Dire à AB InBev de respecter la décision de réintégrer des travailleurs mis à pied au Mexique

Le 26 janvier 2008, Industria Vidriera del Potosí, filiale de Grupo Modelo-AB InBev, a mis à pied 220 travailleurs et travailleuses, dont le comité exécutif entier du syndicat des travailleurs du verre SUTEIVP, affilié à IndustriALL. Cette décision a été prise à la suite d'un accord négocié avec le syndicat indépendant portant sur une augmentation salariale de 19 pour cent.

Cette réussite a exaspéré les autorités locales et les employeurs de la zone industrielle San Luis Potosi qui ont rassemblé leurs forces pour se débarrasser du SUTEIVP et signaler ainsi qu'aucun syndicat démocratique ne sera toléré dans cette zone. En raison de la mise à pied des 220 salariés, le syndicat a remis un préavis de grève auprès des services locaux de la main-d'œuvre pour protester contre les mises à pied, qui constituent une infraction à la convention collective. Les autorités ont déclaré irrecevable la demande syndicale, et ont empêché le syndicat d'agir pour la défense des salariés licenciés.

Depuis juin 2013, AB InBev détient 100 pour cent des parts de Grupo Modelo et est responsable des actions de la direction de Grupo Modelo. Ces actions constituent clairement une attaque contre les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses de ABInBev/Grupo Modelo, concernant la liberté de se syndiquer et la négociation collective, droits inscrits dans plusieurs normes internationales que AB InBev affirme avoir signées.

Les travailleurs et travailleuses subissent actuellement de rudes épreuves causées par des actions de l'entreprise. Ces épreuves relèvent d’une "inscription sur une liste noire de l'entreprise" et de la complicité des services locaux de la main-d'œuvre, ce qui empêche pratiquement les travailleurs et travailleuses mis à pied et leurs familles de trouver du travail localement et dans d'autres régions du Mexique. Malgré ces rudes épreuves, et après avoir refusé un règlement financier destiné de façon flagrante à persuader les travailleurs et travailleuses à abandonner leurs droits fondamentaux, 33 personnes continuent d'insister pour obtenir leur réintégration aux postes qu'elles occupaient, et le rétablissement intégral de leurs droits.

Ces 33 personnes qui se battent depuis 2008 pour obtenir justice, ont obtenu leur réintégration à Vidriera de San Luis Potosí à la suite de la décision prise par le Conseil de conciliation et d’arbitrage au début du mois d’avril 2014.

En plus de décider la réintégration des membres du syndicat indépendant, le Conseil a ordonné à l'entreprise défenderesse VIDRIERA de réintégrer à leur poste les personnes mises à pied sous les mêmes termes et conditions d’emploi en vigueur avant leur mise à pied, et de leur verser un montant correspondant aux salaires impayés qui continueront de s'accumuler jusqu'à leur réintégration, conformément à la décision prise.

Le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Fernando Lopes, déclare:

"Pendant plus de six ans, notre affilié s'est consacré à défendre le droit à la liberté syndicale des travailleurs et travailleuses de Grupo Modelo. IndustriALL soutient totalement leur combat pour que tous obtiennent un emploi décent.”

Agir maintenant pour dire à AB INBEV de respecter la décision sur la réintégration des personnes mises à pied au Mexique!

Combattre les inégalités

Un des thèmes principaux du Forum économique mondial (FEM) de janvier dernier était les inégalités. Maintenant, ce sont le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale qui expriment leur préoccupation par rapport à la même problématique, mais ces élites proposent peu de solutions.

Le fossé entre les riches et les pauvres s’élargi pratiquement dans tous les pays. Une quantité croissante de l’argent des gens riches est un patrimoine hérité. L’économiste français Thomas Piketty parle du “capitalisme patrimonial” et souligne que les dix Américains les plus riches sont des héritiers plutôt que des entrepreneurs ayant réussi par eux-mêmes.

Ces oligarques contribuent peu à l’économie nationale. Les Républicains ont réduit le taux  maximal d’imposition sur les dividendes de 39,6% (taxés comme revenu ordinaire) à 15% et éliminé l’impôt foncier. Une nouvelle feuille de route de la droite appelle à l’élimination totale de l’imposition sur les revenus des intérêts, des dividendes et du capital. Profitez bien de la vie sans impôts et peu importe les pauvres !

