IndustriALL intervient pour défendre le dirigeant licencié du syndicat des peintres de Berger au Bangladesh

Le syndicat des travailleurs de Berger appartient à l'affilié de longue date de IndustriALL Global Union, la fédération des travailleurs de la chimie, de l'énergie et les secteurs connexes au Bangladesh (BCEF). Le syndicat à Kalurghat, Chittagong, a résisté à des années d'ingérences et de tentatives d’intimidation de la direction par des infractions régulières à la législation du travail et aux conventions collectives.

Durant ses 11 années de service chez Berger, les possibilités de promotion de Golgar ont été bloquées à maintes reprises, ce qui correspond bien aux pratiques antisyndicales de la direction de cette usine. Onze membres actifs et des fonctionnaires du syndicat ont été licenciés entre 2000 et 2011, et dans certains cas après plus de 20 années de service chez Berger. La législation du travail au Bangladesh stipule qu’un licenciement supprime tout droit à une indemnisation financière.

Après le licenciement de Golgar, la direction locale a fait pression sur la main-d'œuvre pour la tenue d'une élection syndicale le 27 janvier, dont le résultat serait fortement influencé par le risque clairement préconisé d'une mise à pied dans le cas d’une défense énergique des salariés. La menace d’une mise à pied a été faite dans l’intention de nuire, juste avant la réélection de Golgar comme secrétaire général pour un troisième mandat consécutif. La décision précipitée de l'élection signifie la perte de la protection juridique supplémentaire du secrétaire général du syndicat en exercice.

Le manque symbolique de respect du partenaire social de la négociation chez Berger est une autre pratique courante pour refuser aux représentants syndicaux le droit de participer aux réunions.

Berger Paints est une entreprise indienne qui mène des activités en Europe orientale, au Népal, en Inde et au Bangladesh. Berger détient plus de 65% de part de marché au Bangladesh. Bien que l'entreprise réalise un chiffre d'affaires annuel de près d'un demi-milliard d’USD, les salariés de l'usine Kalurghat gagnent un salaire de base de 7 USD par mois, bien moins que le salaire minimum.

BCEF a organisé plusieurs actions en réponse au licenciement abusif, dont un appel lancé aux services de l'emploi du Bangladesh pour le rejet de la décision prise par la direction, et une conférence de presse conjointe avec les autres membres du conseil de IndustriALL au Bangladesh.

Envoyez votre message de solidarité au camarade Golgar Hussein en se servant de l'outil de messagerie donné en annexe.

Les travailleurs manifestent leur soutien à Rubén Darío Montoya Obando

En juillet 2002, alors qu'il travaillait pour un entrepreneur dans l'usine Tenaris – Tubos Caribe, Rubén a été victime d'un accident sur le lieu de travail. Il se bat depuis cette date pour obtenir une indemnisation. Un tribunal a ordonné la réintégration de Rubén avec le paiement des salaires dus depuis le jour de l'accident, ainsi qu'une pension partielle. Mais Tenaris – Tubos Caribe et la compagnie d'assurances ont fait appel à la décision du tribunal de payer les arriérés salariaux et d'accorder une pension, une initiative qui retardera pendant des mois toute solution. Après avoir entamé une grève de la faim en février, la condition de Rubén s'est détériorée au point qu'il est maintenant hospitalisé.

Pour montrer leur soutien, les travailleurs et travailleuses de Tenaris-Tubos Caribe ont défilé de l'usine jusqu’à Carthagène le 14 mars. L'épouse de Rubén, qui était présente à la manifestation, a fait partager les douleurs et les difficultés subies depuis le grave accident dont a été victime Rubén dans l’usine il y a douze ans.

Sintratucar, qui s'indique les salariés de Tenaris – Tubos Caribe, a demandé l'établissement d'une véritable politique de santé et la sécurité chez Tenaris – Tubos Caribe pour que les travailleurs et travailleuses cessent de mettre leur santé en danger ou soient victimes d’un accident, comme Rubén. Sintratucar est affilié à la fédération FETRAMICOL, elle-même affiliée à IndustriALL Global Union.

