L’unité pour combattre le travail précaire en Thaïlande

Dans le secteur du papier, de nombreux syndicats ont perdu leur capacité à négocier et certains n’existent plus que de nom. La Confédération syndicale IndustriALL de Thaïlande (CILT) nouvellement créée qui regroupe des travailleurs et travailleuses des secteurs de l’automobile, du métal, du textile, de la chimie et du pétrole de Thaïlande a pris l’engagement de combattre le travail précaire.

Selon le Ministère du Travail, les travailleurs intérimaires sont repris comme des salariés du secteur des services. En vertu de la loi, les syndicats ne peuvent représenter que les salariés de leur entreprise ou du même secteur industriel. Cela empêche les syndicats des secteurs de l’énergie de représenter les intérimaires et de négocier en leur nom, même s’ils effectuent les mêmes prestations que les travailleurs permanents sous contrat direct.

Les syndicats sont également confrontés à l’opposition des entreprises. Même lorsque les syndicats sont autorisés à recruter et représenter des salariés de sous-traitants du même secteur industriel, souvent ils ne sont pas en mesure de le faire. Un exemple en est lorsque Unocal/Chevron en Thaïlande a refusé de permettre que la CCT (convention collective de travail) couvre les travailleurs externalisés au motif que ceux-ci n’étaient pas des salariés de l’entreprise et ce, en dépit du fait que ces travailleurs intérimaires travaillent sous la supervision et le contrôle de l’entreprise principale.

Mais nonobstant les défis et les difficultés, les affiliés thaïlandais d’IndustriALL Global Union se battent pour trouver des solutions et améliorer les conditions de travail des travailleurs précaires.

TEAM donne des conseils aux sections syndicales locales sur la manière de recruter les travailleurs intérimaires. Grâce à cela, le syndicat local présent à l’usine BMW en Thaïlande a maintenant recruté environ 100 travailleurs intérimaires. En 2012, la PPFT (Fédération des Syndicats du Papier et de l’Édition), un affilié d’IndustriALL, a remporté une victoire qui marque un jalon en obtenant du gouvernement une reconnaissance pour la représentation de travailleurs intérimaires, mettant ainsi en lumière une relation de travail déguisée.

Les syndicats thaïlandais ont aussi multiplié les efforts pour régulariser des travailleurs à contrat déterminé ou sous statut intérimaire ou externalisé, de sorte à les inclure dans la CCT. L’an dernier, 250 intérimaires de la maison d’édition Kurusapha sont passés sous le statut de travailleur à contrat direct et ont rejoint le syndicat de Kurusapha.

En dernier recours, les intérimaires peuvent mettre sur pied leur propre syndicat. Chez Chevron, ils ont créé deux syndicats d’intérimaires qui ont mené à bien des négociations pour une CCT qui a apporté de nouveaux droits et avantages pour leurs membres.

Malgré cela, les employeurs remettent continuellement en question ces acquis. Dans ce contexte difficile, l’unité des affiliés thaïlandais par le biais de la CILT n’en est que plus importante et nécessaire pour poursuivre la lutte et obtenir des résultats durables.

L’atelier des femmes de IndustriALL en Colombie préconise la syndicalisation

Les participantes ont pris connaissance du plan d’action des femmes en Colombie, ainsi que de l’état du développement avec la création d’un syndicat national dans le secteur des mines et de l’énergie (CUSME). Elles ont aussi échangé des expériences sur l’emploi précaire en Colombie et en Amérique latine, et ont pu améliorer leurs compétences de dirigeantes.

La conférence régionale des femmes de IndustriALL, organisée en mai 2014, a indiqué que les questions les plus importantes étaient celles du manque de ressources, de l’absence de politiques propres aux femmes et de la prédominance des hommes dans la représentation. Les femmes ont le sentiment de disposer de moins de ressources que les hommes pour des projets et des initiatives. En ce qui concerne les politiques propres aux femmes, elles estiment que ces questions ont été improvisées et soulevées spontanément selon les circonstances. Elles veulent trouver comment pouvoir développer une politique cohérente en faveur des femmes.