L’économiste et lauréat du prix Nobel Paul Krugman ajoute que les revenus du capital sont concentrés dans les mains d’une poignée de gens aux Etats-Unis. En 1979, 1% des ménages percevait 17% des revenus générés par les affaires. En 2007, le même petit groupe engrangeait 43% de ces revenus et 75% des plus-values en capital.

Les Etats-Unis ne sont pas les seuls. En Russie, dans les années 1990, des oligarques ont pris le contrôle des ressources nationales pétrolières, gazières et extractives à des prix ridiculement bas à l’occasion de privatisations troubles. Même en Chine, une nouvelle élite des affaires se constitue, et rejoint les milliardaires d’Indonésie, de Thaïlande et d’autres pays asiatiques aux faibles impositions.

Le problème pour la démocratie est que ces oligarques disposent d’un pouvoir considérable. Ils disposent de tout l’argent qu’il faut pour acheter les influences nécessaires pour qu’ils contribuent le moins possible au bien commun.

Pourtant, une partie de la solution est de faire porter aux chasseurs de coupons, héritiers et autres entreprises une part équitable du financement de l’infrastructure, de l’éducation, de la protection sociale et de services publics de qualité. Il n’y a pas de raison qu’ils paient moins de taxes que les contribuables ordinaires.

Dans un monde sans frontières, le capital se déplace aisément d’un lieu à l’autre. IndustriALL soutient la campagne internationale pour la justice fiscale et contre les paradis fiscaux. En dépit de modestes mesures prises par les gouvernements, des individus nantis et de grandes compagnies multinationales pratiquent activement l’évasion fiscale.

Améliorer le sort des pauvres réduit efficacement les inégalités. IndustriALL soutient activement les actions visant à poursuivre l’augmentation des salaires minima dans des pays tels que le Bangladesh, le Cambodge et l’Indonésie, où la vie de dizaines de millions de personnes a été améliorée au cours des deux dernières années après des augmentations de 50 à 80%. Davantage de mobilisation va se poursuivre pour atteindre le niveau du salaire vital.

Une protection sociale universelle est tout aussi importante. Selon le Sondage d’opinion mondial 2013 de la CSI, les gens partout dans le monde veulent des soins de santé abordables (97%), l’éducation (97%), un revenu décent lors de leur pension (96%) et un accès abordable à la garde des enfants (92%). Pourtant, près de 80% de la population mondiale ne dispose pas d’une protection sociale adéquate.

Réduire l’inégalité est une question de volonté politique, de valeurs et de lutte. Construisons ensemble un pouvoir syndical et mobilisons en faveur d’une justice économique et sociale.

Jyrki Raina

Secrétaire général

Indonésie : 363 travailleurs suspendus pour avoir revendiqué la fin des contrats précaires

En 2008, 500 travailleurs de Pertamina ont formé un syndicat affilié à la Fédération des Mines et de l’Energie (FPE-SBSI). Ayant acquis une meilleure connaissance de la législation du travail indonésienne et de l’Agenda pour le travail décent de l’OIT, les travailleurs et la FPE-SBSI ont revendiqué qu’ils soient transférés de leur emploi précaire au statut de travailleurs permanents. Certains d’entre eux avaient travaillé chez Pertamina depuis plus de 20 ans.

Le tribunal du travail d’Aceh a entériné la revendication et décrété que Pertamina devait donner aux travailleurs des contrats permanents. Refusant la décision, Pertamina a porté l’affaire devant la Cour Suprême à Jakarta, en essayant de rendre nul et non avenu le verdict, et a par la même occasion suspendu les 363 travailleurs pour une durée illimitée.

Le résultat de cette suspension a été dramatique pour certains travailleurs et leurs familles. Quatre d’entre eux sont morts pour s’être vus refuser l’accès à des soins médicaux et de nombreux jeunes enfants ont dû renoncer à aller à l’école, leurs parents ne pouvant plus se le permettre.

