Le 28 février est la Journée européenne de l’Egalité salariale

Ce 28 février, Journée européenne de l'Egalité salariale, IndustriALL Europe a émis la ferme revendication de mettre un terme à la fracture salariale entre les hommes et les femmes en Europe. Les différences salariales restent en Europe un des principaux facteurs de discrimination à l’encontre des femmes. En moyenne, les femmes européennes gagnent un salaire horaire d’environ 17% inférieur à celui des hommes. En Belgique, au Portugal, en Slovénie, en Pologne, à Malte et en Italie, ce chiffre tombe en dessous des 10%, mais en Estonie et en Autriche, il dépasse les 25%.

Tout ceci permet d’illustrer le peu d’initiatives qui ont été mises en œuvre pour éradiquer ces inégalités. C’est pour cette raison qu’IndustriALL Europe et son Groupe de Travail sur l'Egalité des Chances renforcent leur appel auprès des autorités publiques en faveur d’un plus grand engagement à éliminer ces différences.

Une plus grande égalité entre les hommes et les femmes aurait des avantages pour l’économie et la société en général, en contribuant à la réduction de la pauvreté et à l’augmentation des revenus des femmes. Les entreprises peuvent mieux tirer parti des talents et aptitudes des femmes, par exemple en évaluant plus efficacement les capacités des femmes et en concevant des politiques qui réconcilient le travail et la vie de famille, ainsi qu’en favorisant la formation et le développement personnel.

Il existe de nombreuses raisons aux différences salariales entre hommes et femmes dans l’Union européenne :

Les femmes évoluent souvent dans des métiers qui ne sont pas autant valorisées que ceux des hommes. Et même au sein des professions où les hommes prévalent, le travail des femmes y reçoit une moindre reconnaissance et y est moins bien payé.

En plus de supporter le poids d’activités non-rémunérées comme le ménage et la garde des enfants, les femmes constituent la majorité des travailleurs à temps partiel en Europe. Cela veut dire que 31,5% des femmes travaillent à temps partiel en comparaison d’à peine 8,3% des hommes, ce qui a un impact négatif sur leur évolution de carrière, leur droit à la pension et à des allocations de chômage.

Les femmes sont moins présentes dans les postes de direction. Seuls 12% de femmes composent les conseils d’administration et à peine 3% ont des postes de direction.

Le Groupe de Travail sur l'Egalité des Chances d’IndustriALL Europe propose une série de mesures et de stratégies pour réduire ces inégalités de salaire, qui, loin de disparaître, sont malheureusement chaque jour de plus en plus criantes.

Parmi les différentes mesures et propositions pour prendre en compte ce problème, nous avançons les suivantes :

Ces mesures devraient être examinées dans le cadre de la négociation collective et des conseils d’entreprise locaux, des Conseils d’Entreprise Européens et des Accords multilatéraux par les représentants des travailleurs, pour que ce soient eux qui puissent veiller sur les nouveaux engagements, les promotions, les formations, etc, et s’assurer de leur conformité par rapport à tous les aspects de l’égalité, au sens le plus large du terme.

IndustriALL participe à une manifestation syndicale contre la xénophobie en Suisse

Le 9 février, les Suisses étaient appelés à voter sur l'imposition de quotas à l'immigration. Cette mesure, qui sème la zizanie, a été votée à une étroite majorité d'à peine 50,3 pour cent. Le 1er mars, une délégation d'IndustriALL s'est jointe à des membres de notre affilié Unia et d'autres syndicats suisses pour une manifestation contre la discrimination devant le parlement suisse.

