Les syndicats nigérians et le gouvernement fédéral d'accord sur le nouveau salaire minimum

Les syndicats réclamaient un minimum de 250.000 nairas (156 $), qui se serait rapproché du minimum vital. Le salaire minimum précédent, de 30.000 nairas (19 $), un salaire de misère complètement dépassé, ne représentait plus grand-chose compte tenu de l'inflation. Sa dernière révision datait de 2018.

Pour appuyer ses revendications pour un nouveau salaire minimum, les syndicats avaient appelé à des grèves nationales en 2023 et à un blocage total de l'économie en juin. Une des recommandations du mémorandum d'accord liant le gouvernement aux syndicats était de constituer un comité sur le salaire minimum. Pour les syndicats, le salaire minimum, déjà bas, était dévalorisé et ne suffisait plus face à la hausse du coût de la vie. Les prix des denrées alimentaires et des transports avaient bondi après la suppression des subventions au pétrole. Les syndicats réclamaient aussi des politiques économiques favorables aux démunis ainsi que la sécurité alimentaire dans une des plus grandes économies d'Afrique, comptant plus de 230 millions d'habitants.

Les syndicats invoquent l'article 16 de la Constitution de la République fédérale du Nigéria dans les campagnes et les piquets qu'ils organisent pour réclamer de meilleurs salaires. Cet article préconise

"un abri adéquat, une alimentation convenable et adéquate, un salaire vital national raisonnable, des pensions et prise en charge des personnes âgées, des indemnités de chômage et de maladie et une protection sociale pour les personnes handicapées et tous les citoyens."

Le président du NLC, Joe Ajaero, a annoncé que le comité exécutif national d'urgence de la fédération a accepté le salaire minimum proposé.

"Cette décision, bien que difficile et très éloignée de notre revendication initiale, a été prise dans un esprit de solidarité et de sacrifice pour les masses nigérianes pour éviter la menace d'une nouvelle hausse des prix du pétrole qui aurait frappé encore plus durement des masses déjà durement éprouvées."

Joe Ajaero est aussi le secrétaire général de notre affilié, le Syndicat national des salariés de l'électricité (NUEE).

"Nous accueillons ce salaire minimum avec prudence et soutenons les efforts du syndicat en vue d'un contrat social qui améliore les salaires au Nigeria,"

a déclaré la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin.

Le NUMSA obtient gain de cause après une grève chez Ford en Afrique du Sud

Malgré ce revers juridique, le Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud (NUMSA), dont les membres ont mené la grève, a réussi à négocier la reprise du travail et à éviter les pertes d’emploi.

Le syndicat a conclu un accord avec la direction de Ford prévoyant le versement d’une indemnité unique de 20.000 rands (1.089 dollars) à chaque travailleur et s’engageant à ne pas prendre de mesures disciplinaires à l’encontre des grévistes. Les travailleurs ont ensuite repris le travail le 12 juillet.

Le NUMSA, affilié à IndustriALL, compte 3.000 adhérents sur un effectif de 5.500 travailleurs et travailleuses à l’usine de Silverton. Selon Ford, l’usine compte pour plus de 60.000 emplois indirects dans la chaîne de valeur et exporte plus de 500.000 Ford Ranger assemblés localement.

Les travailleurs et travailleuses se sont mis en grève pour réclamer une participation aux bénéfices en plus des primes, après que Ford a déclaré au plan mondial des bénéfices de plus de 25 milliards de dollars au cours du dernier exercice financier, selon les rapports concernant le secteur. Le NUMSA a fait valoir que seuls les actionnaires et la direction bénéficiaient de retombées et non les travailleurs. Le syndicat a souligné que Ford pouvait se permettre de partager les bénéfices.

Cependant, le syndicat n’est pas parvenu à un accord avec la direction de Ford sur la participation aux bénéfices, même après que l’affaire a été portée le 11 juin devant la Commission de conciliation, de médiation et d’arbitrage (CCMA). La grève, qui a débuté le 4 juillet, a ensuite été interdite par le tribunal du travail, qui a statué que l’action collective n’était pas protégée d’un point de vue légal.