Les femmes ont estimé ne pas avoir été suffisamment informées sur les activités, du fait que l’information reste dans des tiroirs et se trouve entre les mains d’une direction syndicale sans être communiquée à celles qui sont directement concernées.

Les femmes s’estiment être sous-représentées dans les syndicats. Il y a un grand nombre de femmes membres dans beaucoup de syndicats, mais les directions sont exclusivement occupées par des hommes. En outre, d’autres syndicats ne participent pas et ces syndicats doivent être plus actifs. Les femmes ont proposé l’établissement d’un groupe de négociation dans chaque syndicat.

Il faut aborder de façon permanente des questions telles que l’emploi précaire, l’externalisation et le travail temporaire. Et les femmes doivent être impliquées dans ces luttes. Les femmes ont des qualités de direction inexploitées qui doivent servir pour que les femmes adhèrent en plus grand nombre aux syndicats, notamment les travailleuses contractuelles. Cela permettrait d’augmenter les effectifs et renforcerait les syndicats.

Les femmes présentes à la réunion ont participé à un jeu de rôles sur la façon de recruter des travailleuses contractuelles dans les syndicats. Les arguments employés ont porté sur une meilleure équité entre femmes et hommes, l’amélioration des salaires, de meilleures conditions de travail et la possibilité d’avoir une meilleure qualité de vie. Les femmes mettent en place une équipe de syndicalisation, et l’une de ces femmes participera aux réunions du CUSME.

En 2009, l’écart salarial entre femmes et hommes était de 15,8 pour cent en Colombie. Il est cependant monté à 21 pour cent en 2012. Le chômage touche 12,9 pour cent de femmes, alors qu’il n’est que de 6,7 pour cent chez les hommes. Les femmes ont plus de difficulté que les hommes à trouver du travail. Elles se voient souvent attribuer des fonctions d’un caractère inflexible, elles sont souvent trop jeunes ou trop âgées pour être embauchées, et c’est soit un avantage ou un désavantage d’être mariée. Elles ont des enfants ou sont en âge d’en avoir, et doivent subir souvent des tests de grossesse. Elles sont soit trop belles ou trop moches. Elles sont socialement désavantagées, leur corps sert à vendre des services, sans compter finalement le fléau du harcèlement sexuel. Toutefois, des textes législatifs promulgués récemment en Colombie contribuent à assurer une égalité de traitement et de salaire entre femmes et hommes.

Les femmes qui ont participé à l’atelier ont travaillé sur les techniques de communication et établi un groupe de communication pour garder le contact.

Une méga-fusion dans le secteur cimentier inquiète les travailleurs

Réunis à Bruxelles le 22 juillet, les représentants des travailleurs ont exprimé leurs préoccupations à propos d’un certain nombre de décisions prises par la direction. Des emplois sont en danger et le processus d’information et de consultation est jugé insuffisant.

Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL Global Union pour l’Ingénierie mécanique et les Industries des Matériaux déclare :

La façon dont les décisions ont été prises est un triste exemple d’abus de privilège et une violation sans fard des déclarations de RSE des deux groupes.

”Ne pas prendre les intérêts et besoins des travailleurs et travailleuses en considération, ne pas informer et consulter valablement les syndicats sont autant de choses absolument inacceptables, en particulier sachant que nous disposons d’un accord cadre mondial (ACM) avec Lafarge et que les deux groupes ont promis un dialogue social équitable.”

IndustriALL, la FETBB et les Comités restreints des CEE sont convaincus que ces entreprises occupées à fusionner sont à la recherche de tous les avantages fiscaux et salariaux possibles. Les premières décisions prises en Europe sont perçues comme un indicateur clair de cette tendance.