Les syndicats ont condamné cette initiative ségrégationniste qui frappe au cœur des libertés européennes et prive des personnes de la liberté de travailler là où elles le souhaitent en Europe. Bien que la Suisse ne soit pas membre de l'Union européenne, elle est liée à elle par de nombreux accords bilatéraux, et notamment par des conventions portant sur la liberté du travail.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Fernando Lopes, qui participait à cette manifestation, a déclaré :

"Nous soutenons les syndicats suisses dans leur combat pour une Suisse ouverte et tolérante. Non seulement 20 pour cent de tous les gens se trouvant en Suisse sont des étrangers, mais plus de 30 pour cent de tous les salariés viennent d'ailleurs. Prenez le siège d'IndustriALL, par exemple, il est constitué de 26 nationalités différentes."

"Parce qu'ils contribuent à la richesse de la Suisse, les immigrants ont le droit d'être ici et d'être traités de manière non-discriminatoire. Nous continuerons à soutenir les 49,7 pour cent de Suisses qui ont dit "non" à cette initiative ainsi que les 20 pour cent d'étrangers vivant en Suisse."

Avec la Confédération syndicale suisse et d'autres partenaires, Renzo Ambrosetti, d'Unia, et le mouvement syndical suisse promettent de faire campagne contre toute législation discriminatoire sur les permis de résidence.

Pour Renzo Ambrosetti, Coprésident d'Unia et membre du Comité exécutif d'IndustriALL :

"Cette décision est un coup très dur pour les immigrants en Suisse, pour les syndicats et pour toutes les forces progressistes. Elle conduit la Suisse dans l'impasse."

Jyrki Raina parle de sa tournée dans cinq pays asiatiques

Partout en Asie, les travailleurs et travailleuses et leurs syndicats se mobilisent pour de meilleurs salaires, une vie meilleure, moins d’externalisation, et pour la syndicalisation et la croissance. Nous avons bien démarré une nouvelle année de luttes et de victoires dans notre famille syndicale mondiale de IndustriALL.

Combattre le travail précaire : une revendication essentielle de la campagne Rio Tinto

Avant son lancement, le Réseau Rio Tinto d'IndustriALL avait déjà défini la lutte contre l'emploi précaire comme la pierre angulaire de la campagne.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Fernando Lopes a déclaré "Dans la plupart des cas, la majorité des travailleurs de l'industrie minière sont en situation d'emploi précaire. Pour y remédier, IndustriALL Global Union a arrêté trois axes d'action : l'organisation, la protection par la négociation collective et l'amélioration de la législation."

Un cahier de revendications a été envoyé au Président-Directeur général de Rio Tinto; il souligne notamment la nécessité de réduire au minimum l'incidence du travail précaire.

Organisation :

Il y a peu de chance que les travailleurs qui ont un emploi précaire se syndiquent ou négocient collectivement. Les salaires et les conditions sont encore plus tirés à la baisse par les entreprises qui divisent ainsi le personnel dans leurs usines. Il est donc impératif que les travailleurs précaires aient une représentation commune. Seul un taux de syndicalisation élevé fera des travailleurs des interlocuteurs inévitables de Rio Tinto.

Protection :

Une solution fiable pour protéger les travailleurs précaires est de les couvrir par une convention collective. Chez Rio Tinto en Afrique du Sud, la plupart des travailleurs sont des contractuels et ne sont pas syndiqués. Cependant, lors de la campagne de négociation de 2013, les revendications salariales du NUM visaient aussi les travailleurs contractuels.

Législation :

La protection politique, par un salaire minimum ou la limitation du recours au travail précaire par exemple, est un autre élément. Au Cameroun, le SYNATE a élaboré une stratégie sur la manière d'aborder une législation qui reconnaît trois catégories de travailleurs : les permanents, les sous-traitants et les temporaires. Elle a permis à Rio Tinto Aluchem de créer un intermédiaire, une entreprise qui lui fournit du personnel en sous-traitance, des travailleurs qui, jusqu'à leur pension, ne sortiront jamais de cette catégorie professionnelle. Pour le SYNATE, l'éducation et la sensibilisation de tous les travailleurs sont essentielles dans ce combat.