Le NUMSA s’est félicité de l’accord conclu avec la direction.

“C’est une victoire pour les travailleurs et travailleuses. En tant que syndicat, nous pensons que la classe ouvrière doit bénéficier des bénéfices générés parce que c’est elle qui crée de la richesse. Ce résultat n’aurait pas été possible si nos membres n’avaient pas été unis dans leurs revendications”,

a déclaré Irvin Jim, Secrétaire général du NUMSA.

“La participation aux bénéfices permet d’amortir la hausse du coût de la vie pour les travailleurs et travailleuses sud-africains de l’automobile. Le NUMSA doit être félicité pour avoir persisté à revendiquer pour les salariés des avantages qui leur permettent de continuer à s’occuper dignement de leurs familles”,

a déclaré Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

La souffrance continue pour les travailleurs de l'habillement au Bangladesh

Avec une inflation plafonnant à plus de neuf pour cent, le pouvoir d'achat ne cesse de diminuer. En novembre dernier, le gouvernement a augmenté le salaire minimum d'un travailleur de l'habillement débutant de 8.000 takas (67 $) à 12.000 takas (105 $), la moitié de ce que les syndicats réclamaient.

En réaction à cette hausse qui correspondait davantage aux propositions des employeurs, les travailleurs et leurs syndicats ont organisé des manifestations de masse à Dacca. Les protestations des travailleurs se sont heurtées à une réaction brutale de la police qui a fait au moins quatre morts et plusieurs blessés graves. Les autorités ont aussi ouvert des poursuites pénales contre des manifestants et des leaders syndicaux.

Les affiliés d'IndustriALL signalent que 43 procédures pénales au moins ont été entamées contre 20.000 personnes et que plus d'une centaine de travailleurs ont été incarcérés à la suite des manifestations contre le salaire minimum. Beaucoup ont perdu leur emploi et les employeurs les ont inscrits sur des listes noires; ils auront ainsi du mal à retrouver un autre emploi.

Les syndicats, dont nos affiliés, demandent que le harcèlement des travailleurs cesse immédiatement, que toutes inculpations pénales soient abandonnées et que les travailleurs soient convenablement indemnisés, ainsi que les familles que ceux qui ont été tués par la police.

Ils demandent aussi comment les travailleurs pourraient maintenir un niveau de vie décent avec les salaires de misère qui leur sont payés et les prix élevés des denrées de base. Le mois dernier, les affiliés d'IndustriALL ont organisé une conférence de presse pour demander que le gouvernement alloue des ressources à un plan alimentaire pour les travailleurs de l'habillement qui leur permettrait d'acquérir des produits de première nécessité à prix réduits. Cette conférence s'est tenue après la session budgétaire du parlement qui a refusé cette mesure malgré les promesses faites l'an dernier par le premier ministre.

Pour Shahidul Badal, le secrétaire général du Conseil d'IndustriALL pour le Bangladesh :

"Le salaire minimum annoncé pour le secteur RMG devrait être appliqué dans toute l'industrie sans aucun retard et toutes les procédures pénales intentées contre des travailleurs de l'habillement abandonnées immédiatement."

Les affiliés d'IndustriALL demandent aussi que le salaire minimum révisé soit appliqué sans réserve dans tous les ateliers de confection du pays.

Crédit photographique : Crozet M. / ILO 

Un siège vide à la table met en lumière le sort des femmes dans la transition énergétique en Amérique latine

Mais une participante a brillé par son absence : Greyci Solano Pérez, militante syndicale et communautaire colombienne, a dû se retirer à la dernière minute à la suite d’actes d’intimidation et de menaces de mort crédibles. Elle fait actuellement pression sur le procureur, avec le soutien total de SINTRACARBÓN et d’IndustriALL, pour obtenir une protection.

