Premier anniversaire de l’Accord du Bangladesh

L’Accord du Bangladesh sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments a permis de mettre en contact pour la première fois l’industrie du prêt-à-porter et les syndicats, dans le cadre d’un accord contraignant prévoyant des inspections et une amélioration des conditions de sécurité dans tous les ateliers et fabriques qui fournissent les marques signataires de l’Accord.

Jenny Holdcroft, directrice des politiques de IndustriALL, a déclaré:

L’Accord remplace les décisions inefficaces et fragmentaires de chaque marque dans le passé par un accord contraignant avec les syndicats. Il s’agit de l’application des relations de travail mondiales aux infractions aux droits des travailleuses et travailleurs dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

L’Accord du Bangladesh, qui a maintenant 172 signataires, a été conclu après l’un des accidents du travail les plus graves survenus à l’époque moderne, qui a causé la mort de plus d’un millier de personnes et blessé plus de 2000 autres quand le Rana Plaza, bâtiment construit illégalement qui abritait de nombreux ateliers de confection, s’est écroulé le 24 avril 2013.

Plus de 550 lieux de travail ont été inspectés depuis, dans le cadre de l’Accord, pour déterminer les dangers concernant la sécurité contre l’incendie, les circuits électriques et les bâtiments dans les ateliers et fabriques qui produisent des vêtements pour les marques signataires. D’ici septembre 2014, l’Accord est en bonne voie d’avoir inspecté 1500 fabriques employant plus de 2 millions de travailleuses et travailleurs.  

En plus du travail accompli pour améliorer les conditions de sécurité, IndustriALL a lancé un important projet destiné à améliorer la syndicalisation dans les ateliers et fabriques de la confection au Bangladesh, du fait qu’il semble impossible de chercher à renforcer de manière efficace la sécurité sans main-d’œuvre syndiquée. Avant le désastre du Rana Plaza, la syndicalisation dans les ateliers et fabriques de la confection était minimale. Un an plus tard, les syndicats affiliés à IndustriALL ont syndiqué plus de 40.000 travailleuses et travailleurs dans 120 fabriques et ateliers.

IndustriALL soutient également les revendications syndicales pour l’augmentation du salaire minimum. Bien qu’il y eut une hausse de 77 pour cent en novembre 2013, de 38 à 67 USD par mois, les salaires sont encore lamentablement bas, et IndustriALL continue de faire pression sur les marques pour qu’elles payent les vêtements un prix juste.

IndustriALL exerce également une forte pression sur les marques pour qu’elles alimentent le fonds fiduciaire du Rana Plaza indépendant, afin de pouvoir verser une indemnisation aux victimes et à leurs proches. Un total de 40 millions d’USD est nécessaire pour une indemnisation conforme aux normes internationales. Jusqu’ici, moins de la moitié de cette somme (17 millions d’USD) a été obtenue.

Lire la déclaration sur l’Accord du Bangladesh après un an.

Bâtir une force syndicale en Amérique latine

Le cri de guerre des femmes en Amérique latine et Caraïbes, comme elles l’appellent, a vu le jour lors de la première conférence des femmes, tenue le 6 mai, pour communiquer la nature des revendications sur lesquelles elles vont plancher pendant la période allant jusqu’à 2016 et qui comprendront une plus large représentation, une campagne contre la violence et la lutte pour un salaire vital.

L’enthousiasme des femmes s’est communiqué à l’ensemble des délégués qui ont applaudi l’adoption de la résolution et ont scandé le slogan en cœur. « Je suis très heureux de voir l’énergie et le dynamisme déployés lors de cette conférence régionale, » a déclaré Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL, qui avait exprimé son soutien à la proposition d’un quota de 40% de représentation.

« Nous voulons travailler ensemble, hommes et femmes, et nous engager à parts égales dans les luttes d’IndustriALL. » Les délégués ont exprimé leur désir de voir IndustriALL promouvoir l’égalité des chances, aller dans le sens d’une représentation régionale plus équilibrée au sein du Comité exécutif et soutenir des initiatives démocratiques en faveur des femmes et des jeunes travailleurs.

La résolution a reçu le soutien de l’ensemble des 250 délégués des syndicats affiliés, qui ont également exprimé un engagement en faveur d’une représentation équitable des affiliés des Caraïbes.

