IndustriALL lance une nouvelle Journée d'Action et dit "STOP au travail précaire"

L’emploi régulier, permanent et direct continue de faire l’objet d’attaques persistantes de la part de multinationales et d’autres forces colporteuses de travail précaire. Nous encourageons vivement les affiliés à agir et à dénoncer l’emploi précaire et l’insécurité qui commencent à faire partie de la réalité quotidienne d’un nombre sans cesse croissant de travailleurs à travers le monde. 

Cette Action mondiale constitue une pierre angulaire de la campagne STOP au travail précaire d’IndustriALL. Une mobilisation mondiale de grande envergure contribue à la fois à donner de la visibilité à cet enjeu et à renforcer les campagnes nationales, de même que la position d’IndustriALL face aux entreprises multinationales, aux gouvernements et aux institutions de gouvernance mondiale. Chaque année, cette mobilisation massive nous permet d’envoyer un message fort selon lequel les travailleurs aux quatre coins du monde se mobiliseront pour défendre leurs droits. 

En 2013, les affiliés d’IndustriALL dans 46 pays y ont participé, le plus souvent en organisant des actions conjointes avec d’autres organisations. Ces actions ont inclus des mobilisations massives dans le cadre de manifestations et de rassemblements, la diffusion de tracts et autres documents de campagne sur les lieux de travail, des ateliers et des conférences thématiques, des pétitions adressées au gouvernement, des mobilisations éclair ou flash mobs, des audiences publiques et des manifestations devant les sièges sociaux des entreprises. Des rapports et des photos de nos affiliés en action sont publiés sur le site d’IndustriALL accessible via ce lien http://www.industriall-union.org/stop-au-travail-precaire.

Certains affiliés ont d’ores et déjà prévu des actions pour le 7 octobre 2014. Dans le cadre de sa campagne, UNIFOR organisera au Canada un Sommet national sur les emplois de qualité (3-5 octobre). Ce sommet prendra la forme d’un dialogue national entre les travailleurs, les étudiants, le gouvernement, les employeurs et les communautés, aux fins d’explorer de nouvelles approches en matière d’emploi et d’économie. 

Dans le cadre de la campagne mondiale contre Rio Tinto, le Réseau syndical Rio Tinto organisera une journée d’action mondiale contre le travail précaire. Cette multinationale multimilliardaire est tristement réputée pour les formes d’emploi de plus en plus précaires qu’elle instaure dans ses exploitations aux quatre coins du monde. Les autres réseaux syndicaux d’entreprises multinationales sont, eux aussi, vivement encouragés à se mobiliser cette année étant donné que les EMN et leurs chaînes de production sont parmi les principaux moteurs de l’expansion débridée de l’emploi précaire. 

Les affiliés d’IndustriALL au Cambodge cibleront les zones franches d’exportation (ZFE) où les droits des travailleurs sont largement bafoués. Dans le cadre de leur action « Une caravane pour le travail décent », des travailleurs brandissant des drapeaux aux couleurs d’IndustriALL circuleront en bus et à moto à travers la ZFE. 

Nous vous invitons à nous transmettre le plus vite possible par courriel adressé à [email protected] des informations détaillées concernant les actions que votre syndicat prévoit d’organiser. Ces informations seront affichées dans une rubrique spéciale sur le web de la campagne STOP au travail précaire. N’oubliez pas de nous envoyer également des photos de vos actions.

Le lien mentionné ci-dessus, vous permet de télécharger la nouvelle publication IndustriALL Négocier la sécurité : Stratégies syndicales de négociation contre le travail précaire. La publication fournit des exemples d’accords novateurs et progressistes proposés par les syndicats pour limiter l’emploi précaire et protéger les travailleurs.

Déversement toxique à la mine de cuivre de Grupo Mexico

Au début du mois d’août, 40.000 mètres cubes d’eau acide toxique ont été déversés dans une rivière des environs de la mine de cuivre de Cananea. Le géant minier mexicain, Grupo Mexico, a mis la faute du déversement toxique sur le dos d’une entreprise sous-traitante. En outre, au lieu de prévenir la population des dégâts causés à l’environnement, Grupo Mexico a délibérément cherché à étouffer l’incident.

Grupo Mexico a acquis en 1989 la mine de Cananea après sa privatisation. Depuis lors, le propriétaire milliardaire de nationalité allemande, Larrea, ne s’est jamais préoccupé de la sécurité des travailleurs ou de l’environnement, rendant ainsi la mine de Cananea l’une des plus dangereuses du pays.

