Le mouvement syndical marocain amorce une unité historique

Cette étape historique et significative reflète une volonté collective d’unifier le mouvement syndical du Maroc pour lui permettre de relever le gant face aux politiques anti-démocratiques du gouvernement ainsi que de contribuer à la construction d’une société de liberté, de démocratie et de justice sociale.

Les trois organisations ont signé une déclaration commune qui condamne les abus par rapport aux libertés syndicales, les fermetures d’usine, les licenciements ainsi que les arrestations et les poursuites à l’égard de responsables et militants syndicaux en vertu du Chapitre 228 du Code Criminel. La déclaration relevait également les mesures du gouvernement pour faire adopter des législations financières injustes qui vont à l’encontre des intérêts de la classe ouvrière, l’absence de dialogue social et de négociations collectives et la non prise en considération des syndicats au moment d’insister sur l’adoption d’un projet de loi sur le droit de grève.

Les organisations signataires sont convenues de poursuivre le travail commun qu’elles voient comme un choix stratégique : tenir le gouvernement responsable de la mise à l’écart du dialogue social et de la concertation collective ainsi que de la détérioration des conditions sociales, exiger que le gouvernement propose un dialogue sérieux et adopte des conventions collectives contraignantes. Les centrales syndicales ont également appelé le gouvernement à retirer tous les projets de loi ayant trait aux travailleurs, comme les pensions, le droit de grève ainsi qu’à faire marche arrière par rapport aux principales décisions impopulaires. Elles ont aussi confirmé leur détermination à prendre toute initiative et résolution nécessaires à la lutte en appelant les travailleurs et travailleuses du Maroc à la mobilisation en vue de faire face aux attaques contre les droits et libertés.

Abdelmajid Matoual, Membre du Comité exécutif d’IndustriALL Global Union et Membre de la Commission administrative de l’UMT a déclaré : « Une telle initiative est une démarche historique en vue de l’unification du travail syndical au Maroc afin de défendre les droits et les acquis de la classe ouvrière. Cette rencontre se situe dans un contexte de difficultés sociales dues aux décisions impopulaires du gouvernement qui ont conduit à une chute du pouvoir d’achat des citoyens ainsi qu’à des violations des droits et acquis syndicaux. »

Mohamed Zeroual, Membre du Secrétariat national de l’UMT a commenté : « La rencontre visait à pousser le gouvernement à prendre ses responsabilités et retirer tous les projets de loi qui visent à limiter les droits des travailleurs ainsi que les décisions impopulaires qui affectent négativement le pouvoir d’achat des masses populaires et à accélérer le démarrage d’un dialogue sérieux sur les pensions, les droits et libertés d’association et les subventions ».

Mohamed Elharif, Secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des industries métallurgiques, mécaniques, électriques et électroniques (SNTIMMEE-CDT) et membre du Conseil national de la CDT a déclaré : « Le gouvernement actuel n’a pas tenu compte des accords signés l’an dernier entre les syndicats et le gouvernement d’alors. Les trois centrales syndicales vont continuer à débattre, à la lumière de la réponse donnée par le gouvernement à nos préoccupations, des actions futures à mener pour lutter en faveur des revendications de nos travailleurs. »

"Cette initiative unitaire est encourageante et remplie de promesses » a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union."

C’est ce que le mouvement syndical dans la région MENA doit faire. IndustriALL donne son plein soutien à cette initiative exemplaire.

Iraq – Revendication des travailleurs pour des lois justes, maintenant!

Tous les syndicats irakiens affiliés à IndustriALL aux côtés d’autres syndicats continuent de faire pression sur le Parlement pour qu’il adopte, de toute urgence, des lois justes respectant les règles de l’OIT relatives au travail et aux syndicats.

Bien que la dernière constitution du pays reconnaisse les droits des travailleurs et travailleuses et le droit de se syndiquer, il faut constater que sans une nouvelle législation sur le travail, le gouvernement et les tribunaux continuent d’appliquer la législation scandaleuse de l’époque de Saddam qui interdit les syndicats dans le secteur public et compromet sérieusement la capacité des syndicats à exercer les droits les plus essentiels.

Il y a actuellement trois différentes versions des lois concernant le travail et les syndicats aux différents stades du processus législatif. Au cours d’une série de réunions, dont une conférence de cinq jours avec une participation internationale qui a eu lieu en novembre 2013 à Erbil, les syndicats ont rencontré des délégations gouvernementales avec lesquelles ils ont eu des discussions approfondies sur un projet de législation, dont une version pleinement compatible avec les règles de l’OIT élaborée par les syndicats.

