Unilever se met à dos les travailleurs en Afrique du Sud et au Royaume-Uni

Les membres de Unite the Union dans l’usine Unilever à Purfleet, Essex, se sont vus “offrir” jusqu’à 30% de baisse salariale. La direction de Purfleet a refusé de prendre en considération les propositions des négociateurs syndicaux, et a proposé au contraire un accord qui frappe les retraites, les prestations, les salaires, remplace le personnel employé à temps plein par des salariés sous contrat individuel exclus des unités de négociation, des emplois reclassés, et l’établissement d’un nouveau modèle de travail posté avec beaucoup moins de temps libre.

La direction a affirmé aux travailleurs et travailleuses de Purfleet que les réductions étaient nécessaires pour conserver la viabilité du site, la plus grande usine de margarine au monde. Elle produit chaque jour des millions de barquettes des marques connues Flora et Stork.

Unilever répond à chaque occasion par l’engagement de l’entreprise pour des règles d’éthique, conformément à son comportement passé. Les salariés qui fabriquent des produits Unilever dans le monde entier voudraient avoir des indications claires sur ces règles d’éthique.

Les bénéfices d’Unilever, conglomérat mondial géant de produits destinés aux consommateurs/trices, continuent d’augmenter. L’entreprise est fière d’affirmer que chaque jour, deux milliards de gens utilisent un produit Unilever. 

Cependant, les syndicats sont visés dans le monde entier et subissent une pression toujours plus forte de l’employeur, une tendance mondiale inquiétante. Le réseau syndical international des salariés de Unilever agit pour répondre à cette nouvelle agression. 

Le syndicat sud-africain de l'alimentation et des branches connexes (FAWU), affilié à l’Union internationale des travailleurs de l'alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie et des branches connexes, UITA, a 220 membres en grève dans l’usine Unilever de production de thé et d’alimentation à Pietermaritzburg. La grève dure depuis le 17 janvier.

L’UITA rend compte des faits suivants:

Selon Masemola, secrétaire général du FAWU, "la grève concerne une augmentation de 9% du salaire actuel voulue par les travailleurs et travailleuses". La grève porte également sur "l’annulation du modèle de subvention pour jeune âge comportant un abaissement des indices concernant les taux de rémunération pour l’emploi de jeunes travailleurs et travailleuses, alors que la teneur des indices, ou emplois, reste la même".

Les salariés de British Unilever à l’usine Port Sunlight près de Liverpool se sont rassemblés le 3 février devant les portes de l’usine pour exprimer leur soutien aux grévistes du FAWU.

Les salariés et leurs communautés ont été brutalement exclus du programme de “conditions de vie viables” de l’entreprise. Unilever a établi un record pour frapper ses salariés au Brésil, en Colombie, en Indonésie, aux Pays-Bas, en Russie, en Afrique du Sud, en Thaïlande, au Royaume-Uni, et dans d’autres pays.

Cette tendance alarmante des pressions exercées sur les lieux de travail et les syndicats de Unilever a poussé le réseau mondial à renforcer la solidarité et le soutien mutuels.

Selon la déclaration faite sur le réseau en mars 2013:

“Nous insistons pour avoir des lieux de travail viables, des emplois durables et des garanties pour le respect des droits des travailleurs et travailleuses de Unilever, actuellement et dans l’avenir. Et ce, pour qu’ils puissent profiter des avantages obtenus par la croissance de l’entreprise, plutôt que d’avoir à payer pour obtenir cette croissance avec la perte de nos emplois, de notre santé et de nos droits.”

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, a déclaré:

Nos efforts pour unifier les travailleurs et travailleuses de Unilever dans le monde avec notre organisation sœur UITA International continuent avec détermination.

Envoyez un message de solidarité au FAWU par un courriel à son secrétaire général Katishi Masemola à cette adresse: [email protected]

Stop à la persécution des syndicalistes chez Honda México !

Les trois dirigeants ont été arrêtés devant l'usine dans l'après-midi du 5 février pendant qu'ils distribuaient des tracts pour informer les travailleurs du jugement rendu récemment en faveur du syndicat. Il s'agit de Raúl Celestino Pallares, Esteban Acero, Raúl Rojas et d'un militant qui les accompagnait.

