Grève des métallurgistes sud-africains contre les suppressions d’emplois chez ArcelorMittal

Le mouvement a commencé par un piquet de grève à l’usine AMSA de Vanderbijlpark, à environ 70 km au sud de Johannesburg.

Ces licenciements ayant lieu peu avant les vacances de Noël, NUMSA, affilié d’IndustriALL, déclare qu’AMSA “fait preuve d’inhumanité à l’égard des travailleurs”. Selon le syndicat, cette attitude se manifeste par le refus de l’entreprise de s’engager dans la recherche d’alternatives aux suppressions d’emplois, par exemple en proposant aux travailleurs des indemnités de départ volontaire et des départs en préretraite.

“Seule une direction cruelle et insensible peut jeter des travailleurs dans la tourmente du chômage juste avant Noël et c’est pourquoi elle doit être fermement condamnée ! En précipitant les licenciements, AMSA a en fait annulé la fête de Noël pour ces salariés, aggravant ainsi la misère de leurs familles”,

a déclaré Kabelo Ramokhathali, Secrétaire du NUMSA pour la région de Sedibeng.

Le NUMSA confirme avoir contesté les arguments d’AMSA lors des consultations au titre de la section 189A. Au cours de ces consultations qui ont débuté en août, le syndicat n’a pas été convaincu que les suppressions d’emplois étaient la seule option possible. En outre, le syndicat a déclaré qu’AMSA n’avait pas divulgué toutes les informations susceptibles d’aider à sauver des emplois et à trouver d’autres postes pour les travailleurs concernés. L’article 189A de la loi sur les relations de travail exige que l’employeur motive ses licenciements en se fondant sur des exigences opérationnelles qui reposent sur les “besoins économiques, technologiques, structurels ou similaires de l’employeur.”

En raison des réserves qu’il a émises, le NUMSA s’inquiète des perspectives d’emploi futures pour les travailleurs licenciés, en particulier dans les conditions économiques difficiles actuelles de chômage élevé dont le taux élargi, qui comprend les demandeurs découragés d’encore rechercher un emploi, est de 41,9 pour cent.

En outre, l’économie stagne avec un taux de croissance estimé à 1,1 % et se caractérise par la pauvreté, les inégalités et le déclin de l’industrie manufacturière, selon la Banque africaine de développement.

Le NUMSA se dit également préoccupé par le fait que 200 travailleurs perdront leurs avantages lorsqu’ils seront transférés dans d’autres départements en raison des bas salaires et de l’externalisation de certaines des fonctions essentielles dans le cadre de la réorganisation en cours de l’usine de produits plats. Le syndicat affirme qu’AMSA n’a pas consulté le NUMSA et n’a pas fait preuve de transparence.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré :

“AMSA doit considérer les licenciements comme un dernier recours et poursuivre le dialogue avec le NUMSA pour explorer les possibilités de pérennisation des emplois et protéger davantage les intérêts des travailleurs et travailleuses.”

Malgré un arrêt du tribunal, les travailleurs d’IFFCO au Pakistan n’obtiennent pas justice

Pratiquement une décennie après le dépôt de la première requête, la Cour suprême du Pakistan a statué le 4 avril 2024 en faveur des travailleurs sous-traitants d’IFFCO. La Cour suprême a confirmé la décision de la NIRC (Commission nationale des relations sociales) de Karachi, adoptée en 2020, dans une affaire introduite par 90 travailleurs sous-traitants d’IFFCO contre des pratiques de travail déloyales et la violation du droit à la liberté syndicale.

La NIRC avait statué que “les travailleurs sont privés des avantages statutaires liés à leur fonction dont bénéficient les autres employés qui deviennent membres du syndicat titulaire de la CCT, et qu’ils ne sont pas autorisés à adhérer au syndicat titulaire de la CCT et qu’ils ne bénéficient pas des mêmes dispositions et avantages que les membres du syndicat titulaire de la CCT, bien que la nature de leur travail ou de leurs tâches soit la même, et qu’ils sont traités de manière déloyale.”.

L’entreprise a été sommée de verser 30.000 PKR (équivalent de 108 dollars) à titre de pénalité à chacun, de réintégrer les travailleurs et de leur verser des arriérés de salaire.