Walfredo Marrugo, président de Sintratucar, a déclaré:

"Nous ne cesserons pas cette campagne tant que Tenaris – Tubos Caribe n'aura pas trouvé une solution à la situation de Rubén, en lui accordant la pension et l'assurance maladie méritées. Nous demandons l'établissement d'un dialogue sérieux avec l'entreprise pour avoir de bonnes conditions de sécurité sur le lieu de travail avec un programme de santé et de sécurité approprié pour nos emplois et notre industrie, et compatible avec la législation colombienne."

Les syndicats et les marques font monter la pression sur le gouvernement cambodgien

IndustriALL Global Union, Uni Global Union et la CSI ainsi que 30 marques de premier plan, parmi lesquelles H&M, Inditex, Gap, Adidas et Nike, ont signé une lettre conjointe adressée au Vice-premier Ministre du Cambodge, réaffirmant le besoin de résoudre de manière urgente la question du salaire minimum et de respecter les droits fondamentaux des 21 personnes toujours détenues depuis les manifestations de janvier.

La lettre fait suite à la décision des syndicats cambodgiens d’ajourner une grève prévue pour le 12 mars afin de donner du temps à un dialogue avec le gouvernement sur la marche à suivre concernant le salaire minimum. Les travailleurs et travailleuses de la confection exigent un passage du salaire minimum de US$ 100 à US$ 160 par mois.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

Les syndicats cambodgiens ont fait montre de bonne volonté en ajournant la grève. Il est temps maintenant pour le gouvernement de venir à la table pour des pourparlers constructifs. Les fédérations syndicales internationales et les marques sont unies dans un effort visant à soutenir cette démarche et trouver une sortie à l’impasse sur le salaire minimum. Toutes les marques doivent s’engager à payer davantage les fournisseurs pour couvrir les coûts des hausses salariales.

Philip Jennings, secrétaire général d’UNI Global Union a déclaré :

« Le temps est venu d’avoir une approche nouvelle au Cambodge et ceci doit se faire par le biais de la reconnaissance des normes internationales du travail et par le dialogue. Nous appelons une fois encore le gouvernement du Cambodge à libérer immédiatement les 21 travailleurs toujours sous les barreaux pour le simple tort d’avoir eu le courage d’exprimer ouvertement une injustice. »

Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI a déclaré :

« La liberté d’association est gravement en danger au Cambodge à l’heure actuelle. Le gouvernement a gelé tout nouvel agrément de syndicat et a interdit les manifestations publiques en faveur des droits des travailleurs. Ceux-ci sont confrontés sur leurs lieux de travail à des représailles pour avoir exercé leurs droits fondamentaux. Nous souhaitons tous l’avènement d’une industrie de la confection durable et le gouvernement ainsi que les employeurs doivent respecter la liberté d’association. Les syndicats du Cambodge et du monde entier vont faire campagne pour s’assurer que les travailleurs cambodgiens puissent exercer ce droit fondamental. »

Les syndicats et les marques prient instamment le gouvernement cambodgien d’agir par rapport à ses promesses de mettre en place dans les meilleurs délais un mécanisme participatif en vue de l’établissement d’un salaire minimum.

La lettre indique aussi que l’adoption d’une nouvelle législation relative aux syndicats devrait être en accord avec les Conventions 87 et 98 de l'OIT et devait s’inscrire dans un processus participatif susceptible de favoriser des relations sociales efficaces.

Les syndicats et les marques ont également exprimé leur grave préoccupation par rapport à des informations faisant état qu’aucun nouvel agrément de syndicat n’avait été octroyé en 2014 et qu’aucun n’interviendrait jusqu’à la parution de la nouvelle législation.

De plus, tout en reconnaissant le droit pour les propriétaires d’usine de chercher à obtenir réparation de la part de toute personne dont il a été prouvé qu’elle a causé des dégâts punissables par la loi à leur propriété, les signataires craignent que les recours en justice contre les syndicats que se proposent d’intenter certaines usines ayant souffert de dégâts pendant les manifestations « puissent induire une escalade dans la situation actuelle et rendre encore plus difficile l'obtention de solutions constructives ».

