Davos 2014 : les syndicats appellent les dirigeants à remodeler l’économie mondiale sur la base d’emplois et de salaires décents

L’enquête mondiale de la Confédération syndicale internationale (CSI) menée dans 13 pays a montré que 87% des personnes interrogées déclaraient que leur salaire évoluait en-deçà ou à la limite du coût de la vie. Une personne interrogée sur huit a déclaré qu’elle peinait financièrement et ne pouvait plus couvrir ses dépenses de base. Selon la CSI, les prévisions financières pointent vers une stagnation et non une reprise alors que près de 200 millions de personnes sont sans emploi.

« Dans une économie mondiale en stagnation, ce sont les investissements qui vont donner un coup de fouet aux emplois et à la demande. Nous nous pouvons pas nous contenter de supposer que la croissance seule va créer des emplois. L’économie mondiale ne peut pas se redresser sur la base d’une croissance des exportations si les salaires n’augmentent pas. Il faut une expansion de la demande, en particulier des ménages de travailleurs », a averti Sharan Burrow, Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale.

L’année écoulée a vu une croissance des inégalités et un approfondissement du fossé entre les dirigeants et les citoyens. Seuls 13% des personnes interrogées dans le cadre de l’enquête menée au plan mondial par la CSI auprès du grand public dans 13 pays estiment que leur gouvernement agit dans leur intérêt. 28% des sondés sont déçus, ou pire démotivés, estimant que leurs gouvernements n’agissent ni dans l’intérêt des gens ni dans celui de l’économie.

Commentant le rapport, Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, a déclaré :

Les inégalités sont un obstacle majeur sur la route de la reprise économique et les salaires de misère ont un impact dévastateur sur les travailleurs. Dans trop de pays et de secteurs de par le monde les travailleurs ne perçoivent pas un salaire vital qui leur permette de couvrir le simple nécessaire. Ceci est de notoriété publique et les gouvernements et les employeurs doivent maintenant prendre leurs responsabilités.

Le plan Davos 2014 élaboré par les dirigeants syndicaux en vue d’investir dans les emplois, les salaires et la protection sociale comprend les points suivants :

Les syndicats mondiaux et 30 grandes marques appellent le gouvernement cambodgien à enquêter sur les violences meurtrières

IndustriALL et UNI, dont les efforts on conduit à la signature de l'Accord sur l'incendie et la sécurité des bâtiments au Bangladesh, se sont dits encouragés par le fait que ces marques assument la responsabilité de leur production et réclament un changement au gouvernement cambodgien.

Leur lettre, datée de vendredi, exhorte le gouvernement à lancer un nouveau processus pour la fixation de salaires minima et pour le respect des droits des travailleurs et des syndicats. Elles sollicitent aussi une entrevue avec M. Hun Sen en personne.

Le groupe a exprimé ses préoccupations pour les travailleurs et les passants qui ont été tués ou blessés par les forces de sécurité les 2 et 3 janvier, alors que se tenaient des manifestations pacifiques pour réclamer une hausse du salaire minimum.

Pour le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Jyrki Raina :

L'OIT a déclaré à propos de la convention 87 que le Cambodge a ratifiée que personne ne peut être privé de liberté ou faire l'objet de sanctions pénales pour le simple fait d'organiser une grève pacifique ou d'y participer. Il faut maintenant que le gouvernement assure la protection des droits des travailleurs et des syndicats. Les représentants des employeurs et des syndicats doivent entamer un dialogue constructif qui aboutisse à un véritable salaire minimum vital.

Quant au Secrétaire général d'UNI Global Union, il estime que :

"Ces protestations étaient une action légitime de travailleurs cambodgiens qui doivent être protégés et pouvoir exercer leur droit de faire campagne pour un salaire décent. Nous sommes heureux qu'un groupe de grandes enseignes partage nos préoccupations à propos des droits des travailleurs et appelle le gouvernement à enquêter sur ce recours à la force meurtrière."