Mais les conséquences vont au-delà de l’Europe; des travailleurs et travailleuses d’usines et d’implantations aux États-Unis, au Canada, au Mexique, en Inde et en Russie sont également affectés.

Matthias Hartwich ajoute :

"Nous nous battrons pour nous assurer que les travailleurs et travailleuses partout dans le monde seront entendus au cours du processus de fusion et par la suite. Nous allons créer un réseau syndical pour les salariés de ce groupe Holcim-Lafarge de sorte à leur assurer une participation équitable aussi bien aux Amériques, qu’en Afrique, en Asie ou en Europe."

Les Ghanéens manifestent contre l’augmentation du coût de la vie

La journée de protestations où les travailleurs et travailleuses frustrés ont exprimé leur fureur dans des plaintes, des pancartes, des chants, des cris et au son des vuvuzuelas a eu lieu à l’appel de la main-d’œuvre syndiquée et avec le soutien du Congrès syndical du Ghana. Les protestataires, qui étaient au nombre d’au moins 7.000 dans la capitale Accra, ont accusé le gouvernement d’avoir de mauvaises politiques fiscales et de mal gérer l’économie.

Une revendication centrale porte sur la prise d’une action immédiate pour arrêter la dépréciation de la monnaie ghanéenne, le Cedi, et sur l’augmentation du coût de la vie. “Le Cedi a été tellement déprécié que le salaire minimum est maintenant inférieur à deux dollars américains par jour, et on peut donc dire qu’il est officiellement un salaire de misère,” affirme Solomon Kotei, secrétaire général du syndicat des travailleurs de l’industrie et du commerce (ICU) affilié à IndustriALL Global Union.

“Le prix du pétrole est maintenant le double de ce qu’il était il y a un an et demi. Nous subissons des coupures de courant et une pénurie d’eau à tout moment, et toujours une augmentation du coût des services publics. Tout ceci du fait de la dépréciation de notre monnaie, mais également en raison d’une mauvaise planification et d’un manque d’efficacité,” explique Kotei. “Nous occupons le neuvième rang au monde pour la plus mauvaise gestion économique, malgré nos richesses dans plusieurs domaines comme le cacao et même le pétrole. Il ne s’agit donc pas de problèmes liés à l’économie mondiale, mais de problèmes propres au pays qui trouvent leurs racines dans la corruption. Les travailleurs et travailleuses estiment que cela ne peut pas continuer ainsi.”

Les syndicats sont conscients du fait que des entreprises et des industries éprouvent des difficultés, et Kotei exprime son inquiétude quand 20 entreprises dans lesquelles le syndicat ICU était présent ont dû fermer leurs portes, ce qui a causé la perte de plus de 4.000 emplois.

L’autre affilié ghanéen de IndustriALL, le syndicat des mineurs du Ghana (GMWU), a mis tout son poids dans cette manifestation, “Nous devons faire savoir à notre gouvernement que nous ne sommes pas satisfaits de l’état de l’économie,” déclare Prince William Ankrah, secrétaire général du GMWU.

Ankrah propose une voie à suivre: “Nous devons chercher des solutions dans le paysage des relations industrielles, nous avons besoin d’un dialogue social pour pouvoir s’asseoir ensemble pour assurer un engagement réfléchi et ouvert sur la nature de la situation économique à laquelle nous faisons face.”

Une campagne syndicale internationale débouche sur un accord chez Georg Fischer en Turquie

Le président général de Lastik-Is, Abdullah Karacan, a signalé à IndustriALL que la convention collective a été signée le 22 juillet. Cette signature est une victoire après une longue lutte pour syndiquer les travailleurs et travailleuses de la filiale turque de l’entreprise suisse Georg Fischer, leader dans la production de tubes plastiques.

Dans une lettre adressée avant la signature au directeur général de Georg Fischer, le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, avait écrit: “Les dommages causés aux relations de travail dans votre entreprise, la filiale turque Georg Fischer Hakan Plastik, après des mois de répression syndicale et la mise à pied de 40 membres du bureau du syndicat, semblent prendre du temps pour une réconciliation.