Pour plus d'informations, veuillez contacter le Département Presse d’IndustriALL Global Union : +41 22 308 50 57 ou [email protected]

www.industriall-union.org

@industriall_GU

Rana Plaza: Primark appelé à payer au moment où la date du paiement est annoncée

IndustriALL, UNI Global Union et la Campagne vêtements propres se félicitent aujourd’hui du lancement du processus de dépôt des réclamations du Dispositif du Rana Plaza, qui débutera officiellement le 24 mars. Il est maintenant demandé aux marques d’apporter leur contribution au Fonds fiduciaire des donateurs du Rana Plaza et de s’assurer que les familles des personnes tuées et blessées au Rana Plaza obtiennent finalement l’argent qui leur est dû.

Le traitement des réclamations aura lieu dans un bureau situé à Savar, ville qui abritait le bâtiment du Rana Plaza. Les bénéficiaires potentiels seront contactés directement et invités à se rendre dans le bureau pour présenter leur réclamation. Une équipe de juristes travaillera avec chaque demandeur pour s’assurer de bien faire comprendre quelles réclamations peuvent être faites et comment la décision sera prise. Dans le même temps, une assistance téléphonique sera assurée à Savar pour répondre à toutes les questions ou demandes de renseignements sur la procédure de réclamation. Il est prévu que les premiers paiements seront versés d’ici le premier anniversaire de la catastrophe.

Les versements effectués dans le cadre du Dispositif seront financés par le biais du Fonds fiduciaire des donateurs du Rana Plaza, qui aura collecté des contributions auprès des marques qui se sont approvisionnées au Bangladesh en général et au Rana Plaza en particulier. Le Fonds a été constitué au début de février, avec un objectif initial de 10 millions d’USD, ce qui devrait correspondre au montent nécessaire pour effectuer les premiers versements à tous les demandeurs potentiels. Il faudra au total 40 millions d’USD pour couvrir le montant total des versements à plus de 3000 travailleuses et travailleurs et aux familles des personnes tuées.

Depuis son lancement en février, le fonds a bénéficié d’un large appui. Ethical Trading Initiative, Bangladesh Accord Foundation et Business Social Compliance Initiative ont lancé des appels à leurs membres en leur demandant d’effectuer une contribution au Fonds. Sept marques : Bon Marche, El Corte Ingles, Inditex, Mango, Mascot, Loblaw et Premier Clothing se sont engagées publiquement à apporter une dotation initiale.

Toutefois, il reste encore bien du chemin à parcourir avant de pouvoir réunir les 40 millions d’USD nécessaires pour assurer les paiements à toutes les travailleuses et travailleurs. La marque Primark reste notablement absente de la liste des donateurs, malgré sa participation à l’élaboration du Dispositif et à son premier engagement d’assurer une indemnisation complète et juste des travailleuses et travailleurs du Rana Plaza au moyen d’une formule simple et unique. C’est la seule entreprise signataire du Dispositif qui n’a pas encore apporté une contribution.

IndustriALL, UNI Global Union et Campagne vêtements propres demandent aujourd’hui à Primark et aux autres marques clientes du Rana Plaza de remplir leurs obligations et de verser immédiatement les montants promis au Fonds fiduciaire des donateurs du Rana Plaza pour que les victimes et les familles de cet horrible sinistre soient indemnisées d’ici le 24 avril.

Le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a déclaré:

Tout en étant satisfait du lancement du Dispositif pour le 24 mars, il est temps maintenant que Primark ait son heure de gloire par sa réponse à l’homicide industriel du Rana Plaza. Il lui faut cesser de retarder le processus et rejoindre les autres entreprises pour une approche unique basée sur des normes internationales. Et un paiement au Fonds fiduciaire pour assurer une indemnisation complète et historique de toutes les victimes.

Le secrétaire général de UNI Global Union, Philip Jennings, a déclaré:

Ce dispositif est une bonne nouvelle pour les familles des victimes du Rana Plaza qui attendent une indemnisation depuis trop longtemps. Une approche transparente et coordonnée a bien plus de force qu’une poignée d’arrangements séparés et volontaires des entreprises. Les entreprises doivent s’engager à payer. 

Ineke Zeldenrust de la Campagne vêtements propres a ajouté:

Les victimes du Rana Plaza ont attendu trop longtemps. Avec le lancement du processus de réclamation, nous espérons que les familles qui souffrent de cette catastrophe vont finalement recevoir ce à quoi elles ont droit avant le premier anniversaire. Nous demandons maintenant à Primark et aux autres marques liées au Rana Plaza de cesser de tergiverser et de payer.