Afin de mesurer avec précision l'importance de l'emploi contractuel et d'autres types d'emploi précaire, IndustriALL et ses affiliés ont réalisé une étude sur les secteurs de la mine et de l'énergie. Des difficultés ont été soulignées en raison de la nature de la relation d'emploi triangulaire et de ses nombreuses variantes, mais tous les affiliés sont déterminés à faire respecter leurs droits.

Après la crise économique mondiale de 2008, Rio Tinto a annoncé la suppression de 14.000 emplois dans le monde, dont 8.500 postes contractuels. Pour le Directeur du département des mines d'IndustriALL, Glen Mpufane, "Les travailleurs contractuels paient depuis trop longtemps pour la course au profit de Rio Tinto et sa politique d'emploi libérale. Le moment est venu pour les travailleurs du monde entier de se rassembler pour crier ensemble : À bas Rio Tinto !"

Le gouvernement cambodgien doit reprendre immédiatement le dialogue avec les syndicats

“Nous demandons au gouvernement de reprendre de toute urgence le dialogue avec les syndicats pour éviter une escalade du conflit et une cassure totale des relations entre les syndicats, le gouvernement et les propriétaires des ateliers et des fabriques," a déclaré Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL.

La grève des heures supplémentaires, qui a débuté lundi, a eu une incidence notable sur le secteur du textile au Cambodge. Les travailleuses et travailleurs de la confection demandent la mise en liberté de 21 manifestants arrêtés en janvier lors des grèves au cours desquelles quatre manifestants ont été tués par la police.

Les grévistes continuent également de demander l’augmentation du salaire minimum actuellement de 100 USD pour le porter à 160 USD par mois.

Malgré une réunion constructive avec des ministres du gouvernement, des syndicats mondiaux et des marques qui a eu lieu le 19 février, IndustriALL s’inquiète de la récente tournure des évènements quand le gouvernement a refusé l’enregistrement de nouveaux syndicats tant qu’une nouvelle loi sur les syndicats ne serait pas adoptée, ce qui n’aura pas lieu avant la fin de l’année.

Le retrait par le gouvernement de la liberté syndicale a été décidé en infraction directe à la convention 87 de l’OIT, ratifiée par le Cambodge, qui garantit aux salariés et aux employeurs, sans distinction d’aucune sorte, le droit de créer et d’adhérer à des organisations de leur choix sans autorisation préliminaire.

IndustriALL est également profondément déçu de l’intention de l’association des fabricants de vêtements du Cambodge (GMAC) de saisir les tribunaux pour une action en justice pour une amende de 72 millions d’USD à l’encontre de six dirigeants de groupes syndicaux.

En plus du boycottage des heures supplémentaires, les syndicats prévoient d’organiser un forum public le 8 mars à l’occasion de la Journée internationale de la femme pour soutenir l’augmentation des salaires dans la confection, qui concernent des femmes dans 80% des cas, et la mise en liberté des 21 personnes détenues, auxquelles la mise en liberté sous caution avait été refusée par une cour d’appel du Cambodge.

Une autre grève dans la confection qui consiste à ne pas se rendre au travail est prévue pour le 12 mars.

“IndustriALL, la CSI, l’OIT et des marques continuent de travailler ensemble pour débloquer la situation sur le salaire minimum et pour faire pression pour obtenir la mise en liberté des 21 manifestants,” a déclaré Raina.

41 années de lutte des vendeurs ambulants indiens débouchent sur une victoire législative

Les vendeurs ambulants indiens et leur syndicat, le SEWA, affilié à IndustriALL, saluent la nouvelle loi qui est le résultat de 41 années de lutte. Elle a été adoptée par la Rajya Sabha (chambre haute du Parlement) ce 19 février. Elle réglemente et protège le gagne-pain de ces vendeurs ambulants. Les deux chambres du Parlement ont adopté la proposition à l’unanimité.

Une grève de la faim du SEWA à la Nouvelle Delhi du 16 au 19 février et un lobbying de dernière minute pour défendre les efforts du syndicat ont finalement abouti à l’adoption de la loi. C’est un événement historique et l’une des plus grandes réussites des vendeurs ambulants d’Inde.

