IndustriALL renouvelle son accord avec la plus grande marque de prêt-à-porter au monde

Lors d’une cérémonie à l’Organisation internationale du Travail (OIT), en présence de Gilbert Houngbo, directeur général adjoint de Field Operations & Partnerships, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a rencontré Pablo Isla, président et directeur général de Inditex, pour signer le renouvellement de l’accord au siège de l’OIT à Genève Suisse.

Un ACM est destiné à protéger les intérêts des travailleurs et travailleuses dans toutes les activités menées par une entreprise multinationale dans le monde, même celles qui ne sont pas directement liées à l’entreprise, en appliquant les meilleures normes en matière de droits syndicaux, de santé et de sécurité, et de pratiques environnementales.

L’ACM avec l’entreprise espagnole Inditex s’applique à toute sa chaîne d’approvisionnement, qui emploie un million de travailleuses et travailleurs de la confection dans environ 6.000 ateliers de fournisseurs qui fabriquent des vêtements pour les huit marques de l’entreprise, notamment Zara, Pull&Bear et Massimo Dutti.

Jyrki Raina a déclaré:

“L’ACM avec Inditex est un modèle de relations industrielles arrivées à maturité avec une entreprise multinationale. En encourageant les valeurs syndicales, l’ACM donne du pouvoir aux travailleuses et travailleurs et améliore leurs vies, en permettant aux personnes les plus vulnérables en bas de la chaîne de production d’Inditex de faire entendre leur voix et d’être protégées. Dans cet AMC, Inditex met principalement l’accent sur le fait que les syndicats bénéficient à la marche de l’entreprise et sont des partenaires nécessaires à la création d’une chaîne d’approvisionnement équitable et durable. Nous espérons poursuivre notre relation positive avec Inditex pendant encore longtemps.”

Pablo Isla a déclaré:

“La collaboration entre Inditex et IndustriALL a prouvé être l’un des outils de travail les plus efficaces en termes d’identification et de priorité donnée à une initiative capable de fournir des améliorations continuelles à la chaîne d’approvisionnement. En outre, la signature de cet accord sous l’égide de l’OIT laisse prévoir un avenir de dévouement sans relâche à l’amélioration des conditions de vie et de travail dans notre secteur.”

Gilbert Houngbo a déclaré:

"L’OIT se réjouit du renouvellement de l’accord-cadre mondial entre IndustriALL Global Union et Inditex. Il marque une étape positive vers l’amélioration des droits et des conditions de travail des travailleuses et travailleurs dans l’industrie de la confection. Il est également un bon exemple de la manière dont un engagement fort des salariés et des employeurs travaillant ensemble peut se transformer en action.”

Au cours des sept dernières années, l’ACM avec Inditex a servi de ligne directe de communication entre la main-d’œuvre et l’entreprise, et a permis de résoudre rapidement des différends et de promouvoir la liberté syndicale, la syndicalisation, et d’augmenter les salaires.

Le concept de salaire viable introduit dans le Code de conduite* d’Inditex est le résultat direct de l’ACM.

L’ACM initial avec Inditex a été le premier à être signé, en 2007, par un détaillant mondial avec le prédécesseur de IndustriALL, la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir, avant sa fusion avec d’autres fédérations pour devenir IndustriALL Global Union.

Isidor Boix Lluch, coordonnateur de IndustriALL pour les ACM, ainsi que les syndicalistes Agustín Martín Martínez, secrétaire général de CC.OO. de Industria, Espagne, Antonio Deusa Pedrazo, secrétaire général de FITAG-UGT, Espagne, et Victor Garrido Sotomayor de CC.OO de Industria, Espagne, étaient également présents à la cérémonie à l’OIT.

Conclusion

*Aux termes de l’accord: “Les salaires doivent toujours être suffisants pour assurer les besoins fondamentaux  des travailleuses et travailleurs et de leurs familles, et de tout autre qui peut être considéré comme étant un besoin supplémentaire raisonnable.”