NOTES

1.     Le Dispositif du Rana Plaza est un accord signé par un large éventail de parties prenantes, parmi lesquelles le gouvernement du Bangladesh, l’association des fabricants et des exportateurs de vêtements du Bangladesh, la fédération des employeurs du Bangladesh, des marque mondiales (Loblaw, El Corte Ingles, Bon Marche et Primark), IndustriALL au Bangladesh, l’institut d’études sociales du Bangladesh, IndustriALL Global Union et la Campagne vêtements propres. www.ranaplaza-arrangement.org

2.     Les signataires du Dispositif se sont engagés à travailler ensemble pour établir un processus unique, crédible et transparent, basé sur des normes internationales et la législation du Bangladesh, pour effectuer des paiements aux victimes, à leurs familles et leurs proches afin de couvrir les pertes financières et les soins médicaux résultant de l’effondrement du Rana Plaza en avril 2013.

3.     Un Comité multilatéral composé de la majorité de signataires est chargé de contrôler l’application du Dispositif. Le mécanisme nouvellement lancé a été conçu avec le soutien et les conseils d’experts internationaux reconnus. La présidence du Comité est assurée par une agence de l’ONU, l’Organisation internationale du Travail. Voir www.ranaplaza-arrangement.org/mou/governance

4.     Le Fonds fiduciaire des donateurs du Rana Plaza a été établi avec l’OIT en tant que fidéicommissaire, en février 2014, pour permettre le financement des réclamations présentées par les victimes du Rana Plaza. Voir www.ranaplaza-arrangement.org/fund pour plus de renseignements et une liste des donateurs actuels.

5.     Campagne vêtements propres, IndustriALL et UNI ont lancé en février 2014 la campagne “Pay Up” pour demander à toutes les marques du Rana Plaza de faire des dons au Fonds. Voir http://www.cleanclothes.org/ranaplaza

6.     L’OIT est une agence de l’ONU dont la mission consiste à promouvoir les droits au travail, encourager des possibilités d’emploi décent, améliorer la protection sociale et renforcer le dialogue sur les questions relatives au travail. Elle opère dans le cadre d’une structure tripartite qui rassemble les gouvernements, les employeurs et les travailleurs et travailleuses pour garantir une représentations de toutes les parties pour l’élaboration de normes internationales, de politiques et de programmes. http://www.ilo.org/

Pour plus de renseignements, contacter:

Tom Grinter, IndustriALL Global Union: +41 796934499, [email protected]

Mike Sunderland, UNI Global Union: +41 79 701 90 49, [email protected]

Sam Maher, Campagne vêtements propres: +44 751 751 6943, [email protected]

Les syndicats marquent la Journée Internationale de la Femme

Bangladesh

Les travailleuses de la Fédération du Vêtement du Bangladesh ont formé une chaîne humaine devant le Club national de la Presse dans la capitale Dacca pour exiger la mise en application d’un nouveau salaire minimum dans toutes les entreprises de confection du Bangladesh.

Leurs actions ont été suivies par un rassemblement coloré de travailleuses de la NGWF (Fédération nationale du Vêtement) demandant la mise en œuvre de la parité des salaires, des droits, des avancements de carrière et de la dignité pour les travailleuses du secteur du prêt-à-porter. En particulier, les manifestantes ont appelé le secteur à étendre le congé de maternité de quatre à six mois pour s’aligner sur le service public.

Cambodge

Au Cambodge, un forum prévu pour soutenir la notion de salaire vital pour les travailleurs de la confection, dont 80% sont des femmes, a été mis en échec par le gouvernement qui a empêché la tenue du rassemblement par le biais d’une grande démonstration de force. En dépit de celle-ci, plus de 500 militants syndicaux ont bravé l’interdiction pour marquer l’événement.

Allemagne

L’affilié d’IndustriALL IG Metall, qui représente 2,4 millions de travailleurs et travailleuses en Allemagne a choisi la Journée de la Femme pour lancer une campagne intitulée : « Si vous voulez le meilleur, vous ne pouvez vous passer des femmes ». Après s’être mis à l’écoute de l’expérience de 500.000 travailleurs à l’occasion d’une grande enquête l’an dernier, la nouvelle campagne d’IG Metall va lutter pour l’égalité des chances, la parité salariale, l’équilibre famille-travail et en faveur de bonnes perspectives de carrière pour les femmes.

