Victoire chez Nexperia Philippines

Après huit mois de tractations avec l'entreprise et une tentative de dépôt d'un préavis de grève, le Syndicat des travailleurs de Nexperia Inc a pu conclure avec la direction un accord prévoyant la réintégration de syndicalistes qui avaient été licenciés.

Le Syndicat des travailleurs de Nexperia Inc est affilié à IndustriALL Global Union par le biais de la MWAP.

Les travailleurs licenciés seront les premiers à être repris lorsque des postes se libéreront. Les deux parties sont convenues qu'aucun préavis de grève ne sera déposé et elles s'abstiendront de toute mesure de représailles. La direction a imposé un moratoire sur les licenciements jusqu'au 31 décembre 2024. 

Le secrétaire de la MWAP, Julius Carandang, a déclaré :

“Comme la totalité de nos revendications ne sont pas encore satisfaites, nous devons rester prêts à durcir nos actions pour nous renforcer, face à un capitalisme animé de cupidité et qui menace nos sources de revenus. Nous devons être prêts, quelle que soit l'issue de la négociation collective et, au besoin, poursuivre notre combat jusqu'à la victoire.”

Le secrétaire régional d'IndustriALL pour l'Asie du Sud-est, Ramon Certeza, a dit aussi :

“Je félicite la MWAP et le Syndicat des travailleurs de Nexperia Inc pour ce combat mené avec succès contre des pratiques de travail déloyales et un plan de réduction des effectifs déraisonnable. Cette victoire montrera à d'autres travailleurs des semi-conducteurs de la région qu'un effort collectif par le truchement d'une plateforme syndicale peut garantir la sécurité d'emploi et défendre les droits des travailleurs.”

En février 2024, Nexperia Philippines a fermé son département des capteurs à Laguna, aux Philippines, et a commencé à licencier 54 travailleurs, dont trois responsables syndicaux. Elle avait prévu d'en licencier 72 autres en octobre et leur avait proposé un plan de départ volontaire. 
 
Le syndicat a prié instamment la direction de surseoir à son projet. Malgré une prétendue baisse du volume d'activité, les travailleurs devaient travailler pendant les vacances et pouvaient difficilement obtenir des congés. 
 
En avril et en août 2024, le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, s'est adressé à la direction de Nexperia Philippines et à sa direction mondiale pour leur demander de réintégrer les responsables syndicaux et de respecter le principe du licenciement en premier des derniers arrivés inscrit dans la convention collective.

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Le conseil syndical mondial fait progresser les droits des travailleurs dans la chaîne d’approvisionnement d’Inditex

Les 8 et 9 octobre derniers, des représentants syndicaux des six pôles de production mondiaux d’Inditex, ainsi que des représentants des affiliés espagnols d’IndustriALL, CCOO Industria et UGT-FICA, ont débattu et évalué le plan stratégique mondial 2023-2024.

Le renforcement des capacités des dirigeants syndicaux et de la direction des usines syndiquées et la sensibilisation à la violence à l’égard des femmes ont été des priorités essentielles. Le Conseil a noté qu’il était encore nécessaire d’améliorer la mise en œuvre de l’accord chez les fournisseurs non syndiqués.

De nombreux groupes de production ont fait rapport sur des résolutions de violations de droits syndicaux. Mais des cas en attente de résolution par le biais du mécanisme de plaintes de l’ACM ont également été mis en évidence. Le Conseil d’Inditex pour la région MENA a présenté un rapport sur les violations persistantes de la liberté syndicale dans la région, indiquant que le rapport serait transmis à la direction d’Inditex.

“L’ACM d’Inditex est un outil permettant aux syndicats d’améliorer les conditions de travail, mais c’est aussi un moyen pour eux de tenir Inditex responsable de toute violation au sein de sa chaîne d’approvisionnement. Nous devons continuer à faire progresser sa mise en œuvre et veiller à ce que les droits des travailleurs à la liberté syndicale et à la négociation collective soient respectés et, en cas de violation de ces droits, à ce qu’il y soit remédié”,

a déclaré Christina Hajagos-Clausen, Directrice du secteur textile et confection d’IndustriALL.

Le Conseil mondial a adopté trois résolutions soutenant les travailleurs et travailleuses de la chaîne d’approvisionnement d’Inditex. La première résolution soutient les affiliés cambodgiens, exigeant qu’Inditex respecte ses engagements publics et signe l’accord de soutien aux salaires négociés collectivement dans l’industrie de la confection, du textile, de la chaussure et des articles de voyage au Cambodge. Récemment, tous les affiliés cambodgiens d’IndustriALL ont envoyé conjointement une lettre au PDG de l’entreprise, demandant instamment à Inditex de signer cet accord de soutien juridiquement contraignant.

