Les Femmes constituent un réseau sous-régional pour promouvoir la ratification de la Convention 183 de l’OIT

La réunion a eu pour orateurs des représentants de l’OIT, de la fédération des employeurs des Philippines et de syndicats. La Convention repose sur cinq éléments fondamentaux qui sont : le congé de maternité, une allocation, la protection de la santé sur le lieu de travail, la protection de l’emploi et l’absence de discrimination ainsi que des dispositions pour l’allaitement maternel. Aucun pays de la région Asie n’a ratifié cette Convention. Les gouvernements et les employeurs considèrent que l’écart entre les pratiques nationales courantes et les dispositions de la Convention est trop grand. En réalité, la pierre d’achoppement est probablement sa portée. La Convention est censée s’appliquer à toutes les femmes travailleuses, y compris celles sous contrats précaires ou engagées dans l’économie informelle. C’est également la raison pour laquelle elle est nécessaire, car les travailleuses en sous-traitance n’ont en général aucun droit en matière de maternité.

Pour les syndicats, la protection de la maternité fait partie des problématiques liées aux droits des femmes qui comprennent également l’égalité des genres, l’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle et l’insistance à avoir davantage de femmes dans les syndicats. La maternité et la paternité doivent être considérés comme relevant de la responsabilité collective. De plus, les joies et les contraintes de la vie de famille doivent pouvoir être partagées de manière égale entre les mères et les pères. La protection de la maternité devrait être prise en compte dans le cadre des politiques de protection sociale visant à réduire la pauvreté et les inégalités.

Ce que les femmes peuvent faire pour obtenir la ratification de la Convention est d’abord d’avoir un consensus au niveau des organisations et des fédérations syndicales pour qu’elles travaillent ensemble sur la question en en faisant une priorité. Ensuite elles doivent s’adresser à la société civile et aux ONG. Elles doivent mettre sur pied un réseau, s’impliquer, faire des recherches, participer à des auditions, s’adresser aux médias. Au Cambodge, l’expérience a montré que faire connaître ses préoccupations par le biais de la radio fonctionne bien. Les bureaux nationaux de l’OIT peuvent être approchés pour une assistance technique et pour un soutien à apporter aux activités.

De plus, les femmes ont eu le sentiment qu’il fallait prendre une position au plan sous-régional sur la question des droits relatifs à la maternité qui puisse trouver un écho au niveau des conventions collectives de travail. On ne pourrait trop insister sur la problématique des droits relatifs à la maternité pour les travailleuses en sous-traitance.

Les femmes ont décidé de faire de la recherche, de collecter des données, de faire pression sur les ministères, de disséminer de l’information et de faire campagne lors des journées qui présentent une signification particulière pour les femmes comme le 7 octobre (Journée internationale du Travail décent), le 25 novembre (Journée internationale de lutte contre la violence faite aux femmes) et le 8 mars (Journée internationale de la Femme). Elles ont créé une page Facebook destinée à la campagne des Femmes d’IndustriALL en faveur de la Convention 183 de l’OIT.

Dans la journée qui a précédé cet atelier s’est tenu le Forum national des femmes sur les droits  des travailleurs relatifs à la santé en matière de procréation. Il a vu la participation d’environ 80 déléguées. Ici encore, il était important de traiter de la maternité dans le cadre d’autres problématiques relatives à la santé des femmes, notamment le VIH/SIDA. Le syndicat ALU collabore avec le Ministère de la Santé publique des Philippines pour conscientiser sur le VIH et le SIDA dans le cadre du travail syndical.

L’insécurité dans l’industrie de la confection nécessite la présence de syndicats

Le désastre dans cette fabrique était voué à se produire. Ali Enterprises n’était pas enregistré conformément à la loi sur le travail en usine du Pakistan, la structure du bâtiment n’avait pas été légalement approuvée par l’office de la construction, la majorité des travailleuses et travailleurs n’avaient pas de contrat d’engagement, tous travaillaient dans le cadre illégal d’un système d’entrepreneurs tiers avec des heures de travail allant de 10 à 14 heures par jour sans heures supplémentaires, les travailleuses et travailleurs n’étaient le plus souvent pas inscrits à l’Institut de la sécurité sociale et à l’Institut des prestations de vieillesse, ce qui est obligatoire. Et comme il n’y avait pas de syndicat, il n’y avait pas de négociation collective.