Indonésie

Des travailleuses en provenance de 11 affiliés d’IndustriALL ont manifesté devant le Monument Selamat Datang au cœur de la capitale indonésienne Jakarta à l’occasion de la Journée de la Femme.

Rassemblées au sein du Comité des Femmes du Conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie, ces syndicalistes se sont réunies pour manifester leur solidarité avec les travailleuses cambodgiennes. Elles ont en outre appelé le gouvernement indonésien à protéger le droit à la maternité des femmes travailleuses et en particulier de celles occupant des emplois précaires. Elles ont également exhorté le gouvernement indonésien à mettre fin aux discriminations sur le lieu de travail et à ratifier la Convention n° 248 de l’OIT sur la protection de la maternité.

Japon

Des membres des affiliés d’IndustriALL ont, à l’occasion de la Journée de la Femme, distribué aux passants dans les rues de Tokyo des roses, qui symbolisent au Japon la dignité des femmes. Ceci s’inscrivait dans le cadre de la manifestation organisée par la JTUC-Rengo, qui est la plus grande confédération syndicale du pays.

Plus de 800 hommes et femmes issus des syndicats japonais, y compris de l’affilié d’IndustriALL, UA ZENSEN, qui est le plus grand syndicat d’industrie du pays, ont manifesté pour exiger la fin du harcèlement sur le lieu de travail en raison du sexe, de la grossesse ou de la maternité.

La JTUC et ses affiliés ont également réclamé que soit d’urgence amendée la Loi sur l’Egalité des Chances à l’Emploi, afin d’imposer l’égalité des genres au travail et l’arrêt de la discrimination sexuelle.

Maroc

COS-ONE, le syndicat des électriciens, a célébré la Journée de la Femme à Casablanca, où quelque 600 travailleuses des 16 régions du Maroc se sont rassemblées pour écouter les discours et participer aux animations qui comprenaient des prestations de célèbres artistes marocains. La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, Monika Kemperle, s’est exprimée lors de la cérémonie d’ouverture au cours de laquelle les travailleuses ont fait valoir leurs revendications visant de meilleurs salaires, des droits à la pension et la sécurité d’emploi.

Amérique du Nord

Rendant hommage à la Journée Internationale de la Femme, Ken Neumann, Directeur National pour le Canada du syndicat des Métallos USW a déclaré :

« Si l’on s’en remet uniquement au marché, les travailleurs et travailleuses qui recherchent l’égalité continueront à être marginalisés. Les Métallos négocient des barèmes salariaux, des systèmes d’ancienneté et toutes autres dispositions qui refusent la discrimination à l’égard des femmes ou de tout autre groupe de travailleurs. »

Il a également salué le travail mené par les comités des travailleuses et les militantes des Métallos USW : « Votre travail fait progresser les droits et l’égalité des femmes, au sein de l’organisation syndicale et de la société dans son ensemble, » a-t-il ajouté.

Sri Lanka

Plus d’un millier de femmes du Syndicat des Travailleurs des Zones Franches et des Services au Sri Lanka sont descendues dans les rues pour une marche de 3km à l’intérieur de la Zone Franche de Katunayake afin d’y célébrer la 103e Journée Internationale de la Femme. Au milieu des fanfares, des danses et des chants folkloriques, des femmes cinghalaises, tamoules, musulmanes et burghers se sont réunies pour réclamer la dignité, en particulier pour celles occupées dans le secteur du prêt-à-porter.

Turquie

La Plate-forme des Femmes des Syndicats Progressistes de la confédération syndicale turque Turk-Is a organisé un rassemblement pour célébrer la Journée Internationale de la Femme ce 8 mars. Le rassemblement, au sein duquel on comptait des membres de l’affilié d’IndustriALL Petrol-Is, a également été rejoint par une délégation en provenance d’Afghanistan. Les participantes ont invité davantage de femmes a rejoindre les syndicats et ont revendiqué une parité salariale et une vie exempte de violence. Le harcèlement sexuel, la violence et la discrimination sont omniprésents dans une société turque dominée par les hommes. Alors que le gouvernement impose toujours davantage de précarité et de flexibilité dans le travail, ce sont les femmes qui en sont les plus affectées, étant les premières à être licenciées en temps de crise. Les femmes ont appelé à des emplois réguliers, sûrs et syndiqués assortis d’un salaire décent et de droits à la pension.