Sharan Burrow, la Secrétaire générale de la CSI, a déclaré :

"Avec de grandes marques mondiales comme Adidas et Walmart agissant de concert avec des syndicats, le gouvernement cambodgien doit changer ce système détraqué qui n'a laissé aux travailleurs d'autre choix que de recourir à la grève. Sans cela, les travailleurs vont continuer à peiner pour des salaires de misère et la lucrative industrie exportatrice du Cambodge en souffrira largement."

"Il faut que les autorités libèrent immédiatement les travailleurs incarcérés au début du mois", a-t-elle ajouté.

Le harcèlement des cimentiers se poursuit chez Indian Holcim, 7 personnes emprisonnés

Les sept jeunes militants injustement emprisonnés sont les suivants: Lakhan Sahu, secrétaire à la syndicalisation au PCSS, Yogesh Sahu, ainsi que Dhannu Ram Patel, Bhagwat Sahu, Thanu Ram Patel, Lala Ram Dhruv et Dilharan Dhruv.

Les jeunes dirigeants ouvriers ont joué un rôle central pour organiser le syndicat PCSS à partir de 2010, et ont réussi à obtenir des salaires et s’autres conditions d’emploi minimums. Le PCSS a également représenté et soutenu les communautés locales autour de l’usine Ambuja, qui souffrent de la pollution des réserves d’eau et sont victimes de déplacements forcés.

L’affaire concernant les dirigeants syndicaux Bhagwati Sahu et Lakhan Sahu est ridicule. Ils sont accusés d’avoir volé un téléphone mobile appartenant à l’agent de sécurité de l’entreprise Nand Lal Choubey, un jour où il a été démontré qu’il s’était  rendu dans une autre région. 

Le PCSS représente les travailleurs contractuels employés dans les deux usines, et Holcim le plus grand producteur de ciment en Inde. Les contractuels sont protégés par la législation indienne et par un accord sectoriel interdisant leur emploi dans des activités de production de base, et le paiement de tous le travail effectué au même taux que pour la main-d’œuvre permanente.

Holcim India a passé outre à cette stipulation, bien que les contractuels travaillent aux côtés de la main-d’œuvre permanente dans des activités de production de base, sans recevoir l’équipement de protection nécessaire, et qu’ils touchent un salaire représentant le tiers du salaire des permanents.

IndustriALL a soutenu les revendications de ses affiliés pour que Holcim reprenne le processus national de négociation dans l’industrie du ciment en Inde. Une reprise des négociations sur un accord national dans l’industrie pourrait notamment améliorer la protection des travailleurs sous contrat.

IndustriALL continue de soutenir son affilié, le PCSS, dans des travaux menés sous la direction du point de contact national de l’OCDE en Suisse qui traitent de la plainte syndicale d’infraction aux principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprise multinationales chez Holcim India.

Le coordonnateur de l’affilié suisse de IndustriALL, UNIA, au comité d’entreprise européen de Holcim, Rolf Beyeler, rend compte des dégâts provoqués par le programme de restructuration de l’entreprise en Europe où les syndicats ont été ignorés:

Pendant déjà des années, la direction centrale de Holcim pour l’Europe a continuellement refusé de tenir compte des droits du Forum européen Holcim, son comité d’entreprise européen. Le dernier exemple est l’accord prévu par Holcim avec l’autre grand protagoniste sur le marché international du ciment, le mexicain Cemex. Holcim laisse le contrôle de ses usines en Espagne à Cemex alors que Cemex livre ses usines en Rhénanie-du-Nord-Westphalie à Holcim. Il ne fait aucun doute du caractère transnational de cet accord qui concerne les droits et les emplois de plusieurs centaines de salariés en Espagne et en Allemagne. Cependant, Holcim n’en a informé le comité d’entreprise européen que dans la soirée avant son communiqué de presse, sans tenir compte du droit du comité d’être consulté sur cette question. C’est la dernière et probablement la plus grave infraction aux droits du comité d’entreprise européen, ce qui a obligé ce dernier à intenter une action en justice et à mettre fin à l’accord existant entre le comité d’entreprise européen et la direction de Holcim.