Faits:

Pour tout renseignement complémentaire, contacter:

Leonie Guguen, responsable des communications, IndustriALL Global Union

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Tél: 00 41 (0) 22 308 50 23

IndustriALL condamne les vautours qui fondent sur la dette de l'Argentine

À la réunion du Comité exécutif qui s'est tenue en juin à Genève, Francisco Gutierrez, le Secrétaire international de la Unión Obrera Metalúrgica (UOM), a attiré l'attention sur un jugement d'un tribunal américain qui fera date dans le conflit juridique qui oppose depuis 12 ans l'Argentine à ceux qui spéculent sur la dette mondiale.

Au nom du Conseil national argentin des affiliés d'IndustriALL, Francisco Gutierrez a averti que ce jugement pourrait être lourd de conséquences, non seulement pour l'emploi et l'économie en Argentine, mais aussi pour le système financier mondial et pour d'autres pays qui pourraient, à l'avenir, avoir plus de mal à restructurer leur dette nationale.

La crise actuelle a son origine en 2001 lorsque, après un effondrement économique qui a provoqué des années de chômage massif et de pauvreté généralisée, l'Argentine a cessé d'assurer le service de sa dette, laquelle avait été, dans une large mesure, creusée auparavant par la dictature militaire et par les spéculateurs financiers.

Au cours des dix années qui ont suivi, l'Argentine a passé avec 92 pour cent de ses créanciers un accord de restructuration de sa dette. Ce défaut de paiement a donné à l'Argentine un répit dont elle avait grand besoin et entraîné une croissance et un développement rapides. Fin 2011, le pays atteignait un niveau d'emploi record; il avait investi dans l'éducation et les infrastructures et réduit le niveau de pauvreté de près de 70 pour cent.

Toutefois, une petite minorité de fonds spéculatifs, qui avaient acheté à prix cassés des titres de la dette publique après le défaut de paiement, ont refusé tout accord et intenté une action en justice pour obtenir le remboursement intégral augmenté des intérêts. En 2005, le parlement argentin a voté une loi interdisant le remboursement des créanciers réfractaires.

Or, un juge fédéral américain vient d'ordonner à l'Argentine de rembourser les fonds spéculatifs. En outre, le jugement lui interdit aussi de rembourser ses autres créanciers si elle ne fait pas de même pour les "vautours" et ordonne aux institutions financières américaines de fournir des renseignements sur les avoirs de l'Argentine dans le monde entier.

Le Comité exécutif d'IndustriALL a exprimé son soutien total à l'Argentine dans son combat pour la promotion d'un développement économique durable face aux attaques d'investisseurs cupides.

IndustriALL porte le deuil de Lito

Lito a été secrétaire général de l’affilié de IndustriALL, la Fédération des travailleurs de la métallurgie, de la construction et des secteurs connexes (MCA-UGT), et a appartenu au Comité exécutif mondial de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM).

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, dit:

“Lito s’est forgé une carrière exceptionnellement longue de dirigeant syndical. Dans ses actions et ses interventions réfléchies et appréciées au Comité exécutif de la FIOM, il a démontré avoir un sens profond de la solidarité internationale et une affection spéciale pour l’Amérique latine ou des pays avaient mis fin à la dictature pour construire la démocratie, avec le besoin de syndicats forts pour constituer d’importants piliers démocratiques des nouvelles sociétés.”

Lito a travaillé chez ArcelorMittal (anciennement fEnsidesa) et il a commencé sa carrière syndicale comme secrétaire aux questions  organisationnelles à l’UGT dans l’usine Veriña (Asturias).

Dans le cadre de ces responsabilités, il a continué à occuper des postes au niveau local à l’UGT Gijón et l’UGT Asturias, où il a été secrétaire général pendant dix ans.

Il a été élu en 1988 secrétaire général de la fédération des métallurgistes de l’UGT, et réélu en 1990, 1994 et 1996.

Après la fusion de l’UGT avec la fédération de la construction, du bois et des secteurs connexes, il a été élu secrétaire général de MCA-UGT, puis réélu jusqu’au 26ème Congrès fédéral à Burgos en 2013, où il a été élu président de MCA-UGT.

Lito a également été vice-président de la Fédération européenne des métallurgistes (FEM), qui est devenue par la suite IndustriALL Europe, et vice-président de la FIOM qui a fusionné pour devenir IndustriALL Global Union.