Par une ironie du sort, la fabrique avait reçu une opinion favorable d’un cabinet d’audit social international, qui avait certifié que tout était conforme aux normes, deux semaines seulement avant le déclenchement de cet enfer.

Le brasier a transformé la fabrique en piège mortel. Plus de 600 personnes se sont trouvées bloquées dans le bâtiment qui n’avait pas de système de protection contre l’incendie en état de marche, toutes les fenêtres étaient fermées et munies de barres de fer, et toutes les issues de secours étaient bloquées, empêchant ainsi les travailleuses et travailleurs de s’échapper avant de pouvoir empêcher que toutes les marchandises soient la proie des flammes.

Après avoir passé cinq mois en prison, les propriétaires de Ali Enterprises ont été relâchés sous caution.

Les syndicats sont peu nombreux dans l’industrie de la confection

L’industrie de la confection représente 65 pour cent de l’économie du Pakistan. Soixante pour cent de la main-d’œuvre totale du pays employée dans le secteur de la confection travaille depuis la cueillette du coton jusqu’aux vêtements de prêt-à-porter.

L’incendie mortel qui s’est produit il y a deux ans a donné lieu à un débat de portée réduite sur la sécurité dans le travail et sur les conditions de travail, mais dans un pays de 60 millions de travailleuses et travailleurs où les droits fondamentaux du travail ne sont pas respectés, la discussion a rapidement pris fin.

Traditionnellement, les propriétaires d’atelier et de fabrique et les services administratifs locaux punissent durement toute tentative de former un syndicat. En conséquence, moins de deux pour cent de la main-d’œuvre est syndiquée dans la confection.

La fédération syndicale nationale du Pakistan (NTUF), affiliée à IndustriALL Global Union,  s’est jointe à d’autres organisations ouvrières et de défense des droits de la personne pour trouver les responsables de cette tragédie.

Une commission a été créée pour établir les causes et les responsabilités de l’incendie. Un rapport relatif aux conclusions a été présenté au gouvernement, mais deux ans après la tragédie, le gouvernement refuse toujours de le rendre public.

Certaines familles de personnes décédées ont reçu une indemnisation partielle, alors que de nombreuses autres attendent toujours d’être indemnisées. À la suite de pressions des syndicats nationaux et internationaux et d’organisations ouvrières, la marque allemande Kik, qui se fournissait dans la fabrique, s’est engagée à apporter un versement initial de 1 million d’USD à titre d’indemnisation.
 
Nasir Mansoor, secrétaire général adjoint de la NTUF, dit:

“Nous avons obtenu cela grâce à une grande démonstration de solidarité internationale, mais nous avons encore beaucoup de chemin à faire. Dans des pays comme le Pakistan où l’injustice a force de loi, les travailleuses et travailleurs n’ont d’autre choix que d’organiser la résistance.”

La secrétaire générale adjointe de IndustriALL, Monika Kemperle, dit:

“ L’absence de sécurité dans les ateliers et fabriques du textile n’est pas propre au Bangladesh. Les problèmes sont nombreux et compliqués au Pakistan, et il n’y a pas d’Accord sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments pour établir des normes juridiques contraignantes.”

L’augmentation des effectifs syndicaux et la réussite d’une négociation collective constituent des étapes importantes. Nous soutenons le travail réalisé par notre affilié pour améliorer la sécurité dans l’industrie de la confection au Pakistan.

Les syndicats de Goodyear déterminés à réactiver leur réseau mondial

Ce Réseau mondial Goodyear fonctionnait avec pour priorités l’échange d’informations et d’expériences, le soutien des actions de syndicalisation, l’amélioration des conditions de santé et de sécurité et une solidarité internationale active entre les syndicats participants.

