Les syndicats doivent contribuer à l’élaboration des normes du travail

Les responsabilités des entreprises et des organisations en matière de droits des travailleurs et de droits de l’homme sont de mieux en mieux comprises et la protection des droits des travailleurs y tient un rôle clé en contribuant à la justice sociale et au développement durable.

Les projets de normes de la GRI étudient des données sur les pratiques d’emploi, le temps de travail, la rémunération et la gestion des changements majeurs sur le lieu de travail. L’élaboration de normes relatives au travail permettra aux organisations de divulguer publiquement leurs impacts les plus significatifs sur les travailleurs et la manière dont elles gèrent ces impacts.

Une période de consultation publique est prévue jusqu’au 4 octobre, permettant aux parties prenantes du monde entier d’exprimer leur point de vue sur les normes proposées. Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, encourage les syndicats affiliés à apporter leur contribution afin de s’assurer que le résultat soient des normes qui protègent réellement les droits des travailleurs et promeuvent des pratiques de travail équitables.

“Une contribution importante des syndicats est nécessaire à l’élaboration de ces normes, car on s’attend à ce que diverses entreprises s’opposent à ces révisions. Nous appelons tous nos affiliés à s’engager et à partager leurs points de vue avant la date limite d’octobre afin de garantir le maintien de nos droits”,

a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie.

La GRI (Global Reporting Initiative) est une organisation internationale indépendante qui, par le biais de ses lignes directrices, aide les entreprises et autres organisations à communiquer leur impact sur des questions telles que le changement climatique, les droits de l’homme et la corruption. L’ancien Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, siège au sein de son conseil d’administration.

Des travailleurs blessés par une nouvelle explosion dans une raffinerie de nickel en Indonésie

La première explosion, en décembre 2023, avait tué 21 travailleurs. D'après la Fédération nationale des syndicats de travailleurs de l'industrie d'Indonésie (SPN), l'explosion du 13 juin s'est produite alors que deux ouvriers utilisaient des outils de découpage pour réparer un clapet de sortie d'un four de fusion.

Le syndicat condamne cet accident. Iwan Kusmawan, du Conseil d'IndustriALL pour l'Indonésie et président de la SPN, déclare :

"Nous réclamons une enquête exhaustive sur la deuxième explosion et le paiement des traitements médicaux des deux travailleurs. IMIP doit améliorer immédiatement ses pratiques de santé et de sécurité pour éviter d'autres accidents. La Loi indonésienne n° 1 de 1970 doit être révisée afin de renforcer les dispositions sur les inspections de sécurité."

Le 23 juin, le syndicat a organisé une veillée aux bougies en solidarité avec les victimes.

En avril, IndustriALL avait envoyé une délégation internationale pour rencontrer les familles des victimes ainsi que des membres du syndicat des mineurs. Une commémoration a eu lieu en même temps que la Journée internationale à la mémoire des travailleurs pour honorer les travailleurs qui ont perdu la vie ou la santé dans cette entreprise.

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kan Matsuzaki a déclaré :

"L'industrie du nickel est en plein essor en Indonésie; or, les normes de santé et sécurité au travail (SST) sont honteusement bafouées dans bon nombre d'entreprises. Le gouvernement et les employeurs doivent rencontrer d'urgence les syndicats pour mettre sur pied des comités de SST conjoints, améliorer le système d'inspection du travail et faire appliquer vraiment les droits fondamentaux des travailleurs dans les faits."

Tsingshan est une multinationale chinoise qui a son siège à Wenzhou dans la province de Zhejiang. Elle fabrique des produits en acier inoxydable, dont des tuyaux utilisés dans l'industrie pétrolière et gazière, la pétrochimie et la construction navale.

Crédit photographique : SPN

Le parc industriel sino-ougandais de Mbale doit respecter la législation du travail

Au cours de la réunion, le ministère du travail a accepté de mener une inspection sur les violations des droits des travailleurs au moyen de questionnaires auxquels les employeurs sont tenus de répondre dans un délai de 30 jours. Les employeurs se sont également engagés à fournir immédiatement des équipements de protection individuelle aux travailleurs. De leur côté, les syndicats élaboreront des accords de reconnaissance et entameront un dialogue social avec les employeurs du parc industriel sino-ougandais.

Le parc industriel sino-ougandais de Mbale, qui compte plus de 50 usines, emploie des milliers de travailleurs dans des secteurs manufacturiers tels que le textile, l’électronique, le verre et la fabrication de savon. Les syndicats ont recommandé à l’Autorité ougandaise des investissements de faire du respect de la législation du travail une condition pour investir dans le pays.

La réunion, qui comprenait des visites d’usines, s’est tenue entre les syndicats, les ministres, les représentants du gouvernement, les membres du parlement représentant les travailleurs, les employeurs et les autorités locales, après que les syndicats eurent adressé une pétition au gouvernement concernant les violations des droits des travailleurs et les déficits en matière de travail décent. Les violations soulignées dans la pétition de mai comprenaient des licenciements abusifs, des longs temps de travail et des heures supplémentaires non rémunérées. Les syndicats ont écrit que la plupart des entreprises du parc industriel sino-ougandais de Mbale offraient des conditions de travail présentant “une forte précarisation de la main-d’œuvre, notamment des salaires à la pièce, des contrats courts, de faibles rémunérations et l’absence de contrats d’embauche”.