La police a déclaré les avoir arrêtés pour trouble de l'ordre public. Deux d'entre eux ont été libérés après paiement d'une amende. Les deux autres ont été déférés au parquet et inculpés pour avoir tenté de blesser un policier.

Le Secrétaire général du STUHM, José Luis Solorio, a dit avoir reçu un appel téléphonique d'un des dirigeants du syndicat au moment même où il était frappé par des policiers. Il s'agit d'un nouvel acte de répression antisyndicale. Les dirigeants syndicaux ont été agressés alors qu'ils étaient embarqués dans un fourgon de police. En détention, ils ont subi des tortures physiques, constamment sous la menace d'une arme, tandis que des policiers leur infligeaient des brûlures de cigarettes.

Le STUHM confirme que la police a menacé de maintenir deux membres du syndicat en détention sur "des chefs d'accusation graves qui sont ridicules et disproportionnés, dans le but de gêner les activités du STUHM".

Les syndicalistes ont été remis en liberté grâce aux pressions d'autres syndicats et d'organisations de la société civile. Toutefois, José Luis Solorio réclame l'arrêt immédiat de la répression et des mesures d'intimidation contre le STUHM. Il avertit aussi que : "Ces actes barbares ne décourageront pas et n'effrayeront pas nos membres. Les autorités en charge du travail DOIVENT ordonner des élections sociales afin que les travailleurs puissent dire par quel syndicat ils veulent être représentés dans la négociation collective."

Le STUHM appelle tous les syndicats, toutes les organisations de la société civile et le grand public à suivre la situation de près et à exprimer leur solidarité avec le STUHM, "parce que nous n'abandonnerons pas la lutte".

IndustriALL Global Union condamne cette forme d'intimidation qui survient si peu de temps après l'arrêt de justice rendu en faveur du STUHM (http://www.industriall-union.org/fr/victoire-judiciaire-pour-le-syndicat-independant-des-travailleurs-de-honda-au-mexique) et appelle les autorités ainsi que l'entreprise à respecter le droit des travailleurs à adhérer à un syndicat de leur choix.

Soutenez les chimistes hongrois en grève pour défendre leurs droits

Les 100 salariés de United Chemical Works Company Ltd (EVM) à Budapest, la capitale hongroise, sont partis en grève le 3 février pour exiger le paiement de leurs arriérés de salaire.

L’employeur est injoignable, ne communiquant avec les travailleurs que par le biais de ses avocats et rejetant les tentatives de dialogue de la part du syndicat. Cette situation intenable a fait naître la crainte parmi les salariés qu’EVM allait délocaliser totalement le site sans régler les salaires impayés.

Pour cette raison, les membres de la VDSZ font le piquet en permanence devant le site de Budapest afin d’empêcher EVM d’emporter tout équipement significatif hors de l’usine. Ces travailleurs et travailleuses ont besoin d’un soutien international dans leur lutte pour garder leur emploi et obtenir leur dû.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL a écrit au Président de la VDSZ, Tamás Székely, également membre suppléant du Comité exécutif d’IndustriALL :

Nous demandons instamment à la direction d’EVM de verser l’ensemble de l’arriéré salarial aux travailleurs et de s’asseoir à une table avec vous pour négocier une solution équitable au conflit… IndustriALL Global Union est disposée à vous prêter davantage assistance pour que la direction d’EVM vienne à la table des négociations plutôt que de continuer à se voiler lâchement la face.

La VDSZ organise une manifestation ce 12 février à Budapest pour galvaniser le soutien en faveur des travailleurs et travailleuses d’EVM. Rejoignez ce soutien international en écrivant directement à la VDSZ par le biais de l’outil disponible sur le côté.

Utilisez la messagerie automatique sur cette page pour écrire aux 100 chimistes en grève et exprimer votre soutien dans le cadre de ce conflit portant sur des droits fondamentaux.

IndustriALL demande au gouvernement égyptien de répondre aux demandes des grévistes

Les grévistes de l’entreprise Spinning and Weaving Company à Mahalla demandent le paiement des primes promises pour 2013, l’application du salaire minimum de 1200 EGP (172 USD) et le licenciement de Fouad Abdel-Alim, chef de la compagnie financière qui supervise toutes les entreprises textiles du secteur public.