Avec des interventions comme « nous avons besoin d’une nouvelle génération de syndicalistes qui puissent unir les masses » et « les jeunes travailleurs ne veulent pas souffrir d’une exploitation sans fin », les jeunes travailleurs qui ont pris part à la cérémonie de clôture de la conférence régionale en Colombie ont appelé IndustriALL à soutenir l’éducation et la formation des jeunes syndicalistes.

La plénière a exprimé son soutien pour l’esprit, la préparation et l’enthousiasme déployés par les jeunes délégués en approuvant à l’unanimité les propositions en faveur du développement de politiques de formation et de recrutement, l’inclusion des jeunes travailleurs dans les structures syndicales et la promotion de thématiques spécifiques pour négocier au nom des jeunes travailleurs.

Lors de la clôture des travaux de la conférence, Jorge Almeida, Secrétaire régional d’IndustriALL a déclaré : « Je suis agréablement surpris par l’atmosphère qui a régné lors de cette réunion, avec sa diversité de cultures, de langues et d’ethnies, au cours de laquelle nous avons tous eu l’opportunité de débattre et de décider des actions à mener ainsi que par ces importantes résolutions qui reflètent le travail accompli pour renforcer nos syndicats. Nous œuvrons pour renforcer l’unité mondiale et régionale, nous bâtissons l’avenir, parce que l’Amérique latine mérite un avenir meilleur. »

Aux Etats-Unis, Huhtamaki choisi la spirale descendante

« L’expansion du travail précaire aux Etats-Unis est une source de préoccupation sérieuse pour le mouvement syndical international, » déclare le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina.  « Et d’autant plus lorsque son instigateur provient d’un pays dont les normes du travail sont élevées, comme la Finlande. »

Ce rapport, Le modèle d’expansion de Huhtamaki aux Etats-Unis : un modèle d’emploi à faible salaire, faible coût et faible responsabilité, a été publié par l’AFL-CIO et les Métallos USW. Il révèle comment Huhtamaki a étendu rapidement sa production dans des communautés défavorisées, en ayant recours à des agences de travail temporaire.

Les travailleurs et travailleuses recrutés par le biais de ces agences gagnent en général moins de $10 de l’heure. Beaucoup débutent à $9 en n’ayant accès à aucune prestation sociale ni espoir d’augmentation. A ce taux salarial horaire, le revenu annuel d’un travailleur est de $18.720, soit plus de $5.000 en dessous du seuil fédéral de pauvreté pour une famille de quatre, dont le revenu minimum estimé doit être de $23.850 par an.

Le travail précaire peut avoir de graves conséquences sur la sécurité au travail. Voici ce que rapportent des travailleurs d’une des usines non-syndiquée de Huhtamaki :

« (…) récemment, deux travailleurs ont eu des accidents qui ont conduit à l’amputation de leur pouce. Lorsqu’on les interroge sur la formation à la sécurité, les travailleurs déclarent que bien qu’ils participent à des réunions régulières où la direction insiste sur l’importance de la sécurité, dans les ateliers, la seule préoccupation de la direction est la vitesse d’exécution, ce qui provoque des accidents et un stress élevé pour les salariés. »

Cette expansion du travail précaire, souvent financée grâce aux subsides du contribuable, implique des coûts élevés pour les travailleurs à bas salaires et pour les communautés défavorisées. Dans le même temps, le modèle à bas salaires de Huhtamaki menace la sécurité d’emploi de ses salariés syndiqués.

La combinaison d’une expansion dans des zones défavorisées, avec recours à des subsides publics et une main d’œuvre non-syndiquée accompagnée d’une méthodologie de la direction mettant l’accent sur la vitesse et la réduction des coûts, place les travailleurs et travailleuses des usines tant syndiquées que non-syndiquées en concurrence les uns avec les autres et tous sont perdants. Les travailleurs non-syndiqués sont confrontés à des bas salaires, des conditions de travail dangereuses, à l’absence quasi totale de prestations sociales et à la perspective d’une retraite dans la misère. Les travailleurs syndiqués sont confrontés à l’érosion de leurs salaires et conditions de travail ainsi qu’à la perceptive d’un transfert de production ou d’une fermeture de leur usine.