Au lieu d’appliquer la décision du tribunal, la direction d’IFFCO a fait appel à la Cour suprême pour qu’elle révise l’ordonnance. Le 16 octobre, la Cour suprême a rejeté la requête d’IFFCO tout en confirmant sa décision antérieure du 4 avril 2024.

L’affilié d’IndustriALL PCEM (Fédération pakistanaise des syndicats de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses) nous a informé que le mois dernier, le 23 octobre, lorsque 45 se sont présentés à l’usine IFFCO, l’entrée leur a été refusée et ils ont été emmenés par du personnel de sécurité armé dans des locaux désaffectés de l’entreprise. Ces personnes ont été confinées dans des locaux désaffectés, sans qu’aucune tâche ne leur soit assignée.

Par la suite, le 1er novembre, la direction a émis un avis demandant aux mêmes travailleurs de se présenter immédiatement à l’autre usine, les avertissant que s’ils ne le faisaient pas, ils seraient réputés absents. Cependant, lorsque les travailleurs se sont présentés à l’usine spécifiée, ils ont à nouveau été renvoyés de force. En outre, l’un des membres du bureau du PCEM a reçu des menaces de la part de la direction.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous demandons instamment à IFFCO Pakistan d’intervenir sans délai dans cette affaire. L’entreprise doit faire respecter la décision de la Cour suprême en réintégrant ces travailleurs et en leur délivrant des documents officiels d’intégration.”

IndustriALL dépose des plaintes auprès de l’OCDE contre des enseignes de mode pour violations des droits des travailleurs au Myanmar

IndustriALL, ainsi que les syndicats interdits du Myanmar CTUM et IWFM, ont déposé des plaintes contre trois enseignes, Next, New Yorker et LPP, auprès des Points de contact nationaux de l’OCDE dans quatre pays : le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Pologne. Les plaintes portent sur la violation par ces entreprises des principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales sur la conduite responsable des entreprises, qui appellent, entre autres, les entreprises à agir de manière éthique et responsable en ce qui concerne les droits de l’homme et les droits du travail.

“Les enseignes qui restent au Myanmar bénéficient d’un environnement de peur, de travail forcé et d’exploitation. Il existe des rapports circonstanciés et exhaustifs sur les violations considérables des droits des travailleurs et il la liberté syndicale n’existe pas dans le pays. La diligence raisonnable en matière de droits de l’homme exige la participation des travailleurs et une vérification indépendante, ce qui est impossible sous le régime militaire,”

a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie.

L’industrie du textile et de la confection est devenue un moyen important pour les dirigeants militaires du pays d’injecter de l’argent étranger dans une économie qui s’effondre. Entre-temps, la junte militaire du Myanmar a interdit les syndicats et arrêté des dirigeants syndicaux. Il n’y a pas de liberté syndicale ; les syndicats et autres organisations de travailleurs ne peuvent pas fonctionner. Des rapports font état de travail forcé, de violations des droits des travailleurs, d’une augmentation du travail précaire et d’un effondrement des salaires. Un outil mis au point par le Business & Human Rights Resource Centre assure le suivi des abus dans l’industrie de la confection au Myanmar. À la fin du mois de juin de cette année, 556 cas de violations présumées des droits de l’homme et du travail dans 266 usines liées à des enseignes internationales avaient été recensés.

“Nous avons exhorté les multinationales à se retirer du Myanmar, car leur présence sur place contribue aux graves violations des droits de l’homme et des droits du travail dans le pays. Les enseignes prétendent respecter les principes directeurs de l’OCDE et la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme, ce qui est impossible sous une dictature militaire. Les zones industrielles sont soumises à la loi martiale et la liberté syndicale y est proscrite. La Commission d’enquête de l’OIT a confirmé les graves violations de la liberté syndicale et la présence de travail forcé au Myanmar et pourtant les entreprises poursuivent leurs activités et ignorent les lignes directrices internationales et les conventions de l’OIT,”

a déclaré la Présidente de l’IWFM, Khaing Zar Aung.

