’article 33 concernant le Myanmar

“Que voulons-nous ? L’article 33 ! Quand le voulons-nous ? Maintenant”, tel était le slogan scandé par les participants à la manifestation.

L’article 33 permet à l’OIT de prendre des mesures lorsqu’un État membre ne se conforme pas aux recommandations de sa commission d’enquête. Plus précisément, l’article 33 stipule que lorsqu’un membre ne se conforme pas aux recommandations, le Conseil d’administration peut recommander à la CIT des mesures de nature punitive ou corrective, y compris des sanctions ou d’autres actions, afin d’assurer le respect de ces recommandations.

Khaing Zar Aung, Présidente de la Fédération des travailleurs industriels du Myanmar (IWFM), affiliée à IndustriALL, a déclaré :

“J’ai pris la parole ici à de nombreuses reprises pour appeler à la fin de la junte militaire au Myanmar. Vous connaissez la nature de la crise. Notre peuple n’est pas en sécurité, en particulier les jeunes. Nous perdons nos emplois. Nous ne pouvons pas survivre. L’aide destinée à la population passe par des canaux militaires et ne parvient pas aux personnes qui en ont le plus besoin. La communauté internationale doit intervenir. Nous avons besoin de l’article 33 pour pouvoir protéger la population.”

Luc Triangle, Secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI), a déclaré :

“Nous sommes clairs sur le fait que les militaires doivent partir. Nous devons faire respecter les droits de l’homme et rétablir la liberté. La junte militaire doit être isolée. Nous obtiendrons l’article 33.”

Les syndicats du Myanmar ont déclaré que l’interdiction de leurs organisations et l’absence de liberté syndicale signifient que les travailleurs et travailleuses sont confrontés à des conditions d’esclavage moderne. Cette constatation a été confirmée par la commission d’enquête de l’OIT, qui a fait état de graves violations des conventions sur la liberté syndicale et le travail forcé. Cela signifie que des vêtements fabriqués dans des conditions d’esclavage moderne sont vendus aux consommateurs.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“Demain, nous emmènerons Khaing Zar recevoir le prix Arthur Svensson de cette année pour son incroyable travail en faveur des droits syndicaux au Myanmar et sa lutte pour le retour de la démocratie dans le pays. Nous espérons que ce prix mettra davantage en lumière la situation catastrophique des travailleurs et travailleuses du Myanmar sous la junte militaire et contribuera à sa chute. La communauté internationale doit réagir. Nous devons invoquer l’article 33 dès maintenant. Ensemble, nous nous battrons pour la liberté, la prospérité et la liberté pour tous au Myanmar.”

Le régime militaire a tué plus de 4.000 personnes, en a arrêté près de 26.000 et a suspendu les organisations de la société civile, y compris les syndicats libres. De nombreux employés de l’État, dont 200.000 enseignants, ont refusé de travailler pour le régime et ont rejoint le mouvement de désobéissance civile. Nombre d’entre eux ont été tués ou emprisonnés, tandis que d’autres ont perdu leur emploi et vivent dans des conditions extrêmement difficiles.

Il faut des droits pour les travailleurs et des accords contraignants

Dans son allocution de bienvenue, Athit Kong, Président du C.CADWU, a souligné l’importance de l’accord juridiquement contraignant qui vient d’être annoncé. Il a également informé le comité sur les négociations collectives en cours avec l’association des employeurs.

Athit Kong a indiqué :

“Il s’agit d’une avancée importante qui permettra d’obliger les marques et les détaillants de stature mondiale à soutenir les conventions collectives et les améliorations salariales.”

La réunion, coprésidée par Zehra Khan, du Pakistan, a permis d’examiner le plan stratégique 2024 pour le secteur, de faire le point sur l’état d’avancement de l’Accord international et d’élaborer des campagnes stratégiques pour 2025. Le comité a également adopté deux résolutions.

La première résolution soutenait l’accord sur les conventions collectives au Cambodge et l’accord juridiquement contraignant visant à soutenir les salaires négociés collectivement dans l’industrie de la confection, du textile, de la chaussure et des articles de voyage au Cambodge. Cette résolution vise à soutenir la campagne mondiale d’IndustriALL pour que toutes les marques qui s’approvisionnent au Cambodge signent l’accord.