“Nous demandons instamment au gouvernement de répondre dans les délais aux revendications légitimes des travailleurs et travailleuses, et de s’assurer que leurs demandes seront prises en compte au niveau décisionnel, notamment pour traiter les questions qui touchent directement les salariés et leurs familles,” a déclaré Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union.

Mohamed Assad, secrétaire aux médias du syndicat libre de l’entreprise Mahalla Spinning and Weaving Company, et jeune dirigeant gréviste a déclaré:

“Nous avons reporté à plusieurs reprises cette grève sur la base de promesses non tenues du gouvernement concernant le paiement des primes, et pour s’assurer que notre grève ne soit pas utilisée à des fins politiques. Tous les salariés insistent maintenant pour obtenir l’application du salaire minimum et le licenciement de Fouad Abdel-Alem.”

Le Comité économique ministériel a approuvé lundi le paiement de 157 millions d’EGP (22,5 millions d’USD) de retard de versement de primes, mais les travailleurs et travailleuses poursuivent la grève jusqu’à obtenir satisfaction des autres revendications, notamment le licenciement de Fouad Abdel-Alim.

Avant d’être à la tête de la compagnie financière, Abdel-Alim était le président de Mahalla Spinning and Weaving Company jusqu’à sa mise à l’écart après une grève en 2007 qui demandait son licenciement.

Alors que les salariés affirment pouvoir attendre l’établissement du salaire minimum jusqu’aux prochaines discussions sur son application dans toute l’entreprise, ils ne toléreront pas le maintien de Fouad Abdel-Alim à son poste.

Les 5.000 femmes qui constituent 25% de l’effectif de l’entreprise participent à la grève, qui est également soutenue par 12.000 travailleurs et travailleuses de cinq entreprises du secteur public en grève pour les mêmes revendications. 

Les travailleurs et travailleuses de Mahalla ont constitué une force importante pour le renversement du régime de Hosni Moubarak le 25 janvier 2011. Depuis 2006, ils ont été à la tête des plus grandes vagues de grèves en Égypte en 60 ans, pour protester contre la détérioration des conditions de travail et de vie, et pour s’opposer au défi constitué par le régime de Moubarak.

Grève des mineurs géorgiens

Après l’annonce de la grève dans les deux entreprises à partir des 29-30 janvier 2014, quelque 140 salariés ont été mis à pied dans le cadre de la réorganisation annoncée, dont 15 militants syndicaux qui avaient participé aux négociations avec la direction. Selon le syndicat de la métallurgie représentant les travailleurs des mines et de l’industrie chimique en Géorgie (TUMMCIWG), affilé à IndustriALL, les entreprises tentent par ces actions de fragiliser la grève, d’intimider la main-d’œuvre et de bloquer la négociation collective. Dans le même temps, l’entreprise conteste la représentativité du syndicat local en refusant de négocier et en tentant de le discréditer.

Le 24 janvier 2014, au lendemain de la réunion des salariés et de la direction qui avait donné lieu à une nouvelle aggravation du conflit, les salariés ont envoyé une lettre aux directions de RMG Gold et de RMG Copper pour les informer des procédures de grève. Une copie de cette lettre a été envoyée au ministère du Travail, de la Santé et des Affaires sociales de Géorgie. Selon la législation géorgienne du travail, une grève peut commencer 21 jours après la date de réception de cette lettre.

Les revendications des mineurs sont les suivantes:

Auparavant, le 19 novembre 2013, environ 700 mineurs des entreprises minières de Géorgie RMG Gold et RMG Copper, appartenant toutes deux à Rich Metals Group, avaient fait grève pour exiger de meilleures conditions de travail et une hausse salariale promises précédemment par la direction, qui avaient donné lieu à un accord signé par les parties le 23 novembre 2013.

Au cours des deux derniers mois, de nombreuses réunions et négociations ont eu lieu, et les salariés ont rempli consciencieusement leurs obligations conformément à l’accord. Malgré les promesses de la direction, les principales questions concernant les hausses salariales, l’amélioration des conditions de travail et l’assurance maladie restent encore en instance, bien qu’il s’agissait d’un aspect prioritaire de l’accord.