Pour soutenir le Bangladesh, le Conseil demande à Inditex de poursuivre son engagement à long terme envers ce pays et de veiller à ce que les travailleurs et travailleuses soient payés pendant les périodes de troubles, à ce qu’Inditex ne pénalise pas les fournisseurs pour les retards de commande résultant de ces fermetures d’usines et d’autres obstacles à la production et au transport normaux et à ce qu’Inditex continue à passer des commandes auprès de fournisseurs bangladais afin de contribuer à renforcer la confiance dans l’avenir économique et politique de ce pays.

Le Conseil a également demandé à Inditex de rendre publique la liste de ses fournisseurs afin de garantir la transparence.

“Ces résolutions sont nécessaires pour garantir la solidarité syndicale internationale entre les membres du Conseil syndical mondial et pour mettre en œuvre l’action syndicale visant à garantir un travail décent tout au long de la chaîne d’approvisionnement d’Inditex”,

a déclaré Victor Garrido, du syndicat espagnol CCOO Industria.

Outre la réunion avec des membres de la direction d’Inditex en charge de la RSE, le Conseil mondial s’est joint à la réunion du Conseil d’entreprise européen d’Inditex. Cette réunion a souligné l’importance du soutien et de l’échange entre tous les travailleurs et travailleuses de la chaîne d’approvisionnement d’Inditex, production, entreposage/logistique et vente au détail. Les parties se sont engagées à se coordonner et à maintenir la communication ouverte.

Les travailleurs et travailleuses unis dans la lutte pour des emplois décents et une transition juste dans le secteur en mutation des matériaux

La conférence a rassemblé des représentants de secteurs clés tels que le ciment, le verre, la céramique et les industries connexes, qui ont abordé les défis critiques auxquels sont confrontés les travailleurs et travailleuses dans le cadre des transformations industrielles dues à l’automatisation, aux politiques environnementales et aux pressions économiques.

La conférence a condamné le recours généralisé au travail précaire en Inde, où 80 à 90 % de la main-d’œuvre est embauchée en tant que sous-traitant ou intérimaire, et a exhorté le président indonésien élu, Prabowo Subianto, à abolir la loi Omnibus qui permet aux employeurs d’embaucher en sous-traitance sans aucune limitation.

Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a souligné :

“Les industries des matériaux sont confrontées à des défis importants, qu’il s’agisse des préoccupations environnementales, des pressions économiques, des avancées technologiques ou des dispositions réglementaires. La part de l’industrie du ciment dans les émissions mondiales de CO2, qui est de 7 à 8 %, et celle des industries du verre et de la céramique, qui est de 1 à 2 %, soulignent l’urgence d’une transformation et d’une décarbonisation. Et la transformation et le changement doivent être justes et équitables pour tenir compte des impacts sur les travailleurs et travailleuses.”

La déclaration publiée par les délégués souligne les préoccupations croissantes concernant les violations des droits des travailleurs, les conditions de travail précaires et la nécessité d’une transition juste incluant des protections pour tous. Alors que les industries des matériaux s’orientent vers des technologies plus écologiques, les syndicats appellent à la création de plans de transition juste spécifiques au secteur qui incluent également les travailleurs et travailleuses vulnérables tels que les sous-traitants et les occasionnels.

Les délégués ont discuté des résultats de la réunion tripartite organisée par l’Organisation internationale du travail (OIT) qui s’est tenue du 23 au 27 septembre à Genève et au cours de laquelle les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, menés par IndustriALL et l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), se sont mis d’accord sur de nouvelles étapes pour transformer l’industrie des matériaux de construction, en se concentrant sur la création d’une voie durable qui concilie la croissance économique, la durabilité environnementale et la justice sociale.

Dans son discours d’ouverture, Lena Yuliana, Présidente du comité des femmes de la Fédération générale des syndicats indonésiens (FSP ISSI) et Coprésidente du secteur des matériaux d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous devons nous attaquer au recours croissant à la sous-traitance, non seulement au sein de la chaîne d’approvisionnement, mais aussi dans les processus de base, et relever les défis en matière de santé et de sécurité au travail. Un autre défi crucial est l’intégration de la dimension de genre, car la représentation des femmes dans ce secteur reste inférieure à 10 %.”

Les dirigeants syndicaux de nombreux pays ont fait part de leurs inquiétudes quant à la dégradation des conditions de travail. En Inde, des disparités salariales entre les ouvriers et les employés ont été signalées, les travailleurs et travailleuses précaires ne gagnant souvent que l’équivalent de 30 à 50 dollars par mois.

Le passage à des systèmes d’emploi occasionnel dans de nombreuses usines a réduit le nombre de postes permanents, privant les travailleurs et travailleuses de prestations de base telles que l’assurance médicale et la sécurité sociale. Dans certains pays du Sud, le secteur du ciment a été particulièrement touché : jusqu’à 90 % de sa main-d’œuvre travaille dans des conditions précaires, souvent par le biais de la sous-traitance, de courtiers en main-d’œuvre et de contrats d’agence.