IndustriALL fait campagne pour que les enseignes se désengagent du pays en toute sécurité. En 2022, les discussions entre IndustriALL et plusieurs enseignes de confection opérant au Myanmar se sont conclues par l’adoption d’un cadre de principes pour un désengagement commercial responsable d’une marque, décrivant une sortie responsable du pays. Primark, New Look, Inditex, H&M, Lidl et Fast Retailing ont suivi cet accord.

“Il existe des preuves significatives de violations systémiques des droits des travailleurs et les enseignes qui restent au Myanmar ne peuvent pas prétendre ignorer ces abus. Les plus grandes enseignes de stature mondiale ont déjà quitté le pays, les marques qui restent donnent la priorité aux profits plutôt qu’aux droits de l’homme et des travailleurs. Nous envisageons de déposer davantage de plaintes concernant d’autres enseignes qui décideraient de rester,”

a indiqué Atle Høie.

Les femmes d’IndustriALL s’attaquent aux préjugés liés à l’IA et à la VHBG

Face à l’influence croissante de l’IA, le Comité des femmes a souligné la nécessité d’une approche transformatrice de l’intégration de l’IA sur le lieu de travail. Muriel Garnier, du Laboratoire de l’Égalité français, a mis en évidence les préjugés sexistes de l’IA et les risques de reproduction des stéréotypes dans les systèmes pilotés par ses algorithmes. Mme Garnier a déclaré que

“88 % des développeurs d’IA sont des hommes et lorsque les algorithmes sont conçus par des hommes, ils perpétuent souvent les stéréotypes et les préjugés sexistes.”

Elle a souligné l’importance de remédier au manque de représentation des femmes dans le secteur des technologies, puisque seulement 15 % des femmes en France travaillent dans les secteurs des technologies numériques.

Olle Brynja, du syndicat Unionen (Suède), s’est fait l’écho de ces préoccupations, soulignant le potentiel de l’IA à renforcer ou à démonter les mécanismes la discrimination sur le lieu de travail.

“Si les décisions de l’IA sont basées sur des données préjudiciables, la technologie risque de renforcer la discrimination au lieu de la briser”,

a déclaré Brynja.

Garnier et Brynja ont toutes deux souligné l’importance de la notion de responsabilité, appelant à des évaluations et des audits plus stricts des systèmes d’IA afin de s’assurer qu’ils ne perpétuent pas les inégalités. Cette approche s’aligne sur l’engagement d’IndustriALL à développer une politique d’IA qui promeut l’égalité des sexes comme principe fondamental dans sa conception et son déploiement.

Jane Pillinger a parlé de la boîte à outils d’IndustriALL pour prévenir la VHBG, en particulier dans la chaîne d’approvisionnement des batteries. Mme Pillinger a présenté la Convention 190 comme un cadre transformateur permettant d’intégrer la prévention de la VHBG dans la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme, une étape essentielle pour promouvoir des lieux de travail sûrs et équitables.

“La violence et le harcèlement basés sur le genre ne sont pas seulement des problèmes sur le lieu de travail ; ce sont des violations des droits humains qui doivent être traitées dans l’ensemble des chaînes d’approvisionnement mondiales”,

a déclaré Pillinger.

Elle a présenté un processus en six étapes pour aider les entreprises à adopter des pratiques commerciales responsables, de la définition des politiques à l’atténuation et au suivi des résultats. Cette approche structurée permet aux syndicats de demander des comptes aux entreprises et de s’assurer que la prévention de la VHBG est intégrée à tous les niveaux de la chaîne d’approvisionnement.

Jane Pillinger a également souligné le rôle des syndicats dans la promotion et la négociation d’évaluations des risques tenant compte de la dimension de genre, suggérant que “les syndicats peuvent aider à identifier les risques et fournir des preuves lorsque les entreprises manquent à leur devoir de protection des travailleuses et travailleurs”.

Cela a donné matière à réflexion en ce qui concerne les campagnes permanentes d’IndustriALL contre la VHBG, la misogynie et le sexisme, qui comprendront des initiatives de sensibilisation telles que les 16 Jours d’Activisme à venir et la campagne #NoExcuse.