Pour soutenir les revendications des mineurs géorgiens, IndustriALL Global Union a envoyé une lettre à la direction de RMG Gold et de RMG Copper pour lui demander d’entreprendre des négociations avec le syndicat des travailleurs de la métallurgie, des mines et de l’industrie chimique de  Géorgie (TUMMCIWG). Si les entreprises refusent de commencer à négocier, IndustriALL lancera une campagne avec la participation de toute la communauté internationale.

Les protestations en Ukraine exercent une pression sur les affiliés de IndustriALL

“Nous vivons une crise politique en Ukraine qui pourrait aboutir à une crise économique et provoquer une nouvelle baisse du niveau de vie des travailleurs et travailleuses,” avertit Grigory Olkhovets, coordonnateur de IndustriALL Global Union en Ukraine et président du syndicat des travailleurs de la radio, de l’électronique et de l’ingénierie mécanique d’Ukraine (REMEWU). 

Les manifestations en Ukraine ont pris de plus en plus d’importance après la dispersion violente, le 30 novembre 2013, des manifestants sur la place de l’indépendance au centre de Kiev. L’immeuble où se situe la maison des syndicats, et où le REMEWU a ses bureaux, qui se dresse sur la place de l’indépendance a été le premier à être occupé par les manifestants le 1er décembre 2013.

"Les manifestants sont entrés pour avoir chaud. Ils ont utilisé les toilettes, le réfectoire et ont installé un centre de premier secours,” explique Olkhovets, en ajoutant que les syndicats ont été d’accord pour laisser une partie des bureaux aux manifestants. “Toutefois, ces derniers ont commencé dernièrement à occuper d’autres bureaux. La nuit, ils dorment à même le sol dans les couloirs (mais) les rapports sont OK. Nous avons pensé que ces inconvénients ne dureraient pas longtemps dans l’immeuble. Mais deux mois se sont écoulés. Il est maintenant clair que personne ne peut dire combien de temps cette situation se maintiendra.”

“L’opinion sur les manifestations est divisée”, affirme Vasily Dudnik, membre du Comité exécutif de IndustriALL Global union et président du syndicat des travailleurs des machines agricoles et de l’automobile d’Ukraine (AAMWU). “Dans l’ouest du pays, les syndicats locaux soutiennent les évènements et participent aux manifestations. Dans l’est et le sud, les syndicats soutiennent le droit de manifester, sans pour autant croire qu’il doive engendrer des affrontements violents,” ajoute-t-il.

"Les syndicats locaux décident eux-mêmes de ce qu’ils doivent penser des évènements et d’y participer ou non,” dit Dudnik. “Il est certain qu’une telle division dans la société a un effet négatif sur l’unité syndicale, et nous faisons de notre mieux pour empêcher une scission syndicale qui aurait, en fin de compte, un effet malheureux sur les travailleurs et travailleuses, indépendamment de leurs opinions politiques.”

Dudnik croit que “l’accumulation de graves problèmes sociaux est la raison profonde des manifestations. Notre syndicat soutient l’intégration de l’Ukraine à l’UE et reconnaît que les citoyens et citoyennes d’Ukraine ont le droit de défendre leurs revendications par diverses actions de protestation. La durée de la confrontation en cours dépendra fortement de la volonté politique des deux parties. La situation empire du fait que les protestations, qui étaient à l’origine pro-européennes, ont pris la forme d’une course vers le pouvoir en Ukraine".

Mikhail Volynets, président du syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine (NPGU) soutient les manifestations pour d’autres raisons: "Le NPGU et la KVPU (confédération des syndicats libres d’Ukraine) prend une part active aux manifestations pacifiques qui expriment des revendications sociales et économiques. Le NPGU et la KVPU veulent de la transparence sur les questions concernant l’industrie charbonnière et le paiement des arriérés sociaux. Les salariés appartenant à Lviv Coal Concentration Plant, un affilé du NPGU, n’ont pas encore reçu leurs salaires et leurs prestations sociales pour un trimestre entier de l’année dernière".