“Les employeurs fragmentent la main-d’œuvre pour maximiser leurs profits, mais cela empêche les travailleurs et les travailleuses de développer leurs compétences ou de s’assurer à terme un emploi stable”,

a déclaré Alexander Ivanou, Directeur pour le secteur des industries des matériaux d’IndustriALL.

Les délégués ont également appelé à un renforcement des réglementations gouvernementales afin de garantir que les entreprises multinationales respectent les droits de l’homme et du travail, en particulier par le biais des marchés publics et des normes de sécurité au travail.

La conférence a souligné la nécessité de politiques inclusives qui soutiennent l’égalité des genres et l’emploi durable pour les jeunes travailleurs et travailleuses. Les délégués ont demandé un minimum de 40 % de femmes dans les délégations syndicales et ont revendiqué de meilleures conditions de travail, notamment des horaires flexibles, des congés parentaux et des possibilités de développement de carrière pour les femmes.

Pour l’avenir, les dirigeants syndicaux se sont engagés à intensifier leurs efforts pour soutenir les travailleurs et travailleuses par-delà les frontières et à faire campagne pour des environnements de travail plus sûrs, des salaires équitables et la protection des droits des travailleurs tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

“Ensemble, nous renforcerons le pouvoir des travailleurs et travailleuses et veillerons à ce que personne ne soit laissé pour compte dans la transition vers un avenir durable et équitable”, conclut le communiqué.

Adoptée à l’unanimité, cette déclaration renforce la détermination collective des travailleurs et travailleuses des industries des matériaux à assurer une transition juste qui donne la priorité au travail décent, à la sécurité et au traitement équitable pour tous.

Sur la base de ces débats, les délégués sont également convenus d’un plan énumérant leurs actions et activités futures avant le prochain Congrès d’IndustriALL, à la fin de l’année 2025.
 

La conférence mondiale de la construction navale et démolition des navires appelle à une transformation durable du secteur

Eileen Yeo Chor Gek, Coprésidente du secteur, explique :

“Les syndicats sont essentiels pour créer une transition inclusive vers les nouvelles technologies. Nous devons garantir des pratiques de travail équitables, la stabilité de l’emploi et un équilibre pour tous et toutes”.

“La santé et la sécurité sont les éléments vitaux de notre secteur. Nous sommes ici pour partager nos connaissances et trouver des solutions afin d’améliorer les conditions de vie sur le terrain”,

a précisé Masoa Tusmura, Coprésident du secteur.

Vidyadhar Vasudeo Rane, Vice-président du secteur, a pour sa part déclaré :

“La coopération internationale est le fondement de la sécurité pour les travailleurs. La Convention de Hong Kong marque une étape décisive”.

Le Directeur d’IndustriALL pour la construction navale et la démolition des navires, Walton Pantland, a présenté un aperçu général du secteur en soulignant les défis auxquels il est confronté :

“Notre secteur est confronté à des défis considérables, qu’il s’agisse des changements technologiques, du déséquilibre entre les sexes ou de la pénurie de main-d’œuvre. Nous devons attirer de nouveaux talents, nous concentrer sur la sécurité et promouvoir l’équité entre les générations”,

a-t-il indiqué.

L’un des axes de la conférence a été la mise en œuvre imminente de la Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires, qui doit entrer en vigueur en juin 2025.

Cet accord historique introduit des protections essentielles : une formation obligatoire en matière de santé et de sécurité, l’obligation d’éliminer les dangers avant tout démantèlement de navire et des exigences claires en matière de responsabilité pour les chantiers de recyclage.

Toutefois, les délégués ont également fait part de leurs inquiétudes concernant les défis actuels, notamment les niveaux modestes de conformité aux normes, les pressions commerciales intenses et la faible répression des infractions. La Convention représente un progrès, mais les délégués sont convenus qu’elle devait être soutenue par une forte solidarité internationale pour tenir les gouvernements et les entreprises responsables de la sécurité des travailleurs et travailleuses.

Des délégués d’Australie, des États-Unis, de Singapour, de Corée, du Japon, des Pays-Bas, du Bangladesh, d’Inde, du Danemark, de France, de Finlande, de Norvège, de Taïwan, d’Espagne et du Royaume-Uni ont mis l’accent sur des préoccupations communes telles que la pénurie de main-d’œuvre, le manque de représentation des femmes, la syndicalisation des travailleurs migrants et l’expansion rapide de la production chinoise. Le forum s’est conclu sur un message clair : il est essentiel de créer des syndicats solides, de renforcer le dialogue social et de s’unir au niveau international.