Les grévistes au Kirghizistan risquent 15 ans d’emprisonnement

À la fin de février 2014, des projets d’amendement au code pénal présentés au Parlement de la République du Kirghizistan, stipulent que "des actions ou des omissions de la direction ou d’autres membres du personnel d’entreprises ayant importance stratégique, qui causeraient un arrêt de la production de l’usine ou d’une subdivision structurelle, pourra être puni d’une peine d’emprisonnement de 8 à 12 ans. La même action qui aurait causé des dégâts considérables ou qui serait la cause de dégâts irrémédiables à l’environnement écologique dans le pays sera puni d’une peine d’emprisonnement de 10 à 15 ans".

En cas d’application, ce projet de loi touchera non seulement la direction, mais également les simples salariés des entreprises qui feraient grève. Il en résulte que des travailleurs et travailleuses employés dans un grand nombre d’entreprises déterminées par le gouvernement comme ayant une importance stratégique, se verront privé du droit de faire grève en dernier recours pour protéger leurs droits syndicaux légitimes. Dès à présent, les changements pourraient s’appliquer aux salariés d’une cinquantaine d’entreprises industrielles clés du Kirghizistan, et la liste pourrait être potentiellement plus importante.

IndustriALL Global Union et son affilié, le syndicat des mineurs et des métallurgistes du Kirghizistan (MMTUK), estiment qu’en cas d’adoption, ces amendements constitueraient une infraction flagrante aux normes internationales et constitutionnelles qui accordent le droit de grève aux travailleurs et travailleuses.

En réponse, IndustriAll a écrit au président de la République du Kirghizistan et à plusieurs responsables de haut rang, en exprimant ses préoccupations dans le cas où la présentation de ce projet de loi serait même envisagée en vue d’un débat au Parlement d’un pays civilisé comme le Kirghizistan.

Dans sa lettre, IndustriALL s’exprime en ces termes: "Le projet de loi qui est présenté démontre une incompétence et une irresponsabilité sociale de ses auteurs car il ferme le circuit juridique permettant une solution aux problèmes rencontrés par les salariés sur le plan social et dans le travail. L’expérience internationale montre que cela se traduit toujours par une tension sociale de plus en plus forte, qui finit par provoquer un éclatement dépassant l’entreprise qui a adopté une attitude politique agressive. Les forces politiques qui cherchent à renforcer leur influence et leur puissance par une déstabilisation de la situation se servent toujours d’un sentiment d’insatisfaction grandissant qui n’est pas résolu. Cela est particulièrement dangereux en République du Kirghizistan qui a connu deux révolutions ces dernières années".

Selon Eldar Tadzhibayev, président du MMTUK : "Le Kirghizistan a connu des bouleversements avec un changement de président en 2005 et 2010. Les investisseurs continuent d’éprouver des craintes en raison précisément de cette instabilité politique. Au niveau de l’entreprise, tout se passe normalement, mais maintenant, le projet de loi présente un danger pour le dialogue social et pourrait bloquer les canaux légitimes d’expression des plaintes et des litiges par les salariés, en raison de l’impossibilité d’utiliser la grève comme méthode permettant d’exercer une pression économique en dernier recours. Ce projet de loi risque de politiser les conflits du travail qui menacent l’ordre social beaucoup plus qu’une grève ou un arrêt de production, même dans les grandes entreprises prises individuellement.”

IndustriALL continue de suivre la situation pour empêcher l’effondrement du cadre juridique  de protection des droits et des intérêts des travailleurs et travailleuses en République du Kirghizistan.

Les défis de l’unité à construire aux Philippines

Ces 26 et 27 février derniers, 38 participants se sont réunis aux Philippines pour débattre de l’unité entre les affiliés d’IndustriALL Global Union dans le pays. En plus des affiliés philippins d’IndustriALL, des représentants des affiliés japonais JCM et UA-Zensen, ainsi que de l’affilié australien AMWU ont pris part à la rencontre.

