Les affiliés de IndustriALL affirment leur solidarité avec les travailleurs de Samsung

Les syndicalistes appartenant aux affiliés de IndustriALL au Comité exécutif du syndicat mondial, réuni à Genève, Suisse, ont posé pour des photos et montrer ainsi leur solidarité avec les salariés de Samsung.

Samsung observe depuis 75 ans une politique prônant l’absence de syndicat, mais l’affilié de  IndustriALL, le syndicat coréen des métallurgistes (KMWU), a bravé le diktat avec la création de la section locale des travailleurs des services de l’électronique de Samsung. C’est la première organisation syndicale de masse chez Samsung en Corée.

La section du KMWU a été impliquée dans un conflit du travail avec l’entreprise pendant plusieurs mois, avec des grèves tournantes, pour exiger que Samsung mette fin aux salaires de misère, respecte les droits syndicaux et signe une convention collective pour les 1.600 travailleurs et travailleuses syndiqué(e)s.

Après avoir évité durant des mois la convention collective, Samsung a commencé à se venger des salariés en réaffectant à leurs postes de travail les personnes non-syndiquées et en fermant trois centres syndiqués (Haeundae, Asan et Icheon) avec une mise à pied massive en mars de ces salariés.

Réduit au désespoir par l’attitude de l’entreprise, le dirigeant syndical local du KMWU, Ho-seok Yeom, âgé de 33 ans, s’est suicidé le 17 mai 2014. Il a laissé une note dans laquelle il demandait que son corps soit laissé en l’état, et non incinéré, jusqu’à la victoire de la lutte pour les droits syndicaux chez Samsung. En dépit de son vœu, les forces de police ont emporté de force sa dépouille.

L’absence de respect pour la volonté du dirigeant disparu et la répression grandissante contre les syndicalistes indiquent que la Corée du Sud est en train de retourner à son passé autoritaire. Un soutien international est nécessaire de toute urgence. Soutenez la campagne et signez la pétition de LabourStart

IndustriALL en deuil à Soma un mois après l'homicide industriel

La mission syndicale a transmis un message international de colère aux autorités politiques du pays et à son opinion publique, réclamant des mesures immédiates et notamment la ratification et l'application de la convention 176 de l'OIT sur la sécurité et la santé dans les mines. Les autorités turques devraient aussi s'attaquer sérieusement au problème de l'externalisation et de l'utilisation irresponsables de la sous-traitance dans tout le pays et y remédier.

La délégation d'IndustriALL a rencontré la commission parlementaire spécialement constituée pour enquêter sur l'accident minier de Soma. Le président et les membres de cette commission ont pu apprendre ce qui se passe dans d'autres pays et comment la sécurité minière a pu être améliorée grâce à une participation active des travailleurs. Les délégués ont aussi rencontré le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles ainsi que des représentants de l'OIT de Genève et d'Ankara.

Sur site, le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, à déclaré :

L'industrie minière turque doit changer de modèle d'entreprise. Ces dernières années, on a privatisé, sous-traité à tout-va et rogné sur la santé et la sécurité, au détriment de la population et au profit des investisseurs privés. Des centaines de travailleurs ont payé de leur santé et de leur vie ce modèle insupportable. Nous refusons ce modèle et allons mener campagne pour sa suppression. Tous les accidents miniers peuvent être évités et leur responsabilité incombe au gouvernement et à l'employeur.

Aujourd'hui, 25 juin, le Comité exécutif d'IndustriALL Global Union a discuté de son action internationale pour la sécurité dans les mines de Turquie faisant suite à Soma et a promis une campagne concertée pour la ratification de la convention 176 de l'OIT.

Le président du secteur des mines d'IndustriALL, Andrew Vickers, du CFMEU australien, a appuyé la résolution d'urgence que le Comité exécutif a adoptée à l'unanimité : "Le commentaire du Premier ministre qui a dit que le destin du mineur est de périr dans la mine nous dégoûte. La responsabilité de cette catastrophe incombe à l'employeur et au gouvernement. Si ce n'était pas un meurtre, c'est à coup sûr un homicide. Espérons et faisons campagne pour que cela ne se reproduise plus jamais."