Le programme européen de restructuration a coûté 1.600 emplois depuis 2011. Il a permis la fermeture de sites et des restructurations en Espagne, au Royaume-Uni, en Hongrie, en France, en Belgique et en Suisse.

La campagne ‘Assez de concessions’ vise le directeur général de Carnival Cruises

Les salariés de l’usine Crown Holdings au Canada, membres de United Steelworkers, affilié à  IndustriALL, ont dû se mettre en grève en septembre dernier après avoir subi des coupes claires dans les salaires allant jusqu’à 42 pour cent, et fait face à des demandes importantes de concessions, alors que l’entreprise a doublé ses bénéfices. Et ce, en dépit du fait que juste avant le conflit, l’entreprise avait gratifié l’usine au Canada, située à Weston, Toronto, comme étant le meilleur site de production en Amérique du Nord. http://www.industriall-union.org/fr/de-tres-nombreuses-protestations-contre-crown-holdings

En Turquie, Crown Holdings empêche ses travailleurs et travailleuses à former un syndicat après que le personnel eut remporté une élection libre et démocratique.

Quelque 10 millions de personnes, parmi lesquelles des travailleurs et travailleuses et leurs familles dans le monde entier, embarquent chaque année sur les navires de Carnival Cruises, la plus grande line de croisières. Et ce, malgré les nombreux accidents survenus sur les lignes de la compagnie durant les deux dernières années, le plus grave ayant eu lieu avec le navire de croisière Costa Concordia, qui a sombré au large de la côte italienne en janvier 2012, et avec le Carnival Triumph, qui est resté échoué dans le Golfe du Mexique pendant plusieurs jours en février 2013 en raison d’un incendie dans la salle des machines.

Il a été signalé que les accidents sont dus à une combinaison de négligences de la compagnie et d’un manque d’entraînement de l’équipage souvent employé dans des conditions précaires.

Dans une offre visant à donner une impulsion à la campagne contre Carnival Corporations et à intégrer les agents de voyages dans son combat, USW a envoyé un courriel à environ 16.000 agents en posant les questions suivantes: "Les croisières Carnival sont-elles à recommander? Les agents de voyages sont-ils protégés?" en citant les accidents indiqués précédemment, ainsi que les autres raisons qui pourraient faire hésiter les agents à vendre une croisière Carnival.

Selon l’USW, Arnold Donald, président et directeur général de Carnival Cruises, détenteur d’un diplôme M.B.A. de la Chicago Graduate School [2ème et 3ème cycle de l’enseignement supérieur] et ancien responsable de haut niveau de Monsanto, ébranle le modèle d’entreprise de Carnival qui repose sur de bons salaires et des vacances payées par l’employeur pour remplir la flotte de Carnival. Il applique maintenant un style identique anti-ouvrier chez Crown Holdings.

Les syndicats mondiaux concernés sont IndustriALL, Union internationale des travailleurs de l’alimentation (UITA) et UNI Global Union, qui ont envoyé leurs lettres de protestation à Carnival, et la Fédération internationale des ouvriers du transport (FIOT) entreprend des actions directe de protestation.

Envoyez un message au directeur général de Carnival, Arnold Donald, en exigeant la fin des pratiques antisyndicales sur http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=2120

Dans le cadre de la campagne, RadioLabour, basé sur internet, a interviewé Joe Drexler, chef du département des campagnes syndicales de l’USW, qui parle de la campagne dirigée contre Carnival sur http://www.radiolabour.net/drexler-040114.htm

D’autres documents vidéos sur la campagne sont disponibles ci-dessous.

http://youtu.be/DXkFeDD2uI0

http://youtu.be/3VmvuFm32J0

http://youtu.be/KgToolf2lV4

http://youtu.be/E0PVyRyMTaw

Au Bangladesh, l'Accord annonce la mise en place des normes de sécurité pour l’inspection des usines

Celles-ci portent sur la sécurité en matière d’incendie, d’électricité et de construction de bâtiment et toutes les usines qui produisent pour les enseignes signataires de l’Accord seront inspectées pour en vérifier la conformité.