En ce qui concerne la santé et la sécurité, les syndicats ont déclaré que les entreprises ne fournissaient pas d’équipements de protection individuelle et ne prenaient pas de mesures adéquates de prévention des accidents. La violence sexiste ainsi que le harcèlement sexuel sont fréquents et les travailleuses se voient refuser la protection de la maternité.

Le parc industriel sino-ougandais de Mbale, situé dans l’est de l’Ouganda, est un projet conjoint entre la Chine et l’Ouganda dont la construction a été réalisée par le groupe Tian Tang et qui fait partie de l’initiative chinoise de la “nouvelle route de la soie”.

Les ministres du financement de l’État et du développement économique, du travail, de l’industrie et de la productivité, ainsi que du commerce, de l’industrie et des coopératives ont participé à la réunion. Les députés ouvriers, qui sont élus par les syndicats conformément à la Constitution ougandaise, ont également participé à la réunion.

Le mois dernier, les affiliés d’IndustriALL, UTGLAWU (Syndicat ougandais des travailleurs du textile, de la confection, du cuir et des branches connexes), UPPPAWU (Syndicat ougandais des imprimeurs, du papier, des polyfibres et des travailleurs assimilés), UCPAWU (Syndicat des travailleurs de l’industrie chimique, du pétrole et des secteurs connexes de l’Ouganda) et UHFTAWU (Syndicat des travailleurs de l’hôtellerie, de l’alimentation, du tourisme, des supermarchés et assimilés) ont adressé une pétition au gouvernement pour lui faire part de leurs préoccupations concernant les violations de la liberté d’association et de négociation collective, en particulier le droit pour les travailleurs de former des syndicats et d’y adhérer. Les affiliés sont également membres de la centrale syndicale Union nationale des syndicats (NOTU), qui a participé à la réunion. Les campagnes sur les droits syndicaux sont soutenues par l’Agence danoise de développement syndical (DTDA) et la Société norvégienne des professionnels techniques et scientifiques diplômés (TEKNA).

“La plupart des employeurs refusent de reconnaître les syndicats, alors qu’il s’agit d’un droit constitutionnel, privant ainsi les travailleurs du droit à la négociation collective et à un travail décent. Cela constitue une violation des conventions internationales du travail 87 (liberté syndicale et protection du droit syndical) et 98 (droit d’organisation et de négociation collective)”,

a déclaré Hajj Twaha Sempebwa, Président du Conseil national d’IndustriALL pour l’Ouganda. Il a ajouté que cela contredisait le plan d’action national de l’Ouganda sur les entreprises et les droits de l’homme, qui stipule que les employeurs doivent respecter les droits des travailleurs et promouvoir le travail décent.

“Les parcs industriels ne doivent pas être des enclaves d’exploitation des travailleurs qui enfreignent les normes nationales et internationales du travail. Nous sommes solidaires des syndicats ougandais qui appellent au dialogue social pour garantir le respect des normes du travail et améliorer les relations sociales”,

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

Forger un mouvement solide en faveur de la santé et de la sécurité en Asie du Sud-Est

Les principales caractéristiques de la Convention 155 de l’OIT sur la sécurité et la santé, telles que le droit des travailleurs à recevoir des informations sur la SST, le droit à recevoir une formation et à être consultés sur la SST, le droit de signaler les problèmes et le droit de ne pas retourner au travail en cas de danger imminent, ont été présentées par Tsuyoshi Kawakami, spécialiste principal de l’OIT.

Le Directeur de la section des mines d’IndustriALL, Glen Mpufane, a également fait part des dernières nouvelles concernant le comité de normalisation sur les risques biologiques, qui pourrait élaborer une convention et une recommandation révolutionnaires sur les risques biologiques. Il a déclaré qu’il était impératif de s’efforcer de renforcer le mouvement en faveur de la santé et de la sécurité ainsi que le pouvoir des syndicats dans la région.

Les participants ont soulevé des questions telles que les températures élevées et la mauvaise ventilation dans les usines, les maux de dos, l’empoisonnement au mercure et le manque de médecins pour diagnostiquer les maladies liées à la santé et la sécurité au travail. Les personnes ressources ont conseillé aux syndicalistes de s’efforcer de prouver que les conditions de travail pouvaient entraîner des maladies et des accidents, de signaler les problèmes au comité SST et de déposer des plaintes auprès de l’autorité SST ainsi que des agences chargées de la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme et de l’OIT.

Le plan d’action comprend les points suivants :

“Près de 3 millions de travailleurs meurent chaque année de maladies et d’accidents liés au travail, dont 1,2 million en Asie-Pacifique. Des accidents se sont également produits dans l’industrie de la transformation du nickel, qui connaît une croissance rapide, comme l’explosion d’un four dans le parc industriel de Morowali, en Indonésie. Nous devons syndiquer davantage de travailleurs pour faire entendre notre voix et obtenir des conventions collectives solides. Les syndicats peuvent rendre tous les lieux de travail plus sûrs pour tous les travailleurs”,

a déclaré Kan Matsuzaki, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Les syndicats participants ont réaffirmé leur adhésion à la mission d’IndustriALL qui consiste à défendre, faire progresser et améliorer les droits des travailleurs partout dans le monde. L’objectif déclaré est la reconnaissance universelle et la mise en œuvre effective des droits fondamentaux des travailleurs, notamment la sécurité et la salubrité des lieux de travail.