« Nous savons qu’en Europe Huhtamaki est une entreprise socialement responsable et qu’elle traite ses salariés avec équité, » indique Jon Geenen, Vice-président des Métallos USW. « Ce qu’il faut, c’est qu’ils appliquent ces mêmes critères d’équité à leurs salariés des Etats-Unis. »

L’accident minier en Turquie par le nombre croissant de morts est un véritable carnage

La mine, qui appartient à une entreprise privée, est syndiquée par un affilié de IndustriALL, le syndicat des mineurs Maden-İş de Turquie. Environ 800 mineurs se trouvaient au carreau ou au fond de la mine quand une défaillance électrique a provoqué l’explosion d’un transformateur, provoquant un incendie important mardi 13 mai vers midi. L’incendie a entraîné une coupure de courant dans la mine qui a rendu les cages d’extraction inutilisables, la majorité des travailleurs restant bloqués à 2 km sous terre et à 4 km de la sortie. Les sauveteurs ont poursuivi leurs efforts toute la nuit tandis que les familles de plus de 200 mineurs manquants attendaient à l’entrée de la mine ou à l’hôpital local.

La Turquie détient un triste palmarès pour la sécurité minière, et IndustriALL considère que la mort de tant de mineurs constitue un véritable carnage. Chaque décès dans une exploitation minière pourrait être évité, et IndustriALL poursuivra la campagne de ratification de la convention 176 de l’OIT en Turquie et dans d’autres pays. Le gouvernement turc subit déjà une forte pression et des critiques pour ne avoir pas tenu compte d’exigences en matière de sécurité alors que les travailleurs doivent payer cela de leur vie.

Nurettin Akçul, président, et Vedat Ünal, secrétaire général de Maden-İş signalent que l’explosion s’est produite au moment du changement d’équipe, ce qui rend encore plus difficile de connaître le nombre de mineurs encore bloqués sous terre. Les dirigeants de Maden-İş indiquent que “la mine détient l’autorisation légale nécessaire et que tous les travailleurs sont couverts par la sécurité sociale. Les représentants du syndicat local confirment que tous les travailleurs sont équipés de masque à oxygène sous terre, mais personne ne sait combien de temps ces masques peuvent les maintenir en vie dans cette situation.”

Le taux de survie des mineurs de charbon après une explosion ou un incendie est extrêmement faible, comparé aux accidents dans des mines de roches dures ou de métaux. Les opérations de sauvetage doivent commencer de plus rapidement possible après une explosion dans une mine de charbon pour que les personnes bloquées puissent être remontées en vie. IndustriALL et toutes les personnes concernées espèrent que ce sera l’exception à la règle. Le monoxyde de carbone qui est un poison est la menace la plus grande pour ceux encore bloqués sous terre.

IndustriALL Global Union a écrit aujourd’hui à Maden-İş:

Cette tragédie peut être considérée comme la tragédie minière la plus grave de ces dernières années, ce qui est d’autant plus tragique au vu de l’attitude apparemment insensible du gouvernement et des sociétés minières. Cette attitude est inacceptable et doit cesser.  Il est intolérable que des mineurs en Turquie se voient dénier leur droit fondamental de la personne de travailler dans un milieu garantissant leur sécurité, au lieu de s’attendre d’être envoyés au travail pour mourir.

Le nombre de mineurs concernés par l’accident mortel est inimaginable et énorme.  Nous demandons à l’entreprise privée chargée de la mine et au gouvernement turc d’assurer le sauvetage du plus grand nombre possible de mineurs sur les 400 qui restent dans le puits de mine.

La Turquie détient sans doute le plus mauvais bilan en matière de sécurité dans des accidents et des explosions miniers en Europe, et occupe la troisième place dans le monde.  Récemment, le 7 janvier 2013, huit mineurs ont perdu la vie dans un autre accidents minier, que le président de votre organisation sœur, Genel Maden-Is, a correctement qualifié de “meurtre” de mineurs.