Le deuxième jour a mis en lumière la nouvelle initiative de mentorat d’IndustriALL, soutenue par LO Norvège, visant à renforcer les capacités de 27 jeunes femmes en Tanzanie, au Malawi et au Ghana, en Afrique subsaharienne, ainsi qu’au Pérou et en Colombie, en Amérique latine. Les progrès du projet ont été soulignés par des témoignages tant de mentors que de bénéficiaires des mentorats dans les deux régions, mettant en évidence l’impact transformateur du programme sur le développement du leadership des femmes.

Mildred Addo, une bénéficiaire du programme issue du PUWU au Ghana, a expliqué comment le mentorat a renforcé sa confiance en elle.

“Le mentorat a permis à des jeunes femmes comme moi d’accéder au leadership, en nous donnant la confiance nécessaire pour exercer une influence au niveau national et international. Il y a six mois, je n’aurais jamais osé”,

a-t-elle déclaré.

Son expérience met en évidence le potentiel du programme de mentorat à créer un cycle de croissance, où les bénéficiaires du programme acquièrent des compétences qu’elles peuvent ensuite transmettre à d’autres.

Joyce Maku Appiah, du même syndicat qui encadre les jeunes leaders, a fait part de l’importance du mentorat dans le développement de l’indépendance et de la confiance en soi.

“Le mentorat ne consiste pas seulement à guider ; il s’agit de pousser les jeunes leaders à se débrouiller seules, à innover et à diriger avec confiance”,

a-t-elle déclaré.

Les Coprésidentes Hashmeya Muhsen Alsaadawe et Ilvana Smajlović ont souligné la nécessité d’une action collective pour mener le changement. Le Comité a examiné les campagnes en cours d’IndustriALL contre la VHBG et le sexisme, y compris des mises à jour sur le Centre des femmes de l’industrie de la confection de l’UGTT et le programme d’éducation IMAGINE du KTCU en Corée pour interpeller les hommes dans le cadre d’initiatives d’équité entre les sexes.

Les discussions ont également porté sur le Congrès d’IndustriALL, en mettant l’accent sur l’intégration de la dimension de genre dans les statuts et les plans d’action. Cette session a exploré les amendements proposés pour incorporer une perspective de genre plus forte. Enfin, le Comité a défini des priorités pour 2025, notamment des efforts visant à intégrer la dimension de genre dans la santé et la sécurité au travail et pour garantir des négociations salariales équitables.

“Nous nous engageons à créer des lieux de travail véritablement équitables et inclusifs”,

a déclaré Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL.

“De l’établissement de politiques d’IA qui préviennent activement les préjugés à l’intégration de la diligence raisonnable en matière de droits humains dans la lutte contre la violence basée sur le genre, nos débats ont tracé une feuille de route puissante pour des progrès concrets en matière d’équité entre les sexes. Ce programme de mentorat inspirant est la preuve de la façon dont nous pouvons emmener les jeunes femmes vers l’avant, en leur donnant les moyens de diriger et de mener le changement. En unissant le plaidoyer politique, le mentorat et une diligence raisonnable solide, nous ouvrons la voie à un avenir où les femmes peuvent s’épanouir dans tous les secteurs.”

Les syndicats appellent à des investissements publics et des politiques fiscales pour soutenir la reprise du secteur sidérurgique

La situation à laquelle sont confrontés les travailleurs de la sidérurgie et de l’industrie en général est la conséquence de décennies de politiques nationales mal conçues qui ont soutenu des capacités excédentaires dans la sidérurgie et favorisé une concurrence favorisée par les exportations au détriment de la demande nationale, des salaires des travailleurs et des conditions de travail. Les syndicats appellent à la fin de ces pratiques néfastes et à la création d’emplois industriels de qualité offrant des salaires équitables, des conditions de travail décentes et la sécurité d’emploi pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses.

Alors que la demande mondiale en matière d’acier s’est effondrée, la capacité excédentaire a atteint un nouveau record au plan mondial. Une intervention publique est nécessaire pour relancer les projets d’infrastructure et préserver l’emploi. Les mesures d’austérité, sous prétexte de responsabilité fiscale, conduiront à des coupes sombres dans les dépenses publiques, ce qui aura un impact sur la production industrielle et l’emploi. De telles mesures affectent de manière disproportionnée des personnes déjà vulnérables : les travailleuses et travailleurs qui fabriquent l’acier et construisent et entretiennent les infrastructures qui sont le moteur de nos économies.