“Nous devons faire de la santé et de la sécurité au travail un outil de syndicalisation essentiel pour permettre aux travailleurs et travailleuses de s’unir autour de leur droit fondamental à un lieu de travail sûr et sain, de renforcer leur voix et leur action collectives et d’accroître le pouvoir des travailleurs”,

a déclaré Ramon Certeza, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est.

En ce qui concerne les prochaines étapes à franchir, le Comité régional de SST nouvellement créé est un groupe de travail ad hoc et une plateforme pour le partage d’informations, la coordination et le suivi des questions de santé et sécurité. Il élaborera une feuille de route pour donner une orientation claire aux principales priorités liées à la SST, en particulier pour faire campagne en faveur de la ratification des Conventions 155 et 187 de l’OIT, s’impliquer dans le dialogue social tripartite sur l’élaboration et la mise en œuvre de la politique et des programmes nationaux de SST ainsi que tirer parti de la SST comme outil pour faire usage du droit à la syndicalisation et à la négociation collective.


 

UKRAINE : J’ai été témoin de la résilience face au conflit

Avec une délégation de la Confédération syndicale internationale (CSI) dirigée par le Secrétaire général Luc Triangle, nous nous sommes rendus en Ukraine les 14 et 15 mai derniers pour réaffirmer le soutien du mouvement syndical international aux travailleurs et travailleuses du pays ainsi qu’à leurs syndicats. Le groupe comprenait Christy Hoffman (Secrétaire générale d’UNI Global Union) et Paul Nowak (Secrétaire général du TUC, Royaume-Uni).

Délégation syndicale CSI, UNI, IndustriALL et TUC avec le Président de la Fédération des syndicats d’Ukraine

Les travailleurs et travailleuses ukrainiens souffrent. Ils ont perdu leurs emplois, leurs revenus et leurs maisons. Les familles sont déchirées, fuyant à l’intérieur et à l’extérieur de l’Ukraine. Malgré tout cela, ils défendent aussi leur pays.
Les attaques contre les mines de charbon et les centrales électriques sont des actes de terrorisme flagrants visant à paralyser les infrastructures ukrainiennes. À Kiev, nous avons visité une centrale thermique qui avait été détruite par un bombardement un mois seulement avant notre arrivée. Ce rappel brutal souligne la stratégie russe consistant à cibler les infrastructures essentielles afin de rendre la vie de la population ukrainienne aussi difficile que possible. La destruction des centrales électriques est une tentative délibérée de plonger la population dans l’obscurité et la souffrance. L’intention derrière ces attaques est claire et malveillante.

Un mur s’étendant sur des centaines de mètres, rempli de photos des personnes tuées depuis 2014

À Kiev, la vie semble presque normale en apparence. Les magasins sont ouverts et les gens vaquent à leurs occupations. Cependant, un examen plus approfondi révèle la tension sous-jacente et la préparation au conflit. Avant d’arriver, il faut installer une application “Alarme raid aérien” qui envoie des notifications en cas d’attaques potentielles, ce qui permet de se mettre à l’abri immédiatement. Les statues et les œuvres d’art, symboles du patrimoine culturel, sont protégées, ce qui souligne les risques culturels en jeu. Sur la place Maïdan, des drapeaux plantés dans le sol commémorent chaque personne décédée, déposés par les familles qui ont perdu leurs proches, créant un spectacle puissant et déchirant. Un mur s’étend sur des centaines de mètres, rempli de photos des personnes tuées depuis 2014, soulignant que cette guerre dure depuis bien plus longtemps que les deux dernières années.
Le bâtiment du parlement et les maisons environnantes sont barricadés avec des sacs de sable, un rappel brutal de la menace constante et de la nécessité d’être prêt à tout. Ce spectacle permet de comprendre clairement le niveau de vigilance et de préparation à d’éventuelles attaques.

Drapeaux plantés dans le sol de la place Maïdan à la mémoire des disparus

Le coût humain est choquant. Les chiffres officiels des morts varient, mais les habitants pensent que le bilan est beaucoup plus élevé que ce qui est annoncé, peut-être plus de cent milles. Chaque drapeau de la place Maïdan représente une vie perdue, une famille brisée.
La défense aérienne de l’Ukraine n’est pas suffisamment solide et la menace d’attaques est constante. Pendant notre visite, le Secrétaire d’État américain Antony Blinken était à Kiev et il n’y a pas eu d’attaques, ce que les Ukrainiens ont dû ressentir comme une brève pause dans cet assaut continu. En général, trois ou quatre alarmes se déclenchent chaque jour et les gens doivent se mettre à l’abri.