Le lendemain de l'explosion dans la mine, IndustriALL avait immédiatement appelé à un rôle plus interventionniste pour l'OIT en Turquie :

Le récent carnage de Soma, qui s'ajoute au sinistre bilan de la Turquie en matière de sécurité, devrait mobiliser à l'action dans le monde entier pour s'attaquer globalement au taux inacceptable de victimes de l'industrie minière. Les mineurs comptent sur l'OIT pour honorer sa mission historique.

Au lieu d'enquêter sérieusement sur ce tragique accident et d'assumer la responsabilité des 301 décès, le gouvernement turc a monté une campagne sournoise de désinformation mettant en cause le syndicat local de Soma. Les autorités turques ont violemment dispersé les manifestations populaires qui ont éclaté à Soma et partout en Turquie dans les semaines qui ont suivi, maintenant l'ordre à la mine avec les canons à eau et gaz lacrymogènes.

Un message de condoléances et de solidarité tout aussi fort a été envoyé aux familles des mineurs décédés et à l'affilié turc d'IndustriALL dont les adhérents ont péri lorsque, le 13 mai, les gaz inflammables libérés dans le processus d'extraction ont provoqué une énorme explosion souterraine.

Une mine sûre, dont l'employeur veut réellement contrôler et améliorer la sécurité, ne piégera et ne tuera jamais ses travailleurs. Ce sont le gouvernement et l'employeur qui sont responsables de la vie des mineurs. Des mesures et des investissements s'imposent pour s'assurer que cela ne se reproduise jamais et IndustriALL va mener une énorme campagne pour que des mesures soient prises.

Aux côtés de Kemal Özkan, d'IndustriALL, les participants à la mission étaient : le président du secteur des mines d'IndustriALL, Andrew Vickers, du CFMEU australien, Joe Drexler, de l'USW d'Amérique du Nord, Erick Gcilitshanavalve et Martha Lialda, du NUM d'Afrique du Sud, Ivan Mokhnachuk et Katerina Mizuna, du syndicat russe ROSUGLEPROF, et Michael Mersmann, de l'IG BCE.

"La présence de la mission d'IndustriALL nous a encouragés et motivés dans notre lutte dans l'industrie minière, ont déclaré le président général de Maden-Is, Nurettin Akcul, et son conseiller international et technique, Kenan Dikbiyik.

Formation sur le VIH-Sida sur le lieu de travail en Zambie

Selon l’ONUSIDA, plus d’un million de gens vivent avec le VIH en Zambie, et environ 13% d’adultes âgés de 15 à 49 ans sont contaminés par le VIH-Sida (2012).

Les participant(e)s à l’atelier ont pris conscience de l’importance des syndicats pour assurer l’application des politiques concernant le VIH-Sida et s’assurer que les travailleurs et travailleuses reçoivent une formation permanente et prennent conscience du danger.

Le premier jour, un atelier s’adressant uniquement aux femmes a rassemblé 20 personnes, généralement jeunes, des travailleuses de quatre affiliés zambiens de IndustriALL: MUZ, NESAWU, NUCIW et NUBEGW.

Le second jour, 20 jeunes syndicalistes, ont participé le plus souvent à leur premier atelier sur le VIH-Sida, d’après la coordonnatrice du projet, Paule France Ndessomin.

Les participant(e)s ont tous confirmé l’existence de politiques sur le VIH-Sida sur leurs lieux de travail. Certaines politiques portent sur tous les aspects du problème, et couvrent les familles des travailleurs/euses, alors que ce n’est pas le cas pour d’autres.