IndustriALL a lancé une campagne sur Internet pour soutenir ces revendications et a également exercé des pressions sur la représentation du gouvernement irakien à Genève.

L’essentiel pour les syndicats est que la législation respectant les règles de l’OIT concernant les syndicats doit s’appliquer à tous les salariés du secteur public et reconnaître la réalité actuelle du pluralisme syndical.

Le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a déclaré:

Il est temps actuellement de mettre fin aux lois anciennes datant de l’époque de Saddam Hussein que l’on continue d’employer contre l’organisation syndicale, et de les reléguer finalement aux oubliettes de l’histoire pour entamer une nouvelle ère de respect des droits syndicaux.

Cependant, il est maintenant clair que les versions présentées finalement par la commission parlementaire du travail avec le soutien du gouvernement restent restrictives dans le domaine des droits des travailleurs et travailleuses et continuent de refuser le droit de se syndiquer aux salariés du secteur public.

Hashmeya Muhsin al-Saadawi, dirigeant du syndicat des travailleurs du service public d’électricité, a déclaré:

Le nouveau projet de législation du travail ne contient pas d’améliorations notables par rapport aux lois anciennes. En outre, l’insistance d’exclure les salariés du secteur public de la nouvelle législation lui fera seulement couvrir moins de 25% de la main-d’œuvre totale en Irak. Nous devons avoir des lois justes qui s’appliquent à tous les travailleurs et travailleuses d’Irak sans exception.

Les travailleurs du pétrole ont poursuivi leurs revendications. Des centaines de personnes employées par la South Oil Company (SOC) ont protesté pendant tout le mois de décembre.

Le dirigeant du syndicat irakien des travailleurs du pétrole, Hassan Juma’a, a déclaré:

IL est regrettable que le projet actuel de législation en discussion actuellement au Parlement contienne de nombreuses lacunes. Les syndicats et les fédérations d’Irak ont fait part de leurs observations et de leurs commentaires, mais il faut constater avec tristesse que le Parlement n’en a pas encore tenu compte. Tout comme pour la loi sur la liberté syndicale et après tant d’efforts pour conclure un accord avec la commission parlementaire sur la main-d’œuvre, nous assistons maintenant à une conspiration visant à retirer le projet du Parlement. Et cela du fait que certains groupes politiques sont opposés au pluralisme syndical. Nous demandons aux organisations internationales de faire pression sur le Parlement pour qu’il approuve d’inclure les salariés du secteur public dans le projet de loi.

Se reporter à la lettre du 5 février du secrétaire général de IndustriALL Raina aux législateurs irakiens.

IndustriALL proteste contre les arrestations de mineurs en grève en Iran

IndustriALL Global Union a été informé de l’arrestation par les forces iraniennes de sécurité de plus de 20 travailleurs à la mine de Chadormalu dans la province centrale de Yazd, parmi lesquels le chef et le secrétaire du syndicat ouvrier, qui avaient fait cesser le travail dans le cadre d’une négociation contractuelle et d’un conflit du travail.

Durant plusieurs mois, plus de 3.000 salariés ont demandé une hausse salariale tenant compte du taux d’inflation et des heures supplémentaires qui n’avaient pas été payées pendant quatre mois. Bahram Hassaninejad, secrétaire du syndicat ouvrier, avait été mis à pied en novembre 2013 durant les premières protestations concernant cette question. La protestation s’est renforcée après la mise à pied de Hassaninejad, et son retour au travail s’était ajouté aux revendications sur une hausse salariale et les retards de paiement des salaires.

Le 26 janvier, le comité de détermination des services du travail de la ville d’Ardakan a confirmé le licenciement de Hassaninejad, ce qui a déclenché de nouvelles protestations des mineurs. Des milliers de mineurs ont cessé le travail le 28 janvier en signe de protestation contre le licenciement, tout en continuant de réclamer une hausse salariale. Le 29 janvier, les forces de sécurité ont convoqué et arrêté 20 travailleurs que le gouverneur considérait comme ayant joué un rôle déterminant lors des premières protestations. Les travailleurs restants ont poursuivi leur grève sur le tas, et le 30 janvier, quatre autres travailleurs parmi les grévistes sur le tas dans l’usine ont également été arrêtés. Le lendemain, les organes de sécurité d’Ardakan ont arrêté deux dirigeants syndicaux, Hossein Jenaee et Bahram Hassaninejad.

