Dernier appel, avant Noël, aux supermarchés suisses pour la signature de l'Accord

Plus de 120 marques internationales ont signé ce document juridiquement contraignant qui apportera sécurité et durabilité au secteur bangladais de l'habillement après une série de tragédies meurtrières. Or, les deux géants suisses du commerce refusent d'ajouter leurs noms à une liste où figurent plusieurs chaînes mondiales de supermarchés.

En avril, plus de 1.100 travailleuses et travailleurs de l'habillement ont péri dans l'effondrement de l'immeuble-atelier Rana Plaza, près de la capitale Dacca. Cette catastrophe est à l'origine de l' Accord sur l'incendie et la sécurité des bâtiments au Bangladesh, lancé par IndustriALL Global et UNI et qui couvre maintenant plus de 1.800 usines et de 2 millions de travailleurs.

Jyrki Raina et Philip Jennings, les Secrétaires généraux d'IndustriALL et UNI Global Union respectivement, étaient accompagnés de leur homologue de la CSI, Sharan Burrow, lors d'une action de protestation devant un magasin Migros, à Nyon.

"Nous sommes à huit jours de la Noël, mais cela fait maintenant huit mois que s'est produite la tragédie qui a coûté la vie à plus d'un millier de personnes au Bangladesh", a déclaré Philip Jennings.

"Nous voulons donner à Migros et Coop une dernière chance de faire ce qu'il faut et de signer l'accord avant le Nouvel-An. Il est temps de faire passer l'humanité avant le profit."

Pour sa part, Jyrki Raina a déclaré "Nous nous sommes débattus pour que des marques du monde entier signent cet accord et nous nous félicitons du résultat obtenu. Mais, si on regarde chez nous, chez les marques suisses qui se fournissent au Bangladesh, on constate hélas que les plus grands noms sont absents."

Pour la Secrétaire générale de la CSI, Sharan Burrow, "Les P-DG de toute une série de grandes marques mondiales ont ajouté leurs noms au bas de cet accord qui fera changer les choses dans la sécurité des usines au Bangladesh.

"Ceux qui n'ont pas signé restent dans l'ombre. Ils refusent de montrer qu'ils se soucient de leurs travailleurs ou de leurs chaînes d'approvisionnement, et ils devraient faire le nécessaire pour y remédier sans retard."

Dans des lettres adressées aux P-DG de Migros et Coop, Philip Jennings et Jyrki Raina ont écrit : "Nous nous adressons à vous pour vous demander de vous joindre à plus de 120 de marques mondiales dans un mouvement sans précédent destiné à améliorer les conditions de travail et la sécurité des travailleuses et travailleurs de l'habillement du Bangladesh où vos organisations s'approvisionnent en partie.

Cet accord a déjà fait bouger les choses dans le domaine de la sécurité des usines. Parmi les grands noms de la distribution mondiale qui l'ont signé et participent activement à sa mise en œuvre, on trouve Carrefour, Tesco, Sainsbury, Lidl et d'autres encore. Aujourd'hui, nous demandons à Coop et Migros de faire de même.

IndustriALL Global Union signe deux nouveaux Accords Cadres Mondiaux

Le 9 décembre, Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, a rencontré Jan Johansson, PDG de SCA pour renouveler l’ACM entre SCA, IndustriALL et le syndicat suédois du papier Pappers.

Le premier ACM avec SCA a été signé en 2004 et a depuis été renouvelé tous les deux ans. La dernière mouture de l’ACM est plus dynamique et rencontre des exigences qui sont dans la lignée des décisions de la Conférence de Francfort sur les ACM. L’accord revu reprend la liste des conventions et principes directeurs fondamentaux de l’OIT, qui fondent la relation entre employeurs et salariés. Il couvre également des questions ayant trait au temps de travail et à la compensation des heures supplémentaires ainsi que le principe d’égalité pour tous les salariés, permanents, à temps partiel ou en sous-traitance.