En Inde, de 2 à 2,5% de la population urbaine gagne sa vie en vendant dans les rues. Ces vendeurs fournissent des services essentiels à la population au sens large. Ils sont indépendants et gagnent leur vie sans dépendre d’aucune aide publique. Pourtant, ils sont perçus comme empiétant sur la voie publique, ils sont battus, leurs marchandises sont confisquées et des assignations et des mandats d’arrêts sont délivrés contre eux.

La marche vers les « Droits des vendeurs ambulants » a débuté en 1972 :

Ainsi, la loi sur la vente en rue est adoptée à l’unanimité par les deux chambres du parlement et n’attend plus actuellement que la ratification du Président de l’Inde.

La victoire éclatante des vendeurs ambulants a éclaboussé de joie l’économie informelle du pays. Le SEWA célèbre cette glorieuse victoire avec ses 1,9 millions de membres repartis sur 13 états, dont 200.000 vendeurs ambulants et invite les autres à participer aux célébrations.

Sudhershan Rao, Secrétaire régional du Bureau d’IndustriALL pour l’Asie du Sud a déclaré :

L’interminable lutte stratégique des vendeurs ambulants, qui s’étend sur quatre décennies, a mené à cette conclusion victorieuse qu’est l’adoption de la loi. C’est maintenant que se dresse le véritable défi, les parties prenantes doivent travailler avec dévouement et engagement pour qu’une mise en œuvre réussie du statut apporte aux vendeurs ambulants les avancées si longuement attendues.

Victoire sans bavure pour Los Mineros à Zacatecas

Ainsi en a décidé le verdict du scrutin tenu ce 21 février, ce qui représente une réelle et plutôt rare victoire pour le syndicalisme démocratique.

Les votes ont débuté à 7 heures pour se terminer à 17h30 et les opérations se sont déroulées de manière tout à fait ordonnée et respectueuse selon les observateurs internationaux. Les travailleurs et travailleuses ont pu exprimer librement leur choix en présence de représentants de trois niveaux de pouvoir, du Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale ainsi que de Minera Frisco, qui est sous le contrôle de Carlos Slim. L’entreprise est le deuxième plus grand producteur d’or du pays. Les termes de l’accord conclu pour tenir ce scrutin ont été respectés.

Le syndicat, qui est affilié à IndustriALL Global Union, a déclaré : « le SNTMMSRM a remporté une victoire nette, en dépit de l’argent dépensé à pleines brouettes par les rares partisans de Carlos Pavón, dit “la Marrana”, des menaces et des mensonges dont ils se sont rendus coupables durant la campagne et de leur tentative de dernière minute de former une alliance avec la CROC (Confédération révolutionnaire des Ouvriers et Paysans) et la CTM ».

Le SNTMMSRM a obtenu 57% des votes contre 43% en faveur des deux autres syndicats présents dans le scrutin, éliminant ainsi le CROC, qui est un « syndicat de protection », pour devenir le représentant officiel des travailleurs. Le SNTMMSRM a reçu le soutien de représentants de ses autres sections. Les élections ont été surveillées par un groupe neutre des observateurs internationaux provenant des Métallos USW, Solidarity Center, PODER, ProDESC et CFO.

Le vote s’est tenu pour déterminer quel syndicat devait représenter les travailleurs et à la suite d’une longue lutte du syndicat des mineurs pour défendre les intérêts des salariés de Zacatecas.

Au non d’IndustriALL, Jyrki Raina a chaleureusement félicité Napoleón Gómez Urrutia pour cette fantastique et tant méritée victoire de son syndicat :

Ce triomphe du droit absolu des travailleurs de choisir librement le syndicat qui les représentera est un énorme pas en avant dans la lutte de tous les travailleurs et travailleuses du Mexique. Il nous rempli de joie et d’espoir !