Les syndicats appellent à une politique budgétaire expansionniste immédiate et exhortent les gouvernements à augmenter les faibles niveaux actuels d’investissement public afin de stimuler la demande d’acier. Les investissements publics sont vitaux pour des domaines clés tels que le développement des infrastructures, l’innovation technologique et la recherche et développement dans le secteur de l’acier. Les gouvernements doivent mettre en place les mesures nécessaires pour garantir une demande d’acier vert de bonne qualité, fabriqué par des travailleuses et travailleurs bénéficiant de conditions de travail décentes, notamment par le biais de systèmes de marchés publics.

Veronica Nilsson, Secrétaire générale du TUAC, a déclaré :

“Il faut que l’OCDE s’éloigne des réformes économiques qui réduisent les investissements publics et démantèlent les institutions du marché du travail. Si nous voulons un avenir pour l’industrie sidérurgique, nous devons accélérer les investissements dans les infrastructures, défendre les emplois de qualité et renforcer le pouvoir d’achat des ménages actifs pour qu’ils consomment réellement les produits que nous fabriquons.”

Christina Olivier, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a ajouté :

“Les sidérurgistes qui font tourner cette industrie ne doivent pas être les seuls à payer le prix des mesures d’austérité. Nous revendiquons des politiques qui favorisent la croissance à long terme, l’innovation et l’investissement dans un avenir durable pour la production d’acier. Les entreprises multinationales ne doivent pas se concentrer uniquement sur le versement de dividendes aux actionnaires ; elles ont la responsabilité de contribuer à l’effort commun. Le soutien public doit s’accompagner de conditions sociales solides, garantissant que les investissements dans la transition verte profitent aux travailleuses et travailleurs, avec de bonnes conditions de travail et de salaire, et pas seulement à quelques-uns faisant des profits.”

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale d’Industriall Europe, a conclu :

“Le secteur européen de l’acier est en crise, avec des réductions de production, des mises sous cocon d’usines et des fermetures de sites liées à une faiblesse record de la demande et à un niveau record des importations. Les sidérurgistes européens réclament des conditions de concurrence équitables et la fin d’une course à la production à moindre coût qui ne fait que monter les travailleurs les uns contre les autres. Nous voulons de l’acier vert fabriqué par des travailleuses et des travailleurs jouissant de bonnes conditions de travail, en Europe et ailleurs, et nous demandons aux gouvernements de procéder à des investissements dans l’acier vert en les assortissant de conditions écologiques et sociales strictes.”

16 jours d’activisme contre la violence sexiste

 L’année dernière, le comité d’experts des femmes du secteur TGSL a recommandé une campagne sectorielle spécifique – veuillez consulter le dépliant ci-joint pour votre utilisation pendant les 16 jours.
 
Envoyez-nous des photos de vos actions et lorsque vous publiez sur les réseaux sociaux, veuillez nous taguer ainsi que les deux hashtags #NoExcuse et ajouter #GarmentWorkersNeedSafeFactories
 

La fermeture de Grangemouth entraînera la suppression de milliers d’emplois

Petroineos, propriétaire du site centenaire de Grangemouth, a annoncé en octobre 2023 son intention de le transformer en terminal de distribution de carburants finis. Cette décision sonne le glas des activités de raffinage qui occupent une place centrale dans la région depuis des générations.

Le syndicat Unite, affilié à IndustriALL, a fermement condamné la fermeture, revendiquant une intervention urgente des gouvernements britannique et écossais pour investir dans la sauvegarde de l’avenir du site et protéger les travailleurs et travailleuses.