De toute urgence, IndustriALL Global Union demande au gouvernement turc de ratifier immédiatement et d’appliquer la convention 176 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans les mines, pour sauver des vies de mineurs. Le “meurtre” doit cesser.  IndustriALL Global Union fera tout son possible pour s’assurer que le gouvernement turc agit de manière responsable et ratifie la convention 176.  Nous demandons une fois de plus aux responsables politiques de tenir compte sérieusement de la vie des mineurs qui est à placer au dessus du profit.

“Le gouvernement turc et les employeurs détiennent une responsabilité pour ce carnage,” a déclaré Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union. “Quand des gouvernements se trouvent dans l’incapacité de protéger leurs citoyens, ce n’est pas seulement de l’irresponsabilité, c’est une infraction à l’un des devoirs les plus fondamentaux de tout gouvernement. La Turquie aspire à la grandeur ; elle peut y parvenir mais pas aux dépens de la vie des travailleurs.”

Selon les chiffres officiels, plus de 3000 mineurs ont été tués en 73 ans en Turquie. On assiste à cela avec appréhension en sachant que cet accident pourrait bien être le plus grave. Cela suffit. Le gouvernement turc doit agir maintenant ; les mineurs de mon pays ne peuvent pas continuer de payer de leur vie une telle inaction dans des mines dangereuses.

Contacts de presse:

Kemal Özkan, +41-79-7349044

Tom Grinter, +41-79-6934499

BP doit s’assurer que son sous-traitant Toll respecte le syndicat et verse des salaires décents en Nouvelle-Zélande

Six chauffeurs de camions-citernes marquent le coup pour obtenir des salaires décents dans la région du Northland en Nouvelle-Zélande. Le syndicat FIRST, un affilié d’IndustriALL, représente les chauffeurs de camions-citernes au niveau d’une majorité de sous-traitants en Nouvelle-Zélande, où le barème salarial qui prévaut est de NZ$32 de l’heure. Cependant, le géant pétrolier et gazier BP ne fonctionne qu’avec des sous-traitants non-syndiqués qui ne versent aux chauffeurs que deux tiers de ce salaire de référence, soit NZ$20 de l’heure.

BP ne paie pas les sous-traitants suffisamment pour que les chauffeurs puissent gagner le salaire habituel du secteur. C’est pourquoi l’appel lancé aujourd’hui est adressé par IndustriALL à BP, lui demandant d’intervenir pour résoudre ce conflit qui est exemplatif du non-respect par BP de ses engagements en matière de RSE par rapport aux conditions imposées au niveau de sa chaîne d’approvisionnement et de ses sous-traitants.

Toll refuse pour l’instant de négocier avec le syndicat FIRST et refuse même une demande faite par un médiateur désigné par le gouvernement. Les travailleurs sont en grève depuis le 1er mai après trois mois de négociation.

Dans son courrier envoyé ce jour au PDG de BP Robert Dudley, le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina déclare :

Je demande formellement l’intervention de votre direction pour s’assurer que Toll, sous-traitant de BP, reprenne les négociations, reconnaisse le syndicat FIRST en tant que partenaire de négociation sur le terrain et négocie en toute bonne foi une nouvelle convention collective qui stipule un salaire dans la lignée de la norme salariale nationale qui est de NZ$32 de l’heure.

Par ailleurs, s’agissant de la question de la sécurité des travailleurs, Jyrki Raina ajoute :

Nous sommes chacun pleinement conscients des dangers potentiels lors du transport du pétrole. L’expérience montre partout dans le monde que des relations sociales dignes de ce nom avec le syndicat compétent sont un élément clé pour assurer la sécurité au travail.

Les grévistes, soutenus par leur organisation syndicale FIRST, ont formé un piquet devant les garages de BP et reçu le soutien des communautés locales ainsi qu’une forte couverture médiatique.

Le délégué de FIRST Jared Abbott ajoute :

Alors que d’autre distributeurs de carburants engagent des sociétés qui versent à leurs chauffeurs des salaires plus décents, BP ne semble avoir aucun soucis à continuer de payer des salaires beaucoup plus chiches. Ils doivent affronter le problème et jouer leur rôle dans une solution aux bas salaires chez Toll Carriers.

