FUP et Petrobras lancent un réseau des travailleurs

La directrice Carol Bruce de IndustriALL a affirmé lors de la réunion à Rio de Janeiro:

FUP et IndustriALL songeaient depuis dix ans à établir un réseau international des travailleurs de Petrobras. Ce rêve s’est matérialisé aujourd’hui. Des politiques doivent être établies et mises en œuvre pour que la RSE soit ressentie au niveau de l’atelier, et pas seulement au siège de l’entreprise.

Quelque 50 travailleurs/euses et représentant(e)s syndicaux/ales du Brésil, d’Argentine, du Pérou, de Curaçao, de Chine, du Nigeria et de Colombie assistaient à la réunion.

La direction de Petrobras a présenté des exposés sur la RSE et sur les politiques du personnel. Des questions relatives à l’égalité femmes-hommes ont été abordées. Les femmes représentent 15,8 pour cent de la main-d’œuvre de Petrobras. Le fait que la présidence de Petrobras soit assurée maintenant par une femme a permis de briser des stéréotypes et modifié les mentalités. Un collectif des femmes se bat chez Petrobras pour garantir un espace pour les femmes.

La réunion a porté son attention sur l’externalisation et l’emploi précaire. Des délégué(e)s ont fait part de leurs propres expériences. Les expériences avec d’autres réseaux, comme chez BASF et Repsol, ont été présentées. DIESSE, un département qui fournit des études et soutient les syndicats au Brésil, a fait un exposé. Les deux participants du Nigeria ont présenté un cas qui leur est propre, basé sur le fait que Petrobras a mis au chômage du personnel qualifié sous l’argument fallacieux que l’entreprise cessait son activité au Nigeria. “L’emploi précaire est une priorité pour le nouveau réseau. Les relations de travail au sein de Petrobras sont superficielles, et beaucoup trop informelles,” a ajouté Carol Bruce de IndustriALL.

Finalement, une nouvelle négociation est nécessaire entre Petrobras et IndustriALL pour revoir l’accord mondial afin d’inclure certaines bonnes pratiques qui ont vu le jour avec d’autres accords. Les syndicats veulent tirer le meilleur parti de l’accord et travailler principalement sur des thèmes tels que la discrimination. Ils veulent se focaliser chaque année sur une activité, sous la forme d’une réunion ou d’une recherche particulière. Il est demandé à tous les syndicats du réseau de communiquer leurs conventions collectives avec Petrobras dans le but de créer une base de données. Le secrétariat international du FUP sera chargé de coordonner ce travail. Les participant(e)s ont ressenti qu’il était possible de coordonner des activités dans tous les pays où opère Petrobras, et le réseau va véritablement changer les choses. Les syndicats peuvent échanger des expériences, expliquer leurs doutes et proposer des solutions avec l’idée d’une mondialisation des droits. Le réseau aura davantage d’efficacité dès qu’il sera reconnu officiellement par l’entreprise. De cette façon, Petrobras peut être rendu véritablement responsable.

L’entreprise Petrobras, détenue à 56% par le gouvernement brésilien et présente dans une trentaine de pays, emploie 80.500 salariés. De renommée mondiale dans l’exploration et la production de pétrole, Petrobras exploite 16 raffineries ainsi que de nombreuses usines pétrochimiques, de biocarburants, des pipelines et autres installations. 

Les marques de Rana Plaza doivent payer des indemnités d’ici au 24 avril à 9h00

Les fonds nécessaires s’élèvent au total à 40 millions de dollars pour payer un niveau correct de dédommagement aux familles des 1.138 travailleurs et travailleuses qui ont péri ensevelis dans les décombres de leurs postes de travail du Rana Plaza ainsi qu’aux survivants, dont des centaines ont perdus des membres ou ont été rendus inaptes au travail à la suite de l’effondrement de l'usine.