La deuxième résolution portait sur la campagne de syndicalisation du syndicat REI et soutenait ses efforts pour obtenir sa première convention collective aux États-Unis. La résolution s’engage à assurer une représentation syndicale de tous les travailleurs et travailleuses du textile et de la confection qui produisent les vêtements et les équipements REI, tout en garantissant le respect des droits fondamentaux du travail, notamment la liberté syndicale, le droit à la négociation collective, la santé et la sécurité, ainsi que l’élimination des pratiques discriminatoires, du travail forcé et du travail des enfants.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le secteur du textile, a souligné l’importance de l’approche d’IndustriALL pour promouvoir un modèle de relations sociales dans la chaîne d’approvisionnement centré sur les droits des travailleurs et des accords contraignants avec les marques de stature mondiale.

“Cela contraste avec le modèle d’audit volontaire et privé, qui n’a pas protégé les droits des travailleurs et a fait courir des risques aux investisseurs et aux entreprises. Parmi les exemples réussis et efficaces du nouveau modèle d’accords mondiaux entre entreprises et syndicats, on peut citer l’Accord international et maintenant les accords de soutien juridiquement contraignants pour les négociations collectives nationales qui ont été promus par ACT.”

Pour la première fois, le processus ACT, en s’attaquant aux obstacles structurels vis-à-vis de salaires décents, a une véritable chance d’augmenter les salaires des travailleurs et travailleuses de la confection d’une manière qui soit évolutive, durable et applicable".

Améliorer ensemble l’accord-cadre mondial de H&M

La réunion a rassemblé des représentants syndicaux et des membres du personnel de H&M de six pays de production clés : Inde, Bangladesh, Turquie, Cambodge, Pakistan et Indonésie. Des affiliés australiens et japonais, représentant le Comité directeur mondial d’IndustriALL pour le textile, la confection, les chaussures et le cuir, ont également participé à la réunion.

La réunion avait pour but d’examiner et de mettre à jour l’accord, d’améliorer le traitement des cas et l’accès aux voies de recours, d’améliorer la qualité des conventions collectives dans les usines des fournisseurs de H&M et de lutter contre la violence et le harcèlement basé sur le genre (VHBG) sur le lieu de travail. L’atmosphère de bonne collaboration a permis un examen approfondi de l’impact et de l’efficacité de l’ACM dans différentes régions et différents contextes.

Les représentants syndicaux ont partagé des idées et des expériences précieuses de leur pays, en soulignant les réussites et les domaines à améliorer. Les syndicats indiens ont souligné l’importance de sensibiliser les fournisseurs aux aspects et aux exigences de l’ACM par le biais d’un engagement proactif. Cette initiative vise à s’assurer que toutes les parties comprennent leurs rôles et leurs responsabilités, ce qui favorise une meilleure exécution des clauses et une meilleure coopération.

Pinar Ozcan, Président d’Öz Iplik-Is, un affilié d’IndustriALL, a donné un aperçu du projet pilote de mise en œuvre des lignes directrices VHBG dans six usines de fournisseurs en Turquie.

“Au cours du projet pilote concernant les lignes directrices sur la violence à l’égard des femmes, le principal enseignement a été l’importance d’une communication claire et d’une mise en œuvre cohérente pour traiter efficacement les questions liées au genre. L’expérience de travail avec H&M a été marquée par la bonne collaboration et l’engagement, ce qui a permis de réaliser des progrès significatifs dans la création d’un environnement de travail sûr et respectueux”,

a déclaré Pinar Ozcan.

La réunion de Phnom Penh a mis en évidence l’engagement de toutes les parties impliquées dans l’ACM. En partageant leurs expériences et les enseignements tirés, les syndicats et le personnel de H&M sont désormais mieux armés pour relever les défis actuels et améliorer les conditions de travail tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Le dialogue et la coopération permanents au cours de ces sessions seront essentiels pour maintenir l’élan d’un changement positif.

Julia Bakutis, Responsable des droits du travail et des relations sociales au sein du groupe H&M, a déclaré :

“Notre accord-cadre mondial avec IndustriALL et IF Metall est la pierre angulaire de notre stratégie d’impact social sur la chaîne d’approvisionnement. C’est plus qu’un simple bout de papier : les comités nationaux de suivi, au sein desquels les collègues de H&M et les affiliés d’IndustriALL travaillent ensemble dans différents pays producteurs, nous permettent de mettre en œuvre notre accord d’une manière qui bénéficie en fin de compte aux travailleurs et travailleuses qui fabriquent nos produits. Cela fait de nombreuses années que nous ne nous sommes pas rencontrés en personne et je peux prévoir que les excellents résultats de cette réunion nous conduiront à un impact encore plus grand à l’avenir.”

