Rencontre cruciale de syndicats mondiaux et de marques avec le gouvernement cambodgien

Les discussions de haut niveau se tiendront dans la capitale Phnom Penh, lundi 26 mai, entre le gouvernement, IndustriALL Global Union et des marques et distributeurs, parmi lesquels H&M, Gap, Levi’s, Puma, Inditex, Debenhams et New Look.

Il s’agit de la deuxième série de négociations de ces derniers mois entre les parties, qui fait suite à une réunion précédente, en février, avec le vice-Premier ministre, les ministres du Travail et du Commerce, ainsi que d’autres hauts fonctionnaires du gouvernement.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, qui assistera à la réunion et représentera également la CSI et Uni Global Union, a déclaré:

“Malgré les assurances données par le gouvernement en février, il y a eu depuis un niveau sans précédent de menaces, de violences, et un déclin du respect de la primauté du droit, qui portent ensemble gravement atteinte aux droits syndicaux et aux droits des travailleurs et travailleuses.

Le message concerté des syndicats mondiaux et des marques au gouvernement cambodgien est clair: la stabilité politique et le respect des droits de la personne et des travailleurs/euses sont indispensables pour la poursuite de l’approvisionnement au Cambodge.

Ces derniers mois, les travailleuses et travailleurs de la confection en grève ont été forcés de reprendre le travail par les militaires, certains ont été mis à pied sans plus d’explications et des ateliers et fabriques de la confection ont lancé un grand nombre d’actions judiciaires contre des dirigeants syndicaux.

Les syndicats et les marques maintiennent également leurs préoccupations concernant la poursuite de la détention de 21 manifestants contre les salaires, et le procès équitable des 23 personnes impliquées, ainsi que l’absence de progrès pour la mise en place d’un mécanisme d’établissement du salaire minimum.

À ce jour, il n’y a pas eu d’enquête indépendante sur les travailleurs tués par la police lors des manifestations sur les salaires en janvier, et les personnes touchées n’ont pas été indemnisées d’une façon ou d’une autre.

Le Cambodge a reçu récemment la note cinq sur l’indice des droits dans le monde de la CSI pour des infractions aux droits syndicaux. Seuls les pays où la primauté du droit a complètement disparu ont le classement le plus bas.   

Pour plus de renseignements, contacter: 
Leonie Guguen, responsable des communications, IndustriALL Global Union. 
Tél: +41 22 308 50 23 
[email protected] 
www.industriALL-union.org 
Standard: +41 22 308 50 50

Soutien du gouvernement pour un salaire vital en Zambie

Le ministre du Travail s'adressait aux délégué(e)s à la Conférence quadriennale du MUZ qui s’est tenue du 14 au 16 mai 2014. Il a dit à la conférence que l’industrie se plaignait du nouveau salaire minimum qui était supérieur au seuil de pauvreté, mais il a ajouté que le gouvernement estime que c'est important pour le pays. Il a également assuré le MUZ du soutien du gouvernement pour que l'industrie respecte les lois du pays.

Le secrétaire régional de IndustriALL, Fabian Nkomo, a déclaré: "Les objectifs-clés du MUZ sont conformes aux domaines stratégiques de IndustriALL, et avec le soutien affirmé du gouvernement pour améliorer les moyens d’existence des travailleurs/euses, l’expansion du MUZ est remarquable".

Environ 200 délégué(e)s de 43 branches du MUZ assistaient à la conférence qui avait pour thème “Les Droits des Travailleurs tout d’abord”. La séance d'ouverture de la conférence a traité de la syndicalisation et de la réalisation de l'unité parmi les travailleurs/euses de l'industrie minière. La conférence a également envoyé un message de condoléances aux familles et aux proches des mineurs ayant perdu la vie lors de l’explosion dans la mine de la ville turque de Soma.

“Nous demandons au gouvernement turc de ratifier et d'appliquer la convention 176 de l'OIT pour assurer la santé et la sécurité du milieu de travail dans l'industrie minière en Turquie,” a déclaré le président du MUZ, Chishimba Nkole.

Mobilisation des syndicats de Trinidad et Tobago pour une manifestation de masse

La manifestation est organisée par une coalition de syndicat de syndicats et de groupes d’action pour la justice sociale. 