Je vous demande de donner fermement votre accord à la direction de Georg Fischer Hakan Plastik pour obtenir rapidement la signature de la nouvelle convention collective, et de travailler ensemble pour réaliser un système de relations industrielles constructif et mutuellement bénéfique dans l’entreprise.”

9.000 activistes avaient rejoint la campagne IndustriALL-LabourStart pour écrire à Georg Fischer et demander une convention collective équitable et l’arrêt de la répression syndicale de Lastik-Is, qui est membre de la centrale nationale turque, DISK.

L’affilié suisse de IndustriALL, Unia, est aussi intervenu  par solidarité avec les membres de Lastik-Is chez Hakan Plastik, en demandant à la direction suisse de Georg Fischer d’assurer un traitement équitable de ses travailleurs et travailleuses en Turquie.

Le ministère turc du Travail et de la Sécurité sociale a publié une certification officielle confirmant qu’une majorité du personnel de Hakan Plastik appartient à Lastik-Is, ce qui en fait un partenaire officiel pour une convention collective. Toutefois, la direction locale  a contesté cette certification, sur une base qui s’est révélée sans fondement, pour retarder le processus, dans le but de se débarrasser de la présence syndicale dans l’usine, tout en refusant de réintégrer les personnes mises à pied. Dans le même temps, les négociations entre Lastik-Is et la direction de Hakan Plastik pour une convention collective se poursuivaient.

Le processus des négociations s’est trouvé perturbé par les tentatives de la direction locale d’exclure de l’accord les mécaniciens, les électriciens, les responsables du contrôle de la qualité, les opérateurs de chariot élévateur et les travailleurs/euses qualifiés. La direction locale a également tenté de dissuader les travailleurs et travailleuses d’adhérer à Lastik-Is en leur accordant des cadeaux et des primes qui ne concernaient pas les personnes concernées par la négociation. Dans les installations Urfa, il a été dit aux personnes nouvellement embauchées de ne pas adhérer au syndicat, et à l’usine Çerkezköy, une centaine de contractuels ont été embauchés dans au moins deux agences pour contrecarrer la négociation.

Malgré ces obstacles, une réunion finale avait été prévue le 14 juillet pour la signature de la nouvelle convention collective. De manière décevante, la direction locale est venue à la réunion en se disant incapable de signer du fait que l’approbation n’avait pas été envoyée par le siège en Suisse. Mais cet accord est finalement arrivé et la convention a été signée huit jours plus tard le 22 juillet.

“C’est une réelle victoire,” affirme le secrétaire général adjoint Kemal Özkan. “Une campagne internationale menée par IndustriALL, associée à une lutte résolue  dans le champ d’action de Lastik-Is, a permis d’obtenir ce résultat. C’est notre façon de riposter partout dans le monde.”

La grève de Numsa entre dans sa quatrième semaine

“La grève continue et n’a pas été suspendue.  Nos membres, présents au front de taille de la grève, prendront la décision finale d’y mettre fin ou non,” déclare Castro Ngobese, porte-parole national de l’affilié de IndustriALL Global Union, Numsa. 

Les mineurs demandent une hausse des salaires à deux chiffres, de 10 à 12 pour cent, pour trois ans, l’abandon des services d’emploi temporaire et une allocation de logement.  Ils veulent également l’abandon d’une section de l’accord principal pour mettre fin aux pratiques discriminatoires patronales qui consistent à accorder des allocations et autres avantages aux travailleurs les mieux payés.

Selon des articles parus dans la presse le 21 juillet 2014, l’association des employeurs, la fédération de l’acier et de l’ingénierie d’Afrique du Sud (Seifsa), aurait accepté conditionnellement une proposition d’augmentation salariale de 10 pour cent pour chacune des trois années, dans un accord facilité par le ministère du Travail (DoL).