Dans le même temps, les syndicats de Goodyear de la région Asie et Pacifique collaboraient au travers d’un réseau régional par le biais d’une série de réunions tenues en 2000, 2002, 2005 et 2008 sur les questions de santé et sécurité concernant les produits dangereux au sein des usines, les accidents du travail et les maladies professionnelles, la composition des comités de sécurité et les activités de formation.

À l’invitation de l’affilié turc d’IndustriALL Global Union Lastik-Is, syndicat des travailleurs du caoutchouc, de la chimie et du pétrole, qui représente les travailleurs de Goodyear de deux usines situées à Izmit et Adapazari, la réunion de 2014 du réseau syndical mondial tenue les 4 et 5 septembre a débattu de questions brûlantes relatives à l’industrie du pneumatique en général et en particulier des problématiques concernant Goodyear.

“En tant que premier du genre à l’échelle mondiale pour l’industrie du pneu, le réseau Goodyear a joué un rôle très important pour la solidarité internationale” a dit Abdullah Karacan, Président national de Lastik-Is. “Je suis intimement convaincu qu’après cette réunion, chacun d’entre nous mènera ses actions au jour le jour d’une manière plus efficace”.

Selon des estimations récentes, “le marché du pneumatique automobile devrait atteindre près de 250 milliards de dollars au plan mondial au cours des cinq prochaines années”. On estime qu’il existe entre 700 et 800 manufacturiers de par le monde et probablement près de 650 en Chine.

La réunion d’Izmit a approuvé et salué les stratégies et actions clés d’IndustriALL Global Union, en particulier s’agissant des réseaux syndicaux. Les syndicats de Goodyear ont observé les tendances de l’industrie du pneu au niveau planétaire avec une attention particulière portée à Goodyear par le biais d’une évaluation au plan mondial de la situation économique, des investissements et des emplois.

Un point important en débat était la situation syndicale au sein des activités de Goodyear de par le monde. Tom O’Shei et Jim Mason des Métallos USW d’Amérique du Nord ont fait rapport aux participants sur le processus de négociations collectives dans les usines américaines depuis 2006. Le cas de Turquie présenté par Lastik-Is a retenu toute l’attention des délégués par la présence d’avancées nouvelles comme des compléments aux régimes publics.

L’assemblée a enfin débattu d’un plan de travail pour l’avenir et sur la façon de maintenir le fonctionnement du réseau, ayant pris la décision unanime de faire revivre cette structure.

Les délégués ont ensuite visité l’usine Goodyear d’Izmit, qui est la capitale turque de l’industrie du pneu, et ont rencontré la direction de l’usine, les délégués syndicaux et les travailleurs à l’issue de la visite. Cette usine est pratiquement syndiquée à 100% ; le syndicat y a donc un réel pouvoir et est, grâce à cela, entièrement accepté par la direction. C’est un bel exemple du fait que la puissance d’un syndicat lui vient de ses membres.

“La stratégie d’IndustriALL Global Union dans l’industrie du pneu est de bâtir une puissance syndicale mondiale par le biais de réseaux forts,” a indiqué Kemal Özkan, le Secrétaire général adjoint, “le réseau syndical mondial Goodyear va continuer à jouer un rôle important dans cette stratégie.

Goodyear est une des entreprises productrices de pneumatiques les plus en vue au plan mondial, en particulier en Amérique du Nord et en Amérique Latine où elle est numéro un et en Europe où elle arrive en 2e position. Goodyear emploie approximativement 69.000 salariés de par le monde et possède 51 usines dans 22 pays. Ses marques principales sont Goodyear, Dunlop, Kelly, Fulda, Sava et Debica.

