Le modèle d’approvisionnement de l’industrie de la confection est fondamentalement défectueux

Le rapport intitulé ‘Stitched Up’, publié le 11 juin, s’interroge sur la situation des travailleuses et travailleurs de la confection en Turquie et en Europe orientale qui produisent des vêtements dans 10 pays différents pour des marques telles que Hugo Boss, Adidas, Zara et H&M.

Il a trouvé que les travailleuses et travailleurs de la confection dans cette région ont des salaires de misère, de mauvaises conditions de travail et de longues journées de travail, qui reflètent l’expérience relevée dans d’autres parties du monde.

Environ trois millions de personnes sont employées dans l’industrie de la confection en Turquie, Géorgie, Bulgarie, Roumanie, Macédoine, Moldavie, Ukraine, Bosnie-Herzégovine, Croatie et Slovaquie.

Jenny Holdcroft, directrice de la politique de IndustriALL Global Union, qui représente les syndicats de la confection dans les pays étudiés, déclare:

Il n’est pas surprenant que les travailleuses et travailleurs en Turquie et en Europe orientale soient soumis à de faibles salaires et à des conditions de travail identiques à ceux de pays comme le Bangladesh ou le Cambodge. Le modèle d’approvisionnement de l’industrie de la confection, basé sur des salaires aussi faibles que possible, est fondamentalement défectueux. ‘Made in Europe’ n’est pas une garantie de droits ou de salaires meilleurs pour les salariés de la confection.

L’étude a établi l’existence d’un énorme fossé entre le salaire minimum légal et l’estimation du salaire minimum vital dans tous les pays. Le rapport indique que:

Les emplois dont les salaires sont extrêmement bas créent la pauvreté au lieu de la combattre.

Une couturière en Biélorussie dit travailler pour un salaire horaire de 0,45 euro à broder des chemisiers pour Zara avec un contrat établi par un agent grec agissant en sous-traitance. Dans certains cas, les travailleuses ont déclaré faire pousser leurs propres légumes et avoir un deuxième emploi pour pouvoir survivre. D’autres se sont plaintes d’avoir leur vue abîmée après avoir cousu pendant de longues journées de travail sans pauses.

Le rapport a également trouvé que les personnes employées dans la confection, en majorité des femmes, sont victimes de harcèlement sexuel, de discrimination de salaire et de traitement, et d’une représentation syndicale restreinte.

Un syndicaliste croate affirme que “les syndicats n’ont pas la possibilité de négocier des hausses salariales du fait qu’ils doivent constamment se battre contre des pratiques illégales telles que le non-versement depuis un long temps des heures supplémentaires, des contributions sociales ou des salaires.”

Holdcroft a déclaré:

“Les conclusions du rapport reflètent les pratiques endémiques en vigueur dans l’industrie mondiale de la confection. Les salaires sont réduits autant que possible par les pratiques d’achat des marques et également par l’absence de négociation collective qui conduit à une dépendance du salaire minimum légal, qui dans de nombreux cas est un salaire de misère."

Lire le rapport.

Intensification de la grève dans le secteur de la chaussure en Afrique du Sud

La semaine dernière, 70 pour cent des salariés ont accordé leur soutien lors d’un vote à bulletin secret. Cela a permis au SACTWU de se joindre à un autre syndicat du secteur, le syndicat national des travailleurs du cuir et des branches connexes, qui avait déjà commencé à faire grève. L’arrivée des membres du SACTWU a porté à 8.000 le nombre des grévistes. 

Les salariés de 40 entreprises couverts par le conseil des négociations et de certaines autres entreprises n’appartenant pas au conseil revendiquent une hausse salariale de 10 pour cent. Les employeurs offrent 7,75 pour cent.  Les augmentations salariales viennent à échéance le 1er juillet 2014.

Les syndicats doivent négocier avec les employeurs le 12 juin 2014. “On peut espérer que les employeurs modifieront demain leur position car il n’y aurait aucun gagnant si le règlement du conflit prenait trop de temps, déclare le coordonnateur national du secteur de la chaussure du SACTWU, Nazier Armoed. “Les deux parties seraient perdantes, les employeurs comme les salariés, mais il est également important pour la main-d’œuvre d’obtenir une hausse salariale décente”.