Leur mécontentement provient des tentatives du gouvernement de privatiser des entreprises d’État de premier plan et d’augmenter la semaine de 40 heures de travail, ainsi que du niveau sans précédent de corruption et de violence qui menace la stabilité et le développement du pays.

A début du mois, l’action prévue a figuré dans la discussion sur “l’établissement d’un pouvoir syndical pour une justice sociale et économique” à la conférence régionale de IndustriALL Global Union pour l’Amérique latine et les Caraïbes.

Après avoir entendu des représentants du syndicat des travailleurs des gisements pétroliers (OWTU) et du syndicat de la sidérurgie (SWUTT) parler de l’incapacité du gouvernement actuel d’appliquer le ‘programme des travailleurs’ pour lequel il s’était lui-même engagé lors des élections en 2010, les délégué(e)s de treize pays à la conférence ont approuvé sans réserve la manifestation de masse.

Dans une lettre sur ce sujet adressée aux affiliés de Trinidad et Tobago, le secrétaire général, Jyrki Raina, affirme: “IndustriALL Global Union et ses affiliés se tiennent à vos côtés dans votre combat pour une gestion gouvernementale transparente et responsable, et pour la défense des droits et des intérêts des travailleurs et travailleuses, et vous souhaitent beaucoup de succès pour votre manifestation ”.

S’atteler au problème de la violence envers les femmes en Tanzanie

Un Atelier pour les Femmes, tenu à Arusha, a réuni 25 déléguées syndicales des secteurs de l’énergie, des mines et du textile, organisé par le TUICO (Syndicat de l’Industrie et du Commerce de Tanzanie) et le TAMICO (Syndicat des Mines, de l’Energie, de la Construction et des Secteurs connexes de Tanzanie). L’atelier s’est attelé aux questions liées au SIDA et au VIH auxquelles sont confrontées les femmes ainsi, en particulier, qu’aux violences qu’elles subissent.

Le harcèlement sexuel et le viol ont été débattu en profondeur et toute l’étendue de ces problématiques, en particulier pour les jeunes femmes des usines textiles, a été révélée.

“Tout au long de l’atelier, les femmes ont été encouragées à ne pas accepter le harcèlement sexuel et le viol et à dénoncer tout abus à leur représentant syndical si elles craignent la direction”, a précisé Paule Ndessomin, Coordinatrice SIDA et VIH.

Paule Ndessomin et Thabo Tshabalala, Responsable de la Région, ont visité l’entreprise A to Z Textile Ltd qui emploie principalement des jeunes travailleuses. Leur moyenne d’âge est de 23 ans et elles proviennent de villages dont elles ont été amenées pour travailler dans les usines. Elles vivent dans des baraquements dans l’enceinte de l’usine. ”En dehors du travail, aucune activité n’est proposée à ces jeunes femmes”, indique Paule. ”Ceci peut contribuer à ce qu’un nombre important d’entre elles tombent enceintes.”

Un atelier a également été tenu avec 33 femmes Masaïs, toutes membres du TUICO, dans le village de Maserani pour conscientiser sur le SIDA, le VIH et les violences faites aux femmes, y compris les mutilations génitales.

Ceci faisait suite à un atelier tenu l’an dernier au cours duquel des femmes Masaïs avaient demandé une formation sur les questions du SIDA et du VIH. ”Des discussions ouvertes se sont tenues sur les pratiques de mutilation génitale des femmes,” a indiqué Paule Ndessomin. “Les femmes Masaïs se sont plaintes de certains aspects de leur culture mais sont convenues qu’il faudrait du temps pour que ces pratiques et croyances disparaissent.”

Signature d’un accord sur la santé et sécurité entre Fédérations syndicales internationales et GDF Suez

Gérard Mestrallet, PDG de GDF SUEZ, a signé l’Accord mondial sur la santé et la sécurité avec IndustriALL Global Union, l’Internationale du Bois et du Bâtiment (IBB) et l’Internationale des Services publics (ISP) ce 13 mai au Chili.

Ce pacte, qui complète l’Accord Cadre Mondial d’IndustriALL avec GDF Suez, se donne pour but l’éradication des accidents mortels ayant un lien de causalité avec les activités de l’entreprise. L’accord vise aussi la réduction constante du nombre d’accidents de travail et l’amélioration de la santé au travail en supprimant les produits contenant des substances toxiques substituables en particulier des produits chimiques classés comme cancérogènes mutagènes ou reprotoxiques.