Les sujets de discussion ont porté sur le VIH-Sida et la négociation collective, l’implication des syndicats dans les programmes s’appliquant au lieu de travail, la honte et la discrimination contre les travailleurs et travailleuses contaminés par le VIH, et la violence envers les femmes.

La honte et la discrimination constituent des obstacles majeurs pour l’application réelle des programmes sur le VIH-Sida sur le lieu de travail. Ceci, en partie, parce que les travailleurs et travailleuses n’ont pas complètement compris le mode de transmission du VIH. Les participantes n’ont pris part que timidement aux discussions sur la violence dont elles sont les victimes, mais ont confirmé qu’elle existe et que l’héritage culturel en est responsable.

Moses Silwamba, scientifique et chercheur au ZERPH (Projet de recherche d’Emory sur le VIH en Zambie) a exposé les principes fondamentaux de la transmission du VIH-Sida, ainsi que les infections sexuellement transmissibles (MST). Il a demandé aux femmes d’encourager leur partenaire à se rendre à une séance de conseils aux couples, du fait que de nombreux couples mariés sont contaminés par la maladie, mais hésitent à rechercher une aide médicale. Il a conseillé aux travailleurs et travailleuses à se rendre au ZERPH et à utiliser les services gratuits offerts.

Les participant(e)s ont également été encouragés à s’appuyer sur la recommandation 200 de l’Organisation internationale du Travail sur le VIH-Sida (R200 OIT) comme point de référence pour une politique sur le lieu de travail. Il faut insister sur le fait qu’une politique efficace doit s’accompagner de mécanismes appropriés sur le plan administratif, en matière de ressources humaines et de contrôle.

Le secrétaire général du NUCIW, Seth Paraza, a demandé aux femmes et aux jeunes travailleurs/euses de continuer à chercher de l’information en insistant sur le fait que le VIH-Sida est encore la cause de la mort de travailleurs et travailleuses et de membres de leurs communautés. Les femmes et les jeunes travailleurs et travailleuses ont une responsabilité, celle de s’engager pour une application réelle des programmes et des politiques sur le VIH-Sida au travail.

Les travailleurs d’une usine russe de nickel sont prêts à faire grève

Le syndicat des mineurs et des métallurgistes de Russie (MMWU), l’un des plus importants affiliés russes de IndustriALL Global Union, représente les intérêts des salariés de BNP.

Répétant le schéma des années précédentes, BNP a refusé de signer une convention collective, une hausse des salaires ou de revoir les salaires dans le sens de l’inflation. Le ministère du Travail et de l’Emploi de la région Orenburg, où l’usine est située, a enregistré le conflit collectif du travail, et une commission de conciliation a été créée pour résoudre le différend.

Dans le cas où la commission de conciliation ne réussissait pas à obtenir un règlement, les membres du syndicat auraient recours à un arbitrage du travail ou lanceraient un appel à la grève comme cela s’est produit chaque année sauf une, depuis la signature de la première convention collective en 2009 quand une section du MMWU avait été créée à la BNP.

La première réunion de conciliation a eu lieu le 17 juin et une autre réunion est prévue pour le 2 juillet. En plus des salariés, la direction, les représentants du propriétaire et le chef de l’administration locale prendront part au travail de la commission.

Le 20 mai, les travailleurs et travailleuses ont présenté leurs revendications à la BNP, lors d’une assemblée générale des salariés, en demandant la conclusion d’une convention collective pour 2014-2016, une hausse de 50 pour cent des salaires, et une totale indexation salariale pour 2012-2013.

Lors des trois conflits précédents, les revendications ouvrières avaient été satisfaites en totalité. Toutefois, en 2013, en raison d’une baisse sur le marché des métaux non-ferreux, les salariés avaient accepté un gel des salaires et n’avaient pas réclamé un ajustement salarial, même si le salaire moyen et les compensations pour conditions de travail dangereuses n’atteignaient pas le niveau minimum stipulé dans la négociation collective sectorielle nouvellement conclue. Finalement, la convention collective de 2013 n’a pas été signée et la convention de 2012 avait été automatiquement prolongée.