Selon les renseignements recueillis, les salaires à la mine de Chadormalu se montent entre 205 et 240 USD par mois, alors que les autorités avaient établi auparavant que les mineurs devaient être payés entre 512 et 682 USD. Les travailleurs de cette mine ont demandé une hausse salariale couvrant le taux d’inflation en Iran. En outre, les montants correspondant à la dureté du travail et autres prestations n’ont pas été versés au cours des quatre derniers mois.

Dans sa lettre adressée à Hassan Rouhani, président de la République d’Iran, Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union, a déclaré:

Nous sommes scandalisé d’apprendre l’arrestation de ces mineurs et de leurs dirigeants syndicaux, et nous vous demandons d’ordonner immédiatement leur remise en liberté ainsi que le versement de tous les retards de paiement. Nous vous demandons instamment de vous assurer de la tenue de négociations, dans les plus brefs délais, pour une hausse réelle des salaires permettant un revenu vital et une compensation pour l’augmentation des frais.

IndustriALL Global Union continue de suivre l’évolution de la situation en Iran et développe des contacts avec plusieurs organisations syndicales dans le pays.

IndustriALL Global Union va cibler Rio Tinto dans une campagne en faveur des droits des travailleurs

Le rassemblement doit se tenir le dernier jour de l'Indaba 2014 du secteur minier en Afrique, le 6 février à 10h. Des centaines de participants doivent converger du coin de Keizersgracht et de Chapel street vers le Centre des Congrès du Cap pour exiger que Rio Tinto mette un terme à son mauvais comportement en tant qu’entreprise.

Prétendant se conformer aux bonnes pratiques entrepreneuriales, le comportement du géant des mines et des métaux Rio Tinto inclut des conflits majeurs avec les syndicats, les communautés locales, les peuples indigènes et les autorités réglementaires.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan déclare qu’avec cette campagne, IndustriALL Global Union vise à bâtir une force syndicale dans les usines de Rio Tinto de par le monde pour unir les travailleurs dans le cadre d’une lutte en faveur de l’emploi décent :

« Rio Tinto a largement l’habitude de provoquer conflit après conflit avec les syndicats, les organisation indigènes, les groupes environnementaux et les autres parties prenantes importantes de la société. Les syndicats et la société civile s’associent d’une manière qui est sans précédent pour résister à Rio Tinto dans l’intérêt des travailleurs, de l’environnement et des communautés locales. »

Plus de détails sur l’historique des conflits de Rio Tinto sur http://www.industriall-union.org/fr/themes/confronter-le-capital-mondial/entreprises-multinationales/rio-tinto

Pour plus d’informations veuillez contacter :

Livhuwani Mammburu, Porte-parole de la NUM : +27 (0)838093257

Petra Brännmark, Directrice des Communications d’IndustriALL Global Union : +41 79 198 69 13
[email protected]

IndustriALL Global Union représente 50 millions de travailleurs de 140 pays dans les secteurs minier, énergétique et manufacturier. C’est une véritable force dans le cadre de la solidarité mondiale, qui lutte résolument en faveur de meilleures conditions de travail et des droits syndicaux de par le monde.

Journée d’action mondiale pour la remise en liberté des travailleurs cambodgien de la confection

IndustriALL Global Union, UNI Global Union et la CSI rallient un appui international par solidarité avec les protestataires arrêtés le mois dernier durant les manifestations des travailleuses et travailleurs de la confection pour obtenir une hausse des salaires. L’appel pour l’action “Libérez les 23” a été lancé à la veille de la comparution des personnes incarcérées devant un tribunal cambodgien le 11 février.

Les détenus, parmi lesquels des responsables syndicaux et des salariés de la confection, sont incarcérés depuis les manifestations pacifiques des 2 et 3 janvier qui se sont heurtées à l’action brutale de la police cambodgienne qui a ouvert le feu sur les manifestant(e)s causant la mort de quatre personnes et blessant 39 autres.

Il est demandé aux syndicats de manifester devant chaque ambassade du Cambodge et de remettre une lettre à l’ambassadeur condamnant la violence exercée contre les travailleuses et travailleurs de la confection et exigeant la remise en liberté des 23 personnes détenues. La lettre demande également au gouvernement de respecter le droit à la liberté syndicale.