Brian Kohler, Directeur Santé, Sécurité et Développement durable d’IndustriALL déclare :

“GDF Suez rejoint un cercle restreint d’entreprises qui ont la volonté d’œuvrer en commun avec les syndicats pour transposer au plan mondial leurs meilleures pratiques en matière de santé et sécurité. Nous visons à protéger les travailleurs et travailleuses au niveau de toutes les activités de la multinationale, ainsi que tous ceux qui y opèrent en sous-traitance.”

Une attention particulière est portée aux sous-traitants dans la phase de construction de projets industriels et d’infrastructure, GDF Suez s’engageant à mener des études d’évaluation des risques pour chaque phase d’un projet de sorte à s’assurer que les meilleures pratiques soient en vigueur. L’approbation finale des projets comprendra des critères pour leur entérinement et pour l’inspection des problèmes relatifs à la santé et la sécurité.

L’accord sera soumis à révision annuelle dans le cadre d’un plan d’action quinquennal à partir de 2015-2020.

Les dirigeants syndicaux annoncent leur engagement à combattre le changement climatique

Les syndicats participent à l’action « Unions4Climate » en se mobilisant pour garantir des engagements ambitieux de la part des gouvernements, participer au dialogue en vue de planifier une transformation industrielle et d’assurer des mesures de transition juste, et organiser les travailleurs/euses dans des emplois « verts » afin de garantir un travail décent et une croissance syndicale.

Des études menées par la CSI révèlent que 48 millions de nouveaux emplois pourraient être créés dans seulement 12 pays. En Allemagne, jusqu’à 400 000 nouveaux emplois ont été créés dans le secteur des énergies renouvelables en deux ans à peine.

Brian Kohler, Directeur pour le Développement durable d’IndustriALL, déclare que le changement climatique met en péril tout ce que le mouvement syndical a toujours défendu.

Ceux-là même qui tentent d’éviter d’agir sur le changement climatique ont réprimé les travailleurs pendant des décennies. Une Juste Transition vers des emplois plus écologiques est la clé pour ouvrir la porte à un avenir durable.

Le 3e Congrès mondial de la CSI à Berlin a dédié un nouveau prix de l’action syndicale pour la justice climatique en mémoire de Dorje Khatri, dirigeant de son syndicat des sherpas et vice-président de la GEFONT. Le prix annuel sera décerné par le Conseil général de la CSI.

Dorje Khatri, un ardent combattant de la lutte pour le climat, est décédé dans un tragique accident, alors qu’il travaillait sur le Mont Everest.

Vous pouvez manifester votre soutien et adhérer au mouvement pour l’action climatique: http://act.equaltimes.org/unions4climate

Le Congrès d’IF Metall exprime son soutien aux travailleurs du reste du monde

Le 18 mai, IF Metall et plus de 40 invités étrangers, dont le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina, ont appelé le gouvernement turc à prendre des mesures immédiates pour éviter des accidents prévisibles dans les mines du pays. Comme première étape, le gouvernement devrait ratifier la Convention 176 de l’OIT sur la Santé et la Sécurité dans les Mines.

Le congrès a fustigé l’attitude désinvolte du gouvernement et des compagnies minières :

Cette attitude est inacceptable et doit cesser. Il est intolérable que les mineurs de Turquie se voient refuser un droit humain aussi fondamental que celui de travailler dans un environnement qui garantisse leur sécurité et qu’au lieu de cela on attende d’eux qu’ils soient susceptibles de mourir au travail.

Les délégués ont aussi exprimé leur soutien envers les travailleurs et travailleuses de l’industrie du vêtement au Bangladesh et la tâche gigantesque que représente la syndicalisation de ce secteur largement dépourvu de représentation. Le syndicat a offert à IndustriALL une participation au fond de l’Internationale destiné à financer le recrutement syndical et les campagnes au Bangladesh.

Dans son discours, le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union Jyrki Raina a déclaré :

Nos 600 affiliés sont résolus à construire une solidarité mondiale, et dans ce cadre, IF Metall joue un grand rôle. Votre soutien direct à la promotion des droits et du recrutement syndicaux dans des pays tels que la Colombie, l’Afrique du Sud, le Bangladesh et l’Indonésie font la différence et montrent que le changement est possible.

Le congrès à réélu à la présidence Anders Ferbe et Veli-Pekka Säikkälä comme Responsable de la Négociation Collective. Marie Nilsson a été élue à la vice-présidence et Monika Theodorsson a été réélue en tant que Secrétaire syndicale.