Le 10 décembre, un ACM a été signé entre IndustriALL, le syndicat norvégien Fellesforbundet et Norske Skog, le plus grand producteur de papier de Norvège. L’accord entérine le respect par Norske Skog des droits de la personne et des droits syndicaux ainsi qu’un engagement à promouvoir ces droits dans sa chaîne d’approvisionnement et auprès de ses clients.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL déclare :

Les ACM démontrent que les entreprises peuvent faire des affaires en étant socialement responsables et IndustriALL voudrait voir ce type d’accord être la norme dans l’industrie.

La Banque africaine de développement adopte des procédures de sauvegarde sociale

En adoptant « La Sauvegarde Opérationnelle 5 : Conditions de travail, santé et sécurité (SO 5), la BAD impose a tous ses emprunteurs d’adhérer aux normes fondamentales du travail de l’OIT, de fournir des informations écrites à leurs travailleurs sur leurs conditions de travail et leurs droits, de se conformer aux normes fondamentales de santé et sécurité professionnelles et d’assumer la responsabilité des conditions proposées aux travailleurs des « tierces parties » (sous-traitants).

L’adoption des nouvelles sauvegardes est le point d’orgue d’un processus de quatre années auquel les syndicats ont contribué par des recommandations. Elle suit l’exemple des exigences de performance en matière sociale adoptées en 2006 par la Banque Mondiale pour les prêts au secteur privé, la SFI. Bien que largement similaires, les dispositions de la BAD apparaissent comme émettant des exigences plus fortes auprès des emprunteurs pour assurer que leurs sous-traitants s’y plient également en imposant que « l’emprunteur ou le client incorpore ces exigences [celle de la SO 5] dans les accords contractuels avec les entrepreneurs, les sous-traitants et les intermédiaires ». La SFI impose seulement que les emprunteurs « déploient des efforts commerciaux raisonnables ».

La BAD a annoncé qu’elle élaborerait des procédures d’évaluation et un système de traçage pour rendre possible le suivi de la mise en œuvre des nouvelles exigences.

Jenny Holdcroft, directrice des politiques chez IndustriALL Global Union, indique que le suivi par les syndicats a joué un rôle important au moment d’assurer l’application des sauvegardes sociales de la SFI.

Il sera important pour les syndicats africains, la CSI et les Fédérations syndicales internationales de s’exprimer sur l’efficacité des procédures d’évaluation et de suivi telles qu’elles sont mises en place et de suivre dans le temps les projets de la BAD concernant le respect des sauvegardes.

Deux autres grandes banques de développement régional, la Banque asiatique de développement et la Banque inter-américaine de développement, n’ont jusqu’ici pris aucune disposition pour adopter des sauvegardes sociales.

Révision par le Comité des femmes de IndustriALL de la participation des femmes aux réunion sectorielles

Le Comité en est arrivé à la conclusion que des mesures draconiennes doivent être prises pour redresser la situation et améliorer la participation des femmes pauvres aux réunions de IndustriALL. Cette conclusion a été suivie par le secrétaire général, Jyrki Raina, de même que par le Comité exécutif qui s’est réuni les deux jours suivants.

La réunion se déroulait dans le contexte des 16 journées organisées pour combattre la violence à l’égard des femmes et des enfants. Ce combat devrait être mené 365 jours par an. Dans le secteur minier, les femmes qui travaillent sous terre sont particulièrement vulnérables. “Nous devons mettre au point de bonnes pratiques permettant de prendre des mesures contre la violence. En plus, nous devons syndiquer les femmes autour de leurs priorités, dont l’une est la violence,” a déclaré Carol Bruce, directrice du département des travailleuses et des non-manuels de IndustriALL.

Jyrki Raina a rendu compte des tendances au sein de IndustriALL dont plusieurs touchent les femmes, notamment les travailleuses au Bangladesh. Des structures propres aux femmes ont été mises en place dans les régions en 2013. Le secrétaire général a donné lecture de l’accord politique obtenu au Congrès fondateur en 2012, où il était question d’améliorer la représentation des femmes à tous les niveaux pour le prochain congrès.