On ne sait pas très bien si d’autres propositions du gouvernement sur les services d’emploi temporaire ont été acceptées par les employeurs, dont une clause selon laquelle “les salariés embauchés par un service d’emploi temporaire et placés dans l’industrie sur une base temporaire, permanente ou d’externalisation permanente auront droit à toutes les clauses et conditions d’emploi comme indiquées dans l’accord principal, notamment toutes les prestations de sécurité sociale dès le premier jour d’emploi.”

Une réunion du comité exécutif national spécial (NEC) a été organisée cette semaine par Numsa à Johannesburg pour examiner la proposition de règlement. Après la réunion, le syndicat doit rendre compte aux membres pour connaître leur opinion et leur mandat.  Une déclaration sera faite seulement après cette consultation pour savoir si une entente a été conclue.

Le NEC a apprécié la volonté résolue et inébranlable des grévistes pour faire aboutir leur revendication sur un salaire minimum vital,” a déclaré Ngobese. “Le NEC a pris note avec modestie des très nombreux messages de soutien et de solidarité que nous continuons de recevoir chaque jour de la part de nos alliés, ici chez nous et à l’étranger.”

L’interdiction de la grève des verriers turcs portée devant l’OIT avec plainte officielle

Le gouvernement a promulgué un décret le 27 juin pour suspendre pendant 60 jours une importante grève dans l’industrie verrière en Turquie, en arguant qu’elle constituait un risque pour ”la santé publique et la sécurité nationale”. Cette démarche du gouvernement contrevient  aux Conventions de l’OIT 87 et 98 sur la Liberté syndicale et sur le Droit d’organisation et de négociation collective.

La grève de Kristal-İş, qui concerne 5.800 travailleurs et travailleuses, a débuté le 20 juin dans dix usines de la plus importante entreprise verrière de Turquie, Sisecam.

Le décret litigieux se fonde sur l’article 63 de la loi n° 6356 sur les Syndicats et les Conventions collectives. Cette législation, de fait, interdit la grève puisqu’elle impose un arbitrage obligatoire à l’issue d’une suspension de 60 jours. Le gouvernement utilise cette législation répressive de manière routinière pour réprimer les travailleurs et les empêcher d’exercer leur droit de grève. Il s’agit de la neuvième grève importante réprimée de cette manière depuis l’an 2000. Le gouvernement n’a encore jamais donné de raison pour justifier en quoi les grèves des verriers ainsi suspendues constitueraient un danger pour la santé publique et la sécurité nationale.

Le jour de la promulgation du décret, le 27 juin, le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union Jyrki Raina a écrit au Premier Ministre Recep Erdoğan :

Ceci constitue une attaque manifeste contre le droit de grève, un des droits fondamentaux des travailleurs garantis par des conventions ratifiées par le gouvernement turc et la jurisprudence de l’Organisation internationale du Travail.

Le 21 juillet, après le dépôt de la plainte, le Secrétaire général Raina a écrit au directeur général de l’OIT Guy Ryder :

“IndustriALL Global Union soutien pleinement la plainte mentionnée ci-dessus. Nous souhaitons en appeler au Comité de la liberté syndicale et à la Commission d’experts pour l’application des conventions et recommandations.”

Le Comité de la liberté syndicale de l’OIT a par le passé statué en faveur de Kristal-İş lors d’une plainte contre le gouvernement pour abus de cette législation.

Les travailleurs et travailleuses de Kristal-İş Şişecam poursuivent leur mobilisation et entreprennent des actions comme une marche sur le siège de l’entreprise à Istanbul.

Vous pouvez consulter toute l’argumentation et des explications dans le texte de la plainte ici.

IRMA publie un précédent de norme internationale pour une exploitation minière responsable

Cette Initiative pour une Certification Responsable de l’Exploitation Minière (IRMA) inclut des partenaires de l’industrie minière, des syndicats, des organisations non gouvernementales, des communautés et des entreprises concernées. IndustriALL et l’USW siègent au comité directeur de l’IRMA. 