PROFIL: Lutter pour les femmes en RDC

Profil

Text: Aisha Bahadur

En 1994, Josée a été licenciée de son emploi d’infirmière alors qu’elle sollicitait un congé de maternité étendu en raison d’une grossesse difficile. Au bout de quatre années passées à la maison, elle a contacté le syndicat pour contester son licenciement abusif et a été réintégrée.

Je me suis rendue compte que sans syndicat, il n’y a personne pour se battre pour vous.

            – Josée

Elle a continué à faire passer ce message à d’autres travailleurs après avoir été élue comme déléguée syndicale en 1999. En 2003, elle a reçu à plein temps la responsabilité des questions des femmes à la CSC.

j’allais d’entreprise en entreprise dans tous les secteurs qui sont les nôtres pour raconter mon histoire et encourager les femmes à rejoindre le syndicat.  

Dans toutes les entreprises où la CSC compte des membres, des élections pour un comité des femmes sont organisées. Le but principal d’un comité des femmes est de souligner et combattre les problèmes rencontrés par les femmes sur le lieu de travail.

Il n’existe en RDC que peu d’emplois dans le secteur formel, où de manière surprenante, les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Mais généralement, ces emplois ont un prix : il est de pratique courante que les chefs masculins donnent un boulot aux femmes en échange de relations sexuelles. Une fois le job octroyé, le même chantage s’exerce pour la sécurité d’emploi ou pour obtenir de l’avancement, « c’est ce qu’on appelle ici la “promotion canapé”, » confie Josée. Le harcèlement sexuel sur le lieu de travail est monnaie courante et existe avant et pendant l’emploi.

Josée indique que la situation des femmes du secteur informel est pire:

Sans le bénéfice d’une assurance santé, de pension et d’allocations familiales, les femmes évoluant dans l’économie informelle sont confrontées à de nombreuses difficultés et sont dépourvues de protection sociale. 

Elles sont également harcelées régulièrement pour payer des « taxes » par différents fonctionnaires véreux ou se font confisquer leurs biens.

Il faut ajouter à cela que la violence à l’égard des femmes est telle dans les zones de conflits que les syndicats encouragent les femmes à porter des préservatifs féminins pour se rendre au travail. Le viol est une réalité quotidienne si insurmontable à prévenir au niveau systémique que la meilleure chose qui puisse être proposée est de s’assurer qu’une protection soit en place.

Josée explique :

quand une femme est prise de force, au moins on peut lui épargner les maladies sexuellement transmissibles. 

Ces zones de conflit se situent autour des exploitations minières, où l’on trouve des mines de petite envergure. Elles sont caractérisées par une surpopulation, car les gens se ruent sur ces maigres occasions de gagner ce qu’ils peuvent au départ de la demande de minerais qui trouveront à être écoulés auprès des multinationales et finalement sur le marché mondial. Les femmes viennent là pour vendre des denrées aux mineurs, tel de la nourriture. Ce qui pourrait être obtenu d’elles par la force est parfois volontairement monnayé.

Les femmes pratiquent la prostitution dans ces régions pour survivre ou faire l’appoint à ce qu’elles gagnent de ce qu’elles sont à même de vendre. 

            – Josée.

Elle parle d’un projet que la CSC nourri depuis deux ans pour essayer d’atteindre les femmes dans ces zones de conflits, mais reconnaît qu’il ne pourra pas grand-chose sans une volonté politique de la part du gouvernement de prendre en compte les problèmes sous-jacents.

Il peut être éprouvant, stressant et frustrant mais c’est un job passionnant pour moi de savoir que j’aide d’autres femmes… Petit à petit, nous y arrivons, les femmes commencent à connaître leurs droits, s’impliquent davantage dans le syndicat et je suis fière d’avoir ma part dans ce changement positif.

            – Josée 

Mais la gravité de la situation créée par les conflits est un énorme obstacle à tout progrès significatif.

Ces minerais ne nous mènent à rien, nous pouvons trouver une autre voie. Les multinationales pourraient investir comme il faut, créer des emplois et la stabilité,

estime Josée,

Ce qu’il nous faut, c’est la paix ; s’il n’y a pas la paix, rien ne pourra être obtenu. 

