Les syndicats soutiennent l’accord automobile entre l’Argentine et le Brésil

Les dirigeants de la Confederación de Gremios Industriales, avec à leur tête Ricardo Pignanelli (SMATA) et Antonio Caló (UOMRA), des affiliés d’IndustriALL Global Union, ont rencontré la Ministre argentine de l’Industrie, Debora Giorgi et exprimé leur soutien à l’accord, qui tente de stabiliser le secteur automobile au moment où l’économie ralentit.

Les Secrétaires généraux des affiliés suivants étaient également présents à cette rencontre : Federación Obrera Nacional de la Industria del Vestido, Romildo Ranú; Asociación de Supervisores de la Industria Metalmecánica, Luis García; Asociación Obrera Minera, Héctor Laplace; Sindicato de Obreros Curtidores, Walter Correa et Federación Argentina de Petróleo y Gas, Alberto Roberti.

Dans leur communiqué de presse conjoint, les gouvernements brésilien et argentin indiquent que l’accord réduit le nombre de véhicules et pièces détachées hors-taxe que le Brésil peut exporter vers l’Argentine et établi que pour chaque dollar de produits automobiles exporté vers le Brésil, l’Argentine importera 1,5 dollar de ces mêmes produits du Brésil. Ce rapport, dans ce qui est connu comme étant la clause Flex, était auparavant de 1 pour 1,95.

Ricardo Pignanelli a indiqué à la presse que l’accord avec le Brésil "allait grandement dans le bon sens parce qu’il permettrait au pays de vendre 40.000 unités de plus que l’an dernier" et "qu’il se concentrait sur les pièces détachées".

Tout ceci va donner un ballon d’oxygène déterminant à la production et à l’emploi dans le secteur. Cela devrait se traduire par une réduction des prix de certains modèles de 10% et des nouveaux modèles de 7 ou 8%.

L’accord est en vigueur jusqu’au 1er juillet 2015 et les négociations se poursuivent en vue d’un nouvel accord portant sur la période 2015-2020.

Les employeurs contestent le droit de grève reconnu internationalement

La Commission de l'application des normes de la Conférence, ou Commission de la Conférence, est un organe tripartite de la CIT composé des employeurs, des travailleurs et des gouvernements. Elle examine les mesures prises par les États membres pour donner effet aux conventions de l'OIT et adresse aux gouvernements des recommandations en vue d'améliorer l'application des conventions qu'ils ont ratifiées. Chaque année, le groupe des employeurs et celui des travailleurs négocient une liste de 25 pays dont les cas sont examinés par la CIT, afin d'aboutir à des conclusions par consensus sur les recommandations qu'elle formulera.

L'attaque contre le droit de grève a été déclenchée pendant la CIT de juin 2012, lorsque le porte-parole du groupe des employeurs a soudainement annoncé que ceux-ci refuseraient d'adopter une liste restreinte de cas dont l'un ou l'autre porterait sur le droit de grève. Par son intransigeance, cette déclaration a provoqué un blocage total de l'examen des cas par la Commission de la Conférence.

L'argument du groupe des employeurs est que, en l'absence de toute référence explicite au droit de grève dans le texte de la Convention n° 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, les règles d'interprétation internationalement acceptées imposent d'interpréter cette convention en faisant abstraction du droit de grève.

"L'argument du groupe des employeurs repose sur une conception profondément erronée de la liberté syndicale. Ils adoptent une position conservatrice selon laquelle la liberté syndicale est un droit autonome, individuel, complètement dissocié du contexte des relations professionnelles", explique Jeff Vogt, conseiller juridique à la Confédération syndicale internationale (CSI).

"Pourtant, le droit à la liberté syndicale est depuis longtemps entendu comme un droit collectif, en particulier dans le contexte des relations professionnelles, et à vrai dire comme un ensemble de droits, incluant celui de faire grève."

Hélas, après une concession faite à titre exceptionnel en 2013 par le groupe des travailleurs pour éviter de répéter l'échec de 2012, le groupe des employeurs a réclamé une nouvelle fois, cette année, une mention excluant le droit de grève des conclusions relatives à trois pays (Algérie, Cambodge, Swaziland) examinés au titre de la convention 87. Mais, cette fois, le groupe des travailleurs a rejeté à l'unanimité cette revendication qui compromet les travaux de la Commission.