IndustriALL Global Union exprime sa solidarité avec la lutte des travailleurs et travailleuses d’Ukraine pour la défense de leurs intérêts sociaux et économiques, et espère qu’une solution rapide et pacifique sera trouvée à la crise politique en Ukraine.

Ambassades du Cambodge assiégées : Libérez les 23 !

Dans un élan mondial de solidarité, des manifestations ont eu lieu à Bruxelles, Canberra, Dhaka, Genève, Hong-Kong, Jakarta, Manille, Séoul, Tokyo et Washington et d'autres actions sont prévues dans plusieurs autres villes avant la fin de la journée.

Elles font suite à l'appel lancé par IndustriALL Global Union, UNI Global Union et la CSI pour exprimer le soutien de la communauté internationale aux 23 personnes arrêtées dans la capitale, Phnom Penh, pendant les manifestations des travailleurs de la confection qui réclamaient un salaire minimum vital équitable.

Deux travailleurs ont été libérés il y a quelques jours. Sur les 21 restants, 16 ont entamé une grève de la faim dimanche.

À Genève, des représentants d'IndustriALL, d'UNI et de la CSI ont pu avoir des échanges constructifs lors d'une réunion, au siège des Nations unies, avec un diplomate de haut rang de l'ambassade du Cambodge en Suisse.

Au même moment, des membres d'IndustriALL et d'UNI ont crié haut et fort leurs revendications lors de la remise à la mission cambodgienne à Genève d'une lettre réclamant la libération des travailleurs ainsi qu'un processus de détermination du salaire minimum équitable et participatif.

"Le message envoyé aux autorités cambodgiennes est clair. Nous n'arrêterons que lorsque tous les travailleurs seront libérés", a déclaré Jyrki Raina, le Secrétaire général d'IndustriALL. "L'action menée aujourd'hui par le mouvement syndical mondial a prouvé que le monde entier est sensible au sort tragique des travailleurs cambodgiens de l'habillement."

Le Secrétaire général d'UNI Global Union, Philip Jennings, a déclaré :

"Il faut que le gouvernement cambodgien libère immédiatement les 23 et que les travailleurs soient autorisés à exercer leur droit démocratique à protester contre des conditions de travail inacceptables et pour un salaire décent. Il faut que le Cambodge place la barre plus haut, comme l'ont réclamé les travailleurs du monde entier."

Ce sont les syndicalistes australiens qui ont été les premiers à lancer la journée de solidarité en manifestant devant l'ambassade du Cambodge de Canberra. Ensuite, les Australiens ont passé le reste de la journée à poster des messages de soutien aux travailleurs du vêtement sur la page Facebook du Premier ministre cambodgien Samdech Hun Sen.

À Séoul, des membres du Syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie (KCTU) et cinq autres organisations syndicales ont défilé aux côtés de nombreux groupes de la société civile devant l'ambassade du Cambodge, une action dont ont rendu compte la presse écrite, la télévision et des sites d'information sur Internet.

À Dhaka, capitale du Bangladesh, les travailleurs de l'habillement ont défilé en signe de solidarité avec leurs homologues cambodgiens tandis qu'à Jakarta, 300 membres de la FSPMI et la KSPI ont manifesté devant l'ambassade du Cambodge en Indonésie.

La CSI et les syndicats belges ont fait connaître ensemble leurs revendications lors d'une manifestation qui a réuni 75 personnes devant l'ambassade de Bruxelles.

À Tokyo, des représentants de la Confédération japonaise des syndicats RENGO-JTUC ainsi que les affiliés japonais d'UNI et d'IndustriALL se sont rendus à l'ambassade du Cambodge au Japon.

Des syndicalistes sri-lankais ont manifesté par solidarité avec des travailleurs et travailleuses de la confection du Cambodge et envoyé aux autorités cambodgiennes une pétition de dirigeants de syndicats et de la société civile.

Les 15.000 kilomètres qui séparent le Honduras du Cambodge n’ont pas affaibli les liens de la solidarité. Peu impressionnés par la distance et l’absence de connexion internet, des leaders syndicaux honduriens ont signé une pétition “à l’ancienne” et se sont engagés à relayer la campagne pour libérer les 23 auprès de leurs organisations et sur leurs lieux de travail.