Les mises à jour et les enseignements tirés de cette réunion joueront un rôle crucial dans l’amélioration de l’ACM, en veillant à ce qu’il reste un outil solide et efficace pour promouvoir des pratiques de travail équitables et des lieux de travail sûrs à l’échelle mondiale.

“L’engagement et l’action collectifs sont nécessaires au progrès et au développement. Le fait d’être réunis dans le même espace nous permet de bien comprendre la situation dans les différents pays et d’élaborer ensemble une stratégie visionnaire qui bénéficie aux travailleurs et travailleuses de la chaîne d’approvisionnement de H&M”,

a déclaré Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le secteur textile.

Les CNS sont composés de représentants du groupe H&M travaillant sur le terrain aux côtés de représentants syndicaux nationaux affiliés à IndustriALL. Ils supervisent la mise en œuvre de l’ACM dans le contexte spécifique du pays et leur rôle consiste notamment à faciliter la résolution des conflits entre salariés et employeurs dans les usines.

La confédération thaïlandaise demande l’inclusion des conventions de l’OIT dans les négociations de l’ALE

Prasit Prasopsuk, Président de la CILT, affiliée à IndustriALL, a déclaré que les Conventions 87 (liberté syndicale et protection du droit syndical) et 98 (droit d’organisation et de négociation collective) sont particulièrement importantes pour les travailleurs thaïlandais, car ils sont confrontés à une discrimination antisyndicale incessante.

“Nous avons insisté sur le fait que les négociations commerciales doivent prendre en compte le développement durable et la protection des droits des travailleurs. Le gouvernement thaïlandais doit impliquer les parties prenantes telles que l’OIT et la CILT dans les négociations de l’accord de libre-échange et en contrôler les résultats”,

a déclaré Prasit Prasopsuk.

Le représentant de l’UE, Petros Sourmelis, Chef de la section économique et commerciale, a confirmé que le projet de chapitre sur le développement durable de l’accord de libre-échange UE-Thaïlande incluait les conventions fondamentales de l’OIT sur la liberté syndicale, le travail forcé, le travail des enfants et la discrimination. L’UE attend maintenant une réponse du gouvernement thaïlandais.

Il a déclaré que lorsque l’ALE entre l’UE et la Thaïlande sera ratifié et entrera en vigueur, l’UE procédera à un examen politique sur deux ans de la conformité du chapitre concernant la durabilité et les normes de l’OIT. Les syndicats ont le droit de fournir à l’UE des informations sur les violations des droits des travailleurs.

Depuis 2023, la CILT et 25 organisations syndicales thaïlandaises ont formé le Réseau de pilotage 8798 des conventions de l’OIT pour exiger la ratification immédiate de ces conventions.

Ce réseau prévoit de soumettre une lettre ouverte à l’UE et au gouvernement thaïlandais en octobre, à l’occasion des prochaines négociations commerciales à Bangkok.

“Le commerce doit apporter des avantages aux personnes et aux travailleurs. La position d’IndustriALL est que tous les accords de libre-échange doivent inclure des normes internationales du travail contraignantes. Nous sommes solidaires de la CILT pour exiger la protection de la liberté syndicale et du droit à la négociation collective en Thaïlande”,

a déclaré Ramon Certeza, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est.

Le NUMSA envisage une action en justice pour mettre fin à la violence contre les grévistes

Plus de 10 travailleurs ont été hospitalisés après avoir été blessés après qu’un garde lourdement armé a ouvert le feu sur les grévistes.

“Le NUMSA condamne MAHLE Bher pour la perte injustifiable de la vie du camarade Njabulo Mpulo, la brutalité de ses services de sécurité et la décision de l’entreprise de recourir à des services de sécurité agressifs et lourdement armés au cours d’une grève protégée. Les travailleurs ont le droit de grève. Nous allons envisager une action en justice parce que nous avons perdu l’un de nos membres”,

a déclaré Mzamo Khoza, Secrétaire régional du syndicat pour la province du KwaZulu-Natal.

