Peu de progrès à Foxconn dans le domaine des droits du travail chez Apple

Bien que l’évaluation fasse apparaître certaines réformes – des améliorations dans la santé et la sécurité et une réduction de la semaine de travail (bien que ne répondant pas au niveau prévu par la législation chinoise) – les progrès sont insignifiants et même parfois inexistants sur les questions-clés concernant les salaires et la paye rétroactive. FLA avait annoncé que le dédommagement augmenterait suffisamment pour compenser toute réduction des heures supplémentaires, et que les salariés seraient dédommagés de la vaste quantité d’heures supplémentaires pas encore payées. En outre, une étude devait être faite pour déterminer le montant du dédommagement nécessaire pour couvrir les besoins vitaux des salariés. Cependant, ce troisième rapport final ne mentionne aucune de ces promesses.

Le rapport confirme l’absence de nouveaux progrès pour les élections syndicales et n’aborde pas le problème fondamental de la présence de cadres supérieurs dans la majorité des directions syndicales de toutes les usines.

La question des heures supplémentaires enfreint toujours la législation chinoise, en dépit de la promesse de mettre fin en juillet 2013 aux heures supplémentaires illégales. Foxconn ne respecte même pas la propre norme des 60 heures hebdomadaires de travail, pourtant faible, en vigueur chez Apple, qui dépasse de beaucoup la durée du travail prévue par la législation chinoise. Au cours de la période juillet-octobre 2013, de 78 à 84 pour cent des salariés ont travaillé un nombre d’heures supérieur à la limite prévue par la législation chinoise.

FLA qui avait également promis de vérifier la situation dans des installations complémentaires qui concernent ensemble plus de 90 pour cent des produits Apple, n’a toutefois donné que des renseignements sur les trois usines Foxconn d’origine qui emploient actuellement moins d’un cinquième de la main-d’œuvre fabriquant des produits pour Apple. De nombreuses infractions aux droits des travailleurs et travailleuses continuent d’être signalées tout au long de la chaîne d’approvisionnement de Apple.

Malgré ces insuffisances, FLA réussit à donner à Apple un score de 98,9 pour cent d’exécution des mesures correctives.

À la lecture de ce rapport, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré:

"Cela démontre seulement l’inefficacité et le caractère mensonger des modèles d’audit d’entreprise employés par FLA. Le contrôle promis n’a pas été à la hauteur et les infractions aux droits du travail se poursuivent dans la chaîne d’approvisionnement de Apple."

Glencore Xstrata égale à elle-même au Pérou

Les relations du travail se sont dégradées après que Xstrata ait racheté l'entreprise et annoncé aux 450 techniciens et employés qu'ils occupaient dorénavant des "postes de confiance", une expression ronflante qui n'est, en pratique, qu'un moyen détourné de priver le personnel de la négociation collective.

Le mois dernier, la situation a encore empiré. Voulant se faire entendre par l'employeur, un groupe de salariés a décidé de créer un syndicat. Or, le lendemain de l'enregistrement du nouveau syndicat, ses trente-cinq membres fondateurs ont tous été licenciés, puis la direction leur a proposé de les reprendre à condition qu'ils acceptent de quitter le syndicat et signent une lettre en ce sens rédigée par les juristes de l'entreprise. Trente d'entre eux ont accepté; les cinq qui ont refusé n'ont pas été réintégrés.

La semaine dernière, les juristes de l'entreprise se sont remis au travail, cette fois pour préparer une lettre au nom des anciens membres du syndicat demandant aux services du ministère du Travail de lui retirer son homologation parce qu'il compte maintenant moins de vingt adhérents, le chiffre minimum imposé par la loi.

À l'évidence, Glencore Xstrata ne croit pas au droit universel de tous les travailleurs de créer des syndicats et d'y adhérer sans ingérence ou discrimination.

IndustriALL Global Union soutient le Sindicato de Trabajadores Funcionarios de la Compañía Minera de Antapaccay et revendique avec lui le respect du droit de se syndiquer et de négocier collectivement.