Les travailleurs de NXP se battent pour des collègues licenciés abusivement

Tout une série d’organisations ont exprimé leur soutien aux travailleurs dans leur lutte pour la réintégration des 24 responsables syndicaux licenciés abusivement en mai. Des barbelés, des grilles cadenassées ainsi que la présence de la police et de forces d’intervention rapide les attendaient. Peu impressionnés, les travailleurs et leurs partisans ont usé avec détermination de leur droit à manifester.

Les enfants des travailleurs licenciés abusivement ont rejoint leurs parents pour appeler le DOLE à intervenir de manière décidée dans le conflit de travail. Ils ont appelé la direction à instamment réintégrer les 24 responsables syndicaux et à reprendre le chemin de la table des négociations.

Dans l’après-midi, les manifestants se sont rendus dans la SEZ (Zone économique spéciale), où se situe l’usine NXP. Au moment même où se tenait cette manifestation au-dehors, à l’intérieur de l’usine les travailleurs ont chahuté bruyamment durant le temps de midi et les autres pauses.

Reden Alcantara, président du Syndicat des Travailleurs de NXP Semiconductor (NXPSCIWU) et président national du MWAP (Alliance des Métallurgistes des Philippines), a condamné la direction de NXP qui refuse obstinément de régler le conflit et harcèle les travailleurs en permanence.

Dans l’espoir de se rallier l’opinion publique, NXP avait publié une lettre ouverte dans un des plus importants quotidien du pays, indiquant être prêt à trouver une solution.

Alcantara corrige :

“Au contraire, la direction de NXP a déjà suspendu les pourparlers sur la CCT en dépit de la volonté affichée du syndicat de résoudre le conflit. La direction fait campagne pour une ratification individuelle de la CCT dans une tentative pour diviser l’unité des travailleurs.”

Il a promis que le syndicat poursuivrait la lutte jusqu’à la victoire.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina déclare :

“Nous soutenons fermement notre affilié dans sa contre-attaque face au licenciement abusif des 24 responsables syndicaux. Il est temps pour NXP de réintégrer ces responsables et de s’engager dans des négociations de bonne foi avec le MWAP.”

Montrez votre soutien !

Signez la pétition de LabourStart : Stop à l’anti-syndicalisme chez NXP Semiconductors

Cliquez sur le bouton “J’aime” de la page Facebook BringbackNXP24. Prenez un selfie et/ou une photo de groupe qui exprime votre soutien aux travailleurs de NXP. Postez-la en utilisant le mot-clic #bringbackNXP24.

Birlesik Metal-Is combat l’anti-syndicalisme de M&T Reklam

Ces piquets sont destinés à protester contre le licenciement abusif de 45 syndiqués des sites de M&T Reklam dans les villes de Gebze (22) et Duzce (23).

M&T Reklam a entrepris ces démarches anti-syndicales après que Birlesik Metal-Is, un affilié d’IndustriALL Global Union a mené une campagne de recrutement couronnée de succès sur les deux sites de l’entreprise. Ceci était en parfaite conformité avec la législation nationale en vigueur et a mené à l’octroi à Birlesik Metal-Is par le Ministère turc du Travail d’une certification qui confirme que le syndicat représente une majorité des salariés dans le cadre de négociations collectives de travail.

Cependant, au lieu de négociations menées de bonne foi, les travailleurs exerçant ainsi leur droit inaliénable à la liberté d’association ont eu à faire face à une extrême hostilité de la part de l’entreprise, qui s’en est prise à ses propres salariés après qu’ils ont osés s’organiser syndicalement.

La direction de l’entreprise a menacé les travailleurs des deux usines de fermeture s’ils décidaient de rejoindre Birlesik Metal-Is, arguant que M&T n’est financièrement pas suffisamment solide pour traiter avec un syndicat et devrait dès lors mettre la clé sous le paillasson.

M&T Reklam traite avec des gros clients aux États-Unis, en Allemagne, au Danemark et ailleurs. Ses principaux clients sont VKF Renzel GMBH en Allemagne, George Patton Associates Inc aux Etats-Unis et Dadansk Skilte Inventar A/S au Danemark.