Si le syndicat devait trouver qu’il y a eu des infractions à la législation du travail et aux droits des travailleurs et travailleuses chez Buruktal Nickel Plant, l’entreprise pourrait faire l’objet d’un contrôle du ministère public.

Une entreprise sidérurgique mexicaine licencie des travailleurs en grève

La principale revendication porte sur le respect par l’entreprise de la convention 87 de l’OIT et la décision d’adhérer au syndicat mexicain des mineurs et des métallurgistes (SNTMMSRM) affilié à IndustriALL Global Union.

— Nous voulons être membres du syndicat le plus à même de garantir et de défendre nos droits. Le syndicat des mineurs défend les droits des travailleurs et travailleuses, et les cotisations syndicales commencent à 1,.5 pour cent des salaires, moins que le taux de 4 pour cent demandé par le syndicat qui prétend nous représenter, ont déclaré les travailleurs.

CB&I, qui fabrique des tuyaux en acier inoxydable et en acier au carbone dans une variété d’alliages et autres structures métalliques a refusé de respecter la liberté syndicale et a imposé le syndicat des ouvriers journaliers et des travailleurs industriels dans les Maquiladoras (Sindicato de Jornaleros y Obreros Industriales y de la Industria Maquiladora de H. Matamoros), affilié au CTM, dont le secrétaire général est Juan Villafuerte Morales.  

Les travailleurs/euses demandent également la fin des représailles contre les grévistes, le versement des salaires pour les jours non travaillés en raison de la grève, une prime hebdomadaire équivalente à 100 pour cent des salaires pour tous les travailleurs et travailleuses, et des contrats permanents pour tous les emplois temporaires.

Nous poursuivrons la grève et insistons sur le fait que nous ne reprendrons pas le travail tant que l’entreprise ne signera pas un accord fixant les conditions d’un retour au travail dans tous les services de l’usine.

Les salariés ont rencontré des représentants de l’entreprise au Conseil d’arbitrage et de conciliation local de Matamoros, et préparent une plainte pour licenciement abusif destinée à être présentée au Conseil. Le 11 juin, les travailleurs et travailleuses ont également présenté une demande officielle au SNTMMSRM pour que soient accordés des droits de représentation en matière de négociation collective.

Jusqu’à présent, l’entreprise n’a pas répondu à la demande de la commission de nommer des représentants ayant le pouvoir de négocier la liste des revendications ouvrières et de faciliter la reprise du travail.

IndustriALL accorde son soutien et sa solidarité au syndicat des mineurs, en appelle aux services de la main-d’œuvre (Conseil de conciliation et d’arbitrage local) et au gouvernement de l’État fédéré pour protéger les travailleurs et travailleuses, et demande que l’entreprise engage des négociations de façon à résoudre le différend .

Stratégies de négociation pour combattre l’emploi précaire

Le développement continuel de l’emploi précaire est l’une des plus grandes menaces auxquelles les syndicats sont confrontés, non seulement en matière de sécurité d’emploi, de salaires et de conditions de travail, mais pour leur capacité à syndiquer les travailleurs et travailleuses pour lutter collectivement en faveur de leurs droits. Le combat contre l’emploi précaire est l’un des principaux objectifs stratégiques de IndustriALL.

La nouvelle publication de IndustriALL ‘Negotiating Security’: Trade union bargaining strategies against precarious work’, (Négociation pour la sécurité: stratégies de négociation syndicale contre l’emploi précaire) donne des exemples concrets de stratégies de négociation collective appliquées par des affiliés pour s’opposer à l’emploi précaire et lutter contre son développement. La négociation collective joue un rôle crucial pour limiter l’emploi précaire et améliorer les conditions des travailleurs et travailleuses précaires.

