Victoire durement acquise pour les travailleurs de Vidriera del Potosí au Mexique

Le syndicat indépendant Sindicato Único de Trabajadores de la Empresa Industria Vidriera del Potosí (SUTEIVP), avec le ferme soutien de ses membres (environ 850), a obtenu 19% de hausse salariale en 2007, plus que quiconque depuis longtemps dans la région. La réplique des entreprises situées dans la zone industrielle de San Luis Potosí ne s’est pas fait attendre. Elles ont estimé qu’elles ne pouvaient pas tolérer ce précédent inacceptable dans les relations sociales, qui montrait qu’un syndicat indépendant fondé par les travailleurs eux-mêmes pouvait fournir une alternative au syndicalisme “officiel”.

« Vidriera del Potosí a commencé à licencier ses travailleurs il y a six ans, trois mois et neuf jours, en représailles contre leur décision de quitter le CTM et de former un syndicat indépendant capable d’obtenir des améliorations substantielles en matière de salaires, d’avantages divers et de conditions de travail au sein de cette entreprise de fabrication de bouteilles, qui fournit la marque à l’exportation Corona Extra » indique Francisco Retama, le conseiller politique du SUTEIVP.

Les syndicalistes licenciés, avec le soutien inestimable de leurs conjoints et de leurs familles, ont maintenu fermement leur position, à savoir continuer le combat sous le slogan « pas de retour en arrière » et ont fait connaître leur combat. Ils ont reçu un large soutien et une solidarité à l’intérieur du Mexique ainsi qu’à l’international.

La réintégration des membres du SUTEIVP qui font de la résistance est une revendication récurrente de la campagne des Journées d’Action pour le Mexique menées par IndustriALL, les syndicats démocratiques mexicaines et la Trinational Solidarity Alliance pour défendre le droit du travail et les droits syndicaux en faveur des travailleurs mexicains. Une plainte concernant cette affaire a également été soumise au Comité de la liberté syndicale de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) qui, il y a trois ans, a ordonné aux autorités de résoudre ce problème “dans un avenir rapproché”.

En plus d’ordonner la réintégration des membres du syndicat indépendant, le Conseil de Conciliation et d’Arbitrage « a ordonné à l’entreprise défenderesse INDUSTRIA VIDRIERA DEL POTOSÍ, S. A. DE C. V. de réintégrer les travailleurs à leur poste et aux mêmes conditions d’emploi que celles en vigueur lors de leur licenciement et de leur payer une somme correspondant aux salaires non-payés, » qui vont continuer à s’accumuler « jusqu’à ce qu’ils soient réintégrés en accord avec cette ordonnance. »

C’est maintenant une tâche de la responsabilité des administrateurs de Grupo Modelo qui ont été désignés après le rachat de l’entreprise brassicole par le consortium belgo-brésilien AB-Inbev. Celui-ci doit verser les salaires dus aux travailleurs licenciés ainsi que les autres prestations prévues par la loi et qui continueront à s’accumuler jusqu’à ce que les travailleurs soient réintégrés aux postes qui étaient les leurs lors de leur licenciement.

IndustriALL salue cette victoire majeure de son affilié SUTEIVP, obtenue à l’issue d’une âpre bataille et d’une résistance exemplaire. Nous espérons que l’entreprise se conformera à l’ordonnance et nous réitérons notre soutien en faveur de la réintégration des travailleurs licenciés.

Une campagne internationale permet de faire libérer deux travailleurs du pétrole kazakhs de plus

Le 10 décembre 2013, la campagne “Libérez les travailleurs du pétrole emprisonnés au Kazakhstan” a été lancée et a attiré une forte attention auprès de la communauté internationale. La campagne a bénéficié du soutien de la Confédération des Syndicats libres du Kazakhstan (KSPK), de l’aide d’IndustriALL Global Union, de LabourStart, le réseau international de solidarité syndicale en ligne, de la Confédération du Travail de Russie (KTR), de l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA) et l’Association des Droits de l’Homme en Asie centrale, ainsi que des syndicats indépendants d’Ukraine, de Biélorussie et de Géorgie.