Membre du Conseil d’administration de Aceralia, Arcelor et Arcelor Mittal, il a également été membre du Comité exécutif de la Fédération socialiste asturienne et député régional du PSOE pour les Asturies durant deux mandats, et membre du Comité fédéral du PSOE.

Lito s’est éteint le 27 juin 2014 à Oviedo, dans sa région d’origine des Asturies en Espagne. Il était âgé de 67 ans. 

Grève des tanneurs en Namibie

Les travailleurs et travailleuses sont prêts à accepter la hausse salariale négociée entre leur employeur et le syndicat Manwu, affilié à IndustriALL Global Union, mais restent fermes sur leur revendication pour une indemnisation du coût du transport, en décidant par vote de faire grève pour une durée illimitée après avoir abouti à une impasse sur la question.

Les conséquences de l’augmentation du coût des transports sont souvent négligées et sont telles que les travailleurs et travailleuses à bas salaires doivent se rendre à pied à leur travail pour ne pas faire ces dépenses. Il en découle une augmentation de leurs besoins caloriques quotidiens souvent impossible à pourvoir, et en conséquence, les travailleurs et travailleuses souffrent de la faim.

“Certains doivent marcher sur de très longues distances pour se rendre au travail, jusqu’à cinq kilomètres chaque jour à l’aller comme au retour, et ce qui est pire, ils sont souvent victimes d’actes criminels, étant une cible facile pour les voleurs,” a déclaré Justina Jonas, secrétaire générale du Manwu. “Les tanneurs estiment cette fois qu’ils ne peuvent pas compromettre la nécessité d’utiliser des moyens de transport.”

Jonas a également exprimé des préoccupations concernant la santé et la sécurité dans la tannerie, les conséquences à long terme d’une exposition à des produits chimiques et au manque des vêtements de protection nécessaires, qui doivent être pris en compte.

Dans une lettre adressée au directeur général de Nakara, Kevin Davidow, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, écrit:

Nous vous demandons de tenir compte sérieusement des revendications du personnel de l’entreprise concernant le transport aller-retour au travail dans l’intérêt de sa sécurité et de son bien-être. Nous vous demandons également de travailler avec MANWU pour examiner les préoccupations de vos salariés sur des améliorations à apporter aux normes de santé et de sécurité dans votre tannerie.

L’entreprise a fait venir des briseurs de grève, bien que la grève soit légale depuis le 28 juin 2014. Manwu a demandé une décision judiciaire pour empêcher cela. Nakara a remporté le titre régional africain de ‘Tannerie de l’année’ en 2011, un programme de prix pour l’industrie mondiale de la tannerie, entre autres, pour son engagement en faveur de sa main-d’œuvre.

Les États-Unis retirent au Swaziland son statut commercial préférentiel

Le Président Obama a annoncé le 26 juin dernier le retrait pour le Swaziland du bénéfice de l’AGOA à dater du 1er janvier 2015. La perte de cette éligibilité pour l’AGOA implique des conséquences pour l’accès à des transactions exemptes de droits de douanes pour les exportations de vêtements aux États-Unis, d’une valeur atteignant les 50 millions de dollars en 2013.

“Les États-Unis avaient adressé au Swaziland cinq recommandations, qui étaient raisonnables et même tolérantes, mais le gouvernement à failli à agir” explique Wonder Mkhonza, Secrétaire général de l’Amalgamated Trade Union of Swaziland (Atuswa). Parmi ces recommandations figuraient le respect de la liberté d’association et la liberté de réunion.

Parmi les préoccupations principales, on retrouve la dé-certification en 2012 du Congrès des Syndicats du Swaziland (Tucoswa). La pression internationale, y compris des tentatives de la part de l’OIT pour faire en sorte que le gouvernement du Swaziland reconnaisse la fédération, ont jusqu’ici échoué. L’Atuswa, résultat de la fusion en septembre 2013 d’un certain nombre de syndicats dont trois membres d’IndustriALL Global Union des secteurs de la métallurgie, des mines et des manufactures, n’a pas encore non plus de reconnaissance officielle.