Partout dans le monde, l’emploi précaire prospère dans des pays dont le cadre législatif ne permet pas de fixer des limites claires et de protéger les droits et les conditions de travail de la main-d’œuvre précaire. Alors que de nombreux affiliés recherchent la mise en place de réformes juridiques pour remédier à ces lacunes, la négociation collective permet de développer des réponses ciblées et exécutoires.

Des affiliés de IndustriALL ont déjà acquis beaucoup d’expérience dans l’emploi des conventions collectives pour limiter l’emploi précaire, transformer l’emploi précaire en emploi régulier, et pour améliorer les conditions de travail de la main-d’œuvre précaire et protéger ses droits. Beaucoup d’exemples pris dans les accords actuellement en vigueur se trouvent dans ‘Negotiating Security’.

Les travailleurs et travailleuses précaires employés par des entrepreneurs tiers et des fournisseurs de main-d’œuvre font face à des défis particuliers en raison de la création d’une relation d’emploi triangulaire. IndustriALL a déjà exposé la façon dont cette forme particulière d’emploi précaire fragilise les droits des travailleurs et travailleuses dans sa publication ‘Le piège triangulaire: les syndicats en action contre le travail intérimaire’. Maintenant ‘Negotiating Security’ donne des exemples sur la façon dont des stratégies de négociation collective peuvent être employées pour surmonter les obstacles et protéger les droits des travailleurs et travailleuses dans des relations triangulaires d’emploi.

Jyrki Raina a déclaré: ‘Grâce à ces exemples, nous espérons que les syndicats seront inspirés par le travail réalisé par d’autres, et qu’ils trouveront la manière d’adapter les stratégies aux défis auxquels ils sont confrontés. Les exemples que vous trouverez dans cette publication ne sont que des échantillons des très nombreux accords créatifs et progressistes mis en pratique par les syndicats pour protéger la main-d’œuvre. D’autres exemples se trouvent sur notre site internet et de nouveaux exemples sont ajoutés tout le temps.’

Les travailleurs ont le droit de faire grève

Au début du mois de juin, le groupe des employeurs a poursuivi son offensive contre le droit de grève pendant la conférence annuelle de l'Organisation internationale du travail (OIT) à Genève. Après que les employeurs aient réclamé une clause excluant le droit de grève, la Commission de l'application des normes n'a pu adopter de conclusions pour 19 cas importants.

Cette offensive a été déclenchée pendant la Conférence internationale du travail de juin 2012, lorsque, à la surprise générale, le porte-parole du groupe des employeurs annonça que le droit de grève n'existe pas en droit international. Les employeurs refusèrent d'adopter une liste restreinte de pays dans laquelle aurait figuré un seul cas évoquant le droit de grève, causant ainsi le blocage.

Cette attaque survient après plus de 50 ans de jurisprudence internationale cohérente qui contredit la ligne nouvellement défendue par les employeurs. Même si la Convention 87 de l'OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical ne mentionne pas explicitement le droit de grève, depuis les années 1950, le Comité de la liberté syndicale (CLS) et la Commission d'experts considèrent que l'article 3 de la convention recouvre la protection d'un droit à faire grève.

Dans son Étude d'ensemble de 1983, la Commission d'experts reprenait une conclusion antérieure du CLS : Le droit de grève est un des moyens essentiels dont disposent les travailleurs et leurs organisations pour promouvoir leurs intérêts sociaux et économiques". À l'époque, ce texte n'avait pas suscité d'opposition des employeurs.

En 1997, le groupe des employeurs lui-même "reconnaissait que le principe de l'action collective, dont le droit de grève et les lock-out, fait partie des principes de liberté syndicale énoncés dans la convention 87."

Aucun syndicat ne déclenche une grève de gaieté de cœur. Mais pour nous, le droit d'arrêter le travail est intrinsèquement lié à la liberté syndicale et à la négociation collective. Comme le fait remarquer la CSI dans un de ses documents, sans droit de grève, le droit de négocier collectivement ne représente rien de plus qu'un droit de "mendier collectivement".