En mai 2011, des milliers de travailleurs de l’entreprise pétrolière KazMunaiGaz (anciennement Kazakhoil) sont partis en grève. En raison de l’apathie des autorités, qui s’apparentait à soutenir l’escalade dans l’attitude agressive de l’entreprise pétrolière, le conflit de travail a débouché sur des heurts sanglants à Zhanaozen. Leurs conséquences furent terribles : 17 personnes ont été tuées et plus de 100 blessées. Les procédures judiciaires qui ont suivi, orchestrées par les autorités kazakhes en mars 2012 ont abouti à condamner 37 personnes à différentes mesures d’emprisonnement et autres mesures punitives.

Certains changements positifs ont été notés depuis lors, cependant, la situation générale en rapport avec les droits syndicaux a empiré au Kazakhstan.

En 2013, un nouveau syndicat national des travailleurs du secteur pétrolier de la République du Kazakhstan a été créé. C’était une bonne idée en soi, car depuis de nombreuses années, les travailleurs du secteur pétrolier étaient divisés et, au mieux, rassemblaient leurs forces uniquement au niveau des entreprises individuelles. Mais dans ce cas particulier, le mouvement syndical international a été choqué par le fait que le président de ce syndicat nouvellement créé soit Sultan Kaliev, ancien directeur adjoint de l’entreprise KazMunaiGaz.

IndustriALL Global Union est préoccupée par une situation dans laquelle le plus haut responsable du syndicat du secteur soit de facto la partie adverse des travailleurs lors du conflit de 2011 à Zhanaozen. Ce fait a déjà été souvent évoqué lorsque qu’il est question du contrôle du nouveau syndicat par l’entreprise KazMunaiGaz et le gouvernement du Kazakhstan.

L’arrivée de Kaliev en capacité de président a coïncidé avec la présentation au Parlement d’un projet de loi “sur les syndicats” et l’adoption en première lecture d’un nouveau projet de Code Pénal, limitant sérieusement les activités des syndicats qui protégeraient réellement les droits des travailleurs. Le projet de loi “sur les syndicats”, en cas d’adoption, signifierait un renforcement d’un syndicalisme vertical qui, en l’absence de procédures démocratiques va conduire à la démotivation de la base. De plus, la nouvelle législation offre aussi des possibilités pour la fragmentation du mouvement syndical et la création de syndicats limités à une seule usine.

Quatre morts dans la démolition des navires au Bangladesh

D'après les renseignements fournis par le Conseil de IndustriALL des syndicats du Bangladesh, la direction de l'usine a fermé les portes après l'accident. Des membres de la communauté locale qui s’étaient rassemblés devant l'entrée ont dû casser le portail pour porter secours aux travailleurs blessés et les transporter à l'hôpital.

L'employeur a déclaré par la suite que les blessés n'étaient pas des salariés de l'usine, mais qu'ils avaient été embauchés par une entreprise extérieure de câblage électrique chargée de récupérer les câbles électriques du navire échoué un mois plus tôt pour être démantelé. L'employeur a également déclaré que les travailleurs étaient équipés de matériels de protection, mais qu'ils ne les avaient pas utilisés.

Selon plusieurs rapports publiés de janvier 2008 à juin 2013, il y a eu 78 décès et 119 blessés dans le secteur de la démolition des navires au Bangladesh. Toutefois, aucune donnée officielle sur la santé et la sécurité au travail n’est publiée. La fondation sur la santé et la sécurité au travail et sur l'environnement au Bangladesh (OSHE) estime que les chiffres réels pourraient être jusqu'à 20 fois plus élevées.