Les activités syndicales sont régulièrement perturbées par la police. Les leaders syndicaux sont victimes de harcèlements et vivent sous la menace d’arrestations et de détentions dans le cadre de leur travail. La récente condamnation d’un leader syndical et l’emprisonnement d’un avocat au service des syndicats, pour avoir critiqué le manque d’indépendance du pouvoir judiciaire au Swaziland, sont des indicateurs supplémentaires d’une détérioration de la situation dans le pays. Une mission d’enquête de l’OIT en janvier 2014 a conclu qu’aucun progrès n’avait été accompli au cours de la décennie écoulée.

En mai 2014, juste avant la date limite fixée pour rencontrer les critères d’éligibilité, l’Atuswa avait organisé une marche d’environ 400 travailleurs et travailleuses de la confection pour remettre une pétition au Premier Ministre. “Nous avons adressé cette pétition au gouvernement pour qu’il prenne en compte les cinq recommandations afin que le Swaziland puisse maintenir son statut commercial avec les États-Unis et conserver les emplois, mais à ce jour, le gouvernement n’y a pas donné suite.” dit Mkhonza. 

Les États-Unis se pencheront à nouveau sur l’éligibilité à l’AGOA du Swaziland en décembre de cette année. Le gouvernement du pays a donc encore une opportunité, aussi limitée soit-elle, d’assumer ses responsabilités par rapport aux droits des travailleurs et de retrouver son statut commercial préférentiel.

Numsa déclenche une grève massive en Afrique du Sud

“Cela n’a pas été une décision facile à prendre, mais au contraire douloureuse,” indique Numsa dans une déclaration du Comité exécutif national lors d’une réunion organisée la semaine dernière. “Nous n’avons jamais eu pour objectif de faire grève; cette grève nous a été imposée. Nous devons nous servir de la grève dans le cadre d’une tactique visant à exercer une pression organisationnelle sur les patrons, pour qu’ils reprennent les négociations et présentent une offre acceptable pour nos membres.”

Numsa est en conflit depuis la fin mai après deux mois de négociations avec les organes patronaux sous l’égide du Conseil de négociation du métal et de l’ingénierie (MEIBC) sans parvenir à un accord. Les travailleurs et travailleuses demandaient à l’origine une hausse de 15 pour cent des salaires, qui fut ensuite réduite à 12 pour cent quand le conflit a été déclaré. Les 220.000 membres en grève de Numsa représentent environ la moitié de toute la main-d’œuvre dans ces secteurs.

Numsa demande également que la convention collective avec le MEIBC s’applique pendant un an et non pour une période de trois ans comme cela a été le cas auparavant. Le syndicat veut que les employeurs acceptent de ne plus s’adresser à des sociétés d’intérim, et retire les clauses de court terme et de licenciement de l’accord principal.

L’UE et les États-Unis préfèrent les entreprises aux droits de l’homme

La résolution, présentée par l’Équateur et l’Afrique du Sud, et adoptée le 26 juin, établit un groupe de travail intergouvernemental ayant pour mandat de développer des normes contraignantes pour les responsabilités des EMN dans le domaine des droits de l’homme. Il y a eu 20 voix pour, 14 contre et 13 abstentions sur les 47 membres du CDH. Les États-Unis et des membres de l’UE, notamment la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Autriche et la République tchèque, avec la Corée du Sud et le Japon, ont voté contre la résolution qui était soutenue par la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Kenya, le Pakistan, les Philippines et l’Algérie, parmi d’autres, et qui a été la scène d’une grande bataille entre les pays en développement et les pays industrialisés avec les puissants intérêts des EMN.

Le développement d’un système international de réglementation des entreprises pour leurs infractions aux droits de la personne a déjà été tenté à deux reprises. Le premier effort dans ce sens a eu lieu en 1972 et a pris fin en 1992 quand certains pays se sont opposés à des conditions de ratification du code et à son application dans le droit interne.