Un processus ouvert a été mené sous les auspices de l’OIT durant la seconde moitié de 2013, qui a permis d’aboutir à un accord final en décembre 2013 portant l’engagement signé de toutes les parties. L’arrangement destiné à constituer le Fonds des Partenaires Donateurs Cosignataires du Comité de Coordination de Rana Plaza et le cadre de l’Accord voit la participation du gouvernement bangladais, des syndicats bangladais, des fabricants bangladais, d’IndustriALL Global Union et de la Campagne Clean Clothes ainsi que quatre marques clés.

Tout un chacun à la possibilité de faire une contribution humanitaire au Fond et les marques de vêtements qui s’approvisionnent au Bangladesh sont encouragées à le faire.

Cependant, les marques liées à Rana Plaza, et la liste est longue, DOIVENT verser leur quote-part d’urgence.

Adler, Auchan, Benetton, Camaieu, Carrefour, Carrona, Cato Fashions, Children’s Place, JC Penney, Kids for Fashion, Lee Cooper, Manifattura Corona, Mango, Matalan, NKD, Premier Clothing, Primark, PVT (Texman), Store 21, Yes Zee, Walmart.

Soutenez IndustriALL Global Union, UNI Global Union et la Campagne Clean Clothes et assurez-vous que ces marques versent leur contribution. Signez la Campagne LabourStart ici et dites aux marques de Rana Plaza :

Si votre entreprise est toujours sur cette liste le 24 avril, date marquant le premier anniversaire de la catastrophe, votre message aux consommateurs sera clair par rapport aux conditions au sein de votre chaîne d’approvisionnement.

Vous et votre organisation pouvez également faire un don solidaire auprès du fond en suivant les instructions sur le site internet consacré à l'Arrangement du Rana Plaza.

Agir, dès maintenant, pour Rubén Darío Montoya Obando!

En juillet 2002, alors qu’il travaillait pour un entrepreneur à l’usine Tenaris – Tubos Caribe, Rubén a été victime d’un accident sur son lieu de travail. Un tube lui a transpercé la poitrine et il a perdu trois côte avec comme résultat une incapacité de travailler.

Depuis 2002, Rubén a fait constamment des séjours à l’hôpital. Il a été réintégré à son travail à deux reprises pour être encore mis à pied. La compagnie d’assurance continue de lui refuser toute indemnisation.

En septembre 2013, le tribunal a ordonné la réintégration de Rubén à des fonctions adaptées à son handicap, le paiement des salaires dus depuis le jour de l’accident, ainsi qu’une pension partielle.

Mais Tenaris – Tubos Caribe et la compagnie d’assurance ont fait appel à la décision du tribunal de verser les salaires passés et d’accorder une pension. Cette démarche va différer une solution pendant des mois et même des années.

Pour provoquer une action, Rubén a entamé une grève de la faim en février.  Sa condition s’est détériorée, ce qui a nécessité son hospitalisation.

Walberto Marrugo, président de l’affilié de IndustriALL Global Union, Sintratucar, qui assure la syndicalisation des travailleurs et travailleuses de Tenaris – Tubos Caribe, a déclaré:

“Il n’y a aucun programme sérieux de sécurité et de santé au travail chez Tubocaribe. Le ministère du Travail n’a pas pris de mesures strictes à cet effet.”

Sintratucar est affilié à FETRAMICOL, un affilié de IndustriALL Global Union.

Fernando Lopes, secrétaire général adjoint de IndustriALL dit:

Les actions de Tenaris – Tubos Caribe montrent bien que ce qu’ils disent en matière de santé et de sécurité est vide de sens. Sintratucar et IndustriALL Global Union exigent une décision rapide et le versement à Rubén de l’indemnisation à laquelle il a droit.

Les travailleurs et travailleuses de l’usine Tenaris en Italie ont exprimé leur soutien, et nous demandons maintenant aux travailleurs et travailleuses du monde entier de faire la même chose.