La pierre d’achoppement sur la représentation des femmes porte sur la question des présidences sectorielles. En attendant, il a été établi que chaque conférence sectorielle devait élire une co-présidence pour le secteur avec une femme et un homme. Il s’agit d’un petit pas vers une amélioration de la représentation des femmes aux réunions sectorielles. Le siège de IndustriALL doit également contrôler les enregistrements et rejeter les délégations dans lesquelles il n’y a pas de femmes. Il sera également tenu compte de l’équilibre entre femmes et hommes pour l’attribution d’un soutien financier. L’une des possibilités consiste à appliquer aux autres réunions les dispositions des Statuts prévues pour le Congrès, soit un quota de 30 pour cent qui devrait s’appliquer partout, même dans les pays développés.

Des statistiques ont été présentées sur la représentation des femmes dans les réunions sectorielles, les conférences et les réseaux. Les femmes désapprouvent les chiffres présentés dans ce rapport . Dans beaucoup de réunions en 2013, une seule femme était présente, et leur pourcentage dans d’autres réunions était souvent inférieur à 10 pour cent. Les femmes exigent un audit consacré à l’ensemble de l’organisation pour connaître la présence de dirigeantes à tous les niveaux. Il sera également demandé à un groupe de travail d’examiner la question de la représentation des femmes. La CSI sera invitée à faire un exposé à la prochaine réunion sur le résultat de ses réglementations sur la parité entre femmes et hommes.

Des conférences régionales se tiendront en 2014 dans les différentes régions de IndustriALL. Elles auront pour thème “Travailleuses: sécurité et dignité dans le travail ”. L’envoi d’une autre proposition de thème doit se faire avant le 15 février 2014. La proposition sur l’engagement d’une action de soutien aux femmes concerne la solidarité portée aux femmes égyptiennes. Une information complémentaire concernant les femmes égyptiennes et leur combat sera fournie d’ici le 1er février 2014 afin que des messages puissent être envoyés pour le 8 mars.

Les femmes ont été invitées à Vienne, Autriche, pour la conférence mondiale des femmes en 2015. Une date appropriée devra être fixée, soit en mai soit en octobre. Le titre proposé de la conférence est “Transformation des structures sous la direction des femmes”. D’autres propositions pourront être faites d’ici le 1er mars 2014.

Des rapports ont été présentés sur les travaux menés dans les domaines du salaire minimum vital, de l’emploi précaire, de la protection de la maternité et de la violence. Compte tenu des longues discussions qui eurent lieu lors de la réunion, des doutes ont été exprimés pour savoir si une demi-journée était suffisante pour rendre justice aux préoccupations des femmes.

Dans tous ces travaux, l’objectif fixé d’une plus forte présence des femmes au Congrès et dans toutes les autres activités de IndustriALL, s’est rapproché de son point d’exécution.

Rassemblement des membres lock-outés de United Steelworkers chez Neville Chemical

Les membres de l’USW sont lock-outés par l'entreprise depuis le 12 août 2013. L'usine Neville Chemical est située aux États-Unis sur Neville Island à Pittsburgh, Pennsylvanie,.

Le 11 décembre, 250 personnes environ appartenant à toutes les sections syndicales de la région se sont rassemblées bruyamment aux portes de l'usine, avec Leo Gerard, président de l’USW. Le rassemblement aux portes de l'usine était destiné à faire comprendre à Neville Chemical qu'il fallait mettre fin au lock-out et négocier équitablement avec les salariés.

Pour parvenir à un règlement équitable, les membres de la section syndicale 5032 de l’USW ont travaillé pendant plus de huit mois en respectant les termes de leur contrat venu à expiration, mais en août, l'entreprise a déclaré un lock-out avec un gel des retraites décidé unilatéralement, et en imposant d'autres coupes.

