Les syndicats européens demandent de “remettre l’industrie au travail”

Le choix du lieu de réunion a permis d’envoyer un message clair de solidarité au mouvement syndical espagnol contre les politiques d'austérité du gouvernement au cours des deux dernières années.

La crise en Europe a détruit de façon agressive les conditions sociales et économiques de la classe ouvrière avec comme résultat la perte de millions d'emplois dans la fabrication industrielle, notamment chez les jeunes. En réponse à cette tendance inquiétante, les syndicats européens s’efforcent de mettre en œuvre une action commune en matière de politique industrielle pour pouvoir surmonter tous les défis rencontrés sur le continent en se dotant d’une véritable la solidarité syndicale.

La réunion de Madrid intitulée “L’avenir de l'emploi industriel en Europe” a adopté un manifeste comportant onze grandes orientations politiques: 1) La relance de l'économie 2) Une gestion économique socialement et démocratiquement responsable 3) Favoriser la dimension sociale dans la politique industrielle 4) Remise à sa place du secteur financier 5) Création de nouveaux emplois de qualité 6) Soutien à l'innovation 7) Changer l’image des secteurs industriels traditionnels 8) Optimalisation des avantages sociaux et économiques des TIC 9) Répondre aux demandes de la politique industrielle 10) S’efforcer d'obtenir un approvisionnement énergétique durable, sûr et à un prix abordable 11) Faciliter les échanges commerciaux au bénéfice des travailleurs et travailleuses, et obtenir un cadre institutionnel correct.

Le manifeste de IndustriAll European Trade Union énumère des revendications syndicales à l'intention des parlements nationaux, du Parlement européen et de la Commission européenne pour la prochaine législature 2014 – 2019. Il demande en outre le maintien et le développement d'une base manufacturière forte en Europe, condition nécessaire à la croissance économique, la création d'emplois de qualité, le soutien à la transition vers une industrie écologiquement viable, et trouver des solutions aux défis sociaux majeurs auxquels les pays européens sont confrontés.

Des personnalités politiques importantes ont assisté à la réunion, parmi lesquelles Martin Schulz, président du Parlement européen, ainsi que d'autres parlementaires nationaux et européens. Le rôle de l'Union européenne a donné lieu à un débat politique intense sur la place qu'elle pourrait avoir pour formuler une stratégie de politique industrielle applicable à tous les États membres, et sur la manière de créer et de sauvegarder davantage d'emplois à une époque de changements rapides dans la technologie et d’une concurrence mondiale accrue. Les participant(e)s ont également examiné comment assurer la ‘renaissance industrielle’ de l’UE.

Une attention particulière a été portée à la situation économique actuelle et aux perspectives pour la région sud-ouest de l'Europe, ainsi qu'au rôle des syndicats. Les syndicats européens ont échangé des idées sur leurs possibilités d'obtenir le meilleur équilibre possible entre la dimension sociale et le besoin de compétitivité, et ce, avec l'implication des salariés.

Michael Vasiliadis, président de IndustriAll European Trade Union et de IG BCE d'Allemagne, a déclaré: “Nous voulons donner un signal clair avec le manifeste qui contient nos revendications légitimes sur les questions économiques et sociales en Europe”. Ulrich Eckelmann, secrétaire général, a mentionné que “IndustriAll Europe examine la façon de répondre correctement à la crise et de changer une politique économique qui est mauvaise."

“IndustriALL Global et European Trade Union expriment avec force la volonté des travailleurs et travailleuses de conserver des emplois dans l'industrie et le secteur de la fabrication, formant le noyau des économies nationales,” a déclaré Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, qui assistait à la réunion de Madrid. “Nous sommes maintenant beaucoup plus forts car notre campagne mondiale de politique industrielle durable et l'adoption du manifeste européen pour remettre l'industrie au travail se complètent parfaitement”.

“Hyundai enfreint les droits fondamentaux” selon le réseau syndical de l’entreprise

Le rapport intitulé “Unfair Play” (Un jeu déloyal) répond à une initiative du réseau syndical international de Hyundai/Kia. Pour les affiliés de IndustriALL présents dans le réseau, lesquels représentent les salariés de Hyundai, les plaintes et les problèmes au niveau local sont une chose courante dans toute l’entreprise.