Hôpital pour enfants

La plupart du temps, la vie à Kiev se déroule normalement, mais notre visite dans un hôpital pour enfants a révélé les dures réalités de la guerre. Nous avons vu des enfants arriver sans jambes ni bras, certains traumatisés et paralysés, non pas à cause de blessures physiques, mais à cause de l’impact psychologique du conflit. Parler avec des enfants de Kharkiv, où se déroulent certaines des batailles les plus dures, a été une expérience qui donne à réfléchir. C’était un terrible rappel à l’ordre pour tous ceux qui ne saisissent pas pleinement les horreurs que les Ukrainiens endurent.
Les syndicats à qui nous avons rendu visite ont incroyablement apprécié notre présence. Ils nous ont trouvés courageux d’être venus, même si notre brève visite de 36 heures n’était rien comparée à ce qu’ils doivent affronter tous les jours. Le courage et le sang-froid de ces dirigeants syndicaux ont été une source d’inspiration. Malgré tout, ils restent concentrés et déterminés, sachant exactement ce qu’ils doivent faire pour soutenir leurs membres et leur pays.

Lesia Semeniaka, responsable internationale d’Atomprofspilka, avec Atle Høie lors de sa visite

La résistance des syndicats n’a d’égal que leur pragmatisme. Ils comprennent la nécessité de maintenir la visibilité du conflit sur la scène mondiale, en plaidant pour un soutien continu. Ils ne demandent pas de la pitié, mais de la solidarité et une aide concrète. Leur objectif ultime est de gagner la guerre, de veiller à ce que la souveraineté de l’Ukraine soit respectée et maintenue.

Si nous permettons à la Russie d’annexer des territoires reconnus par les Nations unies comme faisant partie de l’Ukraine, nous créons un dangereux précédent. Où tracerons-nous la ligne la prochaine fois ? La force et la détermination du peuple ukrainien témoignent de sa fermeté d’esprit. Ils se battent non seulement pour leur pays, mais aussi pour les principes de liberté et de souveraineté qui devraient être défendus dans le monde entier.

Tout au long de nos discussions, nous avons abordé la mise en œuvre de la nouvelle législation du travail hostile aux travailleurs et l’abolition du dialogue social. Tous nos interlocuteurs étaient d’accord pour dire que la nouvelle législation du travail ne peut être mise en œuvre sans la participation des travailleurs et de leurs syndicats. Cependant, le gouvernement a annulé notre réunion à la dernière minute, évitant ainsi d’avoir à expliquer pourquoi il procédait sans cette participation cruciale.

Lors de notre voyage de 20 heures en train vers la Pologne, le convoi était rempli de femmes, car les hommes ne sont pas autorisés à quitter l’Ukraine. Elles ont expliqué qu’elles avaient besoin d’une pause pour échapper à la peur et aux difficultés constantes. Leurs récits nous ont rappelé les conséquences émotionnelles et psychologiques de cette guerre.

Ce que nous avons vu ne fait qu’effleurer la surface. Lorsque vous voyez les enfants et ce qu’ils ont dû endurer à un si jeune âge, vous réalisez que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg et cela vous touche vraiment. Il était difficile de dormir dans ce train. Outre le contrôle permanent des passeports, les images dans votre tête vous empêchent de tout assimiler, et nous n’avons même pas visité la ligne de front.

Ma visite en Ukraine m’a rappelé la gravité du coût humain de ce conflit, mais elle a surtout renforcé ma conviction que la guerre n’a que des perdants et qu’elle doit être évitée. Nous devons continuer à penser à l’Ukraine et à la mettre à l’ordre du jour, en veillant à ce que les sacrifices de son peuple ne soient pas oubliés et à ce que sa lutte pour la liberté soit soutenue. La bravoure et la résistance des travailleurs et travailleuses ukrainiens ainsi que de leurs syndicats sont tout simplement extraordinaires et leur lutte exige notre soutien.

La lutte pour la ratification de la C190 doit se poursuivre

Dès l’adoption de cette convention, IndustriALL a reconnu le besoin urgent de faire campagne pour sa ratification en raison de l’omniprésence de la violence et du harcèlement dans le monde du travail. La Convention 190 de l’OIT est la première norme internationale visant à éradiquer ces problèmes, en affirmant le droit de chacun à un environnement de travail exempt de violence et de harcèlement, y compris de violence et de harcèlement basé sur le genre (VHBG). La convention comble également les lacunes existantes dans les législations nationales.

Les organisations syndicales internationales ont lancé une boîte à outils pour soutenir la mise en œuvre de la Convention 190 de l’OIT. Ce kit de “formation des formateurs” dote des milliers de syndicats dans le monde d’outils essentiels pour promouvoir la négociation collective en tant que stratégie clé pour éliminer la violence et le harcèlement dans le monde du travail.

En complément de cette boîte à outils commune, IndustriALL a développé un module de formation prêt à l’emploi que l’organisation a utilisé pour former environ 300 dirigeants, employés et responsables syndicaux en Asie, dans la région MENA, en Amérique latine et en Afrique sub-saharienne sur la manière de prévenir et de traiter la violence liée au genre dans le monde du travail et dans leurs syndicats, à travers la mise en œuvre de la campagne C190 de l’OIT.