Lors des dernières négociations sur les contrats, les membres de la section 5032 de l’USW ont donné leur accord à des concessions importantes de façon à maintenir la rentabilité de l'entreprise. L'entreprise réalise maintenant des bénéfices et la direction demande toujours aux travailleurs et travailleuses d’accepter d'autres coupes.

Le personnel défend son droit à partir en retraite dans la dignité alors que l'entreprise demande un gel des retraites.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a envoyé lors de la mobilisation du 11 décembre le message de solidarité suivant:

Nous soutenons sans réserves le rassemblement des membres de la section syndicale 5032 de l’USW, de leurs familles et de la communauté de Pittsburgh, organisé aujourd'hui aux portes de l'usine Neville Chemical, pour mettre fin au lock-out et envoyer un message clair à la direction pour une négociation équitable avec les salariés.

Les membres de la section 5032 de l’USW ont en moyenne une trentaine d'années de service dans les installations. Ils considèrent le lock-out comme une trahison car ils ont fait des sacrifices pendant des années pour rendre l'entreprise rentable, et en acceptant plus récemment des concessions très importantes en 2006 et en 2008 pour assurer la survie de entreprise.

Pour tout renseignement complémentaire, se rendre sur le site Internet Fight Back Pittsburgh, section sur Pittsburgh du programme du membre associé de l’USW. ‘Fight Back Pittsburgh’ a soutenu le combat mené par la section syndicale 5032 et assuré un soutien prolongé de la communauté locale.

Campagnes du mouvement syndical international pour les travailleurs du pétrole au Kazakhstan

Après la lutte des travailleurs du pétrole qui a débuté en 2011 avec l'entreprise pétrolière kazakhe, KazMunaiGas (anciennement Kazakhoil), quand un conflit du travail résultant de l’inactivité des autorités frisant la complicité a dégénéré, fin 2011, en émeutes sanglantes à Zhanaozen, qui ont provoqué la mort de 17 personnes et de nombreux blessés, une véritable répression des travailleurs du pétrole a soulevé l'inquiétude des organisations syndicales internationales et de protection des droits de la personne.

Le procès orchestré par les autorités kazakhes en mars 2012 a pris fin avec la condamnation  de 37 personnes à des peines de prison ou autre châtiment. Sept d'entre elles sont toujours emprisonnées. À maintes reprises, des observateurs nationaux et internationaux ont appelé l'attention des dirigeants du pays sur les nombreux abus contre les accusés et les témoins qui ont déclaré avoir été torturés.

L'un des témoins, Alexander Bozhenko, âgé de 20 ans, a déclaré devant le tribunal avoir été torturé pendant plusieurs jours et forcé de témoigner contre les travailleurs du pétrole à Zhanaozen. Après avoir publiquement dénoncé son témoignage précédent qui lui avait été extorqué sous la torture, le jeune homme est décédé après avoir été roué de coups par des individus qui n'ont pas été identifiés. Les autorités ont déclaré que sa mort n'était pas liée au procès, bien que des doutes sérieux aient été émis.

Jusqu’à présent sept personnes, Tanatar Kaliev, Shabdal Utkilov, Talgat Saktaganov, Naryn Dzharilgasinov, Kanat Zhusipbaev, Maksat Dosmagambetov et Roza Tuletaeva sont toujours emprisonnées.

Soutenez la campagne de LabourStart en envoyant un message de protestation au président du Kazakhstan pour empêcher une nouvelle répression des droits des travailleurs et travailleuses et des libertés au Kazakhstan sur le lien suivant: http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=2103

"Les droits syndicaux sont des droits de la personne. IndustriALL poursuit la lutte mondiale pour assurer à chaque travailleur et travailleuse le droit d'adhérer librement à un syndicat, d’obtenir la protection d'une convention collective, et d'avoir l'assurance d'un lieu de travail sain et sécuritaire," a déclaré Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL.