En 2009, la Cour européenne des droits de l'homme a reconnu l'existence d'un droit de grève en tant que corollaire essentiel au droit à la liberté syndicale protégé par la convention 87 de l'OIT dans un cas portant sur la Turquie.

Un peu partout dans le monde, des gouvernements se sont rangés à cet avis, et le document de la CSI recense au moins 90 pays dont les constitutions entérinent le droit de grève.

Pour la constitution de la Grèce, "La grève constitue un droit qui doit être exercé par des syndicats légalement constitués afin de protéger et promouvoir les droits financiers et les droits au travail en général des travailleurs."

En Afrique du Sud, la constitution stipule que "Chaque travailleur a le droit de créer ou d'adhérer à un syndicat, de participer aux activités et programmes d'un syndicat, et de faire grève."

On peut considérer la ligne dure défendue par les employeurs comme s'inscrivant dans une attaque généralisée d'entreprises et de gouvernements hostiles aux syndicats contre les droits des travailleurs. Elle vise aussi à affaiblir l'OIT dont les conventions servent de plus en plus de référence dans le monde entier pour définir la portée de ces droits.

Le mouvement syndical mondial est déterminé à défendre le droit fondamental à la grève partout dans le monde et les conventions de l'OIT qui constituent la pierre angulaire des droits des travailleurs.

Jyrki Raina,

Secrétaire général

IndustriALL doit faire avancer la représentation des femmes

Monica Veloso de l’affilié de IndustriALL, CNTM Brésil, a déclaré que IndustriALL a la possibilité de présenter une vision novatrice. “Nous construisons une nouvelle organisation basée sur l’égalité,” a-t-elle dit.

“La création de IndustriALL remonte à deux ans. Le changement doit commencer au niveau national, mais le niveau mondial peut avoir un bon effet stimulateur,” a déclaré le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina.

La secrétaire générale adjointe de IndustriALL, Monika Kemperle, a déclaré:

“Nous devons donner l’exemple et nous assurer que les femmes sont représentées à juste titre à tous les niveaux de IndustriALL Global Union.  Nous devons inciter nos affiliés à obtenir 40 pour cent de participation des femmes au niveau des prises de décision comme l’ont montré beaucoup de nos affiliés.”

Le riche débat sur les quotas aux deux conférences régionales qui ont eu lieu récemment (Amérique latine et Caraïbes, et Asie-Pacifique) où les participant(e)s ont adopté une résolution pour une proportion de 40 pour cent de femmes à tous les niveaux de IndustriALL. Cela s’applique au Congrès, au Comité exécutif, pour le Président et les vice-présidents, le Secrétaire général et les secrétaires généraux adjoints.

Malgré les réserves de certains affiliés sur la possibilité d’obtenir 40 pour cent de représentation, on a quelques exemples positifs d’expériences syndicales. Les délégué(e)s ont appris que les 400 membres qui participaient à la récente conférence des femmes du CNQ-CUT au Brésil, ont été à l’origine d’une demande présentée aux employeurs pour que 30 pour cent des personnes nouvellement embauchées soient des femmes. Brigitte Capelle du syndicat français des métallurgistes de FO, a déclaré que les entreprises françaises incluent maintenant dans l’établissement de leurs rapports des chiffres sur le recrutement et le développement des carrières, qui permettent aux syndicats d’analyser les obstacles au progrès des femmes au travail. Ils ont trouvé qu’il y a trop de femmes dans certains domaines et pas suffisamment dans d’autres.

La tenue de la Conférence mondiale des femmes du 14 au 16 septembre 2015 à Vienne, Autriche, a été confirmée. Le thème central, qui sera peaufiné au cours des prochains mois, est “Transformation des structures par la position dominante des femmes”. Les obstacles à la représentation des femmes, notamment le sexisme et la direction assumée par les femmes seront également inscrits à l’ordre du jour.