Cette action fait suite à une lettre ouverte au Premier ministre cambodgien, Hun Sen, de IndustriALL, UNI et de la CSI qui avec 30 des plus grandes marques mondiales de vêtements, dont Walmart, Nike et H&M, exigent une enquête approfondie sur les auteurs des meurtres et demandent au gouvernement de respecter son engagement d’établir un processus juste et complet pour établir un nouveau salaire minimum.

Jusqu’à présent, le gouvernement cambodgien n’a pas réagi tandis que les fabricants de vêtements ont adopté une attitude conflictuelle face aux revendications syndicales.  

On a assisté au cours des derniers mois à une succession de grèves dans l’industrie de la confection au Cambodge pour doubler le salaire minimum et le porter à 160 USD par mois.

Le Cambodge emploie plus de 500.000 personnes dans l’industrie de la confection et du textile qui représente jusqu’à 80% des exportations du pays. La faiblesse des salaires et les mesures incitatives du gouvernement en faveur des entreprises ont amené une forte expansion de l’industrie du textile qui représente 5 milliards d’USD par an, alors que le niveau de vie des salariés n’a pas augmenté.

Contactez-nous par courriel pour obtenir plus de renseignements sur la façon de vous joindre à notre action la plus proche: [email protected]

Téléchargez ce modèle de lettre à remettre à l’ambassadeur du Cambodge.

Signez la pétition de soutien aux travailleuses et travailleurs de la confection au Cambodge: http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=2138

Inde – marche de 2000 protestataires pour la libération des travailleurs de Maruti Suzuki emprisonnés

L’énorme manifestation du 31 janvier à Jantar-Mantar dans la capitale indienne a marqué la fin de deux semaines de ‘padyatra’ (voyage à pied), qui avaient commencé le 15 janvier 2014 dans l’État voisin de Haryana.

Les travailleurs et travailleuses, leurs familles, des étudiant(e)s et des défenseurs des causes sociales se sont rassemblés sous la bannière du syndicat des travailleurs de Maruti Suzuki pour exiger le libération immédiate des 147 personnes arrêtées, ainsi que la réintégration de 2300 autres suspendues.

Ils ont également demandé l’ouverture d’une enquête judiciaire sur la mort de Avinish Kumar, directeur des ressources humaines à l’usine de Maruti Suzuki à Manesar, le 18 juillet 2012.

Après la manifestation, une liste des revendications a été remise au président de l’Inde.  

Tapan Kumar Sen, membre du Parlement et dirigeant syndical éminent, a félicité les travailleurs et travailleuses de Maruti Suzuki pour leur combat continuel contre le lien étroit existant entre le capitalisme national et le capitalisme international.  Arundhati Roy et Yogendra Yadav, célèbres défenseurs des causes sociales ont également critiqué les politiques anti-ouvrières du gouvernement indien aux niveaux fédéral et central.  

Le camarade S.M. F. Pasha, du bureau d’Asie du Sud de IndustriALL, a adressé un message de solidarité aux travailleurs et travailleuses de Maruti Suzuki et à leurs familles.

La protestation était soutenue par de nombreux autres syndicats indiens, parmi lesquels AITUC, HMS, CITU, NTUI et AIUTUC, ainsi que par les travailleurs et travailleuses de Sarva Karamchari Sangh-Jal Board, Samtamulak Mahila Sangathan et Janrang-Delhi, et par d’autres encore.

La manifestation a pris fin avec l’engagement de soutenir les travailleurs et travailleuses jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites par les autorités.

Victoire judiciaire pour le syndicat indépendant des travailleurs de Honda au Mexique

La direction et le Conseil fédéral conjoint de conciliation et d'arbitrage (CFCA) ont tout fait pour l'en empêcher. Le dernier obstacle est tombé le 24 janvier lorsque la justice a confirmé le droit des travailleurs d'adhérer au syndicat de leur choix et statué qu'un autre syndicat n'est pas habilité à demander l'annulation de l'enregistrement officiel du STUHM en tant que syndicat.

Ce jugement veut dire que l'entreprise, le gouvernement et les syndicats de protection doivent cesser leurs attaques contre le syndicat. C'est là une grande victoire pour le mouvement syndical indépendant mexicain, en particulier pour les membres du STUHM.