Il est devenu clair au cours des dernières années que la politique de Hyundai consiste à restreindre les activités syndicales dans toute l’entreprise, d’Allemagne jusqu’en Corée et aux États-Unis. Indépendamment de la protection juridique offerte aux travailleurs et travailleuses par la législation nationale du travail de leur pays, la direction de Hyundai a utilisé de façon suivie une série de tactiques visant à réduire la possibilité de ses salariés d’exercer leur droit d’adhérer au syndicat de leur choix et de négocier collectivement.

Le rapport présenté aujourd’hui dont Carsten Hübner est l’auteur, et publié conjointement par IndustriALL et IG Metall, explique de façon détaillée la réponse syndicale au déploiement de la gestion antidémocratique de Hyundai dans le monde entier.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, affirme dans la préface du rapport:

Une coopération dans un esprit de confiance au bénéfice de l’entreprise et de ses salariés, ne sera jamais possible avec un tel manque de considération pour les droits des travailleurs et travailleuses. Il est grand temps de parvenir à un changement conceptuel chez Hyundai! L’ouverture de négociations pour un accord-cadre mondial chez Hyundai et Kia pourrait être le début d’un tel processus.

Tous les syndicats présents dans le réseau ripostent pour protéger les droits et les conditions de travail de leurs membres chez Hyundai. Le réseau syndical demande à Hyundai de négocier sérieusement avec ses partenaires sociaux et d’entreprendre un processus d’établissement de relations industrielles constructives avec les syndicats.

IG Metall présentera demain une plainte au point de contact national de l’OCDE en Allemagne. La plainte portera sur la défense de ses membres dans les activités de Hyundai à Rüsselsheim, HMETC, déjà visés lors d’une campagne de dénigrement, d’intimidation et de pressions en règle de l’entreprise pour mener des activités sans présence syndicale et sans comité d’entreprise. Ce comportement est une infraction manifeste aux principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales.

Le président de la section syndicale de IG Metall à Darmstadt, Jochen Homburg, justifie le titre du rapport “Unfair Play” (Un jeu déloyal) par ces mots:

Par son partenariat officiel avec la FIFA pour la coupe du monde de football en 2010, Hyundai est maintenant un nom très connu en Allemagne. Et Hyundai sera une nouvelle fois un important sponsor de la coupe du monde en 2014 au Brésil. Toutefois, un lien positif  entre une image de marque et un événement sportif de cette importance est uniquement possible que si la volonté de concourir s’accompagne de l’idée de loyauté, pour être également convaincante.

Les métallos du Kazakhstan se préparent à lutter pour obtenir leur 13e mois devant les tribunaux

« La société ArcelorMittal se positionne partout comme ayant une orientation sociale, mais la réalité est totalement différente. A ce stade, les propriétaires essaient de plus en plus d’économiser sur le dos des salariés. Le syndicat et les travailleurs sont en train de perdre patience, mais l’espoir de percevoir l’argent justement gagné n’en est que plus fort », peut-on lire dans l’appel lancé par le syndicat aux travailleurs d’ArcelorMittal Temirtau.

Il faut souligner que récemment, la question du versement du 13e mois est devenue l’une des plus importantes pour les travailleurs. « A mesure que le désir des salariés de percevoir l’argent qu’ils méritent grandit, plus persistent devient le refus de l’employeur », note la délégation syndicale. Les dirigeants syndicaux indiquent que les dernières négociations n’ont pas amené de résultat. Les représentants de la direction n’ont même montré aucune honte à recourir au chantage. Au début de l’année, ils ont suggéré au syndicat de faire un choix entre le 13e mois et le licenciement de 2.500 personnes ! Dès lors que ces menaces n’ont pas fonctionné, ils en sont simplement revenus à leurs tactiques dilatoires.