Des lettres ont aussi été envoyées au gouvernement cambodgien par des affiliés de pays comme l'Allemagne, le Nigéria, la Norvège, les Philippines, le Royaume-Uni et la Suède.

Et bien évidemment, différentes actions ont été menées simultanément au Cambodge lui-même.

Regardez les photos sur le compte flickr d'IndustriALL :

http://www.flickr.com/photos/industriall_gu/sets/

Et visionnez le film :

http://youtu.be/ENkIi7cWzDA

Ineos met à la porte le délégué principal Unite sur base d’accusations bidons à Grangemouth (GB)

Unite a lancé au Royaume-Uni une action en justice à propos du licenciement de son vice-président et délégué principal chez Ineos Grangemouth Mark Lyon, en accusant Ineos de pratiquer « l'hypocrisie » et de faire une « parodie » de justice. 



Mark, qui compte 25 ans de service au sein de l’entreprise, a été jugé en son absence et s’est vu signifier sa mise à pied le 4 février pour n’avoir pas empêché le syndicat de faire des commentaires sur les craintes de pertes d’emploi à l’usine pétrochimique, telles que rapportées par le quotidien national écossais The Daily Record le 2 décembre 2013.

Ceci fait suite à la démission d’un autre délégué principal de Unite à Grangemouth Stevie Deans l'an dernier pour protester contre le traitement que lui a infligé l’entreprise et alors qu’Ineos abandonne ses accusations de diffamation à l’encontre de Unite pour avoir donné à entendre que M. Deans avait été brimé par l’entreprise.



Le licenciement de Mark Lyon se produit alors qu’il existe des preuves médicales significatives qu’il souffre d’une maladie grave liée au stress, résultat du traitement qu’il a subit de la part de l’entreprise.

Unite est d’avis qu’Ineos était déterminé à mener le processus disciplinaire contre M. Lyon au pas de charge, privant ainsi ses conseillers juridiques du temps nécessaire à la préparation de sa défense.

Unite va faire appel de la décision de l’entreprise et déposer une requête au conseil de prud’hommes pour licenciement abusif et brimades pour motifs syndicaux.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina a déclaré :

Unite est le plus important syndicat du Royaume-Uni et une organisation d’une grande importance au sein d’IndustriALL. Nous nous rangeons résolument aux côtés de Unite et de ses membres à Grangemouth face à l’intransigeance de cet employeur. Licencier Mark Lyon sur base d’accusations aussi pathétiques relève purement et simplement de tactiques anti-syndicales allant totalement à l’encontre des normes internationales du travail. Mark Lyon est un syndicaliste dévoué qui a derrière lui une longue pratique de la représentation des travailleurs du pétrole et de la chimie au Royaume-Uni.

Pat Rafferty, Secrétaire de Unite pour l'Ecosse, a déclaré :

Encore une fois, un homme honnête et salarié loyal a été chassé de son emploi par Ineos. La parfaite hypocrisie d’Ineos n’a pas de limites. L’entreprise a retiré son action en diffamation contre Unite pour « tirer un trait sur le conflit », mais dans le même temps elle préparait la lettre de licenciement d’un de ses délégués.

Mark Lyon a été soumis à une parodie ridicule de procédure disciplinaire qui l’a vu être jugé en son absence. Alors qu’il se rendait à un rendez-vous médical, son employeur le virait de son poste sur base d’accusations fabriquées.

A bas Rio Tinto !

Le rassemblement a connu son point d’orgue devant le Centre des Congrès du Cap, là où se tenait la dernière journée de travail du plus grand congrès du secteur minier, l’Indaba. Des militants syndicaux aussi bien que des membres d’ONG étaient venus là pour donner un coup de projecteur sur la lutte des travailleurs en faveur du travail décent au sein des usines de Rio Tinto partout dans le monde.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré que ce nivellement par le bas devait cesser.

« Alors que Rio Tinto dégage d’énormes bénéfices de ses activités, les travailleurs subissent les aléas d’emplois dangereux et précaires. Les bénéfices générés par les mines devraient être partagés par tous et pas seulement dédiés à l’accroissement des profits d’entreprises. La situation que nous connaissons aujourd’hui est inacceptable. »

La marche à travers Le Cap marquait la fin d’une réunion de trois jours du Réseau syndical mondial Rio Tinto d’IndustriALL et le lancement officiel de la campagne pour accroître la syndicalisation au sein de Rio Tinto.