Comme le groupe des travailleurs l'a expliqué en plénière, les conclusions de la Commission de la Conférence doivent fournir des directives claires aux gouvernements pour leur permettre d'ajuster et d'améliorer la mise en œuvre des conventions de l'OIT. Aujourd'hui, la contestation porte sur trois cas, mais demain ils pourraient être au nombre de quatre, cinq, voire six selon le nombre de cas examinés en rapport avec la convention 87. Aucun accord ne s'étant dégagé à la CIT de juin 2014, aucune conclusion n'a été adoptée pour l'ensemble des 19 cas à l'examen par la Commission de la Conférence.

Le souci majeur du groupe des travailleurs est que les employeurs contestent maintenant de plus en plus d'autres grandes conventions, comme la convention n° 98 sur le droit de négociation collective; ces désaccords insidieux et persistants sur l'interprétation des conventions fondamentales de l'OIT sapent et paralysent le travail et la crédibilité des commissions.

Le conflit sur la question du droit de grève a été soumis au Conseil d'administration de l'OIT qui pourrait demander à la Cour internationale de justice de rendre un avis et mettre un terme à ce différend. Une décision devrait être prise en novembre 2014.

Le groupe des travailleurs tient bon et les syndicats sont déterminés à défendre le droit de grève qui constitue un des principaux atouts des travailleurs du monde entier.

Les mineurs ukrainiens demandent une hausse des salaires

EVRAZ est une entreprise sidérurgique et d’extraction minière qui mène des activités dans la fédération de Russie, en Ukraine, aux États-Unis, au Canada, en République tchèque, en Italie, au Kazakhstan et en Afrique du Sud. Le 13 juin, les travailleurs et travailleuses à Kryvyi Rih, Ukraine, ont manifesté devant les bureaux de l’entreprise, en demandant un doublement des salaires à compter du 1er mai 2014.

L’augmentation rapide des prix des produits et des services de base, ainsi que la dévaluation de la monnaie ukrainienne, sont les principales raisons des revendications. L’un des manifestants a dit gagner 8 000 hryvnia. Cela équivaut à 1 000 USD, mais avec le taux de change actuel, cela ne représente plus que 700 USD.

Igor Naumenko, directeur des ressources humaines de l’entreprise, a dit que les salaires chez EVRAZ Sukhaya Balka JSC sont déjà plus élevés que la moyenne dans l’industrie, mais que la direction prévoit de nouvelles augmentations. En promettant de transmettre à la direction les revendications des salariés, il s’est également engagé à rendre compte dans une semaine du montant de l’augmentation salariale qui entrera en vigueur au 1er juin.

Aleksander Bondar, président local de l’affilié de IndustriALL Global Union, le syndicat indépendant des mineurs de houille d’Ukraine, a déclaré :

Le syndicat est prêt à négocier, mais nous ferons grève si un accord n’est pas conclu d’ici une semaine.

Une action de solidarité en faveur des mineurs chez EVRAZ Sukhaya Balka JSC a eu lieu le 12 juin au stade du club de football de Chelsea à Londres, où EVRAZ avait organisé son assemblée générale annuelle d’actionnaires. Les manifestants s’étaient rassemblés à l’une des principales entrées du stade, où ils distribuaient des tracts comportant les revendications des mineurs ukrainiens.

En mai, plus d’un millier de travailleurs et travailleuses des mines Jubilee et Frunze de EVRAZ Sukhaya Balka JSC ont manifesté contre la réduction des salaires et demandé un doublement des salaires. Mais un mois plus tard, la direction n’avait toujours pas répondu aux revendications.

Les syndicats recherchent un ajournement du Code minier au Brésil

Le fait que le Brésil ait besoin d’un nouveau code minier n’est pas en cause. Dans les 47 ans qui ont suivi la révision du code durant le régime militaire d’alors, le secteur minier a été l’un des secteurs dont la croissance a été la plus rapide, et les conséquences sur les communautés et l’environnement se sont également rapidement aggravées.
 
Cependant, des critiques dénigrent à la fois la procédure et le contenu de la loi, en critiquant le fait que l’on cherche à faire adopter, sans débat public, un code visant à réglementer une ressource commune non renouvelable. Il faut ajouter à cela que par son contenu, la loi protège les intérêts des entreprises, tout en ne prenant pas conscience des conséquences sociales et environnementales de l’exploitation minière.
 