Les membres de IndustriALL dans les Balkans en proie à de terribles inondations

Les dommages sont évalués et les secours d’urgence se poursuivent, et bien que le niveau des eaux ait commencé à baisser, il y a toujours le risque important de mines terrestres non explosées datant du conflit des Balkans dans les années 1990, ainsi que de masses d’eau et de glissements de terrain. On s‘attend à une augmentation du nombre total de décès qui est actuellement de 35 morts.

IndustriALL Global Union a exprimé sa profonde sympathie et sa solidarité aux membres et à leurs communautés dans les trois pays touchés, et offre toute l’aide possible maintenant et à venir.

Nous sommes à vos côtés en cette période de besoins, chers/chères camarades. Vous pouvez compter sur une solidarité et un soutien total de votre syndicat mondial et des syndicats frères du monde entier.

Kata Iveljic, président du syndicat de la chimie et des produits non métalliques du BIH, signale que les inondations touchent 1.000.000 de personnes en Bosnie-Herzégovine vivant dans les zones inondées.

Teuta Krilic du bureau sous-régional de IndustriALL pour l’Europe du Sud-Est à Zagreb signale : “En Croatie, le désastre affecte les régions proches de la rivière Sava, où 15.000 personnes ont été évacuées de leurs logements, et où des gens sont toujours en danger. Les villes de Slavonski Brod et de Zupanja sont les plus durement touchées, et de nombreux villages sont évacués. La rivière Sava est une frontière naturelle entre la Bosnie et la Croatie, et l’inondation touche les deux rives.

“Les glissements de terrain sont extrêmement dangereux en raison de mines terrestres non explosées restant sur le terrain. Il y a eu plus de 2.000 glissements de terrain et on estime à 120.000 le nombre de mines encore enfouies dans le sol au BIH. Le problème existe également en Croatie, mais à une moins grande échelle."

En Serbie, la principale centrale électrique à Obrenovac, entourée d’eau, court un grand risque. Des membres du syndicat EPS sont chargés du fonctionnement de la centrale.

Beaucoup de gens sont encore coincés dans leurs logements en attendant l’arrivée des équipes de secours.

Les syndicats membres de IndustriALL coordonnent une aide d’urgence et soutiennent leurs membres touchés par ce désastre.

SURERS de Bosnie-Herzégovine a fait don de 20.000 KM (environ 10.000 euros) aux personnes touchées.

Le syndicat de la chimie et des produits non métalliques de FBIH a distribué des secours à leurs membres touchés, également pour une valeur de 20.000 KM (environ 10.000 euros).

En Serbie, le syndicat GS IER Nezavisnost de l’entreprise Galenika a fait un don en médicaments et autres fournitures essentielles.

L’entreprise Djuro Djakovic (membre important de SMH-IS en Croatie) a envoyé des machines pour aider la mise en place de barrières contre les inondations.

Une fois la fin des inondations, il y aura encore énormément à faire pour aider les communautés touchées à reconstruire l’infrastructure, les logements, les fermes et les entreprises.

DOSSIER SPÉCIAL: Inditex et IndustriALL Global Union: recueillir les fruits d’un Accord-Cadre Mondial

Dossier spécial

Text: Léonie Guguen

Un Accord-Cadre mondial (ACM) sert à protéger les intérêts des travailleurs dans l’ensemble des activités d’une entreprise multinationale, fixant les meilleures normes pour les pratiques en matière de droits syndicaux, de santé, de sécurité et d’environnement. Les ACM sont constamment revus et améliorés par IndustriALL.

L’Accord nous permet de faire notre travail avec les propriétaires d’usines 

confie Isidor Boix du syndicat espagnol Industria-CC.OO, qui officie en tant que coordinateur pour IndustriALL pour l’application de l’ACM avec Inditex.

Nous avons été en mesure de traduire les bonnes intentions décrites dans le texte en activités concrètes. 

Le groupe d’origine espagnole Inditex compte 6.340 boutiques dans 87 pays et emploie plus de 128.000 salariés dans le monde. Le personnel de vente et d’administration est couvert par l’ACM conclu avec UNI Global Union. Principalement axé sur la chaîne de boutiques Zara, Inditex compte également sept autres enseignes : Massimo Dutti, Bershka, Stradivarius, Oysho, Pull & Bear, Uterqüe et Zara Home.