À l’avenir, le secteur se concentrera sur les droits et la sécurité des travailleurs en utilisant notre pouvoir de négociation collective pour donner la priorité aux intérêts à long terme des travailleurs, créer un réseau de santé et de sécurité et défendre les meilleures pratiques en matière de répartition des risques. L’accent sera également mis sur l’inclusion des femmes et des jeunes en partageant des stratégies pour améliorer la représentation des femmes, en développant des programmes mondiaux de mentorat pour les militantes syndicales et en incluant les jeunes et les cols blancs.

D’autres mesures sont prévues, visant notamment à l’augmentation de la puissance syndicale mondiale en encourageant la coopération, l’intégration des travailleurs migrants et sous-traitants dans les conventions collectives, la création de réseaux dans les entreprises multinationales et l’accent à mettre sur la durabilité et le développement des compétences en se coordonnant avec l’OCDE, en soutenant les transitions justes au niveau de la démolition des navires et en plaidant en faveur du développement permanent des compétences et de l’accessibilité des parcours de qualification.

Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe, a déclaré :

“Aujourd’hui plus que jamais, nous devons renforcer l’infrastructure sociale, en veillant à ce que les syndicats puissent recruter et se faire les défenseurs de lieux de travail plus sûrs et plus équitables.”

Les syndicats veulent une approche des entreprises et des droits de l'homme axée sur le développement en Afrique

Ce forum, qui rassemblait plus de 500 participants issus de communautés, d'organisations de la société civile, de gouvernements, d'organisations d'employeurs, d'organisations de défense des droits de l'homme, de syndicats notamment, se tenait sur le thème "Promouvoir un comportement responsable des entreprises dans un contexte en changement rapide".

Les débats ont porté entre autres sur le potentiel de croissance économique de l'Afrique reposant sur l'enrichissement des ressources minérales critiques et sur les bienfaits de la Zone de libre-échange d'Afrique continentale (AfCTA). D'autres effets bénéfiques pourraient aussi découler de la transition de l'économie informelle à l'économie formelle. L'accent a été mis sur le fait que ce développement devra être durable et réalisé dans des conditions de comportement responsable des entreprises et de protection de l’environnement. À titre d'exemple, des entreprises comme le constructeur automobile Isuzu East Africa ont annoncé privilégier les contrats avec des fournisseurs de l'économie informelle ou des petites et moyennes entreprises, favorisant ainsi leur croissance.

Vacus Kun, le directeur en charge de l'éducation et de la formation du Syndicat uni des travailleurs du Libéria (UWUL), qui participe au processus du Plan d'action national (PAN) sur les entreprises et les droits de l'homme au Libéria et siégeait dans un panel avec d'autres syndicalistes et la Fédération syndicale internationale IBB Afrique, estime que la participation des syndicats garantit l'ajout de clauses sur le travail.

"Après avoir, dans un premier temps, été exclus du processus de développement du PAN, nous nous sommes battus pour que les questions liées au travail soient dans le plan lorsque nous avons été invités. Nous avons aussi dégagé des positions communes avec des organisations de la société civile sur des questions de justice climatique."

L'UWUL est affilié à IndustriALL Global Union et les discussions en panel se sont tenues sous l'égide du bureau de la FES-AU.

Le PAN comporte des dispositions protégeant les travailleurs contre la discrimination, la précarisation, le travail des enfants et reprend des revendications des syndicats pour des mécanismes de notification réalisables s'agissant des entreprises et des droits de l'homme et pour un accès à des voies de recours au moyen de la législation existante. Les autres pays ayant élaboré des PAN sont le Kenya, l'Ouganda et le Libéria. Le PNUD constate des progrès sur la voie de PAN au Sénégal, au Ghana, au Malawi, au Zimbabwe, au Mozambique et ailleurs. L'Union africaine s'est aussi dotée d'un projet de politique sur les entreprises et les droits de l'homme qui sera adoptée par les chefs d'État et de gouvernement.

Alex Nkosi, coordinateur de la CSI-Afrique pour les droits humains et syndicaux, qui participait en ligne, a souligné l'importance du devoir de vigilance :

"Les syndicats défendent les droits des travailleurs et collaborent à l'aide de cadres de vigilance pour défendre la liberté syndicale, la négociation collective et le droit de grève."

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a déclaré :

"Insister sur une pratique responsable des entreprises permet aux syndicats d'interpeller les multinationales sur l'ensemble de leurs chaînes d'approvisionnement. C'est important pour les syndicats qui veulent s'attaquer aux multinationales des secteurs minier et manufacturier, demander aux États de protéger les travailleurs et obtenir réparation des employeurs défaillants."

Le forum était organisé par la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH), Business and Human Rights Africa, le Groupe de travail sur les entreprises et les droits de l'homme et le PNUD, avec le soutien de diverses organisations locales, continentales et internationales. 

Élaboration d’une boîte à outils pour les jeunes travailleurs par les jeunes travailleurs

Les jeunes cols blancs sont souvent difficiles à syndiquer en raison de leur grande mobilité, de leur tendance à négocier pour eux-mêmes et de leur vision négative des syndicats.