Greyci travaille au Cerrejón, la plus grande mine de charbon à ciel ouvert d’Amérique latine, propriété du géant minier Glencore. Elle est une dirigeante de base de SINTRACARBÓN, affilié d’IndustriALL. Elle est également Présidente du comité d’action de sa communauté locale, qui a été durement touchée par la mine. Elle est à la tête d’un groupe municipal qui s’est fait entendre pour exiger que les redevances minières contribuent à sortir les communautés locales de la pauvreté et pour réclamer la participation de la population au processus budgétaire municipal. Le groupe a également été le fer de lance des revendications visant à ce que le Cerrejón offre des possibilités d’emploi aux jeunes de la région.

Cela n’a pas été du goût des autorités municipales répressives ni des groupes armés qui recourent régulièrement à la violence pour réduire au silence tous ceux qui se mettent en travers de leur chemin.

S’exprimant par liaison vidéo au cours de la réunion, Solano Pérez a déclaré : “Si nous permettons que les redevances de la mine soient utilisées à mauvais escient alors qu’elle est encore en activité, la situation sera encore pire lorsqu’elle sera fermée. C’est une catastrophe sociale qui se prépare”.

Greyci a raison de s’inquiéter. Le bilan de Glencore dans le nord de la Colombie est épouvantable. Lorsque les prix du charbon ont chuté en 2020, Glencore a mis sa mine Prodeco, située à proximité, à l’arrêt pour entretien et maintenance, puis l’a fermée sans mettre en place de plan social approprié. La fermeture de la mine a laissé des milliers de travailleurs et travailleuses sans emploi, a empêché d’obtenir des réparations pour les dommages causés à l’environnement et a transformé les bourgades locales en villes fantômes.

Les participantes à la réunion de Bogota ont exprimé leur entière solidarité avec Greyci Solano Pérez et ont réitéré leur demande au procureur d’enquêter et de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger sa vie et son intégrité.

Les syndicats africains vont adopter des stratégies pour les minéraux essentiels pour la transition

Les syndicats préconisent le respect du devoir de vigilance en matière de droits de l'homme ainsi que les pratiques d'entreprise responsables dans l'extraction des minerais essentiels pour la transition. Leur but est d'atténuer les effets négatifs de la transition sur les droits humains et de protéger les droits des travailleurs et des communautés. Tels étaient les thèmes qui ont été débattus lors du Forum sur la transition juste et le devoir de vigilance en matière de droits humains, qui s'est tenu à Lusaka, en Zambie, les 15 et 16 juillet.

Ce forum était organisé par le bureau régional d'ASS en partenariat avec la Fédération unie du Danemark (3F). Des dirigeants syndicaux d'affiliés d'IndustriALL Global Union du Gabon, du Ghana, du Kenya, du Malawi, du Sénégal  d'Afrique du Sud, d'Ouganda, de Zambie, et du Zimbabwe ont convenu d'utiliser des stratégies éprouvées par l'expérience dans leur plans pour une transition juste. Des organismes de recherche sur le travail étaient également présents.

Pour aider les organisations syndicales à formuler leurs stratégies, le bureau régional pour l'ASS d'IndustriALL a commandé une étude sur un recensement des emplois verts, le perfectionnement des compétences et une transition énergétique juste qui examinera le potentiel de créations d'emplois dans les chaînes de valeur des énergies renouvelables et les minéraux essentiels à la transition à partir d'exemples pris en Afrique du Sud. L'étude a été confiée à l'Institut de recherche Dam Tambani (SATRI), émanation de notre affilié, le Syndicat national des mineurs (NUM).

Une autre recherche, confiée à l'Institut de recherche du Zimbabwe sur le travail et le développement économique (LEDRIZ), recensera l'impact des flux d'investissement sur les droits au travail et les droits syndicaux dans les secteurs des minéraux de la transition et des énergies renouvelables au Zimbabwe. Une troisième sera consacrée à la Vision de l'industrie minière africaine (AMV) afin d'analyser les liens entre cette AMV, les minéraux essentiels à la transition et la transition juste.