Le succès de l’entreprise a principalement été obtenu en adoptant le dernier cri des défilés de mode et en le proposant dans ses boutiques quelques semaines plus tard. Pour arriver à un tel rendement depuis le studio de conception jusqu’à l’atelier de production, 50% environ de la production s’effectuent dans des pays proches de l’Espagne tels la Turquie, le Portugal et le Maroc. D’autres zones de production importantes sont le Brésil, l’Argentine, le Pakistan, la Chine, l’Inde, le Bangladesh et l’Asie du Sud-est. Il y a environ 6.000 fournisseurs distincts.

L’ACM entre IndustriALL et Inditex couvre plus d’un million de travailleurs de la confection qui s’attellent à la tâche pour le groupe.

En tant qu’organisation mondiale, IndustriALL a la capacité de toucher et défendre des travailleurs et travailleuses dans l’ensemble de l’énorme chaîne d’approvisionnement du groupe. L’ACM a réussi à intégrer les droits des travailleurs dans le comportement entrepreneurial du groupe et dans ses principes éthiques. En conséquence de ce partenariat positif, les propriétaires d’usines apprennent à considérer les syndicats comme la clé de la mise en place d’une main d’oeuvre durable

            – Jyrki Raina, Secrétaire général d’IndustriALL

L’ACM est pour nous comme une ligne directe pour communiquer entre travailleurs et entreprise 

            – Félix Poza 
              Directeur de la Responsabilité sociale de l’entreprise
              chez Inditex

C’est une manière d’entendre les problèmes et de s’impliquer dans les solutions. Nous avons pu ainsi résoudre des situations critiques dans certains pays.  

La relation a progressé bien au-delà de l’accord d’origine, Inditex et IndustriALL réalisant des initiatives commues de formation et des visites à l’étranger.

L’ACM est quelque chose que nous avons intégré dans nos activités normales

Toutefois, le succès n’est pas venu du jour au lendemain et il a fallu cinq années de tractations avec Inditex avant que l’ACM de 2007 soit signé avec l’organisation devancière d’IndustriALL, la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir (FITTHC).

C’est l’effondrement en 2005 de l’usine Spectrum au Bangladesh qui a poussé Inditex à accélérer le mouvement. Soixantequatre travailleurs et travailleuses sont décédés et quatre-vingts ont été blessés dans l’effondrement d’un bâtiment comptant un nombre d’étages illégal. La FITTHC s’est battue pour assurer des indemnisations aux victimes de la part des marques qui se fournissaient auprès de ces ateliers. Au bout du compte, seul Inditex, dont des fournisseurs avaient sous-traité auprès de cette usine, a accepté de verser des indemnités conformes aux normes internationales.

La coopération établie dans le cadre de la catastrophe de Spectrum a donné un coup de fouet aux relations entre la FITTHC et Inditex et a conduit à la signature de l’ACM en octobre 2007.

L’accord de collaboration a pour but d’assurer l’application effective des Normes internationales du Travail au travers de toute la chaîne d’approvisionnement d’Inditex, y compris sur les sites où les syndicats d’IndustriALL ne sont pas présents. Il signifie également qu’IndustriALL est reconnue par Inditex en tant que contre-partie représentant les travailleurs au plan mondial dans le cadre des engagements pris en matière de Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE).

La Responsabilité Sociale des Entreprises peut représenter un souci pour les syndicats parce qu’elle est très unilatérale. Ce sont les entreprises qui prennent les décisions, effectuent les audits, etc… D’autres grandes marques, comme H&M et Gap, ont des déclarations de RSE mais n’ont pas défini clairement le rôle des syndicats. L’ACM procure un mécanisme bien nécessaire pour mettre en relation la déclaration de RSE d’Inditex et les syndicats locaux.

Le syndicat local peut dire à Inditex ’’je veux visiter telle usine pour voir ce qui s’y passe’’ et Inditex va passer un coup de téléphone sur place pour l’organiser. 

Au cours des douze derniers mois, IndustriALL a effectué de nombreuses visites d’usine dans sept pays différents. Depuis 2007, l’ACM a permis à IndustriALL de résoudre des problèmes de liberté syndicale, de contrôler les conditions de travail dans des usines de fournisseurs et se battre avec succès pour la réintégration de travailleurs mis à la porte pour avoir été syndicalistes, par exemple au Pérou, en Turquie et au Cambodge.