Le conseil d’administration insiste pour dire que l’entreprise ne dispose pas des moyens financiers pour verser le 13e mois. La direction de l’entreprise dit que les salariés n’ont pas gagné cet argent. Le syndicat des métallurgistes ZHAKTAU a proposé trois solutions au problème, mais l’entreprise n’a accepté aucune d’entre elles.

JSC ArcelorMittal Temirtau fait partie de la multinationale ArcelorMittal et est la plus grosse entreprise des secteurs minier et métallurgique du Kazakhstan. Elle comprend les usines métallurgiques et sidérurgiques de Temirtau, huit charbonnages dans la région de Karaganda  et quatre mines exploitant du minerai de fer dans les régions de Karaganda, Akmolin et Kostanay.

Récemment, le Syndicat des Mineurs et Métallurgistes de la République du Kazakhstan et le Syndicat des Mineurs de Korgau ont signé un Accord pour coordonner leurs efforts. Le grand syndicat de mineurs, comptant plus de 17.000 membres et comptant 13 années d’activités syndicales indépendantes a indiqué son intention de librement se joindre au syndicat sectoriel. Cette consolidation donnera une chance de négocier avec l’employeur et de résoudre les problèmes des travailleurs à un niveau plus élevé de l’industrie minière.

Les syndicats éthiopiens forment un Comité des femmes

Les femmes présentes chez les affiliés de IndustriALL en Éthiopie, la fédération industrielle des syndicats de travailleurs du textile, du cuir et de la confection IFTLGWTU et la fédération industrielle nationale des syndicats de l’énergie, de la chimie, du pétrole et des mines, ont décidé de créer un Comité national des femmes lors d’une réunion tenue les 19 et 20 mars 2014. Des femmes appartenant aux secteurs du textile, de la confection, des chaussures, du pétrole, des produits pharmaceutiques, du verre et de la peinture assistaient à la réunion.

Les femmes ont reçu une formation sur la manière de faciliter l’emploi de méthodes de travail avec les femmes, comme l’optimisation des vêtements (body mapping), la configuration des lieux de travail (workplace mapping) et la conciliation des temps de vie privée et de vie professionnelle (life mapping). Elles ont compris que ces méthodes peuvent servir partout sans que l’on ait recours à une technologie sophistiquée pour s’adresser aux femmes et leur expliquer la raison de l’importance d’un syndicat. Les concepts de santé des femmes et de sexualité ont été brièvement présentés. Ces questions sont notamment importantes pour renforcer l’estime de soi chez les femmes. Deux préoccupations ont été soulignées – le fait que la plupart des femmes ont un accès limité aux toilettes durant les heures de travail, et que de nombreuses femmes sont victimes d’évanouissement au travail en raison d’une surcharge de travail et/ou d’un lieu de travail trop chaud. Ces deux problèmes doivent être traités de toute urgence dans le cadre des questions syndicales.

Les thèmes portant sur la démocratie syndicale ont été abordés. Les femmes ont compris qu’elles doivent faire en sorte que les syndicats les écoutent et prennent leurs revendications avec sérieux. Il est plus facile d’atteindre ce but si les femmes forment un comité; en agissant par elles mêmes, les femmes se représentent elles mêmes, et leur nombre constitue une force.

Les femmes ont considéré leurs rêves. L’un des points communs sorti de leurs rêves est le fait que les femmes veulent aider d’autres femmes à grandir.  Et finalement les qualités permettant une direction et une gestion féminines se sont trouvées renforcées.

Les femmes ont réfléchi à la raison pour laquelle elles ont besoin d’un Comité des femmes. Elles ont décidé que le Comité doit assumer les tâches suivantes:

Les femmes estiment avoir besoin d’activités tournées vers les femmes. Cela contribuera aussi au renforcement du syndicat. Elles demandent davantage de formation sur les questions relatives à l’égalité entre femmes et hommes, et un forum permettant aux femmes d’échanger des expériences.

Le programme de travail du Comité doit inclure les points suivants:

Grève de 3.600 travailleurs du pétrole évitée en Jordanie par un remarquable accord

La convention a été signée par Khaleed Elzyood, président du Syndicat Général des Travailleurs du Pétrole et de la Chimie et la direction de la Compagnie de Raffinage de Pétrole de Jordanie, en présence du Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina et à la suite du soutien syndical international mobilisé par IndustriALL en faveur de cette action.