Le deuxième effort a commencé en 1998 avec l’établissement d’un groupe de travail chargé d’examiner les effets des sociétés transnationales sur les droits de l’homme et d’élaborer des normes de contrôle pour un mécanisme d’application de sanctions aux EMN. En 2003, ces normes conçues comme système international 'non-volontaire' de réglementation des infractions des entreprises aux droits de l’homme, ont été communiquées à la Commission des droits de l’homme pour approbation.  Les normes étaient largement soutenues par la société civile, mais rigidement opposées par une partie des entreprises, et en 2004, la Commission des droits de l’homme a déclaré qu’elles n’avaient 'pas de valeur juridique'.

Toutefois, le fossé de plus en plus large pour les recours en matière de droits pour les personnes touchés par les activités des multinationales ne pouvait pas être ignoré, et en 2008, le CDH a adopté le cadre d’action ‘respecter, protéger et réparer’ développé par le professeur John Ruggie, qui a été rendu opérationnel en 2011 comme principe d’action de l’ONU sur les entreprises et les droits de l’homme. Le cadre d’action de Ruggie a exercé une influence de plus en plus grande, en donnant une plus grande légitimité à une foule de mécanismes différents, multilatéraux, bilatéraux et unilatéraux, mais sans offrir de normes contraignantes contre lesquelles une entreprise peut être jugée pour ses infractions aux droits de l’homme.

Il ne fait pas de doute que cette troisième tentative fera face à une opposition ferme aux Nations unies de la part de gouvernements représentant les grands intérêts du capital, notamment à l’UE et aux États-Unis. Les États-Unis ont déjà établi que les pays qui ont voté contre la résolution du CDH ne seront pas tenus de la respecter (ce qui n’est pas le cas).

Des normes contraignantes, exécutoires, concernant les EMN donneront aux syndicats un puissant outil pour remédier aux infractions aux droits et pour arrêter la course mondiale vers le moindre coût. Les syndicats auront besoin de coopérer avec la société civile au sens le plus large pour obtenir un dénominateur commun déterminant qui ne soit pas le plus bas pour les normes, et d’opposer également une résistance à ceux qui servent les intérêts des EMN et qui ont réussi à repousser un instrument contraignant pendant plus de 40 ans.

Nous ne travaillerons pas dans ces conditions !

Le lundi 6 juin, plus de 200 salariés d’ASENAV ont manifesté à Valdivia, une ville du sud du Chili, pour exprimer leur mécontentement face à la réaction de l’entreprise par rapport à leurs revendications syndicales au cours de cette session de négociations collectives. Le 20 mai, le syndicat des travailleurs d’ASENAV, qui fait partie du Nacional Industrial Chile, affilié à IndustriALL Global Union, a présenté ses revendications concernant une hausse salariale de 10%, de meilleures primes, de meilleures indemnités pour l’achat de vêtements et de nourriture ainsi que la fin de la sous-traitance et de l’emploi précaire.

Le 2 juin, l’entreprise a fait une offre largement inférieure à la revendication des travailleurs. Elle a offert une hausse salariale de 3,8% par étapes et une prime de productivité de l’ordre de 0,315% du salaire de base versée tous les trimestres jusqu’à juin 2016.

En réaction, le syndicat a organisé des manifestations à l’extérieur de l’entreprise et est parti en grève le 30 juin après qu’une assemblée générale ait refusé la dernière offre de l’entreprise et voté en faveur de la grève. Le syndicat indique que l’offre faite par l’entreprise est pratiquement la même qu’en 2012.

Le président du syndicat, Héctor Silva, a précisé qu’au vu de l’intransigeance de l’entreprise, le syndicat avait décidé d’amener la négociation collective dans la rue plutôt que de continuer à la mener derrière des portes closes. “En plus de nos revendications salariales, nous avons soulevé le problème des conditions de travail dans les ateliers 1 et 2, où l’espace est insuffisant et les conditions de travail ne sont pas sûres”, ajoute-t-il.

Horacio Fuentes, président du syndicat Nacional Industrial Chile, a exprimé un total soutien et une solidarité indéfectible à la section syndicale : “Nous sommes d’avis que la proposition faite par l’entreprise est scandaleusement basse, car les bénéfices provenant de la flotte de MAERSK à elle seule sont de plus de 200 millions de dollars”.