Kan Matsuzaki, directeur du secteur de IndustriALL Global Union sur la construction navale et la démolition des navires, qui a étudié la situation de la main-d’œuvre employée à la démolition des navires en Asie du Sud déclare: 

“Nous déplorons les victimes de ce terrible accident et en portons le deuil aux côtés des familles et des amis des personnes décédées. Nos affiliés ont déployé beaucoup d'efforts pour syndiquer la main-d’œuvre dans la démolition des navires au Bangladesh, pour protéger la vie de ces travailleurs employés dans des conditions dangereuses pour leur santé et leur sécurité. Cependant, les patrons répriment les activités syndicales. Le gouvernement doit prendre immédiatement l'initiative d'un dialogue tripartite et de négociations sur des mesures pratiques visant à protéger les vies humaines sur les chantiers, ainsi que sur les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses.”

Obtenir unité et puissance en Thaïlande

Une majorité des 800 salariés de l'usine Michelin en Thaïlande se sont mis en grève il y a plus d'un mois quand la direction de l'entreprise a tenté d'imposer une convention collective fixe de trois ans contre les revendications syndicales portant sur une négociation annuelle de rajustement des primes et des hausses salariales.

Les salariés, représentés par TAW/TEAM affilié à IndustriALL Global Union, ont quitté la réunion en signe de protestation pour se rassembler à l’entrée de l'entreprise. Cependant, à la suite de plusieurs tentatives d'intimidation, notamment des coups de feu tirés contre leurs voitures, les manifestant(e)s ont jugé qu'il était moins dangereux d'occuper l'entrée du ministère du Travail à Bangkok.

Le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Fernando Lopes, et la direction de la confédération du travail de IndustriALL en Thaïlande (CILT) nouvellement formée, ont rencontré le comité syndical et se sont adressés aux grévistes très jeunes en majorité dont un grand nombre de femmes. Les travailleurs et travailleuses ont écouté les messages de solidarité et de soutien du monde entier, ainsi qu'un encouragement à leur lutte pour l'amélioration de leurs conditions de travail.

Projet de création de syndicat de IndustriALL

La réunion a coïncidé avec un atelier de deux jours sur la création de syndicats, organisé par la CILT à Bangkok.  Des actions antisyndicales ont lieu quotidiennement en Thaïlande, en toute impunité et sans être signalées dans la presse. Les affiliés de IndustriALL ont confirmé leur engagement à travailler ensemble pour améliorer leur communication et leurs compétences pour les campagnes, à renforcer leur capacité à syndiquer et éduquer les travailleurs et travailleuses sur leurs droits, et à “syndiquer, syndiquer, syndiquer”.

L'une des campagnes visant à rassembler les syndicats industriels en Thaïlande concerne leur revendication pour la ratification par le gouvernement des conventions 87 et 98 de l’OIT.

Yongyuth, secrétaire général de TEAM, a donné plusieurs exemples dans les industries de la confection, de l'électronique et de l'automobile, où moins de 50 pour cent des travailleurs et travailleuses sont employés avec des contrats permanents, et sont brutalement harcelés par les employeurs quand ils/elles cherchent à se syndiquer:

La liberté syndicale existe pas en Thaïlande, et surtout pas dans l'industrie de la confection qui est considérée comme une “économie spéciale”, où la main-d’œuvre travaille dans des conditions proches de l'esclavage, doit faire preuve de respect et de gratitude pour l’employeur, sans pouvoir adhérer à un syndicat.

La CILT œuvre pour modifier l'image de marque et la réalité de la Thaïlande, où le coût du travail est maintenu bas et la main-d’œuvre docile, et pour donner de la puissance à la négociation des travailleurs et travailleuses dans l'industrie et obtenir des conditions générales de travail décentes.

Les enseignes de la confection font faux bond aux survivants de Rana Plaza

IndustriALL et UNI ainsi que la Campagne Clean Clothes, un important réseau défendant les droits des travailleurs, ont exigé ce jour que toutes les enseignes associées au drame de Rana Plaza versent leur part et s’assurent ainsi que les survivants et les familles de victimes reçoivent le soutien dont elles ont tant besoin avant la date anniversaire du 24 avril.