La nouvelle convention conclue pour deux ans apporte, en sus des 30% d’augmentation salariale pour tous les salariés, une amélioration des prestations de retraite ainsi que des services médicaux et de santé pour tous les travailleurs et leurs familles y compris les retraités.

Les ministres du travail et de l’énergie, ainsi que des parlementaires intéressés à la question ont également été observateurs lors de la signature de la convention. Clairement, le gouvernement jordanien est intervenu pour garantir l’issue positive de ce conflit du travail.

Le Syndicat Général des Travailleurs du Pétrole et de la Chimie de Jordanie avait passé plusieurs semaines à tenter d’obtenir du gouvernement la satisfaction des revendications avancées par ces travailleurs qui représentent la totalité de la main d’œuvre de l’unique raffinerie de pétrole de Jordanie.

S’exprimant depuis la cérémonie de signature, le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina a déclaré :

Une fois encore, un authentique dialogue social, soutenu par la solidarité internationale, débouche sur une solution positive pour toutes les parties concernées. Nous nous réjouissons de cette victoire syndicale de notre affilié jordanien et nous espérons avoir l’occasion d’en célébrer bien d’autres dans cette région, dont IndustriALL fait une priorité.

Les syndicats de la région MENA renforcent leur puissance en améliorant leur coopération

Plus de 70 responsables syndicaux de 17 pays ont assisté à la conférence régionale de IndustriALL des pays MENA, tenue les 24-25 mars 2014 à Amman, avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert (FES). Les hôtes ont accueilli les syndicats affiliés de la région, venus de pays tels que la Tunisie, le Maroc, l’Égypte, la Jordanie, l’Irak, le Liban, la Palestine, Kuwait et le Yémen. Des affiliés potentiels de Bahreïn, de Somalie et d’Égypte, ainsi que des syndicats partenaires d'Espagne, de France, d'Allemagne, de Norvège et de Turquie, étaient également présents.

Les discussions ont porté sur les changements politiques fondamentaux qui ont actuellement lieu dans la région et sur les objectifs et les stratégies-clés de IndustriALL Global Union jusqu'au Congrès de 2016, approuvés en décembre par le Comité exécutif.

Les délégué(e)s ont évalué les actions entreprises depuis la conférence régionale de mars 2013 et considéré la façon de renforcer la puissance syndicale pour s’opposer au capital mondial dans la région. Une attention particulière a été portée à des campagnes actives en Égypte et en Irak.

Les libertés et les droits syndicaux, portant notamment sur l'égalité, ont fait l'objet d'un vaste débat. Les délégué(e)s ont convenu de travailler activement sur les questions relatives à l'égalité femme-homme avec la création d'un réseau de femmes dans la région. Beaucoup d’intervenants ont exprimé leurs préoccupations face aux problèmes liés aux migrations, tels que les problèmes de sécurité dans des pays comme la Syrie et l'Irak où les habitants sont forcés d'aller dans d'autres pays pour trouver de véritables emplois. La Jordanie a environ 2 millions de migrants dont 1,2 million venus de Syrie, 500.000 d’Égypte et 200.000 d’Iraq. Un nombre important de migrants sont employés dans les industries du textile et de la confection.

Des expériences ont été comparées au cours de la conférence pour l'établissement de structures syndicales fortes, démocratiques et durables, qui sont le moteur de toute société démocratique. Les principaux obstacles à des économies et des industries viables relèvent de l'augmentation de la population, du chômage massif notamment chez les jeunes, des inégalités entre femmes et hommes, d'un manque de formation, de soins de santé et de services publics, et de structures économiques ne répondant pas aux besoins.

Les participant(e)s se sont réjouis de l'initiative mondiale de IndustriALL pour une politique industrielle viable. Les secteurs du textile, de la confection et du pétrole ont été identifiés comme devant être ciblés pour parvenir à renforcer la capacité syndicale et la protection sociale, notamment pour garantir des emplois décents et un salaire minimum vital.