Depuis 2010, les travailleurs de Honda México et leur syndicat, le STUHM, s'organisent afin d'obtenir le droit de négocier une convention collective pour améliorer leur santé et leur sécurité au travail, augmenter les salaires, éliminer les affectations de poste excessives et arbitraires, mettre fin aux licenciements abusifs et aux prélèvements inexpliqués sur les salaires et les prestations et mettre un terme à la représentation officielle des travailleurs par le syndicat de protection, le Sindicato de Empleados y Trabajadores en la Estructura, Armadura Motriz e Industrial (SETEAMI), affilié à la CTM.

La Direction générale de l'enregistrement des associations, qui dépend du ministère du Travail et de la Protection sociale (STPS) a commis une série d'irrégularités en traitant la demande d'enregistrement du STUHM. Elle a fait traîner la procédure au-delà du délai prévu, jusqu'en 2011, et à ce moment, le comité exécutif du syndicat a été licencié en bloc ou a fait l'objet de menaces. La direction a de nouveau licencié des travailleurs à l'usine de Jalisco en 2013. Le STUHM a répliqué par des manifestations et des actions de solidarité et exigé l'intervention immédiate du gouvernement fédéral pour réintégrer les travailleurs et mettre fin à la campagne d'intimidation, de menaces et de violation du droit des travailleurs d'adhérer à un syndicat de leur choix.

Le syndicat a invité le CFCA à se conformer à la décision de la cour et prendre une décision définitive contre le recours en annulation de sa demande d'enregistrement pour absence de légitimité du plaignant. Il a également appelé le CFCA à fixer la date d'élections sociales permettant aux travailleurs de voter pour le syndicat par lequel ils veulent être représentés dans la négociation collective.

Des organisations syndicales nationales et internationales ont exprimé leur soutien au STUHM et demandé que le CFCA se soumette au jugement. IndustriALL Global Union a envoyé un message de solidarité souhaitant bonne chance au STUHM et à ses adhérents.

Nous tenons à vous féliciter pour votre victoire juridique et nous soutenons vos démarches pour obtenir le respect du jugement qui oblige le CFCA à rendre une décision reconnaissant le droit des travailleurs de Honda México à être membres d'un syndicat de leur choix et stipulant qu'aucun syndicat ne peut bloquer les activités d'un autre, intervenir dans ses affaires intérieures ou demander l'annulation de son enregistrement.

– Jyrki Raina, Secrétaire général, dans sa lettre de soutien au STUHM.

Le rapport de l’USW met en évidence la mauvaise gouvernance de Crown Holdings

Les Métallos USW mènent des études sur les employeurs avec lesquels ils ont des relations collectives de travail. Le rapport actuel a trait à Crown Holdings Inc., une multinationale qui compte 149 usines dans 41 pays et emploie 21.900 salariés. Environ 12.000 d’entre eux sont couverts par des conventions collectives de travail.

Le rapport met en exergue les problèmes de gouvernance principaux chez Crown Holdings :

–       Rémunérations excessives pour les cadres

–       Sous-représentation des femmes au Conseil d’Administration de Crown

–       Conflit d’intérêt créé par un PDG également président du CA

–       Incitants financiers basés sur la performance inadéquats

–       Systèmes de pension lucratifs pour les cadres de l’entreprise qui essaient d’imposer des coupes aux travailleurs les moins bien payés

Le problème des systèmes de pension lucratifs pour les cadres de l’entreprise est une préoccupation particulière pour le syndicat au vu de la situation à l’usine Crown Holdings de Toronto au Canada.

En septembre 2013 Crown Holdings a forcé les travailleurs à partir en grève après les négociations sur la nouvelle convention collective entre Crown et la Locale 9176 de l'USW de Toronto, en Ontario, alors que l’entreprise a tenté d’imposer un système de rémunération à deux paliers, le retrait de l’indemnité de vie chère, n’a octroyé que des hausses salariales minimales et a maintenu un gel des pensions déjà en place depuis neuf ans.

La situation au Canada n’est pas unique, en Turquie, Crown Holdings maintient ses méthodes anti-syndicales en refusant de reconnaître le syndicat comme partenaire des négociations collectives.

Les problèmes soulevés dans ce rapport ont aussi été le sujet du récent courrier adressé par l'AFL-CIO à Hans Löliger, membre du conseil d’administration de Crown et président de son comité de rémunération.

« Les conclusions de ce rapport ne nous étonnent pas, dit Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL. Mais une telle attitude de mauvaise gouvernance de la part de la direction de Crown a un impact extrêmement négatif sur les relations sociales. C’est pourquoi nous menons cette campagne mondiale. »

Le rapport de l'USW et le courrier de l'AFL-CIO sont disponibles sur le site de campagne de l'USW www.takebacksnomore.ca.