Le projet de révision a fait l’objet de discussions derrière des portes closes pendant quatre ans avant d’être envoyé au Parlement par une ‘procédure juridique d’urgence’, qui ne permettait un débat public pendant seulement 90 jours. La ‘procédure juridique d’urgence’ a été retirée par la suite sous la pression de syndicats et d’ONG, et le délai pour l’adoption est actuellement incertain.
 
Les syndicats et des groupes de la société civile, dont l’affilié de IndustriAll Global Union, CNQ-CUT, ont présenté 53 propositions concernant le travail décent, la santé et la sécurité, les conséquences sociales et environnementales, la participation d’acteurs sociaux et la viabilité industrielle. En outre, 250 propositions d’amendement ou autres reflètent les intérêts de l’industrie.

Les syndicats demandent au gouvernement de retarder le vote jusqu’en 2015.

Pendant ce temps une conférence minière nationale va avoir lieu dans le but de développer un cadre réglementaire qui reflète la diversité des intérêts de la société brésilienne.

Le Brésil a plus de 7.000 mines en activité qui extraient 80 minéraux différents. Ce pays est l’un des plus grands producteurs au monde de minerai de fer, de bauxite, d’or, de nickel, de manganèse, de même que de niobium qui est un minéral rare. Le secteur assure plus de 900.000 emplois dans le secteur formel.

L'OIT préoccupée par les violations des droits des travailleurs et des syndicats au Bélarus

La session de la Commission de l'application des normes a passé en revue les violations continues des droits des travailleurs et des syndicats. Alexander Yarochuk, le Président du Congrès des syndicats démocratiques du Bélarus (BKDP), qui représente la majorité des affiliés d'IndustriALL dans le pays, a fait remarquer que le gouvernement bélarussien défie les principes et valeurs de l'OIT en ne tenant aucun compte de ses recommandations et en poursuivant des membres de syndicats indépendants. Il a appelé l'OIT à manifester clairement son intention de forcer le gouvernement à rendre aux travailleurs les droits dont ils les a privés, à cesser les pressions, la répression et la discrimination, à mettre fin à la pratique légalisée du travail forcé.

Alexander Yarochuk a dépeint la situation au Bélarus depuis 2004, lorsqu'une Commission d'enquête de l'OIT a formulé ses recommandations en vue de l'élimination des violations des droits des travailleurs et des syndicats :

Au cours des dix dernières années, le Bélarus est devenu un des pires pays au monde pour les travailleurs et les syndicats indépendants. Les poursuites, la répression et les sanctions ainsi que les licenciements de travailleurs parce qu'ils sont membres de syndicats indépendants sont généralisés.

Le décret présidentiel n° 2 de 1999 rend impossible la création de syndicats indépendants. Toutes les tentatives des travailleurs pour créer un syndicat sont réprimées, les dirigeants et militants de nouveaux syndicats sont immédiatement licenciés et leurs adhérents sont forcés de réintégrer les syndicats officiels contrôlés par l'État.

Depuis des années, il est interdit aux syndicats indépendants d'organiser des manifestations, des défilés, des réunions ou des piquets de grève, notamment le 1er mai, Journée internationale des travailleurs, et le 7 octobre, Journée mondiale du travail décent.

En 2012, le Président bélarussien Alexander Loukachenko a promulgué le décret n° 9 qui dispose que, pendant la modernisation et la reconstruction des entreprises de menuiserie, les salariés ne pourront mettre fin à leur contrat de travail qu'avec l'accord de l'employeur. En fait, ce décret a rétabli le servage au Bélarus.

Le dirigeant du BKDP commente cette pratique du travail forcé en ces termes :

Actuellement, presque tous les travailleurs ont des contrats de courte durée, une forme de travail forcé dans un régime totalitaire. Une pratique médiévale de servage, d'esclavage moderne a été rétablie au Bélarus après l'interdiction faite par le décret présidentiel de licencier les travailleurs de l'industrie du travail du bois. D'après les dernières déclarations en date du dirigeant du pays, cette pratique sera bientôt étendue au secteur agricole.

L'OIT suit l'évolution de la situation au Bélarus mais les changements positifs ne sont pas nombreux.

Toutes les déclarations du gouvernement quant à sa volonté d'appliquer les recommandations de l'OIT ne sont que des mots vides de sens, d'incessantes manipulations visant à donner le change. La preuve en est, pour Alexander Yarochuk, l'absence de tout fait nouveau constatée dans le rapport de la mission de l'OIT qui s'est rendue au Bélarus au mois de janvier.