Création d'un fonds d'indemnisation pour les victimes du Rana Plaza

IndustriALL Global Union se félicite de cet "Arrangement" pour l'indemnisation des victimes de l'effondrement de l'immeuble-usine Rana Plaza, qui résulte de longs pourparlers qui se sont tenus, sous l'égide de l'OIT, entre IndustriALL, la Clean Clothes Campaign, plusieurs marques et distributeurs, le gouvernement bangladais, la BGMEA et la BKMEA.

La négociation des détails se poursuit, mais cet Arrangement constitue déjà une solution d'ensemble qui indemnisera dans des proportions équitables les familles des 1.100 travailleurs qui ont perdu la vie dans la catastrophe du Rana Plaza et les 2.500 personnes qui furent blessées ce 24 avril.

Plusieurs grandes marques d'habillement et distributeurs de taille mondiale ont déjà souscrit à l'Arrangement.

Pour le Secrétaire général d'IndustriALL, Jyrki Raina :

Nous appelons maintenant toutes les entreprises qui se fournissent au Rana Plaza de verser leur contribution au fonds d'indemnisation. 

Je trouve honteux le silence de Walmart et d'autres marques qui étaient clientes des fournisseurs installés au Rana Plaza. Elles devraient faire montre de respect pour les travailleuses et les travailleurs qui ont perdu la vie ou ont été blessés en produisant des vêtements et des bénéfices pour elles.

2013 – Une année de luttes et de victoires

L’homicide industriel qui a tué 1.130 travailleurs et travailleuses de la confection à Rana Plaza en avril a donné un coup de fouet aux négociations sur l'Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh, qui a valeur légale.

Aujourd’hui, plus de 120 marques et enseignes de premier plan dans le monde ont signé cet Accord novateur avec IndustriALL et notre organisation sœur UNI avec la perspective de rendre l’industrie bangladaise de l’habillement sûre et durable dans le cadre d’un important projet sur cinq ans. Les entreprises participantes se sont engagées à des inspections en profondeur, à trouver les financements pour les aménagements nécessaires dans les usines dangereuses ainsi que pour la formation des travailleurs et des directions.

IndustriALL va continuer ses actions pour obtenir un salaire vital après la hausse de 77% du salaire minimum au Bangladesh en décembre et lancer un grand projet de syndicalisation en collaboration avec nos organisations partenaires.

S’agissant du Mexique, la solidarité mondiale a eu une splendide vitrine lors du Comité exécutif d’IndustriALL en décembre. Pour la première fois depuis qu’il avait été forcé à l’exile en 2006, Napoleón Gómez Urrutia a pu sortir du Canada pour participer à une réunion où il a reçu une ovation. IndustriALL va poursuivre sa campagne en faveur des syndicats démocratiques et contre les contrats de protection au Mexique.

Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), IndustriALL soutient le développement et la croissance de syndicats libres et indépendants par le biais de programmes et de campagnes concrets. Les pays en ligne de mire sont l’Egypte, l’Irak, la Tunisie et le Maroc. En décembre, nous avons à nouveau fait passer notre message auprès du gouvernement irakien sur le besoin d’adopter une nouvelle législation moderne sur les syndicats afin de garantir les droits syndicaux.

Un nombre croissant d’entreprises multinationales débattent de manière constructive avec IndustriALL en vue d’améliorer les conditions de travail dans leurs activités. Après l’Accord au Bangladesh avec 120 entreprises et l’accord cadre mondial avec le géant de la production électrique italien Enel, le groupe chimique belge Solvay pose de nouveaux jalons avec un accord qui deviendra une réalité concrète pour l’amélioration des conditions de travail.

Notre site internet www.industriall-union.org vous en dira davantage sur nos luttes et nos victoires de par le monde. Le deuxième numéro de notre magazine Global Worker se plonge au plus profond d’un large éventail de problématiques depuis la perspective des travailleurs.

Mais le combat continue partout sur la planète. Des leaders syndicalistes sont arrêtés en Colombie, des travailleurs du pétrole détenus au Kazakhstan, des travailleurs de la chimie lock-outés aux Etats-Unis. La liste est longue.

IndustriALL Global Union va poursuivre sa mission sans relâche en 2014 en vue de promouvoir les droits des travailleurs et travailleuses dans le monde. Rejoignez la lutte !