Les syndicats du secteur de l'énergie ont convenu de coopérer sur la manière d'entamer la privatisation des infrastructures énergétiques publiques étant donné les similitudes des processus d'un pays à l'autre, qui impliquent un dégroupage des entités entre la production, le transport et la distribution.

Rhoda Boateng, coordinatrice de programme pour le changement climatique à la CSI Afrique, a expliqué que les principales recommandations adressées aux syndicats par la Conférence des parties de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP) étaient de :

"Se mobiliser activement aux échelons sectoriel et national en vue d'une action renforcée pour le climat, et dialoguer avec les décideurs politiques sur l'intégration de plans pour une transition juste."

Bjorn Haar, le coordinateur régional et représentant de 3F, a déclaré :

"Le but est de faire en sorte que, pendant  la transition, les travailleurs et les communautés ne pâtissent pas à cause des pertes d'emplois ou du recul de l'activité économique dans leurs communautés, et que les inégalités et les conséquences négatives soient prises en compte. En tant que syndicats, nous devons veiller à ce qu'un véritable dialogue social s'instaure, de même qu'un marché du travail bien organisé, qui englobe le secteur informel."

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'ASS, Paule France Ndessomin, a déclaré :

"Ce forum s'inscrit dans le dialogue continu pour les syndicats sur la transition juste, les entreprises et les droits de l'homme dans les industries de l'énergie, de la mine et manufacturières qui seront affectées par la transition vers des sources d'énergie renouvelables à bas carbone."

"Ce forum est vital parce que les entreprises doivent respecter les droits fondamentaux au travail de l'Organisation internationale du travail et faire montre de diligence raisonnable dans toutes les chaînes d'approvisionnement des minéraux essentiels. En outre, les syndicats doivent utiliser la négociation collective comme stratégie fondamentale de l'agenda de la transformation,"

a ajouté Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines.

Les minéraux essentiels pour la transition qu'on trouve en ASS sont le cuivre, le lithium, le nickel, le cobalt, la bauxite, le graphite, les terres rares, le manganèse, le chrome, le molybdène, le zinc et la silice.  

Nouveau rapport de l’AIE sur les transitions énergétiques propres, équitables et inclusives

Le 10 juillet 2024, l’AIE a organisé un séminaire en ligne pour lancer officiellement son nouveau rapport et la création de la Commission mondiale sur les transitions énergétiques propres axées sur les populations. L’événement a rassemblé des experts mondiaux qui ont abordé la question cruciale des transitions énergétiques propres, à la fois équitables et rentables.

Le webinaire a mis en lumière les principales préoccupations des décideurs politiques : comment s’assurer que les investissements dans l’énergie propre soient abordables et augmentent l’accès aux services énergétiques pour tous, en particulier pour les communautés marginalisées. La discussion a porté sur la nécessité de rendre les politiques plus équitables et de veiller à ce que les coûts et les avantages de la transition vers les énergies propres soient équitablement répartis entre les différents segments de la population.

Javier Pamplona, Conseiller en énergie du vice-premier ministre pour la transition écologique et le défi démographique en Espagne, a partagé les expériences de sa stratégie de transition juste, en particulier l’initiative d’élimination progressive du charbon. L’Espagne a atteint un taux d’emploi de 90 % et a restauré avec succès des territoires touchés par la transition vers les énergies renouvelables. Pamplona a souligné l’importance d’impliquer les parties prenantes, en particulier dans les zones rurales, et a mis en évidence la croissance économique grâce à l’énergie éolienne, au stockage de l’hydrogène et aux activités industrielles.