Le Comité des femmes a décidé de continuer à collecter des données auprès des affiliés et de leur demander de répondre au questionnaire sur la présence des femmes dans leurs syndicats.

Le groupe de travail sur la participation des femmes, qui s’est réuni dans l’après-midi, a demandé d’obtenir les renseignements suivants pour lui permettre d’accomplir son travail:

Le groupe de travail a demandé également un débat sur:

La présidente, Christina Olivier, du syndicat sud-africain des métallurgistes, NUMSA, rendra compte à la réunion du Comité exécutif qui aura lieu à Genève, les 25 et 26 juin.

Les verriers turcs en grève pour de meilleurs salaires

Après des mois de négociations collectives, l’affilié turc d’IndustriALL Global Union Kristal-Is, qui représente les salariés de l’entreprise Sisecam, a appelé à la grève ce 20 juin.

La grève a été décrétée en réaction à la médiocre offre faite par ce leader mondial du secteur verrier, avec des augmentations de l’ordre de 11,79%, soit à peine la moitié de la revendication portée par le syndicat qui était de 23,12%.

Kristal-Is veut améliorer les revenus des plus bas salaires et des nouveaux entrants dans l’entreprise. A ce stade, elle a refusé de rencontrer les revendications des travailleurs, préférant faire face à une grève qui paralyse déjà la production de Sisecam dans six provinces du pays.

Les usines affectées par le mouvement comprennent celles de Trakya Cam dans les provinces de Thrace et Mersin, les usines Trakaya Yenisehir Cam de la province de Bursa et les trois de Pasabahce à Kirklareli, Eskisehir et Mersin, ainsi que l’unité de production de fibre de verre Cam Elyaf de Kocaeli.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, qui est allé à la rencontre des grévistes, a exprimé le soutien des 50 millions de membres de la grande famille que forme IndustriALL à leurs camarades de Turquie.

Kemal Özkan a déclaré, “IndustriALL soutient pleinement votre grève en faveur de salaires équitables et de meilleures conditions de travail pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses. Nous avons appelé nos affiliés, en particulier ceux du secteur verrier, à faire la démonstration de leur solidarité et de leur soutien envers Kristal-Is.”

IndustriALL conseille vivement aux investisseurs d’exiger de Rio Tinto la vérité

Un groupe de 25 analystes et investisseurs se rend chez Rio Tinto en Amérique du Nord cette semaine. Ils vont assister à des exposés de l’entreprise et visiter certaines de ses mines et fonderies.

“Rio Tinto a mis en place mode de fonctionnement conflictuel avec les parties prenantes de ses activités en Amérique du Nord et de par le monde,” indique le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan.

IndustriALL a publié “Inviabilité : La vilaine vérité sur Rio Tinto” qui décrit l’incapacité de Rio Tinto à se conformer à ses propres critères de durabilité. Ce rapport est disponible à l’adresse http://www.industriall-union.org/riotinto.

“Rio Tinto se décrit lui-même comme s’inscrivant dans la durabilité de manière à maintenir son accès à des marchés profitables. Son incapacité à se conformer à ses propres critères de durabilité met potentiellement en danger cet accès et constitue de fait une préoccupation pour la communauté des investisseurs,” ajoute Özkan.

Le report décrit la manière dont l’approche conflictuelle des relations sociales par Rio Tinto a provoqué de longs conflits de travail sur deux sites que les analystes et investisseurs vont visiter, la mine de borate de Boron et la Fonderie d’Alma.

Il décrit également la manière dont Rio Tinto s’est mis à dos un large éventail de parties prenantes en raison de fuites d’uranium, de décès de travailleurs, de violations de l’environnement et d’un manque de respect des droits des peuples indigènes notamment dans le cadre de son projet de Resolution Copper en Arizona.

IndustriALL Global Union représente 50 millions de travailleurs et travailleuses des mines, de l’énergie et du secteur manufacturier dans 140 pays, dont des milliers employés par Rio Tinto dans dix-neuf pays.