Trois dirigeants syndicaux détenus en Colombie

Le harcèlement, les attaques, les menaces et les arrestations font partie d’une  politique de persécution et d’ingérence dans le travail de USO, un affilié de IndustriALL Global Union, pour assurer la promotion des droits syndicaux et les libertés des travailleurs et travailleuses de l’industrie du pétrole, notamment chez Pacific Rubiales. La puissance des entreprises pétrolières en Colombie est très grande. Les groupes privés de sécurité des entreprises avec les forces armées restreignent le droit à une activité syndicale libre dans les zones de production du pétrole, s’opposent à la liberté de mouvement des dirigeants syndicaux et les empêchent de rencontrer les travailleurs et travailleuses employés par les entreprises.

IndustriALL Global Union a écrit en novembre au gouvernement colombien pour dénoncer la détention du vice-président de USO Meta, Darío Cárdenas. Cárdenas est accusé d’avoir bloqué une voie publique de  circulation, de dommages à des ressources naturelles et de dommages aggravés à une propriété privée.

Ces affaires sont en instance devant les tribunaux. USO craint de nouvelles arrestations de ses membres et de dirigeants régionaux et nationaux, et lance un appel pour une action urgente de solidarité internationale et nationale afin d’empêcher la persécution et le harcèlement des travailleurs du pétrole en Colombie et pour indiquer clairement que toute obstruction aux libertés syndicales et toute pénalisation de l’activité syndicale par des entreprises comme Pacific Rubiales ne seront pas tolérées.

USO demande aux autres syndicats de dénoncer le régime antisyndical encouragé par le gouvernement colombien au profit des entreprises multinationales, et le pillage des ressources naturelles du pays. La direction exécutive nationale de USO dénonce les arrestations de militants syndicaux dans les zones d’exploitation de Rubiales, Meta, dans les plaines orientales.

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union, a écrit au président Santos pour lui demander d’intervenir de toute urgence. IndustriALL exige la libération immédiate de Dario Cardenas, Campo Elias Ortiz, Jose Dilio Naranjo et Hector Sanchez, la garantie du droit à un procès équitable, l’arrêt des persécutions sanctionnées par l’État des travailleurs du pétrole et du mouvement syndical et social dans le pays.

Jyrki Raina a déclaré:

Nous demandons au gouvernement d’abroger la loi sur la sécurité du citoyen et autres mesures législatives arbitraires qui criminalisent la liberté syndicale et les protestations sociales, et qui piétinent les droits des travailleurs et travailleuses.

Hommage d’IndustriALL à Nelson Mandela 1918 – 2013

Nelson Rolihlahla Mandela, le plus grand homme d’état à avoir jamais vécu, est une icône mondiale et pourtant il symbolisait des choses différentes pour des personnes différentes. Il est un symbole de triomphe, là où le gamin d’un modeste village peut en arriver à défier un gouvernement répressif et changer le cours de l’histoire. Un symbole de lutte : organiser le changement politique par la mise en place et la direction de structures du Congrès national africain, dont son aile militaire l’Umkhonto we Sizwe. Un symbole de courage : il a passé le début de sa vie sous le coup du harcèlement et de l’incarcération et pourtant, alors même qu’il était emprisonné à vie, son nom a poussé les gens à se battre pour la liberté. Un symbole de réconciliation, alors qu’après avoir passé 27 années en prison, il a libéré la nation d’un régime oppressif et sanglant par la force du pardon. Un symbole d’espoir, utilisant toute la portée de sa voix pour s’exprimer contre l’injustice et la souffrance humaine et pour promouvoir la paix et le bien-être.

Mandela n’a pas toujours joui d’un respect universel. Il fut un temps ou les Conservateurs en Grande-Bretagne appelaient ouvertement à son exécution, il est resté sur la liste des terroristes aux Etats-Unis jusqu’en 2008 ; il a été mal considéré pour s’être exprimé sur la guerre en Irak, pour avoir donné l’accolade à Fidel Castro et salué le rôle de Cuba dans la lutte contre l’apartheid, pour avoir pris la défense de la Palestine en disant que la liberté en Afrique du Sud était incomplète sans la liberté pour les Palestiniens.