Fernando Lopes, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a indiqué que les trois règles d’or de l’unité devaient montrer la voie à suivre :

« Il ne devrait pas y avoir de concurrence entre nos affiliés mais au contraire de la collaboration et de la pérennité. La priorité, c’est de syndiquer les travailleurs. »

Et la réunion de deux jours a permis de trouver le chemin d’une unité accrue. Sous la conduite d’un facilitateur externe, les affiliés vont se rencontrer à nouveau le 1er avril pour définir une structure acceptable pour travailler ensemble et concevoir un plan d’action sur les problématiques communes. Annie Adviento, Secrétaire régionale d’IndustriALL y participera en tant qu’observatrice.

Plus tard dans le courant du même mois, les affiliés se rencontreront à nouveau pour planifier un projet de syndicalisation sur trois ans.

Fernando Lopes a souligné l’importance d’accroître l’unité entre les affiliés philippins :

La force d’IndustriALL peut se mesurer à l’aune de l’accroissement des effectifs, de la coopération entre les affiliés et de la construction de syndicats pérennes. L’avenir nous réserve de grands défis, que nous serons à même de relever par le travail conjoint de nos affiliés.

Un tribunal provisoire décide que Mark Lyon va ‘vraisemblablement’ retrouver son emploi chez Ineos

Mark Lyon, secrétaire des délégués syndicaux de l’affilié de IndustriALL Global Union, Unite the Union, a été mis à pied sous de fausses accusations en février dernier. Après 25 ans de service à l’usine pétrochimique Ineos à Grangemouth, Mark a été jugé en son absence par la direction de Ineos pour ne pas avoir mis fin aux commentaires du syndicat sur les articles de presse concernant la peur de perdre son emploi dans l’usine. Il a été licencié par la suite.

Estimant que Ineos était déterminé à engager le plus vite possible un procès disciplinaire contre M. Lyon, en ne donnant pas à ses représentants juridiques le temps nécessaire pour préparer sa défense, Unite a fait appel à la décision de l’entreprise et porté l’affaire au tribunal du travail pour licenciement abusif et représailles pour raison syndicale.

Le 7 mars, dans un coup porté à l’entreprise pétrochimique, le tribunal a statué que M. Lyin allait ‘vraisemblablement’ gagner son procès pour licenciement abusif quand il sera jugé par un tribunal au complet, et a ordonné à Ineos de verser les salaires dus jusqu’à l’audience en règle qui aura lieu dans quelques mois.

Commentant la décision, le directeur juridique de Unite, Howard Beckett, déclare:

“Nous approuvons cette décision provisoire qui accorde à M. Lyon une sécurité financière jusqu’à la séance du tribunal au complet où tous les témoignages seront entendus.

“Ineos doit mettre fin à son hostilité contre la main-d’œuvre et assurer qu’il n’y a pas de représailles envers les délégués sur le lieu de travail, avant que la fuite des cerveaux et des compétences sur le site ne devienne un torrent qui menace la survie du site. 

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL, déclare:

“Il est absolument inacceptable d’engager des représailles à l’encontre de responsables syndicaux. L’audience provisoire assure ce que nous disons, et nous espérons que Ineos prête attention.”

La première série d’inspections indépendantes et transparentes des usines au Bangladesh a eu lieu

L’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh  a été signé le 13 mai 2013, en réaction à l’effondrement de l’usine de Rana Plaza le 24 avril de la même année, qui a causé la mort de 1.133 travailleurs et travailleuses.

Cet Accord est un projet de première importance qui vise à rendre l’industrie de la confection sûre et durable au Bangladesh au sein duquel les marques et les enseignes ont révélé toutes les usines auprès desquelles elles se fournissent au Bangladesh. Les signataires ont marqué leur accord sur des inspections visant la sécurité structurelle, électrique et par rapport aux incendies et sur la mise en place de mesures d’amélioration de la sécurité découlant des inspections.