En association avec le Conseil national d’IndustriALL pour l’Indonésie, la FPE a fait campagne auprès du parlement indonésien. En octobre de l’année dernière, la campagne a débouché sur 12 recommandations concernant l’emploi dans les entreprises publiques (EP):

  1. Le Ministre responsable des entreprises publiques a le devoir de respecter cette décision
  2. Il faut éliminer toute forme d’externalisation dans les EP
  3. Il est interdit à toutes les EP d’intimider les syndicats et leurs adhérents
  4. Aucune licenciement ne sera la conséquence de cette décision
  5. Les EP devraient solder tout leur dû aux travailleurs déjà licenciés
  6. Tous les travailleurs sous le coup d’un licenciement devraient être réintégrés
  7. Les EP devraient verser les salaires des travailleurs sous le coup d’un licenciement
  8. Le cadre normatif devrait être respecté
  9. Le directeur d’une EP ne peut utiliser le budget de l’EP pour régler un procès
  10. Il est demandé au Ministère du Travail et à la Police de poursuivre les violations du droit du travail au sein des EP
  11. Ces recommandations devraient être effectives 15 jours après la date du 22 octobre 2013
  12. La Commission IX mettra sur pied un groupe de travail avec le Ministre du Travail et les Représentants des syndicats

IndustriALL Global Union poursuit le combat en vue de mettre un terme à ces conditions précaires de travail et pour assurer de stricte limites à ce type d’emploi. IndustriALL encourage fermement ses affiliés à envoyer des lettres de solidarité pour soutenir les travailleurs engagés dans cette lutte pour amener Pertamina à un dialogue constructif avec la FPE-SBSI.

A l’approche du 1er mai, rappelez-vous de mobiliser vos adhérents et de rejoindre la lutte mondiale pour dire STOP au travail précaire !

Le gouvernement turc interdit la célébration du Premier mai sur la Place historique Taksim

Quand les centrales syndicales nationales DİSK et KESK et leurs affiliés, avec la Chambre de médecine et la Chambre des ingénieurs, ont déclaré avoir l’intention de célébrer le Premier mai sur la Place Taksim, le gouvernement turc a simplement interdit les célébrations. La célèbre place a déjà été la scène d’un recours à la force de manière excessive contre des militants et militantes; le Premier mai 2013, les violences policières contre des syndicalistes ont occasionné des centaines de blessés graves, dont une jeune fille de 17 ans.

Les célébrations du Premier mai représentent un moment décisif pour le mouvement syndical turc, et la Place Taksim à Istanbul revêt une importance particulière pour les syndicats turcs. La première célébration massive du Premier mai sur la Place Taksim remonte à 1976. Sous la direction de la centrale nationale DİSK, des centaines de milliers de travailleurs et travailleuses y participèrent. Les célébrations en 1977 attirèrent plus de 500.000 personnes sur la même place. Cet événement a pris une tournure tragique avec 37 personnes tuées par des inconnus armés. 

La Cour européenne des droits de l’homme a statué que le gouvernement turc avait enfreint l’article 11 de la Convention européenne des droits de l’homme, concernant le droit à la liberté syndicale, avec l’emploi de mesures répressives contre des membres de DISK et de KESK pour empêcher le rassemblement du Premier mai 2008 sur la Place Taksim.
 
De même, l’Organisation internationale du Travail (OIT) a souligné l’importance du Premier mai pour les syndicats, et le droit des syndicats de mener des activités ce même jour. Comme l’explique le Comité de la liberté syndicale du BIT: “Le droit d’organiser des réunions publiques et des défilés, notamment pour le Premier Mai, constitue un aspect important des droits syndicaux ”.

“Nous sommes gravement concernés par l’attitude du gouvernement turc envers les syndicats et la société civile qui veulent organiser des manifestations pacifiques le Premier mai,” a déclaré Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union.

Nous soutenons les demandes légitimes des syndicats turcs pour célébrer le Premier mai sur la Place Taksim, sans répression, ni détentions et violences.

Signer la campagne de Labourstart pour le droit de célébrer le Premier mai sur la Place Taksim en Turquie.