Les normes sont largement basées sur le Code National de la Construction du Bangladesh et sont le résultat de discussions menées sous l’égide de l'OIT entre l’Accord, le Plan national tripartite d’Action et l’Alliance des entreprises nord-américaines qui n’ont pas rejoint l’Accord. Des discussions additionnelles ont eu lieu entre les ingénieurs de l’Accord et ceux de l’Alliance, ce qui produit des normes qui, en substance, sont les mêmes.

L’Accord s’est engagé à inspecter la sécurité en matière d’incendie, d’électricité et de construction de bâtiment de 1.500 usines d’ici à septembre 2014. Les résultats des inspections et les informations sur les remèdes qui devront être apportés seront publiés sur le site internet de l’Accord.

La violence et la persécution à l’égard des syndicalistes colombiens doit cesser !

Les attaques, les mutations, les menaces et les assassinats ainsi que la criminalisation à l’encontre de ceux qui émettent des revendications sociales continuent à corroborer l’absence de volonté politique de garantir l’exercice de la liberté d’association, de la négociation collective et du droit de grève en Colombie.

Le dernier incident dramatique en date s’est produit le 10 janvier alors que des travailleurs de l’entreprise hydroélectrique Caldas – CHEC du syndicat SINTRAELECOL-CUT, un affilié d’IndustriALL Global Union, manifestaient pour revendiquer le droit de mettre en œuvre leur Convention Collective. Les manifestants dénonçaient également les abus commis par EPS (Empresas Públicas de Medellín) contre les communautés de Caldas.

Les manifestants ont été violemment pris à partie et roués de coups par l’Escadron mobile anti-émeutes qui a également fait usage d’engins explosifs. Un de ces engins à grièvement blessé plusieurs travailleurs et leurs familles. Parmi ceux-ci, le Président de la CUT et du SINTRAELECOL-Caldas, Arturo Oscar Orozco, qui est toujours à l’hôpital dans un état grave et souffre de lésions critiques aux yeux. Le bilan médical d’Arturo Orozco fait état de la perte de son œil gauche alors que les médecins luttent toujours pour sauver son œil droit et reconstruire son visage.

C’est la quatrième atteinte à la vie d’Oscar Orozco. qui subi les persécutions des agences de sécurité et de justice de l’état colombien et en particulier du Bureau du Procureur Général. Ignorant délibérément son rôle de leader syndical et communautaire, le Bureau du Procureur Général a tenté d’inculper Oscar Orozco en prétendant qu’il s’était mis en scène dans des ”attaques simulées”.

Le 4 janvier 2014, Luis Marin Rolong Ever, un représentant régional du syndicat des brasseries SINALTRACEBA a été assassiné par des tireurs non-identifiés alors qu’il attendait un bus dans la ville de Soledad. Le lendemain, le président du SINALTRACEBA, Gamboa Rafael Maldonado, a reçu des menaces de mort de la part de paramilitaires alors que le syndicat tenait son Assemblée Générale.

En décembre 2013, IndustriALL a dénoncé la détention injuste de quatre leaders de l’affilié d’IndustriALL USO; Dario Cardenas, Hector Sanchez, Campo Elías et José Ortíz Dilio Naranjo. Ils sont également des témoins clés dans une enquête en cours contre Pacific Rubiales. Edwin Brown, Président national de l’USO, a réaffirmé que ces arrestations font partie d’une mise en scène organisée par Pacific Rubiales avec la complicité du Procureur Général. La direction de l’USO a appelé le Vice-président à faire transférer d’urgence les quatre syndicalistes dans une autre aile de la prison, car ils sont actuellement détenus en compagnie de membres de groupes paramilitaires et de bandes criminelles qui menacent leur sécurité.

Ce 15 janvier, les syndicats colombiens mobilisent pour dénoncer ces attaques horrifiantes. Rejoignez notre campagne pour mettre fin aux persécutions, attaques et assassinats de syndicalistes en Colombie !