En 2007, des membres de Los Mineros s’étaient mis en grève sur des questions de santé et de sécurité et d’environnement. L’entreprise a annoncé avoir 2.000 entrepreneurs prêts à travailler dès la fin de la grève. Les trois années de grève ont pris fin quand les forces de police ont occupé le site en faisant usage de la force et en tirant des gaz lacrymogènes depuis des hélicoptères contre les travailleurs et travailleuses qui occupaient paisiblement la mine.

La grève avait été déclenchée en 2007, un an juste après le désastre minier de Pasta de Conchos de Grupo Mexico où 65 mineurs ont trouvé la mort. À ce jour, 63 corps n’ont toujours pas été remontés à la surface.
 
Dans un retournement inattendu de situation, le Parlement mexicain a engagé la semaine dernière le gouvernement à abroger la concession de Grupo Mexico d’exploiter la mine.

Le secrétaire général adjoint de IndustriALL, Fernando Lopes, s’élève violemment contre le manque d’action de l’entreprise minière:

Ceci résume tout ce qui ne va pas dans l’industrie minière au Mexique: l’avidité sans retenue des entreprises géantes, leur manque de considération pour la sécurité des travailleurs et travailleuses et pour l’environnement, leur recours irresponsable à la sous-traitance, ainsi que le soutien inconditionnel qu’elles reçoivent généralement des gouvernements néolibéraux successifs. Une enquête indépendante est nécessaire pour trouver les responsables de cette tragédie environnementale.

Lutte désespérée pour la reconnaissance d’un accident du travail

En juillet 2002, alors qu’il travaillait pour un entrepreneur dans l’usine Tenaris Tubos Caribe, un tube de 33 cm a transpercé Rubén Darío Montoya Obando d’un côté à l’autre. Depuis cette date, il se bat pour obtenir une indemnisation pour cet accident grave du travail.

Un tribunal a ordonné la réintégration de Rubén, le paiement des salaires depuis le jour de l’accident, ainsi qu’une pension partielle. Mais Tenaris – Tubos Caribe et la compagnie d’assurances ont fait appel à la décision du tribunal de verser les salaires passés et d’accorder une pension, une procédure qui retardera pendant des mois une solution.

Avec l’appui de Sintratucar, le syndicat présent chez Tubo Caribe, Rubén a présenté la semaine dernière de nouveaux documents à la compagnie d’assurances et à l’employeur. Une fois de plus, cela n’a apporté aucun résultat. Et le 23 août, Rubén a tenté de se suicider pour la deuxième fois, en demandant la reconnaissance de ses droits.

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union, se joint aux syndicats affiliés pour exiger que Tenaris verse une pension d’invalidité et assure une assurance maladie:

Il est absolument scandaleux que Tenaris Tubo Caribe ne se soit pas encore conformé à la décision du tribunal qui demande clairement à l’entreprise une indemnisation avec notamment une pension d’invalidité et une assurance maladie. Les travailleurs et travailleuses ne doivent pas en arriver à se tuer par pur désespoir en raison d’une infraction flagrante de l’entreprise à leurs droits fondamentaux.

Au Guatemala, le syndicat Ternium remporte une victoire importante

À la suite d’une décision de justice qui ordonne à Ternium de réintégrer les travailleurs avec le paiement des salaires perdus, neuf dirigeants du syndicat SITRATERNIUM qui avaient été mis à pied sont rentrés dans l’usine le 22 août. Les travailleurs étaient accompagnés d’un officier de justice et de membres du personnel du bureau des Nations unies au Guatemala. Deux des travailleurs mis à pied avaient déjà été réintégrés en raison d’une erreur dans l’orthographe de leurs noms, et le syndicat demeure vigilant pour s’assurer que l’erreur est corrigée et que les travailleurs  reçoivent leurs arriérés de salaires.

Les travailleurs avaient été illégalement mis à pied en 2012 après la création d’un syndicat pour défendre leurs droits. La direction de l’entreprise s’était constamment vantée de pouvoir faire ce qu’elle voulait de ses travailleurs et travailleuses, et qu’elle se moquait des réglementations gouvernementales. Parmi les abus commis par l’entreprise, citons le refus d’accorder aux travailleurs le droit à un congé maladie et de les forcer à travailler sept jours par semaine.