“Les jeunes cols blancs sont le présent et l’avenir de nos syndicats. Nous devons les écouter et leur donner plus de place dans nos organisations”,

a déclaré Corinne Schewin, Coprésidente d’IndustriALL pour les cols blancs.

Les panels ont abordé les questions liées au lieu de travail, les stratégies de syndicalisation et la communication, tandis que des petits groupes ont discuté des modèles de syndicats idéaux et des stratégies de sensibilisation.

Des travailleurs et travailleuses de France, des Philippines, du Brésil et d’Eswatini ont fait part de leurs aspirations et de leurs préoccupations. Philippines : crainte de l’antisyndicalisme. France : préoccupations concernant la sécurité d’emploi, les défis liés à la déconnexion, le manque de flexibilité et de travail utile. Brésil : difficultés à répondre aux exigences élevées des employeurs en matière d’expérience, ainsi que préoccupations liées à l’inégalité et à la discrimination. Eswatini : manque de postes à pourvoir et de sécurité d’emploi.

Les aspirations communes sont la création de postes et la sécurité d’emploi, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, l’amélioration des compétences et des espaces de travail flexibles au bénéfice des femmes.

“Il est important de créer un environnement au sein de nos syndicats qui permette aux jeunes travailleurs et travailleuses de s’impliquer activement et de développer des stratégies syndicales qui leur parlent”,

a déclaré Romain Dargent, membre du Comité exécutif des jeunes de la CFE-CGC Énergie et d’IndustriALL.

Les discussions sur le syndicat idéal pour ce groupe ont révélé un fossé entre les aspirations et la réalité, soulignant un manque de représentation, de transparence, de communication et d’autonomisation des jeunes travailleurs et travailleuses. Les participants ont souligné la nécessité d’une communication en face à face, d’une formation syndicale précoce et d’un appel à une plus grande diversité au sein des syndicats.

Les participants ont noté que les jeunes cols blancs ont une perception négative des syndicats, estimant qu’ils ne représentent pas la diversité de la société et qu’ils sont souvent mal représentés dans les médias. Ils ont suggéré une communication positive montrant les syndicats comme des acteurs proactifs, utilisant les médias sociaux pour améliorer cette image, soulignant la nécessité d’un message concis pour atteindre efficacement les jeunes publics.

Les panélistes du Japon, de Finlande et du Ghana ont partagé des stratégies sur la syndicalisation des jeunes cols blancs. Les avantages de la formation pour les jeunes travailleurs et travailleuses ainsi que le défi des cotisations ont été des questions émergentes. Certains syndicats ont organisé des jeux et offert du café gratuit pour encourager l’interaction, créant ainsi des espaces de sensibilisation et d’éducation sur les syndicats.

Une session sur la communication avec les jeunes travailleurs a souligné l’importance de cerner son public. Les participants de Singapour et de Suède ont partagé leurs expériences, notant que les jeunes travailleurs préfèrent les interactions en face-à-face et la nécessité d’une collaboration avec le gouvernement pour rendre les syndicats attrayants pour les cols blancs. Le syndicat suédois a souligné les difficultés rencontrées pour aider les travailleurs à passer du statut d’étudiant à celui de salarié, en insistant sur l’importance pour les syndicats de faire en sorte que les étudiants et les jeunes cols blancs se sentent plus en sécurité lorsqu’ils font partie d’un syndicat.

Aaron Chappel, qui possède une grande expertise en matière de recrutement syndical, a fait un exposé sur les campagnes de syndicalisation stratégiques. Les participants ont pris part à des jeux de rôle, consistant notamment à engager des conversations après le travail et à organiser des réunions à l’heure du déjeuner.

Des délégués du Ghana ont présenté des exemples de syndicalisation en ligne, en utilisant des plateformes telles que WhatsApp, Facebook et Instagram. Ils ont parlé de l’utilisation de la syndicalisation ciblée et de la connaissance des besoins des travailleurs. Ils ont donné des exemples d’approches non ciblées en utilisant des prospectus et des phrases accrocheuses qui attirent les jeunes travailleurs. Parmi les défis à relever, citons le travail précaire et la difficulté à recruter les jeunes travailleurs en raison des mythes qui entourent les syndicats. L’utilisation de banques de données pour la syndicalisation en ligne est essentielle.

Les participants d’Allemagne, de Norvège et du Brésil ont parlé de la manière dont les syndicats représentent les travailleurs, les thèmes communs étant les avantages et les services fournis par les syndicats.

“Les débats ont une fois de plus démontré le désir des jeunes membres de s’impliquer activement dans leur syndicat et les obstacles qu’ils rencontrent à cet égard. Il est urgent que nos dirigeants s’interrogent sur leur refus persistant de faire en sorte que les jeunes puissent participer pleinement à la vie de leur syndicat, alors qu’ils sont soumis aux mêmes conditions et obligations que leurs aînés,”

à déclaré Sarah Flores, Responsable des jeunes et des projets auprès d’IndustriALL.