Les réseaux syndicaux et les accords-cadres mondiaux ont été reconnus comme étant des outils importants pour l'établissement d’une solidarité. Les syndicats de la région MENA doivent être appelés à faciliter la syndicalisation et la négociation collective.

À la fin de la conférence, les délégué(e)s ont examiné des priorités et des actions dans la région, et approuvé un plan d’avenir.

Le secrétaire général, Jyrki Raina, a déclaré :

IndustriALL Global Union est enthousiasmé de l'élargissement de sa famille dans la région MENA et dans de nouveaux pays comme la Libye et la Somalie. Nos actions et nos campagnes aideront nos affiliés à se renforcer.

Les grévistes disent ‘Non’ à l'offre lamentable de Crown au Canada

Le 24 mars, les membres de la section 9176 du syndicat USW, affilié à IndustriALL Global Union, ont voté par 117 voix contre une, contre l'offre présentée par Crown Holdings Inc, l’une des plus grosses entreprises au monde d’emballages métalliques pour des boissons et des produits alimentaires dans 149 pays. Selon la législation de l’Ontario, les grévistes avaient l'obligation de procéder un vote sur l’offre contractuelle de Crown.

Durant les négociations pour une nouvelle convention collective en octobre 2013, l'entreprise avait décidé avec arrogance d'imposer des conditions inacceptables aux travailleurs et travailleuses dans son usine de l’Ontario. Les travailleurs et travailleuses n'avaient pas d'autre possibilité que de faire grève contre la détérioration proposée de leurs conditions.

L'entreprise a rejeté jusqu’à présent toute possibilité d’aboutir à une solution juste du conflit, tout en essayant, dans le même temps, de faire appel à la législation locale dans l’idée de forcer les travailleurs et travailleuses à approuver des conditions encore pires que celles proposées à l'origine, en prenant part à un vote le 24 mars.

Le comportement de l'entreprise n'est en rien différent dans les autres parties du monde. Mais récemment, la filiale turque de Crown Holdings, Crown Bevcan, a mis à pied quatre dirigeants syndicaux sous de fausses accusations dénuées de fondement, alors que la véritable raison est d’avoir assuré la syndicalisation de l'usine de l'entreprise située à Izmit, Turquie.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL, a déclaré que “IndustriALL salue le courage et la solidarité des travailleurs et travailleuses de Crown, qui méritent un traitement équitable après avoir permis à l'entreprise de réaliser des bénéfices pendant des années. Nos félicitations aux travailleurs et travailleuses de Crown pour cette Victoire ; ensemble nous ne seront jamais battus.” 

Des syndiqués entament une grève de la faim en Biélorussie

Mikhail Kovalkov, président du syndicat SPB et dirigeant de la section locale de BZTDiA, mène cette grève aux grilles de l’usine en réaction à l’attitude de la direction de l’entreprise qui ne tient pas sa promesse donnée il y a deux mois de démarrer des négociations collectives. Le leader syndicaliste se voit refuser l’accès à l’enceinte de l’entreprise. Selon lui, quatre autres travailleurs suivent depuis le 25 mars la grève de la faim sur leur poste de travail. Le 26 mars, seconde journée de la grève de la faim, trois autres personnes les ont rejoints, dont deux collègues licenciés pour leur appartenance au syndicat SPB.

La discrimination envers les syndiqués persiste dans l’entreprise. « Les membres du Syndicat Libre de Biélorussie ne perçoivent aucune allocation de santé durant leurs congés ni de pension à l'âge de la retraite, et ce bien que les membres du syndicat officiel, le Syndicat Biélorusse des Travailleurs de l’Automobile et des Engins Agricoles en bénéficient », indique Kovalkov. Les contrats de travail des membres du SPB ne sont pas renouvelés. La section locale du syndicat est progressivement démolie. Au stade actuel, environ 130 ouvriers de l’usine sont membres du SPB.