Les violations des droits des travailleurs commises au Bélarus, notamment le non-respect de la liberté syndicale et du droit de négociation collective, sont examinées depuis 2003 par l'OIT. En 2004, une Commission d'enquête a été désignée pour vérifier la situation. Elle a publié un rapport détaillé contenant 12 recommandations pour améliorer la situation.

En 2007, le Bélarus a été exclu du Système généralisé de préférences de l'Union européenne pour non-respect des recommandations de l'OIT, et il n'a pas encore pu le réintégrer en raison de la poursuite des violations des droits des travailleurs et des syndicats. 

Gennady Fedynitch, le Président du Syndicat bélarussien des travailleurs de l'industrie de la radio et de l'électronique, affilié à IndustriALL, a donné quelques exemples de violations de ces droits en commentant la décision de l'OIT :

Les contrats de travail de courte durée sont très répandus au Bélarus, et les persécutions des membres de syndicats indépendants continuent. On ne peut pas enregistrer de nouveaux syndicats locaux parce que les autorités refusent sous divers prétextes. En outre, il est fait pression sur les chefs d'entreprises pour qu'ils ne fournissent pas d'adresse et, sans adresse, on ne peut pas créer un syndicat local.

Le leader syndical est sceptique quant à la capacité de l'OIT d'influencer le gouvernement du Bélarus :

Ces dix dernières années, la situation des droits des travailleurs et des syndicats s'est encore dégradée au Bélarus. Certaines recommandations de l'OIT de 2004 sont maintenant dépassées. Il semble que l'OIT ne puisse pas influencer le gouvernement bélarussien qui bafoue à la fois ses recommandations ainsi que les conventions ratifiées. Avec des gouvernement comme celui-là, il faut changer les règles du jeu.

Les promesses de réforme du Swaziland font perdre patience

Une telle action de protestation collective des représentants des travailleurs n'a pas connu de précédent lors de l'examen des cas par la Conférence internationale du travail (CIT), qui est l'instance suprême de l'Organisation internationale du travail (OIT). En tant que signataire de la Convention n° 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, le Swaziland figurait sur la liste des cas examinés par la Commission de l'application des normes de l'OIT. Depuis une dizaine d'années, le gouvernement swazi bafoue les droits humains et syndicaux et esquive les interventions de l'OIT sur l'application de la convention 87.

Lors de la discussion tripartite plénière du 6 juin 2014, le gouvernement du Swaziland a refusé de reconnaître l'absence de progrès s'agissant de l'enregistrement de deux fédérations syndicales, le Congrès des syndicats du Swaziland (TUCOSWA) et les Syndicats unifiés du Swaziland (ATUSWA). Il a également nié les violations des droits syndicaux et le harcèlement de leaders syndicaux.

Les luttes syndicales au Swaziland, où IndustriALL Global Union compte trois affiliés, sont en rapport avec le combat mené pour la démocratie politique. Ce petit pays d'Afrique australe est dirigé par un monarque qui a proclamé en 1973 un état d'urgence qui est toujours en vigueur 41 ans plus tard. L'abus de pouvoir touche aussi la police et le judiciaire, les arrestations et les procès étant utilisés pour museler la dissidence. Tout récemment, Thulani Maseko, un juriste de renom spécialisé dans les droits de l'homme et les questions syndicales, et le rédacteur-en-chef du magazine Nation, Bheki Makhubu, ont été emprisonnés et sont actuellement jugés pour outrage à magistrat pour avoir publié des articles mettant en cause le judiciaire.

Au vu de cas de répression incontestables et de violations flagrantes des droits humains et syndicaux, les efforts du gouvernement swazi pour minimiser ses agissements devant la Commission de la Conférence et faire état de progrès suffisants frisaient l'absurde. Comme il fallait s'y attendre, plusieurs représentants de gouvernements africains présents ont apporté leur soutien au gouvernement swazi en déclarant, sur le ton d'une leçon bien apprise, que le gouvernement avait suffisamment fourni la preuve de sa volonté d'apporter les changements qui s'imposent et qu'il fallait lui accorder plus de temps pour mettre les mesures législatives en pratique.