Lors d’un autre incident survenu à SA Steel Mills, qui opère sous le nom d’Alfeco Holdings, quatre travailleurs ont été blessés par des tirs à bout portant de balles en caoutchouc et hospitalisés. Les travailleurs protestaient contre le licenciement de 162 d’entre eux qui avaient perdu leur emploi à la suite d’une grève protégée. Le syndicat demande que les grévistes soient protégés conformément à la loi. Les travailleurs de SA Steel Mills sont en grève depuis le 22 mai et tiendront un piquet de grève le 7 juin dans les bureaux d’IDC (Industrial Development Corporation) pour exiger la reconnaissance des délégués syndicaux afin de leur permettre de défendre les droits et les intérêts des travailleurs sur le lieu de travail. En outre, le syndicat demande le respect des législations en matière de santé et de sécurité afin d’enrayer les accidents graves qui surviennent régulièrement dans l’entreprise et au cours desquels certains travailleurs ont été tués.

Le NUMSA rappelle aux employeurs que les travailleurs ont le droit de grève en vertu de la constitution sud-africaine et que la législation sur les relations sociales (LRA) protège également ce droit. Les lois protègent en outre le droit de former un syndicat, d’y adhérer et de participer aux activités et aux programmes syndicaux.

De plus, la loi sur la santé et la sécurité au travail stipule que l’employeur doit veiller à ce que l’environnement de travail soit sûr et sans risque pour la santé des travailleurs. Cependant, lors de grèves, les employeurs ont fait un usage excessif de la force pour briser les grèves, blessant souvent les travailleurs, comme dans ces deux cas soulevés par le NUMSA.

Glen Mpufane, Directeur de la section des mines d’IndustriALL, qui est également responsable de la santé et de la sécurité, a déclaré :

“Le recours à une force excessive par les sociétés de sécurité sous contrat avec les employeurs est illégal. Il est inacceptable que des travailleurs continuent de perdre la vie pour avoir exercé leur droit de grève. Cette violence à l’encontre des grévistes va à contre-courant du dialogue social et de la négociation collective auxquels les syndicats ont toujours recours pour résoudre les conflits du travail.”

Glencore doit aller au-delà des paroles

“Les nombreuses violations des droits des travailleurs et des droits de l’homme perpétrées par Glencore ont une fois de plus dominé la réunion. Nous sommes préoccupés par les différences de traitement entre les travailleurs des différentes usines, nous nous inquiétons de l’absence de consultation des travailleurs lors de la fermeture des mines et de l’exclusion des travailleurs de l’avenir de l’entreprise”,

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Le conseil d’administration et les actionnaires se sont vus rappeler la fermeture irresponsable de la mine de Prodeco en Colombie, qui n’a fait l’objet d’aucun dialogue social ni d’aucune transparence.

“Glencore et Prodeco licencient des salariés, puis les réembauchent en tant que main-d’œuvre auxiliaire, sans aucun soutien. Cela conduit souvent à des conflits. Il n’y a pas de dialogue social entre l’employeur et les travailleurs. Ce n’est pas une façon de gérer une entreprise de manière durable. Je veux savoir quelles mesures Glencore va prendre pour éviter ces situations, car ce que vous dites en public n’est pas ce qui se passe sur le terrain”,

a déclaré Claudia Blanco, de l’affilié colombien d’IndustriALL, SINTRACARBON.

Jaime Lopez, Secrétaire national de SINTRACARBON, s’est montré préoccupé par le contrat entre Cerrejón et le gouvernement, qui prendra fin en 2034, ce qui signifie que la mine fermera.

“Les salariés doivent savoir qu’il existe un plan de fermeture et qu’ils peuvent y avoir accès. Ce plan tient-il compte des aspects liés au travail, aux communautés et à l’environnement ?”

Glen Mpufane, Directeur de la section des mines d’IndustriALL, a souligné que la récente grève à la mine de Mumi en RDC était le résultat d’un traitement différencié de travailleurs employés par la même société, Glencore.

IndustriALL a souligné que Glencore doit s’attaquer à la pollution atmosphérique par l’arsenic à la fonderie de Rouyn-Noranda au Québec, qui émet trente fois plus de ce cancérigène que la limite provinciale autorisée. IndustriALL et son affilié, la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM), ont l’intention de faire pression de toute urgence pour accélérer l’initiative AERIS.

Le Directeur exécutif et le Président de Glencore ont esquissé des réponses aux questions soulevées mais, comme l’année dernière, les travailleurs ont été invités à s’adresser à leur direction régionale.

“Nous sommes prudemment optimistes ; le directeur général et le président sont apparus comme prêts à s’impliquer. Ils ont indiqué qu’ils étaient prêts à s’engager plus avant et nous avons l’intention de leur demander des comptes à ce sujet. Ils ne peuvent pas donner le change en public et se comporter différemment sur le terrain, ils doivent assumer la responsabilité de toutes leurs actions”,

a déclaré Glen Mpufane.