Remerciant pour leur soutien tous ceux qui ont participé à la marche, Andrew Vickers, Secrétaire général de l’affilié australien CFMEU et président de la section des mines d’IndustriALL a déclaré :

« Merci pour votre soutien dans le lancement de cette campagne pour stopper Rio Tinto, pour stopper l’irrespect de Rio Tinto pour les syndicats, les travailleurs, les conventions de travail, pour faire cesser la terreur envers les communautés locales et leur déplacement forcé. »

Alors que la foule s’accumulait pour marquer son soutien aux mineurs, Rio Tinto a platement refusé de rencontrer les représentants du réseau pour recevoir leur cahier de revendications.

Dans ces revendications, IndustriALL Global Union exige entre autres choses de Rio Tinto, de la Chambre des Mines d’Afrique du Sud et du Conseil international des Mines et des Métaux, l’arrêt des ingérences dans le processus de négociation collective et l’assurance que les travailleurs qu’ils occupent aient le droit de refuser de prester une mission dangereuse.

Rio Tinto doit aussi s’engager à rencontrer les travailleurs et leurs syndicats et minimiser le travail précaire pour renforcer les emplois permanents et à plein temps au sein de ses activités.

« C’est une lutte en faveur des travailleurs d’où qu’ils soient. La campagne contre Rio Tinto est destinée à renforcer nos travailleurs et nous allons continuer le combat. » a dit Senzeni Zokwana, président du NUM et vice-président d’IndustriALL.

Les travailleurs du pétrole à Koweït prévoient de faire grève

Des milliers de travailleurs du pétrole à Koweït prévoient de faire grève à la suite de la décision du gouvernement de réduire leurs salaires. L’annonce est venue d’un dirigeant syndical, Abdulaziz Al-Sharthan, après l’échec de longs pourparlers avec le nouveau ministre du Pétrole, Ali al-Omair, et des hauts dirigeants du pétrole pour trouver une solution au conflit. Le gouvernement a soutenu une demande de réduction des  salaires, bien que les salaires moyens des travailleurs du pétrole à Koweït soient inférieurs de moitié à ceux de leurs collègues des pays voisins d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar.

Le syndicat a remis un préavis de grève de deux semaines pour donner au gouvernement le temps de retirer sa décision et de négocier avec le syndicat du pétrole. À un moment où les prix du pétrole sont élevés, les travailleurs et leur syndicat sont fortement déterminés à protéger leurs clauses et conditions, notamment la prime de “partenariat fructueux”. Payée par KPC et ses entreprises membres depuis plusieurs années, cette prime donne aux travailleurs une part des bénéfices budgétaires supplémentaires réalisés par l’entreprise, en grande partie du fait des fluctuations des prix du pétrole.

S’adressant à IndustriALL Global Union, Abdulaziz al-Sharthan a déclaré: 

Le gouvernement tente d’ignorer les syndicats en tant que partenaires sociaux et de prendre des décisions unilatérales sur les questions concernant directement les conditions de travail et de vie des travailleurs. Il essaie également de limiter le rôle des syndicats, notamment dans le secteur pétrolier, et de porter atteinte à la réputation des syndicats et aux pratiques légitimes des travailleurs, notamment en ce qui concerne le droit de grève.

Jyrki Raina, secrétaire général, a déclaré dans sa lettre  de soutien au syndicat: 

Notre affilié syndical dispose du soutien inconditionnel de IndustriALL Global Union et de ses affilés dans le monde.

IndustriALL a également envoyé des lettres de protestation à l’entreprise et aux autorités koweïtiennes.

Dans le cas où les travailleurs seraient obligés d’entreprendre une action pour défendre leurs conditions actuelles, alors la grève sera totale et touchera toutes les activités de production, les exportations et la production pétrochimique.

Le secteur pétrolier du pays emploie environ 19.000 Koweïtiens et produit actuellement environ 3 millions de barils par jour, dont un quart est exporté comme produits raffinés.