Le Directeur de la section des cols blancs d’IndustriALL a pour sa part déclaré :

“Allant de l’avant, IndustriALL prendra en compte les contributions des jeunes cols blancs et des recruteurs et élaborera une boîte à outils sur la manière de syndiquer les jeunes cols blancs. Cette boîte à outils comprendra des éléments qui ont été testés et qui ont fonctionné. Nous devons écouter les jeunes cols blancs. Nous ne pouvons pas les définir, c’est à eux de le faire et nous devons les écouter.”

Un employeur thaï continue de violer les droits des travailleurs dans le cadre d'un programme suisse

Suivant cet accord, la Suisse soutient des investissements pour la neutralité carbone en Thaïlande et, en retour, elle reçoit des crédits carbone. Les engagements pris dans le cadre de l'Accord de Paris doivent répondre aux critères d'une transition juste, c’est-à-dire offrir des emplois décents et des conditions de travail équitables.

Or, ce n'est pas le cas chez Absolute Assembly à Bangkok, où les travailleurs sont confrontés à des manœuvres antisyndicales. La direction refuse de négocier collectivement avec le syndicat EMUT, elle s'ingère dans ses affaires, notamment en prétendant à tort que deux de ses dirigeants ne peuvent exercer ces fonctions parce qu'ils ont des postes d'encadrement, et elle a licencié deux responsables syndicaux.

L'an dernier déjà, IndustriALL avait signalé ces attaques antisyndicales et des violations des droits des travailleurs au gouvernement suisse et l'avait exhorté à intervenir conformément aux engagements qu'il a pris par l'Accord de Paris, et conformément à la grande importance que la Suisse accorde à "la promotion, le respect et la réalisation des principes fondamentaux au travail et elle attend du secteur privé qu'il respecte les droits de l'homme en Suisse comme à l'étranger."

Tout cela en vain. Absolute Assembly est loin de respecter les droits des travailleurs. Même après que le Comité des relations au travail, une instance tripartite dépendant du ministère du Travail, ait conclu que l'entreprise viole la Loi sur les relations au travail et ordonné la réintégration des responsables syndicaux, la direction ne les a pas autorisés à reprendre le travail. Mais, après une bataille juridique de plus d'un an, les travailleurs, épuisés financièrement, ont accepté un arrangement.

"Absolute Assembly fait tout pour détruire le syndicat. Elle refuse de le reconnaître et ignore les demandes légitimes des travailleurs s'agissant des salaires, des prestations, avantages et primes,"

déclare Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL.

"Il est maintenant plus urgent que jamais que le gouvernement suisse et la Fondation Klik qui gère le projet interviennent sans délai et assument leurs responsabilités devant ces violations graves des droits syndicaux."

L'engagement de la Suisse dans l'Accord de Paris

"En tant que signataire de l'Accord de Paris, la Suisse s'est engagée à réduire, d'ici 2030, ses émissions de gaz à effet de serre d'au moins 50 % par rapport à ses niveaux de 1990. Le pays a l'intention de les réduire de 12,5 % en finançant des activités d'atténuation du changement climatique à l'étranger.

L'article 6 du Traité de Paris prévoit que les parties peuvent coopérer pour relever le niveau d'ambition en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La coopération bilatérale faisant l'objet de cet article exige un accord bilatéral de protection du climat énonçant des mesures contraignantes pour appliquer concrètement l'Accord de Paris."

L'Accord de Paris

Article 6.4 Mécanisme | CCNUCC 

L'article 6 de l'Accord de Paris énonce trois démarches des Parties pour coopérer volontairement à leurs objectifs de réduction des émissions et d'adaptation définis dans leurs plans nationaux d'action climatique aux termes de l'Accord de Paris (Contributions déterminées au niveau national, CDN). Une de ces démarches relève du Mécanisme de l'article 6.4, un mécanisme "pour contribuer à l'atténuation des gaz à effet de serre et promouvoir le développement durable" (Accord de Paris, Article 6, paragraphe 4).

À sa troisième réunion, à Glasgow, La Conférence des Parties, agissant en tant que réunion des parties à l'Accord de Paris (CMA) a adopté la Décision 3/CMA.3 édictant les règles, modalités et procédures du mécanisme institué par l'article 6, paragraphe 4 de l'Accord de Paris ("le Mécanisme"). Par cet accord, une entreprise d'un pays peut réduire les émissions dans ce pays et porter ces réductions à son crédit, de telle sorte qu'elle peut les vendre à une autre entreprise dans un autre pays. Cette deuxième entreprise peut alors s'en servir pour répondre à ses propres obligations de réduction des émissions ou l'aider à atteindre le net zéro."