Il faut que le gouvernement cambodgien enquête sur les meurtres et augmente le salaire minimum

IndustriALL et la CSI ont uni leurs forces pour une mission syndicale internationale qui s'est rendue au Cambodge du 10 au 13 janvier. Celle-ci a réclamé la libération des syndicalistes emprisonnées, une enquête sur les meurtres et une augmentation du salaire minimum, mais a aussi exprimé ses préoccupations quant au sort du président du syndicat, Vorn Pao, qui, après avoir été roué de coups, est maintenu en détention malgré l'état dans lequel il se trouve.

La mission a exigé l'ouverture d'une procédure d'instruction crédible et indépendante pour enquêter sur les meurtres et pour que leurs auteurs rendent compte de leurs actes. Cette demande a été transmise aujourd'hui même au ministre cambodgien du Travail.

La délégation lui a aussi signifié que l'annonce de l'ouverture d'une enquête sous le contrôle du gouvernement est jugée insuffisante, étant donné que des comités gouvernementaux de ce type n'ont pratiquement donné aucun résultat dans le passé.

Le ministre a également été prié d'agir d'urgence pour que le salaire minimum soit augmenté et que le gouvernement s'engage à respecter scrupuleusement la convention 87 de l'OIT sur la liberté syndicale, que le Cambodge a ratifiée. Une proposition du gouvernement d'instituer une nouvelle commission sur les salaires présidée par le ministre des Finances a été qualifiée d'inappropriée. Aucune date n'a encore été fixée pour une réunion de cette commission et tout nouveau retard dans l'instauration d'un salaire minimum décent entraînerait de nouvelles actions collectives de travailleurs en quête de justice.

Les menaces de l'association des employeurs de l'habillement GMAC d'entamer des procédures judiciaires pour provoquer la faillite des syndicats ont aussi été dénoncées par la délégation.

Avec un chiffre d'affaires annuel de 5,1 milliards $, l'industrie cambodgienne du vêtement peut se permettre de payer plus que le salaire mensuel minimum de 100 $, souligne-t-elle dans sa déclaration qui fait remarquer que les études réalisées par IndustriALL montrent qu'il faut au moins 260 $ pour répondre aux besoins de base d'un ménage de quatre personnes.

Pour Jyrki Raina, le Secrétaire général d'IndustriALL, il est grand temps de mettre fin à la violence :

Les travailleurs du textile du Cambodge ont besoin d'un milieu de travail sûr, exempt de menaces et de violence. Et ils doivent recevoir, en échange de leur travail, un salaire minimum qui reflète le coût réel de la vie.

L’université ouvrière mondiale annonce de nouveaux programmes de master

Les programmes sont établis sur la base d’une collaboration entre des universités et des organisations ouvrières du monde entier, et offrent aux candidats et candidates la possibilité unique d’engager un véritable dialogue social, de participer à un débat public et d’appliquer une politique.

Les programmes de master concernent les domaines suivants:

L’université ouvrière mondiale est le fruit d’une collaboration entre l’Organisation internationale du Travail (OIT), des universités et des syndicats. Elle offre à des syndicalistes du monde entier des programmes de troisième cycle sur les politiques de travail, l’économie, les droits des travailleurs et travailleuses, la mondialisation et le développement.

La date limite de dépôt des demandes est fixée au 1er mars 2014. Un nombre limité de bourses sera accordé à des personnes qualifiées ayant déposé leur candidature et qui nécessitent une aide financière. Pour tout renseignement complémentaire sur les demandes et les programmes, veuillez vous rendre sur le site suivant: http://www.global-labour-university.org/

Les organes syndicaux internationaux demandent justice pour les travailleurs cambodgiens