Une partie de la campagne d’IndustriALL sur la C190 de l’OIT consiste à collaborer avec les entreprises pour lutter contre la violence et le harcèlement basés sur le genre. En 2022, IndustriALL a travaillé avec le groupe H&M et le syndicat suédois IF Metall pour élaborer des méthodes solides de prévention, de détection et de traitement de la violence basée sur le genre dans la chaîne d’approvisionnement. Ces efforts ont consisté à sensibiliser les travailleurs et travailleuses ainsi que la direction et à les doter des outils nécessaires, à créer une plateforme pour aborder et résoudre les problèmes par le biais de sessions de formation conjointes avec les bureaux de production locaux du groupe H&M et les syndicats. Cette initiative a un impact sur environ 1,5 million de travailleurs et travailleuses de la confection dans plus de 1.500 usines de fournisseurs du groupe H&M. Récemment, les parties prenantes ont renforcé leur engagement en partageant leurs expériences sur la mise en œuvre pilote des directives VHBG dans six usines de fournisseurs en Turquie.

En novembre 2023, le Comité exécutif d’IndustriALL a approuvé une nouvelle politique sur la violence à l’égard des femmes, la misogynie et le sexisme. Cette politique vise à promouvoir une culture de la dignité et du respect au sein d’IndustriALL et de ses affiliés, en mettant l’accent sur l’éradication de la violence à l’égard des femmes, de la misogynie et du sexisme. Elle comprend l’éducation des membres sur ces questions et l’alignement sur les dispositions de la Convention 190 de l’OIT. Des procédures claires de traitement des plaintes sont également établies, les dirigeants et le personnel devant recevoir une formation sur la mise en œuvre de la politique dans les mois à venir.

Les affiliés d’IndustriALL se sont battus avec diligence pour la ratification 190 de l’OIT au cours des cinq dernières années.

Au Nigeria, des campagnes soutenues et un dialogue social impliquant les syndicats, les organisations de la société civile et les groupes de soutien au travail ont conduit à la ratification en 2022. Malgré une sous-déclaration généralisée due à la stigmatisation et à la faible application de la loi, les syndicats poursuivent les campagnes de sensibilisation à la Convention 190, en particulier sur les lieux de travail à prédominance masculine, afin d’éliminer les pratiques qui perpétuent la violence à l’égard des femmes.

Aux Philippines, après quatre années de campagne, le Sénat a ratifié la Convention 190, faisant de ce pays le 37e à le faire. La campagne a consisté en un vaste travail de lobbying, notamment en écrivant des courriers et en rencontrant des représentants du gouvernement. Du matériel éducatif et des prises de position sur la Convention 190 ont été élaborés et la campagne a été mise en avant lors d’événements syndicaux importants.

L’Argentine a également obtenu la ratification grâce aux efforts des syndicats. La députée Vanesa Siley, porte-parole du groupe fédéral de femmes syndicalistes de la Confédération générale du travail (CGT), a souligné le rôle important du réseau intersyndical, composé de plus de 100 syndicats, dans la défense de l’élimination de la violence au travail.

Après avoir été formé à la C190 par IndustriALL, le Comité des femmes indonésiennes a élaboré une politique de tolérance zéro. Les syndicats indonésiens ont organisé des réunions de dialogue social avec les employeurs, ce qui a conduit plus de 80 entreprises à signer cette politique de tolérance zéro. Ces politiques, qui couvrent tous les travailleurs et toutes les travailleuses, prévoient la formation d’équipes chargées de traiter les plaintes, de garantir le droit des victimes à porter plainte et d’assurer la sécurité, le respect de la vie privée et le soutien psychologique.

Grâce à tous ces efforts, les syndicats ont intégré les principes de la Convention 190 de l’OIT dans la négociation des conventions collectives. Par exemple, le ministère indonésien de l’émancipation des femmes et de la protection de l’enfance a inauguré un refuge chez PT Evoluzione Tyre (groupe Pirelli) dans l’ouest de Java en mars 2024. L’entreprise et le Syndicat de la chimie, de l’énergie et des mines (CEMWU), affilié à IndustriALL, ont signé en 2021 une politique de tolérance zéro en matière de violence et de harcèlement, ce qui constitue une étape importante vers la mise en œuvre de la C190, malgré sa non-ratification.

“Depuis son adoption, 44 pays ont ratifié la Convention 190, ce qui témoigne d’un engagement mondial croissant en faveur de l’élimination de la violence et du harcèlement sur le lieu de travail. Nos affiliés ont fait du très bon travail pour obtenir la ratification. Ils ont également pris des mesures pour mettre en œuvre cette Convention 190 sur leur lieu de travail, même en dehors de la ratification de l’instrument de l’OIT. Les campagnes doivent se poursuivre pour garantir des environnements de travail sûrs et respectueux dans le monde entier”,

a déclaré Armelle Seby, Directrice pour l’égalité des genres d’IndustriALL.

Photo d’en-tête : OIT, © Crozet / Pouteau

Sur la voie d’une transition juste dans le secteur du textile et de la confection

Des intervenants de la Commission européenne, de l’OIT, du géant suédois de la confection H&M ainsi que des syndicalistes du monde entier ont partagé leurs points de vue sur l’évolution de l’industrie du textile et de la confection, où l’accent n’est plus mis sur les problèmes de santé et de sécurité liés à l’effondrement du Rana Plaza, mais sur la lutte contre le changement climatique et l’essor de la mode ultra-rapide, grâce à la durabilité et à la circularité.