Ecrivez à la direction de Toll grâce à l’outil de communication lié à cet article

Les autorités américaines du travail vont ordonner à Novelis de négocier avec les Métallos USW

Le Conseiller Général de la plus haute autorité du travail aux Etats-Unis, l’Agence nationale américaine des relations de travail (NLRB), a demandé ce 6 mai aux membres de son Conseil d’ordonner à Novelis de reconnaître le Syndicat des Métallurgistes USW et de négocier avec lui à son usine d’aluminium d’Oswego, dans l’état de New York.

En réaction à la position du Conseiller Général, le Directeur du District 4 de l’USW John Shinn a déclaré : « La décision de la NLRB de vouloir ordonner la négociation envoie un message clair à la direction de Novelis et du Groupe Aditya Birla : nous nous réjouissons de votre investissement qui crée des emplois aux Etats-Unis, mais cela ne peut pas se faire au détriment de nos droits fondamentaux. Nous appelons instamment Novelis à s’asseoir à la table pour négocier une convention équitable avec ses salariés d’Oswego. »

Novelis est une filiale d’Hindalco, elle-même une division du groupe originaire d’Inde Aditya Birla. En décembre dernier, l’entreprise a annoncé un investissement de 120 millions de dollars qui allait créer 90 emplois nouveaux à l’usine d’Oswego.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina a déclaré :

IndustriALL appelle tous les syndicats de Novelis, Hindalco et du Groupe Aditya Birla à exiger que l’entreprise traite ses salariés d’Oswego avec respect et engage immédiatement des négociations avec les Métallos USW.

En janvier, une majorité de travailleurs avait pris une carte de membre de l’USW. Mais lors d’un votre tenu sous la houlette de la NLRB les 20 et 21 janvier, les travailleurs s’étaient prononcés contre le fait d’être représentés par l’USW par une majorité de 287 contre 273. Cependant, la NLRB a découvert que lors des jours qui ont précédés le vote, la direction de Novelis avait commis de multiples violations de la législation du travail du pays, notamment :

■ interroger les salariés sur leur appartenance, activités et sympathies syndicales ;

■ implicitement menacer les salariés de la fermeture de l’usine s’ils décidaient de choisir d’être représentés par le syndicat lors de négociations ;

■ menacer les travailleurs de réduction de salaires s’ils décidaient de choisir d’être représentés par le syndicat lors de négociations ;

■ menacer les salariés de conditions de travail plus contraignantes, notamment des heures supplémentaires obligatoires, s’ils décidaient de choisir d’être représentés par le syndicat lors de négociations ;

■ menacer les salariés que s’ils choisissaient le syndicat, le volume d’affaire baisserait ;

■ empêcher les salariés de porter le blason du syndicat sur leurs uniformes tout en permettant à d’autres de porter des signes distinctifs anti-syndicaux et autres ;

■ appliquer de manière sélective la politique de l’entreprise empêchant toute approche du personnel par des tiers, en direct, par le biais de distributions de tracts sur le lieu de travail, dans les zones de repos ou par le biais des panneaux d’affichage s’agissant du syndicat mais l’autorisant de la part d’éléments anti-syndicaux et autres.

■ calomnier le syndicat en placardant un courrier du CA pour informer les salariés que le syndicat avait introduit une plainte concernant la remise à l’ordre du jour de la prime du dimanche et l’utilisation du temps libre des salariés le dimanche comme temps presté, alors qu’aucune plainte de cet ordre n’avait été déposée ;

■ menacer les salariés que l’entreprise devrait supprimer la prime du dimanche et les prestations d’heures supplémentaires si elle plaidait coupable par rapport à la plainte du syndicat.

La NLRB a conclu que :

Les graves et substantielles pratiques illégales dans la gestion de ses relations sociales décrites ci-avant (…) sont telles qu’il n’y a que peu de chances que des solutions traditionnelles puissent effacer leurs effets et permettre d’effectuer un vote équitable. En conséquence, et tout bien considéré, l’opinion des salariés concernant leur représentation qui a été exprimée au travers de leur adhésion majoritaire au syndicat, serait mieux respectée par la délivrance d’une ordonnance de négociation.

Les affiliés du Botswana établissent un Conseil national de IndustriALL

Les trois syndicats sont le BPWU dans l'énergie le BDWU dans le diamant et le BMWU dans le secteur minier. IndustriALL a salué en particulier ce dernier – le syndicat des mineurs du Botswana et ses 10 000 membres – pour son retour dans ses rangs, après quelques années d'absence.