Depuis deux ans, les dirigeants syndicaux ont éprouvé de très grandes difficultés dans leur lutte pour faire respecter leurs droits.  Les membres du Sindicato de Trabajadores de Ternium au Guatemala (SITRATERNIUM), qui est membre de l’affilié de IndustriALL, FESTRAS, ont été maintenus à flot dans leurs efforts grâce au soutien inconditionnel du réseau syndical Ternium, ainsi que par la solidarité exprimée par de nombreux autres syndicats au niveau national comme au niveau international.

Selon l’index des droits mondiaux de la CSI, publié en mai 2014, le Guatemala est classé comme l’un des pires pays au monde pour les travailleurs et travailleuses, qui n’ont en réalité aucun accès aux droits prescrits par la législation nationale et sont donc exposés à des pratiques incontestablement déloyales dans le travail. Après des dizaines d’années de répression, moins de 2 pour cent de la main-d’œuvre guatémaltèque est syndiquée.

L’entreprise sidérurgique numéro un en Amérique latine, Ternium, possède des centres de production en Argentine, au Mexique, au Guatemala, en Colombie et aux États-Unis. L’entreprise fabrique des produits en acier à valeur ajoutée.

Les syndicats australiens protestent contre le refus de délivrer des visas aux travailleurs licenciés par Ansell

Les visas ont été refusés au dirigeant du FTZGSEU (Syndicat des Salariés des Zones franches et des Services) ainsi qu’à deux travailleurs ayant été récemment employés par Ansell au sein d’une unité de production de la Zone franche de Biyagama au Sri Lanka. Ansell les a licenciés ainsi que près de 300 autres travailleurs pour avoir fait grève en soutien de 11 collègues et délégués syndicaux eux-mêmes licenciés en octobre 2013.

Le dossier officiel de la décision du gouvernement australien indique que les visas ont été refusés pour défaut de ressources financières.

Le Président national de l’AMWU Andrew Dettmer a déclaré qu’il est clair que le gouvernement australien, dirigé par le Premier Ministre anti-syndical Tony Abbott, a refusé l’entrée sur le territoire pour des motifs politiques.

Nous avons donc un gouvernement fédéral qui refuse l’accès au territoire australien sur base d’idéologie et de ressources financières. Mais est-il étonnant que trois travailleurs sri-lankais, dont deux viennent de se faire mettre dehors récemment par Ansell, disposent de « moyens insuffisants » au regard des critères australiens ?

Michele O’Neil, Secrétaire nationale du TCFUA, a précisé que le dirigeant du FTZGSEU, Anton Marcus, est une figure du mouvement syndical international qui s’est déjà rendue quatre fois en Australie par le passé sans que cela pose problème.

Ces représentants syndicaux se rendaient en Australie dans l’intention de débattre des tactiques anti-syndicales mises en œuvre au Sri Lanka par Ansell et pour tenter d’obtenir une solidarité internationale. Nous allons poursuive nos protestations avec ou sans nos hôtes distingués afin de mettre en évidence le traitement hostile et injuste infligé aux travailleurs au Sri Lanka.

Le FTZGSEU fait pression pour un règlement équitable au Sri Lanka alors que l’affaire suit son cours au sein du système judiciaire sri-lankais.

IndustriALL poursuit sa campagne en faveur des près de 300 travailleurs et travailleurs sri-lankais injustement licenciés par Ansell. Celle-ci a impliqué des contacts avec les clients d’Ansell, 11.000 courriels de protestation envoyés à la direction d’Ansell, une mission de soutien au Sri Lanka et une plainte officielle auprès de l’OCDE.

“Nous rendons hommage à nos affiliés australiens CFMEU, TCFUA et AMWU pour leur soutien et condamnons le gouvernement australien pour avoir pris fait et cause pour Ansell en bloquant cette délégation syndicale” a martelé le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union Jyrki Raina.

“La meilleure façon de résoudre ce conflit est par un dialogue mené de bonne foi avec Ansell, pas dans les tribunaux ou dans la rue. Cependant, jusqu’à ce qu’Ansell ne montre une volonté de travailler en faveur d’une solution, nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour soutenir le FTZGSEU dans sa lutte,” a ajouté Raina.

Renforcement des capacités en Égypte

Après les actions revendicatives de ces dernières années, on a assisté à une augmentation du nombre de syndicats indépendants en Égypte. 