Un nombre croissant de gouvernements et d’enseignes adoptent des objectifs de circularité et de durabilité et introduisent des mesures visant à préserver des ressources importantes telles que l’eau et l’énergie. Ce virage vert s’accompagne souvent de nouvelles technologies qui modifient les rôles professionnels et requièrent de nouvelles compétences. Toutefois, les travailleurs ne peuvent acquérir de nouvelles compétences et obtenir ces nouveaux emplois “verts et numériques” que s’il existe des systèmes de formation pour les emplois à venir.

Mikael Garellick, Conseiller principal de la Commission européenne pour le secteur textile, a souligné le double rôle de l’UE en tant que grand exportateur et importateur de textiles et de vêtements. La stratégie textile de l’UE contient 16 textes législatifs européens qui auront un impact sur tous les produits textiles mis sur le marché au sein de l’UE. Cette nouvelle législation, comme l’introduction de règles d’éco-conception et l’interdiction de détruire les vêtements invendus, constitue un pas en avant vers la durabilité et vise à modifier la fabrication des textiles dans le monde entier.

Face au défi des compétences, Casper Edmonds, Chef de l’unité des industries extractives, de l’énergie, de la fabrication et du point focal pour l’économie circulaire à l’OIT, a souligné que les solutions doivent être centrées sur l’humain, en insistant sur la nécessité de donner la priorité aux personnes dans l’industrie, en veillant à ce que les travailleurs et travailleuses fassent toujours partie de son avenir. Le passage à une industrie axée sur les services risque d’entraîner des pertes d’emplois dans des secteurs aujourd’hui comptant aujourd’hui une bonne syndicalisation, poussant les travailleurs vers des environnements moins réglementés.

“Nous risquons de perdre de bons emplois syndiqués et nous devrons à nouveau nous battre pour nos droits fondamentaux”,

a déclaré Casper Edmonds.

“Tous les travailleurs et toutes les travailleuses du secteur ont droit à un environnement de travail sain et sûr et les nouvelles technologies soulèvent de nouvelles questions en matière de santé et de sécurité. Les syndicats jouent un rôle crucial et doivent continuer à recruter, y compris auprès des travailleurs et travailleuses qui occupent des emplois créés par l’économie circulaire.”

La syndicalisation est cruciale, en particulier pour les emplois nouvellement créés dans le cadre de l’économie circulaire. Les lignes directrices de l’OIT préconisent une coopération totale entre les employeurs et les gouvernements pour garantir les droits et la sécurité des travailleurs et travailleuses. Ce sentiment a été partagé par Hannah Croner du département de développement durable de H&M, qui s’est fixé des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 90 % d’ici à 2040.

La transition ne doit pas exacerber les vulnérabilités existantes ; la pauvreté est un risque pour la prospérité partout dans le monde et il est essentiel de s’y attaquer pour assurer un avenir véritablement durable. Les femmes et les travailleurs migrants, qui sont au cœur de la circularité, sont particulièrement menacés. Kalpona Akter, dirigeante syndicale bangladaise, a insisté sur la nécessité d’une transition incluant des salaires décents et une protection sociale afin d’éviter l’exacerbation de la pauvreté.

Les points de vue régionaux ont mis en évidence divers défis. Au Bangladesh, SM Morshed, de la Fondation OSHE, a constaté un manque de compréhension de la part des parties prenantes. Pour la région MENA, l’experte en politique Diana Kaissy a souligné que des questions telles que la pénurie d’eau représentaient un défi pour le secteur. Marta Zaldaña, Coordinatrice régionale des syndicats du secteur textile au Salvador, a souligné que les usines vertes n’étaient pas toujours synonymes d’emplois verts. Au Nigeria, la prévalence des vêtements de seconde main constitue une menace pour l’industrie locale, tandis qu’au Soudan, en Amérique latine et dans les Caraïbes, les droits du travail et la pénurie d’eau restent des questions pressantes.

“Une transition juste dans l’industrie du textile et de la confection nécessite une approche à multiples facettes. Les mesures environnementales doivent être accompagnées de mesures sociales visant à lutter contre l’emploi informel et à garantir une transition exhaustive”,

a déclaré Diana Kaissy.

En conclusion de ce webinaire, le premier des deux consacrés à la transition juste dans l’industrie du textile et de la confection, Diana Junquera Curiel, Codirectrice du Centre pour une transition juste de la CSI, a déclaré :

“La voie vers une transition juste dans ce secteur est complexe et varie selon les régions. Un effort unifié axé sur la durabilité, les droits des travailleurs et la croissance inclusive peut conduire à une industrie du textile et de la confection plus équitable et plus résiliente.”

Crédit photo : Travail dans une usine de vêtements à la périphérie de HCM City, au Vietnam. OIT/Aaron Santos

S’atteler aux droits des LGBTI face à la montée des attitudes réactionnaires

Le Professeur Graeme Reid, universitaire sud-africain et actuel expert indépendant des Nations unies sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre (OSIG), prononcera le discours d’ouverture. Sa carrière s’est concentrée sur le genre, la sexualité et les droits de l’homme, et il a dirigé le programme des droits LGBT auprès de Human Rights Watch.

Clément Nyaletsossi Voule, Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association pour le Togo, partagera son expérience depuis son entrée en fonction en avril 2018. L’expertise de M. Voule porte sur le soutien aux défenseurs des droits de l’homme et la coordination des efforts de plaidoyer en Afrique.