Une puissance syndicale mondiale contre les attaques de Crown Holdings

La réunion était organisée par IndustriALL, dont les affiliés représentent 50 millions de travailleurs et travailleuses, à laquelle s’étaient jointes ses organisations sœurs, UNI Global Union représentant les salariés des industries graphiques et du secteur de l’emballage, et l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie, de la restauration, du tabac et des secteurs connexes (UITA) représentant les travailleurs et travailleuses des grandes entreprises productrices d’aliments et de boissons, qui représentent la plus grande partie de la clientèle de Crown Holdings.

Malgré un doublement de ses bénéfices en 2012, Crown a réclamé une échelle salariale permanente plus basse et 42% de réduction salariale pour les nouveaux embauchés dans son usine à Toronto où l’affilié de IndustriALL, United Steelworkers (USW), représente la main-d’œuvre. La demande a obligé le personnel à se mettre en grève en septembre 2013, après une dizaine d’années de sacrifices acceptés par la main-d’œuvre en Amérique du Nord pour redonner à l’entreprise sa rentabilité. Dans le même temps, Crown a accordé à ses cadres de bons salaires et des pensions de retraite juteuses à ses hauts dirigeants.

L’USW mène une campagne active sous le nom de ‘Take-Backs No More’ sur le site internet – www.takebacksnomore.ca

De même en Turquie, le syndicat unifié des métallurgistes Birlesik Metal-Is, affilié à IndustriALL, fait campagne pour obtenir sa reconnaissance syndicale et une amélioration des conditions de travail dans les deux usines de Crown situées dans les villes de Izmit et Osmaniye. Cependant, la direction de Crown a tenté de retarder le processus de reconnaissance, bien que le ministère du Travail ait déjà délivré un certificat autorisant Birlesik Metal-Is à être un partenaire légitime dans la négociation. L’affaire est encore en instance à la Cour d’appel, et les salariés de Crown ne peuvent pas bénéficier de leurs droits fondamentaux.

La réunion de Genève comportait des rapports complets des syndicats européens qui signalaient un déclin considérable de la qualité des relations de travail et du manque de transparence de l’entreprise.  Les participants d’Europe ont partagé leurs inquiétudes sur l’avenir de certaines opérations en Europe et la réticence de Crown à partager toute information sur les possibles fermetures d’usine. Les participants ont ébauché un plan d’action visant à intensifier la campagne contre Crown. 

IndustriALL envoie une lettre au directeur général de Crown, John Conway, en vue d’une réunion immédiate destinée à examiner et trouver une solution aux problèmes actuels.

Les syndicats et les fédérations syndicales internationales ont également décidé de se mobiliser lors de la prochaine Assemblée générale des actionnaires de Crown, et de prendre contact avec les principaux clients de Crown dans le monde, notamment dans les secteurs de l’alimentation et des boissons, grâce au soutien et à la solidarité de l’UITA.

“Notre réunion a montré la détermination claire et forte de notre famille syndicale mondiale à réaliser une véritable force dans les activités menées par Crown dans le monde” a déclaré Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union. “Notre objectif est de rendre l’entreprise Crown davantage responsable socialement.”

Victoire ! Les dirigeants de l’USO libérés en Colombie

Héctor Sánchez Gómez, Campo Elías Ortiz et José Delio Naranjo Gualteros avaient été mis en accusation par le procureur pour une série de crimes, y compris « prise d’otages aggravée, conspiration en vue de commettre des crimes, violation du droit au travail, obstruction de la voie publique, atteinte aux ressources naturelles et dommages aggravés à la propriété privée ».

Dès le départ, l’USO a indiqué que ces détentions « faisaient partie d’un plan à visées politiques destinées à stigmatiser et persécuter le syndicat pour avoir fait campagne contre des entreprises multinationales telles que Pacific Rubiales dans le département de Meta et dénoncé des violations des droits des travailleurs et des communautés locales ».