Nous avons la liberté de parler ouvertement aux travailleurs sans la présence d’Inditex ou des propriétaires des usines

L’ACM a également imposé le droit pour les travailleurs de se syndiquer dans le Code de Conduite pour les Fabricants et Fournisseurs Externes d’Inditex, qui compte parmi ses valeurs phares ’’le respect de la liberté d’association et de la négociation collective’’.

Ceci dit, en pratique, la syndicalisation n’est pas nécessairement une évidence.

C’est un mécanisme qui ne marche pas toujours bien. Dans des pays comme le Maroc, il est très difficile d’établir une présence syndicale, alors qu’au Brésil, par exemple, c’est beaucoup plus simple

            – Isidor Boix

C’est un défi pour tout le monde, y compris pour IndustriALL, qui doit oeuvrer dans de nombreux pays pour améliorer la capacité syndicale des organisations locales

confirme M. Poza.

De nombreuses usines ne comptent pas du tout de représentation syndicale, donc nous parlons aux salariés du rôle des syndicats, de la législation afférente et nous aidons à la mise en place de la syndicalisation dans les usines… Pour beaucoup de gens que nous rencontrons, c’est la première occasion qui leur est donnée de parler collectivement de leurs conditions de travail. 

            – Isidor Boix

Salaire vital

Conséquence directe de l’ACM, le concept de salaire vital a été introduit dans le Code de Conduite d’Inditex. « Les salaires doivent toujours être suffisants pour permettre de rencontrer les besoins élémentaires des travailleurs et de leurs familles ainsi que tout ce qui peut être reconnu en tant que besoin raisonnable. » dit le texte. Cette définition a été approuvée par le regretté dirigeant de la FITTHC, Neil Kearney, et introduite dans le Code en 2007.

C’est un point capital et un jalon pour nous. Introduire une définition du salaire acceptable était alors un concept radical 

précise Indalecio Pérez du département RSE d’Inditex.

Quel est l’impact des salaires sur le prix d’une pièce ? Dans bien des cas, c’est juste quelques centimes si vous comparez au prix des matières premières, du coût de la coupe, de la fabrication et du transport 

pondère M. Poza.

Nous avons appris à vivre avec des salaires à la hausse au cours des dernières années, et le business tourne toujours. 

Cependant, M. Pérez admet qu’il est souvent difficile d’avoir un impact en agissant isolément :

Nous sommes une entreprise isolée, même si notre taille est importante. Si vous comparez l’ensemble de notre production à la production mondiale, nous ne représentons qu’un faible pourcentage. Nous n’avons qu’un effet limité si nous agissons seuls. Nous (les marques) devons nous attaquer au problème ensemble et traiter avec des organisations locales ainsi que des institutions et gouvernements crédibles. Nous ne pouvons pas nous substituer au rôle des gouvernements. 

Le Protocole de 2012

A mesure qu’Inditex s’est mué en géant de la mode, l’ACM s’est lui aussi renforcé. Le Protocole de 2012 a fait progresser l’accord en spécifiant le rôle des syndicats dans la mise en oeuvre de l’ACM au sein de la chaîne d’approvisionnement d’Inditex.

Le Protocole de 2012 a développé l’aspect pratique de l’accord… L’évolution d’Inditex a été de pair avec l’évolution de notre relation avec le groupe.

            – Isidor Boix 

Le Protocole entérine le rôle important que les syndicats locaux jouent dans la mise en oeuvre de l’ACM en raison de leur proximité avec les usines. Là où les syndicats locaux identifient des manquements à l’ACM, ils informent Inditex et IndustriALL, qui mettront en oeuvre un Plan d’Action Corrective si le manquement est confirmé.

Point essentiel du Protocole, IndustriALL et Inditex ont mis en place des programmes de formation destinés à donner une meilleure compréhension de l’ACM. Ceux-ci impliquent la participation de cadres, de responsables, de travailleurs et de contre-maîtres des fournisseurs, ainsi que des représentants des syndicats locaux de chacun des pays concernés.

Ajout à l’ACM d’origine, le Protocole impose à Inditex de donner la liste complète de ses 6.000 fournisseurs et sous-traitants avec le volume de leur production pour Inditex, permettant à IndustriALL et à ses syndicats affiliés d’établir un meilleur contact avec les salariés.

Le Protocole marque également un changement d’attitude d’Inditex par rapport aux travailleurs et aux syndicats.