UAW et IndustriALL avertissent l’OCDE d’infractions aux droits chez Nissan aux États-Unis

Le syndicat UAW et IndustriALL, qui représente les syndicats de Nissan et de Renault dans le monde, affirment que la “campagne agressive d’ingérence” de Nissan dans les tentatives des salariés de créer un syndicat à l’usine de Canton, Mississippi, constitue une infraction aux principes directeurs de l’OCDE sur la liberté syndicale des travailleurs et travailleuses.

“Nissan, et son partenaire de l’Alliance Renault, travaille avec des syndicats partout dans le monde, mais le comportement de l’entreprise est très différent aux États-Unis. Nous espérons que le processus de l’OCDE nous aidera à parvenir à une solution juste et équitable assurant à tous les salariés de Nissan la possibilité d’exercer leur droit fondamental de liberté syndicale sans crainte de représailles ou de menaces de perte d’emplois,” a déclaré Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL.

Un rapport de travaux de recherche publié par NAACP Mississippi en 2013, a précisé les prévisions systématiques de la direction selon lesquelles Nissan fermerait l’usine si les travailleurs et travailleuses décidaient de créer un syndicat. Le syndicat a présenté un plan intitulé “Principes de l’UAW pour une élection juste,” mais Nissan a refusé de discuter avec le syndicat de dispositions qui permettraient de garantir le libre choix des salariés dans une atmosphère dénuée de peur et d’intimidation.

L’action du syndicat se base sur l’approbation par les États-Unis des principes directeurs à l’attention des entreprises multinationales, un ensemble de règles adopté par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L’OCDE est une organisation internationale de politique économique dans laquelle les États-Unis jouent un rôle prépondérant.

Les principes directeurs de l’OCDE ont pour objet de promouvoir un comportement éthique des entreprises multinationales dans leurs activités à l’étranger et leurs chaînes d’approvisionnement. Les principes directeurs s’appliquent aux droits de la personne, à l’absence de corruption, à l’honnêteté fiscale, à une responsabilité environnementale et à d’autres indicateurs de bonne conduite d’entreprise dans leurs activités menées à l’étranger. Ils couvrent également l’emploi et les relations de travail, et exigent l’absence d’ingérence de la direction sur le droit de syndicalisation des travailleurs et travailleuses.

Chaque pays membre de l’OCDE dispose d’un point de contact national (PCN) qui sert de forum pour une médiation confidentielle et une conciliation dans les différends concernant les principes directeurs. Basé au ministère des Affaires étrangères, le PCN des États-Unis peut compter sur les médiateurs expérimentés du service fédéral de la médiation et de la conciliation (FMCS) pour mettre en contact les parties dans des réunions confidentielles pour explorer les possibilités de mettre fin à un différend.

Dans le cadre des principes directeurs de l’OCDE, le PCN des États-Unis peut également collaborer avec ses homologues au Japon, en France et aux Pays-Bas. Nissan est une entreprise japonaise, mais elle est liée par un accord de participation croisée avec le constructeur automobile français Renault. Le directeur général de Renault, Carlos Ghosn, est à la tête des deux entreprises, et leur Alliance stratégique inclut les Pays-Bas. Il en résulte que le PCN des États-Unis peut engager les PCN de ces pays à apporter leur aide pour parvenir à un résultat acceptable de tous côtés.

“Nissan est une entreprise internationale tenue de respecter les normes mondiales approuvées par les États-Unis et d’autres pays,” a déclaré Bob King, président de l’UAW.  “Les principes directeurs de l’OCDE fournissent à l’UAW, IndustriALL et Nissan le moyen de se parler dans un espace neutre par l’entremise de médiateurs professionnels.”

Une fois la requête déposée, le PCN des États-Unis dispose de trois mois pour présenter son offre de service. La médiation n'aura lieu que si l’UAW, IndustriALL et Nissan acceptent l’offre de médiation du PCN. Une fois commencée, la médiation a pour objet de résoudre le différend dans un délai de six mois.