Au cours de la première quinzaine d’août, IndustriALL Global Union a organisé quatre séminaires de renforcement des capacités destinés aux syndicats industriels en Égypte. Les 80 représentant(e)s de syndicats affiliés et d’éventuels affiliés dans les industries de la métallurgie, de la pétrochimie, du textile, du pétrole et du gaz, ont été initiés à des stratégies d’acquisition de compétences dans le domaine de la syndicalisation.   

L’Égypte est l’un des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA) qui ont le plus grand nombre d’entreprises multinationales (EMN). C’est également l’un des quatre grands pays de la région MENA qui abritent les EMN signataires d’accords-cadres mondiaux (ACM).

Le programme de IndustriALL comportait une présentation d’outils internationaux pour la syndicalisation et la défense des droits des travailleurs et travailleuses dans les EMN et leurs chaînes d’approvisionnement. Les réunions ont permis d’examiner des stratégies d’application des ECM et des principes directeurs de l’OCDE à l'intention des entreprises multinationales, ainsi que d’une mise en réseau au niveau de l’entreprise.

Des experts ont partagé leurs connaissances des normes internationales du travail et des conventions de l’OIT ayant trait au projet actuel de loi du travail présenté par le gouvernement égyptien. Les participant(e)s ont insisté sur l’absence d’une législation sur les libertés syndicales qui constitue un véritable défi pour le développement et la croissance d’un mouvement syndical indépendant et d’une démocratie au travail en Égypte. Ils ont demandé au gouvernement et aux autorités égyptiennes d’adopter de toute urgence le projet discuté et présenté par les syndicats.

Les discussions intenses et les idées exprimées au niveau de l’industrie et du pays ont permis aux représentant(e)s de déterminer des objectifs communs et d’élaborer des stratégies pour les branches industrielles respectives. La croissance syndicale, l’adoption de lois justes concernant le travail et les syndicats, la syndicalisation et la coordination au niveau de l’industrie sont les principaux objectifs d’un travail réalisé en commun dans l’avenir.

Kemal Özkan, secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, dit:

Malgré les défis sérieux auxquels nos collègues égyptiens sont confrontés dans les syndicats indépendants, leur volonté ferme et leur enthousiasme constituent encore la force majeure de la lutte des travailleurs et travailleuses pour un avenir meilleur. IndustriALL est satisfait des progrès réalisés dans la coopération et poursuivra ses efforts visant à inclure davantage nos collègues égyptiens au sein de notre famille mondiale.

Les stagiaires d'un fabricant de pièces pour auto obtiennent l'égalité de traitement en Inde

En juillet 2014, Plastic Omnium Auto Exteriors India Pvt. Ltd., filiale indienne de l'équipementier français Plastic Omnium, et les travailleurs représentés par le syndicat Plastic Omnium Varroc Kamgar Sangathna sont arrivés à un arrangement à l'amiable pour les stagiaires de cette multinationale. Le problème était que, alors qu'ils faisaient le même travail que leurs collègues sous contrat d'emploi permanent, ces stagiaires étaient moins payés qu'eux. Afin de remédier à cette situation et d'obtenir justice pour ces 48 personnes, le syndicat avait déposé un cahier de revendications en leur nom en juin 2014.

Une série de réunions, discussions, rencontres entre représentants du syndicat et de la direction ont débouché sur un règlement amiable qui prévoit que les stagiaires seront titularisés et bénéficieront dorénavant des conditions applicables au personnel permanent.

L'accord en vigueur pour les permanents a une durée de validité d'un an et le prochain, applicable à l'ensemble du personnel, devra être conclu à partir de 1er juillet 2015.

Au cours de cette année, les stagiaires ayant acquis le statut de permanent recevront une hausse de salaire de 4.000 roupies (50 €) par mois, qui portera leur salaire mensuel à 12.000 roupies (150 €). Leur salaire brut, augmenté de toutes les prestations, représentera 15.000 roupies (185 €) par mois. Il faut espérer que cet accord aura valeur d'exemple et de référence pour d'autres entreprises de la région.