La police anti-émeute cambodgienne se prépare à un assaut sur la marche des femmes de demain

Des responsables du gouvernement ont explicitement averti les affiliés d’IndustriALL de ne pas mobiliser le Forum sur les Droits des Travailleurs, et ont diffusé ce matin dans la presse locale de sinistres photos de la police anti-émeute se préparant dans le Stade Olympique à un assaut sur le cortège pacifique.

Un détachement militaire d’élite sous l’autorité du fils du Premier Ministre se prépare également à des violences pour demain. C’est ce même détachement qui est responsable des attaques brutales perpétrées contre les membres de syndicats affiliés à IndustriALL l’an dernier à l’usine Sabrina et qui ont causé la perte de deux bébés à naître que portaient deux travailleuses en grève.

Monika Kemperle, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL a déclaré :

Nous sommes terriblement inquiets pour la sécurité de nos camarades cambodgiennes demain, elles qui feront face en cette Journée Internationale de la Femme à des forces gouvernementales lourdement armées. Mais nous sommes d’autant plus fiers d’être solidairement à leurs côtés. Leur campagne vise à porter le salaire minimum à 160 $, à soutenir les droits syndicaux et à obtenir la libération des 21 militants emprisonnés à l’issue de la précédente mobilisation du 5 janvier. Les affiliés d’IndustriALL seront aux avant-postes des manifestations de demain et nous resterons en communication permanente.

Les syndicats affiliés à IndustriALL réagissent à l’appel aux messages de solidarité à envoyer aux leaders des femmes travailleuses cambodgiennes. L’une des principales organisatrices des actions de demain est Mohn Nihm, Présidente du syndicat affilié NIFTUC et Présidente du Comité des Femmes d’IndustriALL au Cambodge. La photo de cette admirable dirigeante se trouve à côté de cet article. Parmi les importants syndicats qui soutiennent l’action on retrouve IG Metall en Allemagne, UA Zensen au Japon, et le TCFUA en Australie.

Les trois affiliés d’IndustriALL au centre des actions de demain sont le CCAWDU, la NIFTUC et la FTUWKC.

La semaine prochaine, entre le 12 et au moins le 19 mars, les travailleurs et travailleuses de la confection vont mener des actions de grève en restant un jour à la maison. Ceci constituera la prochaine étape de la campagne en faveur d’une hausse décente du salaire minimum. Elle fait suite au boycott la semaine dernière des heures supplémentaires. Le gouvernement du Premier Ministre Hun Sen a mis sur pied une commission spéciale pour mener des recherches et faire des recommandations sur les hausses de salaire. Mais les travailleurs et travailleuses exigent du changement tout de suite.

Un long temps de travail, de mauvaises conditions de santé et de sécurité et la malnutrition ont entraîné en 2013 de nombreuses pertes de connaissances de femmes occupées dans les usines et les violations se poursuivent sans répit.

Ecrivez au gouvernement du Premier Ministre Hun Sen en vous servant du système ici à votre disposition et envoyez directement votre message au chef de l’association patronale de la confection du Cambodge Ken Loo à cette adresse : [email protected].

Les syndicats mondiaux se mobilisent pour empêcher Crown Holdings de propager ses pratiques antisyndicales

De manière plus importante, ils ont élaboré un plan d’action pour défendre les travailleurs et travailleuses au Canada et en Turquie, et pour empêcher la propagation du comportement antisyndical de l’entreprise pratiqué souvent par les employeurs nord-américains, dans d’autres régions où Crown mène des activités.

Prenant comme point de départ la campagne “Take-Backs No More” (www.takebacksnomore.ca) du syndicat United Steelworkers au Canada, un nouveau réseau mondial de syndicats de Crown voit le jour parallèlement à une campagne mondiale.  La campagne est renforcée par la participation de deux autres fédérations mondiales, UNI Global Union et UITA, dont les affiliés représentent d’autres salariés de Crown, ainsi que ceux de ses principaux clients.