Un grand nombre des problèmes mentionnés étaient identiques dans les trois syndicats du Botswana, notamment l'absence omniprésente d'éducation pour les simples membres et la nécessité de continuer de travailler sur des politiques détaillées et une planification soignée. Un autre problème souvent mentionné – et de très grande importance – concerne le coût de porter une affaire en Haute Cour de justice au Botswana. Les employeurs paraissent souvent trop heureux de traîner des syndicats devant un tribunal, pour éviter d’adopter des solutions à court terme et faire ainsi durer des conflits pendant des années.

Une question toujours permanente, mais qui est également un objectif en soi, est l'identification des besoins de tous les syndicats pour s’engager activement dans la syndicalisation. Quelques nouvelles mines dans le pays sont des cibles possibles de syndicalisation. Une autre question qui fait surface, comme partout dans le monde, est celle de l'emploi précaire. À l'exception (tout au moins pour le moment) du secteur du diamant, les entreprises au Botswana s'engagent de plus en plus dans l'externalisation du travail et de leur main-d'œuvre – et cela massivement. L'une des manières envisagées dans la discussion pour aborder cette question serait d’élargir le champ d'action des syndicats, notamment par une modification de leurs statuts, pour qu’ils puissent couvrir d'autres catégories de travailleurs et travailleuses, ce qui permettrait de syndiquer les personnes ayant des conditions d'emploi et précaires.

La réunion a pris fin avec la création du Conseil national du Botswana de IndustriALL, une décision visant à établir une coopération (plus) étroite entre les affiliés de IndustriALL au niveau national. Ce nouvel organe sera chargé, entre autres, de l'organisation de campagnes conjointes, du soutien solidaire et de l'échange d’information. Il offrira également une connexion avec IndustriALL Global Union.

Kenny Mogane, coordonnateur du projet de création de syndicats de IndustriALL, a déclaré que “ce nouveau conseil permettra de réaliser une avancée importante dans les luttes des travailleurs et travailleuses au Botswana, du fait que les syndicats pourront obtenir ensemble de meilleurs résultats”.

La campagne Crown obtient un soutien en Italie et en France

Leur voyage avait lieu dans le cadre d’une série d’actions sur le terrain de la campagne Take Backs No More visant à faire connaître la vérité sur Crown et à mettre fin aux pratiques antisyndicales effectuées de manière éhontée au Canada et en Turquie. http://www.industriall-union.org/fr/les-syndicats-denoncent-crown-avec-des-actions-sur-le-terrain.

La délégation de l’USW comprenait les militants syndicaux McHugh et Amos qui ont rencontré leurs collègues de l’affilié italien de IndustriALL, FIOM, à Modena, et d’aller ensuite à Spilamberto où le groupe a été rejoint par des activistes italiens pour distribuer des tracts de campagne devant l’usine.

La campagne a reçu un puissant soutien des travailleurs et travailleuses d’Italie, pleinement conscients maintenant de toutes les infractions commises par l’entreprise contre les salariés au Canada et en Turquie. Après l’action des comités d’entreprise présents dans les usines Crown en Italie, une déclaration commune de solidarité a été délivrée. La fédération FIOM et ses effectifs dans les usines Crown en Italie se sont engagés à soutenir jusqu’à la victoire le combat de leurs camarades au Canada et en Turquie.

Au cours de leur visite en France, les membres de l’USW ont rencontré la direction de l’affilié français de IndustriALL, CFDT FGMM, qui va faire circuler l’information sur la campagne Take Backs No More dans tous les sites de Crown en France où le syndicat a des membres.

Peu de temps après la visite de la délégation de l’USW, IndustriALL a pris connaissance d’une autre infraction de Crown aux droits des travailleurs et travailleuses en Turquie.

Selon un rapport reçu de l’affilié turc de IndustriALL, Birlesik Metal Is, la direction de Crown a mis à pied quatre autres personnes dans l’usine à Izmit et trois autres dans l’usine à Osmaniye.