En 2012, nous avons spectaculairement changé notre relation avec IndustriALL de manière positive parce que nous l’avons envisagée d’un point de vue préventif… Nous nous somme rendus compte que demander un salaire vital, la liberté d’association et promouvoir la négociation collective sont une manière préventive et proactive de garantir une chaîne d’approvisionnement durable. 

            – Indalecio Pérez

Formation

En application du Protocole de 2012, des projets de formation conjoints entre IndustriALL et Inditex ont eu lieu entre autres en Turquie, au Maroc, au Brésil, au Portugal, en Argentine et en Chine.

La formation a été positive et a donné l’occasion de s’adresser aux travailleurs et aux syndicats d’une manière différente… Nous avons l’opportunité d’entendre s’exprimer les gens sur leurs besoins et sur ce qui peut être amélioré.  Finalement, nous parlons de la durabilité de l’usine et, au-delà, c’est de la durabilité de l’ensemble du modèle d’entreprise qu’il est question.

            – Félix Poza 

Les réunions ont donné à IndustriALL et aux syndicats locaux l’occasion d’un dialogue ouvert avec les hautes directions des usines, ce qui était sans précédent dans de nombreux pays.

Les projets de formation, qui impliquent toujours des représentants d’IndustriALL, ont débuté dans pratiquement tous les pays fournisseurs, donnant également une nouvelle opportunité de bâtir des relations entre les équipes de RSE et les syndicats sur place.

Quand nous avons commencé, nous n’avions aucun contact avec les syndicats locaux et maintenant, en très peu de temps, nous avons créé des canaux de communication dans chacun des pays

Coordinateurs d’ACM

Dans une étape ultérieure significative, Inditex s’est engagé à financer un réseau de coordinateurs dont le rôle est d’aider à l’application de l’Accord. Des experts syndicaux seront désignés dans les pays qui ont un niveau de production significatif pour Inditex et ils seront en mesure de collaborer avec les chargés de RSE de l’entreprise sur place. Les premiers Coordinateurs d’ACM seront désignés pour le Bangladesh, le Cambodge, la Turquie, l’Inde, la Chine et l’Amérique latine.

Une structure de Coordinateurs d’ACM permettra à Inditex et IndustriALL d’avoir un dialogue permanent avec les affiliés locaux, comme c’est déjà en grande partie le cas pour la Turquie, le Portugal, le Brésil et le Bangladesh.

Commission santé et sécurité du Bangladesh

Alarmé par le nombre élevé de décès consécutifs à des incendies dans les usines de confection bangladaises, Inditex a lancé un projet conjoint avec IndustriALL en janvier 2013 pour effectuer des inspections incendie et mettre sur pied des commissions santé et sécurité dans 200 usines du pays.

Ce projet va aider les usines à être mieux organisées et à améliorer les procédures d’évacuation en cas d’urgence. Un Comité de Santé et Sécurité, composé de syndicalistes, sera mis sur pied dans chacune des usines et élu par les salariés.

Après l’effondrement de l’usine Rana Plaza en avril 2013, qui a coûté la vie à 1.138 travailleurs et travailleuses, les inspecteurs d’Inditex ont entrepris d’évaluer leurs fournisseurs bangladais également en fonction des risques structurels.

Inditex est signataire de l’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh, l’accord innovant initié par IndustriALL et UNI après la catastrophe de Rana Plaza et au travers duquel les enseignes s’engagent à améliorer les conditions de sécurité dans les usines de confection du pays.

Inditex a transmis les rapports de ses propres inspections en matière d’incendie et de structures des bâtiments au secrétariat de l’Accord.

Alors que l’ACM continue à grandir et se développer, M. Poza le salue comme gage de relations sociales mûres au sein de l’entreprise.

Les résultats de notre collaboration ont toujours été très positifs et l’Accord nous a donné la capacité de résoudre des problèmes. Il a parfois servi également à fournir des solutions pour d’autres firmes. 

Monika Kemperle, Secrétaire général adjointe d'IndustriALL, indique: 

Avec Inditex, il existe une volonté de collaborer même si nous ne sommes pas toujours physiquement en contact… L’Accord-Cadre Mondial constitue un lien inestimable et la reconnaissance d’un engagement à long terme de la part des deux parties à améliorer les choses pour les travailleurs et travailleuses à tous les niveaux de la vaste chaîne d’approvisionnement d’Inditex.