“Notre effort ne porte pas seulement sur l’établissement d’un lien entre divers syndicats de Crown, mais intègre également des syndicats des chaînes d’approvisionnement pour donner un meilleur équilibre au rapport de force dans le pouvoir énorme détenu par cette entreprise multinationale,” a déclaré Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL. “L’arrogance dont a fait preuve Crown Holdings en refusant de reconnaître les propositions des syndicats mondiaux montre que nous n’avons pas seulement besoin de mots, mais de véritables actions.”

Selon Ron Oswald, secrétaire général de l’UITA, “l’UITA a réussi à lutter pour obtenir une reconnaissance internationale dans plusieurs grandes entreprises de produits alimentaires et de boissons qui soutiennent toutes le respect des normes en matière de droits de la personne pour leur personnel. La responsabilité de ces entreprises pour assurer des normes identiques en matière de droits de la personne dans leurs chaînes d’approvisionnement est également claire; nous ne pouvons donc pas permettre à un fournisseur important d’emballages destinés à ces mêmes entreprises de produits alimentaires et de boissons de passer outre aux normes en matière de droits de la personne comme le fait Crown. Nous nous tenons, côte à côte, avec les membres de IndustriALL dans la lutte pour leurs droits chez Crown".

Christy Hoffman, secrétaire général adjoint de UNI Global Union, dit que "nous pouvons gagner ces luttes contre des entreprises mondiales en restant soudés, en partageant des stratégies et par une coordination dans toute la chaîne d’approvisionnement. Crown ne sera pas capable de continuer d’avoir une attitude antisyndicale pour ses salariés au Canada et en Turquie quand les faits seront connus des travailleurs et travailleuses du monde entier. UNI a travaillé dans le cadre d’un partenariat réussi avec IndustriALL dans plusieurs campagnes et soutiendra totalement les efforts visant à justifier les droits de la personne des camarades employés par Crown Holdings".

Crown est l’un des plus grands fabricants de boites de conserve, de canettes de boissons et d’emballage d’aérosols.

Les actions belligérantes suivantes de Crown ont fait l’objet de discussions approfondies lors de la réunion:

une décennie de coupes imposées aux travailleurs/euses syndiqués en Amérique du Nord
une grève de six mois menée actuellement au Canada et déclenchée par les demandes de Crown pour l’institution permanente d’une échelle des salaires plus basse pour les nouveaux embauchés qui réduirait leurs salaires de 42%

le recours à des obstacles juridiques pour retarder la reconnaissance complète d’un syndicat en Turquie
un manque de transparence et de consultation sur la fermeture possible d’usines en Europe, en infraction à la législation de l’UE.

Le 5 mars 2014, le Congrès des 500.000 membres des retraités syndicaux du Canada (CURC) a soutenu un boycottage des Croisières Carnival en signe de protestation contre le rôle du directeur général de Carnival, Arnold Donald, tenu responsable en tant que directeur de Crown Holding aux États-Unis, du conflit du travail à Toronto qui a duré six mois.

Des projets sont actuellement en cours pour une mobilisation à l’Assemblée générale de Crown à Philadelphie. D’autres actions sont également prévues.

Grève des travailleurs de la céramique à Suez

Les travailleurs et travailleuses de Ceramica Cleopatra se sont trouvés aux premières lignes du combat mené en Égypte, prenant la tête d’une vague de protestations dès 2006 en exigeant le droit de se syndiquer et des augmentations salariales. Nous avons vu en 2011 et 2012 les salariés protestant encore pour des revendications identiques.

Une solution aux problèmes avait semblé apparaître et l’action revendicative a connu en temps d’arrêt en 2012 à la suite de la signature d’une convention collective avec le propriétaire de l’usine, Mohamed Abu Elenin. Toutefois, bien que l’accord ait été signé en présence du ministre du Travail d’alors, il n’a pas été appliqué par l’entreprise et les infractions graves aux droits des salariés se sont poursuivies. Vers la fin de 2012, les salariés de l’entreprise ont rencontré le président égyptien, ainsi que les ministres du Travail et de l’Investissement, et l’employeur a promis une fois de plus d’accepter les revendications du personnel.