Le membre gouvernemental des États-Unis a toutefois déclaré que les manquements du Swaziland vis-à-vis de la convention 87 sont un "sujet de vive préoccupation", d'autant que l'African Growth and Opportunity Act américain lui octroie un statut préférentiel dans ses échanges commerciaux. La membre travailleuse des États-Unis, Mme Fisher, a également insisté sur ce point, soulignant que l'échéance de mai imposée au Swaziland pour modifier sa législation s'il voulait conserver ses avantages commerciaux n'avait pas été respectée. Le membre travailleur du Royaume-Uni a ajouté que les accords commerciaux signés avec l'Union européenne imposent eux aussi le respect d'engagements internationaux tels que la liberté d'association, de réunion et d'expression et que, au cours des derniers mois, les arrestations d'opposants au régime s'étaient en fait multipliées.

Dans un geste de soutien rarement manifesté à la CIT, plusieurs délégués employeurs se sont joints aux membres employeurs du Swaziland pour réclamer l'application d'urgence de la convention 87 et l'enregistrement immédiat du TUCOSWA. Les associations d'employeurs sont également affectées par les carences de la loi en matière d'enregistrement des fédérations.

(Les membres travailleurs du Swaziland ont apporté clairement la preuve des attaques systématiques contre les droits des travailleurs et de la suppression des activités syndicales. Il s'agit notamment de tactiques de répression du gouvernement contre les dirigeants de syndicats et leurs sympathisants, comme Thulani Maseko, menacés d'arrestation, de poursuites pénales et d'emprisonnement pour leur combat pour les droits.)

Trois pays, l'Algérie, le Cambodge et le Swaziland, figuraient sur la liste des pays dont le cas devait être discuté par la Commission de l'application des normes s'agissant de la convention 87. Hélas, la Commission n'a pu adopter de conclusions sur 19 cas, notamment sur ces trois-là, parce que le groupe des employeurs a refusé une nouvelle fois de reconnaître que le droit de grève figure dans la convention 87.

Ce blocage signifie qu'aucune position ferme n'a été prise cette année contre le Swaziland, alors que le projet de conclusions indique que toutes les parties sont fatiguées d'être baladées par les promesses de réforme non tenues du gouvernement du Swaziland.

Tenir tête pour avoir des conditions de travail sûres

La lettre qu’ils ont présenté à la direction de l’usine Huhtamaki demande également à ses responsables patronaux de s’abstenir d’utiliser des représailles contre les travailleurs et travailleuses pour leurs actions.

Un travailleur dit:

"Nous savions déjà que lorsque nous avons tenté de parler individuellement de ces questions avec la direction, rien n’a changé. En nous rassemblant, nous avons réalisé que si nous demandions ensemble à obtenir des changements, il était impossible à la direction de nous ignorer. Tout ce que nous voulons de leur part, c’est de nous traiter de la même façon qu’ils traitent leurs salariés syndiqués."

Alors que les travailleurs et travailleuses de Huhtamaki à Commerce n’ont pas de représentation syndicale, ils ont le soutien syndical de la main-d’œuvre des six installations de Huhtamaki où les salariés bénéficient de la protection d’une convention syndicale. Cinq d’entre elles ont le soutien d’unités de négociation de United Steelworkers (USW) affilié à IndustriALL Global Union, et la sixième est représentée par le syndicat Retail, Wholesale and Department Store Workers/UFCW (RWDSU/UFCW).

Beaucoup d’usines de l’entreprise dans le monde, au Royaume-Uni, au Brésil, en Nouvelle-Zélande et dans d’autres pays, sont également syndicalisées. Ces travailleurs et travailleuses syndiqué(e)s ont envoyé des messages et des photos pour marquer leur solidarité avec leurs camarades de Huhtamaki qui n’ont pas de représentation syndicale en Californie.

Le Conseil Huhtamaki de l’USW a également envoyé une lettre de soutien aux travailleurs et travailleuses.

Un autre travailleur a dit:

"C’est très important de savoir que d’autres travailleurs et travailleuses de Huhtamaki nous soutiennent aujourd’hui dans le pays. J’ai l’impression que l’entreprise va devoir maintenant nous écouter."

Plus de 3.500 personnes travaillent dans l’une des 21 usines de l’entreprise mondiale finlandaise  de produits d’emballage et en papier aux États-Unis.

Huhtamaki développe ses activités aux États-Unis et un nouveau rapport de l’USW et d’AFL-CIO révèle comment la stratégie d’expansion aux États-Unis porte sur les bas salaires, l’emploi précaire, et menace la sécurité de l’emploi et le niveau de vie des salariés syndiqués.