André Dias, Directeur du département des politiques sociales et de l’universalisation de l’accès à l’électricité auprès du ministère brésilien des mines et de l’énergie, a parlé de son programme, qui a permis de raccorder plus de 10 millions de foyers à l’électricité, en donnant la priorité aux communautés vulnérables. Il a évoqué la complexité de la planification et de la coordination des transitions énergétiques et a souligné les efforts déployés par le Brésil pour installer des systèmes renouvelables hors réseau dans les zones reculées de l’Amazonie. M. Dias a insisté sur la nécessité d’une consultation publique et d’un dialogue social pour une mise en œuvre efficace des politiques, en s’inspirant de l’approche espagnole.

Diana Junquera, Directrice pour l’énergie et la transition juste auprès d’IndustriALL et Codirectrice du Centre pour une transition juste (CTC) de la Confédération syndicale internationale (CSI), a souligné l’importance d’une transition juste dans le secteur de l’énergie afin de réduire les inégalités et de garantir des emplois stables et de qualité. Elle a souligné l’importance d’évaluer l’impact social et d’investir dans les infrastructures lors de la transition vers de nouvelles industries.

“Il est essentiel que les transitions énergétiques ne laissent personne de côté. Nous devons veiller à ce que les nouveaux emplois créés dans le secteur des énergies renouvelables soient des emplois stables et de qualité qui réduisent les inégalités existantes. Nous avons besoin de cadres énergétiques mondiaux et de processus décisionnels inclusifs impliquant toutes les parties prenantes,”

a déclaré Mme Junquera.

Kate Slevin, Vice-présidente exécutive de la Regional Plan Association aux États-Unis, a parlé des investissements de la ville de New York dans les énergies propres et de l’importance d’un transport abordable et fiable pour les communautés à faible revenu. Elle a souligné les défis posés par l’opposition politique aux péages urbains destinés à contrer la congestion automobile et a insisté sur la nécessité d’établir des partenariats et d’orienter les recettes de cette tarification vers les zones marginalisées afin de répondre aux préoccupations en matière de justice environnementale.

Le webinaire a mis en évidence le besoin urgent de transitions énergétiques inclusives et équitables. Les experts ont souligné l’importance d’une approche globale, d’un soutien gouvernemental fort et de partenariats à long terme pour attirer de nouvelles industries et faire en sorte que les transitions profitent à tous les segments de la société. Parmi les approches clés discutées, on peut citer le fait de rendre les technologies énergétiques propres plus abordables, d’engager des consultations publiques et de mettre en œuvre des stratégies de transition juste qui atténuent les impacts socio-économiques sur les communautés vulnérables.

Pour plus de détails sur le rapport de l’AIE et la nouvelle commission mondiale, consultez les sites suivants : Stratégies pour des transitions énergétiques propres abordables et équitables de l’AIE et Commission mondiale de l’AIE sur les transitions énergétiques propres axées sur les personnes : concevoir pour l’équité.

IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe condamnent la récente attaque de la Russie contre l'Ukraine

Pendant  cette attaque combinée sur Kiev, un missile russe a frappé l'hôpital d'Okhmatdyt, le plus grand hôpital pédiatrique et le plus ancien de la ville.

Parmi les victimes figurent dix mineurs du complexe minier du nord du pays, à Kryvyi Rih, où sont présentes deux organisations affiliées, le Syndicat indépendant des mineurs d'Ukraine et le Syndicat des travailleurs de la métallurgie et des mineurs d'Ukraine.

IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe expriment leurs vives condoléances et réitèrent leur indéfectible solidarité à tous ceux qui étaient visés par cette attaque, ainsi qu'aux familles des défunts.

La population ukrainienne lutte pour sa dignité, sa liberté et ses droits. Nous resterons fermement à ses côtés et défendrons leur combat dans toutes les enceintes internationales et européennes. Nous ne cesserons d'attirer l'attention de l'ONU et de l'UE sur les tentatives pour affaiblir les droits des travailleurs en Ukraine.

Le nouveau Parlement européen va se constituer cette semaine et il organisera un débat stratégique (le 17 juillet) sur la nécessité d'un soutien ininterrompu à l'Ukraine : IndustriALL Europe et IndustriALL Global Union demandent aux eurodéputés de renforcer leur soutien politique à l'Ukraine, tout en insistant sur la nécessité de respecter les droits des travailleurs ukrainiens.