Géant politique, Mandela restait un homme du peuple. Il a rendu hommage au rôle que le syndicalisme avait joué dans l’abolition de l’apartheid, non seulement en Afrique du Sud, mais aussi partout dans le monde. Il avait compris que ce sont des travailleurs ordinaires qui s’étaient levés, s’étaient dressés ensemble et étaient restés unis dans la solidarité qui avaient créé la masse critique pour vaincre l’apartheid.

Le compromis pour une nouvelle Afrique du Sud a eu un prix. Alors que Mandela croyait au droit des travailleurs à prospérer et vivre dignement, les conditions macroéconomiques instables héritées de l’apartheid ont nécessité de sacrifier les aspirations de la classe ouvrière en faveur de la stabilité économique. La nouvelle Afrique du Sud démocratique s’est ralliée au néolibéralisme et a en a scellé les fondements dans le cadre économique adoptée en 1996, la politique de Croissance, Emploi et Redistribution dont il est largement reconnu qu’elle a pérennisé l’inégalité, le chômage et la pauvreté qui accablent l’Afrique du Sud aujourd’hui.

Il demeure pourtant aimé et honoré par la classe ouvrière, car il était un homme humble et de principes. Il a reconnu que la lutte de la classe ouvrière ne s’arrêtait pas avec la naissance d’une nouvelle Afrique du Sud et a encouragé les travailleurs à réclamer des comptes à l’état et à lutter pour une Afrique du Sud plus juste.

Le Syndicat des Mineurs NUM a octroyé à Mandela en 1980 le titre honorifique de Président à vie de la NUM. Aujourd’hui, elle porte son deuil : « Mandela, qui toute sa vie a consacré et sacrifié sa vie au bien du peuple de l’Afrique du Sud et du monde, nous manquera cruellement en tant que remarquable icône mondiale, de pacificateur et de combattant de la liberté. » Lors de son décès, la NUM a déclaré : « Il nous a inspiré d’un bout à l’autre et a encouragé en de nombreuses occasions les mineurs à prendre l’éducation au sérieux, car il croyait que c’est par cette voie que leurs enfants s’en sortiraient. »

Le Syndicat de Métallurgistes NUMSA a déclaré : « le Président Mandela sera éternellement admiré et adoré par les métallurgistes militants et combattants de notre pays… Le parcours du Président Mandela a touché de nombreux Sud-africains dans leur vie, qu’ils soient jeunes ou vieux, noirs ou blancs, car son existence a illuminé nos aspirations partagées d’une vie de pleine égalité entre les hommes, notion qui est au cœur même de la Charte de la Liberté. Sa contribution exemplaire à notre lutte pour l’émancipation, la liberté, la démocratie et le pouvoir du peuple sera célébrée par de nombreuses générations à venir. »

Le décès de Mandela survient à un moment où il y a davantage que du chagrin dans les sombres nuages qui se sont accumulés dans les cieux sud-africains. Il y a de la division et de la désillusion dans de nombreux milieux et pourtant, le pays reste profondément démocratique. L’héritage de Mandela est aussi celui des millions de Sud-africains qui y ont contribué.

La NUMSA appelle à un renouveau de la lutte en son honneur : « le décès du Président Mandela marque la fin d’une ère politique dans notre quête de la liberté totale. Pour honorer pleinement et fidèlement Mandela et ses Camarades, son décès doit augurer le renouveau de notre lutte intensifiée pour une pleine souveraineté économique et pour une liberté économique totale de la classe ouvrière et des pauvres des campagnes. »

L’avenir est ce vers quoi nous devons tourner notre regard, a dit Frans Baleni, Secrétaire général de la NUM : « A l’heure où nous mettons les drapeaux en berne pour rendre hommage à l’œuvre de ce pilier de la nation, il est temps pour nous Sud-africains de réfléchir à l’héritage qu’il nous laisse et à l’avenir que nous devons forger pour les générations à venir. »