Les intervenants représentent un large éventail du mouvement syndical mondial et nous entendrons également des représentants d’organisations communautaires LGBTI afin de garantir un dialogue passionnant, reflétant de nombreuses perspectives et expériences du monde entier, visant à promouvoir une compréhension plus profonde et un plaidoyer plus fort pour les droits des LGBTI au sein du mouvement syndical.

Janina Henkes, Conseillère politique principale pour les femmes, l’égalité et le genre auprès du GEW, le syndicat allemand de l’éducation affilié de l’Internationale de l’éducation, livrera le résultat de ses recherches approfondies sur le genre et le travail. Ses expériences internationales enrichissent sa compréhension des changements sociétaux vers des modèles non hétéronormatifs.

Keturah Johnson, Vice-présidente internationale de l’AFA-CWA (syndicat du personnel de bord du transport aérien), membre de la Fédération internationale des transports (ITF), n’est pas seulement une pionnière en tant que première femme de couleur homosexuelle à occuper ce poste, mais aussi une ancienne combattante. Le leadership de Mme Johnson a joué un rôle déterminant dans la promotion de pratiques de travail inclusives dans l’industrie du transport aérien.

Laya B. Ferrer, de la centrale syndicale philippine ALU-TUCP, affiliée à IndustriALL, se concentre sur l’amélioration des conditions de travail et la défense de l’égalité des sexes sur le lieu de travail. Son travail est essentiel pour protéger les jeunes travailleurs et travailleuses de l’exploitation et du harcèlement.

Linda Bogle-Mienzer, organisatrice des relations de travail au sein du Syndicat des services publics des Bermudes, gère les questions LGBTQI+ au sein de la sous-région Caraïbes de l’Internationale des services publics. Son engagement profond en faveur des droits du travail et de l’égalité se reflète dans sa longue carrière de dirigeante syndicale.

Marvellous Tawomhera, Présidente nationale des jeunes travailleurs et travailleuses pour le Syndicat de l’hôtellerie et de la restauration du Zimbabwe, affilié à l’UITA, est une ardente défenseuse des droits du travail et de la justice sociale, qui s’intéresse tout particulièrement aux défis auxquels sont confrontés les jeunes travailleurs et travailleuses de l’hôtellerie et de la restauration.

Rafael Mesquita, Président du syndicat des journalistes de Ceará au Brésil et Secrétaire organisateur de la Fédération nationale des journalistes (FENAJ), affiliée à la FIJ au Brésil, a mené des initiatives visant à formaliser les normes de travail pour les journalistes LGBTQIA+. Ses efforts vont jusqu’à l’organisation de la Parade pour la diversité au Brésil, ce qui constitue une avancée significative dans le domaine de la défense des droits au niveau régional.

Kimberly Frost, membre du conseil d’administration d’OUTreach et trésorière mondiale d’ILGA, apportera sa riche expérience en matière d’élaboration d’initiatives éducatives et de défense des droits du travail des LGBT en Amérique du Nord et dans les Caraïbes.

La conférence “Aller de l’avant malgré les attitudes réactionnaires : les droits des LGBTI et la liberté syndicale” vise non seulement à mettre en évidence la résilience nécessaire pour défendre les droits des LGBTI+, mais aussi à favoriser un dialogue susceptible de déboucher sur des stratégies réalisables au sein du mouvement syndical. Dans le cadre de l’éthique collective “Un préjudice pour l’un est un préjudice pour tous”, ce webinaire servira de phare à la solidarité, à l’éducation et au plaidoyer.

Détails de la rencontre
Date : 26 juin 2024
Heure :  de 14h00 à 15h00 CEST
Lieu : En ligne via Zoom
Inscription : https://itf-org-uk.zoom.us/webinar/register/WN_tb0ZIekTRHm6ZS4HlYNnFg#/registration

“Ce webinaire nous donne l’occasion d’apprendre et de partager nos expériences sur les défis auxquels sont confrontés les travailleurs et travailleuses des communautés LGBTI+ et sur la manière dont nous pouvons y répondre. En tant que syndicalistes, nous avons le devoir de nous battre pour les travailleurs et travailleuses de la communauté LGBTI+, nous devons nous assurer que leurs voix sont entendues et que nous créons des environnements sûrs et inclusifs, exempts de discrimination et de harcèlement”,

a déclaré Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.


 

 

Les syndicats du Sri Lanka appellent au dialogue social à propos d’un projet de loi controversé

Bien que l’inflation se soit calmée, le Sri Lanka connaît sa pire crise économique depuis 2022, ce qui se traduit par des conditions de vie déplorables pour les travailleurs du pays. Le mois dernier, le président du Sri Lanka, Ranil Wickremesinghe, a présenté un projet de loi sur la transformation économique, qui vise à supprimer l’institution qu’est le Conseil de l’investissement du Sri Lanka et à créer quatre autres entités subsidiaires ainsi que la Commission économique du Sri Lanka.