L'unité aux niveaux national et international est nécessaire dans ces moments très difficiles de la guerre et de l'occupation, et les organisations syndicales ont un rôle vital à jouer dans la reconstruction du pays par le biais du dialogue social.

 

En Inde, la SEWA propose à ses membres une assurance contre la canicule

Les vagues de chaleur écrasantes qui ont balayé l’Asie du Sud cette année ont posé d’énormes défis aux travailleurs et travailleuses de la région. Ceux et celles qui ont dû travailler sous une chaleur étouffante ont été confrontés à des conditions extrêmement difficiles qui ont eu un impact négatif sur leur santé et les ont même parfois contraints à quitter leur travail. La majorité de ces travailleurs et travailleuses sont employés dans le secteur informel et n’ont pas accès aux programmes de sécurité sociale.

La SEWA (Association des femmes travailleuses indépendantes), qui syndique dans le secteur informel, notamment les travailleuses à domicile de l’industrie de la confection et les celles présentes dans l’industrie en aval de la démolition des navires, a lancé un programme d’assurance contre la canicule pour ses membres afin d’atténuer les effets des conditions météorologiques difficiles. Dans le cadre de ce programme pilote d’assurance, le syndicat a fourni une aide financière aux travailleuses afin qu’elles puissent utiliser cet argent supplémentaire pour leurs besoins de santé.

Les travailleuses de la confection occupées à domicile et celles concernées par des activités d’aval dans le démantèlement des navires doivent prester de longues heures dans des pièces dépourvues de dispositifs de gestion de la température, ce qui entraîne des coups de chaleur et des crampes. Dans le cadre de son programme d’assurance contre la canicule, la SEWA a surveillé la température quotidienne. Dans la ville d’Ahmedabad, par exemple, où les travailleuses à domicile du secteur de la confection sont basées, lorsque le mercure a atteint 43,6 degrés Celsius pendant trois jours consécutifs, le syndicat a transféré 250 INR (3 dollars) sur les comptes bancaires de ces travailleuses. Si la température restait inchangée le quatrième jour, les travailleurs recevaient à nouveau 250 INR (3 dollars). À Bhavnagar, où se situent les activités d’aval de l’industrie du démantèlement des navires, le seuil de température était fixé à 44,68 degrés Celsius.
 
Manali Shah, Secrétaire nationale de la SEWA, explique :

“Cette année, nous avons lancé un programme pilote et plus de 46.000 de nos membres, réparties dans 22 districts de trois États indiens, ont bénéficié de prestations dans le cadre de ce programme. Cela a permis aux travailleuses de ne pas compromettre leur santé tout en ayant pas à choisir entre protéger leur santé ou nourrir leur famille.”

Ashutosh Bhattacharya, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“Nous félicitons la SEWA d’avoir pris cette initiative et d’avoir donné l’exemple à d’autres syndicats ainsi qu’au gouvernement pour qu’ils commencent à réfléchir à la manière de préserver la santé des travailleurs et travailleuses dans le contexte du changement climatique et de l’augmentation des températures dans la région”.

Crédit photo : SEWA

Les syndicats australiens se félicitent de la réaction d'Anglo American à l'accident à la mine Grosvenor

Les inspecteurs qui enquêtent sur cet incident font craindre au Syndicat de la mine et de l'énergie MEU, affilié à IndustriALL Global Union, une fermeture définitive de cette mine de charbon métallurgique, propriété d'Anglo American.

Cet incident minier fait figure de test s'agissant des engagements pris en matière de santé et sécurité au travail par le mémorandum d'accord conclu entre Anglo American et IndustriALL et qui ont été réitérés à la réunion de dialogue mondial avec Anglo American. Toutefois, le syndicat a déclaré qu'Anglo American se montre plus coopératif que dans le passé.