Les travailleurs avaient manifesté pacifiquement pour réclamer une augmentation du salaire minimum. Au moins quatre travailleurs ont été tués et trente-neuf blessés au cours d’une brutale répression par les forces de sécurité vendredi dernier. Des syndicalistes et des militants des droits du travail ont été pris pour cibles alors que les travailleurs réclamaient un salaire minimum allant au-delà de l’offre de US$100 par mois du gouvernement, un montant lamentablement insuffisant au regard de l’augmentation du coût de la vie. Plus de vingt-trois personnes ont été arrêtées sans qu’on sache où elles sont détenues et des mandats d’arrêt ont été délivrés à l’encontre de plusieurs dirigeants syndicaux.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré « le droit de faire grève pour réclamer un salaire minimum plus élevé est solidement protégé par le droit internationalement reconnu de liberté d’association, inscrit solennellement dans la Convention 87 de l’OIT, que le Cambodge a ratifiée en 1999. Les menaces, les arrestations et les assassinats de syndicalistes exerçant ce droit en sont une violation extrêmement grave et doivent être condamnées. Tout encouragement à cette violence de la part des fabricants de vêtement doit cesser. »

Le Secrétaire général d’UNI Global Union Philip Jennings a déclaré « Au Bangladesh, nous avons été témoins de ce à quoi le nivellement par le bas du secteur du vêtement avait mené en termes de pertes de vies humaines et de destruction. Les travailleurs cambodgiens du vêtement sont eux aussi en danger. Cette vague actuelle de protestation est une réaction légitime de ces travailleurs et travailleuses qui méritent un salaire juste et des conditions de travail décentes ; on ne peut pas les réduire au silence par la violence. » Et Jennings d’ajouter : « Les marques internationales qui sont en relation avec ces usines cambodgiennes ont la responsabilité d’améliorer les normes. Nous avons vu avec l’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh qu’un renversement de situation est possible. »

« Le gouvernement cambodgien doit retourner à la table des négociations pour accepter un salaire juste pour les travailleurs et travailleuses du vêtement et cesser sa répression dictatoriale des actions de grève légitimes des travailleurs. Il doit immédiatement libérer tous ceux qui ont été détenus et s’assurer que ceux qui sont responsables de la violence et des tueries soient présentés à la justice » a déclaré la Secrétaire générale de la CSI Sharan Burrow.

Les syndicats cambodgiens cherchent à obtenir un salaire mensuel de US$ 160. Les propriétaires d’usine ont proposé de primes « d’arrêt de grève » et des ajustements salariaux bien en deçà de ce dont ont besoin les travailleurs pour joindre les deux bouts. Les employeurs du secteur, à savoir une industrie qui représente cinq milliards de dollars d'exportations annuelles et qui a augmenté sa production de plus de 20% l’an dernier, se sont opposés aux tentatives d’améliorer et de mettre en œuvre une législation du travail et de dénoncer publiquement les entreprises qui bravent la loi. En fait, la GMAC (l’association des fabricants de vêtements du Cambodge) a joué un rôle insidieux, menaçant de délocaliser la production si l’agitation des travailleurs n’était pas étouffée dans l’œuf, et a récemment loué le gouvernement pour son recours meurtrier à la force contre les protestataires.

Réponse violente à la grève pour une augmentation du salaire minimum

Consécutivement à la décision du gouvernement d’augmenter de seulement 15 US$ le salaire minimum actuellement fixé à 80 US$, des grèves se sont déclenchées partout au Cambodge. Les travailleurs avaient revendiqué un passage du salaire minimum à 160 US$.

Les 2 et 3 janvier, les manifestations ont pris un tour violent lorsque des protestataires et des militants ont été arrêtés. Lors de heurts entre la Police Royale et des grévistes, quatre personnes ont été tuées par balles et trente-sept autres grièvement blessées.

Des mandats d’arrêt ont été délivrés à l’encontre des leaders syndicaux soutenant les grèves, dont les dirigeants des affiliés d’IndustriALL Global Union.

Jyrki Raina, le Secrétaire général d’IndustriALL, a fermement condamné la violence et la persécution à l’encontre des représentants syndicaux :

Il est totalement inacceptable de tuer et de blesser des travailleurs et travailleuses ; cela doit cesser immédiatement ! IndustriALL soutient sans réserve les revendications des travailleurs cambodgiens visant à obtenir un salaire vital de 160 US$. La proposition d’augmentation de 15 US$ du gouvernement est une honte.