La Secrétaire générale du syndicat Unite, Sharon Graham, a décrit cette décision comme étant un “horrible acte de vandalisme industriel” et a posé la question suivante : “Comment peut-on autoriser la fermeture de la seule raffinerie de pétrole d’Écosse ? L’avenir des travailleurs et travailleuses de Grangemouth doit être au cœur de tout plan de sauvetage de l’usine.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a exprimé son ferme soutien aux travailleurs et travailleuses, déclarant :

“La décision de fermer Grangemouth est inacceptable. Nous soutenons fermement les efforts déployés par Unite pour protéger les moyens de subsistance des travailleurs et travailleuses et revendiquer une prise en charge du dossier par les autorités. Le gouvernement travailliste britannique et le gouvernement écossais doivent agir maintenant pour tenir leur promesse d’une Transition juste vers le net-zéro qui garantisse des emplois de haute qualité et des conditions de travail décentes à Grangemouth.”

L’impact de cette fermeture affecte également les moyens de subsistance de milliers d’autres personnes dans la chaîne d’approvisionnement de Grangemouth, menaçant de se répercuter sur le cœur industriel de l’Écosse.

 
 

La diligence raisonnable en matière de droits de l’homme est cruciale pour l’industrialisation de l’Afrique

La conférence a eu lieu environ un mois avant la Journée de l’industrialisation de l’Afrique, qui se tient le 20 novembre. Quant à elle, la Semaine de l’industrialisation aura lieu du 25 au 29 novembre en Ouganda, à Kampala, et aura pour thème : “Tirer parti de l’intelligence artificielle et de l’industrialisation verte pour accélérer la transformation structurelle de l’Afrique”.

Elle a été organisé par la structure d’IndustriALL pour la région de l’Afrique subsaharienne avec le soutien de la Fédération unie des syndicats danois 3F. 72 délégués issus de 18 pays africains y ont participé alors que 22 participants d’Allemagne, de Suisse, de Belgique et d’autres pays africains les ont rejoints en ligne. Parmi eux figuraient des participants de l’OIT d’Addis-Abeba ainsi que de la FNV.

Parmi les sujets abordés figuraient la question de savoir si le programme de développement de l’Afrique est entravé par la malédiction des ressources et comment cette malédiction peut être contrée. Selon les agences et les experts des Nations unies, les vastes ressources minières de l’Afrique ne parviennent pas à favoriser le développement du continent en raison des flux financiers illicites, des minerais de conflit, de la corruption, des accords commerciaux inéquitables et des politiques économiques défavorables aux pauvres. Au contraire, les mauvaises conditions de travail, un chômage élevé, le travail des enfants, la dégradation de l’environnement, la pauvreté et l’inégalité continuent de prévaloir.

On retrouvait également à l’ordre du jour les défis auxquels sont confrontés les syndicats dans un monde du travail en pleine mutation, notamment l’essor des technologies numériques et de l’automatisation, l’accès limité à une connexion internet fiable et le passage d’emplois permanents à des conditions de travail précaires.

Les intervenants ont insisté sur la nécessité de faire respecter les législations nationales du travail, sur le fait que les multinationales doivent respecter les normes internationales de diligence raisonnable en matière de droits de l’homme dans leurs activités et sur le potentiel du modèle éthiopien de parcs industriels pour stimuler le développement économique sur le continent.

Les syndicats ont été invités à organiser des actions à l’occasion de la Journée de l’industrialisation africaine et en faveur de la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme au niveau national. L’accent a été mis sur le fait que les débats s’orientent vers des lois contraignantes en matière de diligence raisonnable afin de garantir le respect des règles par les multinationales et les entreprises locales. Les participants ont estimé qu’il était essentiel de promouvoir une diligence raisonnable axée sur la transformation de la perspective de genre et d’assurer une transition juste vers des sources d’énergie renouvelables.

Les intervenants provenaient de la Confédération des syndicats éthiopiens, de la CSI-Afrique, du PNUD Afrique, de l’UNECA, du bureau de la FES pour l’Union africaine, de la FES Éthiopie et d’organisations de soutien aux travailleurs, dont l’Institut de recherche Sam Tambani (SATRI) et l’Institut de recherche sur le travail et l’économie du Zimbabwe (LEDRIZ). Des affiliés d’Europe, de l’IGBCE et de l’ACV-CSC sont également intervenus.