IndustriALL Global Union et Birlesik Metal-Is ont entamé une campagne LabourStart de protestation en ligne pour faire pression sur l’employeur afin qu’il réintègre les travailleurs licenciés et qu’il entreprenne un dialogue constructif avec les représentants des travailleurs. Pour soutenir les travailleurs turcs et envoyer un message de protestation électronique à M&T Reklam, suivez le lien vers la campagne LabourStart ci-après.

http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=2328

"M&T Reklam doit reconnaître Birlesik Metal-Is en tant que partenaire dans les négociations et réintégrer les 45 salariés licenciés sans délai" a déclaré Kemal Ozkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union. "Si ce n’est pas le cas, nous continuerons à faire dans le monde entier une contre-publicité à l’entreprise pour son anti-syndicalisme."

Mobilisation syndicale contre les suppressions d’emplois chez BHP Billiton en Colombie

Les multinationales sont souvent accusées d’être insensibles à la situation désespérée des travailleurs et travailleuses, une attitude particulièrement mise en lumière cette semaine par la façon dont BHP Billiton supprime des emplois dans sa mine de nickel de Cerro Matoso en Colombie.

Le syndicat qui représente la main-d’œuvre dans cette mine, Sintracerromatoso, affirme que l’entreprise protège les intérêts des actionnaires aux dépens des travailleurs/euses, de leurs familles et de leurs communautés.  Les dirigeants syndicaux accusent la direction locale de se cacher derrière des expressions jargonneuses comme ‘restructuration’ , ‘désinvestissement’ et ‘réduction des coûts’ tout en ignorant le trauma subi par une main-d’œuvre menacée de perdre ses moyens de subsistance. L’entreprise offre tout juste les 30% de compensation prévus dans la convention collective.

Le syndicat Sintracerromatoso, membre de l’affilié de IndustriAll Global Union, Utrammicol, participe aux efforts entrepris pour établir un puissant syndicat unifié des mines et de l’énergie en Colombie, le CUSME.

Personne de demande à BHP Billiton de refaire ce qui a déjà été fait.  L’entreprise pourrait commencer par appliquer la convention 158 et la recommandation 166 de l’OIT sur le licenciement, ainsi que les principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales, sans parler des pratiques d’excellence actuellement en vigueur. Tous ces instruments donnent de précieux conseils sur la restructuration et les licenciements potentiels.

Et cela ne relève pas non plus de la technologie de pointe que d’appliquer les principes fondamentaux qui en découlent:

Considérant les changements dans les activités menées par votre entreprise, prévoir un délai raisonnable et engager dès que possible des négociations significatives avec les syndicats et le gouvernement. Donner une justification de la proposition d’une telle mesure.  Faire preuve de collaboration pour trouver des solutions tout en gardant à l’esprit que les travailleurs/euses et leurs syndicats peuvent souvent avoir des idées de grande valeur et proposer des solutions de rechange pour éviter des pertes d’emploi. Si des licenciements s’avèrent inévitables, négocier avec les travailleurs/euses et leurs syndicats pour minimiser autant que possible l’impact sur la main-d’œuvre.

L’impossibilité de respecter ces normes n’est pas seulement une attitude sans cœur et irresponsable, mais également une infraction aux principes d’une bonne gestion d’entreprise.

IndustriAll a offert son soutien.

Accentuation des efforts de syndicalisation dans le secteur textile en Éthiopie

L’Éthiopie compte un vaste secteur textile en croissance qui emploie environ 45.000 salariés. Son avantage stratégique est sa proximité du marché européen qui procure des délais de livraison rapides. Le gouvernement éthiopien a fait du secteur textile une priorité clé pour le développement économique et a attiré plus de 3.5 milliards de dollars d’investissement au cours des trois dernières années.

Les 43 leaders syndicaux qui ont participé aux ateliers à la fin de ce mois de mai venaient de cinq syndicats issus d’usines qui emploient environ 17.000 salariés parmi lesquels une petite moitié sont des adhérents syndicaux. Les ateliers se sont tenus dans la capitale Addis Ababa ainsi qu’à Mekelle, à 800 km au nord de la capitale.