Au moment où IndustriALL rend hommage à ce grand homme et se joint au reste du monde pour porter son deuil, nous offrons à Mandela le mot de la fin. « J’ai parcouru ce long chemin vers la liberté. J’ai essayé de ne pas hésiter; j’ai fait beaucoup de faux pas. Mais j’ai découvert ce secret : après avoir gravi une haute colline, tout ce qu’on découvre, c’est qu’il reste beaucoup d’autres collines à gravir. Ici, j’ai pris le temps de me reposer, de jeter un coup d’œil sur la vue glorieuse qui m’entoure, de voir le chemin que j’ai parcouru. Toutefois, je ne peux pas me reposer longtemps, parce que la liberté s’accompagne de responsabilités, et je n’ose pas m’attarder, parce que je n’ai pas encore achevé mon long voyage. »

A notre grand héro de la lutte nous disons : repose en paix.

“Il est temps de reléguer l’ancienne législation irakienne du travail aux oubliettes de l’histoire”

Lors de la réunion qui a eu lieu ce matin, 9 décembre, à l’ambassade d’Irak, des discussions constructives ont eu lieu pour soutenir le processus législatif en vue de l’adoption de nouvelles lois sur le travail et les syndicats, destinées à remplacer l’ère répressive de Saddam Hussein sur le droit des travailleurs et travailleuses à se syndiquer.

Le secrétaire général Jyrki Raina a expliqué à l’ambassadeur Mohammad Ismail que Hashmeya Muhsin al-Saadawi, membre du Comité exécutif de IndustriALL, et d’autres dirigeants de syndicats affiliés, sont dans l’impossibilité de syndiquer librement les salariés et d’exercer leurs droits fondamentaux, tant qu’une législation du travail respectant les règles de l’OIT reste en attente.

Alors que la Constitution irakienne établit le droit des travailleurs et travailleuses d’adhérer au syndicat de leur choix, les lois 150 et 151 de l’époque Saddam ont supprimé cette protection juridique depuis 1987. Le Conseil national irakien de IndustriALL a fait campagne aux côtés des centrales nationales et d’autres organisations dans un effort unifié pour rejeter les lois draconiennes. 

Voir ici le rapport sur les discussions en novembre sur la législation du travail en Irak qui incluaient la CSI et US Solidarity Center, ainsi que IndustriALL et la FIOT.

Il est essentiel pour les syndicats que cette législation syndicale s’applique aux ouvriers et aux ouvrières, ainsi qu’aux autres salariés, dans tout ce qui est classé en Irak comme secteur public (plus de 80% de l’économie) tout en reconnaissant la réalité actuelle du pluralisme syndical.

IndustriALL souligne aujourd’hui l’importance de mettre fin aux attaques juridiques dirigées contre Hassan Juma’a et d’autres dirigeants syndicaux. Actuellement, alors que Hassan ait été acquitté une nouvelle fois, le vice-président de la fédération des syndicats du pétrole d’Irak (IFOU) a introduit un appel contre l’amende qui lui a été infligée et qui se monte à près de 30.000 USD et a réussi à faire classer l’affaire sans suite, pour se retrouver soumis à une appel du ministère qui a finalement réussi à imposer de nouveau l’amende draconienne. Il a maintenant épuisé ses possibilités d’appel administratif et fait face à la possibilité de devoir payer une somme forfaitaire exigée par le ministère. L’impossibilité de payer pourrait mener à la perte de son emploi, la saisie de ses biens personnels et même à la prison. Seize autres travailleurs doivent payer des amendes qui se montent à un total de plus de 600.000 USD. Les travailleurs et travailleuses sont tenus personnellement responsables de la valeur de toutes les pertes de production provoquées par des arrêts de travail. L’ambassadeur a refusé aujourd’hui d’admettre que ces accusations revenaient à de la persécution contre les activités syndicales, mais il a promis de mieux savoir ce qui se passe.