Les syndicats, parmi lesquels les affiliés d’IndustriALL, ainsi que les organisations de la société civile du Sri Lanka s’opposent avec véhémence à ce projet de loi. Selon les affiliés d’IndustriALL, il a été introduit sans engager de dialogue social avec les représentants des travailleurs, en violation des normes et règles établies par l’Organisation internationale du travail. Le Conseil consultatif national du travail, un mécanisme tripartite chargé de débattre des questions liées au travail, ne s’est pas réuni depuis septembre de l’année dernière.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous sommes solidaires de nos affiliés du Sri Lanka dans leur lutte pour la sauvegarde des droits des travailleurs. Nous appelons le gouvernement sri-lankais à engager immédiatement un dialogue social avec les syndicats et à répondre à leurs préoccupations légitimes concernant le bien-être des travailleurs”.

Les syndicats ont organisé des manifestations de protestation et ont déposé un dossier juridique contre les dispositions mentionnées dans le projet de loi. Les syndicats prévoient également d’organiser une session pour discuter des défis posés par la loi proposée, suivie d’un point de presse et d’une discussion avec des parlementaires d’autres partis politiques sur la question.

Ashutosh Bhattacharya, Secrétaire régional d’IndustriALL a déclaré :

“Les travailleurs sri-lankais sont déjà confrontés à des problèmes multiples et ce projet de loi s’attaque encore davantage à leurs droits fondamentaux tout en renforçant le capitalisme. Nous exprimons notre soutien indéfectible aux syndicats sri-lankais qui s’opposent à ce projet de loi. Le gouvernement doit respecter les valeurs démocratiques, veiller à ce que les travailleurs puissent se faire entendre et protéger leurs droits. La justice sociale et des politiques économiques équitables sont essentielles pour le bien-être de tous les Sri-Lankais”.

Photo d’illustration : Shutterstock

Les syndicats argentins condamnent le projet de réforme qui aurait un impact majeur sur les travailleurs

Après un débat long et passionné, le Sénat argentin a adopté le 12 juin le projet de réforme connu sous le nom de “Loi pour les bases et les points de départ de la liberté des Argentins”. Le jour du vote, des milliers de travailleurs se sont rassemblés devant le Congrès national pour demander aux sénateurs de voter contre le projet de loi, qui va à l’encontre des intérêts du peuple argentin.

Dans une réponse brutale du gouvernement, six députés de l’opposition se sont retrouvés à l’hôpital après avoir été aspergés de gaz poivré. Des gaz lacrymogènes ont également été utilisés contre les manifestants pacifiques.

Les journalistes et les manifestants ont été repoussés par des balles en caoutchouc et plus de 200 personnes ont dû recevoir des soins médicaux. Au moins 36 personnes ont été arrêtées, emprisonnées et accusées de sédition et de terrorisme, des chefs d’accusation passibles de lourdes peines de prison, un autre signe clair que les manifestations ont été criminalisées par la ministre de la sécurité nationale, Patricia Bullrich.

Le projet de loi avait déjà été adopté par la Chambre des députés et devait encore être approuvé par le Sénat. Au cours du débat, les sénateurs ont apporté quelques amendements et le projet de loi va maintenant retourner à la chambre basse pour que ces amendements soient approuvés, avant qu’il soit promulgué par le gouvernement. Si les deux tiers de la Chambre des députés votent pour le rejet des amendements, le texte original, qui est encore plus préjudiciable aux travailleurs, deviendra loi.

Avant l’annonce du résultat du vote, les représentants syndicaux ont lu une déclaration préparée par les organisateurs de la manifestation, selon laquelle le projet de loi encourageait des politiques qui éroderaient le pouvoir d’achat des travailleurs, détruiraient les capacités de production, créeraient du chômage et réduiraient à néant les progrès accomplis en faveur de la création de relations de travail plus équitables.

Le projet de loi adopté par le Sénat donne au président le pouvoir, pour une période d’un an, de réformer ou d’adopter des lois sans passer par le Congrès. Pour les syndicats, il s’agit d’une violation de la Constitution du pays et du principe républicain de la séparation des pouvoirs.

Les sénateurs ont également raccourci la liste des entreprises publiques que le gouvernement peut privatiser et réduit le nombre d’agences publiques qu’il peut fermer. Toutefois, le gouvernement pourra toujours vendre un certain nombre d’entreprises publiques.

Les sénateurs ont également approuvé le régime d’incitation aux grands investissements (RIGI), qui, selon les syndicats, inondera le pays de capitaux étrangers et multinationaux sans aucun contrôle de l’État et permettra l’exploitation de ressources publiques et naturelles stratégiques, ce qui entraînera une désindustrialisation accrue.

La réforme de la sécurité sociale a également été adoptée. Elle a été condamnée par les syndicats parce qu’elle créera davantage de travail informel, réduira la couverture sociale et augmentera l’âge de la retraite pour les femmes.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani, a déclaré :

“C’est une honte et un affront à la démocratie, aux électeurs et au peuple argentin. Les partisans de la démocratie dans le monde entier devraient s’alarmer du fait que le président argentin se soit vu accorder des pouvoirs aussi étendus pendant un an.

Le projet de loi a été adopté à une voix près, ce qui signifie que le gouvernement Milei ne dispose pas d’une large majorité. Nous sommes solidaires du peuple argentin qui lutte et nous continuerons à soutenir nos affiliés dans leur combat pour l’abrogation de ces lois.”