L’entreprise accuse les activistes de Birlesik à Izmit d’avoir placé illégalement des autocollants syndicaux sur les boites envoyées au producteur de bière locale Efes. Selon le syndicat, ces accusations sont sans fondement, du fait que le syndicat n’a même pas envoyé d’autocollants dans la région où est située l’usine Crown dont il est question.

L’entreprise n’a fourni, jusqu’ici, aucune explication officielle sur les raisons des mises à pied à Osmaniye.

Rio Tinto fortement critiqué à l’Assemblée annuelle de Melbourne pour des négligences dans les normes de sécurité

À la réunion annuelle d’actionnaires de Rio Tinto à Melbourne, l’affilié de IndustriALL Global Union, le syndicat de la construction, de la foresterie, des mines et de l’énergie (CFMEU), a traité l’opérateur chargé de l’extraction minière ”de pire délinquant de l’industrie” pour l’emploi généralisé de main-d’œuvre précaire, qui a conduit à un abaissement des normes de sécurité.

Il s’agissait de la deuxième protestation cette année à une assemblée annuelle d’actionnaires de Rio Tinto. La première protestation a eu lieu à Londres et a permis de donner la vedette à la publication du rapport de IndustriALL sur les pratiques non viables de Rio Tinto.

Comme ce fut le cas à l’Assemblée annuelle d’actionnaires de Londres, Rio Tinto s’est trouvé confronté lors de l’assemblée annuelle de Melbourne, à un grand nombre d’actionnaires qui protestaient contre les infractions aux droits des travailleurs et travailleuses par l’entreprise, les mauvais traitements infligés aux peuples indigènes, les dommages causés à l’environnement et à des pratiques généralement non viables.

Rio Tinto a de tout temps utilisé une main-d’œuvre précaire dans ses activités partout dans le monde. Les personnes ayant un emploi précaire ont peu de chance de pouvoir adhérer à un syndicat ou de négocier collectivement. Comme les entreprises cherchent à abaisser toujours plus les salaires et les conditions, la main-d’œuvre est souvent divisée à l’intérieur des usines. La limitation de l’emploi précaire est une revendication centrale de IndustriALL dans la campagne mondiale contre Rio Tinto actuellement en cours .

IndustriALL et l’IBB renouvellent leurs avertissements sur les dangers de l’amiante

L’amiante est utilisé dans les pays en développement pour de nombreuses applications et notamment pour la production de plaques de ciment-fibre.

« L’amiante est toujours bien présent et certains continuent à le considérer comme un “produit miracle” » peut-on lire dans la brochure de l’IBB et d’IndustriALL “L’amiante est un tueur”.

Bien que ce matériau ne soit plus utilisé dans de nombreux pays, l’amiante reste un danger en raison de la longue période pendant laquelle il a été utilisé, non seulement dans les produits cimentiers mais encore pour des centaines d’autres applications comme les garnitures de frein, les recouvrements de sol, l’isolation et l’ignifugation.

Des réglementations insuffisantes et leur mise en œuvre laxiste ont fait en sorte que des gens soient exposés à ces fibres tueuses et en meurent. La brochure indique des mesures à prendre par ceux qui craignent la présence d’amiante sur leur lieu de travail.

Il existe une multitude de problèmes environnementaux et de santé lié à l’utilisation de l’amiante dans nos sociétés. La brochure donne un aperçu détaillé des problèmes liés à l’amiante et suggère aux militants sensibles aux aspects de santé et de sécurité la vigilance à observer par rapport aux dangers inhérents à l’utilisation de l’amiante et de garder le plus important à l’esprit : l’intégrité physique et la vie des travailleurs et travailleuses.

En dépit des avancées sur de nombreux fronts au niveau des normes de santé et de sécurité, l’amiante est toujours utilisé. Le premier article publié faisant le lien entre l’amiante et une maladie l’a été aux environs de 1906. Aucune autre cause de maladies professionnelles n’a été aussi largement étudiée. Pourtant, cette industrie est toujours présente. L’art de contredire les preuves scientifiques et de créer le doute dans l’esprit du public a été perfectionné par l’industrie de l’amiante et ces tactiques ont été utilisées par d’autres industries cherchant à éviter toute responsabilité pour leurs actes ou leurs produits.