Les verriers turcs obtiennent une convention collective malgré l’interdiction de leur grève

En vertu de la législation turque, “une grève légale ou un lock-out décidés ou entamés peuvent être suspendus par un décret du Conseil des Ministres pour une période de 60 jours s’ils représentent un préjudice pour la santé publique ou la sécurité nationale“.

La législation précise encore “si un accord n’est pas trouvé avant la date d’expiration de la période de suspension, le Haut Conseil d’Arbitrage résout le conflit à la demande de l’une ou l’autre des parties dans les six jours ouvrables. S’il en est autrement, la compétence du syndicat des travailleurs sera nulle”. Il est de notoriété publique que le Haut Conseil d’Arbitrage ne se prononce jamais en faveur des revendications du syndicat parce qu’il est dominé par les représentants du gouvernement et des employeurs. C’est pourquoi Kristal-Is a eu pour stratégie de conclure un accord sans aller à l’arbitrage obligatoire.

Entretemps, Kristal-Is a saisi le Conseil d’État en vue de l’annulation du Décret du Gouvernement en réclamant la suspension de son exécution afin de pouvoir poursuivre la grève. Cependant, et de manière surprenante, le Conseil d’État a refusé cette demande, en allant l’encontre de sa jurisprudence, sur base d’arguments économiques plutôt que de la protection de droits fondamentaux. De plus, Kristal-Is a déposé une plainte contre le gouvernement turc auprès de l’OIT pour violation du droit à la négociation collective, et IndustriALL Global Union la soutient. Dans le même temps, Kristal-Is et ses membres ont entrepris une série d’actions au plan national.

Avant que la période de suspension de soixante jours n’arrive à son terme, Kristal-Is a organisé le 26 août auprès de ses membres un scrutin à bulletin secret portant sur la dernière offre faite par les employeurs lors des négociations en cours. En fonction de son résultat et du risque que la convention collective soit fixée par le Haut Conseil d’Arbitrage, Kristal-Is a décidé de signer.

La nouvelle convention comporte d’importantes avancées pour les syndiqués. Par ce nouvel accord, les salaires ont été augmentés d’une moyenne de 14% et une amélioration substantielle a été engrangée pour les catégories de salaires les plus bas. Des primes et autres allocations sociales ont été augmentées de 10 et 49%.

La convention concerne 5.800 verriers de dix usines du groupe Sisecam group, à savoir Trakya Cam, Trakya Mersin, Trakya Yenişehir, Trakya Otocam, Cam Elyaf, Paşabahçe Eskişehir, Paşabahçe Mersin, Paşabahçe Kırklareli, Anadolu Cam Mersin et Anadolu Cam Yenişehir.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a déclaré :

IndustriALL Global Union salue et félicite Kristal-Is pour sa détermination à obtenir de meilleurs salaires et conditions de travail au cours de cette période difficile. Notre droit de grève est menacé partout dans le monde. L’interdiction de la grève dans l’industrie verrière en Turquie est un exemple clair du caractère critique pour nous de ce droit fondamental, car la grève est un instrument vital pour les travailleurs dans le cadre de l’amélioration et du renforcement de leurs droits et intérêts.

IndustriALL partage le deuil des cinq mineurs tués en Bosnie

Le dernier corps des cinq mineurs bosniaques a été ramené à la surface ce dimanche 7 septembre en fin de journée. Ces cinq travailleurs ont perdu la vie après qu’un tremblement de terre a provoqué un éboulement dans la mine de Raspotocje près de la ville de Zenica, qui se situe dans la partie centrale de la Bosnie-Herzégovine.

Le séisme d’une magnitude de 3,5 a provoqué des fractures dans la roche qui ont déclenché des explosions par la rupture de poches de gaz méthane inflammable. Les galeries éboulées ont pris au piège 34 mineurs, dont 29 ont été secourus dans les 24 heures qui ont suivi la catastrophe. La cérémonie d’hommage commune aux cinq mineurs disparus a eu lieu ce lundi à Zenica, en présence de milliers de personnes. Les cinq victimes ont ensuite été enterrées dans les cimetières de leurs villages environnants.