Jyrki Raina

Secrétaire général

Nous voulons des garanties pour les activités syndicales de l'USO en Colombie

En 2011, les manifestations du département de Meta avaient eu un impact national. 12.000 travailleurs de l'industrie pétrolière avaient subi un siège militaire sans précédent, Pacific Rubiales et ses sous-traitants s'efforçant de réduire les manifestants au silence en les présentant comme des criminels, violant ainsi la liberté syndicale. L'USO a réagi en portant plainte devant la justice, mais les principaux témoins ont été arrêtés et mis en prison. En une seule journée, la procureure 239, Luisa Fajardo, a fait arrêter les militants Héctor Sánchez,  José Dilio Naranjo et Campo Elías Ortiz, inculpés de conspiration à but criminel et enlèvement aggravé, des délits assortis de peines de dix à trente ans de prison.

Pacific Rubiales est devenue un État dans l'État, l'armée, les maires et les procureurs étant totalement acquis à ses intérêts. Elle a étranglé les médias tout en menant une campagne de publicité et de promotion consistant notamment à sponsoriser l'équipe nationale de football.

Lors de l'audience publique de mise en accusation des inculpés, la procureure 239 a été jusqu'à déclarer que l'accusation de conspiration à but criminel reposait sur le fait que les trois hommes appartenaient à la même organisation, l'USO. Leur avocat a répondu que, jusqu'à présent, la constitution garantit la liberté d'association.

Le juge a alors refusé la présomption d'innocence des accusés et a prononcé leur détention provisoire, sachant pourtant que les délits dont ils étaient accusés sont ridicules et dénués de tout fondement. La procureure prétendait que les trois accusés dirigeaient 300 "hommes masqués" qui avaient enlevé 5.000 travailleurs en 2011. Elle affirmait aussi que Héctor Sánchez est un soldat de métier et connaît la stratégie militaire. Toutefois, elle a aussi déclaré que l'endroit où les faits sont censés s'être produits représente 57.000 fois la superficie de la place Bolivar de Bogota et que les gens et les véhicules pouvaient y pénétrer ou en sortir comme d'habitude.

Les soi-disant "hommes masqués" étaient quelques-uns des 12.000 travailleurs portant des vêtements de protection contre les intempéries et les risques professionnels et qui manifestaient contre les conditions dignes de l'esclavage que leur impose Pacific Rubiales depuis plus de dix ans. La procureure a intentionnellement omis de mentionner que les lieux étaient totalement bouclés par un bataillon du génie, les bérets-rouges, les SMAT, la police et les forces de sécurité privées de Pacific Rubiales.

Le Président de la CUT et de SINTRAELECOL, Oscar Orozco, a connu une situation similaire à Caldas. Alors qu'il avait échappé à quatre attentats, les autorités ont rappelé les gardes du corps affectés à sa protection. Il a alors fait l'objet d'un autre attentat qu'il est maintenant accusé d'avoir organisé lui-même. La procureure a requis la détention préventive, lui a interdit d'évoquer publiquement cette affaire et a interdit toute déclaration de soutien en sa faveur. Heureusement, le juge n'a pas suivi la procureure.

Le gouvernement invoque la loi sur la protection des citoyens et utilise le ministère public pour faire taire l'opposition sociale et politique. Le procureur de la république Alejandro Ordoñez est l'inquisiteur actuel du gouvernement. Il s'est spécialisé dans la destitution des membres de l'opposition politique et leur révocation à vie de toute fonction officielle. Ce fut le cas de la sénatrice Piedad Córdoba, et il vient aussi de destituer et exclure de toute fonction officielle pendant 15 ans le maire de Bogota, Gustavo Petro. Ces mesures rentrent dans le cadre d'une politique visant à faire échouer les pourparlers de paix avec l'insurrection armée qui se tiennent actuellement à La Havane.