Le rapport donne des précisions sur la façon dont Huhtamaki tire profit des subventions obtenues au niveau local et à celui de l’État, et des allègements fiscaux, et qu’au lieu d’offrir de bons emplois pour les communautés dans lesquelles l’entreprise se développe, elle n’utilise qu’une main-d’œuvre temporaire avec des salaires toujours plus faibles, et des prestations minimums. Il signale également les réductions de dépenses dans la sécurité et la santé au travail qui ont des conséquences sur les travailleurs et travailleuses dans les usines. Huhtamaki emploie un cabinet d’avocats spécialisé dans la répression syndicale pour s’opposer aux initiatives de la main-d’œuvre pour se syndiquer, et déplace des lignes de produits dans ses usines sans représentation syndicale.

Renforcement des capacités pour améliorer la participation des femmes

La participation des femmes au mouvement de protestation les a placées au premier rang de la lutte dans la région MENA. Cependant, la participation des femmes au niveau institutionnel et représentatif après le printemps arabe est encore faible. En conformité avec une politique de renforcement de la participation des femmes au processus mondial de prises de décision, IndustriALL a organisé récemment deux séminaires de promotion de la capacité des femmes syndicalistes en Tunisie et au Maroc.

Le 6 juin, 18 femmes membres d’affiliés marocains de IndustriALL, aux côtés de leurs homologues d’affiliés potentiels, ont participé à un séminaire national à Casablanca sur la Promotion de la participation des femmes dans les syndicats. Les participantes ont déterminé des problèmes essentiels, comme la violence contre les femmes et la non-application des articles de la Loi du Travail applicables aux femmes.

Les dirigeantes de six syndicats marocains affiliés à l’ Union Marocaine du Travail (UMT) et à la Confédération Démocratique du Travail (CDT) ont constitué le Réseau des femmes marocaines, destiné à servir de plate-forme de progrès pour une coopération nationale des femmes, pour s’attaquer aux défis et planifier des activités.

Le 9 juin, 22 femmes syndicalistes, représentant des affiliés de IndustriALL membres de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) ont assisté à un séminaire national sur la participation des femmes aux activités syndicales. Les participantes ont insisté sur la nécessité d’une plus grande participation au niveau institutionnel pour les activités syndicales, ainsi qu’une contribution aux discussions menées actuellement à l’UGTT sur le renforcement de la position des femmes au processus décisionnel des syndicats à l’échelle nationale. Les discussions ont été dominées par des questions telles que l’absence de la protection nécessaire des travailleuses et la détérioration des conditions de travail dans la sous-traitance et l’emploi précaire.

Le Réseau des femmes tunisiennes a été constitué, en demandant l’organisation d’une conférence nationale sur les obstacles rencontrés par les femmes dans les activités syndicales, de même que des discussions sur les conditions de départ volontaire à la retraite des femmes à l’âge de 50 ans.

La secrétaire générale adjointe de IndustriALL, Monika Kemperle, a déclaré lors des séminaires:

L’engagement de nos camarades femmes en Tunisie et au Maroc place IndustriALL dans une meilleure position pour renforcer son soutien actuel aux travailleuses dans la région MENA.

En Norvège, une prestigieuse distinction pour le combat des syndicalistes mexicains

Napoleón Gómez Urrutia, l'héroïque dirigeant du syndicat des mineurs mexicains, Los Mineros, a remporté cette année le Prix international Arthur Svensson pour les droits syndicaux. Ce prix est décerné par notre affilié Industri Energi.

Suivant les conseils de ses avocats, et après un autre mandat d'arrêt et de nouvelles menaces de mort lancés contre lui, Napoleón Gómez Urrutia a choisi de ne pas quitter le Canada. C'est à son épouse, Oralia Casso, que le Président d'Industri Energi, Leif Sande, a remis le prix.

Depuis 2006 et sa vigoureuse condamnation de l'homicide industriel de Pasta de Conchos, le leader syndical est persécuté par le gouvernement et le patronat ligués contre lui et contraint de diriger le syndicat depuis son exil à Vancouver, au Canada.

Comme l'a écrit le jury, "Gómez Urrutia joue un rôle de premier plan dans le combat pour un syndicalisme démocratique, débarrassé de l'ingérence du gouvernement et des employeurs au Mexique."

Dans le discours de réception qu'elle a prononcé au nom de son mari, Oralia Casso a déclaré :

Napoleón a toujours été un champion des causes sociales et de la liberté syndicale. Sa stratégie se fonde sur la paix, la justice, le respect et la dignité."