Raspotocje a la réputation d’être la mine la plus dangereuse de Bosnie, avec de fréquentes explosions et accidents. Cette exploitation extrait du charbon pour la plus grande compagnie d’électricité de Bosnie, EPBiH, et emploie 430 mineurs. Les autorités n’ont pas encore résolu la question de la sécurité depuis les dommages de guerre subis dans les années 1990.

La mine de Raspotocje est l’un des sept charbonnages fusionnés en 2009 par le gouvernement pour approvisionner les centrales au charbon de la compagnie d’électricité EPHiH. Dans le cadre de cet arrangement, EPBiH s’était engagé à investir plus de 70.000 euros en cinq ans pour améliorer les conditions de travail. Bien que cette somme a été effectivement dépensée, presque rien n’en est revenu à Raspotocje.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union Jyrki Raina a fait parvenir une lettre de condoléances à Sinan Husic, Président du Syndicat indépendant des Mineurs de la Fédération BIH, qui représente les travailleurs de cette mine :

Ceci constitue un triste rappel de l’importance d’assurer des conditions de travail saines et sûres aux mineurs partout dans le monde, en plein accord avec les législations nationales du travail et les normes internationales du travail fondamentales, en particulier la Convention 176 sur la Santé et la Sécurité dans les Mines de l’Organisation Internationale du Travail. Nous encourageons fermement le gouvernement de Bosnie-Herzégovine à mettre en œuvre son plan visant à améliorer le fonctionnement du charbonnage de Raspotocje et les conditions de travail qui y règnent.

Lorsque l’un de nous souffre, tout le monde souffre.

Les syndicats mondiaux s’unissent pour soutenir la journée d’action des travailleurs cambodgiens de la confection

IndustriALL Global Union, UNI Global Union et la Confédération syndicale internationale (CSI) se joignent aux travailleuses et travailleurs cambodgiens de la confection pour une journée d’action le 17 septembre, en lançant un appel pour une augmentation du salaire minimum de 100 à 177 USD.

Le Comité consultatif du travail (Labour Advisory Committee – LAC) du Cambodge prévoit d’annoncer, début octobre, la fixation d’un nouveau salaire minimum dans la confection, le textile et de l’industrie de la chaussure, qui engendrent 5 milliards d’USD de revenus pour le pays.

À ce moment critique, IndustriALL, la CSI et UNI demandent aux affiliés de participer à la journée mondiale d’action, en manifestant devant les ambassades du Cambodge et en remettant une lettre à l’ambassadeur. Il est également demandé aux affiliés d’envoyer des lettres directement au Premier ministre cambodgien Hun Sen.

Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL, a déclaré:

“La journée mondiale d’action du 17 septembre rappellera que le monde a les yeux tournés vers le Cambodge au moment de la détermination d’un nouveau salaire minimum. Le Cambodge joue un rôle important dans l’industrie de la mode, bien que les salaires de misère signifient que les travailleuses et travailleurs de la confection vivent dans la pauvreté et sont forcés de travailler jusqu’à l’épuisement pour pouvoir survivre. Nous demandons instamment au gouvernement cambodgien de tenir compte des revendications ouvrières pour parvenir pacifiquement à fixer un salaire juste à moins de courir le risque sérieux de compromettre la confiance des marques dans le pays en tant que partenaire pour l’approvisionnement.”

Une alliance de syndicats de la confection, parmi lesquels des affiliés de IndustriALL, s’est déclarée en faveur de 177 USD sur la base d’une étude réalisée à la demande du gouvernement cambodgien pour le LAC. L’étude a trouvé que le salaire minimum devait être fixé entre 157 et 177 USD par mois. Ce chiffre est également proche du montant corrigé du salaire minimum initial dans le secteur en tenant compte de l’ajustement pour l’inflation durant cette période – environ 170 USD.