“Nous devons nous efforcer d’avoir des sites entièrement syndiqués en Éthiopie, avec nos syndicats mis en place par usine cela conduit à davantage d’unité sur les sites de production et renforce la position des travailleurs tout en contribuant à la force syndicale dans le secteur dans son ensemble,” indique le Responsable régional d’IndustriALL Thabo Tshabalala.

Tshabalala et le responsable national du recrutement syndical de l’ETGU (Syndicat éthiopien du Textile et de la Confection), Ayalew Ahmed ont été les facilitateurs des débats avec les affiliés pour identifier les problèmes auxquels ils sont confrontés dans le cadre du développement syndical au niveau de l’entreprise. Des stratégies de syndicalisation pour relever les défis ont été partagées et la confiance s’est trouvée renforcée par un débat sur la manière pour les syndiqués de faire progresser les droits des travailleurs sur leurs lieux d’activité.

Les participants ont reçu de l’aide pour mettre au point des plans pour recruter les travailleurs non-syndiqués dans chaque usine, dont la mise en place d’objectifs dans le cadre d’un programme de recrutement ambitieux. Ce programme sera évalué tous les trois mois et les progrès seront rapportés à l’ETGU qui s’est engagé à apporter un soutien aux initiatives des syndicats.

RSE – Ruse du sponsoring colombien?

Pacific Rubiales Energy est une entreprise très influente en Colombie. C’est devenu un État dans l’État, soumettant les militaires et les institutions à ses propres intérêts; elle a utilisé la violence et la répression pour réduire au silence les protestations des travailleurs et travailleuses et des communautés. Pour faire bonne mesure, elle a offert quelques miettes au nom de la responsabilité sociale des entreprises (RSE). 

L’entreprise opposée aux syndicats est maintenant devenue un partenaire officiel de l’équipe nationale de football, ce qui a provoqué la colère des membres de l’affilié de IndustriALL Global Union qui représente les salariés du secteur.

José Marin Moreno, secrétaire aux communications de Unión Sindical Obrera de la Industria del Petróleo (USO), réagit violemment en déclarant:

“Il est scandaleux que 250 parents de membres de l’équipe nationale colombienne profitent d’un voyage au Brésil aux frais de l’entreprise, quand le vice-président de l’USO, Dario Cardenas, continue de croupir en prison pour son activité visant à assurer le respect des droits des travailleurs du pétrole. Pacific Rubiales et le gouvernement colombien doivent mettre les choses au clair: aucune ressource non renouvelable ne doit servir à promouvoir un développement viable, notamment pour sponsoriser le sport et les spectacles!”

Ukraine : poursuite de la lutte pour le versement des salaires

Le 3 juin, des centaines de travailleurs d’ArcelorMittal Kryvyi Rih JSC, la plus grande entreprise sidérurgique du pays, ont lancé un mouvement de protestation devant la grille principale. Ils réclamaient une augmentation des salaires et l’arrêt de la politique de réduction des effectifs. Les affiliés d’IndustriALL Global Union, le Syndicat des Métallurgistes et des Mineurs d’Ukraine ainsi que le Syndicat indépendant des Mines de Charbon d’Ukraine, étaient du nombre des organisateurs.

En avril, les salariés d’ArcelorMittal Kryvyi Rih ont revendiqué une hausse de salaire de 20%. La direction a réagi quelques semaines plus tard avec une augmentation de 6%. Les syndicats estiment que ce n’est pas assez, qu’un minimum de 20% est nécessaire pour compenser la montée des prix des denrées et services de base, ainsi que la baisse du taux de change de la grivna ukrainienne.

Une conférence des salariés est prévue pour le 12 juin, pour faire approuver par la direction les revendications des travailleurs. Si cela n’aboutit pas, les syndicats entameront la procédure pour déclarer un conflit collectif de travail.

“Donnez-nous simplement ce que nous avons gagné”

Environ 150 travailleurs de la Lviv Coal Company JSC ont établit un piquet devant le siège de l’administration régionale de Lviv, pour exiger les trois mois de salaire qui leur sont dus et la clarté quant à l’avenir de l’entreprise. Un déclin des ventes a conduit à une situation critique, avec l’ensemble des entrepôts débordant de charbon. Et en raison des contributions qui sont dues pour le budget de l’Etat, l’entreprise n’a pas de liquidités pour payer ses coûts actuels de production.