La CUSME exige que le gouvernement "garantisse que l'USO soit en mesure de poursuivre ses activités syndicales sans ingérence (la procureure Luisa Fajardo refuse de donner de telles garanties), qu'il retire les mandats d'arrêt, abandonne les procédures judiciaires ouvertes contre 39 membres de l'USO, dont 34 portent sur des actions de protestation des travailleurs et de la communauté dirigées contre la "république bananière" de Pacific Rubiales dans le département de Meta, qu'il libère immédiatement les collègues détenus, donne des assurances que les procès seront équitables et les accusés auront droit à être défendus, qu'il transfère les procédures entamées contre l'USO aux services du procureur général et qu'il abroge la loi sur la sécurité des citoyens sur laquelle s'appuient toutes les mesures prises contre les mouvements sociaux".

IndustriALL Global Union appuie les revendications de la CUSME (voir http://www.industriall-union.org/fr/trois-dirigeants-syndicaux-detenus-en-colombie; il a appelé le gouvernement colombien à ordonner la libération immédiate des travailleurs et dirigeants syndicaux concernés et à mettre fin aux persécutions dirigées contre les travailleurs du pétrole et contre les mouvements syndicaux et sociaux du pays.

GROUPE JUST : signez juste !

Le samedi 14 décembre, des syndicats, des groupes communautaires et de simples citoyens ont mené une action de protestation devant la boutique de Just Jeans store de Bourke Street à Melbourne pour inciter le Groupe Just à faire ce qui est juste et signer son ralliement à l’Accord.

Les syndicats australiens disent :

Allant à contre-courant de la tendance des détaillants australiens, le Groupe Just, dont les marques comprennent Just Jeans, Jay Jays, Jacqui E, Dotti, Peter Alexander et Portmans n’a pas signé l’Accord. Au contraire, il a rejoint Walmart, qui joue les premiers rôles quand il s’agit de violer les droits des travailleurs, en signant un minable document sans portée légale et intitulé « Alliance pour la Sécurité des Travailleurs au Bangladesh ».

Joignez-vous à la campagne pour amener le Groupe Just à signer l’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh.

Signez la pétition http://www.act.australianunions.org.au/just_jeans

Pour plus d’information voyez https://www.facebook.com/EthicalWork

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL a déclaré :

Les deux défauts fondamentaux de l’Alliance sont l’absence totale des travailleurs au sein de cette initiative et l’absence totale de garde-fous légaux dans les procédures de mise en œuvre de ces engagements. Sans ces deux aspects vitaux, qui sont au cœur même de l’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh signé avec les Fédérations syndicales internationales IndustriALL et UNI, l’Alliance n’est rien d’autre qu’une initiative volontaire d’entreprise dépourvue du moindre mordant. Les programmes d’audit volontaire menés par les entreprises faisaient partie des problèmes systémiques qui ont rendu possibles les drames de Tazreen et Rana Plaza. 

L’Accord couvre 2 millions de travailleurs et travailleuses de la confection au Bangladesh et 75% de toutes les exportations de vêtement. Nous allons continuer à concentrer nos efforts en 2014 sur la mise en œuvre de l’Accord, qui peut apporter une avancée historique dans l’avènement d’un secteur de l’habillement au Bangladesh qui soit sûr et durable. Nous voulons faire du label "Made in Bangladesh" un gage de fierté.

Un accord met un terme à la grève chez SL Garment au Cambodge

Après plus de cinq mois de conflit, y compris des grèves qui ont été violemment réprimées par la police, SL Garment Processing et le C.CAWDU ont conclu un accord début décembre.

L’accord, obtenu grâce aux bons offices du Ministère du Travail, stipule la réintégration de 19 leaders syndicaux licenciés, en plus des 90% des travailleurs qui ont repris le travail. L’entreprise a accepté de verser aux travailleurs 50% des salaires perdus pendant la durée de la grève, ce qui équivaut à un million de dollars. Toutes les poursuites judiciaires contre le CCAWDU seront abandonnées. L’actionnaire Meas Sothas, qui avait requis la police militaire pour s’en prendre aux travailleurs, sera écarté de toute responsabilité de direction opérationnelle. Le ministère a formé une commission composée de responsables issus du gouvernement, des syndicats et du secteur pour contrôler l’application de l’accord.