Le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a déclaré lors de la cérémonie d'Oslo :

C'est un hommage rendu au combat que livrent Napoleón Gómez et les courageux membres de Los Mineros pour la dignité et la justice sociale. Il montre que le monde syndical continuera à soutenir le syndicalisme libre et indépendant au Mexique. La lucha continua !"

Après la cérémonie s'est tenu un débat public sur le thème de l'investissement sale.

Le Fonds de pension du gouvernement norvégien est le plus important et aussi un des plus grands investisseurs au monde. Le Président d'Industri Energi, Leif Sande, a fait remarquer qu'il a investi un milliard de couronnes norvégiennes dans le groupe minier Grupo Mexico, connu pour son antisyndicalisme, qui a refusé de remonter les corps de 65 mineurs qui avaient péri dans une explosion en 2006 et recourt à la violence contre les syndicats.

Pour Leif Sande :

Cette entreprise joue avec la vie des gens et avec les principes de liberté et de justice que nous, en Norvège, considérons comme des droits incontestables. C'est notre devoir, en tant que syndicalistes et qu'êtres humains, de clamer haut et fort que le Fonds de pension du gouvernement norvégien doit se retirer de Grupo Mexico. Nous ne voulons pas être impliqués dans des activités immorales."

Le modèle d’approvisionnement de l’industrie de la confection est fondamentalement défectueux

Le rapport intitulé ‘Stitched Up’, publié le 11 juin, s’interroge sur la situation des travailleuses et travailleurs de la confection en Turquie et en Europe orientale qui produisent des vêtements dans 10 pays différents pour des marques telles que Hugo Boss, Adidas, Zara et H&M.

Il a trouvé que les travailleuses et travailleurs de la confection dans cette région ont des salaires de misère, de mauvaises conditions de travail et de longues journées de travail, qui reflètent l’expérience relevée dans d’autres parties du monde.

Environ trois millions de personnes sont employées dans l’industrie de la confection en Turquie, Géorgie, Bulgarie, Roumanie, Macédoine, Moldavie, Ukraine, Bosnie-Herzégovine, Croatie et Slovaquie.

Jenny Holdcroft, directrice de la politique de IndustriALL Global Union, qui représente les syndicats de la confection dans les pays étudiés, déclare:

Il n’est pas surprenant que les travailleuses et travailleurs en Turquie et en Europe orientale soient soumis à de faibles salaires et à des conditions de travail identiques à ceux de pays comme le Bangladesh ou le Cambodge. Le modèle d’approvisionnement de l’industrie de la confection, basé sur des salaires aussi faibles que possible, est fondamentalement défectueux. ‘Made in Europe’ n’est pas une garantie de droits ou de salaires meilleurs pour les salariés de la confection.

L’étude a établi l’existence d’un énorme fossé entre le salaire minimum légal et l’estimation du salaire minimum vital dans tous les pays. Le rapport indique que:

Les emplois dont les salaires sont extrêmement bas créent la pauvreté au lieu de la combattre.

Une couturière en Biélorussie dit travailler pour un salaire horaire de 0,45 euro à broder des chemisiers pour Zara avec un contrat établi par un agent grec agissant en sous-traitance. Dans certains cas, les travailleuses ont déclaré faire pousser leurs propres légumes et avoir un deuxième emploi pour pouvoir survivre. D’autres se sont plaintes d’avoir leur vue abîmée après avoir cousu pendant de longues journées de travail sans pauses.

Le rapport a également trouvé que les personnes employées dans la confection, en majorité des femmes, sont victimes de harcèlement sexuel, de discrimination de salaire et de traitement, et d’une représentation syndicale restreinte.

Un syndicaliste croate affirme que “les syndicats n’ont pas la possibilité de négocier des hausses salariales du fait qu’ils doivent constamment se battre contre des pratiques illégales telles que le non-versement depuis un long temps des heures supplémentaires, des contributions sociales ou des salaires.”

Holdcroft a déclaré:

“Les conclusions du rapport reflètent les pratiques endémiques en vigueur dans l’industrie mondiale de la confection. Les salaires sont réduits autant que possible par les pratiques d’achat des marques et également par l’absence de négociation collective qui conduit à une dépendance du salaire minimum légal, qui dans de nombreux cas est un salaire de misère."

Lire le rapport.