La norme pour une exploitation minière responsable proposée est un ensemble de principes visant à améliorer les performances sociales et environnementales, en cherchant à simuler sur les sites miniers à l’échelle industrielle ce qui a été réalisé avec les systèmes de certification dans l’agriculture, la foresterie et la pêche. 

Glen Mpufane, membre du comité directeur de l’IRMA, et directeur de l’industrie minière à IndustriALL, a indiqué :

Le succès de l’IRMA est une priorité absolue de IndustriALL pour les activités sectorielles de l’industrie minière. IRMA continuera d’établir un dialogue pluripartite dans le but d’obtenir une exploitation minière responsable. IRMA est le premier système international de procédure de certification qui inclut une véritable participation ouvrière, et qui sera de ce fait le premier à accorder des certifications crédibles dans les mines avec un degré élevé de performance sociale et environnementale.

Quand ce sont des entreprises qui établissent et gèrent elles-mêmes un organisme de certification, il ne faut pas être surpris si des employeurs irresponsables qui maltraitent leurs salariés et l’environnement se voient récompensés avec une attestation de bonnes pratiques.

"En tant que syndicat minier au Canada, nous sommes fiers de nos contributions et de celles de IndustriALL Global Union, fédération syndicale mondiale à laquelle nous sommes affiliés," a affirmé Ken Neumann, directeur national de l’USW.

"Chacun de nous envisage un avenir où les entreprises minières apportent une contribution positive aux communautés locales en réduisant le plus possible toute conséquence négative pour la terre et l’eau, dans le service apporté aux besoins d’une société moderne," a déclaré Jon Samuel, responsable groupe du gouvernement et des affaires sociales de l’entreprise minière internationale Anglo American. "Bien que nous ne nous rencontrions pas toujours personnellement sur chaque question, IRMA a rédigé un projet de pratiques novatrices et une nouvelle définition d’exploitation minière plus responsable.

Des révisions seront faites après le 22 octobre au projet de norme d’exploitation minière responsable et un deuxième projet sera publié pour une nouvelle période de commentaires avant l’élaboration de la norme finale. L’objectif consiste à réaliser une norme de certification basée sur une vérification indépendante par une tierce partie, en conformité avec le Code de bonnes pratiques de l’Alliance ISEAL comme instrument de normalisation.

Combat syndical pour la sécurité après les cinq tués sur un chantier naval indien

Cinq travailleurs ont été tués et huit autres blessés lors d’une explosion de gaz au sein du chantier de démolition de navires Alang dans le district de Bhavnagar de l’État du Gujarat. Tous étaient des travailleurs immigrés.

Le syndicat ASSRGWA a convoqué la réunion des responsables de la sécurité d’Alang sous la supervision du Commandant du Port, de l’Inspecteur de l’entreprise et du Commissaire adjoint au Travail le 21 juillet dernier. Les 167 inspecteurs de la sécurité, des chargés de sécurité et des mukadams (inspecteurs de terrains), réunis au sein du chantier naval ont débattu des récents décès et de la manière de prévenir de futurs accidents par la mise en place d’un environnement de travail sécurisé.

Les cinq travailleurs qui ont perdu la vie le 28 juin dernier étaient occupés à démanteler un chimiquier, le D.V Perin, pour le compte d’une compagnie de démolition de navires, Paras Steel Corporation. Cet accident a de nouveau mis en lumière l’apathie des employeurs par rapport à l’adoption de protocoles infaillibles pour démanteler ou mettre au rebut des déchets dangereux tels que ceux présents dans des chimiquiers. La sécurité des travailleurs est depuis longtemps une préoccupation pour l’ASSRGWA sur le chantier de démolition Alang, qui a connu 15 décès depuis le mois de janvier.

Comme suite à la pression exercée par l’ASSRGWA, une enquête a été mise sur pied par les autorités gouvernementales pour se pencher sur les causes de l’accident. Le syndicat a également insisté pour que le chantier naval reste fermé tant que l’enquête est en cours.