Héctor Silva ajoute : “Nous répondrons avec force et unité et avec un seul objectif, car pendant des années nous avons fourni un produit de qualité sur le marché national et international de la construction navale. Cette entreprise a récolté des milliards de dollars grâce aux efforts de la main d’œuvre expérimentée de Valdivia, mais elle n’a pas de reconnaissance pour sa ressource la plus précieuse, les métallurgistes”.

IndustriALL s’insurge contre l’interdiction de la grève des travailleurs verriers en Turquie

La grève, décidée le 20 juin par l’affilié de IndustriALL Global Union, Kristal-İş, avait mobilisé 5.800 syndicalistes dans dix usines appartenant à Sisecam, le plus grand producteur de verre de Turquie.

La législation turque donne au gouvernement la possibilité de reporter par décret et d’interdire dans les faits pour une période de 60 jours, une grève jugée préjudiciable à la santé publique ou à la sécurité nationale.

Dans une lettre rédigée en termes non équivoques au Premier ministre de Turquie, Recep Erdoğan, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, a déclaré:

“Nous protestons avec véhémence contre votre décret qui est totalement inacceptable pour IndustriALL Global Union et ses affiliés dans le monde. Il constitue une attaque flagrante contre le droit de grève qui est l’un des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses –droits garantis par les conventions ratifiées par le gouvernement turc – et la jurisprudence de l’Organisation internationale du Travail.”

L’entreprise multinationale Sisecam, une des plus grandes entreprises européennes, emploie 18.000 personnes dans huit pays. Les travailleurs et travailleuses du verre de cette entreprise font grève pour obtenir de meilleurs salaires et conditions de travail.

Dans un passé récent, la Turquie a fait l’objet de critiques pour avoir interdit illégalement des grèves dans les industries du verre et du caoutchouc. Le Conseil d’État de Turquie a dit que les grèves dans ces secteurs ne pouvaient jamais porter atteinte “à la santé publique et à la sécurité nationale ”.

L’Organisation internationale du Travail a également critiqué le gouvernement pour avoir entravé la liberté syndicale en interdisant des grèves dans le secteur pour une raison de sécurité nationale, malgré l’absence apparente de menaces.

“Nous demandons au gouvernement turc de protéger les droits des travailleurs et travailleuses, conformément aux normes internationales, au lieu de garantir les intérêts des entreprises. En outre, nous pensons fermement que votre gouvernement doit apporter une réponse à l’homicide industriel de Soma, qui a tué 301 mineurs et laissé 432 enfants sans leur père,” a écrit Raina.

Grève chez Kimberly Clark en Turquie

Les membres de Tümka-İş, appartenant à la centrale nationale DISK, se sont mis en grève après minuit, le 25 juin, à l’usine située à Pendik, Istanbul. Les membres ont été obligés de faire grève après l’échec des négociations pour une convention collective au niveau de l’usine et le refus de la direction locale de Kimberly Clark de répondre aux revendications.

Les principales revendications des grévistes portent sur hausses salariales correctes, notamment pour les personnes dont le salaire n’est que légèrement supérieur au salaire minimum national, et un délai suffisant de préavis garantissant une sécurité d’emploi. Ce dernier point est important du fait que l’entreprise prévoit une nouvelle localisation dans une autre ville dans les deux prochaines années.

Tous les membres du syndicat ont pris part à la grève. Certains grévistes travaillaient à l’usine depuis plus de vingt ans, et la plupart des travailleurs et travailleuses se plaignent des mauvaises conditions de travail, de la durée trop longue du travail jusqu’à 12 heures par jour, qui rend impossible un bon équilibre entre le travail et la vie de famille.

“Kimberly Clark n’ayant pas répondu à nos revendications légitimes, nous n’avions d’autre choix que la grève“ a dit Ergün Tavaşanoğlu, président général de Tümka-İş. “Nous avons besoin du soutien et de la solidarité des membres de IndustriALL Global Union dans le monde pour surmonter les défis auxquels nous nous heurtons.“

La filiale turque de l’entreprise américaine produit des couches, des serviettes hygiéniques, du papier hygiénique, des serviettes en papier à l’usine de Pendik pour les marques connues Huggies et Kotex.