Fondation KLIK

La Fondation pour la protection du climat et la compensation du CO2 remplit l'obligation légale des importateurs suisses de carburant qui agit dans le cadre de la loi sur le CO2 pour compenser en partie les émissions de carbone produites par le secteur du transport en Suisse. Pour ce faire, la Fondation Klik soutient des activités d'atténuation au titre de l'article 6 du Traité de Paris en Thaïlande et dans d'autres pays ayant signé un accord bilatéral de protection du climat avec la Suisse. Ce soutien financier prend la forme d'un rachat de Résultats d'atténuation transférés au niveau international (ITMO) ainsi obtenus par ces activités. Ils devraient représenter 20 millions de tonnes de CO2  pour la période 2022-2030.

Photo : La circulation à Bangkok, Flickr 

Grève pour les droits chez As Plastik en Turquie

Selon Petrol-İş, depuis que le syndicat a obtenu le droit de représenter les travailleurs d’As Plastik en 2022, l’employeur s’est livré à des pratiques antisyndicales. Ce cas est un nouvel exemple des défis permanents auxquels sont confrontés les travailleurs et travailleuses en Turquie, où l’antisyndicalisme et la résistance des employeurs à la négociation collective restent très répandus. Le droit du travail turc et les Conventions 87 et 98 de l’OIT, toutes deux ratifiées par la Turquie, garantissent aux travailleurs le droit de se syndiquer et de négocier collectivement. Toutefois, en l’absence de mise en œuvre de ces instruments, de nombreux travailleurs continuent d’être exploités et de faire l’objet de licenciements abusifs.

Face au refus de l’employeur de prendre en compte les revendications du syndicat, les membres de Petrol-İş’ chez As Plastik se sont mis en grève à la fin du mois de septembre. Les revendications du syndicat sont claires : réintégrer les membres licenciés illégalement, relancer les négociations collectives et rétablir la paix sociale dans l’usine.

Dans un courrier adressé à As Plastik, IndustriALL appuie les revendications de Petrol-İş et avertit As Plastik que si elle ne remédie pas à ces violations, IndustriALL pourrait inviter les principaux clients de l’entreprise à faire preuve de diligence raisonnable en matière de droits de l’homme et de droits des travailleurs.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“Licencier des travailleurs pour avoir exercé leur droit légitime d’adhérer à un syndicat est illégal et inacceptable. As Plastik doit immédiatement revenir sur ces licenciements et collaborer de bonne foi avec le syndicat pour rétablir la paix sociale”.

Le réseau syndical d’IndustriALL pour Klabin et Suzano met en lumière des violations de droits de l’homme

Persécution et harcèlement antisyndical, mobilisations de travailleurs réprimées par la police militaire, travailleurs gravement blessés au travail, recours fréquent à des contrats de travail temporaires externalisés, une culture de mise en question des victimes, graves problèmes de santé et de sécurité, y compris de santé mentale, non-respect du principe “à travail égal, salaire égal”, impossibilité pour les syndicats d’accéder au lieu de travail, et la liste n’est pas exhaustive.

La réunion a relevé la grève des travailleurs et travailleuses d’une entreprise de Bahía qui fournit des services à Suzano et a adopté une résolution de solidarité pour soutenir les revendications concernant leurs salaires et conditions de travail.

Le groupement syndical des travailleurs du papier a invité des dirigeants syndicaux des activités de plantation de ces entreprises et assurera également la coordination avec les travailleurs des autres secteurs d’activité de l’entreprise, y compris la logistique.

Bob De Paula Cruz, Directeur du secteur du papier de la CUT São Paulo, a déclaré :

“Cette rencontre est une étape majeure dans notre effort à long terme pour promouvoir la dignité des travailleurs et travailleuses dans ces deux entreprises importantes. Nous sommes déterminés à y parvenir et nous resterons unis jusqu’à ce que nous atteignions nos objectifs”.

Le réseau sera coordonné par deux dirigeants syndicaux du secteur du papier au Brésil, Marcio Cruz Da Paula (Bob), représentant la CUT, et Jose Roberto Vieira da Silva (Betinho), représentant Força Sindical.

Le réseau a analysé les questions prioritaires, notamment l’autonomisation des femmes et la recherche de moyens d’accroître la participation des femmes à la direction des syndicats dans les entreprises, ainsi que des questions telles que le manque d’équipements de production adaptés aux femmes, la santé et la sécurité ainsi que les défis communs liés au développement des relations sociales sur l’ensemble des sites d’activité.

Le Directeur du secteur du papier d’IndustriALL, Tom Grinter, a déclaré :

“Ceci représente la solidarité internationale en action. Le soutien de notre affilié belge CSC-BIE, ainsi que l’engagement et la stratégie des syndicats brésiliens du papier renforcent notre réseau syndical. Nous cherchons à interpeller les deux entreprises et à créer un espace de reconnaissance du réseau syndical par les employeurs, afin de trouver des solutions aux plaintes prioritaires exprimées par nos membres.”