Le Fonds fiduciaire des donateurs, qui permet de coordonner de manière centralisée les demandes d’interventions et la distribution de l’argent, a besoin de contributions à hauteur de 40 millions de dollars pour assurer que les familles des 1.138 victimes et les plus de 2.000 survivants perçoivent des versements tant nécessaires pour compenser leurs pertes de revenus et frais médicaux.

A ce jour, à peine la moitié des entreprises liées à un des ateliers du funeste bâtiment ont pris des engagements et le fonds ne dispose que d’un tiers des moyens nécessaires.

« A ce stade, 15 enseignes, dont Benetton, Matalan, Adler Modemarkte et Auchan, n’ont même pas fait un premier versement au Fonds fiduciaire des donateurs, » indique Phillip Jennings d’UNI Global Union, « nous les appelons toutes à faire immédiatement un versement significatif au Fonds fiduciaire des donateurs, le seul programme d’indemnisation pour les victimes de Rana Plaza ouvert à tous, transparent et reconnu par l’OIT. »

Les enseignes qui ont versé des fonds n’ont pas toutes indiqué publiquement combien elles avaient donné, cependant on peut dire que typiquement il s’agissait de sommes comprises entre 500.000 et 1.000.000 de dollars.

Ineke Zeldenrust, de la Campagne Clean Clothes précise : “Les 29 enseignes qui se fournissaient au départ de Rana Plaza au moment de l’effondrement ou juste avant ont des bénéfices combinés de plus de 22 milliards de dollars par an et il leur est demandé de verser moins de 0,2% de ces bénéfices pour apporter une compensation à des gens qui sont à l’origine de ces bénéfices. Le Fonds fiduciaire des donateurs est ouvert depuis maintenant deux mois et on est toujours très loin des 40 millions de dollars nécessaires. L’arrangement a pourtant tout ce qu’il faut : la liste des donateurs comprend certains des plus grand noms, à la fois d’Europe et des Etats-Unis, mais ils ne contribuent qu’à un niveau scandaleusement bas par rapport à ce qu’ils peuvent se permettre.

Il est clair qu’avec seulement deux semaines devant nous et plus des deux tiers de l’argent toujours manquant, même les marques qui ont déjà contribué doivent faire un nouvel effort pour amener leurs contributions à un niveau plus substantiel.

Seul Primark a contribué à un niveau plus significatif, ayant versé directement sous les auspices du programme un million de dollars au Fonds et des sommes directes aux travailleurs et travailleuses de New Wave Bottoms, l’usine qui les fournissait, pour amener leur contribution à un montant se situant juste en dessous des 7 millions de dollars.

Le mécanisme présidé par l’OIT en vertu duquel le Fonds fiduciaire des donateurs fonctionne a déjà commencé à enregistrer les demandes d’indemnisation. Jyrki Raina, au nom d’IndustriALL Global Union déclare : « Les besoins des travailleurs et travailleurs qui ont survécu à cette catastrophe et des familles de ceux et celles qui y ont péris sont pressants. L’année écoulée les a vus avoir à faire face à des frais médicaux, à l’absence de revenus et à l’horreur de vivre avec le souvenir de cette journée. Les enseignes peuvent démontrer qu’elles peuvent se trouver du côté de la solution, mais seulement si elles versent leur contribution. Lorsque dans deux semaines, le monde nous demandera ce que nous avons fait en réponse à la catastrophe de Rana Plaza d’il y a un an, veulent-elles avoir à avouer qu’elles ont fait faux bond aux victimes ? »

Alors que le compte à rebours du 24 avril s’enclenche, des actions sont prévues de la part de syndicats et d’ONG en Asie, Europe et Amérique du Nord en collaboration avec les organismes International Labor Rights Forum (ILRF), United Students Against Sweatshops (USAS) et Maquila Solidarity Network (MSN). 