Olga Shkoropad, présidente du Syndicat indépendant des Mines de Charbon d’Ukraine, a indiqué que le personnel avait cessé le travail parce que 90% des salaires de janvier, février et mars avaient été mis en suspens. Les gens sont disposés à reprendre le travail si les arriérés de salaires sont versés.

Irina Mayik, vice-présidente de la section locale du Syndicat indépendant des Mines de Charbon d’Ukraine a déclaré :

"Nous ne réclamons pas d’augmentation, payez-nous juste ce que vous nous devez. Ils disent que l’entreprise est en perte ; alors pourquoi les propriétaires ne ferment-ils pas ou ne restaurent-ils pas leur situation financière ?"

Les problèmes étant toujours non-résolus, les travailleurs ont prévu deux actions de protestation à Kiev, devant les bâtiments du Cabinet ministériel et du Fonds des Biens de l’État ukrainien le 11 juin. Ils vont répéter leurs revendications d’apurer les arriérés de salaires et d’assurer un fonctionnement durable de l’entreprise.

Les salariés de quatre exploitations de tourbe, propriétés de l’État, Cherkassyrtorf, Rozhnitorf, Rovnetorf et Volyntorf, membres du Syndicat indépendant des Mines de Charbon d’Ukraine, ont exprimé des revendications similaires lors de leur manifestation devant les bâtiments du Bureau du Procureur de la République d’Ukraine et du Ministère de l’Énergie le 30 mai à Kiev. Parmi les revendications on retrouvait la pérennisation des activités, l’élimination des arriérés de salaires et la préservation, le développement et la modernisation de l’industrie de la tourbe.

IndustriALL Global Union soutient la lutte de ses affiliés et des travailleurs des entreprises concernées en faveur d’un salaire équitable et du versement en temps et en heure des salaires. Nous attendons de la direction qu’elle accepte le plus tôt possible les revendications légitimes des travailleurs et travailleuses.

IndustriALL forme un réseau mondial des communicateurs

Au cours d’un forum de deux jours, organisé au centre de formation de l’OIT à Turin, les 3 et 4 juin, les participant(e)s ont convenu d’établir un réseau mondial des communicateurs/trices pour partager des informations, des tranches de vie, des stratégies et des succès.

Grâce aux expériences, aux compétences et aux connaissances acquises mutuellement, les participant(e)s sont repartis avec des idées sur l’impulsion à donner à leurs propres campagnes nationales, et sur la solidarité nécessaire au plan international pour les luttes menées par d’autres syndicats membres de IndustriALL.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a demandé d’une manière provocante aux participant(e)s pourquoi 99% du monde étaient oubliés sur leurs sites internet. Il dit que dans un monde sans frontières, dominé par des entreprises multinationales, une infraction aux droits des salariés d’un côté du globe pouvait être reliée aux salariés de l’autre côté.

Cette idée a été nettement illustrée par Sokny Say, secrétaire générale du syndicat cambodgien de la confection FTUWKC, qui a rappelé aux participant(e)s qu’un effet d’habillement sur dix porté par la population mondiale avait été fabriqué dans son pays. “Au Cambodge, le client est roi, et les rois sont les marques,” a-t-elle dit.

Elle maintient que les consommateurs/trices doivent exercer à leur tour une influence sur les marques, et que les syndicats peuvent jouer un rôle-clé pour obtenir un soutien mondial à la lutte pour l’amélioration des droits et des salaires des travailleuses et travailleurs au Cambodge. L’intervention et la campagne de IndustriALL ont joué un rôle crucial pour obtenir une pression des marques sur le gouvernement sur les questions relatives aux droits syndicaux, au salaire vital et pour la remise en liberté des 23 activistes emprisonnés le mois dernier.

Il y avait parmi les affiliés qui ont partagé leur propre campagne et leurs activités de communication, des représentant(e)s de Unifor au Canada, du syndicat allemand de l’industrie IG BCE, du syndicat russe de l’industrie de la construction, du pétrole et du gaz ROGWU, de la confédération brésilienne des métallurgistes CNM/CUT, et du syndicat des travailleurs des gisements pétroliers OWTU de Trinidad etTobago.

Le forum a également permis d’obtenir un aperçu de la campagne numérique de Eric Lee à LabourStart et de Walton Pantland à USi.