Les rapports mettent en lumière un certain nombre de problèmes qui se présentent et indiquent également les mesures à prendre pour les résoudre, certaines d’entre elles étant déjà en cours d’application. Les rapports ne soulignent aucun problème qui soit d’une magnitude similaire à ceux qui ont causé l’effondrement du bâtiment de Rana Plaza en avril 2013. Parmi les problèmes relevés, on relève le besoin de réduire les charges pondérales dans certaines zones des usines, en déplaçant des matériaux, des stocks ou des fournitures, le besoin de mieux fixer et protéger les câblages électriques ainsi que la nécessité d’améliorer les procédures de maintenance d’éléments tels que les circuits électriques, en veillant par exemple à les tenir exempts de poussière.

Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union a déclaré que la transparence était la clé du succès :

Les rapports d’inspection fournissent un ensemble de précisions sans précédent et établissent ainsi une nouvelle norme en matière de transparence et de crédibilité. Les rapports indiquent les mesures nécessaires pour qu’un effort dans la durée puisse rendre l’industrie de la confection au Bangladesh sûre et durable.

La Responsable d’UNI Commerce, Alke Boessiger, par ailleurs membre du Comité de Pilotage de l’Accord du Bangladesh, déclare : « La publication de nos premiers rapports d’inspection soulignent l’engagement indéfectible de l’Accord du Bangladesh par rapport à la transparence et montrent tout le chemin parcouru en moins d’un an.

« Depuis qu’UNI et IndustriALL ont mis au défi il y a onze mois les marques de signer un accord susceptible d’améliorer la sécurité et la durabilité de l’industrie de la confection au Bangladesh, nous avons rallié plus de 150 marques, mis sur pied une équipe de direction complète, recruté le personnel nécessaire et entamé l’inspection des usines. »

« Les rapports détaillés publiés aujourd’hui sont destinés à aider tant les propriétaires que les salariés. Ils sont les premiers dans le genre et vont améliorer la faculté des travailleurs à être informés de la sécurité sur leurs lieux de travail. »

Plus de 150 marques et enseignes de niveau mondial de plus de 20 pays d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Asie et d’Australie ont signé cet Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh, qui est juridiquement contraignant, avec IndustriALL Global Union et UNI Global Union. Des ONG internationales, parmi lesquelles on compte la Campagne Clean Clothes et le Workers’ Rights Consortium sont les garantes de l’Accord. L’Organisation internationale du Travail (OIT) en assure la présidence impartiale.

Cambodge: Des activistes syndicaux défient l’interdiction d’un grand meeting par le gouvernement

Plus de 500 activistes syndicaux qui tentaient de participer au meeting organisé dans le Parc de la Liberté de la capitale Phnom Penh se sont heurtés à une forte résistance de policiers en armes qui avaient barricadé les entrées du parc.

À un moment, les agents de sécurité ont attaqué à coups de matraque un petit groupe de manifestant(e)s pour les refouler vers le pont Naga situé au bout du parc. Finalement, dans un face-à-face tendu, les activistes de plus en plus nombreux ont réussi de repousser les agents de sécurité, pendant que les camions transportant des forces de police équipées de lance-grenades lacrymogènes patrouillaient aux abords du Parc de la Liberté.  

Les dirigeant(e)s de 18 syndicats avaient décidé d’organiser un grand meeting pour discuter de l’augmentation du salaire minimum des personnels de la confection, des femmes dans 80% des cas, et de la remise en liberté de 21 personnes détenues à la suite d’une intensification brutale de la répression policière au cours des grèves en janvier, qui a occasionné quatre morts et 39 blessés du côté des grévistes.

Le vice-Premier ministre et le ministre du Travail avaient été invités à participer au meeting pour discuter des revendications syndicales, mais au lieu de cela le meeting avaient été interdit.

“Nous avions demandé aux 30.000 membres du syndicat d’être présents au meeting, mais après son interdiction par le gouvernement, nous leur avions recommandé de ne pas venir pour leur propre sécurité,” a déclaré Ath Thorn, président de l’affilié de IndustriALL, le syndicat démocratique de la coalition cambodgienne des travailleuses de la confection.

“Nous avions seulement demandé aux activistes syndicaux de participer car nous voulions éviter toute confrontation avec la police,” a-t-il ajouté.

“Nous vivons dans un pays démocratique, et la décision du gouvernement de nous empêcher de participer à un grand meeting pacifique nous inquiète. Nous continuerons de faire campagne pour obtenir la libération des 21 camarades et de lutter pour un salaire minimum vital,” a enfin déclaré Thorn.