Le leader syndical coréen Kim Jungwoo est libre

Kim Jungwoo était un des dirigeants de la section de Ssangyong Motor du Syndicat des travailleurs coréens de la métallurgie, affilié à IndustriALL Global Union. Il était en détention depuis juin 2013, après avoir protesté pour la réintégration des travailleurs licenciés par Ssangyong Motor en juin 2009 et à la mémoire des 24 travailleurs et membres de leurs familles qui se sont tués ou sont décédés de troubles liés au stress pendant la campagne. On aurait pu craindre que sa peine soit alourdie par la Haute Cour de Séoul.

Aux termes de la loi 314 du code pénal de Corée du Sud, les employeurs peuvent imposer aux syndicats et à leurs dirigeants de fortes amendes pouvant aller jusqu'à la saisie de leurs avoirs pour "obstruction à l'activité des entreprises". À titre d'exemple, le total des sommes réclamées à la centrale nationale KCTU s'élève à quelque 122 millions $. L'arrêt de la cour de district impose aux travailleurs de Ssangyong de verser 1,28 million $ à la police à titre d'indemnisation et 3,1 millions $ à l'entreprise pour le préjudice subi pendant qu'ils étaient en grève.

En 2009, la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie, une des trois organisations qui ont fondé IndustriALL Global Union, avait dénoncé la brutalité de la réaction du gouvernement coréen à un conflit du travail légitime, lorsque des membres de Ssangyong Motor s'étaient mis en grève pour protester contre les licenciements en masse ordonnés par la direction sans en avertir le syndicat, contrevenant ainsi à la convention collective en vigueur.

La grève avec occupation des locaux qui avait démarré en mai 2009 a été brutalement interrompue après 77 jours par la pulvérisation d'agents chimiques corrosifs sur les grévistes depuis des hélicoptères, des agressions violentes avec des pistolets à impulsion électrique Taser mettant des vies en danger et occasionnant de graves blessures. Comme si cela ne suffisait pas, les grévistes étaient empêchés de satisfaire leurs besoins élémentaires, privés d'accès à la nourriture, à l'eau et même à des soins médicaux élémentaires pour les blessés. 

L'actuel Président de la République de Corée du Sud avait promis, il y a plus d'un an, l'ouverture d'une enquête parlementaire sur les licenciements collectifs de Ssangyong Motor; une promesse qui ne s'est, hélas, toujours pas concrétisée.

Les syndiqués Unite de Babcock approuvent la nouvelle convention

Unite a annoncé les résultats du vote le 3 avril, le lendemain du scrutin. La vaste majorité des travailleurs et travailleuses de Faslane et de Coulport employés par Babcock Marine on the Clyde a approuvé une offre d’augmentation, considérablement améliorée, de 2,7%.

Ce conflit impliquant plus de 800 membres de Unite employés à différentes fonctions allant de l’hôtellerie et la restauration à la manipulation d’armes nucléaires, a débuté après que la direction de Babcock a failli à présenter une offre raisonnable aux salariés.

Babcock avait d’abord proposé 1% de hausse en se retranchant derrière l’impossibilité de faire mieux en raison des contrats signés avec le Ministère de la Défense.

Cette offre n’était pas suffisante pour les membres et la première action de grève en 42 ans s’est déclenchée.

Celle-ci consistait en une grève de deux heures de tout le personnel, suivie d’un roulement d’une heure de grève sur l’ensemble des sites toutes les 24 heures, le tout assorti d’un boycott des heures supplémentaires et d’une grève du zèle.

Le délégué principal de Backcock Marine Derek Torrie a déclaré ; « En plus de rendre hommage à l’extraordinaire solidarité de nos membres de Faslane et Coulport, qui a conduit Babcock a faire une meilleure offre maintenant acceptée, je dois également un merci tout particulier pour tous les messages de soutien et propositions d’aide des régionales, sections et membres individuels de Unite.

En plus du soutien manifesté au Royaume-Uni, des messages nous sont parvenus des Etats-Unis, du Brésil, d’Afrique du Sud et de Finlande, qui nous ont réconfortés et ont contribué à maintenir et renforcer le moral des grévistes.