Madagascar : IndustriALL soutient une campagne de syndicalisation, d'éducation et de résistance chez Rio Tinto

Cet atelier ainsi que la campagne de syndicalisation s'inscrivent dans le cadre de la campagne mondiale  menée par IndustriALL pour renforcer la présence syndicale dans tous les sites de Rio Tinto du monde entier. Par un relèvement du taux de syndicalisation du personnel, elle cherche à obtenir du géant minier qu'il reconnaisse les droits fondamentaux des travailleurs, comme la liberté syndicale et la négociation collective.

QMM, détenu à 80 pour cent par Rio Tinto, emploie directement 500 travailleurs, mais aussi 1.500 autres personnes par le biais de sous-traitants. Leur emploi dépend en grande partie de la reconduction des contrats avec QMM.

IndustriALL aide la FISEMA à organiser l'industrie minière de Madagascar, l'accent étant mis en particulier sur Rio Tinto. Même si les conditions de travail chez QMM sont considérées meilleures que dans de nombreuses autres mines du pays, elles ne sont guère généreuses et beaucoup reste à faire, ne fût-ce que parce que beaucoup de travailleurs craignent de se syndiquer.

Les dirigeants syndicaux locaux veulent recruter tout le personnel de QMM, qu'il s'agisse de travailleurs directs ou indirects. Les participants à l'atelier ont mis sur pied des stratégies destinées à renforcer la FISEMA et constituer un réseau des travailleurs de Rio Tinto aux échelons régional, national et international. Ils ont aussi conçu des plans d'éducation des adhérents et d'amélioration de la formation au leadership. Enfin, des objectifs ont été fixés en matière d'effectifs et des stratégies de suivi mises en place.

Journée mondiale d'action de riposte

L'arrivée de Rio Tinto à Fort Dauphin a fait grimper le coût de la vie dans la région et, bien que les travailleurs de QMM perçoivent environ quatre fois le salaire minimum, beaucoup ont besoin d'un deuxième travail pour survivre.

L'industrie extractive étant un phénomène neuf pour les travailleurs malgaches, ils se fient aux seules informations communiquées par les employeurs en matière de santé et sécurité au travail.

Pour son Secrétaire général adjoint Kemal Özkan,

IndustriALL veut intégrer la FISEMA dans le réseau mondial des travailleurs de Rio Tinto afin de renforcer la lutte pour la liberté syndicale et l'amélioration des conditions de sécurité et de travail dans tous les sites du Rio Tinto du monde.

Ensemble, IndustriALL et la FISEMA préparent la journée mondiale d'action syndicale du 7 octobre chez Rio Tinto, une journée pendant laquelle les affiliés d'IndustriALL du monde entier manifesteront dans le cadre de la  campagne STOP au Travail précaire d'IndustriALL.

Syndicalisation au Bangladesh – changement de dynamique

Chez Gazipur à Dacca, 1.300 salariés de la confection se sont tournés vers leur fédération syndicale affiliée à IndustriALL Global Union, la fédération indépendante des travailleurs de la confection au Bangladesh (BIGUF) et vers le Solidarity Center pour obtenir un appui. En travaillant à une relation constructive avec l’employeur, Masco Cotton, les deux protagonistes ont pu se rencontrer pour négocier et régler des problèmes dans la fabrique.

Tout en étant confrontés à de sérieux défis quand des salariés ont perdu leur emploi et que la demande syndicale a été rejetée à trois reprises avant d’être enregistrée par le Joint Director of Labour (JDL), les travailleuses et travailleurs ont persévéré.

“Elles/ils ont travaillé d’arrache-pied pour démontrer à l’employeur que, d’une manière générale, si les protagonistes décidaient de se rencontrer pour négocier, la responsabilisation des travailleuses et travailleurs dans le cadre syndical pourrait être bénéfique à la fabrique,” dit Rashedul Alom Raju, secrétaire général par intérim de la BIGUF.

“Je suis particulièrement satisfait d’avoir pu établir une bonne relation avec notre employeur, mais cela n’a pas été une chose facile,” dit Faruk, président du syndicat des travailleurs de Masco Cotton Ltd. “J’ai tout d’abord été suspendu avec trois autres salaries pour activité syndicale, et nous n’avons été réintégrés que deux mois et demi plus tard.”

Faruk poursuit:

“Cela nous a demandé beaucoup d’efforts pour que l’employeur comprenne nos problèmes. La formation donnée par la BIGUF nous a beaucoup aidés. Elle a porté sur la manière d’aborder les problèmes et de négocier avec la direction.”