Le Camarade VV Rane, coordinateur de projet d’IndustriALL pour les chantiers de démolition de navires figurait parmi les premières personnes à s’être rendues sur le site de l’accident. "Des négligences grossières et un manque d’engagement par rapport à la sécurité de la part de Paras Steel Corporation, combinés à l’indifférence des autorités chargées des réglementations et de leur application, ont conduit à l’homicide industriel de cinq travailleurs, causant ainsi des dommages irréparables pour leurs familles,” a déclaré Rane.

En plus d’exiger une enquête sur l’accident, l’ASSRGWA veut obtenir des indemnités pour les familles des disparus ainsi que pour les blessés. L’ASSRGWA a encore appelé à ce que le Comité interministériel et la Commission Nationale des Droits de l’Homme d’Inde fassent en sorte que les responsables soient rapidement présentés à la justice et qu’une procédure rapide d’indemnisation soit mise en œuvre.

Les affiliés de IndustriALL Global Union au cœur de la grève générale en Serbie

En contournant la procédure parlementaire normale, le gouvernement serbe tente de faire passer un train de mesures législatives contre les travailleurs et travailleuses du pays. Les syndicats protestent contre le passage de propositions au Parlement sans obtenir le consensus du Conseil social et économique du pays.

Le gouvernement serbe se trouve contraint d’appliquer l’imposture du programme d’austérité exigé par le pouvoir d’entreprises étrangères.

“Nous nous tenons à vos côtés dans votre lutte nécessaire pour répondre à cette attaque contre les travailleurs et travailleuses de Serbie” a déclaré le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, dans sa lettre aux affiliés serbes. “Vous pouvez compter sur notre soutien, nous avançons ensemble, côte à côte”.

De façon précise, le gouvernement s’apprête à amender les lois suivantes: la loi sur le travail, la loi sur la privatisation, la loi sur la faillite et la loi sur l’assurance retraite et invalidité.

La faiblesse des salaires et des protections sociales en Serbie risque, d’une façon générale, d’être encore plus affaiblie pour le salaire minimum, le montant des retraites, l’assurance invalidité, l’indemnité de licenciement, les congés payés, la durée légale des contrats d’emploi temporaire, et la négociation syndicale. Comme les syndicats serbes n’ont pas eu leur mot à dire, ils ont été forcés de lancer un ordre de grève.

Deux centrales syndicales nationales, UGS Nezavisnost et la confédération SSSS ont organisé la grève générale. L’affilié de IndustriALL, GS IER Nezavisnost a mobilisé 1.000 membres dans un grand nombre de régions de Serbie pour organiser une marche dans la capitale Belgrade. Beaucoup de membres du syndicat n’ont pas reçu de salaire depuis plus d’un an et n’ont pu participer à la manifestation que grâce au transport organisé par le syndicat.

Plus de 15.000 travailleurs et travailleuses ont manifesté le 17 juillet devant le Parlement. Quatre affiliés de IndustriALL participaient à la manifestation, GS IER Nezavisnost et trois membres de la confédération SSSS, le syndicat autonome des métallurgistes de Serbie-SSMS, le syndicat autonome des travailleurs de l’énergie et de la pétrochimie de Serbie, et le syndicat autonome des travailleurs du textile, du cuir et de la chaussure de Serbie.

Milorad Panović, président de GS IER Nezavisnost, a déclaré le 17 juillet:

Nous proclamons, aujourd’hui, une grève générale qui se poursuivra jusqu’à obtenir satisfaction pour nos revendications. Nous demandons au gouvernement et au Parlement de mettre fin aux changements proposés dans ces lois. Le parti au pouvoir et les partis de la coalition disposent de 207 voix au Parlement sur un total de 256. S’ils veulent  retirer les propositions d’amendement, ils peuvent facilement le faire.