Ensemble, nous avons réussi à faire réellement la démonstration que l’unité est notre vraie force. »

Un rapport cinglant de CCC nomme et fait honte aux marques pour leur inaction sur les salaires

Des travaux de recherche compilés portant sur une période de neuf mois ont été utilisés pour déterminer le profil de 50 grandes marques européennes. Le rapport n’a pas réussi à attribuer la notation “verte” à l’une de ces marques, ce qui signifie qu’aucune entreprise n’a été trouvée comme accomplissant un travail suffisant pour assurer un salaire permettant de vivre avec dignité à ces travailleuses et travailleurs produisant des vêtements pour ces marques.

Les quatre marques identifiées comme ayant entamé un travail innovant pour assurer dans la réalité un salaire vital sont Inditex, Marks & Spencer, Switcher et Tchibo. 

Pour télécharger la version intégrale du Tailored Wages report, taper ici.

La coordinatrice du rapport, Anna McMullen, a déclaré:

Une évaluation par couleurs a été décidée pour montrer les progrès réalisés dans chaque entreprise pour un salaire vital. Cette évaluation a tenu compte de diverses zones de travail, qui à notre avis sont importantes pour atteindre l’objectif du salaire vital: responsabilisation des travailleuses et travailleurs, engagement et pratique, démarche concertée et stratégie menant à un salaire vital.

L’organisation CCC déclare:

"Nous avons eu le plaisir de constater quelques cas où un travail intéressant a été engagé à l’initiative des marques qui ont procédé à des augmentations de salaire réel que les travailleuses et travailleurs ont pu empocher.

Cependant, nous avons été désappointés d’une manière générale en constatant que le progrès en était encore à un stade d’essai, et que le travail visant actuellement une augmentation des salaires était encore un fait rare. Très peu de grossistes et détaillants ont tenté réellement d’inclure le salaire vital dans leurs activités commerciales."

L’ITUWA se prépare à lutter pour chaque emploi

L’entreprise n’a pas tenu de consultations préalables avec les syndicats et a donné comme raison aux licenciements annoncés les sérieuses évolutions de la situation économique en Russie. Le Syndicat Interrégional Russe "Association des Travailleurs" (ITUWA), un affilié d’IndustriALL, a l’intention de contrer ces mesures.

En plus de réduire la main d’œuvre d’un tiers à l’usine en coentreprise de Ford Sollers à  Vsevolojsk, l’entreprise a annoncé un plan visant à stopper complètement la production pendant deux mois à partir du 7 avril. Après septembre, le travail ne serait plus organisé qu’en un seul poste.

L’entreprise prétend que ces mesures drastiques sont imposées par les sérieux changements qui affectent l’économie russe à la suite de la dévaluation du Rouble et du déclin considérable de la demande de voitures du segment intermédiaire. Selon l’entreprise, une réduction de personnel est nécessaire pour permettre son évolution active dans les conditions actuelles.

L’entreprise a déjà fait des déclarations concernant le lancement d’un « programme de départs volontaires », qui offrirait aux travailleurs la possibilité de quitter leur emploi de commun accord. Ceux qui choisiraient de partir dans les conditions de ce programme recevraient 5 mois de salaire en compensation.

Igor Temchenko, délégué principal de l’usine Ford, a indiqué qu’il n’y avait eu aucune réunion préliminaire avec des représentants de l’ITUWA. Le conseil d’administration a informé les travailleurs des licenciements prévus par le biais d’un communiqué de presse repris par les médias. Les travailleurs n’en ont été notifiés que le jour suivant. « Le syndicat ITUWA va certainement contrer ces mesures. Nous somme d’avis que la direction de notre usine tente de reporter sur les travailleurs le poids de sa propre responsabilité par rapport à de mauvais calculs des départements du marketing et de la planification. Nous allons nous battre pour sauvegarder les emplois ou pour une compensation décente en faveur de ceux qui partiront », a déclaré Temchenko.