Les syndicats dénoncent Crown avec des actions sur le terrain

Des actions de protestation ont eu lieu le 24 avril à Philadelphie où Crown Holdings tenait son assemblée annuelle à laquelle participaient des représentants de syndicats en leur qualité d'actionnaires. Or, afin d'éviter les questions dérangeantes, le P-DG du groupe, John Conway, annonça qu'il ne répondrait qu'aux questions écrites, ce qui ne s'est jamais vu auparavant. Et malgré cela, il passa aussi sous silence les questions écrites d'actionnaires à propos des pratiques antisyndicales de l'entreprise en Europe et en Amérique du Nord.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a condamné John Conway en ces termes : "Cela ne s'est jamais fait; non seulement Crown Holdings affiche son mépris pour ses travailleurs qui peinent chaque jour pour l'enrichir, mais son arrogance va jusqu'à rester sourde aux préoccupations de ses actionnaires pour des questions qui ont un impact direct sur l'avenir de l'entreprise. Nous n'en resterons pas là; nous allons intensifier notre campagne de solidarité avec les travailleurs de Crown Holdings et nous demanderons des comptes à sa direction pour tous les déséquilibres qu'elle subira à l'avenir."

Le même jour en Turquie, deux grévistes membres de la section 9176 de l'United Steelworkers, Stephen McHugh et Deborah Amos, participaient à une conférence de presse organisée par notre affilié turc Birlesik Metal-Is à Izmit pendant laquelle ont été dévoilées des preuves des actes de malveillance de l'entreprise, notamment les licenciements de quatre délégués recruteurs sur base de fausses accusations, tandis qu'étaient réfutées les rumeurs que fait circuler l'entreprise à propos d'une délocalisation de son usine de production en Turquie à la suite d'un arrêt de la Cour suprême confirmant que Birlesik Metal-Is est l'agent de négociation légal et légitime, une décision qui ne laisse aucune voie de recours à Crown Holdings.

Dès le lendemain, le 24 avril, la délégation d'IndustriALL Global Union composée des grévistes McHugh et Amos, de militants de notre affilié suisse UNIA et de représentants du siège, a rencontré des représentants de la division Europe de Crown à Baar, en Suisse. La délégation a dénoncé les pratiques antisyndicales utilisées par l'entreprise contre son personnel en Turquie et au Canada et remis une lettre reprenant les revendications du syndicat.  La délégation a reçu l'assurance que son message serait transmis à la haute direction de Crown Holdings.

La prochaine série d'actions aura lieu en Italie et en France.

Victoire des syndicats au Kirghizstan

A la fin du mois de février dernier, des amendements au Code Pénal ont été soumis au parlement de la République du Kirghizstan. Selon ces amendements, des directeurs ou des membres du personnel d’entreprises d’importance stratégique devenaient passibles de peine d’emprisonnement allant jusqu’à 15 années en cas de défaut ou d’arrêt de la production. Ce projet a été publié le 28 février 2014 sur le site officiel du parlement (Zhogorka Kenesh) de la République du Kirghizstan pour en assurer le débat public.

S’en est suivie la réaction d’IndustriALL et d’autres organisations syndicales pour protéger les droits des travailleurs et la campagne internationale pour le soutien des droits des travailleurs a été organisée. IndustriALL a préparé une motion pour le retrait ou la modification du projet de loi.

L’adoption de ce projet de loi a été jugée inopportune à la suite de la vague de protestations dirigée vers le Président de la République du Kirghizstan, les chefs des fractions parlementaires et le président du Parlement. Ensuite, des amendements au projet de loi ont été préparés. Grâce à ceux-ci, le projet de loi ne visera pas les salariés non membres de la direction qui participent à des grèves, mais seulement aux directeurs et aux divisions structurelles en cas d’actions intentionnelles pouvant entraîner l’arrêt de la production.

Le débat du projet de loi se déroule maintenant autour de la version qui ne viole pas le droit légitime des travailleurs à tenir des grèves.

Eldar Tadzhibayev, le Président du MMTUK (Syndicat des Mines et de la Métallurgie du Kirghizstan), estime ce résultat une claire victoire des syndicats :

Il a été obtenu en envoyant de manière massive des courriers à l’initiative du MMTUK, de la fédération des syndicats et des organisations professionnelles de l’industrie, les associations professionnelles internationales, au nombre desquelles IndustriALL Global Union, ainsi que des organisations syndicales d’autres pays. Nous n’avons pas permis l’adoption de ce projet de loi anticonstitutionnel.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL commente :

Nous sommes heureux que nos efforts conjoints aient pu aider le MMTUK à contrer cette attaque qui aurait visé le droit des travailleurs à défendre leurs intérêts.