Cette mise en œuvre, notamment le paiement des arriérés de salaire, devra être suivie avec soin par le Ministère du travail et IndustriALL. Un dialogue constant entre le syndicat et la direction est également nécessaire concernant les conditions de travail au sein de l’usine où a jailli l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. IndustriALL, avec le soutien d’acheteurs tels que H&M, Inditex et GAP, s’est engagée à s’assurer que ce dialogue aurait bien lieu et que les relations sociales seraient renforcées de sorte à éviter une crise similaire.

Le Président du C.CAWDU, Ath Thorn, a fait ce commentaire :

C’est une très bonne décision de l’employeur (…)  Du point de vue des travailleurs, nous allons essayer de renforcer nos bonnes relations avec les employeurs et les autres catégories de travailleurs de l’usine.

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Monika Kemperle, qui a joué un rôle important dans ces négociations avec l’employeur, a dit :

Construire des relations sociales adultes avec les syndicats n’est pas seulement un bénéfice pour les travailleurs mais aussi pour la direction et au bout du compte pour le pays. Cet accord  est un jalon important vers des relations syndicats-direction constructives et non-violentes au Cambodge.

Inde : les travailleurs marchent en masse sur le Parlement

La marche, qui relié Ramlila Maidan au Parlement, était organisée par les onze centrales syndicales.

Les manifestants revendiquaient l’arrêt des politiques néolibérales du gouvernement, qui se sont traduites par une croissance du chômage, une production agricole en berne, des réductions de salaire et une perte de revenus en termes réels. Ils ont appelé les travailleurs à mener un rôle crucial pour sortir de cette zone de turbulences par le biais d’actions collectives.

Sudhershan Rao Sarde, Secrétaire Régional d’IndustriALL Global Union pour la Région Asie du Sud a déclaré à propos du rassemblement :

Après cette manifestation de masse, le gouvernement a appelé des représentants des centrales syndicales à venir discuter. Cette impressionnante mobilisation montre une unité extraordinaire et sans précédent en Inde depuis l’indépendance. Ceci démontre clairement la détermination collective des centrales à poursuivre les actions jusqu’à que le gouvernement solutionne les problèmes.

Les affiliés de IndustriALL poursuivent le combat pour mettre fin à l’emploi précaire

Beaucoup de victoires ont été remportées au cours de l’année et plusieurs batailles ont été perdues, ce qui n’a pas porté atteinte à la volonté des affiliés de IndustriALL de lutter en faveur de leurs conditions d’emploi et de s’opposer au capital mondial.

Par sa présence plurirégionale, le projet sur l’emploi précaire de IndustriALL a soutenu des affiliés dans leur lutte pour la défense des droits du travail des travailleurs et travailleuses précaires et pour limiter le recours à l’emploi précaire.

En Thaïlande, la fédération des travailleurs du papier et de l’imprimerie de Thaïlande (PPFT) a signé une nouvelle convention collective avec l’entreprise Kurusapha Company comportant une formulation au bénéfice des travailleurs et travailleuses précaires. La nouvelle convention collective prévoit que les personnes employées avec un contrat à durée déterminée depuis deux ans se verront transformées en salariés réguliers chez Kurusapha Company, et que les personnes venant d’une agence d’emploi privée auront un contrat d’emploi direct (contrat d’un an). En conséquence, les contrats d’agence privée de 285 travailleurs et travailleuses ont été convertis en contrats à durée déterminée dans l’entreprise, et leurs détenteurs ont pu adhérer au syndicat local, qui va maintenant s’assurer de leur changement en salariés réguliers pour une période de deux ans.

À la fin de ce mois, une délégation de syndicats thaïlandais représentant tous les secteurs se rend en Indonésie pour rencontrer le syndicat FSPMI. Cette visite d’étude a pour but d’apprendre comment organiser des campagnes sur une grande échelle. Le mouvement indonésien est connu pour sa capacité à mobiliser des millions de travailleurs et travailleuses, et est également célèbre pour sa détermination dans la lutte pour résoudre le problème considérable de l’emploi précaire.

Petrobras, l’une des entreprises nationales les plus importantes au Brésil, emploie une main-d’œuvre précaire sur la base de quatre salariés en sous-traitance pour chaque salarié permanent. À la fin d’un contrat, il arrive que ces agences ne s’acquittent pas de leurs obligations de paiement.
Après de nombreuses années de batailles, la Federacao Unica dos Petroleiros (FUP) a négocié une convention collective avec Petrobras jusqu’au 31 août 2015. Cette convention contient plusieurs clauses assurant une meilleure protection de la main-d’œuvre en sous-traitance.