Le secrétaire général de IndustriALL Jyrki Raina a dit à l’ambassadeur:

L’Irak est décrit par beaucoup comme étant le berceau de la civilisation. Il est temps de tenir le haut du pavé. L’Irak peut donner le signal d’un changement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, et nous voudrions beaucoup assister à cela.

L’ambassadeur Ismail a dit à IndustriALL:

Il ne fait pas de doute que la législation sur la liberté syndicale sera promulguée en Irak. La population irakienne a le droit de se protéger elle-même. Nous sommes prêts à coopérer avec tout le monde. Mais beaucoup de décisions importantes sont en attente au Parlement. Le processus prend du temps, et la situation dans le domaine de la sécurité est très grave.

IndustriALL et ses six affiliés irakiens continueront de faire connaître la situation choquante qui règne actuellement, et de faire pression pour obtenir l’adoption d’une législation répondant aux impératifs de l’OIT durant cette législature en Irak.

La victoire symbolique de Napoleón Gómez émeut IndustriALL

Napoleón n’a pas pu prendre son siège en tant que membre titulaire de l’Exécutif, car des accusations bidons de la part des autorités mexicaines lui ont valu de figurer sur la liste d’alerte rouge d’Interpol.

La victoire émouvante consistant à permettre la participation de Napoleón à la réunion fait suite à des mouvements de solidarité et de soutien internationaux constants. Le rôle des Métallos USW et d’IndustriALL a été particulièrement salué. L’attention se concentre maintenant sur un retour en toute sécurité de Napoleón au Mexique pour qu’il puisse reprendre la direction de son syndicat Los Mineros depuis son siège de Mexico.

Pour assurer que Napoleón puisse retourner en toute sécurité au Canada aujourd’hui dans la journée, la nouvelle de sa présence n’a pas été rendue publique pendant la réunion.

Le Comité exécutif d’IndustriALL a pris à l’unanimité la résolution de :

Réitérer son soutien sans équivoque au Syndicat national des Mineurs, des Métallurgistes, des Sidérurgistes et des Travailleurs des Secteurs connexes et à son Président et Secrétaire général  Napoleón Gómez Urrutia.  Nous remercions l’OIT et le Gouvernement suisse pour avoir rendu possible par leur assistance la participation de Napoleón à notre réunion à Genève les 4 et 5 décembre 2013.

Nous exigeons que le Gouvernement du Mexique cesse immédiatement sa persécution politique de Napoleón Gómez Urrutia, annule les fausses accusations qui pèsent sur lui et qui ont déjà été invalidées à de nombreuses reprises par des cours d’appel mexicaines et garantisse le retour en toute sécurité de Napoleón et sa famille au Mexique.

Nous appelons le Gouvernement mexicain à honorer son engagement de permettre aux travailleurs de la Mine El Coronel de l’état de Zacatecas, propriété du Groupe Frisco, de pouvoir tenir un vote libre et équitable sur la représentation syndicale et nous exigeons que les gouvernements fédéral et des Etats renoncent à toute attaque ou intimidation des travailleurs et leurs familles.

IndustriALL et l’ensemble du mouvement syndical international vont continuer à suivre et dénoncer les violations de la liberté d’association et de l’autonomie syndicale au Mexique.

Le Comité exécutif d’IndustriALL a également résolu de nominer Napoleón pour l’octroi en 2014 du prix annuel Arthur Svensson, du nom d’un célèbre syndicaliste norvégien.

Vous trouverez davantage de détails sur la lutte de Napoleón sur le site consacré à son livre Collapse of Dignity.

Napoleón a déclaré :

Ce moment est historique pour moi, de pouvoir être présent huit ans après avoir participé pour la dernière fois au Comité exécutif de la FIOM, ici à Genève. Il a été possible, en dépit de menaces et d’attaques contre notre syndicat, d’être ici présent grâce à la solidarité internationale que nous avons reçue de partout dans le monde et en particulier de la part d’IndustriALL Global Union.