Le président du syndicat ITUWA, Alexey Etmanov, a exprimé son soutien aux revendications des travailleurs et a dit à l’entreprise : «Pour comprendre ce que les travailleurs peuvent faire, il suffit de regarder vers la Belgique ou le Brésil, où l’on a également voulu fermer des usines Ford. A la suite des grèves et des manifestations, les travailleurs sont parvenus à obtenir des compensations financières relativement favorables en Belgique alors qu’au Brésil, ils sont même parvenus à maintenir le site de production. Nous ne laisserons pas tomber et nous lutterons pour chaque poste de travail. Nous exigerons de bonnes indemnités compensatoires, qui en Russie permettent de joindre les deux bouts pendant la recherche d’un autre job. De 10 à 20 salaires, voilà ce dont nous voulons parler ».

Les autres constructeurs automobiles diminuent aussi leur production en Russie. Des informations récentes indiquent que Nissan a fait passer son usine de Saint-Pétersbourg d’un régime de trois postes de travail à un système à deux postes à partir du 1er avril.

Volkswagen prévoit de diminuer en 2014 la production de son usine de Kaluga de 15.000 véhicules, sur une production annuelle de 135.000, a indiqué le président régional de l’ITUWA Dmitri Trudovoi. 

Georg Fischer fait constamment fi des droits syndicaux en Turquie

Lastik-Is, le Syndicat du Pétrole, de la Chimie et du Caoutchouc de Turquie, membre de la confédération DISK et d’IndustriALL a lancé une campagne de syndicalisation sur le site de production de l’entreprise, appelée en Turquie Georg Fischer Hakan Plastik, il y a quelques mois.

Fondée en 1802 en Suisse, cette multinationale opère dans 32 pays, au sein de 124 entreprises dont 48 sont des usines de production dans les segments de la tuyauterie, de l’automobile et de la construction mécanique.

La réaction de Georg Fischer face à la syndicalisation a été rude et à ce stade, 37 membres de Lastik-Is ont été licenciés par la direction locale. La simple raison en est le droit légitime et fondamental de liberté d’association exercé par ces travailleurs et garanti par des Conventions de l’Organisation Internationale du Travail aussi bien que par la Constitution turque et la législation nationale relative aux syndicats.

De plus, au lieu de mettre en place des relations sociales paisibles dans ses ateliers, la direction de Georg Fischer persiste à recourir à l’intimidation et à la pression sur les syndiqués pour leur faire abandonner leur affiliation à Lastik-Is. C’est en particulier le cas lors de réunions en tête-à-tête que mènent des cadres intermédiaires avec tous les syndiqués.

Entretemps, le Ministère turc du Travail et de la Sécurité sociale a transmis une certification officielle à toutes les parties concernées qui confirme que Lastik-Is dispose d’une majorité suffisante auprès de la main d’œuvre de l’entreprise pour pourvoir négocier en son nom. Cependant, Georg Fischer maintient son attitude anti-syndicale en refusant toute réunion à niveau national ou international.

Bien qu’IndustriALL Global Union et son affilié suisse UNIA aient à plusieurs reprises entamé le dialogue avec les directions centrale et locale  de l’entreprise, la réponse reste négative.

Par ses actes posés en Turquie, Georg Fischer viole des dispositions précises du Code de Relations collectives de Travail ainsi que du Code pénal turcs. L’entreprise transgresse également les Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales qui reconnaissent explicitement le droit pour tous les salariés d’être ou de devenir membre d’un syndicat et de participer à des négociations collectives.

« Ce que Georg Fischer fait en Turquie est complètement inacceptable, » déclare Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union. « Si la situation en Turquie reste sans solution, nous allons, ensemble avec notre affilié suisse UNIA et d’autres organisations membres, aller à l’escalade dans notre campagne de soutien envers Lastik-Is et les syndiqués de Hakan Plastik.