Hod Anyingba, Directeur exécutif de l’Institut africain de recherche et d’éducation sur le travail de la CSI-Afrique, a souligné que l’industrialisation créait des emplois, valorisait les matières premières et augmentait la résilience des économies africaines. La promotion de l’intégration économique régionale, le renforcement des capacités humaines, le développement des infrastructures et des institutions, ainsi qu’une meilleure facilitation du commerce sont d’autres facteurs qui méritent l’attention.

Toutefois, pour protéger les économies de la volatilité des marchés, les lois sur le contenu local peuvent exiger des industries extractives qu’elles investissent dans la fabrication nationale et les processus à valeur ajoutée. Il a cité les lois nigérianes sur le contenu dans le secteur du pétrole et du gaz, qui ont créé des dizaines de milliers d’emplois.

Les discussions qui ont suivi la conférence ont permis d’élaborer une perspective politique des syndicats africains sur les minerais de transition essentiels et de plaider en faveur de politiques qui encouragent la valorisation locale des minerais essentiels.

Brendah Phiri-Mundia, de la division de l’intégration régionale et du commerce à la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, a souligné le potentiel de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) dans la promotion de l’intégration régionale et du commerce intra-africain. Les revendications des syndicats concernant la double transformation des règles d’origine dans le secteur du textile et de la confection ont également été discutées.

Victoria de Mello, du Centre de service régional pour l’Afrique du PNUD, a expliqué pourquoi il est important pour les syndicats d’utiliser des stratégies et des outils qui incluent la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples et d’autres instruments de l’UA.

Les plans d’action nationaux sur les entreprises et les droits de l’homme ont été identifiés comme des points d’entrée importants pour des interpellations de la part des syndicats auprès des gouvernements, des instituts nationaux des droits de l’homme et d’autres parties prenantes au niveau national.

La législation allemande sur la diligence raisonnable et ses implications pour l’Afrique subsaharienne étaient également à l’ordre du jour. Susanne Stollreiter, représentante de la FES en Éthiopie, a indiqué que la loi avait le potentiel de renforcer les droits de l’homme et des travailleurs en Afrique.

Joel Akhator Odigie, Secrétaire général de la CSI-Afrique, a déclaré :

“Les syndicats doivent adopter une approche centrée sur le développement lorsqu’ils s’impliquent dans l’industrialisation et le soutien de la justice énergétique, en particulier la pleine utilisation de l’énergie solaire.”

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“La notion d’inclusion au niveau de la gouvernance mondiale et le multilatéralisme démocratique sont importants pour tenir les multinationales responsables de leurs activités et de leurs chaînes d’approvisionnement en Afrique. En outre, au niveau régional, les syndicats doivent s’impliquer auprès de l’Union africaine, de la Banque africaine de développement et de la ZLECA et les interpeller.”

Les lacunes de sécurité au sein des mines pakistanaises continuent de coûter des vies

Le 28 octobre, un glissement de terrain dans le district de Harnai, au Baloutchistan, a tué un jeune mineur alors qu’il travaillait dans les profondeurs de la mine. Le même jour, dans le district de Hangu, deux travailleurs ont été tués et un autre grièvement blessé lors d’un effondrement dans une mine de charbon. Le 29 octobre, un autre travailleur a trouvé la mort sous les débris d’un glissement de terrain dans le district de Duki. Le 31 octobre, deux travailleurs ont été tués et un autre gravement blessé à la suite d’une accumulation de gaz toxiques dans une mine près de Duki. Ces mineurs travaillaient à une profondeur de près de 500 mètres au moment de l’accident et il a fallu plus de huit heures de travail de la part des sauveteurs pour récupérer leurs corps.

IndustriALL et ses affiliés au Pakistan ont à plusieurs reprises soulevé la question des conditions de travail dangereuses dans les régions minières du pays. L’insuffisance de mesures de sécurité et l’exploitation minière illégale ont entraîné la mort de nombreux travailleurs au Baloutchistan. Les syndicats affirment qu’il n’y a pas d’installations sanitaires pour des soins médicaux immédiats dans les zones minières. En outre, les mineurs ne sont pas correctement rémunérés pour les longs temps de travail qu’ils prestent. Les travailleurs ne sont pas non plus couverts par des régimes de sécurité sociale.