Par la voie de la négociation, les salariés des fabriques dans lesquelles le syndicat est implanté ont négocié avec l’employeur pour s’assurer de percevoir les salaires en temps voulu, et d’obtenir une augmentation des primes d’assiduité et autres, ainsi que pour les primes de poste. Les syndicats et la direction se rencontrent maintenant sur une base mensuelle pour examiner de manière routinière les différends et les autres questions. Une négociation a eu lieu récemment sur le congé pour la fête religieuse Eid et pour augmenter le nombre de ventilateurs dans les ateliers.

La syndicalisation dans une industrie viable de la confection

IndustriALL soutient un grand projet de syndicalisation destiné à établir une présence syndicale complète dans les ateliers et fabriques de la confection au Bangladesh. Et les résultats sont déjà visibles. En 2013, le gouvernement du Bangladesh a accepté de faciliter l’enregistrement de nouveaux syndicats locaux, et au cours des 12 derniers mois, les affiliés de IndustriALL ont syndicalisé plus d’une centaine d’ateliers et de fabriques, et syndiqué 40.000 travailleuses et travailleurs.

Le secrétaire général de IndustriALL, Jyrki Raina, dit que l’objectif est de dépasser ces chiffres en 2014.

L’augmentation des effectifs syndicaux joue un rôle essentiel dans la longue marche vers une industrie de la confection sûre et viable au Bangladesh.

"La prochaine étape consiste à fournir la formation nécessaire pour améliorer la capacité des nouveaux responsables syndicaux dans les domaines de la négociation collective, de la santé et la sécurité, et pour la résolution des problèmes.“

Mahbubul, directeur exécutif du groupe de fabriques Masco dit qu’une formation pour la direction et le syndicat peut jouer un rôle important dans le développement d’une relation constructive et pour maintenir la paix sociale:

“L’avantage potentiel d’avoir un syndicat dans une fabrique est de faire entendre la voix de l’ensemble des travailleuses et travailleurs. La direction peut alors comprendre qu’elles sont les questions qui concernent le personnel et travailler pour résoudre les problèmes.”

Sanjida Akhter, travailleuse et présidente du syndicat unitaire des travailleurs de Masco Industries Ltd., l’un des trois syndicats de fabriques affiliés à la BIGUF dans le groupe de cinq fabriques, dit:

“Avant de créer un syndicat dans notre fabrique, les travailleuses et travailleurs n’avaient aucun moyen de communiquer avec l’employeur. Mais maintenant, les choses sont différentes. La direction s’adresse même au syndicat pour examiner et trouver une solution à des questions qui se posent dans la fabrique.”
 
 

Source: Solidarity Centre

Deux mois de grève de l’UWUA défont une attaque de la sous-traitance

Les membres de la section 537 de l’UWUA ont ratifié le 16 août le nouvel accord d’une durée de quatre ans. Les huit semaines d’arrêt de travail de près de 150 travailleurs et travailleuses ont porté leurs fruits en obtenant l’inscription de solides protections de l’emploi dans le contrat. L’accord s’applique à quatre lieux de travail de Pennsylvania-American Water dans la région de Pittsburgh aux États-Unis.

Le nouvel accord laisse également de côté la tentative de la direction de réduire fortement le régime de prestations de maladie des salariés, et accorde au personnel un “rattrapage” important de hausses salariales après quatre années sans augmentation. Mais la principale priorité pour les membres de l’UWUA a été le blocage des tentatives de faire appel à la sous-traitance qui aurait permis à la direction de remplacer leurs emplois avec des entrepreneurs externalisés.

Kevin Booth, président de la section syndicale 537 de l’UWUA, salue le nouvel accord:

Nous pouvons maintenant reprendre le travail pour fournir les services publics indispensables à notre clientèle sans craindre que la direction cherche à détruire les emplois des familles ouvrières en ayant recours à une sous-traitance injuste.

La convention collective précédente était arrivée à expiration en mai 2011, et le combat mené par le syndicat pour ce nouvel accord a été très difficile.

Le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a félicité l’affilié UWUA:

Quand nous nous battons, nous gagnons. C’est une victoire qui compte pour un processus de normalisation contre la tendance mondiale du patronat d’avoir recours à l’emploi précaire pour affaiblir les syndicats et les droits de tous les travailleurs et travailleuses. Les membres de l’UWUA méritent une sécurité de l’emploi. Nous saluons cette victoire.