L’USO salue cette victoire remportée par le syndicat en collaboration avec son équipe de juristes, l’appui du syndicalisme national et international, comme le Solidarity Center de l’AFL-CIO, IndustriALL, UNIFOR, PASO Internacional ainsi que le Réseau canadien de fraternité et de solidarité avec la Colombie » qui, par toutes sortes de moyens et au travers de différents média, ont critiqué cette situation intolérable, dénoncé la détention de nos collègues et exigé leur libération ».

Fin 2013, IndustriALL désavouait la détention des dirigeants de l’USO et écrivait au gouvernement colombien pour exiger leur mise en liberté immédiate ainsi que la fin de la persécution du syndicat.

« Nous allons continuer à nous battre pour la libération de notre collègue et leader Darío Cárdenas, vice-président du comité exécutif de la section de Meta, et nous allons poursuivre la campagne contre les tentatives de criminalisation des luttes sociales en Colombie », a déclaré l’USO.

IndustriALL est d’avis que la libération de nos trois collègues est une réelle victoire pour l’USO, qui a été persécutée et empêchée de mener ses activités syndicales simplement pour avoir revendiqué des droits du travail et la liberté d’association pour les travailleurs et travailleuses de l’industrie du pétrole.

Ukraine : une solution politique doit amener un véritable rétablissement de la démocratie et des droits de l'homme

Après des pourparlers avec les opposants, qui ont duré toute la nuit sous l'égide de trois ministres des affaires étrangères européens, le 21 février, le Président a accepté de rétablir la constitution de 2004 dans les quarante-huit heures et de constituer dans les dix jours un gouvernement d'union nationale.

Une réforme de la constitution destinée à équilibrer les pouvoirs du président, du gouvernement et du parlement sera entamée sur-le-champ et le scrutin présidentiel se tiendra en décembre 2014 au plus tard.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a déclaré :

L'Ukraine, sa population et ses syndicats ont terriblement souffert du déferlement de violence de ces derniers jours. Nous espérons qu'avec ce nouvel accord politique, le gouvernement ukrainien arrêtera immédiatement les effusions de sang et concentrera tous ses efforts sur le rétablissement de la démocratie et des droits de l'homme et sur la mise en place d'un dialogue ouvert avec l'opposition.

Pour le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Europe, Luc Triangle :

Une chose est claire, protester pacifiquement est inhérent à la démocratie. L'Ukraine doit arriver dès que possible à un compromis politique entre l'actuel Président, le gouvernement et les manifestants. Nos pensées et notre soutien vont à l'Ukraine, à sa population et ses travailleurs !

IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe sont scandalisés par la violence qu'ont subie les activistes de la place Maïdan, à Kiev, et par l'incendie qui a ravagé en grande partie la Maison des syndicats dans la nuit du 18 février.

Cet immeuble abritait les bureaux de la plupart des affiliés d'IndustriALL. Le feu a détruit un précieux matériel, des ordinateurs et de la documentation. Il semblerait que ce soient les forces antiémeutes de la police, les "berkhouts", qui aient voulu sa destruction. Tout le monde savait que le bâtiment servait de refuge aux manifestants.

Le monde entier a les yeux tournés vers la place Maïdan et le Palais d'octobre alors que les corps des manifestants assassinés sont évacués, certains après plusieurs heures laissés sur les pavés. La plupart des morts ont été tués par la police, même certains d'entre eux qui portaient des gilets pare-balles, la police ayant tiré à balles perforantes.

Une autre menace pour les manifestants venait des "snipers" de la police embusqués sur les toits des bâtiments autour de la place Maïdan et des "titushki", des hommes de main qui seraient à la solde du gouvernement.

La station de métro Arsenalna est un point de rassemblement des forces progouvernementales et les manifestants craignent qu'une attaque soit lancée à partir de celle-ci.

D'autres mouvements d'agitation populaire ont éclaté un peu partout en Ukraine, des foules en colère s'en prenant à des immeubles de l'administration et des forces de sécurité.