En janvier, le dirigeant syndicaliste a exigé de la direction qu’elle arrête de persécuter et de renvoyer des militants syndicaux et qu’elle commence à négocier avec la section locale du SPB. A la suite de cela, l’entreprise a d’abord exigé que cette section se ré-enregistre officiellement parce que la compagnie avait changé de statut. Mais les syndicalistes n’ont pas pu obtenir le ré-enregistrement de leur section parce qu’ils avaient besoin d’une adresse officielle que la direction refuse de leur donner.

« La direction a promis à de nombreuses reprises que tous les problèmes syndicaux seraient réglés, mais elle n’a jamais tenu ses promesses. Nous n’avions pas le choix », a expliqué Kovalkov à propos de sa décision de partir en grève de la faim.

Le président de la section locale espère que la direction va prendre sa décision pendant cette grève de la faim de trois jours de la part des travailleurs. « Si la direction refuse de coopérer, nous avons l’intention de mener une action plus significative en avril », a déclaré le leader syndical.

Les mineurs géorgiens victorieux après une longue grève

Le 25 mars, environ 3.000 travailleurs et travailleuses de RMG Gold et RMG Copper, des compagnies minières situées à Kazreti, une ville du district de Bolnisi en Géorgie ont mis fin à leur grève illimitée entamée le 14 février.

Après des négociations entre le TUMMCIWG (Syndicat des Travailleurs des Industries Métallurgiques, Minières et Chimiques de Géorgie), un affilié d’IndustriALL, et la direction il a été conclu que les 80 salariés licenciés en janvier-février seraient réintégrés le 25 mars et que d’autres, si la situation économique le permet, seraient de retour au travail dans les deux mois qui viennent ou recevraient des indemnités de rupture.

De nouvelles polices d’assurance santé devraient être conclues en faveur de chaque travailleur et le TUMMCIWG et la direction vont signer une convention collective.

Une hausse des salaires a également été convenue. Dans chacune des entreprises, le salaire des travailleurs les moins bien payés, gagnant l’équivalent de 90 à 170 $ par mois, sera augmenté d’au moins 15 % d’ici à mars-avril, de sorte à supprimer les disparités salariales entre les travailleurs occupés à des fonctions équivalentes. Une approche similaire sera appliquée aux travailleurs occupant des fonctions équivalentes dans les deux entreprises à partir de l’automne 2014, de sorte à faire disparaître les disparités salariales entre les deux entreprises.

IndustriALL Global Union félicite son affilié le TUMMCIWG ainsi que tous les travailleurs de RMG Gold et RMG Copper pour cette victoire et attend de leur direction qu’elle remplisse pleinement les engagements qu’elle a pris.

Les conflits de travail s’amplifient à la filiale de Glencore Xstrata

Le 24 mars, les travailleurs et travailleuses de l’entreprise Antapaccay, une filiale de Glencore Xstrata, ont entrepris un arrêt de travail de deux jours pour protester contre l’absence, en dépit de l’obligation légale qui en est faite, du versement de leur participation aux bénéfices, le recours aux contrats à durée déterminée et le licenciement abusif de salariés pour avoir formé un syndicat du personnel technique et administratif.

La compagnie minière Antapaccay a attiré une première fois l’attention d’IndustriALL Global Union en décembre de l’année dernière, lors de tentatives éhontées de casser le syndicat de cols blancs nouvellement constitué.

Les syndicats du site disent que le climat positif de relations sociales qui avait prévalu dans l’entreprise pendant dix-huit ans sous la direction de différents propriétaires, avait brutalement viré à la tempête lorsque Glencore Xstrata a acquis l’entreprise il y a moins d’un an et demi de cela. Depuis lors, Glencore Xstrata a fermé plusieurs sites syndiqués et a étendu le recours aux emplois précaires et aux pratiques de travail injustes.

L’action collective chez Antappacy est menée conjointement par les deux syndicats du site, le Sindicato Unico de Trabajadores de Xstrata Tintaya Antapaccay et le Sindicato Unificado de Trabajadores de Xstrata Tintaya Antappacy. Elle est soutenue par le Sindicato de Trabajadores Funcionarios de la Compañia Minera Antapaccay, dont les dirigeants réclament actuellement leur réintégration. L’affilié d’IndustriAll, la Federación Minera, soutien activement l’action.