Demande de suspension immédiate des accusations et des restrictions contre un dirigeant syndical cambodgien

Le patron du syndicat de la confection fait face à des poursuites pénales, engagées par l’entreprise SL Garment Processing Ltd., pour incitation à commettre un acte criminel. Une décision de justice lui interdit maintenant de rencontrer les travailleuses et travailleurs de SL Garment et des personnes participant à une réunion publique capable de “nuire à l’ordre public”.

Le tribunal exige le versement par Ath Thorn d’une caution de 25.000 USD pour le début du mois de mai.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré:

Non seulement les accusations contre Ath Thorn sont sans fondement, mais les restrictions qui lui sont imposées constituent une infraction flagrante à son droit à la liberté syndicale, et la demande de caution est injuste. Nous demandons instamment au autorités cambodgiennes de suspendre immédiatement les accusations et les restrictions.

Ath Thorn, qui fait appel aux conditions de la caution, est accusé d’incitation à des actes de violence lors d’une manifestation à l’usine SL Garment qui a eu lieu l’année dernière en septembre, et ce, malgré l’absence de preuve.

En outre, dans un règlement en décembre 2013 comportant le témoignage et la signature de Sat Sakmut, secrétaire d’État adjoint au ministère du Travail et de la Formation professionnelle, le C.CAWDU et l’usine SL Garment ont convenu qu’aucune action juridique ne serait engagée par les parties.

Ath Thorn est l’un des dirigeants syndicaux non-gouvernementaux du pays exerçant le plus d’influence et un militant syndical très en vue faisant campagne pour une hausse du salaire minimum et la libération de 21 personnes détenues depuis les manifestations en janvier.

IndustriALL a écrit au Premier ministre cambodgien, Hun Sen, pour demander que son gouvernement abandonne toutes les affaires qui relèvent d’une action judiciaire en rapport avec le conflit chez SL Garment, en exprimant son inquiétude sur le fait que l’accusation portée contre Ath Thorn pourrait avoir pour objet de chercher à contrecarrer les efforts légitimes des syndicats en faveur d’un salaire minimum plus élevé et de la remise en liberté des 21 prisonniers.

Le président du C.CAWDU, qui révèle faire actuellement l’objet d’une plainte pour avoir enfreint les nouvelles restrictions et est menacé d’arrestation, déclare:

Il s’agit clairement d’une nouvelle tentative de répression de notre lutte et de la privation de nos droits fondamentaux.

Dans le même temps, les industriels de la confection n’ont pas assisté à un atelier tripartite prévu avec les syndicats et des responsables du gouvernement pour la réforme du système de fixation du salaire minimum, qui a eu lieu avec présence d’un seul membre de l’association patronale de la confection, GMAC, à la réunion mise au point par l’OIT le 24 avril.

Le mois dernier, IndustriALL Global Union, Uni Global Union et la CSI, ainsi que 30 grandes marques, dont H&M, Inditex, Gap, Adidas et Nike, ont signé une lettre conjointe adressée au vice-Premier ministre cambodgien, en rappelant la nécessité de parvenir de toute urgence  à une solution pour la fixation du salaire minimum et le respect des droits de la personne des 21 manifestants pour la défense des salaires.

Fin

Contact:

Leonie Guguen, permanente des communications, IndustriALL Global Union.

Tél: +41 22 308 50 23 I [email protected] 

www.industriALL-union.org Standard: +41 22 308 50 50

Victoire de Los Mineros chez Teksid

Cet accord a mis fin à un arrêt de travail débuté vendredi dernier et marque la seconde victoire significative en un mois pour Los Mineros en termes de syndicalisation, eux qui avaient déjà remporté la bataille juridique pour la reconnaissance syndicale à la mine Excellon de “La Sierrita”, Durango, il y a deux semaines.