Philip Jennings, secrétaire général de UNI Global Union a dit que “le Cambodge a le choix entre la grande voie menant à une industrie durable, éthique et fair-play ou le chemin cahoteux allant vers le bas. Tous les regards, depuis les consommateurs/trices jusqu’aux marques, sont tournés vers le Cambodge. Le Cambodge agit de façon juste en portant le salaire minimum à 177 USD.”

Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale, précise en outre:

“L’appauvrissement des travailleuses et travailleurs dans les chaînes d’approvisionnement est un scandale mondial. Au Cambodge, la main-d’œuvre dans la confection soutient une industrie dont les résultats se chiffrent en milliards de dollars, alors que les salaires sont insuffisants pour régler les dépenses courantes, notamment une nourriture suffisante et un toit pour les salariés et leurs familles. Le Cambodge ne pourra simplement pas progresser dans le cas où la stratégie économique adoptée dépendra encore d’un système basé sur des salaires de misère. Nous soutenons fermement l’appel des syndicats pour un salaire minimum vital et demandons instamment au gouvernement d’agir maintenant.”

Fin

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Les travailleurs de Juno Lighting célèbrent avec joie la victoire

Pour les travailleurs et travailleuses, la grève était le dernier recours dans leur lutte pour obtenir des conditions décentes et des salaires justes après plusieurs mois de négociations avant que l’accord précédent ne prenne fin en août.

À la fin de la grève, le comité régional conjoint de Chicago et du Midwest représentant les grévistes a fait part de la victoire des travailleurs et travailleuses de Juno Lighting. L’accord nouvellement conclu porte sur une hausse moyenne du salaire horaire qui passe de 11,90 à 13,30 USD. Les salariés ont également réussi à obtenir l’amélioration de nombreuses prestations dont le doublement de l’indemnité de maladie et une baisse du coût de l’assurance maladie familiale.

Dans sa lettre à IndustriALL, Richard Monje, vice-président international de Workers United/SEIU a loué le soutien de la famille IndustriALL Global Union qui a joué un rôle important et permis d’obtenir justice pour les travailleurs et travailleuses de Juno. Il affirme “qu’il s’agit d’une victoire, non seulement des membres de Workers United chez Juno Lighting, mais de  la solidarité mondiale ouvrière“.

Le secrétaire général adjoint de IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a déclaré dans un commentaire sur cette victoire: “Nous sommes heureux que ce conflit chez Juno Lighting soit terminé et que la direction du groupe ait rapidement retrouvé la raison et pris la décision juste d’accepter les demandes des salariés. Nous saluons la détermination des travailleurs et  travailleuses de Juno et partageons leur joie de la victoire avec tous nos membres dans le monde entier."

Le réseau syndical SAPPI renforce le pouvoir ouvrier

Répondant à une tendance commune dans les activités internationales de SAPPI de coupes dans les conditions d’emploi et d’attaques contre les droits syndicaux, les syndicats de SAPPI ont créé le premier réseau d’entreprise de IndustriALL dans le secteur du papier il y a un an en juin 2013.

La réunion des 3 et 4 septembre a eu lieu à Bruxelles à l’invitation des affiliés belges de IndustriALL représentant les travailleurs et travailleuses de SAPPI au sein des deux confédérations ACV/BIE et ABVV/FGTB. Vingt-deux participant(e)s des États-Unis, d’Allemagne, de Belgique et de IndustriALL ont pris part à la réunion.

Le réseau renforce la puissance et la solidarité entre les syndicats de SAPPI grâce à un échange important d’informations et de comparaisons sur les tactiques de l’entreprise dans les usines situés dans différents pays. 

Quel que soit le pays, les préoccupations communes des salariés de SAPPI portent sur l’accroissement des délocalisations, les réductions d’effectifs sans diminution de charge de travail, l’augmentation de la sous-traitance et des contrats d’emploi précaire, la santé et la sécurité, la politique de la direction qui consiste à dresser les travailleurs les uns contre les autres. Un exemple de tactique anti-ouvrière de SAPPI concerne les contrats de travail à deux niveaux qui créent de plus en plus des difficultés aux syndicats pour faire adhérer les personnes souvent jeunes nouvellement embauchées.