Cependant, au cours des dernières semaines, le conflit a éclaté de nouveau à la suite d’une pression de la direction de l’usine sur le comité syndical de l’entreprise pour qu’il accepte une baisse des salaires. Quand le syndicat a rejeté cette demande en exprimant une opposition unanime à la pression, le propriétaire a répondu par de nouvelles menaces, des mesures d’intimidation et l’annonce d’une action judiciaire. Face à une telle pression, le comité syndical s’est trouvé forcé de signer des lettres de démission.

Outre leur réintégration, les travailleurs et travailleuses demandent le paiement d’une part des bénéfices exceptionnels réalisés en 2012 et 2013, le paiement de l’allocation pour travail dangereux, la fourniture d’un équipement de santé et de sécurité au travail, ainsi que l’amélioration des soins de santé et l’établissement d’un fonds ouvrier destiné à être versé en fin de service.

Le secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a adressé un message de soutien aux travailleurs et travailleuses dans lequel il indique:

Nous soutenons en tout point cette lutte en faveur des droits syndicaux en demandant à l’employeur d’appliquer intégralement la convention collective et de réintégrer les membres du comité syndical. Nous demandons au gouvernement d’intervenir pour protéger les travailleurs et travailleuses de ces menaces scandaleuses et pour que l’employeur s’acquitte des obligations liées aux conventions de l’OIT".

L’entreprise se trouve à Suez, ville située à l’entrée sud du canal de Suez. Suez a déjà été le théâtre d’affrontements violents entre des protestataires et les forces de sécurité au cours du soulèvement qui a chassé Mubarak en 2011.

Il faut pour l’Ukraine une sortie de crise pacifique

Les affiliés d’IndustriALL Global Union en Ukraine indiquent que la situation va de mal en pis. Le pays a eu à faire face à une instabilité politique qui a conduit à plus de 100 tués et plus de 500 blessés sur la célèbre place Maiden de Kiev. Les médias sont désormais noyés de rapports et d’avis qui pointent vers une poursuite de l’escalade concernant la situation en Crimée, ce qui conduit à un danger potentiel de nouvelles divisons dans le pays.

En ces temps difficiles, IndustriALL Global Union exprime, de concert avec la famille mondiale qu’elle représente, sa profonde solidarité avec ses organisations syndicales ukrainiennes affiliées, qui tentent par tous les moyens d’empêcher une nouvelle escalade des conflits. IndustriALL soutient tous ceux qui bâtissent des solutions visant à conserver la paix et la stabilité pour les simples travailleurs et leurs familles.

Il y a un risque élevé à ce que des différends entre divers groupements à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du pays mettent en danger les acquis économiques des travailleurs et travailleuses d’Ukraine. C’est pourquoi IndustriALL Global soutient la paix et l’intégrité de l’Ukraine, sachant toutefois que le prix à payer à cet égard ne doit pas entraîner la détérioration des conditions de vie et de travail des masses laborieuses.

IndustriALL Global Union en appelle aux autorités ukrainiennes pour exiger d’elles qu’elles déploient tous leurs efforts pour maintenir et améliorer le niveau de vie et qu’elles ne tolèrent pas un appauvrissement des travailleurs et travailleuses d’Ukraine et leurs familles.

Ansell continue à défier l’ordonnance de la Cour Suprême

Les 294 travailleurs ont été licenciés en octobre de l’année dernière alors qu’ils étaient partis en grève pour défendre 11 de leurs collègues et délégués syndicaux licenciés par la multinationale australienne Ansell, un producteur de gants chirurgicaux et à destination de l’industrie. Alors que des juridictions inférieures avaient tranché en faveur de la réintégration des salariés licenciés, la Cour Suprême a ensuite ordonné à Ansell de négocier un accord avec le FTZGSEU, un affilié d’IndustriALL Global Union.