Une assemblée des travailleurs de Teksid a applaudi l’annonce faite par leur porte-parole, Imelda Jimenez, et le conseiller juridique du Comité exécutif national de Los Mineros, Oscar Alzaga Sánchez, qui leur lisaient le texte signé et légalement contraignant de l’accord conclu avec l’employeur.

Le syndicat jaune CTM était aux commandes de la convention collective de travail depuis le début des activités de Teksid en 1996.

La convention oblige l’entreprise à réintégrer les trois travailleurs licenciés Marisol Ruiz Moreno, Orlando Montoya et Oscar Rodríguez Ponce.

Elle rencontre également la revendication des travailleurs de participation aux bénéfices. Ces versements seront faits aux travailleurs et travailleuses pour la fin de cette semaine.

La convention porte encore l’engagement de l’employeur à respecter le droit de ses salariés à rejoindre un syndicat de son choix, de ne pas exercer de représailles contre les travailleurs impliqués dans la grève, de laisser tomber la plainte en justice déposée en réaction à l’arrêt de travail, de respecter la négociation collective et à y prendre part activement.

Comme l’avait déjà rapporté IndustriALL ce 22 avril dernier, 11 travailleurs qui soutenaient Los Mineros ont été sauvagement et lâchement agressés par 80 à 100 hommes de main alors qu’ils sortaient d’une réunion avec la direction et les autorités du travail le 21 avril. Cette victoire s’est obtenue de haute lutte.

IndustriALL Global Union salue ces deux magnifiques victoires de son affilié mexicain Los Mineros.

IndustriALL demande justice pour les mineurs sud-africains chez Anglo American

La silicose est une affection respiratoire mortelle qui a une période de latence de 15 à 20 ans. Anglo American refuse d’indemniser les mineurs atteints, et n’admet aucune responsabilité pour leurs souffrances. L’entreprise est impliquée dans le cadre d’un litige dans une action judiciaire engagée contre elle par Leigh Day, un bureau d’avocats britannique, au nom des mineurs atteints. 

Résultat de la contestation par Anglo American de l’action du bureau d’avocats, les mineurs atteints continuent de mourir sans l’indemnisation qui leur est due ainsi qu’à leur famille. Pour le syndicat national des mineurs et IndustriALL Global Union, il s’agit moins d’une bataille judiciaire contre Anglo American qu’une bataille morale, par laquelle la multinationale doit modifier son attitude sur la santé et la sécurité de ses salariés dans le monde. 

Le président du syndicat national des mineurs, Senzeni Zokwana, le président national de la santé et de la sécurité, Peter Bailey, et Glen Mpufane, directeur des mines de IndustriALL Global Union vont une fois de plus exposer la demande d’indemnisation à l’Assemblée générale d’actionnaires de l’entreprise comme ils le firent l’année dernière au forum.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a indiqué ce qui suit:

Il est déraisonnable pour la société anonyme Anglo American et ses actionnaires de continuer à refuser une indemnisation à ces mineurs et à leur famille.

Senzeni Zokwana critique sévèrement l’attitude de Anglo American contraire aux valeurs qu’elle assure publiquement de sécurité, d’attention et de respect, d’intégrité et de responsabilisation, quand il dit:

Des milliers d’anciens mineurs d’or sont déjà morts de maladie pulmonaire et des milliers d’autres ont eu leur vie détruite. À moins que Anglo American décide d’agir maintenant, des milliers d’autres mourront sans les soins médicaux, l’indemnisation et le soutien qu’ils méritent.

L’Action pour l’Afrique australe (ACTSA) et le réseau minier de Londres (LMN) qui coordonnent les actions de solidarité et de soutien à cette cause, ont organisé une série d’actions pour soutenir la revendication. Ces actions incluent une réunion publique pour les mineurs sud-africains, une action revendicative en faveur de la justice qui aura lieu à l’extérieur de l’Assemblée générale d’actionnaires, et une motion d’urgence (Early Day Motion) 1260 au Parlement pour soutenir une demande d’indemnisation décente, un contrôle de santé et des soins médicaux, par exemple  pour les mineurs d’or atteints de silicose.