Le réseau a approuvé la continuation de son plan d’action visant à établir une localisation de la puissance syndicale dans toute l’entreprise, et la poursuite du renforcement de son unité.

Le réseau a élu Peter Schuld de IG BCE comme nouveau président pour les deux prochaines années.

Le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a déclaré:

Le réseau syndical de SAPPI sert maintenant d’exemple aux autres pour le renforcement de la puissance et de l’unité des travailleurs et travailleuses au sein d’une multinationale.  Nous poursuivrons la consolidation des fondations et l’édification d’un puissant contrepoids à cette entreprise.

Sappi emploie environ 13.500 salariés dans plus de 20 pays en Afrique, en Amérique du Nord et en Europe. Sappi a une capacité de production annuelle de 5,6 millions de tonnes de papier et de 3,5 millions de tonnes de pâte à papier. SAPPI est le plus grand fabricant mondial de pâte pour transformation chimique avec une capacité de production de 1,3 million de tonnes par an.

Le produits en papier de Sappi sont utilisés dans un très grand nombre d’applications, qu’il s’agisse de couvertures de magazines ou de papier d’emballage dans la confection, de paquets pour cigarettes ou d’étiquettes de pots de confiture.

Appel urgent à l’action en faveur des travailleurs de la confection du Cambodge !

Au début octobre, la Commission Consultative du Travail du Cambodge devrait révéler le nouveau salaire minimum pour les travailleurs de la confection, du textile et de la chaussure, des secteurs qui génèrent 5 milliards de dollars de revenus pour le pays.

À l’approche de cette échéance critique, une coalition de syndicats cambodgiens de la confection fait appel à la solidarité internationale en vue de soutenir sa revendication d’une hausse du salaire minimum de 100 à 177 dollars par mois.

IndustriALL, la CSI et UNI demandent à leurs affiliés de prendre part à cette journée mondiale d’action en organisant des mobilisations devant les ambassades du Cambodge et en remettant une lettre à l’ambassadeur. Comme il n’existe que peu d’ambassades cambodgiennes dans le monde, les affiliés peuvent également envoyer une lettre directement au gouvernement cambodgien.

Les travailleurs et travailleuses de la confection du Cambodge méritent de vivre dans la dignité et de percevoir un salaire équitable. Des salaires de misère font que de nombreux travailleurs sont sous-alimentés et obligés de prester des heures supplémentaires abrutissantes pour pouvoir survivre.

Le soutien des affiliés lors d’une journée d’action similaire le 10 février a été déterminant pour permettre la libération de 23 militants cambodgiens arrêtés par les autorités lors de la répression sanglante par la police des manifestations de janvier réclamant une hausse des salaires.

Nous vous demandons de manifester votre soutien dès maintenant pour faire à nouveau la différence.

Envoyez-nous un courriel pour avoir plus d’informations sur la façon participer à l’action la plus proche de vous : [email protected].  

Téléchargez ce modèle de lettre à remettre à l’Ambassadeur du Cambodge.

Téléchargez et imprimez l’affiche de campagne (à côté de cet article), emmenez-la lors de votre action de protestation et envoyez-nous en des photos ! 

Pakistan : 12 travailleurs acquittés après un procès de deux ans

Ces accusations contre les 12 travailleurs avaient été portées en 2012. Il leur était reproché des activités politiques relevant de la Loi Anti-terroriste du Pakistan. Six des travailleurs mis en accusation ont été détenus et torturés au poste de police de Karachi. Plus tard, ils ont été libéré sous condition.

Après avoir subi un long procès émaillé de plus de 100 audiences, les douze militants ont finalement été acquittés le 29 août.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina salue cet acquittement :

Nous somme heureux de voir la fin de ce combat après un procès interminable. Nous continuerons à soutenir notre affilié dans sa lutte sans répit en faveur des droits syndicaux au Pakistan.