Mais lorsque la Cour Suprême a de nouveau eu à connaître de cette affaire le 3 mars, il était devenu clair qu’Ansell n’avait aucune intention d’essayer de trouver une solution viable. La Cour Suprême avait proposé la réintégration des 294 travailleurs, mais Ansell argue que les postes vacants ont été pourvus.

Le Procureur général a maintenant statué que le tribunal du travail du Sri Lanka devait se charger du dossier, sauf s’agissant de 35 travailleurs qui ont reçu des indemnités de licenciement. Si l’affaire n’est toujours pas résolue, la Cour Suprême la reprendra à nouveau.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina s’est récemment rendu en mission au Sri Lanka. En plus d’avoir rencontré le Président Mahinda Rajapaksa pour s’entretenir du cas Ansell, il a également rencontré certains des travailleurs licenciés et s’est adressé à eux.

« Ansell a reçu l’ordre du ministère du travail de ne pas pourvoir aux postes vacants tant que ce conflit du travail ne serait pas résolu. Revendiquer le fait ne pas s’y être conformé démontre un mépris pour les travailleurs, les syndicats et le système judiciaire. »

Il semble que tout le monde, à l’exception d’Ansell, souhaite voir une fin à ce conflit. Les personnes qui sont sans travail en souffrent, et nous avons par ailleurs des informations fiables qui indiquent que la qualité de la production a baissé, ce qui entraîne au bout du compte des risques lors d’interventions chirurgicales. Ansell doit faire un pas et prendre ses responsabilités.

Grève des travailleurs indonésiens du papier pour des salaires justes et des droits

Le syndicat local de branche du FSP2KI, le syndicat des travailleurs du papier Pindo Deli SPKPD, a déclenché une grève d’un mois le 27 février pour protester contre la rupture de la négociation collective causée par l’intransigeance de l’entreprise, et le regain de tension provoqué par le déploiement de forces locales de l’armée et de la police à l’usine.

APP est une entreprise de renom mondial connue pour ses tactiques anti-ouvrières dans ses deux usines PT Pindo Deli à Karawang, Java-Ouest, qui sont parmi les plus grandes usines à papier au monde. L’affilié de IndustriALL, FSP2KI, qui assure la syndicalisation de plus de la moitié des 13.000 salariés dans ces installations, avait été obligé de faire grève il y a deux ans pour pouvoir obtenir la signature de la convention collective actuelle.

La direction a rejeté toutes les propositions du syndicat au cours des quatre séries de négociation qui ont connu un échec, avec des troupes massées pour intimider la main-d’œuvre depuis la première réunion en décembre 2013.

IndustriALL Global Union a envoyé une lettre de protestation à la direction de APP en lui demandant de reprendre place à la table des négociations et de mettre fin au déploiement de la force armée contre les grévistes. La lettre indique également que l’entreprise doit respecter la réglementation concernant les principes de la négociation dans le district de Karawang, et retirer les troupes du territoire de Pindo Deli. IndustriALL a protesté également contre l’emploi de briseurs de grève pour remplacer la main-d’œuvre et contrecarrer la grève.

“IndustriALL contrôlera la situation et continuera de soutenir nos camarades dans la lutte pour leurs justes revendications,” a déclaré Anatoly Surin, directeur de la section pâte à papier et papier de IndustriALL.

La grève se poursuivra jusqu’au 28 mars. Des lettres de protestation peuvent être envoyées à la direction indonésienne de APP, en se servant du modèle annexé à cette page. Rejoignez le soutien syndical international aux grévistes de FSP2KI en disant à l’entreprise que ces travailleurs et travailleuses méritent un salaire équitable et bénéficient de droits fondamentaux sur le lieu de travail.