"Je dois dire que l'attitude de la direction australienne d'Anglo American a totalement changé par rapport au passé. Elle a fait montre de franchise et de transparence. Cela s'explique par le dernier événement et par nos pressions. Mais elle a beaucoup travaillé avec nous pour la sécurité des travailleurs et l'avenir des emplois de nos membres,"

a déclaré Stephen Smyth, le vice-président général du MEU. Dans un communiqué, il est dit que les travailleurs percevront leurs salaires jusqu'au 31 août pendant qu'Anglo American tentera de remettre la mine en activité. Certains travailleurs seront réaffectés à l'abattage en surface tandis que d'autres iront travailler au siège, à Brisbane. Lors du dernier incident, en 2020, cinq mineurs avaient été grièvement blessés dans le même genre d'explosion et les taux de méthane restent élevés dans la mine.

Jeff Scale, le vice-président de district du MEU pour le Queensland, ajoute :

"Anglo American semble prêcher par l'exemple, au moins en Australie, mais il reste à voir s'il fera de même dans ses autres sites de par le monde, pour des travailleurs à l'avenir incertain dont la solution serait une transparence totale et un dialogue social."

"Les annonces conciliantes en réponse à l'incident de la mine de Grosvenor sont l'essence du dialogue mondial qu'Anglo American met en pratique et qui faisait l'objet de notre mémorandum d'accord sur la santé et la sécurité au travail. Le dialogue avec les syndicats sur le bien-être des travailleurs après l'évacuation de la mine est important, surtout lorsque la sécurité d'emploi est en jeu,"

déclare Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge du secteur minier et de la santé et la sécurité.

Grosvenor est un des charbonnages qu'Anglo American veut vendre après une OPA hostile de BHP. Or, sa remise en activité pourrait prendre des mois à cause de l'explosion à l'origine de l'incendie.

Photo: Anglo American

Les travailleurs de Samsung Electronics annoncent une grève à illimitée

La négociation collective entre le NSEU et Samsung Electronics a abouti à l'impasse au début du mois à la suite du refus de la direction d'accéder à la plupart des demandes du syndicat, qui consistent en une hausse de 3,5% de la rémunération de base, un jour de congé payé pour commémorer la naissance du syndicat et une indemnisation pour la perte de salaire pendant la grève.

Au mépris des revendications du syndicat, Samsung Electronics a imposé unilatéralement une hausse de 3% du taux de base pour certains travailleurs. La direction a usé d'intimidation envers les grévistes, les menaçant d'en subir les conséquences.

Le NSEU, qui est affilié à la Fédération des travailleurs coréens de la métallurgie (FKMTU), compte 30.000 adhérents chez Samsung Electronics, soit 24% de son personnel, et est reconnu comme négociateur officiel. En réponse à l'inflexibilité et aux manœuvres antisyndicales de la direction, le NSEU a annoncé une grève à durée indéterminée et invité tous ses membres à poursuivre la lutte jusqu'à la victoire.

Le président de la FKMTU, Kim Junyoung, a déclaré :

"De grands changements se préparent chez Samsung. Cinq ans après l'échec de sa politique de refus des syndicats, les membres commencent à affirmer leur présence. Bien que le combat ne fasse que commencer, il sonne la fin de la politique antisyndicale de Samsung. La solidarité et le soutien sont essentiels dans ce contexte. Nous nous battrons jusqu'à l'aboutissement de notre lutte."

Le directeur du département des TIC, de l'électricité et de l'électronique d'IndustriALL, Alexander Ivanou, a déclaré :

"IndustriALL soutient les membres du NSEU dans leur lutte pour des conditions de travail décentes chez Samsung Electronics. L'entreprise a fait un résultat d'exploitation de 6,57 billions de wons (4,79 billions $) en 2023; elle a l'obligation morale de partager ses bénéfices avec ses travailleurs auxquels elle doit ses recettes et sa valorisation. Nous appelons Samsung Electronics à revenir à la table des négociations et à entamer un dialogue social digne de ce nom avec le NSEU et la FKMTU."