Petrobras s’engage à informer la FUP et les syndicats du pétrole de tout changement qui pourrait avoir des conséquences sur le processus d’embauche des fournisseurs de services. La commission d’externalisation de Petrobras, aux côtés de la FUP et des syndicats du pétrole, se réunira tous les deux mois pour traiter les questions relatives aux conditions d’emploi de la main-d’œuvre externalisée et aux entreprises de commercialisation des services. La main-d’œuvre permanente contrôlera chaque contrat de ces entreprises externalisées, lesquelles devront maintenant déposer en banque dans les 60 jours 5 % de la valeur globale du contrat pour garantir les paiements d’indemnité de départ.

Au Brésil et en Argentine, des affiliés du textile tentent d’obtenir de bonnes conditions de vie et de travail pour les travailleuses et travailleurs migrants, par un travail réalisé avec leur ministre respectif du Travail. Les passeports de cette main-d’œuvre précaire migrante, venue illégalement de Bolivie, sont confisqués par l’employeur qui traitent ces travailleurs et travailleuses comme des esclaves.

Des résultats ont été obtenus en Afrique, l’un des plus importants étant l’intention des affiliés des trois FSI fondatrices de IndustriALL d’entreprendre une action conjointe. Dans plusieurs pays, des affiliés ont travaillé ensemble pour organiser des campagnes nationales conjointes contre l’emploi précaire. Ils établissent maintenant des bases nationales de données sur des entreprises, des EMN, des fournisseurs de service et les différents types de main-d’œuvre présents dans leurs pays respectifs.

Le résultat de tous ces échanges d’expériences et de bonnes pratiques, c’est qu’il est clair pour tout le monde que la solidarité entre syndicats, et entre travailleurs et travailleuses tant permanents que précaires, est importante pour gagner le combat contre l’emploi précaire.

IndustriALL signe un accord mondial de responsabilité sociale et environnementale avec Solvay

La cérémonie officielle de signature a eu lieu le 17 décembre en présence de Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL, et de Jean-Pierre Clamadieu, directeur général de Solvay. Lors de la cérémonie, Albert Kruft s’est également engagé, en tant que secrétaire du comité d’entreprise européen de Solvay, à accorder l’appui le plus total à cet accord mondial.

Solvay s’engage à respecter les normes sociales internationales, telles que définies par l’Organisation internationale du Travail, et à respecter les principes du Pacte mondial des Nations unies dans toutes ses activités menées dans le monde – et également dans les pays qui n’ont pas encore ratifiés ces conventions. Solvay table sur le respect de ces principes fondamentaux par ses fournisseurs et ses sous-traitants.

Deux missions conjointes d’évaluation auront lieu chaque année dans des pays et sur des sites choisis par IndustriALL et les responsables de IndustriALL, la direction de Solvay et les représentants syndicaux. La première mission est chargée d’évaluer les politiques de sécurité de Solvay, et la deuxième mission procédera à l’examen de l’application de tous les aspects de l’accord, notamment la protection de l’environnement, le niveau des salaires ou les relations avec les fournisseurs et les sous-traitants.

“Cet accord exprime notre action destinée à favoriser un dialogue riche et équilibré avec les salariés du groupe et leurs représentant(e)s dans le monde entier. IndustriALL sera un partenaire exigeant et constructif qui nous aidera à appliquer cet accord,” a déclaré Jean-Pierre Clamadieu, directeur général de Solvay.

De son côté, Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL, a dit:

La tâche pour IndustriALL consiste à veiller à ce que les groupes multinationaux agissent de façon correcte et digne en respectant les droits de leurs salariés partout dans le monde.

"L’engagement volontaire de Solvay est extrêmement important car il établit clairement dans le monde la conviction du groupe que le dialogue social est possible au niveau international, tout en étant essentiel, et qu’il est une source de progrès mutuel. Nous connaissons très bien Solvay et nous sommes persuadés que nous pourrons assurer ensemble, le plus efficacement possible, l’application de cet accord.”