Tunisie : les syndicats saluent la Nouvelle Constitution

Cet important acquis arrive trois ans après le soulèvement contre l’autocrate Zine El Abidine Ben Ali, qui a inspiré la vague de révoltes dans le monde arabe. L’UGTT, le plus important syndicat du pays, et ses centrales affiliées dont celles qui sont membres d’IndustriALL, y ont joué un rôle crucial.

Largement applaudie pour sa modernité, la Nouvelle Constitution a été retardée par un quasi blocage politique lorsque différents partis se sont opposés sur le rôle de l’Islam au sein du plus séculaire des pays arabes. Elle a finalement été adoptée à une majorité écrasante par l’Assemblée Nationale Constituante avec 200 voix sur un total de 216. Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a qualifié cet accord de « jalon historique » en ajoutant « l'exemple de la Tunisie peut constituer un modèle pour d’autres peuples avides de réformes. »

Les importants principes contenus dans la Constitution comprennent un accent mis sur un état et une démocratie civils, la liberté de confession et l’indépendance des trois piliers de pouvoir, l'Exécutif, le Législatif et les Media. D’importance cruciale pour le mouvement syndical, la constitution établit dorénavant en principes sacrés le droit à la liberté d’association, le droit pour les syndicats de recruter des membres et le droit de grève.

Tahar Berberi, membre de l’Exécutif et du Comité des Finances d’IndustriALL Global Union et Secrétaire général de la FGME-UGTT, a déclaré :

Dimanche, trois ans après le déclenchement de la révolution, l’Assemblée Constituante de Tunisie a adopté la nouvelle constitution de la deuxième république. Dans le même temps, un nouveau gouvernement a été formé avec pour tâche principale de préparer les élections de cette année, qui seront supervisées par la Commission Electorale Indépendante fraîchement élue. Il ne nous reste plus qu’à fixer les dates des élections. Ces trois pistes constituaient les piliers de la Feuille de Route de l’UGTT en tant que plate-forme où les partis politiques peuvent se rencontrer pour parvenir à la transition démocratique.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina, félicitant au passage les trois affiliés de Tunisie a déclaré :

Le rôle de l’UGTT et de ses centrales, vous y compris, n’a pas seulement été d’une importance cruciale dans l’obtention de cette constitution, vous avez été un brillant exemple de la façon dont le mouvement syndical peut pousser vers la démocratie et aider à changer la société.

La nouvelle constitution de Tunisie pourrait également représenter un changement de poids pour les femmes, après l’adoption de la clause qui garanti l’égalité des genres au sein des assemblées législatives ainsi que les mesures à prendre pour protéger les femmes de la violence, une première dans le monde arabe. De par la loi, les hommes et les femmes sont égaux en Tunisie depuis les années 1950, lorsque que le Président Habib Bourguiba avait fait adopter la Législation sur le Statut Personnel de 1956. Cependant, si elles sont mises en pratique, des clauses comme l’Article 45, qui impose au gouvernement de créer la parité pour les femmes dans toutes les assemblées législatives du pays sont destinées à entrer dans l’histoire.

Des statistiques aux États-Unis prouvent que la main-d’œuvre syndiquée a des salaires plus élevés

Le 24 janvier 2014, le Bureau fédéral américain des statistiques du travail a publié son rapport annuel de 2013 sur les statistiques de la syndicalisation. Le rapport donne une vue d’ensemble sur la syndicalisation aux États-Unis en 2013.

Le taux de syndicalisation était de 11,3 pour cent en 2013, identique à celui de 2012. Le nombre de salariés membres d’un syndicat était de 14,5 millions. Comparativement, lors de la première année de collecte des données en 1983, le taux était de 20,1 pour cent.

Selon le rapport, la syndicalisation aux États-Unis possède un avantage financier. En 2013, les salariés à temps plein, membres d’un syndicat, ont perçu des gains moyens hebdomadaires de 950 USD, alors que le salaire moyen hebdomadaire des non-syndiqués était de 750 USD. Des détails sur ces chiffres se trouvent dans le tableau de comparaison du rapport sous le nom de Median weekly earnings of full-time wage and salary workers by union affiliation and selected characteristics.

Les autres points importants basés sur les données de 2013 sont les suivants:

Le rapport intégral se trouve sur le lien suivant  http://www.bls.gov/news.release/union2.nr0.htm