Le programme interactif a associé des participant(e)s travaillant en groupes pour examiner la manière de faire progresser les campagnes de IndustriALL, et pour que les campagnes trouvent un écho auprès des travailleurs et travailleuses au plan régional.

Les participant(e)s ont également soumis leurs propres idées sur le meilleur moyen de mettre en place le réseau mondial des communicateurs/trices.

Hugo Gonzalez Chirico, syndicaliste paraguayen en grève de la faim

Entre avril et novembre 2010, le SITRAC (Syndicat des Travailleurs d’ACEPAR) est parti en grève pour protester contre le non-respect par l’entreprise de la convention collective en vigueur, l’absence de respect des droits fondamentaux des travailleurs et le licenciement de 325 salariés, ce qui a exacerbé le conflit. Le syndicat a connu les épreuves de la lutte sociale depuis 2001 et ses premières tentatives pour que l’entreprise observe les termes de la convention collective.

La Cour Suprême a tranché en faveur du SITRAC en juillet 2009, en reconnaissant la validité de la convention collective en vigueur. Cependant, la direction de cette entreprise sidérurgique, dirigée à cette époque par l’homme d’affaire argentin Sergio Taselli, n’a pas appliqué la convention.

“Dans ce pays, il n’y a pas de sécurité juridique pour les petits investisseurs, il ne peut y avoir aucun développement, encore moins la moindre équité, affirme Chirico, qui espère que ses revendications seront entendues. Parmi celles-ci, “une compensation morale et financière pour les victimes d’ACEPAR”, le respect pour la propriété des travailleurs qui ont investi dans l’entreprise, une enquête et des sanctions pour “ceux qui sont responsables de démembrement d'actif“ et de crimes contre l’environnement, la fin de la “persécution des travailleurs et des syndicalistes d’ACEPAR”, le rétablissement des emplois et le respect de la décision de la Cour Suprême, qui a établi que la convention collective entre le SITRAC et ACEPAR était valable et le respect des réglementations qui s’appliquent à la convention collective.

Ce n’est pas la première fois que Chirico se retrouve dans cette situation. Il est déjà parti en grève de la faim il y a treize ans mais confie que maintenant, à 62 ans, c’est plus difficile. Cependant, on lui a notifié la cessation prochaine de la personnalité juridique du SITRAC, “tout cela fait partie d’une politique pour détruire certains mouvements sociaux”, précise-t-il.

Les travailleurs d’ACEPAR ont exprimé leur solidarité avec le Secrétaire général du SITRAC et, le 28 mai, ils ont défilé dans les rues de Villa Hayes pour lui marquer leur soutien ainsi qu’à son appel vers le gouvernement et les autorités judiciaires pour que la propriété privée ne soit pas violée.

Les travailleurs ont également dénoncé le président du pays, Horacio Cartes, pour être responsable du déni de propriété des petits investisseurs et avoir porté préjudice aux intérêts du véritable capital paraguayen, représenté par Cootrapar Ltd. qui détient 33,33% des parts d’ACEPAR et est protégé par la Constitution nationale et d’autres lois.

ACEPAR S.A. est maintenant la propriété de la compagnie brésilienne Vectorial, qui est parvenue à un accord sur des retraites anticipées avec certains travailleurs. Le SITRAC va continuer à se battre pour obliger l’entreprise à se conformer à la décision de la Cour Suprême, qui est en faveur du syndicat, à savoir que la convention collective entre l’entreprise et le syndicat est parfaitement valable.

Les membres du syndicat vont continuer à organiser des manifestations devant la Coopérative des Travailleurs d’ACEPAR et Chirico dit qu’il poursuivra sa grève de la faim au finish : “Si j’y laisse la vie”, dit-il, “les autorités, qui n’ont jamais été du côté de la classe ouvrière, seront redevables devant Dieu et la Mère Patrie”.

Le Bureau régional d’IndustriALL Global Union pour l’Amérique latine et les Caraïbes tient les employeurs et le gouvernement responsable de toute détérioration de la santé physique et mentale de notre collègue Hugo Gonzalez Chirico et exige que des négociations soient ouvertes dans le but de trouver une solution rapide à ce conflit.