Lancement du forum africain sur la syndicalisation et la négociation collective au Rwanda

Ce forum a rassemblé plus de 80 syndicalistes de 28 pays africains, plus de 50 pour cent des 55 États membres de l’Union africaine, avec quelques participants venus de Belgique, de Turquie et d’Irlande. Parmi les participants figuraient des affiliés des organisateurs de la conférence, de la CSI-Afrique, de la CSI, des organisations syndicales régionales et des fédérations syndicales internationales, à savoir l’IBB Afrique et Moyen-Orient, UNI Afrique et IndustriALL Afrique subsaharienne. Le forum a été accueilli par la Centrale des Syndicats des Travailleurs du Rwanda (CESTRAR), la centrale syndicale rwandaise.

Le thème du forum, “Syndicalisation et négociation collective : collaborer pour améliorer la défense et la protection des droits des travailleurs et la régénération syndicale”, a trouvé un écho dans les débats. Les questions abordées portaient notamment sur la nécessité impérieuse de renforcer le pouvoir syndical et l’unité des travailleurs africains par le biais de la syndicalisation et de la négociation collective. En outre, il a été estimé que les syndicats pourraient également renforcer leur pouvoir en coopérant avec les organisations de la société civile.

Ce forum est le résultat de l’engagement des fédérations syndicales internationales à travailler en étroite collaboration pour résoudre les problèmes des travailleurs sur le continent.

Le forum a mis en évidence plusieurs obstacles auxquels sont confrontés les syndicats africains et qui affaiblissent leur pouvoir de négociation, ainsi que les moyens de les surmonter. Parmi ces obstacles figurent le faible taux de syndicalisation et la fragmentation dans la plupart des secteurs. Il existe également une concurrence entre les syndicats, car différents syndicats recrutent auprès des mêmes travailleurs. Il a été recommandé aux syndicats de se concentrer sur les travailleurs non syndiqués. Les stratégies visant à impliquer l’économie informelle, où la plupart des travailleurs et travailleuses du continent gagnent leur vie, sont également insuffisantes.

En ce qui concerne le travail précaire, il a été constaté que l’augmentation du travail informel et de plateforme, caractérisé par des contrats à court terme, la précarisation, les bas salaires ainsi que l’absence de protection sociale, a érodé la sécurité de l’emploi.

Le forum s’est inquiété de la sous-représentation des jeunes et des femmes dans les activités syndicales, constituant pourtant une part importante de la main-d’œuvre. Bien qu’il y ait une forte population de jeunes en Afrique, avec plus de 60 à 70 pour cent de moins de 35 ans, il a été relevé que les syndicats ne semblaient pas avoir de stratégies appropriées pour recruter les jeunes travailleurs.

Le recours aux actions judiciaires pour opprimer les travailleurs par le biais du dénigrement des syndicats, qui est courante dans des pays comme Madagascar, le Swaziland et le Zimbabwe, a été identifié comme une menace pour la syndicalisation, car il limite l’action collective, en particulier le droit de grève et les piquets de grève. Il a été indiqué que certains gouvernements africains étaient réticents à ratifier et à mettre en œuvre les conventions internationales du travail.

Akhator Joel Odigie, Secrétaire général de la CSI-Afrique, a déclaré :

“La décolonisation reste un projet inachevé, les systèmes politiques, économiques et environnementaux ne répondant pas aux aspirations des travailleurs africains. Cela signifie qu’une stratégie visant à construire un mouvement syndical fort par le biais de la technologie est nécessaire”.

“Face à des défis sans précédent tels que les guerres insensées, les attaques contre le niveau de vie et l’insécurité de l’emploi, les syndicats doivent s’unir et utiliser les médias sociaux comme outil de recrutement”,

a souligné Keith Jacobs, Secrétaire régional d’UNI Afrique.

Rose Omamo, Vice-présidente de la CSI-Afrique et Vice-présidente d’IndustriALL a ajouté :

“Des stratégies de syndicalisation novatrices qui soulignent la nécessité pour les syndicats d’adopter de nouvelles méthodes, telles que la syndicalisation tout au long des chaînes d’approvisionnement et la négociation pour les travailleurs et travailleuses de l’économie de plateforme, sont essentielles. En outre, les syndicats doivent développer une gouvernance démocratique interne tout en donnant la priorité à l’inclusion, en particulier pour les femmes, les jeunes et les travailleurs migrants”.

Le forum s’est engagé à mettre l’accent sur l’éducation des travailleurs, la formation aux négociations collectives, la promotion de l’unité des travailleurs et l’élaboration de stratégies visant à syndiquer les travailleurs informels et ceux des plates-formes. Des stratégies seront également élaborées pour les jeunes travailleurs et les femmes dans le cadre du plan d’action du forum.