Les mineurs de Géorgie continuent leur lutte

Les grévistes ont le soutien d’une majorité de la population de Kazreti, ville du district de Bolnisi en Géorgie, où ces deux entreprises se situent. Des enseignants, des médecins et même des enfants participent aux manifestations dans les rues. Les boutiques et les cantines sont fermées et les écoles ainsi que les jardins d’enfants sont à l’arrêt également.

Ce 28 février, une manifestation en faveur de la protection des droits des travailleurs a eu lieu à Tbilissi devant la Chancellerie du Gouvernement de Géorgie. Parmi les participants, on retrouvait les travailleurs des entreprises RMG de Kazreti, les mineurs de Chiatura, ainsi que des salariés des usines métallurgiques et chimiques de Rustavi, des pompiers et des secouristes. Les participants réclamaient la révision du Code du Travail parce que les droits des travailleurs sont constamment violés. Ils ont promis que les protestations iraient en grandissant si le Gouvernement de Géorgie ne donnait pas satisfaction aux travailleurs.

Les travailleurs des entreprises minières géorgiennes RMG Gold et RMG Copper sont partis en grève le 14 février après que leurs directions aient refusé de remplir les obligations contenues dans la convention signée en novembre 2013 et licencié plus de 180 salariés au prétexte d’une réorganisation en janvier 2014.

Selon le TUMMCIWG (Syndicat des Travailleurs des Industries Métallurgiques, Minières et Chimiques de Géorgie), un affilié d’IndustriALL, la direction essayait de saper la grève et d’opérer un blocage sur les négociations collectives. Cependant, le seul résultat obtenu est qu’en plus de leurs revendications préexistantes, les travailleurs exigent également la réintégration de tous les travailleurs licenciés dans le cadre de la réorganisation annoncée.

La grève a paralysé la vie à Kazreti, où les revenus sont largement dépendants des emplois chez RMG Gold et RMG Copper. Les actions de protestation sont devenues quotidiennes et la majorité de la population de Kazreti y participe, non seulement les salariés des entreprises RMG Gold et RMG Copper, mais aussi des médecins, des enseignants, des étudiants, des membres des familles des grévistes, soit au total environ quatre mille habitants de Kazreti. Le 22 février, six travailleurs ont entamé une grève de la faim ; deux jours plus tard, l’un d’eux a été emmené à l’hôpital. Le 25 février, les salariés d’un immeuble de bureau, des laborantins et du personnel technique ont rejoint la grève. Des briseurs de grèves continuent à travailler au sein des entreprises.

Des négociations entre la direction et les grévistes ont eu lieu le 26 février, mais n’ont pas mené à des résultats tangibles. La direction des entreprises est disposée à réintégrer environ 40 des travailleurs licenciés, cependant que davantage ne pourraient l’être que lorsque les activités de l’entreprise auront augmenté. Ceci n’est pas conforme aux revendications des grévistes et ils indiquent que la gréve et les actions en rue se poursuivront jusqu’à ce que leurs demandes soient totalement rencontrées et que les promesses de la direction soient consignées dans des documents appropriés.

Les revendications essentielles des grévistes tournent autour de hausses salariales, de meilleures conditions de travail et d’une meilleure sécurité du travail, de meilleures dispositions en matière d’assurance maladie et de la réintégration des 184 travailleurs.

En novembre 2013, environ 700 mineurs de RMG Gold et RMG Copper étaient partis en grève pour exiger de meilleures conditions de travail et des hausses salariales. Un accord avait alors été signé entre les parties le 23 novembre 2013. En dépit de cela, les promesses de la direction n’ont pas à ce jour été tenues.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union a déclaré :

Les mineurs géorgiens ont déployé une lutte exemplaire au cours de ces derniers mois, en dépit d'un très dur climat anti-syndical. IndustriALL Global Union continuera d’apporter un soutien total à ce combat héroïque.