Les syndicats de mineurs du Pakistan revendiquent que les gouvernements fédéral et provinciaux se penchent sur la question de la sécurité dans les mines et que le pays ratifie la convention 176 de l’OIT sans délai.

Ashutosh Bhattacharya, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“Il est horrible que des mineurs au Pakistan continuent de perdre la vie quotidiennement. Ces décès pourraient être facilement évités si les employeurs et les gouvernements prenaient au sérieux la question de la sécurité sur le lieu de travail. Nous exhortons les propriétaires de mines et le Baloutchistan, ainsi que le gouvernement fédéral pakistanais, à veiller à ce que le droit des travailleurs à un lieu de travail sûr et sécurisé soit garanti.”

Victoire des syndicats contre la loi Omnibus en Indonésie

La loi sur la création d’emplois, communément appelée loi Omnibus, a été promulguée par le président de l’époque, Joko Widodo, en 2020. Soutenus par IndustriALL, les syndicats indonésiens se sont battus contre cette loi qui dégrade les conditions de travail.

À la suite d’un recours juridique déposé par le parti travailliste, la Confédération des syndicats indonésiens (KSPI), la Confédération générale des travailleurs indonésiens (KSPSI-AGN), la Confédération des travailleurs indonésiens unis (KPBI) ainsi que la Fédération des syndicats indonésiens de la métallurgie (FSPMI), la Cour constitutionnelle a statué, le 31 octobre dernier, que les travailleurs et travailleuses devaient être prioritaires lors de l’examen de l’embauche de travailleurs étrangers, que les contrats de travail à durée déterminée ne devaient pas dépasser cinq ans et qu’il devait y avoir deux jours de repos par semaine au lieu d’un.

En ce qui concerne le système de relations sociales, la plus haute juridiction a déclaré qu’une délibération en vue d’un consensus est nécessaire dans les négociations bipartites et que le licenciement ne peut se faire que par le biais d’une ordonnance d’une institution compétente, qui doit se référer à la loi sur le règlement des litiges en matière de relations sociales.

Environ 500 syndicalistes et militants du parti travailliste se sont rassemblés devant la Cour constitutionnelle pour attendre la décision. Le président du parti travailliste, Said Iqbal, a déclaré que la décision de la Cour était une victoire pour les travailleurs et travailleuses indonésiens. Il a exhorté le président Prabowo Subianto à respecter la décision et à ne pas l’interpréter autrement.

“La décision de la Cour constitutionnelle sur la loi Omnibus marque une victoire monumentale de la FSPMI ainsi que d’autres syndicats dans la lutte permanente en faveur des droits des travailleurs et travailleuses. Cette décision souligne non seulement l’importance d’une gouvernance transparente, mais réaffirme également le rôle vital de la défense des intérêts des travailleurs et travailleuses dans l’élaboration de lois qui les protègent et autonomisent. Nous tenons à exprimer notre sincère gratitude pour le soutien apporté par IndustriALL et tous les syndicats de la région Asie-Pacifique”,

a déclaré Prihanani Boenadi, Coprésidente du Comité exécutif d’IndustriALL pour l’Asie-Pacifique.

La décision historique formule également en détail les exigences du système de salaire minimum, notamment que le revenu doit répondre aux besoins raisonnables des travailleurs et de leurs familles, n l’alimentation, le logement, l’éducation, la santé et la retraite, et que les employeurs doivent non seulement tenir compte de la capacité financière et de la productivité d’une entreprise pour fixer la structure et l’échelle des salaires, mais aussi de la catégorie, du poste, de l’ancienneté, de l’éducation et de la compétence des travailleurs et travailleuses.

“Il s’agit d’un combat de longue haleine dans lequel IndustriALL s’est fortement engagée avec ses affiliés. Cette victoire est importante non seulement pour les travailleurs et travailleuses indonésiens, mais elle devrait aussi avoir des répercussions sur les tentatives similaires d’autres gouvernements dans la région. Nous continuerons à lutter contre les tentatives d’érosion des droits des travailleurs et travailleuses, mais pour l’heure, nous félicitons nos affiliés indonésiens et leurs adhérents”,

a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie.